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Salubrité publique et campagne électorale: La tendance ‘‘ville propre’’ à l’épreuve des affichages sauvages

Environnement
Florentin Tchanhoun Florentin Tchanhoun

Habitués des affichages sauvages en période électorale, les partis politiques ont encore du mal à se départir de cette pratique désormais interdite. En cette période où la campagne électorale dans le cadre des législatives et communales bat son plein, les infrastructures publiques ou non sont sauvagement colonisées et salies par des affiches politiques. C’est le cas dans la ville  de Cotonou.

Par   Ariel GBAGUIDI, le 31 déc. 2025 à 08h57 Durée 3 min.
#campagne électorale

Chaque période de campagne électorale rime avec affichage sauvage de messages à l’effigie des partis politiques ou candidats en lice. Un tour dans quelques arrondissements de Cotonou, et le constat est désolant. Des affiches et affichettes collées sur des arbres, des feux tricolores, des panneaux de signalisation, des édifices publics, des clôtures, des équipements urbains…

Sur la clôture de l’école primaire de Sètovi, ce mardi 30 décembre, les partis politiques Union progressiste le Renouveau (Upr), Bloc républicain (Br), Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin (Moele-Bénin) et Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) se partagent la responsabilité des affichages sauvages. Le constat est le même sur la clôture du complexe scolaire de Mènontin. Dans la ville, notamment sous le passage supérieur de Houéhiyo, dans les quartiers d’Akpakpa, cette pratique ancienne que certains appellent ‘‘la guerre des affiches’’ ou encore ‘‘la guerre de visibilité’’ est tout autant déplorable. Pourtant, des dispositions légales en vigueur depuis 2023, encadrent la pratique en République du Bénin.

Dans un communiqué publié, il y a quelques jours, Constant Godjo, secrétaire général du ministère du Cadre de vie, appelle les partis politiques et candidats engagés dans la campagne électorale, au respect du décret n°2023-453 du 13 septembre 2023 portant réglementation de l'affichage publicitaire. « Ce décret a pour objectif de préserver la salubrité publique, la sécurité des citoyens, l'esthétique de notre cadre de vie ainsi que l'équité entre tous les candidats et partis politiques durant la période électorale», affirme le secrétaire général.

En effet, la note rappelle expressément que l'affichage publicitaire est interdit sur les arbres, les feux tricolores, les panneaux de signalisation, les édifices publics, les clôtures et les équipements urbains non prévus à cet effet. Seuls les emplacements dédiés et autorisés par les communes peuvent être utilisés pour l'affichage électoral. Les espaces publics, places, ronds-points et voies principales doivent rester libres de toute obstruction visuelle ou physique. Enfin, le secrétaire général exhorte « tous les partis politiques, candidats et responsables de campagne à faire preuve de civisme et à respecter scrupuleusement cette réglementation, afin de garantir des élections apaisées, transparentes et respectueuses de notre environnement commun ». Toutefois, souligne sa note, la surveillance du respect de ces règles sera renforcée sur le terrain par les services municipaux et préfectoraux.

Les partis invités à se conformer

Cette piqûre de rappel n’est pas sans susciter des réactions dans les états-majors des partis et candidats aux différentes élections. « Vous avez observé avec moi que contrairement à d'autres partis politiques, Moele-Bénin et ses structures de campagne électorale ne sont pas dans la course effrénée à l'affichage sauvage. Au contraire, avant le démarrage de la campagne, notre direction nationale de campagne avait fermement interdit à tous les candidats de faire recours à cette pratique. Vous n'êtes pas sans savoir que notre parti attache beaucoup de prix à la préservation de l'environnement et du cadre de vie », affirme Rodrigue Hodé, directeur de l'information et de la communication du parti.

