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Pag 2026-2033: La croissance pour améliorer le quotidien des populations

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Avec le Programme d’action du gouvernement 2026-2033, baptisé « Le Bénin plus loin, ensemble », le nouvel exécutif entend faire davantage profiter aux populations les transformations économiques engagées. Éradication de l’extrême pauvreté, création de richesses, développement territorial et modernisation de l’État constituent les principaux axes de cette nouvelle feuille de route, qui vise une croissance réelle moyenne de 7,7 % sur sept ans.

Par   Joël C. TOKPONOU, le 05 nov. 2026 à 09h59 Durée 3 min.
#Pag 2026-2033

Faire en sorte que les progrès économiques se ressentent davantage dans les ménages, les villes et les villages. C’est l’ambition affichée par le nouveau Programme d’action du gouvernement (Pag) 2026-2033, approuvé en Conseil des ministres. Intitulé « Le Bénin plus loin, ensemble », ce document fixe les grandes orientations de l’action publique pour les sept prochaines années. Il s’inscrit dans la Vision Bénin 2060 Alafia et dans le Plan national de développement 2026-2035. L’objectif annoncé est d’intensifier le bien-être pour tous et sur l’ensemble du territoire national. Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de renforcer les capacités économiques et institutionnelles du pays, mais de transformer ces acquis en revenus supplémentaires, en possibilités d’emploi, en infrastructures et en services accessibles aux populations. Le gouvernement entend ainsi prolonger les transformations de la décennie précédente tout en élargissant leurs retombées. Cette ambition repose sur trois défis majeurs que sont éradiquer l’extrême pauvreté, élargir la base productive et les opportunités économiques, puis consolider la gouvernance, la cohésion nationale et la sécurité. Trois priorités qui dessinent une approche dans laquelle la croissance économique doit aller de pair avec l’amélioration des conditions de vie.

Le premier défi concerne directement les conditions d’existence des populations. Le programme prévoit de créer les conditions permettant à chaque Béninois de s’épanouir, quel que soit son lieu de résidence. La lutte contre l’extrême pauvreté ne sera donc pas envisagée uniquement sous l’angle des revenus. Elle devra également passer par le renforcement du système de santé, l’amélioration de la protection sociale, du cadre de vie et de l’accès aux services essentiels de proximité. Cette orientation traduit une volonté de faire reculer les inégalités d’accès aux services de base entre les différentes localités. Pour les populations, les effets attendus devront notamment se mesurer à la disponibilité des soins, à l’amélioration des conditions de vie et à la proximité des services publics. L’ambition est que le lieu de résidence ne constitue plus un handicap majeur dans l’accès aux possibilités offertes par le développement national.

Filières et richesses

Le deuxième axe porte sur la transformation de l’économie. Le gouvernement veut élargir les sources de création de richesses en misant sur la production locale, la diversification des activités et leur formalisation. L’objectif est de réduire les contraintes qui freinent les entreprises et les initiatives économiques, notamment dans les domaines de la logistique, de l’énergie et du numérique. Six filières sont retenues comme locomotives de cette dynamique : l’agriculture, l’industrie, le tourisme, la logistique, l’éducation et les savoirs associés à l’industrie de pointe, ainsi que l’énergie. Ce choix traduit une volonté de faire de ces secteurs des moteurs de création de valeur et d’opportunités économiques. L’agriculture devra ainsi participer davantage à la transformation des produits et à la création de richesses au-delà de la production primaire. L’industrie est appelée à renforcer la transformation locale, tandis que le tourisme et la logistique doivent contribuer à valoriser les potentialités du pays et à faciliter les échanges. L’éducation, les savoirs et les technologies de pointe sont également intégrés à cette stratégie, avec l’ambition de mieux relier les compétences aux besoins de l’économie. Quant à l’énergie, elle demeure un levier essentiel pour soutenir la production et la compétitivité des entreprises. À travers ces orientations, le Pag entend élargir les possibilités d’investissement, d’emploi et d’entrepreneuriat.

Proche et efficace

La troisième priorité concerne la gouvernance. Le programme prévoit de promouvoir un État plus accessible, plus efficace et davantage tourné vers les besoins des citoyens. Cette orientation associe la modernisation de l’administration publique au renforcement de la redevabilité, de la justice et de la sécurité. La protection des personnes et des biens, la cohésion nationale ainsi que le positionnement international du Bénin figurent également parmi les préoccupations annoncées. L’enjeu est de faire évoluer les services publics pour qu’ils répondent mieux aux attentes des populations, tout en consolidant les mécanismes de contrôle et de responsabilité dans la conduite de l’action publique. Cette exigence de proximité devra aussi se traduire dans la manière dont les politiques nationales sont déployées dans les territoires.

Pour soutenir cette feuille de route, le gouvernement retient un cadrage macroéconomique qui ambitionne une croissance réelle moyenne de 7,7 % sur la période 2026-2033, avec un déficit budgétaire global maintenu en dessous de 3 % du produit intérieur brut (Pib). Le financement du portefeuille de projets reposera sur deux principaux contributeurs: le secteur public, à hauteur de 45 %, et le secteur privé, pour les 55 % restants. Cette répartition accorde une place importante aux investissements privés dans la réalisation des ambitions gouvernementales. Elle suppose donc de mobiliser les financements, de créer des conditions favorables à l’investissement et d'assurer une bonne coordination entre les acteurs publics et privés. Le programme prévoit par ailleurs une exécution en deux séquences. La première, consacrée à la mise en service, couvre la période 2026-2029. La seconde, dite de consolidation, s'étend de 2030 à 2033. Cette organisation doit permettre de distinguer les premières réalisations des actions destinées à consolider leurs effets dans la durée.

Une seule boussole

La mise en œuvre du Pag reposera également sur des contrats annuels de performance entre les ministres et le président de la République. À travers ce mécanisme, les responsables gouvernementaux seront engagés sur des objectifs à atteindre. Un portefeuille modulable de projets et une chaîne de résultats reliant les ressources mobilisées aux réalisations, aux résultats et aux impacts devront faciliter le suivi de l'exécution. Deux leviers transversaux guideront enfin l'action publique : la territorialisation et la technologie. La première consiste à adapter les interventions aux potentialités et aux besoins des six pôles de développement du pays. Elle vise à tenir compte des réalités propres à chaque territoire plutôt que d'appliquer partout les mêmes réponses. La seconde doit soutenir la modernisation des services publics, améliorer la productivité, faciliter l'accès aux marchés et renforcer le pilotage des politiques publiques. Au total, le Pag 2026-2033 entend articuler croissance, réduction de la pauvreté et efficacité de l'État. Son véritable enjeu sera de traduire les objectifs annoncés en changements perceptibles dans la vie des citoyens. La réussite de cette feuille de route se mesurera ainsi autant aux performances économiques qu'aux possibilités concrètes offertes aux populations, dans les grandes villes comme dans les localités les plus éloignées.