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L’Office du baccalauréat a rendu publics les résultats des meilleurs candidats, les établissements ayant fait de gros efforts et toutes les statistiques liées à la session 2019 de cet examen. C’était hier lundi 22 juillet, à Cotonou, au cours d’un point de presse en présence du directeur de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bienvenu Koudjo.
Un taux de réussite de 50,10% enregistré au baccalauréat 2019 avec 131 mentions Très bien contre 41 en 2018, une forte moyenne de 18,136 et 498 établissements ayant plus de 50% de réussite. Ce sont des statistiques qui montrent que les efforts d’assainissement au niveau des candidats et des établissements ainsi que les réformes entreprises par le gouvernement commencent par porter leurs fruits, a déclaré le directeur de l’Office du baccalauréat, Alphonse da Silva.
Au cours du point de presse tenu hier pour rendre publics les résultats des meilleurs candidats à cet examen, il a affirmé que les taux de réussite du Bac session de 2019 reflètent la vérité des chiffres. « Tout est formaté par les procédures lors des différentes phases de préparation et de l’organisation intellectuelle et matérielle du Bac », souligne Alphonse da Silva. Il rappelle que l’ouverture du registre des inscriptions, les dossiers d’inscription, le contrôle et l’arrêt de la liste des candidats ainsi que la répartition dans les centres de composition sont des activités confidentielles qui n’ont connu aucun problème. « Les procédures, les travaux de secrétariat des trois phases de délibération de l’examen sont fossilisées dans des textes réglementaires ne permettant en aucun cas des modifications de résultats des candidats », ajoute-t-il. Pour lui, « le rachat ou le gonflement de taux de réussite constituent en eux-mêmes un délit, une sorte de triche, de fraude grandeur nature préjudiciable à toute la nation ».
Le directeur de l’Office du baccalauréat estime que le taux de réussite de 50,10% n’est pas faible. Ce taux, selon lui, n’est pas non plus un taux très fort, mais réconforte tous les acteurs pour les efforts consentis cette année.
Alphonse da Silva indique que c’est la performance réelle des candidats dans leur ensemble. « On aurait souhaité un meilleur taux comme en France, le pays d’origine du Baccalauréat », souligne-t-il, regrettant que si ce n’était pas les résultats peu reluisants d’une cinquantaine d’établissements qui ont obtenu moins de 20% de taux de réussite jusqu’à 0%, le pourcentage sur le plan national serait bien meilleur.
Une revue sincère des problèmes
Des mesures d’assainissement dans ce domaine doivent être appliquées sans complaisance. Il faut, selon lui, y œuvrer avec opiniâtreté. Cela passe, à son avis, par une revue sincère des problèmes qui minent le système éducatif béninois dans sa globalité. Aussi, souhaite-t-il qu’il faille, sans délai, rechercher, trouver et mettre en œuvre des solutions ‘’chirurgicales’’.
Les statistiques de cette année montrent également que l’effort que fait l’Office du Bac du Bénin constitue une base de référence dans la sous-région notamment au niveau de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) pour un partage d’expériences.
Même satisfaction au niveau du directeur de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bienvenu Koudjo. Pour lui, les résultats ont confirmé la victoire de l’excellence.
Le directeur de cabinet estime que si ces résultats, qu’il souhaite encore meilleurs pour les prochaines années, n’avaient pas été atteints, alors, les réformes engagées dans l’enseignement supérieur n’auraient pas réussi. C’est pourquoi, il lance un appel aux différents acteurs à maintenir le cap et à surtout cultiver la paix. Car, au cours de l’année académique 2018-2019, les activités pédagogiques n’ont pas été perturbées.
Les cinq premiers au Bac 2019
Pour cette année 2019, il y a eu au total 131 mentions ‘’Très bien’’. La plus forte moyenne, soit 18,136 a été obtenue par Claudia Merveille Thala Hountongbé de la série C du Collège catholique de Lokossa. Elle est suivie de Syntiche Attalé Agonvènon de la série G2 du collège privé Les Pyramides de Cotonou avec une moyenne de 17,950. Le troisième répond au nom de Dona Daryi Richard Mèdénou en série D du Collège catholique d’Azové dans la commune d’Aplahoué qui a obtenu la note de 17,773, la quatrième est Zewalina Amadou du collège privé Roger Lafia de Parakou avec une moyenne de 17,762 dans la série D et le cinquième s’appelle Cherif-Deen Alao Ami-Ola du Collège catholique Les Cours de soutien scolaire de Cotonou qui a obtenu 17,685 dans la série C.

