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Risques budgétaires - Exercice 2026: Une vigilance permanente comme ligne de conduite

Economie
Sur le plan structurel, la diversification de l’économie, notamment à travers la zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz), vise à réduire la dépendance aux matières premières et à renforcer la résilience de l’économie nationale Sur le plan structurel, la diversification de l’économie, notamment à travers la zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz), vise à réduire la dépendance aux matières premières et à renforcer la résilience de l’économie nationale

Adossée à la loi de finances 2026, la Déclaration sur les risques budgétaires identifie les principales menaces susceptibles d’affecter les finances publiques du Bénin. Malgré des fondamentaux économiques solides, le pays reste exposé à des chocs exogènes et internes qui exigent vigilance et discipline budgétaire.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 20 janv. 2026 à 07h15 Durée 3 min.
#Risques budgétaires #Finances publiques au Bénin

Le Bénin aborde l’exercice budgétaire 2026 dans un contexte marqué par des perspectives macroéconomiques jugées favorables. La croissance économique est projetée à 7,5% en 2026 comme en 2025 et 2024, portée par le dynamisme des secteurs primaire, secondaire et tertiaire, ainsi que par une mobilisation soutenue des recettes publiques. Ces performances traduisent les effets des réformes engagées ces dernières années et une meilleure maîtrise des agrégats macro-budgétaires.

Pour autant, la Déclaration sur les risques budgétaires, adossée à la loi de finances, gestion 2026, met en évidence vingt-trois risques susceptibles de perturber la trajectoire budgétaire au cours de l’exercice. Ces risques sont regroupés en cinq grandes catégories et font l’objet d’une analyse détaillée en termes de probabilité d’occurrence et d’impact potentiel sur les finances publiques.

Les risques macroéconomiques concernent principalement les fluctuations des cours internationaux du pétrole, du dollar américain et du coton, principal produit d’exportation du Bénin, ainsi que l’instabilité du naira nigérian et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales. Leur matérialisation pourrait affecter directement les recettes fiscales, renchérir les coûts d’importation et exercer des pressions sur l’équilibre extérieur du pays.

Les risques liés à la dette publique portent sur la variabilité des taux d’intérêt, les besoins de refinancement, le risque de change et le surendettement à long terme. A ces facteurs s’ajoutent les risques associés aux garanties accordées par l’Etat et aux prêts rétrocédés, qui peuvent générer des charges budgétaires contingentes en cas de défaillance des bénéficiaires.

Risques financiers et géopolitiques

Sur le plan financier, la Déclaration relève les vulnérabilités potentielles du système bancaire et des systèmes financiers décentralisés, susceptibles d’avoir des répercussions sur les finances publiques en cas de tensions prolongées.

Les risques géopolitiques intègrent, quant à eux, la possibilité de fermetures de frontières avec certains pays voisins, les menaces sécuritaires liées au terrorisme et les tensions associées aux échéances électorales.

Enfin, les risques budgétaires spécifiques recouvrent les catastrophes naturelles telles que les inondations, les difficultés financières des entreprises publiques, les engagements issus des partenariats public-privé, les contentieux juridiques contre l’Etat, ainsi que les pressions croissantes sur les régimes publics de retraite, en particulier la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) et le Fonds national des retraites du Bénin (Fnrb).

L’analyse quantitative montre que onze des risques identifiés constituent des menaces modérées pour les finances publiques en cas de survenance, tandis que douze sont classés comme des menaces faibles. Aucun risque n’est jugé élevé pour l’exercice 2026. A titre illustratif, le risque lié aux fluctuations des cours du pétrole présente une probabilité d’occurrence estimée à 30 %, avec un impact budgétaire évalué à 3,16 % des recettes totales en cas de choc défavorable.

Des mesures d’atténuation en place

Face à ces risques, l’Etat béninois a mis en place plusieurs mécanismes de mitigation. Dans le secteur pétrolier, un système de contractualisation annuelle par appels d’offres internationaux permet de stabiliser les prix à la pompe et de réduire l’exposition budgétaire à la volatilité des cours mondiaux. Sur le plan structurel, la diversification de l’économie, notamment à travers la zone industrielle de Glo-Djigbé (Gdiz), vise à réduire la dépendance aux matières premières et à renforcer la résilience de l’économie nationale.

Par ailleurs, le renforcement du cadre institutionnel, avec le Comité national de suivi des risques budgétaires et le Comité national de veille économique et financière, améliore les capacités d’anticipation, de suivi et de réponse aux chocs. L’utilisation d’outils analytiques développés avec l’appui du Fonds monétaire international (Fmi), tels que le Fiscal Risk Assessment Tool, contribue également à une plus grande transparence budgétaire et à une gestion proactive des incertitudes.

Au final, le Bénin aborde l’année 2026 avec des finances publiques globalement solides et soutenables. Cette stabilité demeure toutefois conditionnée à une vigilance constante face à des chocs exogènes et endogènes toujours possibles.

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