La Nation Bénin...
La Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh) dresse le bilan de son opération de monitoring de l’élection présidentielle du 12 avril dernier. Dans une déclaration préliminaire lue par son président, Abou-Bakari Imorou, elle a salué « une tendance globale au respect de plusieurs droits fondamentaux », tout en pointant des manquements préoccupants, notamment à l’égard des personnes en situation de handicap et des personnes vulnérables.
Il y a eu des avancées en matière de respect des droits de l’homme pendant la présidentielle, comparativement aux législatives et communales. Un progrès constaté par la Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh) lors de son opération de monitoring de l’élection. Face à la presse, ce jeudi, elle a salué ces avancées et formulé des recommandations.
En effet, la Cbdh informe qu’elle a pu observer, lors du processus, à travers son dispositif déployé sur l’ensemble du territoire national, que « de nombreux droits ont été respectés au cours du processus électoral pendant que d’autres ne l’ont pas été ». Parmi les acquis relevés, elle met en avant la liberté d’opinion et d’information, illustrée par « la liberté de la presse et des journalistes pendant tout le processus ».
La Commission note également le respect de la liberté de réunion et d’association, ayant permis aux citoyens de participer aux meetings et manifestations entrant dans le cadre de la campagne électorale. Sur le plan sécuritaire, elle observe que le droit à la sécurité et à l’intégrité physique a été globalement garanti, les forces de défense et de sécurité ayant assuré « la protection des électeurs, candidats et observateurs le jour du scrutin ». Autres points positifs, informe-t-elle, c’est le respect du principe de non-discrimination, l’exercice du droit de vote libre et secret « dans la plupart des cas », ainsi que la possibilité offerte aux observateurs, dont ceux de la Commission, de suivre le scrutin sur toute l’étendue du territoire national.
Toutefois, ce tableau globalement rassurant est entaché, par endroits, de plusieurs insuffisances. La Cbdh a constaté notamment des atteintes au droit de vote des personnes handicapées et vulnérables. Elle évoque « l’absence de rampes d’accès, des postes de vote situés en hauteur ou encore des sites sablonneux entravant la mobilité des handicapés moteurs » ; autant d’obstacles qui ont limité leur participation effective au vote.
Engagement
Face à ces constats, la Cbdh appelle les autorités compétentes à agir.
Pour sa part, l’institution s’engage à poursuivre sa mission de veille, notamment durant la période post-électorale, afin de prévenir toute violation des droits humains. Elle entend également « faire des propositions pour l’amélioration des lois et codes électoraux en vue d’une meilleure inclusion ».
La Commission annonce enfin son intention de renforcer la collaboration entre les acteurs de l’observation électorale et de mener des actions de plaidoyer ciblées. Celles-ci porteront notamment sur « le vote des personnes en attente de jugement, l’accessibilité des sites de vote par tous et une meilleure participation des femmes à la gestion des élections ».
En clair, si des progrès sont à saluer, des efforts restent indispensables pour garantir des élections pleinement inclusives et respectueuses des droits de tous.
Méthodologie
Cinq activités principales ont meublé la phase préélectorale dans le programme de la Cbdh. Il s’agit des activités de renforcement de capacités des commissaires et du personnel; de l’appel à la paix lancé aux partis politiques, aux médias et aux populations ; du suivi de la campagne électorale ; du déploiement de 241 moniteurs communaux ; et de la formation des moniteurs sur l’ensemble du territoire national.
Le jour du scrutin, la Commission a fait « le monitoring qui s’est déroulé comme une forme d’observation active visant à identifier les droits humains violés et s’est employée à faire cesser leur violation en temps réel ». Les principaux constats relevés portent sur 3 617 postes de vote sur les 17 749 opérationnels au niveau national soit une couverture d’environ 20 %. Les moniteurs ont été répartis dans les 77 communes. Les constats relatifs à la situation des droits de l’homme sont relatifs aux conditions du déroulement du scrutin, à l’accessibilité des postes de vote notamment aux personnes handicapées et vulnérables, à la participation des femmes à la gestion des opérations de vote, et au rôle des Forces de défense et de sécurité.
La Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh) dresse le bilan de son opération de monitoring de l’élection présidentielle du 12 avril