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a été l’invitée des internautes à travers la plateforme Askgouv, jeudi 18 juillet dernier. Marie-Odile Attanasso s’est prononcée sur la place de l’éducation dans le Programme d’action du gouvernement ainsi que de la formation et sa plus-value à l’économie nationale. Ceci autour du thème ‘’Enseignement supérieur au Bénin, fer de lance de l’innovation’’.
Introduction de la ministre Marie-Odile Attanasso
Avant de répondre aux questions, je voudrais vous dire que l’éducation est un secteur prioritaire pour le Programme d’action du gouvernement. La formation du capital humain est très nécessaire pour le développement d’un pays. C’est la raison pour laquelle l’éducation se trouve dans l’axe stratégique 5 (améliorer les performances de l’éducation) du pilier N°2 qui est la transformation structurelle de l’économie. Cela suppose que si nous formons bien, nous pouvons agir sur les secteurs de l’économie et améliorer la croissance pour un mieux-être des Béninois. L’enseignement, de ce fait, devient le secteur le plus important puisque nous sommes sur toute la chaîne des formateurs. C’est nous qui formons les formateurs du secondaire et à leur tour, ils forment les formateurs du primaire. Cela signifie que si nous mettons l’accent sur l’enseignement supérieur, c’est pour agir sur toute la chaîne de l’amélioration du capital humain pour une bonne performance et par conséquent pour le développement de la Nation.
Comment se fait réellement l’attribution de bourses et secours dans les universités publiques ?
Depuis 2016, nous avons changé de méthode d’attribution de bourses et secours. Il n’y a plus de bourses pour la forme. Nous partons des besoins exprimés par les ministères sectoriels. Ensuite, nous envoyons des courriers aux entités universitaires pour savoir leur capacité d’accueil en tenant aussi compte des contraintes budgétaires. Nous mettons en place une commission qui travaille sur des critères bien définis pour l’exécution du Pag. Les bourses sont données par quota aux entités et par ordre de mérite selon la moyenne obtenue au baccalauréat. Depuis 2016, les élèves bacheliers font le choix de leur filière au moment du dépôt de leurs dossiers pour le bac. Cela permet d’avoir toute l’information sur les filières choisies par les élèves et en fonction des critères définis plus haut, nous faisons la sélection des dossiers.
Les étudiants, dans leurs dossiers ont trois possibilités de choix selon leur préférence. Lorsque l’étudiant n’est pas sélectionné pour le premier, on passe au second choix puis au troisième. Si aucun choix n’est fait, nous regardons la possibilité de lui offrir la demi-bourse, selon toujours ses choix. Si aucune possibilité ne s’offre à l’étudiant, on passe à l’étape où l’étudiant doit totalement payer sa bourse. C’est la première étape. Malgré la volonté du gouvernement de donner beaucoup de bourses, il y a trop de méritants et peu de places pour la bourse.
Après cette étape, la direction des Bourses prend les dossiers et étudie à son tour selon le décret 155-2017 du 10 mars 2017, portant attribution de bourses au Bénin. Parmi les critères, il faut être de nationalité béninoise, avoir 21 ans au plus au 31 décembre de l’année d’obtention du bac pour le niveau licence, pour le niveau Master et doctorat, les âges sont de 26 et de 29 ans, s’inscrire effectivement dans une université et déposer le dossier dans le délai requis. A ce niveau, les étudiants ont beaucoup d’insuffisances. Ce qui leur fait perdre beaucoup de bourses. Après l’étape de la direction des bourses, nous envoyons les dossiers au ministère des Finances. Les bourses sont traitées comme les salaires des agents de l’Etat c’est-à-dire virées dans les comptes bancaires de chaque étudiant. Pour d’autres explications, je vous demanderais de vous rapprocher de mes services compétents. Ce qu’il faut retenir, la bourse ne se donne plus au hasard.
Quels sont les avantages du décret de 10 mars 2017 pour l’étudiant béninois ?
