La Nation Bénin...
Le candidat du parti Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) pour la présidentielle du 12 avril, Paul Hounkpè, propose un projet de société articulé autour d’un impératif. Il entend replacer le citoyen béninois au cœur de l’action publique. Entre diagnostic critique et propositions, le projet de société du candidat se veut une alternative globale pour le septennat 2026-2033.
Paul Hounkpè et son colistier ont, dans leur projet de société, posé un diagnostic de tout ce qui va moins bien dans le Bénin que lègue Patrice Talon à son successeur. Pour eux, si le Bénin a enregistré des progrès notables dans certains domaines, ces avancées restent largement insuffisantes au regard des réalités vécues par les populations. Une croissance économique réelle, mais peu inclusive, incapable de transformer structurellement les conditions de vie, relève-t-on en parcourant leur document. Le revenu par habitant stagne, les inégalités persistent et les fruits de la croissance profiteraient à une minorité selon Hounkpè et Hounwanou qui se posent en solution alternative. Dans cette perspective, la Fcbe plaide pour une rupture paradigmatique, fondée sur le développement humain durable. L’objectif est de garantir à chaque citoyen une vie longue et en bonne santé, une éducation accessible et de qualité, un logement décent, une alimentation suffisante, un emploi stable et des revenus dignes.
Au-delà des enjeux socio-économiques, le projet de Paul Hounkpè. Il évoque une érosion des acquis démocratiques. Le Bénin, jadis considéré comme un laboratoire de la démocratie en Afrique, serait aujourd’hui, selon son analyse, confronté à une concentration du pouvoir, une crise de représentativité, un affaiblissement des contre-pouvoirs et une restriction des libertés publiques. Face à cette situation, la Fcbe propose une refondation institutionnelle articulée autour de la restauration de l’État de droit, la séparation effective des pouvoirs, la reconnaissance du statut de l’opposition, l’instauration d’un dialogue politique permanent… La formation d’un gouvernement d’union nationale apparaît comme une mesure forte pour recréer la cohésion et apaiser le climat politique, selon le duo qui, depuis quelques jours, multiplie rencontres et échanges avec des couches sociales et groupes organisés.
L’éducation, un chantier prioritaire
Le projet accorde une place centrale à l’éducation, considérée comme le socle de tout développement durable. Le diagnostic révèle entre autres, une inefficacité du système, une inadéquation formation-emploi et la précarité du corps enseignant. La question des Aspirants au métier d’enseignant (Ame) cristallise les critiques, avec un système jugé peu stable et socialement fragile. Les réformes proposées s’articulent autour de trois axes majeurs. Le premier, la professionnalisation et valorisation du corps enseignant avec une intégration des Ame dans la fonction publique, la formation continue renforcée et une meilleure gestion des carrières. Le deuxième pilier s’appuie sur une réforme structurelle du système éducatif avec une révision des programmes jugés inadaptés, l’introduction des langues nationales et le développement de nouvelles filières. Enfin, Paul Hounkpè se propose de redresser le système éducatif avec une amélioration des conditions d’apprentissage, la construction d’infrastructures, une réduction des effectifs pléthoriques et la réorganisation des œuvres universitaires.
Un système de santé performant et une économie inclusive
Le secteur sanitaire reste confronté à de multiples défis selon la Fcbe qui propose une approche systémique visant à garantir l’accès universel aux soins, renforcer les ressources humaines, moderniser les équipements et améliorer la gouvernance du système. Parmi les mesures envisagées, la prise en charge des malades dialysés, le renforcement des dispositifs de prévention, l’extension de l’assurance maladie aux populations vulnérables… Pour ce qui est de la jeunesse et l’emploi, le candidat invite à rompre avec le cycle du chômage. Avec plus de 70 % des jeunes confrontés au chômage ou au sous-emploi, la question de l’insertion professionnelle devient centrale. Il penche donc pour la création d’un fonds spécial pour l’emploi, le développement de l’auto-emploi, la promotion de l’entrepreneuriat et la mise en place d’un institut national de la jeunesse. L’objectif étant de transformer la jeunesse en levier de croissance et d’innovation.
Au plan économique, le diagnostic met en lumière plusieurs fragilités. Celles-ci se résument en une dépendance aux importations, une faible industrialisation, une domination du secteur informel et un climat des affaires perfectible. La réponse proposée repose sur la diversification de l’économie, la promotion des exportations, le soutien au secteur privé et la transformation locale des matières premières. Une conférence nationale économique est envisagée pour repenser la répartition des ressources et impulser une dynamique territoriale de développement. Cela passe aussi par une réforme agricole dont la finalité est de sortir de la dépendance cotonnière. La Fcbe dénonce une agriculture devenue trop dépendante du coton, au détriment des cultures vivrières. Sa vision repose sur la modernisation agricole, la maîtrise de l’eau, la sécurisation foncière et la relance des structures d’appui.
Bâtir un tissu productif national est le point phare du volet industriel de ce projet qui insiste sur la nécessité de développer une véritable politique industrielle. Les priorités incluent La création de pôles agro-industriels, la réduction du coût de l’énergie, la protection des industries locales et l’encouragement à la consommation locale. La culture et le tourisme ne sont pas du reste. Le candidat les considère comme des secteurs à fort potentiel, moteurs de croissance mais longtemps sous-exploités. Il entend donc structurer les filières culturelles, financer la création artistique, valoriser les sites touristiques et professionnaliser les acteurs.
Quid de la justice ?
Sur les secteurs justice, sécurité et gouvernance, Paul Hounkpè veut restaurer la confiance. Ce qui passe, selon lui, par une justice indépendante, une sécurité renforcée et une administration au service du citoyen. Il penche aussi pour une réorganisation des juridictions, l’amélioration des conditions des forces de défense et la sécurisation des frontières. Ce projet de société met en avant une gouvernance locale participative, une meilleure gestion des ressources communales, la lutte contre l’érosion côtière et la protection de l’environnement. Au plan diplomatique, il s’engage à repositionner le Bénin sur la scène internationale, dynamiser la diplomatie béninoise à travers le renforcement des partenariats, une meilleure intégration régionale et une coopération orientée vers le développement. A travers ce projet de société, Paul Hounkpè propose bien plus qu’un programme politique. Il est porteur d’une refondation globale de l’Etat et de la société béninoise. Reste à savoir si cette vision, structurée et ambitieuse, saura convaincre un électorat en quête de mieux-être durable.
Paul Hounkpè, candidat du parti Forces cauris pour un Bénin émergent