La Nation Bénin...
Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, une opération militaire américaine d’une ampleur sans précédent a bouleversé la scène internationale et marqué l’histoire des relations internationales contemporaines.
Cette opération, menée contre le Venezuela, a abouti à la capture, à l’extraction et à l’exfiltration par voie aérienne du président vénézuélien en exercice, Nicolás Maduro, sur le sol des États-Unis.
Les événements qui se sont déroulés à Caracas ont déclenché une onde de choc mondiale, suscitant à la fois des applaudissements pour la chute d’un dirigeant considéré comme dictatorial par ses adversaires et de vives critiques pour l’usage unilatéral de la force et la violation, selon de nombreux experts, du droit international.
Cette intervention pose des questions profondes sur la légitimité de l’usage de la force, sur les rapports de puissance dans un monde en pleine reconfiguration, et sur les conséquences possibles pour l’avenir de la sécurité internationale.
Alors qu’il est trop tôt pour en cerner toutes les conséquences à long terme, les leçons tirées de cet épisode sont déjà multiples et décisives.
I. Les faits
• L’intervention armée et l’exfiltration de Nicolás Maduro
Une opération militaire sans précédent dans l’histoire récente de l’hémisphère occidental a eu lieu le 3 janvier 2026, lorsque les États-Unis ont déployé des forces armées à grande échelle pour capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro. L’opération, baptisée Absolute Resolve, a combiné des frappes aériennes, des actions de forces spéciales et la neutralisation des capacités de défense vénézuéliennes dans et autour de Caracas. Selon les rapports, plusieurs explosions ont secoué la capitale et des zones stratégiques du pays, tandis que des commandos américains héliportés ont pris le contrôle du palais présidentiel et des installations clés. Le président Maduro, ainsi que son épouse Cilia Flores, ont été capturés, menottés et transférés vers un avion américain à destination de New York.
L’opération fut qualifiée par Washington de succès spectaculaire, bien que le bilan humain vénézuélien reste incertain.
Le gouvernement américain a ensuite annoncé que Maduro serait poursuivi devant un tribunal fédéral de New York pour des accusations incluant narcotrafic et narcoterrorisme, bien que ces motifs aient été contestés par de nombreux juristes internationaux.
• Les raisons évoquées par les États-Unis
Les responsables américains ont justifié l’opération comme une action nécessaire pour contrer le narcotrafic, le terrorisme et la criminalité transnationale, ainsi que pour restaurer la démocratie au Venezuela. Donald Trump, président des États-Unis, a affirmé au moment des faits que Maduro dirigeait un « réseau criminel international » impliqué dans le trafic de stupéfiants et le terrorisme, ce qui, selon l’administration, constituait une menace directe pour la sécurité américaine et régionale.
En faisant valoir que les États-Unis allaient désormais « diriger le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition sûre et démocratique soit achevée », la Maison-Blanche a présenté ce qui serait normalement un acte de guerre comme une action de police internationale élargie, destinée à protéger des intérêts supérieurs d’ordre et de sécurité. De plus, des responsables américains ont évoqué la nécessité de libérer le peuple vénézuélien d’un gouvernement qu’ils considèrent comme tyrannique et corrompu depuis de nombreuses années, soulignant les violations des droits humains et la crise économique profonde que connaît le pays.
• Les raisons inavouées
Cependant, derrière ces justifications officielles se dessinent des motivations plus controversées, liées à des intérêts géostratégiques et économiques, notamment dans le secteur des ressources naturelles. Le Venezuela possède d’immenses réserves de pétrole, longtemps convoitées par les grandes puissances, et l’annonce par le président américain que des compagnies pétrolières américaines pourraient exploiter ces ressources a rapidement alimenté les critiques d’un « coup d’État motivé par le pétrole ».
