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Nouvelles

Gestion des déchets biomédicaux: un incinérateur et des équipements pour l’hôpital de zone de Dassa-Glazoué
  Un important lot d'équipements médico-techniques a été officiellement remis, mercredi 15 juin dernier, à la zone sanitaire Dassa-Glazoué. La cérémonie s’est déroulée dans l’enceinte de cet hôpital en présence de Samuel Van Steirteghem, intervention-manager du projet Equité financé par l’Agence Française de développement (Afd) et mis en œuvre par Enabel et plusieurs responsables de la santé dans le département des Collines. Par Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines Le lot de matériels reçu est composé d’un incinérateur semi-électrique de type moderne avec abri de protection; d’équipements de gestion des déchets biomédicaux (sachets, boites de sécurité, poubelles, gants, pulvérisateur de solution chlorée …). A cela s’ajoutent deux tricycles entièrement couverts à l’arrière pour le transport sécurisé des déchets biomédicaux. Les deux tricycles permettront le transport en toute sécurité des déchets des formations sanitaires périphériques vers l’incinérateur installé à Dassa ; de 50 tablettes pour la gestion des plaintes et les enquêtes de satisfaction ; des armoires et matériels bureautiques. Selon Samuel Van Steirteghem, Intervention Manager du projet Equité, intègre le cadre du financement de 13,5 milliards de FCfa accordé par l’Agence française de développement (Afd) pour la mise en œuvre du projet «Ensemble pour une qualité des soins inclusive et transparente, orientée vers l’égalité genre ». D’où un incinérateur semi-électrique moderne est acquis au profit de l’hôpital de zone Dassa-Glazoué. Il a une capacité de 200 kg de déchets par jour. Samuel Van Steirteghem précise qu’à travers cet appui, l’Agence française de développement contribue à une meilleure gestion des déchets d’activités de soins à risque infectieux produits par l’hôpital de zone de Dassa-Glazoué et des formations sanitaires privées et publiques environnantes. Un financement de 92 500 000 Aussi, le fonctionnement de la plateforme nationale des utilisateurs des services de santé (Pnuss) est renforcé à travers l’octroi de 50 tablettes pour la gestion des plaintes et les enquêtes de satisfaction. Il en est de même pour les comités de gestion de santé (Coges) des zones sanitaires qui ont également bénéficié d’un appui à travers des matériels et fournitures de bureau. L’Agence française de dévelop-pement (Afd) a octroyé un financement de quatre-vingt-douze millions cinq cents mille pour soutenir l’amélioration de la gestion des déchets biomédicaux dans la zone sanitaire de Dassa-Zoumè-Glazoué et l’appui au fonctionnement de la Pnuss et des Coges. Mis en œuvre par l’Agence belge de développement (Enabel), ce financement apporte un soutien immédiat à la politique du gouvernement béninois en matière de santé. Cette contribution permet d’atteindre une partie essentielle du résultat dudit projet à savoir la promotion des services de santé promotionnels, préventifs et curatifs de qualité par rapport aux Maladies non transmissibles (Mnt) et les Soins obstétricaux et néonataux d’urgence (Sonu), tenant compte des besoins spécifiques des femmes et des adolescents et enfants des Collines avec une meilleure redevabilité des patients. Tour à tour, Osée Akpaki, représentant du maire de Dassa, Jacques Akpovi, médecin-coordonnateur de la zone sanitaire Dassa-Glazoué, Codjo Dandonougbo, Directeur départemental de la Santé (Dds-Collines), Olivier Kayodé Danvi, président du Comité santé, ont exprimé leur gratitude pour cet appui de l’Afd à travers le projet Equité. Ils ont promis de faire une utilisation judicieuse de l’incinérateur et des autres matériels afin que « ce mariage entre l’Afd-Enabel et l’hôpital de zone connaisse un lendemain meilleur ». Ils ont encore fait le plaidoyer pour que les conditions de travail du personnel de santé et celles des populations soient davantage améliorées avec le soutien de ce partenaire. --------------- Mieux connaitre l’Afd et l’Enabel --------------- L’Agence française de développement (Afd) est un établissement public qui finance, accompagne et accélère les transitions vers un monde plus juste et durable. Plateforme française d’aide publique au développement et d’investissement de développement durable, elle construit avec ses partenaires des solutions partagées, avec et pour les populations du Sud. Ses équipes sont engagées dans plus de 4 000 projets sur le terrain, dans les Outre-mer et dans 115 pays, pour le bien commun de l’humanité - le climat, la biodiversité, la paix, l’égalité femmes-hommes, l’éducation ou encore la santé. L’Afd contribue ainsi à l’engagement de la France et des Français en faveur des Objectifs de développement durable. Pour un monde en commun. L’Agence belge de développement « Enabel » est engagée dans l’appui au système de santé de la République du Bénin depuis près de 20 ans n V.S. Société 17 juin 2022


Signature de contrat entre l’Etat et le groupe Genesis: la construction d’une centrale thermique à cycle combiné actée
Le ministre de l’Energie, Dona Jean Claude Houssou, a signé avec le président du groupe Genesis, Akinwolé Omoboriowo, la convention de concession et le contrat d’achat d’électricité, pour la construction d’une centrale thermique à cycle combiné d’une puissance de 41 Mw. C’était hier jeudi 16 juin à Cotonou. Douze mois. C’est le délai contractuel pour qu’une centrale thermique à cycle combiné d’une puissance de 41 Mw soit érigée à Abomey-Calavi. Le ministre de l’Energie, Dona Jean Claude Houssou et le président du groupe Genesis, Akinwolé Omoboriowo, ont apposé leurs signatures sur les documents du contrat, ce jeudi 16 juin à Cotonou. En sa séance du 24 mars 2021, le Conseil des ministres avait autorisé le passage en cycle combiné de cette centrale pour une capacité de 40 Mw, mais les optimisations issues des négociations avec le constructeur ont permis de passer à une puissance de 41 Mw. A juste titre, le gouvernement a marqué son accord, le 25 mai dernier, pour la signature de la présente convention de concession ainsi que celle du contrat d’achat d’énergie, et du contrat de raccordement au réseau de la Sbee. Il sera transféré à la Société béninoise de production d’électricité (Sbpe) le contrat d’achat d’énergie électrique conclu dans ce cadre. Le ministre Dona Jean Claude Houssou et son collègue de l’Economie et