La Nation Bénin...
La République démocratique du Congo traverse une crise sanitaire sans précédent. Selon les derniers chiffres publiés par l’Institut national de santé publique, le bilan en cours s’élève désormais à 8 067 cas confirmés et 3 901 décès. Cette flambée épidémique, déclarée en mai, dépasse la tragique épidémie de 2018-2020 au Nord-Kivu, qui avait enregistré 3 481 cas et 2 299 morts, et devient officiellement la plus dévastatrice jamais enregistrée sur le sol congolais.
Contrairement aux épisodes précédents, majoritairement causés par la souche Zaïre, cette résurgence est attribuée au virus Bundibugyo. Ce virus pose un défi majeur aux équipes de riposte. En effet, les vaccins préventifs comme l’Ervebo et les traitements par anticorps monoclonaux homologués ces dernières années ciblent spécifiquement la souche Zaïre et se révèlent inefficaces contre l’espèce Bundibugyo.
Cependant, l’épidémie reste localisée dans la province de l’Ituri, notamment dans la zone minière de Mongbwalu, avant de s’étendre aux provinces voisines du Nord-Kivu, du Haut-Uélé et de la Tshopo. La gestion de la crise se heurte à des contraintes structurelles complexes.
Un retard diagnostique initial est à déplorer, car les premiers tests de dépistage utilisaient des réactifs uniquement paramétrés pour la souche Zaïre, ce qui a entraîné un retard d’identification de plusieurs semaines au début de l’éclosion. À cela s’ajoute l’insécurité récurrente liée à la présence de groupes armés et aux déplacements continus de populations, qui entravent le suivi rigoureux. Enfin, la mobilité régionale pose un risque majeur, le statut de plaque tournante commerciale de l’Ituri ayant déjà favorisé des cas d’importation dans les pays voisins, notamment en Ouganda.
L’Organisation mondiale de la santé et plusieurs ONG internationales renforcent leur appui logistique et financier. Des essais cliniques de phase III ont été lancés en urgence pour évaluer des vaccins candidats et des molécules thérapeutiques spécifiquement adaptés au virus Bundibugyo.
Alors, si ce bilan tragique reste en deçà de celui de la crise dévastatrice d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016, qui avait fait plus de 11 000 morts en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, la RDC affronte l’un des épisodes épidémiologiques les plus meurtriers de son histoire moderne.