La Nation Bénin...
La célébration de la Journée mondiale de l’eau à l’Institut National de l’Eau (Ine) de l’Université d’Abomey-Calavi, ce 31 mars, a mobilisé étudiants, enseignants et partenaires techniques autour du thème « L’eau, source d’égalité ». A l’occasion, les acteurs ont mis en lumière les inégalités persistantes en matière d’accès à l’eau et appelé à des actions concertées pour y remédier.
La célébration de la Journée mondiale de l’eau édition 2026 à l’Institut National de l’Eau (Ine) a tenu toutes ses promesses. Responsables académiques, partenaires techniques et étudiants ont échangé autour d’un enjeu majeur : faire de l’eau un véritable levier d’égalité sociale. Élégbédé Bernardin, directeur général adjoint de l’Ine, a insisté sur le caractère fondamental de l’accès à l’eau potable. « L’eau est un droit fondamental qui doit être accessible à tous, sans distinction », a-t-il rappelé, tout en déplorant les disparités persistantes entre zones urbaines et rurales. Selon lui, il est inadmissible que l’eau soit plus coûteuse et moins accessible pour les populations les plus vulnérables. Il a notamment évoqué le poids de ces inégalités sur les femmes et les jeunes filles, souvent chargées de la corvée d’eau, au détriment de leur éducation et de leur bien-être. Il a également reconnu l’engagement de l’Unicef aux côtés de l’institution depuis plusieurs années. « Si nous sommes là, c’est grâce à l’accompagnement constant de l’Unicef, qui soutient la formation des jeunes, futurs acteurs du secteur de l’eau », a-t-il souligné.
Le professeur Élégbédé Bernardin a appelé à repenser les politiques publiques en matière d’eau, à investir davantage dans les zones défavorisées et à promouvoir des innovations adaptées aux réalités locales. Il a également mis en avant le rôle central de l’Ine dans la formation de ressources humaines qualifiées et la production de connaissances scientifiques pour une gestion durable du secteur.
« Faire de l’eau une source d’égalité est une exigence morale et un impératif de développement », a-t-il conclu.
Un appel à l’action pour plus d’équité
Représentant le représentant résident de l’Unicef au Bénin, Narcisse Kouton, chef de la planification, du suivi et de l’évaluation, a, pour sa part, insisté sur la dimension sociale et inclusive de l’accès à l’eau. « L’eau est bien plus qu’une ressource, elle est un levier d’égalité, de dignité et de justice sociale », a-t-il affirmé. Il a dressé un tableau des inégalités persistantes, soulignant qu’au Bénin comme ailleurs, les femmes et les filles sont les premières affectées par le manque d’infrastructures adéquates. La collecte quotidienne de l’eau, souvent au détriment de l’éducation, constitue selon lui un frein majeur au développement et perpétue un cycle d’inégalités intergénérationnelles.
Au-delà de l’accès, il a également évoqué la faible participation des femmes aux instances de décision dans le secteur de l’eau. « Alors qu’elles sont en première ligne face aux défis liés à l’eau, elles restent trop souvent exclues des espaces de gouvernance », a-t-il déploré.
Présentant les axes d’intervention de l’Unicef, il a mis en avant trois priorités à savoir, l’amélioration des services d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans les écoles et centres de santé, le renforcement des capacités locales et la promotion de l’égalité de genre dans la gestion des ressources hydriques. Il a, par ailleurs, exhorté les étudiants à s’engager pleinement en tant qu’acteurs de changement.
« Soyez des scientifiques engagés, des promoteurs de dialogue et des champions de l’inclusion », a-t-il lancé.
Arnaud Oloukou, président de l’Union des étudiants de l’Ine, a rappelé les différentes activités menées en amont de cette célébration, notamment des enquêtes de terrain et des émissions de sensibilisation, qui ont permis de mieux cerner les réalités du terrain. Ces initiatives ont, selon lui, renforcé la conviction que l’égalité passe nécessairement par une meilleure gouvernance de l’eau. Tout en reconnaissant les défis persistants : insuffisance d’infrastructures, accès inégal aux ressources, faible prise en compte du genre, il a appelé à une mobilisation collective.
« Nous devons porter une nouvelle vision où l’eau devient un levier d’égalité et de justice sociale », a-t-il plaidé. Il a invité ses pairs à intégrer les dimensions d’équité et d’inclusion dans leurs futures responsabilités professionnelles. « Faisons de l’eau un facteur d’inclusion et un moteur de justice sociale », a-t-il exhorté.
Une invite à faire de l’eau un facteur d’inclusion et de justice sociale