La Nation Bénin...
La République démocratique du Congo (RDC) fait face à une flambée épidémique d’une ampleur inédite. D’après les derniers chiffres officiels communiqués par le gouvernement, le bilan de l’épidémie d’Ebola qui sévit dans le pays a franchi un nouveau cap critique, totalisant désormais plus de 5 000 décès pour près de 10 000 personnes infectées depuis le mois de mai 2026. Il s’agit de la plus importante vague de contamination de cette pathologie jamais enregistrée sur le territoire congolais.
C’est une véritable course contre la montre. La propagation de la maladie est devenue beaucoup plus rapide ces dernières semaines et le nombre de morts a bondi d’environ un millier rien que depuis le début du mois d’octobre. Cette gravité est amplifiée par la nature de la souche en cause, le variant Bundibugyo, une forme rare du virus contre laquelle aucun traitement spécifique ni vaccin homologué n’est actuellement disponible sur le marché pharmaceutique.
Face à cette progression rapide, les craintes d’une internationalisation de la crise se concrétisent. Le Nigéria a en effet officialisé la semaine dernière la découverte d’un premier cas sur son sol, s’ajoutant ainsi à la liste des pays déjà touchés que sont la RDC, le Kenya et l’Ouganda.
À l’intérieur des frontières congolaises, l’épidémie touche désormais huit des vingt-six provinces du pays. Toutefois, la riposte sanitaire se heurte à des obstacles sécuritaires majeurs, les équipes médicales étant régulièrement la cible d’agressions sur le terrain. Un drame récent l’a illustré la semaine dernière avec la mort tragique d’une infirmière et les blessures graves infligées à un autre agent de santé, pris à partie par un groupe d’individus armés de machettes et de matraques. De telles violences menacent directement la continuité des opérations de surveillance épidémiologique et la prise en charge des patients.
Avec plus de 5 000 victimes recensées, la crise actuelle s’inscrit parmi les tragédies sanitaires les plus meurtrières de l’histoire récente, se positionnant juste derrière la dramatique épidémie qui avait ravagé la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone entre 2014 et 2016, laquelle avait fait environ 11 000 morts pour près de 28 000 cas.