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Cybersécurité et intelligence artificielle en Afrique: Le Bénin devient le carrefour de la confiance numérique

Numérique
Les responsables des structures du numérique lors de la table ronde consacrée aux  défis de la cybersécurité et de l’intelligence artificielle Les responsables des structures du numérique lors de la table ronde consacrée aux défis de la cybersécurité et de l’intelligence artificielle

Prévue les 16 et 17 novembre prochains à Cotonou, la sixième édition du Cyber africa forum (Caf) mettra en débat les enjeux de la confiance numérique à l’ère de l’intelligence artificielle. En prélude à ce rendez-vous, des responsables du secteur numérique ont échangé, lundi 2 novembre, sur les cybermenaces, la souveraineté technologique et les perspectives pour le continent africain.

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 03 nov. 2026 à 11h29 Durée 2 min.
#cybersécurité #Intelligence artificielle

La progression des usages numériques impose de nouvelles exigences en matière de sécurité des données et des échanges. Pour les États africains, l’enjeu n’est plus seulement de développer les services numériques, mais aussi de garantir leur fiabilité face à des cybermenaces qui évoluent avec les technologies. C’est autour de ces défis que s’est tenue, lundi 2 novembre à Cotonou, une table ronde réunissant plusieurs acteurs du numérique, à deux semaines de la sixième édition du Cyber africa forum. Placée sous le thème « Confiance numérique à l’ère de l’IA : enjeux et perspectives pour l’Afrique», la rencontre a réuni Franck Kié, commissaire général du Caf, Marc-André Loko, directeur général de l’Agence des systèmes d’information et du numérique (Asin), Ouanilo Medegan Fagla, directeur général du Centre national d’investigations numériques (Cnin), Wilbrod Dossou, directeur des analyses, de la veille et de l’intelligence stratégique (Davis), ainsi que Richmond Tiemoko, représentant résident du Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa). Pour Franck Kié, le forum s’est progressivement imposé comme une plateforme de référence sur les questions de transformation numérique et de cybersécurité en Afrique. Plus d’un millier d’acteurs sont attendus à Cotonou pour cette édition, qui ambitionne de renforcer les échanges entre les secteurs public et privé.

Le choix du thème répond à la préoccupation liée à la sécurité des échanges dans un environnement où le numérique occupe une place croissante dans les activités économiques et sociales. Travail, mobilité, transferts d’argent ou circulation de données reposent désormais sur des systèmes dont la fiabilité conditionne la confiance des utilisateurs. « S’il n’y a pas de confiance derrière, s’il n’y a pas les systèmes qui permettent de sécuriser ces échanges, en réalité, nous sommes à la merci des cybercriminels », a souligné Franck Kié. Il estime que l’Afrique doit prendre la mesure des menaces qui prennent de l’ampleur et renforcer ses capacités de protection.

De consommateur à concepteur de solutions

L’intelligence artificielle ajoute une nouvelle dimension à ces risques. Si elle ouvre des perspectives d’innovation, elle peut également accroître les capacités d’attaque et faciliter la manipulation de l’information, notamment à travers les hypertrucages, ou deepfakes. La protection des données, la sécurisation des infrastructures et la capacité à détecter les nouvelles formes de fraude deviennent ainsi des enjeux stratégiques. La réflexion engagée à Cotonou dépasse la seule réponse aux cyberattaques. Elle pose également la question de la souveraineté numérique du continent, qui appelle à maîtriser ses données, ses infrastructures et ses technologies, tout en développant des compétences et des solutions adaptées à ses besoins. Franck Kié appelle les pays africains à privilégier l’anticipation plutôt que la réaction. « Demain se construit aujourd’hui », a-t-il insisté, en soulignant la nécessité de s’appuyer sur la réflexion, la stratégie et des actions concrètes pour préparer l’avenir numérique du continent. Dans cette perspective, le Bénin entend occuper une place importante dans les échanges. Le commissaire général du Cyber africa forum a salué les orientations du pays dans le domaine du numérique et de la cybersécurité, estimant que le choix d’y organiser une deuxième édition successive traduit une certaine confiance dans son attractivité.

Le forum réunira plus de 1 500 participants attendus autour de neuf thématiques, dont l’intelligence artificielle et la souveraineté algorithmique, la désinformation, la protection des données, l’identité numérique et le financement de l’économie numérique. L’enjeu sera de traduire les réflexions en coopérations concrètes et de déterminer comment les pays africains peuvent mieux protéger leurs systèmes tout en tirant parti des possibilités offertes par l’intelligence artificielle.