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En visite aux États-Unis du 23 au 25 septembre, le président chinois Xi Jinping et son homologue américain ont convenu de bâtir des "relations constructives de stabilité stratégique". Au terme de trois jours d'entretiens, les deux puissances annoncent huit consensus majeurs, du commerce à l'intelligence artificielle, en passant par la sécurité maritime.
C'est un dégel diplomatique que peu d'observateurs osaient espérer il y a encore quelques mois. En visite d'État aux États-Unis du 23 au 25 septembre 2026, le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, a eu des entretiens approfondis avec le président américain. A l'issue de cette séquence qualifiée d'historique par les deux parties, Pékin et Washington annoncent avoir abouti à huit résultats et consensus structurants pour l'avenir de leurs relations bilatérales et pour l'équilibre mondial.
Premier point et non des moindres, les deux chefs d'État conviennent d'établir formellement entre leurs deux pays des relations constructives de stabilité stratégique basées sur le respect, l'équité et la réciprocité. Une formulation qui signe la volonté partagée de sortir de la logique de confrontation permanente pour installer un cadre de coexistence durable entre les deux premières puissances mondiales.
Dans le même esprit d'apaisement, les deux dirigeants ont tenu à rappeler un pan d'histoire commune : la Chine et les États-Unis étaient alliés pendant la Seconde Guerre mondiale et ont combattu côte à côte pour remporter la guerre. Un symbole fort pour sceller la nouvelle ère.
Le commerce au cœur du réchauffement
Sur le terrain économique, le plus attendu, les avancées sont concrètes. Les deux présidents saluent le rôle positif du mécanisme de consultations économiques et commerciales sino-américaines. Ils entérinent notamment la création et la promotion du Conseil du commerce, la conclusion d'un arrangement portant sur une réduction tarifaire réciproque de 30 milliards de dollars américains et la prolongation des résultats des consultations de Kuala Lumpur. Des instructions ont été données aux deux administrations pour leur mise en œuvre immédiate.
Signe de cette détente commerciale, les deux pays se soutiennent mutuellement pour l'organisation des deux prochains grands rendez-vous multilatéraux : la Réunion des dirigeants de l'APEC et le Sommet du G20. Les deux chefs d'État ont d'ores et déjà annoncé leur intention d'assister à la réunion organisée par l'autre partie.
Sécurité, drogue et IA : des chantiers communs
Au-delà de l'économie, le communiqué conjoint aborde les questions de sécurité globale. Les deux dirigeants s'accordent sur le fait que l'Iran doit honorer son engagement à ne pas développer d'armes nucléaires et qu'aucun pays ni aucune institution ne doit être autorisé à imposer des droits de passage sur les voies de navigation internationales.
Autre dossier sensible, la lutte contre le trafic de drogue affiche des résultats visibles. Par une coopération étroite, les autorités chinoises et américaines ont récemment démantelé conjointement plusieurs affaires impliquant de nouvelles substances psychoactives et des précurseurs chimiques, et arrêté des dizaines de suspects dans les deux pays.
L'intelligence artificielle, enjeu stratégique du siècle, fait l'objet d'un consensus inédit. Pékin et Washington conviennent d'établir un dialogue sino-américain sur l'IA afin d'échanger sur ses risques et ses bénéfices. La prochaine session est fixée à novembre 2026, avec la mise en place d'un canal bilatéral de communication sur les incidents liés à l'IA.
Enfin, sur le plan militaire, les deux armées ont convenu de signer dans les meilleurs délais un mémorandum d'entente sur la communication et la prévention des crises et de poursuivre leur coopération dans la recherche des dépouilles des militaires américains disparus en Chine.
Et comme pour sceller ce réchauffement par un geste populaire, les États-Unis ont salué l'arrivée de deux pandas géants prêtés par la Chine au Zoo d'Atlanta. La diplomatie du panda est de retour. Une visite qui, au-delà des symboles, dessine les contours d'une coexistence pragmatique entre Pékin et Washington.