des Finances viennent d’accomplir les diligences requises pour la réalisation de ce projet sur le site de Maria-Gléta. « Le peuple béninois est légitimement impatient que nous obtenions l’autonomie énergétique promise par le président Talon lors de son investiture, le 23 mai de l’année dernière. L’étape d’aujourd’hui est une façon de confirmer que nous avançons résolument sur ce projet… », a révélé le ministre Houssou. Tout en relevant que ce projet s’inscrit dans le cadre d’un partenariat public-privé, il a souhaité que sa mise en œuvre soit aussi historique en matière de respect de la durée contractuelle, de la qualité des travaux, de la prise en compte de l’environnement, des compétences et du contenu local. Jean Marcel Vigan, gestionnaire de projet à la Sbpe, a indiqué que cette centrale thermique de 41 Mw en cycle combiné fera usage d’une turbine à gaz et d’une turbine à vapeur. « Pour nous, l'électricité n’est pas une option mais une obligation. Et investir au Bénin a été une véritable opportunité. Nous voulons fournir à travers ce projet une solution optimale pour les populations et pour le secteur de l’électricité au Bénin. Nous espérons relever le défi. Nous remercions le gouvernement du président Talon, surtout d’être le premier producteur indépendant d’électricité. Aujourd’hui, ce n’est que le début et nous prenons cette opportunité très au sérieux… », a fait savoir le président du groupe Genesis, Akinwolé Omoboriowo. Pour Claude Gbaguidi, président de l’Autorité de régulation de l’électricité (Are), sa structure a pour mission de donner son avis conforme à la convention de concession de même qu’au contrat d’achat d’énergie. Il a salué l’aboutissement d’un long processus. Actualités 17 juin 2022


Contrôle de l’action gouvernementale au Parlement : Le dragage du lac Ahémé bouclé avant fin 2022
Le ministre en charge du Cadre de vie et du Développement durable, Didier Tonato, a rassuré, ce jeudi 16 juin, les députés que l’opération de dragage du lac Ahémé et ses chenaux en cours sera bouclée cette année. Il était en face devant la Représentation nationale dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale. Le dossier de dragage du lac Ahémé et ses chenaux était au cœur de la séance plénière de ce jeudi 16 juin, au Parlement. Il s’agit d’une question orale avec débat posée par le député Dakpè Sossou dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale. La réponse du gouvernement a été apportée par Didier Tonato, ministre du Cadre de Vie et du Développement durable. Des explications fournies par l’autorité ministérielle, il ressort que la réhabilitation des plans d’eau est une priorité pour l’Exécutif qui a initié le Programme intercommunal de réhabilitation du lac Ahémé et ses chenaux et de création d’une zone de développement économique (Pira). Ce programme couvre les six communes riveraines du lac Ahémé que sont Bopa, Comé, Grand-Popo, Houéyogbé, Ouidah et Kpomassè. L’objectif principal du Pira, explique Didier Tonato, est de réhabiliter le complexe fluvio-lacustre du lac Ahémé et ses chenaux à travers des opérations de dragages sectoriels et partiels, dans un processus structurant qui s'inscrit dans la durée, et de réaliser une zone de développement économique et touristique par l’intercommunalité, afin d’améliorer les conditions de vie des communautés de la zone des plans d’eau (lac Ahémé, lac Toho, Rivière Sazué, lagune côtière de Ouidah, Grand-Popo) et autres sont reliés entre eux par des canaux jadis ouverts mais actuellement quasi bouchés et en phase d’assèchement. Le Pira a identifié tous ces plans d’eau pour être traités progressivement de façon appropriée, afin de récréer et de redonner vie à l’ensemble du vaste système d’eau du complexe fluvio-laguno-lacustre pour une amélioration de la production halieutique. 21,2 milliards F Cfa pour la phase pilote Ainsi après une longue période de préparation méthodique, à en croire le ministre, le programme est entré dans sa phase opérationnelle depuis le 27 janvier 2022, par le dragage pilote et prioritaire du carrefour des eaux de Djondji-Houncloun. Les travaux de ce dragage pilote, précise le ministre, sont évalués à 21,2 milliards F Cfa financés exclusivement sur budget national, pour une superficie de 208 hectares environ sur le plan d’eau, alors que le lac Ahémé, en dehors des chenaux et canaux y associés, fait une superficie de 85 à 100 km2, soit entre 8 500 et 10 000 hectares. Didier Tonato révèle que les sédiments dragués ont déjà atteint à la date du 3 mai 2022, un volume de 4 660 000 mètres cubes, soit 53,9% des prévisions. « Nous avons dû faire observer une pause durant le mois de mai aux fins de faire renforcer les mesures de protection de l’environnement à la suite de quelques plaintes et des contrôles effectués par les services techniques », a-t-il informé. Il précise que les travaux de cette phase pilote dureront douze mois et couvrent les communes de Ouidah et Grand-Popo. Selon lui, les dispositions sont prises pour accélérer cette phase et préparer l’extension aux autres plans d’eau du Mono. Ainsi, après cette première phase du projet, la deuxième prendra en compte le Transect Nanzounmè dans le chenal Ahô jusqu’au niveau d’Akodéha-Ouèdèmè au sud du bassin principal du lac Ahémé. Et progressivement, tous les plans d’eau seront réhabilités, promet Didier Tonato. Selon lui, contrairement aux inquiétudes du député auteur de la question, il n’y a pas de ralentissement dans l’exécution des travaux qui ont démarré, en dehors de la pause observée en mai dernier pour des mesures de renforcement de la protection de l’environnement. Un programme similaire pour le lac Nokoué et la lagune de Porto-Novo est en phase de formulation, avec l’appui financier du Royaume des Pays-Bas, à travers l’Agence néerlandaise pour l’entreprise, a-t-il annoncé. ------------- Trois autres dossiers d’interpellation examinés ----------- Outre la question orale avec débat relative au dragage du lac Ahémé et ses chenaux, les députés ont examiné trois autres dossiers d’interpellation du gouvernement par l’Assemblée nationale. Les deux premiers concernent le dragage du sable à Togbin-Kpèvi dans la commune d’Abomey-Calavi et la pollution des eaux marines de la côte ouest de Grand-Popo. Les éléments de réponse du gouvernement ont été fournis également par le ministre du Cadre de Vie et du Développement durable, Didier Tonato. La dernière question orale avec débat a trait à la situation de manque d’enseignants dans les écoles primaires. Les députés ont été entretenus sur cette préoccupation par le ministre des Enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou. Les parlementaires dont surtout les auteurs desdites questions ont été tous satisfaits des explications des deux ministres qu’ils invitent à maintenir le cap chacun dans son domaine de compétence n Th. C. N. Actualités 17 juin 2022


