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Tournée du chef de la diplomatie chinoise en Afrique: Pour un développement solidaire et une revitalisation durable du continent

International
Xi Jinping, président de la République populaire de Chine Xi Jinping, président de la République populaire de Chine

Fidèle à une tradition diplomatique observée sans discontinuité depuis 36 ans, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a effectué sa tournée annuelle en Afrique. Cette année, son périple l’a conduit en Éthiopie, en Somalie, en Tanzanie et au Lesotho. À l’issue de cette mission, le chef de la diplomatie chinoise a décliné devant les médias de son pays les grandes orientations de la coopération sino-africaine, mettant l’accent sur la solidarité, la modernisation du continent et la mise en œuvre des engagements issus du dernier sommet du Forum sur la coopération sino-africaine.

 

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 15 janv. 2026 à 12h08 Durée 3 min.
#diplomatie chinoise

Au cœur de son message, Wang Yi a insisté sur la nécessité pour la Chine et l’Afrique de renforcer leur confiance stratégique mutuelle, d’aligner leurs visions de développement et d’approfondir leur coopération face aux défis communs. Pour lui, le dialogue stratégique demeure un levier essentiel afin de faire front ensemble aux mutations géopolitiques et économiques mondiales. Le maintien de cette tournée africaine annuelle depuis plus de trois décennies est, selon le ministre chinois, l’expression d’un engagement constant et d’une solidarité sans faille envers le continent. « Lorsque nos frères et sœurs africains ont besoin de soutien, la Chine sera toujours le premier ami à leurs côtés », a-t-il affirmé. Il a illustré ses propos par l’exemple du Lesotho, dont l’existence avait été remise en question par un dirigeant étranger. La Chine, a-t-il rappelé, s’est alors rendue dans ce royaume pour affirmer devant la communauté internationale que « le Lesotho est bien là, son peuple prospère et la Chine est son partenaire stratégique ». Moment fort de cette tournée, le lancement officiel de l’Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique s’est tenu au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, en présence de Wang Yi. Plus qu’un événement symbolique, cette initiative vise à mettre en lumière les acquis de la coopération sino-africaine et à rapprocher davantage les peuples. Près de 600 activités d’échanges sont prévues dans des domaines aussi variés que la jeunesse, la culture, les médias, l’éducation ou encore la coopération scientifique. Ces rencontres permettront aux acteurs des deux parties de partager leurs expériences et de formuler des propositions concrètes pour renforcer les liens humains, socle durable du partenariat sino-africain. Pour Wang Yi, cette année spéciale s’inscrit dans la continuité d’une amitié forgée dans les luttes pour l’indépendance et l’autodétermination. Elle vise à transmettre cet héritage aux générations futures, à élargir la coopération et à approfondir une relation fondée sur le respect mutuel et la solidarité.

La modernisation africaine, un impératif partagé

Abordant la question de la modernisation de l’Afrique, le chef de la diplomatie chinoise l’a qualifiée à la fois de « prometteuse et urgente ». Il a souligné que, dans un monde marqué par la diversité des civilisations, chaque pays doit suivre sa propre voie de modernisation, adaptée à ses réalités nationales. « L’expérience chinoise montre que la modernisation n’est pas synonyme d’occidentalisation», a-t-il déclaré, estimant que l’essentiel réside dans l’identification d’un modèle de développement soutenu par la population et conforme aux conditions locales. À cet égard, la trajectoire de la Chine peut, selon lui, constituer une source d’inspiration pour les pays africains. Dans cette perspective, Pékin se dit disposé à mettre en place une plateforme institutionnalisée d’échanges avec les pays africains, afin de partager des expériences de gouvernance et d’explorer des voies de développement inclusives. « Sans la modernisation de l’Afrique, il ne peut y avoir de modernisation mondiale », a affirmé Wang Yi, y voyant une correction nécessaire des injustices historiques subies par le continent.

Des résultats concrets du Focac

Concernant la mise en œuvre des décisions du dernier sommet du Focac, Wang Yi a indiqué que le taux de réalisation avoisine 90 %. Parmi les avancées notables figurent 301 projets dits « petits mais beaux », qui progressent de manière satisfaisante. Les liaisons aériennes entre la Chine et l’Afrique ont enregistré une hausse de 23 %, tandis que près d’un millier de volontaires médicaux chinois ont été déployés sur le continent pour offrir des consultations gratuites. Plus de 200 experts agricoles appuient également les producteurs locaux. Sur le plan commercial, les échanges sino-africains ont franchi, au cours des onze premiers mois de 2025, le seuil historique de 300 milliards de dollars américains, en hausse de 17,8 % par rapport à l’année précédente. Des produits agricoles africains, tels que le café, les noix ou les fruits, trouvent désormais une place croissante sur les marchés chinois. À travers cette tournée, Pékin réaffirme une fois de plus sa volonté de se tenir aux côtés de l’Afrique, tant pour relever les défis du développement que pour défendre un multilatéralisme respectueux du droit international et de la souveraineté des États. Une coopération que la Chine veut inscrire dans la durée, au service d’un avenir partagé et équilibré.

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