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Agriculture, Sénat, éducation, santé, infrastructures: Wilfried Léandre Houngbédji dévoile les priorités du gouvernement

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Le ministre porte-parole du gouvernement Wilfried Léandre  Houngbédji, évoque la vocation première de la nouvelle institution Le ministre porte-parole du gouvernement Wilfried Léandre Houngbédji, évoque la vocation première de la nouvelle institution

En tournée d’explication sur les actions et ambitions du gouvernement dans le département de l’Atacora, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, s’est livré, vendredi 10 juillet dernier, à un large exercice de pédagogie sur Radio Entente FM de Toucountouna. Au cours d’une émission interactive, il a abordé plusieurs sujets au cœur des préoccupations des populations notamment l’installation du Sénat, le développement de l’élevage, les conflits entre agriculteurs et éleveurs, les infrastructures sportives et routières. Sans éluder les critiques, le ministre a défendu les choix du gouvernement et esquissé les prochaines étapes de son action.

Par   Alexis METON A/R Atacora-Donga, le 10 août 2026 à 00h29 Durée 3 min.
#Wilfried Léandre Houngbédji

L’installation du Sénat continue de susciter interrogations et critiques, notamment sur son coût et la présence en son sein d’anciennes figures politiques. Pour Wilfried Léandre Houngbédji, cette lecture ne rend pas compte de la vocation première de la nouvelle institution.

Le ministre rappelle que la loi prévoit la présence de plein droit d’anciens présidents de la République, de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle, ainsi que de certaines personnalités ayant exercé des responsabilités au commandement des forces de défense et de sécurité. L’institution compte 25 membres. Lorsque les membres de droit n'atteignent pas cet effectif, des personnalités sont désignées pour compléter le Sénat.

« Ce sont des gens qui ont accumulé de l'expérience, qui peuvent être utiles pour notre pays dans des moments de crise, ou même en temps ordinaire, pour assurer la cohésion nationale, l'unité nationale », explique le porte-parole du gouvernement.

À ses yeux, le Sénat répond ainsi à une logique profondément ancrée dans les traditions africaines et qui est de préserver et transmettre l’expérience des générations précédentes.

S’appuyant sur la célèbre formule d’Amadou Hampâté Bâ - « En Afrique, un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle » - Wilfried Léandre Houngbédji estime que le pays doit pouvoir tirer parti de l’expérience de ceux qui ont exercé les plus hautes responsabilités.

Dans cette perspective, la présence d’anciens chefs d’État comme Nicéphore Soglo, Boni Yayi et Patrice Talon est présentée non comme une survivance politique, mais comme une source potentielle de conseils et de recul pour la Nation.

Le ministre souligne par ailleurs le caractère transitoire de certaines dispositions liées à l’âge. La loi fixe normalement à 85 ans l’âge maximal pour siéger au Sénat. Toutefois, pour la mise en place initiale de l’institution, les membres de droit encore en vie et dépassant cet âge peuvent y siéger durant un premier mandat.

« Des gardiens de la cité »

Au-delà de la composition du Sénat, le gouvernement entend surtout lui conférer une fonction de conseil et de veille.

Wilfried Léandre Houngbédji décrit les sénateurs comme des « sages », voire des « gardiens de la cité », capables de mettre leur expérience au service de la stabilité du pays. Une manière, selon lui, d’éviter que les dirigeants en exercice ne soient coupés de la mémoire politique et institutionnelle du Bénin.

« Celui qui est resté là pendant cinq ans, dix ans, il a accumulé une telle expérience. Quel que soit son bilan dont on peut discuter, il a accumulé une telle expérience », fait-il valoir.

Pour illustrer son propos, le ministre cite une formule prononcée par le général Mathieu Kérékou lors de la transmission du pouvoir à Boni Yayi, le 6 avril 2006 : « Le Bénin est petit, mais son poids est lourd. »

À ceux qui redoutent un Sénat trop coûteux, le porte-parole du gouvernement oppose également un argument de proportionnalité : l’institution ne compte que 25 membres. Pour lui, les dépenses liées à son fonctionnement ne sauraient, à elles seules, compromettre les investissements dans les infrastructures.