Pr Aristote Hans-Moévi Akué au sujet du traitement traditionnel des fractures : « Moi je serais prêt à aller apprendre ces techniques »
La fracture se définit comme la rupture d’une pièce osseuse causée par un traumatisme, un choc ou un accident. Son traitement se fait aussi bien à l’hôpital que chez les tradipraticiens. Dans cet entretien, le professeur Aristote Hans-Moévi Akué, chef service de la clinique de traumatologie et chirurgie réparatrice au centre national hospitalier et universitaire Hubert K. Maga de Cotonou, plaide pour une collaboration entre les deux pratiques. La Nation : En quoi consiste votre travail lorsqu’il s’agit de traiter une fracture ? Pr Aristote Hans-Moévi Akué: En réalité, ce que nous avons appris à la faculté, c’est que tout os qui se casse a tendance à consolider ; et la consolidation est naturelle. Prenons l’exemple de l’accouchement chez la femme. Les médecins gynécologues ou les sages-femmes sont des professionnels qui sont spécialisés dans l’accompagnement de la femme qui va accoucher. Mais, l’accouchement est un phénomène naturel qui a toujours existé. Dans le processus de l’accouchement, il peut y avoir des difficultés ou des complications et c’est pour prévenir ou apporter des solutions à ces complications que les professionnels de santé spécialisés dans ce domaine existent, font la formation et accompagnent les femmes pour un heureux aboutissement de ce processus qui est naturel. Nous, spécialistes de la chirurgie osseuse, sommes comme les gynécologues, les sages-femmes. Nous apprenons à maintenir l’os cassé dans une bonne position de façon à favoriser sa consolidation qui est un phénomène naturel. Donc quand l’os se casse, il peut rester à sa place comme il peut se déplacer en fonction de l’énergie du choc qui a produit la fracture. Si l’os se déplace, le processus naturel de cicatrisation fera que la consolidation va se faire en mauvaise position ou elle peut ne pas se faire comme on l’espère. Dans ce cas, nous devons intervenir pour redresser l’os, le ramener à sa place initiale, pour lui permettre de se consolider dans la position normale qu’on appelle position anatomique. C’est cette consolidation dans la position anatomique qui va permettre la reprise d’une fonction du membre atteint. Est-ce pour la consolidation qu’on fait recours au plâtre ? Lorsque par exemple quelqu’un a une fracture et celle-ci n’est pas déplacée, on peut le plâtrer parce que le plâtre maintient l’os dans la bonne position et on attend que la consolidation se fasse dans les délais normaux habituels. Lorsqu’il y a un déplacement, le chirurgien doit intervenir pour redresser l’os, le ramener à sa bonne position, puis après, le maintenir dans cette position soit par un plâtre, ou encore par des matériels métalliques à titre de broches, de clous, de vices, de plaques, qui permettent à l’os d’être dans sa bonne position. Il se trouve que la maladie fracturaire peut prendre des formes compliquées. Quelles peuvent être les complications d’une fracture? Il existe les extrémités osseuses. Quand vous prenez un os, il y a la partie allongée, il y a les extrémités qui sont légèrement renflées, un peu plus grosses en haut et en bas. A ces extrémités, correspondent des articulations, c’est-à-dire qu’à l’extrémité d’un os, il y a un autre os qui aura son extrémité qui viendra en contact. Et entre ces deux os, les mouvements se font. C’est dans l’articulation que les mouvements se font. Lorsque la fracture atteint la partie articulaire de l’os, et surtout si cette fracture est déplacée, cela veut dire qu’il y a un déplacement de l’os à l’intérieur de l’articulation, c’est-à-dire à l’intérieur d’une jointure alors que le fonctionnement de ces jointures doit se faire de façon harmonieuse pour permettre les mouvements. S’il y a un grippage, ça va créer des accrochages au moment de faire la flexion-extension et donc les mouvements vont devenir douloureux, voire impossibles. Cela signifie que le traitement des fractures au niveau des articulations est plus délicat que celui des fractures au niveau des parties allongées de l’os. Un troisième aspect : en fonction de la gravité du choc, nous avons très souvent des fractures ouvertes. Les fractures qui sont dites ouvertes sont des fractures associées à une plaie. La peau se déchire juste au niveau où l’os est cassé. Donc il y a un choc, un traumatisme de la peau et en même temps de l’os. La fracture est compliquée par l’ouverture parce que l’os qui est cassé se retrouve en communication avec l’air ambiant. Or tout le monde sait que dans l’air ambiant, nous avons tous les microbes qui circulent : les gaz, la pollution due à la circulation, les poubelles qui stagnent à gauche et à droite et nous respirons ces microbes. Mais l’appareil respiratoire a des systèmes de protection. L’os n’est pas prévu pour être en contact avec les microbes. L’os siège sous la peau, sous la protection du corps. Si la déchirure de la peau qui est une plaie met l’os en contact avec l’extérieur, vous imaginez bien les millions de microbes qui vont se jeter sur l’os qui n’était pas préparé pour se défendre. Cela va provoquer une infection. L’infection de l’os est une infection grave parce qu’elle ne guérit pas bien, elle ne guérit pas vite, les antibiotiques ne diffusent pas suffisamment dans l’os parce qu’il est dur. Et du coup, l’infection de l’os est une infection qui traîne, qui dure longtemps. Quand je dis longtemps, je parle des années, avec des écoulements de pus permanents, répétitifs qui perturbent la vie du patient. Il fait des pansements tous les jours pendant de nombreuses années avec une plaie qui suppure, qui sent mauvais, avec une incapacité à marcher. Voilà les complications qui accompagnent l’infection osseuse. C’est pour ça que nous devons lutter contre l’infection osseuse. Le traitement des fractures se fait aussi dans nos communautés par des tradipraticiens avec des résultats intéressants. Que pensez-vous de cette pratique? Avant l’arrivée de la médecine moderne dans notre pays, les