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Gouvernance et modernisation en Chine: La rigueur dans la gestion, un levier du développement

International
Pour les pays désireux d’accélérer leur développement l’expérience chinoise rappelle qu’une stratégie nationale ne peut produire pleinement ses effets sans des  institutions capables d’en assurer l’exécution Pour les pays désireux d’accélérer leur développement l’expérience chinoise rappelle qu’une stratégie nationale ne peut produire pleinement ses effets sans des institutions capables d’en assurer l’exécution

Réunie à Beijing du 26 au 29 octobre, la cinquième session plénière du XXe Comité central du Parti communiste chinois (Pcc) a mis l’accent sur le renforcement du contrôle interne, la lutte contre la corruption et l’efficacité des cadres. Une démarche qui souligne le rôle de la qualité de la gouvernance dans la poursuite de la modernisation chinoise.

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 30 oct. 2026 à 09h15 Durée 3 min.
#Chine #Gouvernance

La Chine entend poursuivre sa marche vers la modernisation en renforçant les mécanismes qui encadrent l’action de ses dirigeants et de ses institutions. Au cœur de la cinquième session plénière du XXe Comité central du Parti communiste chinois, ouverte le 26 octobre à Beijing, le pays de Xi a réitéré son ambition en faveur d’une gouvernance intégrale et rigoureuse du parti afin de garantir une meilleure application des décisions et des objectifs de développement. Cette orientation traduit une conviction centrale des autorités chinoises, à savoir que la réalisation des ambitions nationales ne dépend pas uniquement des ressources économiques, des investissements ou des avancées technologiques. Elle repose également sur la capacité des institutions à fonctionner efficacement, à prévenir les abus et à assurer la continuité des politiques publiques.

Le document soumis à l’examen de la session plénière vise à tirer les enseignements des efforts engagés ces dernières années et à définir de nouvelles orientations pour améliorer le fonctionnement des instances de cette formation politique et par ricochet, la gouvernance même du pays. Depuis le XVIIIe Congrès tenu en 2012, le renforcement de l’autogouvernance occupe une place importante dans la stratégie de ses dirigeants. Il s’agit notamment de consolider les mécanismes de contrôle, de faire respecter les règles internes et de veiller à ce que les responsables assument pleinement leurs fonctions. Dans un pays confronté à des transformations économiques, technologiques et sociales de grande ampleur, la cohésion de l’appareil dirigeant et la capacité des institutions à traduire les orientations nationales en actions concrètes constituent des enjeux majeurs. La tenue de la session plénière intervient dans ce contexte, alors que la Chine prépare la mise en œuvre du XVe Plan quinquennal, couvrant la période 2026-2030.

La lutte contre la corruption, une priorité

Le contrôle de l’exercice du pouvoir et la prévention des pratiques illicites occupent une place centrale dans la démarche et les orientations édictées par le parti. Xi Jinping, secrétaire général du Comité central du Pcc et président de la République populaire de Chine, a réaffirmé cette orientation lors de la cinquième session plénière de la Commission centrale de contrôle de la discipline, tenue à Beijing en janvier dernier. Il avait, se souvient-on, appelé à renforcer les dispositifs institutionnels, à détecter plus rapidement les nouvelles formes de corruption et à coordonner les différents mécanismes de supervision. L’approche défendue par les autorités chinoises ne se limite pas aux enquêtes et aux sanctions. Elle vise également à agir sur les facteurs qui favorisent les abus, notamment en améliorant les règles, en comblant les insuffisances des dispositifs de contrôle et en veillant à leur application effective.

Le principe est que nul responsable ne doit bénéficier d’un traitement privilégié en raison de son rang ou de ses fonctions. La crédibilité de cette politique repose donc sur la capacité des institutions compétentes à identifier les manquements et à prendre les mesures appropriées. Cette lutte demeure néanmoins un chantier exigeant. Les autorités chinoises reconnaissent que la situation reste complexe et que l’élimination des conditions propices à la corruption nécessite des efforts continus. La volonté affichée est de faire de la prévention, du contrôle et de la sanction des éléments complémentaires d’une gouvernance plus rigoureuse.

