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Images retouchées par l’intelligence artificielle : les limites à ne pas franchir

Numérique

L’affaire d’un apprenant poursuivi après la diffusion de photographies retouchées de son enseignante, examinée par la CRIET le 8 octobre 2026, relance le débat sur les usages de l’intelligence artificielle. Au Bénin, la modification et la diffusion de l’image d’une personne sans son consentement peuvent, dans certaines circonstances, entraîner des sanctions pénales.

Par   Essènandé Florence KOUMENOUGBO (Coll.), le 11 oct. 2026 à 14h24 Durée 2 min.
#Intelligence artificielle

Retoucher une photographie pour modifier un décor ou créer une image humoristique ne présente pas les mêmes enjeux que détourner le visage d’une personne pour la ridiculiser ou lui attribuer une situation qu’elle n’a jamais vécue. La limite est franchie lorsque le contenu porte atteinte à sa dignité, à sa réputation ou à sa vie privée.

Les outils d’intelligence artificielle facilitent ces manipulations. Une photographie publiée sur les réseaux sociaux peut être récupérée, modifiée puis diffusée sans l’accord de la personne concernée. En quelques heures, le montage peut atteindre un large public et échapper au contrôle de son auteur.

Pour la victime, les conséquences dépassent le cadre numérique. Moqueries, humiliations, tensions familiales ou difficultés professionnelles peuvent affecter durablement son quotidien. La suppression de la publication ne met pas nécessairement fin au préjudice, car des copies peuvent continuer à circuler.

En mai 2026, le Centre national d’investigations numériques (CNIN) avait déjà alerté sur les risques liés à la modification et à la diffusion de l’image d’une personne sans son autorisation.

Ce que prévoit la loi

L’article 576 du Code du numérique béninois prévoit cinq ans d’emprisonnement et une amende de 25 millions de francs CFA pour la publication sur internet, sans consentement, d’un montage réalisé avec l’image ou les paroles d’une personne, lorsque son caractère artificiel n’apparaît pas à l’évidence et qu’aucune mention ne le signale. L’application de cette disposition reste soumise aux conditions prévues par le texte.

La prévention repose aussi sur la responsabilité des internautes. Avant de modifier ou de partager la photographie d’autrui, chacun doit s’interroger sur les conséquences de son geste et respecter les droits de la personne représentée. En cas de diffusion abusive, les captures d’écran, les liens et les informations relatives à la publication peuvent servir à documenter les faits et à effectuer un signalement.