populations avaient forcément des fractures. Cela est lié à l’activité socio-économique. Ces fractures guérissaient et ce n’étaient pas des médecins étrangers qui les soignaient, c’étaient ceux qu’on appelle aujourd’hui des tradipraticiens qui le faisaient avec des résultats probablement bons. Je ne peux pas le dire, je ne peux pas le savoir, je n’étais pas né. Mais pourquoi jeter ce qui se faisait avant à la poubelle sous prétexte que la médecine moderne est arrivée. Il y a une tendance aujourd’hui à diaboliser les tradipraticiens. Mais moi, dans ma réflexion, je me suis dit qu’il y a quelque chose de positif qui se fait dans ce milieu-là et qui a existé de tout temps. Je pense que c’est un manque de culture historique qui fait que nous avons une séparation entre les deux médecines. En réalité, il y a une difficulté de compréhension de leur côté. Souvent, ils disent que c’est un don. D’accord. Mais ce don est transmis de génération en génération. Ils ont des méthodes qu’ils appliquent. Le problème, c’est que, eux-mêmes, n’ayant pas la compréhension du mécanisme de fonctionnement de leurs méthodes, de leur don, ils ont cette ignorance qui devient pour eux un handicap. Cette mauvaise compréhension de leurs méthodes, fait qu’ils ont peur d’aller au contact des autres. Ils cachent leur savoir-faire. Ils en font un secret parce qu’ils ne sont pas capables de dire ce que c’est, puisque c’est une transmission qu’on leur fait sans forcément avoir les explications associées. Donc nous ne pouvons pas les aider. Moi je serais prêt à aller apprendre ces techniques. Et avec ce que j’ai appris chez les blancs, je vais faire des analyses pour comprendre le mécanisme de fonctionnement de ces techniques-là. Et ça peut devenir des moyens de traitement intéressants parce que selon ce que j’entends, c’est qu’ils disent que le délai de consolidation est très court. Si au lieu de faire quatre mois sous plâtre, vous pouvez commencer à marcher après deux semaines dans le traitement traditionnel, c’est un progrès. Alors, j’aimerais bien faire bénéficier de ça à tous les Béninois. Malheureusement, ils ne me le diront jamais. Ils vont dire : « envoie le malade, nous allons le faire ». Il faut pouvoir les rassurer, c’est-à-dire leur donner confiance. On ne vient pas pour leur arracher leur gagne-pain mais on vient pour que le savoir-faire qu’ils ont soit mis au service de toute l’humanité. Mais il y a un autre aspect sur lequel il faut attirer l’attention. Je vous ai parlé des fractures ouvertes qui sont d’emblée des fractures compliquées. Eux ils n’ont pas les techniques de protection contre l’infection, donc quand on a une fracture ouverte et qu’on va chez les tradipraticiens, on s’expose à l’infection et aux complications y afférentes. Il faut qu’ils fassent preuve de discernement pour déterminer ce qu’ils sont capables de traiter ou pas. Société 16 juin 2022


Traitement traditionnel des fractures au Bénin: une pratique qui perdure
Lorsque survient une fracture à la suite d’un accident de la route, d’un choc ou d’un traumatisme, le recours à un traitement s’avère indispensable. Mais pendant que certains choisissent la voie de l’hôpital, d’autres préfèrent s’en remettre aux praticiens traditionnels pour se faire soigner. Les résultats satisfaisants que saluent les patients prédisposent cette pratique à un bel avenir. Au domicile d’Antoine Adjadossodji Oké, mardi 31 mai dernier, dans le village de Glo-Djigbé, à environ 30 kilomètres de Cotonou, il est à peine 9 heures du matin. Sous la paillote érigée au fond de la grande cour de la concession, on aperçoit aisément quelques patients, reconnaissables à leurs bandages. Pendant que ces derniers patientent, le praticien est occupé à dispenser des soins à l’un des malades «hospitalisés». Connu sous le surnom «Yellow », ce quinquagénaire est reconnu dans la zone comme un expert en santé des os. Enfants, jeunes et personnes âgées défilent tous les jours dans sa concession pour bénéficier de ses soins. Pendant près de trois heures d’horloge passées sur les lieux, le quinquagénaire était à la manœuvre avec comme seuls moyens de travail, de l’huile de palme communément appelée huile rouge et ses mains. A tour de rôle, chaque patient passe devant le praticien pour bénéficier de la séance de massage approprié à sa situation. Des séances assez éprouvantes pour certains, tant la douleur est encore présente. Pas de nouveau patient reçu cette matinée, rien que des patients en cours de traitement depuis des jours ou semaines. Un savoir-faire reconnu Le traitement traditionnel des fractures est une pratique qui date de nos ancêtres et se transmet de génération en génération. Comme Antoine Adjadossodji Oké, ils sont des centaines à pratiquer cette activité au Bénin et se retrouvent sur toute l’étendue du territoire national. Ils n’ont pas besoin de publicité particulière; leur savoir-faire est reconnu dans la communauté et le bouche à oreille suffit pour faire converger vers eux, les patients dans le besoin. « Je suis né dans le travail de traitement des os. J’ai vu faire mon frère et mon père. Ce travail est un don de Dieu, ce n’est pas un métier qu’on apprend », explique Antoine Adjadossodji Oké. Comme son géniteur, il en a fait son activité principale et passe presque tout son temps à s’occuper des malades. Il assure soigner toutes sortes de fractures à l’exception de celles qui concernent la tête. Il se veut assez rationnel dans sa démarche : « Avant de traiter un malade accidenté, j’exige que la personne aille se faire administrer les premiers soins à l’hôpital et fasse la radiographie qui permet d’apprécier l’ampleur de la fracture ». Il reçoit toutes catégories de patients; les nourrissons, jeunes et vieux. Huit personnes séjournaient chez lui au moment de notre passage. En dehors de ces malades « hospitalisés », il reçoit au moins une quarantaine de patients par semaine. Il s’agit des patients nouvellement admis, en cours de traitement ou en rééducation. Malgré sa capacité à prendre en charge toutes sortes de fractures, Antoine Adjadossodji Oké reconnait qu’il y a quelques rares cas qu’il rejette au vu de leur complexité. Il leur conseille alors d’aller à l’hôpital pour se faire soigner ou se faire amputer le membre. Le praticien dit ne pas s’épanouir pour autant dans ce travail puisque les patients, pour la plupart, sont démunis et ne font que se plaindre qu’ils n’ont pas d’argent. «On est obligé de négocier avec eux