Dans l’ancien décret, il y avait une proportion par entité et par faculté, il fallait passer en 2e année avec 11,50 de moyenne pour avoir la bourse. Actuellement, nous sommes arrimés au système Lmd. Il n’y a plus ce problème de calcul de moyenne. Nous donnons la bourse en début d’année dans un paquet licence ou master ou doctorat selon les cas. Nous identifions avec le mécanisme que j’ai expliqué tantôt. Ce qui a changé est que nous avons mis l’accent sur les filières prioritaires si bien que nous donnons la bourse à tous ceux qui le méritent et selon la vision de développement exposée dans le Pag. L’avantage est que le nombre de boursiers a augmenté.
En 1re année, nous avons donné plus de 15.000 bourses en licence cette année en battant tous les records. Cela fait environ 45.000 boursiers sur les trois ans si tous les étudiants passent avec succès leurs semestres. Ce décret nous permet aussi de maîtriser les effectifs et de faire des projections dynamiques. L’âge d’accès à la bourse doctorale est amélioré en passant de 26 à 29 ans, tenant ainsi compte des contraintes de notre pays. Toujours dans la vision d’améliorer les conditions de vie des étudiants, nous avons défini un quota d’accès aux secours universitaires. Sur instructions du chef de l’Etat, quelques étudiants non boursiers seront repêchés au semestre 3 pour bénéficier des allocations.
Le gouvernement a promis la mensualisation du payement des bourses aux étudiants, mais force est de constater que cela n’est pas le cas. La Dbsu prend presque 6 mois voire un an pour traiter et afficher les noms des allocataires. Et ceci dans l’indifférence totale du gouvernement... Ma question est celle-ci : quelles sont les mesures que le gouvernement prend pour pallier ce problème ?
D’abord, le gouvernement n’a jamais été indifférent aux problèmes des étudiants car ils constituent un maillon important de la jeunesse. On peut relever des dysfonctionnements dans l’administration. Selon mes explications plus haut, les étudiants sont censés avoir la bourse en 1re année de façon mensuelle et régulière. Lorsque nous passons en 2e année, c’est-à-dire le semestre 3, il faut vérifier si l’étudiant est passé au semestre 3. Les difficultés proviennent du fait que les années commencent très tard et aussi les résultats ne sont pas donnés à bonne date. Si nous n’avons pas les résultats fournis par les établissements, facultés, écoles, … nous n’aurons pas de dossiers à soumettre à la Commission des bourses. Cela fait que tous nos prévisions et efforts sont frappés par cette faiblesse. La responsabilité n’est pas au niveau du gouvernement mais plutôt au niveau des recteurs, doyens et autres responsables académiques. Mais le chef de l’Etat et son gouvernement s’attellent à corriger ces imperfections qui plombent nos efforts envers les étudiants. Il est exigé des universités de finir à bonne date les années académiques. D’ailleurs, d’ici quelques jours, j’aurai le plaisir de vous annoncer que toutes nos universités ont terminé leur année académique.
J’aimerais savoir pourquoi le Bénin n’octroie pas des aides aux étudiants qui ont décidé d’étudier hors du territoire béninois. Prenons l’exemple du Togo et du Burkina-Faso. Lorsque tu termines par exemple la licence dans le pays et tu penses continuer tes études ailleurs, tu as la possibilité de déposer ton dossier à la structure chargée des bourses en milieu d’année académique avec des papiers justificatifs. Après étude du dossier, tu as la faveur d’avoir une bourse ou une demi-bourse.
Comme, je l’ai dit plus haut, les bourses sont octroyées par paquet. Cela suppose que quand vous allez à l’extérieur, vous devez rentrer et demander la bourse de niveau Master ou soit envoyer votre dossier à la Commission des bourses. Si vous partez pour une bourse de formation licence, après l’obtention de ce diplôme, cela signifie que votre bourse est terminée. Mais si au départ, c’était une bourse Master, cela suppose que vous avez les bourses de licence et de master. Tout dépend de ce que vous avez comme bourse d’étude. Il faut rappeler que le Bénin donne assez de bourses étrangères à ses étudiants : Sénégal, Cameroun, France…Nous accompagnons aussi ceux qui ont les bourses au Canada sans oublier les appuis des partenaires. L’attribution de ces bourses tient rigoureusement compte des besoins réels de notre pays. Nous avons mis fin à la politique de bourse pour bourse. Il y a quelques réserves par rapport aux bourses canadiennes. Et pour cause, la plupart des étudiants envoyés au Canada ne sont plus revenus alors que ce sont des bourses qui nous coûtent beaucoup. Pour le moment, nous sommes en train de revoir les modalités d’attribution.