Il cite notamment l’exemple de la route Djougou-Porga, dont les travaux se poursuivent selon lui normalement.

Après les 22 stades, le temps de la consolidation

La politique gouvernementale en matière d’infrastructures sportives a également été évoquée. Au cours du premier quinquennat du président Talon 22 infrastructures sportives ont été réalisées. Mais leur gestion a rapidement révélé une difficulté majeure, l’entretien.

« L’expérience a montré que les communes n’arrivaient pas à assurer leur entretien », explique Wilfried Léandre Houngbédji.

Face à cette situation, l’État a dû mobiliser de nouvelles ressources et recruter du personnel pour assurer la maintenance des équipements. Une expérience qui a conduit le gouvernement à ralentir temporairement le rythme des constructions, le temps de réfléchir à des modèles économiques plus durables.

La pause ne signifie cependant pas l’abandon de la politique.

Selon le ministre, le projet de société porté par le président Romuald Wadagni prévoit la poursuite de la construction d’infrastructures sportives, notamment des stades et des maisons de jeunes.

Les localités encore dépourvues de ces équipements devraient ainsi, progressivement, en bénéficier dans les prochaines années.

Agriculteurs et éleveurs

Dans un département comme l’Atacora, où les activités agricoles et pastorales occupent une place centrale, la question de la coexistence entre agriculteurs et éleveurs demeure particulièrement sensible.

Sur ce dossier, le gouvernement entend poursuivre les actions déjà engagées à savoir sensibilisation des populations, intervention des préfets dans les communes, mise en place de comités locaux et identification des couloirs de passage du bétail.

Le ministre reconnaît toutefois que la mise en œuvre de ces dispositifs peut rencontrer des résistances sur le terrain.

« Il y a des agriculteurs qui sont nonchalants à le faire, mais on les encourage à le faire pour que la coexistence soit pacifique entre agriculteurs et éleveurs », souligne-t-il.

Une nouvelle étape repose désormais sur l’Agence de développement de l’élevage des ruminants. Celle-ci a commencé à rencontrer les éleveurs dans les communes afin de mieux structurer le secteur.

L’objectif est notamment de favoriser la sédentarisation, d’organiser les éleveurs, de définir clairement les couloirs de transhumance et de faciliter l’accès aux ressources indispensables à l’élevage, notamment l’eau et le fourrage.

À terme, le gouvernement espère ainsi réduire les sources de tension. L’agriculteur, à ses yeux, doit pouvoir cultiver et sécuriser ses parcelles, tandis que l’éleveur doit savoir précisément où faire circuler et nourrir ses animaux.

Pour illustrer la nécessité d’un équilibre entre les deux communautés, Wilfried Léandre Houngbédji recourt à une image simple, tirée de la vie quotidienne.

« Quand nous allons manger, et si nous prenons notre plat d’igname pilée et qu’on nous donne la sauce, s’il n’y a pas de viande dedans, on n’est pas content. De la même façon, si on nous donne un plat de sauce avec plein de viande et qu’il n’y a même pas d’igname pilée (…) on ne sera pas content. »

La métaphore résume, selon lui, l’interdépendance entre agriculteurs et éleveurs.

« On a besoin d’être deux. Les agriculteurs sont importants, les éleveurs sont importants, c’est la même famille », insiste-t-il.

Le ministre appelle donc à la patience et au dialogue, notamment dans les dossiers individuels où certains acteurs estiment avoir été lésés ou insuffisamment entendus.

Pour le gouvernement, l’enjeu dépasse les seuls conflits fonciers ou pastoraux. Il s’agit de préserver durablement le vivre-ensemble dans les communautés rurales.

De la nouvelle architecture institutionnelle aux infrastructures, en passant par le sport et le monde rural, le discours de Wilfried Léandre Houngbédji s’articule autour de la conviction que les réformes et investissements engagés doivent s’inscrire dans la durée.

Le Sénat doit capitaliser sur l’expérience des anciens. Les infrastructures sportives doivent être accompagnées de mécanismes d’entretien viables. L’élevage doit être davantage structuré pour réduire les conflits avec l’agriculture. Et les investissements routiers doivent se poursuivre malgré les nouvelles charges institutionnelles.