puisqu’on ne peut pas les renvoyer dans la difficulté. Généralement, je prends ce qu’ils donnent », se plaint-il. Il plaide pour que les autorités sanitaires qui ont connaissance de son travail, puissent faciliter la tâche à ses patients. « Lorsque je demande aux patients d’aller faire la radiographie, le bon que je leur fais est rejeté dans les hôpitaux, les obligeant à recourir d’abord à un professionnel de la santé avant de faire cet examen sans lequel je ne peux pas bien faire le diagnostic et traiter correctement le patient », poursuit-il. Une relève assurée Comme dans la plupart des familles qui s’adonnent à cette activité, la transmission du savoir se fait de génération en génération. Chez Antoine Adjadossodji Oké, la relève est assurée : «Mes enfants ont commencé à assurer la relève et m’aident à prendre soin des patients », explique-t-il. Même constat chez le vieux Marcellin Agossou connu sous le nom de « Agbakpa» à Malanhoui dans la commune d’Adjarra, à quelques encablures de Porto-Novo. Ici, c’est la fille ainée du praticien, Juliette Agossou qui explique comment les patients sont pris en charge depuis des décennies dans ce lieu dont la réputation est connue dans le département. « Cette pratique n’est pas de notre temps, ce sont nos aïeuls qui l’ont léguée à nos parents qui à leur tour, nous l’ont léguée au point où tous les enfants de cette famille s’y adonnent quelle que soit leur formation ou activité». Elle assure que quelle que soit la nature de la fracture, les patients trouvent satisfaction. Ici aussi, explique-t-elle, «nous exigeons la radiographie avant tout traitement et lorsque nous jugeons certains cas très compliqués, nous les renvoyions vers l’hôpital pour se faire traiter ». Des ‘‘hospitalisations’’ sur place se font également lorsque le patient vient de très loin ou lorsque la situation de la fracture exige son immobilisation. Au-delà des retombées financières, insignifiantes selon elle, que procure cette activité, c’est surtout le sentiment d’être utile à la communauté et de pouvoir soulager les peines des personnes en souffrance qui constitue, selon elle, la grande satisfaction que tire le praticien de l’activité.   • Des patients satisfaits La plupart des patients qui fréquentent ces praticiens traditionnels sont des victimes d’accidents de la route assortis de fractures à divers niveaux. Le réflexe de toute personne accidentée est de se rendre ou d’être portée dans un centre de santé pour les premiers soins. Il se trouve que certaines victimes, ayant reçu les premiers soins à l’hôpital ou non, choisissent le traitement de la fracture en milieu traditionnel. Les patients rencontrés sur les lieux disent avoir fait ce choix, pour des raisons financières et/ou par manque de confiance au traitement médical qui, rapportent-ils, dure et ne réussit pas toujours. Leurs témoignages renseignent davantage sur leurs motivations réelles et leur degré de satisfaction. Emile Kpossaton, enseignant: « Victime d’un accident de la circulation le 13 avril dernier dans la zone de Sékou, j’ai eu des fractures au niveau de la clavicule et du poignet gauche. J’ai été à l’hôpital, ils m’ont demandé un million de francs Cfa pour faire une intervention chirurgicale. Il y a très longtemps que j’entends parler du vieux qui s’occupe de la santé des os ici à Glo-Djigbé. J’ai décidé d’aller chez lui pour voir dans quelle mesure il peut me soulager parce que parfois, on fait l’opération, on met le fer mais ça ne réussit pas. A comparer aussi les coûts des prestations à l’hôpital et ici, j’ai préféré venir ici. Je peux vous dire que depuis un peu plus d’un mois qu’on a commencé le traitement, ça va. Je ne pouvais pas bouger la clavicule ni le poignet, maintenant, je suis satisfait ». Elysée Hounto, vitrier : «J’ai eu un accident de la route avec fracture à la cheville droite. J’ai été à l’hôpital pour les premiers soins et le pied a été plâtré. J’ai gardé le plâtre pendant deux mois, mais après qu’on l’a enlevé, je n’arrivais toujours pas à bien marcher. C’est la raison pour laquelle je suis venu chez le praticien traditionnel. Cela fait cinq jours que j’ai commencé et je sens déjà une amélioration, je peux au moins mettre le pied à terre et marcher ». Gratien Bonou, commerçant: « Je suis ici pour soigner une fracture au niveau de la jambe gauche que j’ai eue à la suite d’un accident de la route. Après les premiers soins dans une clinique, mon oncle m’a amené ici parce que l’un de nos cousins y avait séjourné. Cela fait environ un mois et demi que je suis gardé ici. Par rapport à ma situation du début, je sens une amélioration mais je ne marche pas encore sur le pied. Le vieux me rassure que d’ici un mois, je pourrais le faire ». Micheline Abandogan, jeune mère de famille : « Je suis ici depuis deux mois et demi à la suite d’un accident de la route qui a entrainé une fracture à la jambe droite. J’ai d’abord été à l’hôpital pour les premiers soins et quand ils ont constaté que j’ai une fracture, ils m’ont conseillé de venir ici. Ça va de mieux en mieux et j’espère sortir d’ici dans quelques semaines ». Yémalin Gabin Gotohoun, déclarant en douanes : «A la suite d’un accident de la route, j’ai une fracture au niveau de la clavicule et du poignet gauche. Je suis dans la troisième semaine de traitement avec le vieux et pour vous parler sincèrement, c’est un vieux qui est très efficace. A voir ce qu’il fait, je lui ai conseillé de tout faire pour que cette pratique ne disparaisse point. Si on peut jumeler ça avec la médecine conventionnelle, ce serait très bien. C’est le hasard qui m’a amené vers lui. J’ai eu l’accident au niveau de Zè et je m’efforçais de conduire la moto et de rentrer chez moi quand la vendeuse de carburant chez qui j’ai marqué un arrêt m’a suggéré d’aller chez le vieux. Je vous assure que l’accueil a été très chaleureux. Je ne pouvais pas croire qu’en deux semaines, j’allais bouger ce bras ». Parfait Akouèou : « Quand j’ai eu l’accident, je paniquais, je voulais aller à l’hôpital quand les gens m’ont conseillé d’aller chez les praticiens traditionnels car chez eux, disaient-ils, la guérison est plus rapide. On m’a amené chez un praticien traditionnel mais après plus d’un mois de traitement, je n’étais pas satisfait. Un ami qui a déjà pratiqué le vieux m’a demandé d’aller faire la radio afin qu’il m’amène chez lui. Ce que j’ai fait. Je puis vous dire que depuis deux semaines que j’ai commencé, je peux plier mon bras, je peux me gratter le corps. Ce qui n’était pas le cas avant puisque le bras était toujours tendu. Nous allons prier pour que Dieu donne longue vie à ceux qui nous aident. Je voudrais demander aux autorités d’avoir un œil sur ce qui se fait dans ce milieu et de faire des enquêtes sur les praticiens sinon, il y en a qui causent des dommages aux patients. Ils ne sont pas du domaine et à cause de l’argent, ils s’improvisent guérisseurs ».     