La Nation Bénin...
Autrefois présent sur une grande partie du continent africain, le lion voit son territoire se réduire et ses populations s’effondrer. Le 10 août, Journée mondiale du lion, rappelle que le braconnage, la disparition des habitats, la raréfaction des proies et les conflits armés ou avec les éleveurs plombent la survie de ce grand prédateur. En Afrique de l’ouest, notamment au Bénin, les aires protégées constituent un refuge pour cet animal.
Le lion n’est pas seulement l’un des animaux les plus connus de la savane. Il est aussi un indicateur de la santé des écosystèmes africains. À l’occasion de la Journée mondiale du lion, célébrée le 10 août pour sensibiliser à sa protection, l’état de ses populations rappelle l’urgence de la conservation. En moins d’un siècle, l’espèce est passée d’environ « 200 000 » individus en Afrique à quelque «24 000 » aujourd’hui, selon les données de Chinko Conservation Area.
Cette chute spectaculaire s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs. La disparition et la fragmentation des habitats réduisent les espaces disponibles pour les lions. L’expansion des activités humaines, l’agriculture, l’élevage et l’occupation progressive des zones périphériques des parcs rapprochent les populations et la faune sauvage. Pour un prédateur qui a besoin de vastes territoires et d’un nombre suffisant de proies, chaque réduction de l’habitat fragilise davantage les groupes existants.
Le braconnage constitue l’une des principales pressions exercées sur les lions. La peau, les os et les griffes de l’animal alimentent notamment des circuits de commerce illégal et sont utilisés dans la pharmacopée traditionnelle. La chasse aux trophées ajoute une autre pression sur des populations déjà réduites.
Le lion du Nord, Panthera leo leo, est classée en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (Uicn). Le lion du Sud, Panthera leo melanochaita, est pour sa part classé vulnérable. Dans l’Aire de conservation de Chinko, en République centrafricaine, la situation illustre cette vulnérabilité. African Parks indique que la sous-population de lions du Nord y est devenue relativement stable grâce aux actions de conservation, mais reste exposée dans les zones périphériques. La surveillance par caméras-pièges et le comptage annuel des traces permettent de suivre l’évolution des effectifs et leur répartition.
La pression ne vient toutefois pas uniquement des activités criminelles. Dans certaines régions, les conflits entre lions et éleveurs représentent un danger direct. Lorsque les prédateurs s’attaquent au bétail, des représailles peuvent suivre. Par exemple, African Parks signale notamment l’empoisonnement de lions par des éleveurs cherchant à protéger leurs troupeaux lors de transhumances illégales à travers les aires protégées. Cette situation révèle l’un des principaux défis de la conservation qui est de protéger le lion sans ignorer les besoins des populations vivant autour des espaces naturels. La lutte contre les incursions dans les aires protégées, l’encadrement de la transhumance et la mise en place de mécanismes permettant de réduire les pertes de bétail sont donc aussi importants que la surveillance contre le braconnage.
Une espèce indispensable à l’équilibre de la savane
La disparition du lion ne représenterait pas seulement la perte d’un animal emblématique. En tant que grand prédateur, il participe à la régulation des populations d’herbivores et contribue au fonctionnement des écosystèmes. Sa présence participe ainsi au maintien d’un équilibre entre les différentes espèces.
Le lion possède également une valeur économique. Membre des « Big Five », il figure parmi les espèces les plus recherchées par les touristes dans les destinations africaines de safari. Sa conservation peut donc contribuer à l’attractivité touristique des territoires et aux revenus liés à la protection de la faune.
Au Bénin, les parcs nationaux de la Pendjari et du W-Bénin représentent des espaces majeurs pour la conservation du lion d’Afrique de l’ouest (Panthera leo leo). Les efforts déployés par African Parks, en collaboration avec le gouvernement béninois, les communautés riveraines et différents partenaires, visent à renforcer la protection de la faune dans ces réserves. Ces espaces restent cependant soumis à des pressions qui dépassent leurs limites. La conservation du lion suppose donc une action qui associe surveillance, lutte contre le braconnage, protection des habitats, préservation des espèces-proies et implication des communautés.
La Journée mondiale du lion prend ainsi une dimension particulière en Afrique de l’ouest. Elle rappelle que sauver le roi de la savane ne consiste pas uniquement à empêcher sa disparition. Il faut également préserver les territoires qui l’abritent, les proies dont il dépend et les communautés avec lesquelles il partage ces espaces. Car derrière la survie du lion se joue aussi celle de tout un équilibre écologique.
Le roi de la savane face à une survie de plus en plus menacée