Par ailleurs, l’opération s’inscrit dans une stratégie plus large de pression sur les alliés historiques du Venezuela, tels que la Russie, la Chine, l’Iran et Cuba, qui ont des intérêts économiques, militaires et politiques dans la région. En ce sens, l’intervention pourrait être interprétée comme une tentative de réaffirmer la prééminence américaine dans un hémisphère où l’influence américaine avait été mise à mal au cours des dernières décennies. Si ces objectifs n’ont pas été officiellement reconnus, ils ont été implicitement soutenus par certains analystes qui estiment que la sécurité énergétique et la concurrence géopolitique pèsent lourd dans les calculs de Washington.
II. Problème de droit international
L’intervention américaine du 3 janvier 2026 soulève d’importantes questions de droit international, en particulier autour de la légalité de l’usage de la force et du respect de la souveraineté des États.
À première vue, l’opération semble contredire les principes fondamentaux de la Charte des Nations unies, qui interdit le recours à la force militaire contre un autre État sans autorisation du Conseil de sécurité ou sans légitime défense contre une attaque armée imminente ou en cours.
Or, dans ce cas précis, aucun mandat du Conseil de sécurité de l’Onu n’a été obtenu, et il n’y avait pas d’agression armée directe du Venezuela contre les États-Unis qui aurait pu justifier l’usage de la force en vertu de l’article 51 de la Charte. Des juristes internationaux, comme ceux du think-tank Chatham House, ont ainsi souligné que l’opération ne pouvait être raisonnablement défendue comme un acte de légitime défense et qu’elle représentait une violation claire du droit international.
La capture et l’extraction forcée d’un chef d’État sur le territoire d’un autre pays, sans consentement de ce dernier, engendrent aussi des préoccupations juridiques considérables. Le principe de souveraineté implique que les États sont libres de disposer de leurs affaires internes sans ingérence extérieure, et le fait de transporter un président en exercice vers un État poursuivant des accusations pénales contre lui viole non seulement ce principe, mais crée également un dangereux précédent.
De plus, certains experts ont noté que la qualification de narcoterrorisme comme justification principale de l’intervention ne remplit pas les critères stricts requis par le droit international pour une opération militaire transfrontalière, car le traitement de la criminalité internationale doit normalement s’opérer par des voies juridiques bilatérales, des extraditions ou des actions par des institutions internationales, plutôt que par des frappes et des incursions armées.
Ainsi, cette opération pourrait être interprétée comme une rupture majeure des normes établies, sapant l’ordre international fondé sur le droit. Si d’autres puissances adoptaient une logique similaire, cela pourrait affaiblir considérablement les mécanismes de prévention des conflits et ouvrir la porte à des interventions similaires sous des prétextes variés, ce qui fragiliserait durablement les systèmes multilatéraux de gouvernance.
III. Problème de géopolitique dans un monde multipolaire en plein changement
L’intervention américaine contre le Venezuela intervient à un moment où l’ordre mondial est en pleine mutation, passant d’un système dominé par une seule superpuissance à un monde multipolaire complexe. La place des États-Unis, bien qu’importante, est désormais contestée par d’autres puissances influentes telles que la Chine, la Russie et l’Union européenne.
Chacune de ces entités a ses propres intérêts, alliances et stratégies dans la région.
La réaction internationale à l’intervention illustre cette rivalité croissante : la Russie, la Chine, l’Iran et plusieurs pays latino-américains ont vivement dénoncé l’action américaine comme une violation de la souveraineté nationale et un précédent dangereux, tandis que certains
États occidentaux ou allégés ont salué la fin du régime de Maduro tout en appelant au respect du droit international.
• Réactions des alliés du Venezuela et de la communauté internationale
La réaction internationale a été diverse et parfois contradictoire, reflétant les fractures géopolitiques contemporaines. D’un côté, des puissances comme la Russie et la Chine ont condamné l’opération, qualifiant l’intervention de violation grave du droit international et appelant à la libération immédiate de Maduro. Des pays latino-américains tels que le Brésil et le Mexique ont également dénoncé ce qu’ils considèrent comme une agression contre la souveraineté régionale.