La collaboration entre les deux médecines souhaitée La médecine traditionnelle, de par son accessibilité, sa proximité géographique et culturelle, son caractère holistique, demeure pour de nombreux Béninois, le premier recours pour faire face aux ennuis de santé. Pour parvenir à une collaboration tant souhaitée entre la médecine traditionnelle et celle dite conventionnelle, beaucoup d’obstacles restent à surmonter. Selon certains spécialistes, la médecine traditionnelle béninoise fait partie des plus riches du continent, parce que le peuple béninois a su protéger ses pratiques ancestrales de guérison, transmises par ses sages de génération en génération. Dans une interview au journal « La Nation » en novembre 2016, le professeur Rock Houngnihin alors coordonnateur du programme en charge de la médecine traditionnelle déclarait que «plus de 10 500 tradipraticiens délivrent une grande partie des services de santé à 80 % de la population ». Le traitement des fractures par les tradipraticiens n’est qu’une branche de la médecine traditionnelle. Si la pratique perdure jusqu’à ce jour, c’est bien parce que des patients y trouvent satisfaction et qu’il y a forcément de bonnes choses qui se font par les praticiens. Malgré le développement de la science et de la technologie, l’engouement pour ce type de traitement au Bénin reste intact. Le souhait des populations est de voir instaurée une certaine passerelle entre les deux médecines. L’intégration de la médecine traditionnelle au système de santé reste une préoccupation pour l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) qui accompagne les Etats dans ce sens. Ella a consacré la 15e journée africaine de la médecine traditionnelle (Jamt) célébrée en 2017 à cette thématique : « Intégration de la médecine traditionnelle dans les systèmes de santé : le chemin parcouru jusqu’à présent ». Occasion pour les divers acteurs de faire le point des progrès réalisés et des écueils qui entravent la concrétisation de cette ambition. Le Bénin dispose d’un cadre réglementaire et d’un code d’éthique et de conduite pour la pratique de la médecine traditionnelle. Toutes choses qui ont favorisé la production en quantité commerciale, des médicaments traditionnels standardisés. Cependant, des efforts restent à fournir pour garantir la qualité, l’efficacité et l’innocuité des médicaments traditionnels à base de plantes. De même, faut-il relever les défis de la protection des propriétés intellectuelles et des connaissances ; de l’assainissement du secteur ; de la documentation des pratiques, que ce soit les pratiques en matière de médecine traditionnelle générale, de santé mentale, d’accouchement traditionnel, de traitement des fractures, de soins curatifs et préventifs. Il s’agit d’accompagner les détenteurs des savoirs traditionnels et de préserver ainsi ce potentiel médical inestimable qui fait partie de notre patrimoine culturel. Il est question aussi d’assainir le milieu en extirpant du rang des tradipraticiens, les charlatans sans aucun savoir, qui créent des nuisances aux populations. C’est le rôle de l’Etat, à travers le programme en charge de la médecine traditionnelle.   Société 16 juin 2022


38e Journée de l'arbre au Bénin: la Fondation Margaretha et Pierre et SCB Ciment Bouclier en synergie
Mercredi 1er juin 2022, a été célébrée la 38e édition de la journée nationale de l'arbre sur le thème « La valorisation des essences autochtones pour une économie verte et durable». Pour ne pas rester en marge de cette célébration, la Fondation Margaretha et Pierre se joint à la Société des ciments Bouclier du Bénin SCB Ciment Bouclier afin de donner un cachet spécial à cette journée. En effet, la protection de l'environnement est l'un des axes majeurs de la Fondation ainsi que de la SCB. Ce fut alors à Sèmè, sur le site de pèlerinage des christianistes célestes que l'événement a eu lieu. Et ce, en présence du préfet du département de l’Ouémé, du maire de la commune de Sèmè-Podji, des responsables des services Hygiène et environnement, des représentants des Eaux et forêts et des responsables de l'Eglise céleste. Il ne manquait aucune classe pour rehausser la cérémonie afin de sauvegarder la flore. C'est alors que le préfet du département a lancé l’activité en mettant en terre des plants de cocotier. À sa suite, le maire et le capitaine de la délégation ont fait le même geste dans l'espoir de rendre plus verdoyant ce site de pèlerinage qui accueille chaque année des centaines de pèlerins célestes. Pour le capitaine de la délégation des agents des Eaux, forêts et chasse, le choix des cocotiers est technique, car il fait partie des arbres valorisant les essences autochtones pour une économie verte et durable. Selon le responsable Hygiène, sécurité et environnement de la Société Ciment Bouclier, au-delà de ce geste de reboisement, tout homme doit œuvrer pour protéger son cadre de vie. A l’en croire, la destruction de l'environnement entraînera inévitablement la destruction de la planète. Et la sauvegarde de l’environnement commence par le reboisement, d'où l'importance de cette cérémonie. Par ailleurs, des équipes de relais passeront pour suivre la croissance des plants mis en terre sur près de 2 hectares pour leur protection. C'est le lieu de féliciter la Fondation Margaretha et Pierre et la Société des ciments Bouclier du Bénin pour leur souci de protection de l'environnement, ce qui cadre parfaitement avec les ambitions du gouvernement du Bénin, consignées dans le Programme d'action du gouvernement 2021-2026 pour l'épanouissement des citoyens dans leur cadre de vie. Source : SCB Ciment Bouclier Environnement 16 juin 2022


Lutte contre la cherté de la vie: les prix du ciment fixés par commune
