La Nation Bénin...
L’intelligence artificielle entre
progressivement dans les salles de classe et bouleverse déjà les habitudes
pédagogiques. Pour les enseignants africains francophones, notamment au Bénin,
l’enjeu n’est désormais plus de savoir s’il faut utiliser l’IA, mais comment
l’intégrer sans perdre l’essentiel : le jugement, la responsabilité et la
relation humaine au cœur de l’éducation.
L’UNESCO vient de mettre à disposition un Référentiel de compétences en IA pour les enseignants, conçu pour accompagner cette transformation. Le document identifie quinze (15) compétences réparties en cinq domaines : une approche centrée sur l’humain, l’éthique de l’IA, les fondements et applications de l’intelligence artificielle, la pédagogie avec l’IA et l’utilisation de l’IA pour le développement professionnel.
Pour un enseignant, cela signifie concrètement qu'il ne suffit plus de savoir demander à une intelligence artificielle de produire une fiche de cours, un exercice ou une évaluation. Il faut également être capable de vérifier les réponses fournies, identifier les erreurs ou les biais, protéger les données des élèves et déterminer quand l’utilisation de l’IA apporte réellement une valeur pédagogique.
L’UNESCO propose d’ailleurs trois niveaux de progression : acquérir, approfondir et créer. L’objectif est donc de permettre progressivement aux enseignants de comprendre les outils, de les utiliser de manière responsable, puis de contribuer à des pratiques pédagogiques innovantes.
Il faut noter que l’enseignant ne disparaît pas; c'est plutôt son rôle qui évolue. En effet, l’une des idées essentielles du référentiel est que l’IA doit compléter et non remplacer le rôle de l’enseignant. La technologie peut aider à préparer des supports, différencier certains apprentissages, rechercher des informations ou accompagner le développement professionnel. Mais elle ne peut se substituer au jugement pédagogique, à la connaissance des élèves, à l’accompagnement humain et à la responsabilité de l’enseignant.
Pour les systèmes éducatifs africains, cette évolution constitue à la fois un défi et une opportunité. Elle pose la question de la formation continue des enseignants, mais aussi de l’accès équitable aux outils numériques et à Internet.
L’appel de l’UNESCO est donc clair : l’enseignant de demain ne devra pas nécessairement être un informaticien, mais il devra comprendre l’IA suffisamment pour savoir quand, pourquoi et comment l’utiliser.
Pour les enseignants béninois et africains francophones, la question n’est plus seulement de préparer les élèves au monde de demain. Il faut également préparer l’enseignant à enseigner dans ce nouveau monde.
Ci-dessous, le Référentiel UNESCO de
compétences en IA pour les enseignant
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(https://www.unesco.org/fr/articles/referentiel-de-competences-en-ia-pour-les-enseignants?utm_source=chatgpt.com)
Enseignants à l’ère de l’IA