A quoi ça sert d’envoyer les étudiants à l’étranger aux frais de l’Etat pour qu’à la fin de leur formation, ils commencent par vivre l’enfer pour faire l’authentification et l’équivalence de leurs diplômes. C’est bien cela le quotidien des étudiants béninois en Chine. L’ambassade du Bénin en Chine refuse à chaque fois d’authentifier les diplômes avec pour raison qu’elle n’a pas reçu l’autorisation de le faire. Le même enfer est vécu par ceux qui y vont sur fonds propres. Comment pallier ce problème ?
En matière d’enseignement, il y a des normes. Lorsque vous êtes formés dans une école à l’étranger, le pays pour s’assurer de l’effectivité et de la qualité de la formation, peut envoyer une demande d’authentification du ou des diplômes. Généralement, cela se passe de structure à structure sans intermédiaire. Il est déjà arrivé que le demandeur déclare que c’est un diplôme authentique mais l’établissement supposé délivrer, ne reconnait pas ce diplôme et que cette dénomination n’existe même pas. D’autres par les Tic, se font fabriquer des diplômes. Ce qu’il faut savoir, c’est l’école qui délivre le diplôme qui donne l’authentification. Il y a quelque fois, des contraintes de langues ou de fluidité dans les correspondances ...
... Cela pourrait agir sur la célérité des résultats que nous voulons donner. Récemment, quand le président de la République était en Chine, il a fait des recommandations avec l’aide de certains responsables de mon ministère et celui des Affaires étrangères. On a donné la possibilité aux ambassades de certifier les diplômes. Mais il faut retenir que la certification n’est pas l’authentification. Il faut retenir aussi que les dispositions sont prises pour la célérité dans les différentes correspondances à travers des valises diplomatiques afin de pallier ces difficultés pour les étudiants qui se font former à l’étranger.
Depuis le décret 2015-510 du 18 août 2015 portant Création, organisation et fonctionnement de la Commission nationale d’étude des équivalences de diplômes, quel que soit le pays où vous êtes formés, vous devez avoir une équivalence de diplôme. L’équivalence est la 2e étape après l’authentification qui est sanctionnée par la délivrance d’une pièce justificative. L’équivalence permet de faire une analogie entre les niveaux de formation au Bénin et le pays d’obtention du diplôme. Cela permet de coller votre diplôme à celui du Bénin, ce qui vous permettra de bénéficier des mêmes avantages que celui qui l’a obtenu au Bénin.
Madame la ministre, l’État dispose-t-il d’un site Internet sur lequel on peut trouver les opportunités de bourses aussi bien au Bénin qu’à l’extérieur ?
Nous avons les bourses des partenaires, les bourses nationales, les bourses d’excellence à l’extérieur et à l’intérieur. Toutes les informations sont disponibles sur le site : www.enseignementsuperieur.gouv.bj. Vous pouvez aussi appeler le 00229 21 30 08 83.
Je trouve que notre système éducatif ne répond plus à nos besoins économiques et sociaux. Avez-vous pensé à revoir les curricula de formation? Prenons par exemple la filière radiobiologie à l’Epac. On sait que sur le marché de l’emploi, les postes pourvus sont rares comme du poil sur des œufs. Pensez-vous que nous devrions continuer par former dans cette filière ?
Vous avez certes raison. Toutefoi,s la filière radiobiologie, comme d’autres, a été identifiée en son temps mais aujourd’hui, les besoins sont comblés ou dépassés par l’évolution des technologies. C’est vrai aussi que depuis 2016, nous n’avons pas fait assez de réformes dans les filières universitaires. Une commission est mise en place afin de faire l’état des lieux et faire des propositions concrètes pour des formations dynamiques et utiles pour le développement du Bénin. Le travail a commencé déjà avec les établissements privés d’enseignement supérieur. Il faut dire qu’avec l’installation du Cne (Conseil national de l’Education), cela va favoriser une amélioration du système éducatif et nous permettre enfin d’avoir une adéquation formation-emploi.