Pourtant à Sètovi, les affiches de Moele-Bénin sont bien visibles sur les murs de l’école primaire publique de la localité. « Les instances compétentes du parti ont instruit les responsables départementaux et communaux de campagne de veiller au grain, et d'agir au besoin au cas où ils constateront des déviances sur le terrain», réagit Rodrigue Hodé. Il appelle les militants au respect strict « des consignes fermes données par les instances de décision du parti à savoir respecter strictement les textes de la République en la matière pour le bien-être des populations et la préservation d'un cadre de vie sain ».

Au siège de campagne de l’Upr à Agla, les militants sont affairés. Pendant  que certains sont en réunion stratégique, d’autres déploient les lots d’affiches, d’affichettes et de posters à distribuer aux afficheurs. Florentin Tchaou de la direction de campagne de la 16e circonscription électorale, assure que le parti veille aussi au grain. « Au niveau de la direction de campagne de la 16e, on a beaucoup insisté sur les espaces sur lesquels il faut pouvoir afficher. C'est connu au sein de l'Upr que les édifices publics ne sont pas des supports sur lesquels on doit coller n'importe comment. Donc, si vous retrouvez des affiches de l'Upr dans la ville, c'est très souvent sur les murs des militants qui l'ont accepté librement après des séances de réunion», explique-t-il.

Mais dans la 16e circonscription, la réalité est tout autre. Par exemple, la clôture de l’aéroport sert de support publicitaire au parti. Florentin Tchaou assure que l’équipe de campagne va continuer à encadrer les afficheurs. Cela est important « surtout parce que nous savons ce que c’est que faire de l'affichage sauvage et nous savons ce que ça coûte à la ville après. Dès qu'on passe aux désaffichages, vous allez voir dans quel état se retrouvent ces édifices, ces espaces.  Et il faut que la ville attende les périodes de fête comme la veille du 1er août, pour trouver les moyens de mettre quelques couches de peinture à des centaines de millions sur les murs et espaces malpropres », témoigne Florentin Tchaou.

En cas d’affichage sauvage ou non conforme aux dispositions en vigueur, prévient le communiqué du ministère, la publicité politique collée sera immédiatement retirée aux frais du parti politique ou du candidat concerné, et pourra donner lieu à des sanctions administratives et financières. En matière financière, l’article 4 du décret n°2023-453 du 13 septembre 2023 portant réglementation de l'affichage publicitaire, punit le ou les auteurs de tout affichage effectué en violation des dispositions dudit décret, d'une amende de 50 000 francs Cfa par jour de présence de l’affichage en question.

Bulletin météo

Bulletin spécial pêche artisanale | Littoral béninois

Valable du 30 décembre 2025 à 12h au 02 janvier 2026 à 12h

Sur l’ensemble du littoral, de Sèmè-Podji à Grand-Popo, l’activité de pêche artisanale sera globalement mineure à moyenne au cours de la période.

Conseils : privilégiez les sorties de pêche en soirée, notamment entre 20h et 22h, évitez les sorties en début d’après-midi, période moins favorable à la capture.

Bulletin météo marine | Côtes du Bénin

Valable du 30 décembre 2025 à 12h au 02 janvier 2026 à 12h

Sur l’ensemble du littoral béninois (Sèmè-Podji, Cotonou, Ouidah, Grand-Popo), les conditions météorologiques marines resteront globalement favorables :

-Temps majoritairement ensoleillé, ciel peu à modérément nuageux

-Vent de secteur Sud-Ouest, faible à modéré (2 à 4 Beaufort)

-Mer peu agitée avec des vagues comprises entre 0,7 et 0,9 m

-Houle du Sud, de faible à modérée intensité

-Température moyenne de la surface de la mer : 26°C

-Marées d’amplitude moyenne à grande, avec des courants moyens à forts sur la période

-Un faible risque d’orages isolés, localement accompagnés de légères averses, reste possible.

Message clé : Conditions globalement favorables aux activités maritimes et de pêche

Vigilance recommandée lors des phases de marées, en raison de courants pouvant devenir modérés à forts.

Source : Météo Bénin