  La lutte contre la cherté de la vie se mène à travers diverses actions. Selon le porte-parole du gouvernement, les prix du ciment sont désormais fixés par commune. En attendant la publication de l’arrêté interministériel, les prix du ciment ne seront plus fixés pour chaque chef-lieu de département. Ainsi en a décidé le gouvernement pour mieux répondre aux préoccupations des populations recueillies lors de la dernière tournée gouvernementale. Désormais, chaque commune aura son prix du ciment. C’est la meilleure manière pour mettre fin aux spéculations. Selon Wilfried Léandre Houngbédji, secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement, il ne devrait y avoir aucune raison pour que les commerçants ne respectent pas les différents prix fixés puisque la décision a été prise de commun accord avec leurs différentes associations et en tenant compte des réalités actuelles de leurs secteurs d’activité. De toutes les manières, le gouvernement ne manque pas d’idées pour accentuer le contrôle des prix. Selon le porte-parole du gouvernement, les structures déconcentrées du ministère en charge du Commerce ne seront plus les seules à s’assurer du respect des prix fixés par le gouvernement. Des services des préfectures seront désormais mobilisés pour les appuyer dans cette mission républicaine qui permettra aux populations de s’approvisionner sans surenchère. Dans le même temps, ajoute-t-il, les forces de sécurité publique seront aussi sollicitées. Les commissariats d’arrondissement contribueront aussi au respect de la décision gouvernementale. Il faut préciser que ce n’est pas la première fois que le gouvernement fixe les prix de commun accord avec les associations de commerçants de différents secteurs. C’était le cas avec les commerçants d’huile végétale pour laquelle un prix plafond a été fixé. Actualités 16 juin 2022


Célébration de la 32e édition de la Journée de l'Enfant africain (Jea): redoubler d'ardeur pour le bien-être des enfants
  En prélude aux manifestations officielles prévues pour se dérouler, en différé, la semaine prochaine dans le département de l’Ouémé, Madame Véronique Tognifodé, ministre des Affaires Sociales et de la Microfinance a délivré un message dans lequel elle a fait le point des avancées au Bénin en matière de la protection des enfants. Elle a également annoncé les actions initiées par le gouvernement du Bénin pour la promotion des droits des enfants avant d’inviter chaque Béninoise et chaque Béninois ainsi que tous les acteurs de la chaîne de protection des enfants à redoubler d’ardeur pour le bien-être de nos enfants. (Lire in extenso son message, adressé à l’occasion de cette journée) Béninoises, Béninois, Chers compatriotes, Ce 16 juin 2022, le Bénin notre pays, célèbre à l’instar de la communauté internationale, la 32e Journée de l’Enfant africain. Cette journée, faut-il le rappeler, a été instituée en 1991 par l’Assemblée des chefs d’États et de gouvernements de l’Union Africaine en mémoire des centaines d’enfants massacrés lors du soulèvement du 16 juin 1976 à Soweto, en Afrique du Sud en réclamation de leur droit à l’éducation. Le thème de cette 32e édition est « Élimination des pratiques néfastes affectant les enfants : Progrès sur les politiques et pratiques depuis 2013 ». Le Comité africain d'experts sur les droits et le bien-être de l'enfant (Caedbe), a choisi ce thème pour la commémoration de la Jea en 2022 afin de faire le point sur ce qui a été fait en matière d'adoption de politiques et de pratiques pour éliminer efficacement les pratiques néfastes affectant les enfants en Afrique. C’est donc, l’occasion pour les gouvernements et les autres acteurs de marquer un arrêt stratégique sans pour autant arrêter les actions afin d’analyser les avancées pour de meilleures projections dans le futur. Mesdames et Messieurs, La référence à l’année 2013 nous rappelle le thème de la Jea qui était « Élimination des pratiques sociales et culturelles néfastes affectant les enfants : Notre responsabilité collective ». Par cette célébration, la Charte africaine des droits et du bien-être des enfants à travers son article 1er nous invitait à « prendre toutes les mesures appropriées pour éliminer les pratiques sociales et culturelles néfastes qui affectent le bien-être, la dignité, la croissance normale et le développement de l'enfant ». C’est ainsi que plusieurs actions ont été lancées dans toute l’Afrique parmi lesquelles le lancement par l’Union Africaine (Ua) en 2014, de la campagne pour l'élimination du mariage des enfants. Au Bénin, malgré l’arsenal juridique quasi exhaustif, le cadre institutionnel multi acteurs et les différentes stratégies et actions mises en œuvre, plusieurs enfants sont encore exposés à toute une série de pratiques néfastes, notamment les Mutilations génitales féminines, les mariages d'enfants et les mariages forcés, les châtiments corporels, les accusations de sorcellerie, l'infanticide, l'inceste, etc. Comme vous le savez si bien, la situation des enfants a toujours été une préoccupation permanente du gouvernement du président Patrice Talon. A cet effet, des avancées notables ont été enregistrées sur les plans juridique, institutionnel, politique et stratégique. A titre illustratif, nous avons l’adoption du Code de l’enfant et la prise de certains de ses décrets d’application. Mais au regard des difficultés qu’éprouvent certains acteurs en matière de protection de l’enfant relatives à son application, le ministère des Affaires sociales et de la Microfinance a entrepris la relecture de la loi n° 2015-08 du 08 décembre 2015 portant Code de l’enfant en République du Bénin avec l’ensemble des parties prenantes à la protection de l’enfant. Aussi, avons-nous la loi n° 2021-11 portant dispositions spéciales de répression des infractions commises à raison du sexe des personnes, qui porte une attention particulière aux infractions commises à l’encontre des filles. Je n’occulte pas les actions menées dans le cadre de la Campagne Tolérance Zéro au mariage des enfants menée depuis 2016 et qui ont permis de certifier 84 villages exempts de mariage d’enfants dans certaines communes de la zone septentrionale du Bénin. Dans ce même registre, le ministère des Affaires sociales et de la Microfinance a entrepris un assainissement au niveau des Centres d’accueil et de protection des enfants afin d’offrir un cadre plus protecteur à nos enfants. Aussi, le gouvernement, avec l’Agence nationale de protection sociale, a menée une opération d’enrôlement systématique des enfants orphelins et vulnérables accueillis dans des centres d’accueil afin de leur permettre d’avoir accès aux services sociaux de base grâce à leur carte Arch. Toujours pour protéger les enfants, il est mis en place la ligne