Comment un(e) étudiant(e) de la première année de l’année 2017 qui a abandonné à mi-chemin pour des raisons qui lui sont propres peut-il se réinscrire dans la même faculté pour cette année ?
Les conditions d’inscription dans les facultés relèvent des attributions des écoles et par conséquent des universités. En principe, chaque établissement définit ses conditions d’inscription et d’accès à l’université. L’étudiant peut faire une réinscription si la date de l’inscription n’est pas vieille de trois ans. Dans ce cas, il lui faut une autorisation spéciale du rectorat en y ajoutant les raisons qui motivent sa longue absence. Donc, la personne voudra bien se rapprocher des responsables académiques de son établissement pour trouver une solution car son bac n’est que de 2017.
Quand les étudiants de l’Université de Parakou auront-ils accès aux différentes facultés et écoles de formation de l’Université d’Abomey-Calavi, puisque nous pensons qu’il faudra donner les mêmes chances aux étudiants qui voudraient se spécialiser et qui sont limités par les moyens financiers pour suivre ces formations à l’Uac ?
Les deux universités ne sont pas au même niveau. L’Uac a plus de 40 ans et l’Up a moins de 20 ans ; ce qui explique bien les écarts. Déjà à la création de l’Université de Parakou en 2001, toutes les conditions n’étaient pas remplies, notamment les infrastructures, le corps enseignant, donc, son évolution se fait de manière graduelle tout en misant toujours sur la qualité. Il faut rappeler que la liberté est laissée à tous les étudiants de choisir les universités qu’ils veulent sur toute l’étendue du territoire national.
Les formations délivrées dans certaines facultés ou écoles de nos universités ne correspondent pas à l’offre d’emploi. Quelles sont les mesures prévues pour recadrer nos formations afin de permettre à nos frères et sœurs diplômés de vite accéder aux offres d’emplois ?
Pour l’adéquation formation-emploi, trois conditions ont été identifiées par l’Uac : 1- définir la nécessité de la formation ; 2- miser sur le professionnalisme ; 3- rendre les stages obligatoires. C’est le lieu de remercier le secteur privé qui nous appuie aussi. Le volontariat et la formation à l’entrepreneuriat sont aussi des initiatives du gouvernement pour augmenter les chances des étudiants à se professionnaliser.
Les universités thématiques n’ont pas ce problème car elles sont spécialisées dans l’agriculture ou dans l’informatique ou dans le numérique. Par exemple, en agriculture, après 2 ans de formation, les étudiants ont la possibilité de se prendre totalement en charge. Je voudrais nous dire que quelle que soit la formation, nous devons changer de paradigme et ne plus penser que c’est l’Etat qui doit nous employer. L’Etat est là pour nous créer les conditions d’exercice de nos créations d’emplois.
Qu’est-ce qui justifie l’augmentation du nombre d’années de formation en Bapet et en Capet après l’obtention de Licence et Maîtrise et la suspension de l’inscription en formation continue dans l’Enset.
Que faire pour avoir les diplômes cosignés obtenus avant les réformes ?
Par rapport aux formations en Bapet et en Capet, il y a deux possibilités. Vous avez le cycle normal, c’est-à-dire après le bac, vous êtes formés. L’augmentation du nombre d’années se justifie par le fait qu’étant en formation continue, vous avez déjà les rudiments depuis la première année. Mais dans le cas contraire, vous suivez généralement les modules en cours du soir. Cela ne permet pas d’avoir les quotas horaires pour une formation complète ; d’où la nécessité d’augmenter le nombre d’années pour combler le gap.
En ce qui concerne la cosignature des diplômes obtenus avant les réformes, la commission a autorisé la signature de tous les diplômes obtenus avant les réformes. Toutefois, certains établissements continuent d’exprimer des demandes de cosignature. Des études sont faites pour donner satisfaction.
Pourquoi le gouvernement béninois ne finance pas les chercheurs dans le domaine de l’enseignement ? Les gens soutiennent leurs mémoires qui sont laissés dans les tiroirs. Sans les chercheurs, il n’y pas d’innovation, madame la ministre.
