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Sommet Africa Forward 2026: 23 milliards d’euros d’investissements pour l'Afrique

Economie
Les investissements industriels annoncés visent à accélérer la transformation économique et la création de valeur ajoutée en Afrique Les investissements industriels annoncés visent à accélérer la transformation économique et la création de valeur ajoutée en Afrique

Le sommet Africa Forward 2026, ouvert à Nairobi au Kenya, marque une nouvelle étape dans la mobilisation des investissements en faveur de la transformation économique du continent africain. 23 milliards d’euros d’investissements en Afrique ont été annoncés dans plusieurs secteurs stratégiques.

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 13 mai 2026 à 09h47 Durée 2 min.
#Sommet Africa Forward 2026

Nairobi accueille depuis le 11 mai le sommet Africa Forward 2026, un rendez-vous économique majeur consacré à l’innovation, à la croissance et aux investissements entre l’Afrique et la France. Au cœur des échanges, la volonté de faire évoluer les relations économiques vers une logique davantage tournée vers les investissements productifs, la transformation locale et la mobilisation de capitaux privés à grande échelle. Les chiffres annoncés à l’occasion du sommet témoignent de l’ampleur des ambitions affichées. Le montant cumulé des investissements annoncés atteint 23 milliards d’euros, soit environ 15 000 milliards de francs Cfa, avec à la clé la création d’environ 250 000 emplois directs en Afrique et en France, sans compter les milliers d’emplois indirects attendus dans plusieurs filières économiques. Plusieurs secteurs sont concernés. Il s’agit de l’agriculture, l’économie bleue, du secteur bancaire et financier, l’industrialisation, la santé, la transition énergétique, l'économie numérique et l'intelligence artificielle. Parmi les secteurs les plus mis en avant figure l’agriculture, considérée comme un levier essentiel de souveraineté alimentaire et de développement industriel. Environ un milliard d’euros d’investissements sont annoncés dans ce domaine. Les projets présentés visent notamment à moderniser les filières agricoles, améliorer la résilience climatique et renforcer les chaînes de valeur agroalimentaires africaines. Des initiatives de financement agricole, d’assurance climatique et de digitalisation des services agricoles doivent permettre d’accompagner les producteurs face aux risques liés aux récoltes et aux changements climatiques. L’accent est également mis sur la formation agricole et le développement des compétences. Plusieurs programmes annoncés à Nairobi ambitionnent de renforcer l’enseignement agricole, l’innovation pédagogique et l’accompagnement des filières agroalimentaires afin de préparer une nouvelle génération d’acteurs du secteur. La transformation locale des matières premières agricoles apparaît aussi comme un enjeu central. Des investissements industriels importants sont prévus dans plusieurs pays africains pour renforcer la transformation des ressources agricoles et créer davantage de valeur ajoutée sur le continent. 3,76 milliards d’euros seront injectés dans l’économie numérique et l’intelligence artificielle. La transition énergétique connaitra un investissement de 4,328 milliards d’euros.

Autres secteurs stratégiques

 

L’économie bleue constitue un autre pilier majeur des annonces faites à Nairobi. Plus de 3,3 milliards d’euros d’investissements sont annoncés dans ce secteur stratégique qui englobe les activités portuaires, la pêche, le tourisme côtier et les infrastructures maritimes. De nombreux projets concernent l’extension et la modernisation des infrastructures portuaires africaines. Plusieurs hubs logistiques et terminaux maritimes devraient être développés ou renforcés en Afrique de l’Est, en Afrique centrale et en Afrique du Nord afin d’améliorer la connectivité régionale et de soutenir les échanges commerciaux internationaux. Les investissements annoncés visent également à promouvoir une économie bleue plus durable. Des lignes de crédit sont prévues pour soutenir les petites et moyennes entreprises opérant dans la pêche artisanale et le tourisme côtier en Afrique de l’Ouest, avec un accent particulier sur la préservation des ressources océaniques et la résilience des territoires côtiers face au changement climatique.

Dans le secteur bancaire et financier, les annonces totalisent environ 250 millions d’euros d’investissements. L’objectif affiché est de faciliter l’accès au financement des entreprises africaines, notamment les petites et moyennes entreprises qui jouent un rôle majeur dans la création d’emplois. Des lignes de crédit et des mécanismes de garantie doivent permettre aux banques africaines de renforcer leur capacité de financement de l’économie réelle. Plusieurs dispositifs visent à soutenir les investissements privés, améliorer la compétitivité des entreprises locales et stimuler l’entrepreneuriat sur le continent. Le sommet met aussi en avant la nécessité de structurer davantage les marchés financiers africains afin d’attirer des capitaux internationaux et de faciliter l’accès des investisseurs aux opportunités du continent.

L’industrialisation figure également parmi les priorités de cette édition 2026 d’Africa Forward. Environ 300 millions d’euros d’investissements sont annoncés dans ce domaine. Les projets présentés concernent notamment les infrastructures industrielles, la modernisation des réseaux ferroviaires, les équipements logistiques et la valorisation des ressources minières africaines. Des initiatives de cartographie géologique, de réhabilitation ferroviaire et de développement d’unités industrielles devraient contribuer à renforcer les capacités de production du continent. À travers ces investissements, le sommet souhaite accélérer la transformation structurelle des économies africaines et réduire leur dépendance aux exportations de matières premières brutes. L’objectif affiché est de favoriser une industrialisation créatrice d’emplois, capable de soutenir la croissance démographique et les besoins croissants des populations africaines. Africa Forward 2026 apparaît ainsi comme une porte ouverte pour de nouvelles ambitions économiques sur le continent¦