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L’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep-Bénin) a rendu public, vendredi 1er mai, son rapport d’activités au titre de l’année 2025. Ce document met en lumière une année marquée par une intense activité réglementaire, des réformes structurantes et des avancées notables dans l’organisation du marché des communications électroniques et de la poste au Bénin. À travers ce bilan, l’institution affiche également ses ambitions pour 2026.
Au cours de l’année 2025, l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (Arcep-Bénin) a délivré un total de 868 titres d’exploitation couvrant les différents segments des communications électroniques et du secteur postal.
Cette dynamique traduit la vitalité du marché ainsi que l’intérêt croissant des acteurs pour les opportunités qu’offre le secteur numérique au Bénin. Dans le même temps, l’Autorité a procédé à un assainissement du registre des autorisations, en prenant huit décisions d’abrogation de titres d’exploitation. Ces décisions concernent notamment deux réseaux indépendants, trois codes Ussd et trois numéros courts. Cette opération s’inscrit dans une logique de mise à jour et de rationalisation des ressources, afin de garantir un environnement plus lisible, transparent et conforme aux exigences réglementaires.
L’année 2025 a également été marquée par la poursuite des réformes du cadre juridique de la régulation. L’Arcep a ainsi adopté plusieurs décisions structurantes visant à adapter la régulation aux mutations du marché et aux évolutions technologiques. Ces décisions s’articulent autour des quatre axes fondamentaux de la mission de l’Autorité à savoir: la promotion de la concurrence, le contrôle du respect des obligations réglementaires, la protection des intérêts des utilisateurs et la gestion des ressources rares. À travers ces actions, l’Arcep entend garantir un développement harmonieux, inclusif et compétitif du secteur. Dans le cadre de la régulation des marchés de gros, l’Arcep a approuvé les catalogues d’offres techniques et tarifaires d’interconnexion pour l’exercice 2025. Ces documents encadrent les prestations proposées par les opérateurs à leurs partenaires et aux acteurs tiers, facilitant ainsi l’accès aux réseaux de communications électroniques. Ces catalogues couvrent des services essentiels tels que l’acheminement du trafic voix et Sms, les services d’urgence, les solutions de Serveur vocal interactif (Ivr), ainsi que les prestations liées à l’itinérance nationale.
Ils incluent également les services de données, les offres de messagerie, l’accès aux infrastructures passives (pylônes, sites techniques, énergie) et les services destinés aux fournisseurs de services à valeur ajoutée. Par cette démarche, l’Arcep veille à instaurer un cadre équitable, transparent et non discriminatoire, propice à l’innovation, à l’interopérabilité des services et au renforcement de la concurrence.
Migration réussie
L’un des faits marquants de l’année reste la transition vers le plan national de numérotation à dix chiffres. Portée par la décision n°2024-063 du 18 mars 2024, cette réforme a connu une étape décisive avec le basculement effectif des réseaux dans la nuit du 29 au 30 novembre 2024. Une période transitoire de coexistence entre les anciens numéros à huit chiffres et les nouveaux formats à dix chiffres a permis aux opérateurs, aux entreprises et aux utilisateurs de s’adapter progressivement. Cette phase d’accompagnement, soutenue par des actions de communication et de sensibilisation, a facilité l’appropriation du nouveau système. La décision n°2025-079 du 26 mars 2025 est venue consacrer l’extinction définitive de l’ancien plan, marquant ainsi l’entrée complète du Bénin dans une nouvelle ère de gestion des ressources de numérotation.
L’évolution du cadre réglementaire a également été marquée par la prise par le gouvernement béninois, de l’arrêté n°2025-004 du 21 juillet 2025. Ce texte précise les conditions d’identification des opérateurs dominants sur les marchés des communications électroniques. Cet instrument juridique renforce les capacités d’analyse concurrentielle de l’Arcep et permet un meilleur encadrement des pratiques susceptibles de perturber le jeu du marché. Il constitue un levier essentiel pour garantir une concurrence saine et protéger les intérêts des consommateurs.
Année charnière et prospective
L’année 2026 s’annonce déterminante pour l’Arcep. Elle marque à la fois la fin du Plan stratégique 2022-2026 et le début d’un nouveau cycle de planification. Dans ce contexte, l’Autorité prévoit de conduire une évaluation approfondie de l’impact de ses actions de régulation, en analysant les évolutions du marché.
Par ailleurs, des réflexions prospectives seront engagées autour des technologies émergentes telles que l’intelligence artificielle et l’Internet des objets (IoT). L’objectif est d’anticiper les enjeux réglementaires liés à ces innovations et de positionner le Bénin comme un acteur majeur du numérique en Afrique de l’Ouest. Sur le plan sous-régional, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) poursuivra en 2026 ses initiatives de modernisation du cadre juridique du secteur numérique. Plusieurs textes sont en cours de révision ou d’adoption, notamment une nouvelle directive sur les communications électroniques, un règlement sur l’itinérance régionale, ainsi que des instruments relatifs à la protection des données personnelles et à la lutte contre la cybercriminalité. Dans ce cadre, l’Arcep entend jouer pleinement son rôle en contribuant à l’alignement du cadre réglementaire national avec ces normes communautaires.
L’Arcep poursuivra également ses travaux sur l’encadrement des nouveaux services, notamment ceux reposant sur des réseaux non terrestres. Ces technologies offrent des perspectives importantes pour améliorer la couverture des zones rurales ou mal desservies. Parallèlement, la protection des utilisateurs demeure une priorité. L’Autorité prévoit de renforcer les audits de réseaux pour garantir une couverture effective et inclusive sur l’ensemble du territoire. Elle ambitionne également de développer davantage les outils d’information à destination des consommateurs, tels que les cartes de couverture interactives et les indicateurs de qualité de service. Une attention particulière sera également accordée à la transparence des offres, à la qualité des services et à la régulation des pratiques commerciales ainsi qu’au traitement des plaintes des usagers.