A ce niveau, le gouvernement fait beaucoup d’efforts à travers le financement des recherches, même si ce n’est pas suffisant. Il faut savoir que la recherche ne se fait pas seulement dans le supérieur mais dans tous les sectoriels à savoir l’Inrab, la santé, etc.Notre souhait est de créer un cadre institutionnel qui valorise les chercheurs. C’est cela qui a motivé la création de l’Agence pour la Recherche et l’Innovation. C’est dans cette optique que les start-us sont vulgarisées.
J’ai plusieurs préoccupations en rapport avec le cursus universitaire à l’Eneam. La promotion licence professionnelle 2014-2015 ne peut toujours pas retirer ses relevés de notes de troisième année sous prétexte qu’il faut une deuxième délibération, ce qui pénalise les étudiants qui ont validé à la première session toutes les matières puisque depuis trois ans, ils sont dans l’incapacité de postuler pour des études à l’extérieur. Cependant, ils établissent les attestations de diplôme sur lesquelles sont mentionnées des moyennes.
Sur quelle base ils calculent les moyennes s’il faut attendre une deuxième délibération pour avoir les relevés de notes ?
Pourquoi depuis 2014, les diplômes du Bts ne sont pas encore disponibles à la Dec ?
La question posée est bien pertinente. Nous sommes très préoccupés par la situation de l’Eneam, car c’est un problème de dysfonctionnement institutionnel. Il y a aussi un problème de gouvernance que nous sommes en train de gérer. Je peux rassurer les uns et les autres que les voies et moyens seront trouvés pour un dénouement complet de cette situation pour le bonheur de tous les acteurs.
En ce qui concerne les Bts, toutes les décisions sont signées et les diplômes seront délivrés à la demande des candidats.
Madame la ministre, votre département a organisé en novembre 2016 le concours d’excellence qui a sélectionné et fait former cinq (5) métrologues au Crefsem (Rci).
Depuis leur retour en 2017 conformément à l’engagement notarial pris, ces derniers n’arrivent même pas à rendre compte à votre ministère de la bonne fin de la formation, sanctionnée au passage par des félicitations de Jury de l’Institut national polytechnique de la Côte d’Ivoire. On remarque malheureusement que l’État béninois n’a rien gagné de cet investissement d’une quinzaine de millions.
Pour les étudiants formés en Côte d’Ivoire, le besoin de métrologues a été exprimé par le ministère du Commerce de l’époque. A la fin de la formation, ceux qui ont bénéficié de cette bourse devraient revenir au ministère de l’Enseignement supérieur nous la notifier. Et à notre tour, nous allons saisir officiellement le ministère qui avait exprimé le besoin et faire leur mise en disponibilité. Mais c’est dommage puisqu’à ce jour, je ne suis pas informée de leur retour au Bénin.
Concernant les frais de mémoire de Master, pourquoi le gouvernement a-t-il décidé de les payer uniquement aux étudiants ayant soutenu leur Master après 2016 ? Et ceux qui ont soutenu leur mémoire avant 2016 ?
A l’instar des bourses, les frais de mémoire ne sont plus payés par les Cous depuis 2016. Et le ministère des Finances, à travers le Trésor public a, pour le moment, suspendu le paiement des frais des mémoires de soutenance d’avant 2016. Je puis vous dire que des démarches sont en cours pour trouver une solution définitive. Mais ceux d’après 2016 sont régulièrement payés.
Je vous remercie pour tous les efforts consentis dans le domaine de l’enseignement supérieur. J’aimerais savoir les mesures prises pour traquer tous les acteurs impliqués dans le détournement des allocations des étudiants ayant subi l’année invalidée (2015). Ce que je dis ici n’est plus quelque chose d’occulte. Nous sommes nombreux à subir ce sort et je pense qu’il est temps de faire sortir ce dossier afin d’aider les étudiants concernés.
A ce niveau, on ne peut pas parler de détournement de bourse. En 2015, au moment des grèves continues à la Flash, on a assisté à une suspension de l’année universitaire. De ce fait, ceux qui devraient avoir la bourse n’ont pas pu l’avoir. Dans les discussions, nous avons promis de reconduire les bourses à la reprise en 2017. Et cela est fait sauf pour ceux qui n’ont pas déposé leurs dossiers dans le temps. Mais, s’ils ont la preuve qu’il y a des détournements, nous sommes ouverts afin de mettre fin à cette mauvaise pratique. Toutefois, avec la baisse drastique des détournements due aux réformes mises en place avec le régime actuel, je suis sûre qu’il sera difficile de détourner dans les universités et à plus forte raison les allocations des étudiants.
