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Vossa: Quand les pluies accentuent l’insalubrité

Environnement
L'insalubrité dicte sa loi au quartier Vossa en dépit des actions entreprises L'insalubrité dicte sa loi au quartier Vossa en dépit des actions entreprises

Au cœur du 6e arrondissement de Cotonou, le quartier Vossa peine à sortir de son état d’insalubrité. En saison pluvieuse, la situation empire et les agents collecteurs des déchets ménagers ont de grandes difficultés à accéder à ce quartier.

Par   David BOURAIMA (stag), le 17 août 2023 à 07h58 Durée 4 min.
#Vossa
C’est un secret de Polichinelle que Vossa rime avec insalubrité. Les habitations et les rues répondent très peu aux normes minimales d’hygiène. Le constat est encore patent, en ce début du mois d’août où la saison pluvieuse livre ses dernières eaux.
Même s’ils contribuent eux-mêmes à la dégradation de leur milieu de vie, les habitants de Vossa ne manquent pas de s’en plaindre. Plusieurs résidents disent n’avoir trouvé aucune solution saine pour la gestion des ordures. « En ces périodes, les agents qui s’occupent de la collecte des déchets ménagers et de l’entretien des routes n’interviennent plus. Donc on jette nos ordures dans le lac ou au bord du lac », fait savoir, toute plaintive, une riveraine. Elle n’est pas la seule à s’adonner à cette pratique préjudiciable à l’environnement. Le marché de Vossa étant proche du cours d’eau, les vendeuses n’hésitent pas à y jeter les déchets provenant de leur commerce. En outre, les usagers des marchés laissent trainer les sachets plastiques et autres qui finissent également leur course, sous l’effet du vent, dans le lac. 
Contrairement à ceux qui polluent la nappe phréatique, sous prétexte qu’ils n’ont pas une autre alternative, certains habitants recourent à d’autres moyens non moins insalubres pour se débarrasser des déchets. « Souvent, je jette les ordures dans un trou et je les brûle avant de fermer le trou », confie une autre dame, résidant dans le quartier.

Eternel recommencement

Germain Agbo, chef quartier de Vossa a une explication à l’insalubrité des lieux. « Avant, le quartier n’était pas dans un tel état. Certes, c’était un grand bas-fond ; et donc quand il pleut, l’eau entraine les déchets et les ordures un peu partout avant d’aller échouer dans la rivière », souligne-t-il. Selon lui, la saison des pluies accentue la situation puisque les agents collecteurs ne parviennent plus à jouer leur rôle. L’élu local se rappelle que par le passé, l’Etat avait mis en place le projet « Appui aux communes et communautés pour l’expansion des services sociaux » (Access) qui était entièrement financé par la Banque mondiale. « Le projet recrutait les hommes et les femmes du quartier mais ils étaient rémunérés pour nettoyer pendant les weekends. Mais à la fin de cette initiative, leur contrat n’a pas été renouvelé », fait remarquer le chef quartier.  Ce projet avait en effet pour but, l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base et aux filets sociaux ainsi que le renforcement du système de protection sociale.
La Société générale des déchets solides donne par ailleurs des explications techniques en phase avec la réalité vécue par les populations. « En période de pluie, l’eau stagne dans le quartier. Les sachets et les ordures s’enfouissent dans le sol et lorsque l’eau va dans le lac, les sachets enfouis dans le sol refont indéfiniment surface. Ce qui cause une insalubrité profonde. Nos agents interviennent dans ce quartier normalement deux fois par semaine. Mais en période de pluie, ils n’arrivent pas à intervenir parce que les ordures refont indéfiniment surface. C’est comme un éternel recommencement », explique Larys Akuesson, chef division entretien des rues et espaces publics de la Sgds. En attendant, le chef quartier appelle ses administrés à faire preuve de civisme et à maintenir leur environnement propre ■