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Guinée : Moussa Dadis Camara gracié 9 mois après sa condamnation

International

Le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, a accordé une grâce présidentielle à Moussa Dadis Camara, l'ancien chef de la junte, condamné pour son rôle dans le massacre du 28 septembre 2009. Cette décision, motivée par des raisons de santé, intervient moins d'un an après sa condamnation à 20 ans de prison. Le 31 juillet 2024, le tribunal criminel de Dixinn avait reconnu Moussa Dadis Camara coupable de crimes contre l'humanité, le jugeant responsable des violences perpétrées lors de la répression d'une manifestation en 2009. Cependant, un décret présidentiel, lu à la télévision nationale ce vendredi 28 mars 2025, a annoncé sa libération.

Par   Christian Hounnongbé, le 29 mars 2025 à 14h26 Durée 3 min.
#Moussa Dadis Camara
Des raisons de santé invoquées


Le général Doumbouya a justifié sa décision par l'état de santé de l'ancien président, sans fournir plus de détails. Cette grâce intervient dans un contexte de tensions politiques persistantes en Guinée, où le massacre du 28 septembre 2009 reste une plaie ouverte.

Le gouvernement de transition présente cette mesure comme un acte de clémence visant à favoriser la réconciliation nationale. Cependant, elle risque de susciter la controverse, notamment auprès des victimes du massacre et des organisations de défense des droits humains.

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Un acte de réconciliation nationale ?


Le 28 septembre 2009, une manifestation pacifique contre la candidature de Moussa Dadis Camara à l'élection présidentielle avait été violemment réprimée par les forces de l'ordre. Le bilan officiel faisait état de 157 morts, mais les organisations de défense des droits humains estiment qu'il pourrait être beaucoup plus élevé.

Un procès du massacre s'était ouvert en septembre 2022 et avait duré près de deux ans. Il aura permis d'entendre les témoignages poignants des victimes et de mettre en lumière les responsabilités des auteurs de ce crime.

Les réactions à cette grâce présidentielle sont attendues dans les prochaines heures. Elles permettront de mesurer l'impact de cette décision sur le processus de réconciliation nationale en Guinée.