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La production agricole et la transformation des produits locaux progressent dans le département de l’Atacora. À l’occasion de la foire du «Consommons local », Eliab Biaou, directeur départemental de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche de l’Atacora, a présenté les avancées enregistrées dans ce secteur, notamment l’augmentation des capacités de transformation et le renforcement des contrôles sanitaires.
Le secteur agricole affiche des résultats encourageants dans l’Atacora, notamment grâce à l’évolution des capacités de transformation des produits locaux et au développement des mécanismes de contrôle de la qualité. Lors du lancement de la foire du « Consommons local», organisée à Natitingou, Eliab Biaou, directeur départemental de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche de l’Atacora, a présenté les avancées enregistrées au cours des dix dernières années, en soulignant le rôle des innovations institutionnelles et techniques dans cette dynamique. Selon lui, la capacité de transformation de la production locale dans l’Atacora est passée de 5 000 à 17 000 tonnes en une décennie. Cette progression concerne notamment le riz, le fonio, la mangue et l’anacarde, ainsi que d’autres produits agricoles du terroir. Elle témoigne des efforts engagés pour transformer davantage les matières premières sur place et accroître la valeur ajoutée de la production locale, a-t-il souligné. Les retombées économiques sont également notables. En 2025, les produits transformés dans le département et commercialisés sur les marchés régionaux et internationaux ont généré près de trois milliards de francs Cfa de recettes et contribué à la création de plus de 400 emplois, a indiqué Eliab Biaou. Ces résultats illustrent le potentiel de l’agro-industrie pour dynamiser l’économie locale et améliorer les débouchés des producteurs et des transformateurs. « Au cours de l’année 2025, les produits commercialisés sur les marchés régional et international ont rapporté un peu moins de trois milliards de francs Cfa et créé plus de 400 emplois. Au cours des dix dernières années, le processus de transformation du secteur agricole a été engagé dans le département de l’Atacora. Cette évolution a nécessité de relever des défis liés à l’assurance qualité et à la sécurité sanitaire des aliments », a-t-il expliqué.
Innovation et amélioration de la qualité des produits
La Direction départementale de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche accorde une importance particulière à la qualité des produits transformés. Au-delà de l’augmentation des volumes, Eliab Biaou a insisté sur les efforts visant à garantir la qualité et l’innocuité des denrées alimentaires. Selon lui, le développement du secteur agricole et agroalimentaire exige des mécanismes de contrôle capables de protéger les consommateurs et d’aider les entreprises à atteindre des normes de qualité plus élevées. Dans cette perspective, des plans de contrôle des établissements agroalimentaires sont mis en œuvre depuis cinq ans par les services compétents du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, en collaboration avec les structures chargées de la sécurité sanitaire des aliments. Ce dispositif permet de classer les établissements selon leur niveau de risque : faible, moyen ou élevé. Cette approche constitue une avancée dans le suivi des unités de transformation et la prévention des pratiques susceptibles de compromettre la santé publique. Elle permet notamment de détecter les risques liés à l’utilisation d’ingrédients ou de substances non homologués dans les procédés de production, ainsi que les éventuelles contaminations des aliments. Le directeur départemental indique qu’une centaine d’établissements agroalimentaires sont contrôlés chaque année. Selon les données présentées, environ 50 % des établissements sont classés à risque moyen, 30 % à faible risque et 10 % à risque très élevé. Ces chiffres soulignent la nécessité de poursuivre les inspections et de renforcer l’accompagnement des opérateurs afin d’améliorer durablement leurs pratiques. «Globalement, environ 50 % des établissements présentent des risques moyens, 30 % de faibles risques et 10 % des risques très élevés. Les contrôles peuvent conduire à la fermeture de certains établissements ou au retrait de l’autorisation de mise sur le marché. Ils permettent également d’accompagner les entreprises qui respectent les exigences afin qu’elles obtiennent l’autorisation de commercialiser leurs produits. Les produits que vous voyez ici, fabriqués dans l’Atacora ou ailleurs au Bénin, ont fait l’objet de contrôles menés par différents acteurs, avec l’Abssa en première ligne et, désormais, le laboratoire relevant du ministère de la Santé», explique Eliab Biaou.
La protection du consommateur, une priorité
Les contrôles effectués ne se limitent pas à l’identification des risques. Ils peuvent déboucher sur des sanctions, notamment la fermeture de certains établissements, le retrait des autorisations de mise sur le marché ou, à l’inverse, l’accompagnement des entreprises respectant les exigences réglementaires pour obtenir les autorisations nécessaires à la commercialisation de leurs produits. Eliab Biaou a rappelé que les opérations de saisie et de destruction des produits impropres à la consommation se poursuivent avec l’appui des services concernés, notamment la Police républicaine et les structures départementales compétentes. Ces interventions visent à empêcher la circulation de denrées susceptibles de mettre en danger la santé des populations. Pour lui, la protection de la vie et de la santé des consommateurs doit primer sur toute autre considération lorsque des produits présentent des risques avérés. Eliab Biaou appelle à faire de la consommation des produits locaux un levier économique. Selon lui, leur promotion ne saurait se limiter à encourager leur achat : elle doit également reposer sur l’amélioration des procédés de transformation, le respect des normes sanitaires, la conformité réglementaire et la confiance des consommateurs. Chaque acteur est ainsi appelé à veiller à la qualité des produits proposés. La hausse des capacités de transformation dans l’Atacora montre que les produits agricoles béninois peuvent accéder à des marchés plus importants lorsqu’ils sont mieux valorisés. Le renforcement des contrôles et l’accompagnement des entreprises constituent, dans cette perspective, des leviers essentiels pour consolider les acquis et stimuler l’innovation. La foire du « Consommons local» apparaît ainsi comme une vitrine du savoir-faire des producteurs et des transformateurs, mais aussi comme un cadre de sensibilisation aux exigences de qualité. Pour Eliab Biaou, la consolidation des performances agricoles repose sur la mobilisation de tous les acteurs autour d’un objectif commun : produire, transformer et commercialiser des denrées locales de qualité, compétitives et sûres, tant pour les consommateurs béninois que pour les marchés extérieurs.
La transformation des produits agricoles locaux, un levier de création d’emplois et de valorisation du savoir-faire national