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Moignon ombilical : quand les croyances façonnent le destin de l’enfant

Santé

« Cache bien le nombril de ton enfant après sa chute ! Sinon, si une souris l’emporte, il deviendra voleur ou, s’il s’agit d’une fille, prostituée ! » Cette mise en garde, certaines jeunes mamans l’entendent encore de la bouche de leurs aînés, avant ou après un accouchement. Confirmée par plusieurs femmes lors d’un micro-trottoir, cette croyance populaire est transmise de génération en génération. Une croyance qui rappelle également certaines représentations populaires autour du placenta, dont le sort est aussi associé, dans certaines traditions, à l’avenir de l’enfant.

Par   Mariama SALIFOU (Coll.), le 08 nov. 2026 à 09h18 Durée 2 min.
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À la naissance d’un bébé, les conseils des grands-parents ne manquent pas à l’endroit de la nouvelle maman. Les restes du cordon ombilical, également appelés moignon ombilical, font ainsi l’objet de nombreuses précautions dans certaines familles. Pour les aînés, il ne s’agit pas seulement de préserver le devenir de l’enfant. Ils attribuent également à ce petit morceau des vertus thérapeutiques. Selon leurs recommandations, lorsqu’un bébé souffre de maux de ventre, il suffit de plonger le moignon dans de l’eau tiède et de lui faire boire cette eau pour faire disparaître ses douleurs. Des pratiques qui renforcent, à leurs yeux, l’importance de bien conserver ces restes après l’accouchement.

La science ne reconnaît pas cette croyance

Mais ces relations entre le sort du moignon ombilical, la santé et le comportement futur de l’enfant ont-elles une explication médicale ? Sage-femme, Zinétou Issa apporte un éclairage professionnel sur la question. « La science ne connaît pas cette réalité. Pendant notre formation, on ne nous a rien enseigné de tel », affirme-t-elle.

La professionnelle de santé revient également sur l’évolution des pratiques de prise en charge du cordon ombilical après la naissance. « Avant, on bandait le ventre du bébé au niveau du nombril. Mais, avec l’évolution des pratiques, on utilise désormais une pince de clampage pour fermer le cordon après sa section. Le moignon ombilical sèche ensuite et tombe naturellement », explique Zinétou Issa.

Après la section du cordon à la naissance, le petit morceau qui reste attaché au ventre du nouveau-né nécessite des soins attentifs. Son entretien répond avant tout à des exigences d’hygiène et de prévention des infections. Il importe notamment de respecter les recommandations des professionnels de santé et d’éviter l’application de produits ou de substances non prescrits sur cette partie du corps. Faire boire à un nourrisson de l’eau dans laquelle un moignon ombilical a été trempé ne constitue pas non plus un traitement médical recommandé contre les maux de ventre.

Entre transmission familiale et connaissances médicales

Si les recommandations des grands-parents continuent d’être suivies, elles traduisent l’importance des croyances et des transmissions familiales dans les pratiques entourant la naissance. Pour les aînés, protéger les restes du cordon ombilical revient à protéger symboliquement l’avenir de l’enfant, mais aussi à disposer d’un remède traditionnel contre certains petits maux. Ces mises en garde et pratiques, souvent transmises avec insistance, sont ainsi intégrées aux conseils prodigués aux jeunes mamans après l’accouchement.

Toutefois, aucune connaissance médicale établie ne démontre qu’une souris qui emporte ces restes puisse influencer la personnalité ou le comportement futur d’un enfant. De même, l’utilisation du moignon ombilical dans une préparation destinée à soulager les douleurs abdominales du nourrisson ne repose pas sur une efficacité thérapeutique scientifiquement établie.

Entre héritage culturel et connaissances médicales, ces croyances témoignent de la persistance des traditions dans les pratiques qui entourent les premiers jours de la vie. Elles rappellent aussi l’importance de distinguer les précautions relevant de la culture familiale de celles qui répondent à de véritables nécessités sanitaires.