À l’inverse, certains États, y compris l’Argentine et Israël, ont exprimé un certain soutien à l’opération ou ont salué le renversement de Maduro, souvent en mettant l’accent sur la nécessité de mettre fin à ce qu’ils considèrent comme un régime oppressif. Cependant, même parmi les alliés traditionnels des États-Unis, la réponse est nuancée : plusieurs gouvernements européens ont exprimé leur préoccupation quant à la légalité de l’intervention, appelant à la retenue et au respect du droit international.
Cette diversité de réactions souligne que le monde ne fonctionne plus selon un paradigme bipolaire simple, mais plutôt selon un réseau d’intérêts divergents, où des coalitions circonstancielles peuvent s’établir autour de questions spécifiques.
L’intervention américaine au Venezuela a ainsi servi de catalyseur pour révéler et exacerber les tensions existantes entre différentes visions du monde: celles qui privilégient la souveraineté et la non-ingérence, et celles qui incluent des interventions unilatérales au nom de la justice ou de la sécurité.
Dans ce contexte, l’avenir de la géopolitique régionale et mondiale reste incertain. La polarisation entre grandes puissances pourrait amplifier la militarisation des relations internationales, encourager des alliances régionales alternatives et accroître les risques de crises similaires ailleurs.
Conclusion
Alors que le monde digère encore les répercussions de l’intervention américaine à Caracas, deux leçons fondamentales émergent clairement : l’une pour les dirigeants autoritaires, et l’autre pour les puissances qui s’arrogent le droit d’intervenir.
• Leçon au dictateur
Pour les dirigeants autoritaires comme Maduro, cette opération envoie un message brutal : l’impunité n’est jamais assurée, même face à l’ordre établi, si leurs actions sont perçues comme une menace pour des puissances étrangères. La possibilité d’être délogé par une action militaire extérieure, même en l’absence de mandat international clair, démontre que l’isolement politique et la perte de soutien international peuvent exposer un dirigeant à des risques extrêmes, allant jusqu’à la capture et à la détention à l’étranger.
Cependant, cette leçon comporte un avertissement : la voie de la coopération internationale et le respect des normes internationales demeurent les seuls moyens durables pour résoudre les crises internes. Les transitions politiques forcées par des forces extérieures, même lorsqu’elles sont présentées comme des moyens de libération, peuvent engendrer des divisions profondes, des ressentiments durables et une instabilité prolongée.
• Leçon à l’impérialiste
Pour les puissances hégémoniques, l’intervention de janvier 2026 rappelle que l’usage unilatéral de la force, même contre un ennemi considéré comme illégitime, comporte des coûts politiques, juridiques et géopolitiques considérables.
En choisissant d’agir sans mandat international, Washington a fragilisé sa légitimité morale et juridique, risquant de saper la crédibilité des institutions internationales dont il est souvent le principal défenseur.
L’impérialisme, même sous couvert de lutte contre le crime ou de promotion de la démocratie, court le risque d’alimenter des oppositions résolues et des alliances contre lui, renforçant ainsi ses adversaires et fragilisant les systèmes multilatéraux.
À long terme, l’intervention américaine au Venezuela pourrait entériner une ère de compétition accrue entre grandes puissances, où les normes de droit international sont de plus en plus contournées au profit de stratégies d’influence purement géopolitiques.
Les leçons de l’intervention américaine à Caracas illustrent à la fois les dangers des régimes autoritaires et ceux de l’interventionnisme non encadré par le droit international.
Dans un monde multipolaire en pleine mutation, la voie vers la paix et la stabilité globale ne peut être trouvée que par l’équilibre entre le respect de la souveraineté, la coopération internationale et la recherche de solutions politiques pacifiques, plutôt que par des démonstrations de force unilatérales.
Au cas où les événements du 3 janvier 2026 resteraient gravés dans l’histoire, leur signification réelle dépendra de la manière dont la communauté internationale répondra collectivement et dans le respect du droit aux défis futurs. (Cf. Ma somme anthropologique
et Theories sur “The nation-state and the plural regulatory rationalities of the international system”.
Enseignant-chercheur
Théodore C. Loko