d’assistance aux enfants le 138 pour la dénonciation des abus et maltraitance à l’encontre des enfants. Je m’en voudrais de ne pas rappeler les dernières réformes opérées au niveau de l’Autorité centrale pour l’adoption internationale au Bénin et qui ont permis de lancer le processus d’agrément des organismes d’adoption et de mettre en place au Bénin des procédures d’adoption. C’est également le lieu de rappeler à la population béninoise notre appel lancé pour une déclaration systématique à l’état civil des enfants abandonnés et dont les géniteurs sont introuvables. Béninoises, béninois, chers compatriotes, Les pratiques néfastes privent les enfants, en particulier les filles, de leur enfance, de la possibilité de déterminer leur avenir et menacent le bien-être des individus, des familles et des sociétés. Ces pratiques ont des conséquences négatives sur les enfants et sont susceptibles de causer des dommages physiques, psychologiques, économiques, sociaux et de limiter leur capacité à participer pleinement à la société ou à se développer et à atteindre leur plein potentiel. C’est au vu de toutes ces conséquences face auxquelles nul ne saurait rester insensible, que nous sommes appelés à un élan patriotique pour préserver et sauvegarder le bien-être de ces êtres innocents que nous appelons l’avenir de la nation. A l’occasion de la célébration de cette 32e édition dans notre pays, les manifestations officielles se dérouleront en différé le 23 juin 2022 dans la commune d’Ifangni. Je voudrais enfin, à l’occasion de cette célébration inviter chaque acteur de protection de l’enfant à communiquer avec les populations sur la nécessité d’abandonner ces pratiques au regard des conséquences négatives sur les enfants. Je garde l’espoir qu’en poursuivant et en coordonnant nos interventions, nous atteindrons de meilleures performances pour le plus grand bonheur de nos enfants. Vive la Journée de l’Enfant Africain ! Vivent les enfants béninois ! Vive le Bénin ! Je vous remercie. Société 16 juin 2022


JEU- CONCOURS "ÉLIMINATOIRE CAN 2022 2ème Journée": SONIA MAHOUGBE la lauréate.
  Rejoignez-nous sur nous canaux digitaux ( Facebook, twitter) pour en savoir plus Société 15 juin 2022


7e atelier régional du projet Cea Impact à Cotonou : 53 centres d’excellence universitaires font le bilan à mi-parcours
Cotonou abrite du 14 au 17 juin, le septième atelier régional des Centres d'excellence de l'enseignement supérieur en Afrique pour l'impact sur le développement (Cea Impact). Cette première rencontre en présentiel post-Covid offre l’occasion d’une revue à mi-parcours pour examiner les résultats du projet et partager les bonnes pratiques en vue de consolider les acquis. Les succès engrangés par les Centres d’excellence de l’enseignement supérieur en Afrique pour l’impact sur le développement (Cea Impact) sont édifiants. Au total, 22 161 étudiants dont 7 214 femmes (soit 33 %) y suivent actuellement les programmes dans les domaines thématiques ciblés, a indiqué le professeur Olusola Bandele Oyewole, secrétaire général de l’Association des universités africaines (Aua), hier au lancement officiel du septième atelier régional du projet Cea Impact à Cotonou. Au nombre de ceux-ci, précise-t-il, 2 853 sont en thèse de doctorat, 9 097 en master et 10 211 inscrits à des cours professionnels de courte durée. En outre, 4 766 étudiants ont eu la possibilité d’effectuer des stages afin d’acquérir des compétences et une expertise pratique dans leur domaine. Les 53 centres d’excellence mis en place dans le cadre du projet, poursuit-il, ont entrepris des recherches clés sur des sujets d’actualité ou de grande importance et des initiatives technologiques, innovantes et scientifiques, ce qui s’est traduit par la publication de 3 524 articles dans des revues de renommée internationale. En outre, les centres ont pu mobiliser 86 481 911 dollars Us provenant de revenus externes, afin de soutenir le projet au-delà du financement de la Banque mondiale, initiateur du projet en collaboration avec les gouvernements des pays participants. Ouvrant les travaux, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique s’est réjouie des succès «remarquables» engrangés sous l’égide de l’Aua, l’unité de facilitation de la mise en œuvre du projet. Ces résultats augurent de la qualité de la formation des élites, de l’amélioration des compétences et des recherches au Sud du Sahara, laisse entendre Eléonore Yayi Ladékan. Elle exhorte les équipes des centres et collèges d’ingénierie à maintenir le cap de l’excellence pour faciliter l’accès à la connaissance et impacter davantage les communautés. Pertinence Grâce au projet, des prouesses sont notées dans la lutte contre les fièvres hémorragiques à virus Lassa et Ebola, la pandémie de Covid-19, le paludisme, le virus de la dengue. Aussi, les innovations technologiques des Cea ont contribué à améliorer le mode de vie des populations en termes de mobilité et de transport, de production d’énergie, à augmenter la productivité végétale (maïs, arachide, manioc) et animale. Au vu des résultats et exemples de réussite, le projet est en «bonne voie» d’atteindre son objectif, celui de catalyser l’immense potentiel de l’enseignement supérieur et la capacité de la recherche en Afrique à produire une expertise locale à même de répondre aux défis de développement de la région, affirme Atou Seck, représentant résident de la Banque mondiale à Cotonou. « Avec plus de 50 % des indicateurs liés au développement atteints pour le premier Cea Impact et plus de 30 % pour le deuxième Cea Impact, apprécie-t-il, il est évident que les centres font de gros efforts pour maximiser leur impact et renforcer les composantes essentielles de l’enseignement supérieur. » En prélude à l’atelier, des réunions de supervision nationale par pays (Bénin, Gambie, Nigeria, Togo) ont eu lieu, les 7 et 8 juin derniers, pour partager les meilleures pratiques mondiales avec les centres et les renforcer en termes de gestion financière, de sauvegarde environnementale et sociale, de passation de marchés, de suivi-évaluation. Celle du Niger est prévue pour le vendredi prochain. En plus de ces pays, les participants proviennent du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de Djibouti, du Mali, du Ghana, de la Guinée, également impactés par cette initiative soutenue par l’Agence française de développement (Afd). Education 15 juin 2022


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