Des cadres davantage orientés vers les résultats

L’amélioration du fonctionnement des institutions constitue un autre volet de la politique chinoise. La mise en œuvre des décisions, le suivi des programmes et la responsabilité des cadres apparaissent ainsi comme des facteurs essentiels de l’efficacité publique. Les autorités entendent réduire les écarts entre les objectifs annoncés et les résultats obtenus, en accordant une attention particulière aux secteurs stratégiques. La réalisation de ces ambitions suppose une coordination étroite entre les institutions, une utilisation judicieuse des ressources et une exécution cohérente des programmes. Le renforcement des contrôles administratifs vise précisément à favoriser ces conditions. La rigueur dans la gestion ne saurait, à elle seule, expliquer les performances économiques d’un pays. Elle peut cependant contribuer à améliorer l’exécution des politiques publiques, à limiter les pertes liées aux pratiques irrégulières et à renforcer la continuité des programmes de développement.

L’objectif des dirigeants chinois, partagé par l’ensemble du pays et sans aucun doute le peuple aussi, est de consolider les mécanismes de supervision et de mieux répondre aux défis qui apparaissent au sein de l’organisation. Dans le système politique chinois, où le Pcc joue un rôle central dans la conduite des affaires nationales, la capacité de l’organisation à surveiller ses propres pratiques constitue un enjeu important pour son fonctionnement et pour la mise en œuvre de ses orientations.

Une expérience qui interpelle

Les efforts engagés en Chine présentent un intérêt pour les pays africains confrontés aux défis de la corruption, de la gestion des ressources publiques et de l’efficacité administrative. Si les contextes historiques, politiques et socio-économiques diffèrent, certaines pratiques peuvent alimenter la réflexion sur les moyens d’améliorer la gouvernance. Dans une interview accordée à l’agence de presse Xinhua, Mamadou Yéro Barry, cadre et chef de la section Formation à la division des ressources humaines du ministère guinéen de l’Agriculture, a estimé que la qualité de la gestion publique constitue un facteur important du développement à long terme. Selon lui, les pays africains peuvent s’inspirer de certaines démarches chinoises pour renforcer leurs institutions, responsabiliser leurs cadres et améliorer le suivi des politiques publiques. Il a notamment cité les infrastructures, la formation professionnelle et l’industrialisation comme des secteurs où la continuité des programmes et la qualité de leur exécution sont déterminantes. Le secteur agricole illustre également les possibilités de coopération.

Le responsable guinéen a évoqué un atelier organisé avec des professeurs et des experts de l’Académie des sciences agricoles tropicales de Chine, consacré aux technologies de production et de transformation des denrées alimentaires tropicales et des fruits issus d’arbres fruitiers. Ces échanges montrent que la coopération sino-africaine peut favoriser non seulement les investissements, mais aussi le transfert de compétences, le partage d’expériences et le renforcement des capacités institutionnelles. L’adaptation de ces enseignements doit toutefois tenir compte des réalités propres à chaque pays. La lutte contre la corruption et l’amélioration de l’administration nécessitent des institutions crédibles, des procédures transparentes, des mécanismes de contrôle effectifs et une responsabilisation des décideurs, dans le respect des cadres juridiques nationaux.

À l’approche d’une nouvelle phase de sa planification économique, la Chine entend faire de la qualité de sa gouvernance un soutien à ses ambitions de modernisation. Le contrôle interne, la lutte contre la corruption et l’amélioration des performances administratives participent de cette volonté de consolider la capacité de l’État à conduire les transformations engagées. Le défi consiste désormais à inscrire les progrès attendus dans les pratiques quotidiennes des institutions, afin que les règles et les mécanismes de supervision se traduisent par une meilleure gestion des ressources et des résultats tangibles pour la population. Pour les pays désireux d’accélérer leur développement, l’expérience chinoise rappelle qu’une stratégie nationale ne peut produire pleinement ses effets sans des institutions capables d’en assurer l’exécution. La mobilisation des financements et la définition de programmes ambitieux doivent aller de pair avec la transparence, la responsabilité des cadres et le suivi des résultats. C’est dans cette articulation entre qualité de la gouvernance, efficacité administrative et continuité de l’action publique que se trouve l’un des enjeux majeurs du développement à long terme. Pour la Chine, cet impératif accompagne la poursuite de la modernisation à l’horizon 2035. Pour les pays africains, il constitue une piste de réflexion pour transformer les ambitions nationales en réalisations concrètes au bénéfice des populations.

