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Evolution du secteur financier: Entre dynamisme du crédit et hausse des taux

Economie
La progression du crédit bancaire soutient les investissements, le commerce et les infrastructures au Bénin, dans un contexte de hausse progressive des taux La progression du crédit bancaire soutient les investissements, le commerce et les infrastructures au Bénin, dans un contexte de hausse progressive des taux

Le secteur financier béninois est marqué en début d’année 2026 par une progression des crédits, une hausse des taux débiteurs et une meilleure rémunération de l’épargne. Les financements continuent de soutenir les branches stratégiques de l’économie, mais le renchérissement du crédit traduit une tension persistante sur le coût du financement.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 13 mai 2026 à 07h07 Durée 3 min.
#Secteur financier

Au cours du mois de février dernier, le secteur financier béninois a affiché des signaux contrastés, entre poursuite de la dynamique du crédit et la remontée des taux d’intérêt. Selon les données de l’Observatoire du Commerce, de l’Industrie et des Services (Ocis, mars 2026), les crédits déclarés à la centrale des risques ont continué d’alimenter les principales branches d’activités, traduisant une activité économique encore soutenue.

Les crédits à court terme ont atteint 806,34 milliards F Cfa en décembre 2025, contre 801,14 milliards un mois plus tôt. Les crédits à moyen et long termes se sont également renforcés, passant de 1 978,74 milliards à 1 991,56 milliards F Cfa.

Le commerce de gros et de détail, les restaurants et hôtels concentrent la part la plus importante des crédits à court terme, avec 252,69 milliards F Cfa en décembre 2025. Les bâtiments et travaux publics (Btp) suivent avec 114,82 milliards F Cfa, confirmant le poids des investissements dans les infrastructures.

À moyen et long termes, les services sociaux et collectifs concentrent les volumes les plus élevés avec 704,14 milliards F Cfa, devant les prêts aux particuliers (368,82 milliards) et les Btp (314,58 milliards). Cette répartition traduit l’importance des financements orientés vers les services, les ménages et les projets structurants.

Des taux d’intérêt en hausse

Le taux débiteur moyen appliqué aux crédits est passé de 7,22 % en janvier à 7,46 % en février 2026. Les sociétés financières supportent les taux les plus élevés avec 9,5 %, devant les ménages (8,04 %) et les sociétés non financières (7,33 %). Les administrations publiques bénéficient en revanche de conditions nettement plus favorables, avec un taux moyen de 1,1 %.

Par objet de crédit, les financements liés à l’exportation (6 %), à l’équipement (7,1 %), à la consommation (7,32 %) et à la trésorerie (7,33 %) restent en dessous de la moyenne générale. Les crédits immobiliers et les concours divers demeurent toutefois plus coûteux, avec des taux supérieurs à 9 %.

Cette progression des taux traduit un environnement financier plus tendu, dans un contexte international où les grandes banques centrales maintiennent encore des politiques monétaires prudentes.

Une épargne mieux rémunérée

 

Du côté des dépôts, le taux créditeur moyen est ressorti à 5,73 % en février contre 5,47 % le mois précédent. Les sociétés financières et les autres institutions de dépôts offrent les rémunérations les plus attractives, autour de 5,9 %, tandis que les sociétés non financières restent légèrement en retrait.

Le climat des affaires montre, quant à lui, un léger mieux. L’indicateur synthétique est passé de 99,7 en janvier à 99,8 en février 2026, traduisant une amélioration marginale de la confiance des chefs d’entreprise.

Ainsi, les données de l’Ocis mettent en évidence une économie béninoise portée par le dynamisme du crédit bancaire et les investissements dans les secteurs structurants. Mais cette progression s’accompagne d’un coût du financement plus élevé pour les entreprises et les ménages. Dans ce contexte, la capacité du système bancaire à soutenir durablement l’économie sans accentuer la pression sur les taux constituera l’un des principaux enjeux des prochains mois.