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Infrastructures, santé, énergies renouvelables et financement du secteur privé, la Banque d’Investissement et de Développement de la Cedeao (Bidc) renforce son action en faveur de la transformation économique de l’Afrique de l’Ouest. À l’issue de sa 100? réunion, son Conseil d’administration a approuvé cinq opérations représentant plus de 269,55 millions d’euros et 200 millions de dollars, soit un engagement global de plus de 510 millions de dollars.
L’Afrique de l’Ouest veut accélérer sa transformation, et la Banque d’Investissement et de Développement de la Cedeao (Bidc) entend en être l’un des principaux moteurs financiers. Réuni pour sa 100? session sous la présidence du Dr George Agyekum Donkor, président de la banque et de son Conseil d’administration, l’organe dirigeant de l’institution régionale a approuvé cinq opérations destinées à financer des projets à fort impact dans plusieurs secteurs clés.
De la construction de routes en Guinée au développement d’infrastructures de transport au Ghana, en passant par la santé, l’hydroélectricité et le renforcement du secteur de la réassurance en Sierra Leone, ces nouveaux engagements traduisent la volonté de soutenir les investissements capables de produire des effets durables sur la croissance, la compétitivité et les conditions de vie des populations.
La Guinée concentre trois des cinq opérations approuvées, pour un montant cumulé de 269,55 millions d’euros.
Le premier financement, d’un montant de 143,06 millions d’euros, sera consacré à la construction et au revêtement de 84 kilomètres de routes sur les axes Cissela-Banko-N’Dèma et Banko-Saraya.
Au-delà de l’amélioration du réseau routier, l’enjeu est économique. Ces infrastructures doivent contribuer à fluidifier les corridors de transport, faciliter les échanges commerciaux et réduire les coûts liés à la circulation des personnes et des marchandises. Dans une région où la qualité des infrastructures demeure un déterminant majeur de la compétitivité, l’investissement revêt une portée stratégique.
La Bidc consacrera également 65,87 millions d’euros à la construction d’un hôpital régional de 200 lits à Siguiri. L’établissement devrait permettre d’élargir significativement l’accès aux soins spécialisés et de répondre aux besoins de santé de plus de 1,7 million de personnes.
Cette intervention illustre la volonté de la banque de ne pas limiter son action au financement des infrastructures économiques. Elle entend également investir dans les services essentiels susceptibles d’améliorer directement le capital humain et la qualité de vie dans la sous-région.
La troisième opération en Guinée tient à un montant de 60,62 millions d’euros pour le financement du projet hydroélectrique Tinkisso II. Doté d’une capacité installée de 11 mégawatts, le projet devrait générer environ 48 gigawattheures d’électricité par an et fournir une énergie propre à plus de 350 000 personnes.
À travers cet investissement, la Banque d’Investissement et de Développement de la Cedeao mise sur une infrastructure énergétique susceptible d’accompagner à la fois l’accès à l’électricité et la transition vers des sources d’énergie plus durables.
Miser sur les grands corridors de transport
Au Ghana, la Bidc ouvre une autre ligne d’intervention avec une ligne de crédit de 150 millions de dollars Us en faveur de Maripoma Enterprise Limited.
Le financement vise à soutenir huit projets stratégiques de routes et de ponts, inscrits dans un portefeuille global évalué à environ 1,2 milliard de dollars Us.
L’objectif dépasse là encore la construction d’ouvrages. En renforçant la connectivité, ces projets doivent favoriser la circulation des biens et des personnes, soutenir les échanges et créer de nouvelles conditions pour l’activité économique.
Cette approche s’inscrit dans une logique plus large de développement des infrastructures régionales, considérées comme un levier essentiel de l’intégration économique ouest-africaine.
En Sierra Leone, l’institution financière a approuvé un prêt subordonné de 50 millions de dollars Us au profit de Waica Reinsurance Corporation Plc.
L'opération doit permettre à l’entreprise de renforcer ses fonds propres et d’accroître sa capacité à financer des secteurs stratégiques tels que les infrastructures, l’énergie, les transports et l’agriculture.
Mais l’enjeu est également institutionnel. Le financement doit favoriser une meilleure intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (Esg) dans les activités de l’entreprise, faisant ainsi du secteur financier un vecteur supplémentaire de développement durable.
Pour le Dr George Agyekum Donkor, ces décisions s’inscrivent dans une vision cohérente du rôle que doit jouer la Bidc dans la transformation de l’Afrique de l’Ouest.
Les opérations approuvées, souligne-t-il, visent à soutenir des investissements transformateurs capables de renforcer l’intégration régionale, d’élargir l’accès aux services essentiels, de promouvoir les énergies durables et de mobiliser davantage de capitaux en faveur du secteur privé.
Cette nouvelle enveloppe financière intervient dans le cadre de la Stratégie Gro (Croissance, Résilience et Optimisation) 2026-2030 de la Bidc. Celle-ci ambitionne d’accélérer la transformation structurelle de l’Afrique de l’Ouest en privilégiant des investissements catalytiques susceptibles de libérer le potentiel productif des économies de la région.
Dans un environnement marqué par les besoins croissants en infrastructures, l’urgence énergétique, la nécessité d'améliorer l’accès aux services sociaux et la recherche de nouveaux relais de croissance, la capacité à mobiliser des financements de long terme devient un facteur déterminant de souveraineté économique.
En ciblant simultanément les infrastructures, l’énergie, la santé et le secteur privé, la banque cherche ainsi à agir sur plusieurs des principaux leviers de la compétitivité régionale.
Plus qu’une succession d’opérations financières, les cinq projets approuvés traduisent l’ambition de contribuer à bâtir une Afrique de l’Ouest mieux connectée, davantage résiliente et plus autonome sur le plan économique.
Il faut souligner que la Banque d’Investissement et de Développement de la Cedeao est l’institution de financement du développement des quinze États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
Basée à Lomé, au Togo, elle finance des projets et programmes de développement dans des secteurs tels que les infrastructures, les services sociaux de base, le développement rural, l’environnement, l’industrie et les services.
À travers ses guichets dédiés aux secteurs public et privé, les interventions de la banque sont notamment sous formes de prêts à court, moyen et long termes, de prises de participation, de lignes de crédit, d’accords-cadres de refinancement, d’opérations d’ingénierie financière et de services connexes.
À travers ces instruments, elle entend jouer un rôle de catalyseur des investissements et accompagner les économies ouest-africaines sur la voie d’une croissance plus inclusive, résiliente et durable.