Des cadres davantage orientés vers les résultats

L’amélioration du fonctionnement des institutions constitue un autre volet de la politique chinoise. La mise en œuvre des décisions, le suivi des programmes et la responsabilité des cadres apparaissent ainsi comme des facteurs essentiels de l’efficacité publique. Les autorités entendent réduire les écarts entre les objectifs annoncés et les résultats obtenus, en accordant une attention particulière aux secteurs stratégiques. La réalisation de ces ambitions suppose une coordination étroite entre les institutions, une utilisation judicieuse des ressources et une exécution cohérente des programmes. Le renforcement des contrôles administratifs vise précisément à favoriser ces conditions. La rigueur dans la gestion ne saurait, à elle seule, expliquer les performances économiques d’un pays. Elle peut cependant contribuer à améliorer l’exécution des politiques publiques, à limiter les pertes liées aux pratiques irrégulières et à renforcer la continuité des programmes de développement.


L’objectif des dirigeants chinois, partagé par l’ensemble du pays et sans aucun doute le peuple aussi, est de consolider les mécanismes de supervision et de mieux répondre aux défis qui apparaissent au sein de l’organisation. Dans le système politique chinois, où le Pcc joue un rôle central dans la conduite des affaires nationales, la capacité de l’organisation à surveiller ses propres pratiques constitue un enjeu important pour son fonctionnement et pour la mise en œuvre de ses orientations.

Une expérience qui interpelle

Les efforts engagés en Chine présentent un intérêt pour les pays africains confrontés aux défis de la corruption, de la gestion des ressources publiques et de l’efficacité administrative. Si les contextes historiques, politiques et socio-économiques diffèrent, certaines pratiques peuvent alimenter la réflexion sur les moyens d’améliorer la gouvernance. Dans une interview accordée à l’agence de presse Xinhua, Mamadou Yéro Barry, cadre et chef de la section Formation à la division des ressources humaines du ministère guinéen de l’Agriculture, a estimé que la qualité de la gestion publique constitue un facteur important du développement à long terme. Selon lui, les pays africains peuvent s’inspirer de certaines démarches chinoises pour renforcer leurs institutions, responsabiliser leurs cadres et améliorer le suivi des politiques publiques. Il a notamment cité les infrastructures, la formation professionnelle et l’industrialisation comme des secteurs où la continuité des programmes et la qualité de leur exécution sont déterminantes. Le secteur agricole illustre également les possibilités de coopération.

Le responsable guinéen a évoqué un atelier organisé avec des professeurs et des experts de l’Académie des sciences agricoles tropicales de Chine, consacré aux technologies de production et de transformation des denrées alimentaires tropicales et des fruits issus d’arbres fruitiers. Ces échanges montrent que la coopération sino-africaine peut favoriser non seulement les investissements, mais aussi le transfert de compétences, le partage d’expériences et le renforcement des capacités institutionnelles. L’adaptation de ces enseignements doit toutefois tenir compte des réalités propres à chaque pays. La lutte contre la corruption et l’amélioration de l’administration nécessitent des institutions crédibles, des procédures transparentes, des mécanismes de contrôle effectifs et une responsabilisation des décideurs, dans le respect des cadres juridiques nationaux.

À l’approche d’une nouvelle phase de sa planification économique, la Chine entend faire de la qualité de sa gouvernance un soutien à ses ambitions de modernisation. Le contrôle interne, la lutte contre la corruption et l’amélioration des performances administratives participent de cette volonté de consolider la capacité de l’État à conduire les transformations engagées. Le défi consiste désormais à inscrire les progrès attendus dans les pratiques quotidiennes des institutions, afin que les règles et les mécanismes de supervision se traduisent par une meilleure gestion des ressources et des résultats tangibles pour la population. Pour les pays désireux d’accélérer leur développement, l’expérience chinoise rappelle qu’une stratégie nationale ne peut produire pleinement ses effets sans des institutions capables d’en assurer l’exécution. La mobilisation des financements et la définition de programmes ambitieux doivent aller de pair avec la transparence, la responsabilité des cadres et le suivi des résultats. C’est dans cette articulation entre qualité de la gouvernance, efficacité administrative et continuité de l’action publique que se trouve l’un des enjeux majeurs du développement à long terme. Pour la Chine, cet impératif accompagne la poursuite de la modernisation à l’horizon 2035. Pour les pays africains, il constitue une piste de réflexion pour transformer les ambitions nationales en réalisations concrètes au bénéfice des populations.