La Nation Bénin...
Député
et membre du parti Union progressiste le Renouveau, l’honorable Louis Koukpémèdji
analyse l’ascension de Romuald Wadagni comme une aubaine pour consolider les
acquis des dix dernières années. Invité de l’émission Zone franche, l’élu de la
majorité présidentielle a livré sa lecture de l’accession de Romuald Wadagni à
la magistrature suprême et insisté sur la capacité du président élu à
transformer la performance économique en mieux-être social.
Pour Louis Koukpémèdji, Romuald Wadagni est l’incarnation d’une continuité modernisatrice doublée d’une nouvelle promesse sociale. Sa victoire ne relève ni du hasard ni d’un accident, assure le député invité sur une télévision privée pour analyser les résultats de l’élection présidentielle. Sur le score du président élu, Louis Koukpémèdji rejette toute explication simpliste. Pour lui, l’ascension de Romuald Wadagni procède d’un parcours, d’un travail et d’une crédibilité progressivement construite au sein de l’appareil d’État. Durant les dix années de gouvernance du président Patrice Talon, rappelle le député, les Béninois ont observé les femmes et les hommes placés aux postes de responsabilité. Dans cette équipe, soutient-il, Romuald Wadagni s’est imposé comme une figure de premier plan. « Au fil des années,
Romuald Wadagni a forgé l’image d’un homme d’État rigoureux, travailleur », martèle l’élu.
Selon lui, beaucoup de citoyens voyaient déjà en l’ancien ministre d’État, l’un des profils les plus aptes à poursuivre l’œuvre engagée. Pour le parlementaire, il serait erroné de réduire Romuald Wadagni à un technocrate éloigné des réalités. S’il reconnaît son expertise financière, Louis Koukpémèdji rappelle que le poste de ministre de l’Économie et des Finances l’a placé au centre névralgique de l’action gouvernementale. « Quel projet pourrait être conçu, mis en œuvre, sans que le ministre de l’Économie et des Finances, celui qui détient la bourse, ne puisse regarder et donner son quitus ? », interroge-t-il.
Le président élu a participé, directement ou indirectement, à l’ensemble des réformes, investissements structurants et choix stratégiques opérés ces dernières années, soutient-il fermement. Infrastructures routières, modernisation administrative, assainissement budgétaire, attractivité économique… autant de chantiers auxquels il associe fortement l’argentier national.
L’homme des dossiers devenu homme de terrain
L’un des enseignements majeurs de la campagne présidentielle, selon Louis Koukpémèdji, reste la découverte d’un Romuald Wadagni en contact direct avec les populations. « Même s’il n’était pas un homme de grande foule, nous avons été sidérés de constater cette descente sur le terrain », relève-t-il. Le député évoque un candidat allant à la rencontre des coiffeurs, conducteurs, commerçantes, artisans et femmes transformatrices de produits agricoles. Une immersion qui, à ses yeux, révèle une compréhension renouvelée de la politique. « Il a compris que la politique, c’est d’abord travailler au bien-être des hommes, de l’humain, des populations », estime-t-il. Pour Louis
Koukpémèdji, cette mue est déterminante parce que l’expert reconnu des milieux financiers serait désormais devenu un homme politique à part entière, capable de conjuguer vision stratégique et écoute citoyenne.
L’un des moments forts de cette émission reste le témoignage personnel livré par le député sur la gestion de la pandémie de Covid-19. A l’époque, explique-t-il, il occupait des fonctions l’amenant à suivre les approvisionnements en produits sanitaires. Dans ce contexte mondial tendu, marqué par la rareté des masques et des intrants médicaux, Louis Koukpémèdji dit avoir été marqué par la présence constante de Romuald Wadagni sur le terrain. « Les avions arrivaient parfois à 1, voire 4 h du matin. Le ministre d’État était là avec nous, pour réceptionner ces masques », raconte-t-il.
A travers ce comportement, le député dégage une conception exigeante du pouvoir. Dans son récit, le futur président apparaît comme un homme disponible, mobilisé dans l’urgence, conscient que chaque cargaison pouvait sauver des vies. Un engagement silencieux, loin des projecteurs, mais jugé révélateur de sa personnalité.
Consolider les acquis
« Il y a une sorte de perception sociale insuffisante », reconnaît Louis Koukpémèdji. Mais il nuance en donnant des exemples concrets. Pour lui, le social ne se résume pas à la distribution de vivres ou d’argent. Il peut aussi résider dans les infrastructures qui améliorent durablement la vie quotidienne. Il cite notamment l’aménagement de voies à Akpakpa. Selon lui, ces travaux ont revalorisé les biens immobiliers, réduit les coûts d’entretien des motos-taxis, amélioré la mobilité et limité les zones insalubres favorisant le paludisme.
« Quand vous n’avez plus à payer quatre ordonnances par an pour le paludisme, l’économie va aux populations », souligne-t-il.
A l’en croire, le mandat de Romuald Wadagni devrait marquer une nouvelle étape. Les infrastructures ne seront pas abandonnées, assure-t-il, mais la priorité s’élargira davantage au vécu quotidien des ménages. « La croissance économique que nous avons connue va se traduire désormais dans les foyers, dans les assiettes », projette Louis Koukpémèdji. Il évoque également la régionalisation de l’action publique et les pôles de développement comme leviers pour rapprocher l’État des territoires, mieux répartir les opportunités et répondre plus finement aux besoins locaux. Pour lui, le slogan Ensemble porté par le président élu implique que chaque citoyen compte, quelle que soit sa sensibilité politique. Il félicite au passage Paul Hounkpè et son colistier pour avoir reconnu rapidement les résultats, y voyant « le signe d’une très bonne santé de notre démocratie ».
Face aux critiques présentant Romuald Wadagni comme un simple successeur désigné, Louis Koukpémèdji oppose une lecture plus politique. « Romuald Wadagni n’est pas un simple héritier », tranche-t-il. Etre choisi par une majorité ou soutenu par un président sortant ne constituerait ni une tare ni une faiblesse, soutient-il. Ce qui importe, selon lui, c’est la solidité du projet, la capacité à gouverner et la fidélité à l’intérêt général. Enfin, le député rappelle ce qu’il considère comme la mission des élus dans cette nouvelle séquence politique à savoir, soutenir ce qui sert le bien commun et exercer le contrôle démocratique sur l’action gouvernementale. « Notre contribution, c’est d’accompagner ce qui va dans le sens du bien-être des populations, et de contrôler ce qui doit l’être », conclut-il.
Louis Koukpémèdji