Transcription: La Rédaction

Un colloque régional de météorologie s’est ouvert, ce lundi 22 juillet à Cotonou. Organisé sous l’égide de la société Degreane Horizon, il porte sur les technologies avancées en système Sioma, les stations synoptiques, les radars atmosphériques et océanographiques.
Présenter les solutions à la pointe de la technologie, les nouveaux développements et ceux en cours en matière de météorologie, tel est l’objectif du Colloque régional de météorologie qui se tient, les 22 et 23 juillet à Cotonou. Regroupant des participants du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Mali, du Niger, du Tchad, du Togo, cette rencontre permet à la société Degreane Horizon d’exposer les technologies avancées en Système intégré d'observation météorologique d'aérodrome (Sioma), les stations synoptiques, les radars atmosphériques et océanographiques et autres qu’elle propose.
La société prend ainsi le devant pour résorber le déficit technologique qui s’observe particulièrement en Afrique de l’Ouest et du Centre, en termes de développement de la résilience face aux effets pervers du changement climatique, salue le directeur de cabinet du ministre des Infrastructures et des Transports, Joseph Ahissou, procédant hier à l’ouverture des travaux.
Au menu du colloque, il y a un atelier logiciel météo, une visite des équipements météo Degreane Horizon (stations synoptique et aéronautique) installés à l’aéroport de Cotonou. Il est également prévu des entretiens individuels des représentants des agences météo et de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) des pays participants avec le représentant de la société Degreane Horizon, Sultan Yann.
Joseph Ahissou a émis le vœu que les participants profitent de ces moments d’échanges non pas seulement en tant qu’acheteurs de technologies mais aussi comme partenaires pour être au parfum des dernières solutions technologiques dans le domaine de la météorologie. Aussi, les a-t-il exhortés à réfléchir sur la question de financement des technologies de dernière génération et les voies et moyens pour y accéder plus facilement à travers des partenariats à nouer.
Le directeur général de l’Agence nationale de la météorologie (Météo Bénin), Kokou Marcellin Nakpon, s’est réjoui du choix porté sur le Bénin pour abriter ce colloque avant d’exprimer sa gratitude à Degreane Horizon qui a pris en charge la tenue de cette rencontre.

En prélude à l’atelier sur l’universalité de l’internet au Bénin, la ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, a échangé, ce lundi 22 juillet, à Cotonou, avec les hommes des médias. Au menu de cette conférence de presse, les actions du gouvernement en faveur de l’inclusion numérique et les grands axes de ces assises organisées en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (Unesco).
Organisé par le ministère de l’Economie numérique et de la Communication à travers l’Agence béninoise du Service universel des Communications électroniques et de la Poste (Absu-Cep) en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (Unesco), l’atelier sur l’universalité de l’internet au Bénin s’ouvre ce mardi 23 juillet à Cotonou. Dans la perspective de ces assises, la ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, s’est entretenue avec les hommes des médias sur les efforts du gouvernement du président Patrice Talon en vue d’une inclusion numérique forte. « Nous sommes en train de bâtir le secteur du numérique et nous souhaitons une inclusion numérique forte » a-t-elle déclaré. Selon elle, l’ambition du chef de l’Etat pour le secteur du numérique est d’utiliser les Technologies de l’Information et de la Communication comme catalyseur de dynamique économique et de modernisation du Bénin pour accélérer la croissance économique et l’inclusion sociale d’ici à 2021. A l’en croire, il s’agit d’assurer à tous les citoyens l’accès au numérique. C’est pourquoi, le gouvernement a permis la mise en place des infrastructures numériques dans les communes du pays. A cet effet, la fibre optique a été densifiée pour être étendue à certaines régions du Bénin pour permettre l’accès aux populations. Toutes choses qui ont permis au Bénin d’être le deuxième pays en Afrique au sud du Sahara à avoir une marge de progression en vue d’une meilleure amélioration de l’internet.
Pour la ministre, l’Agence béninoise du Service universel des Communications électroniques et de la Poste (Absu-Cep) a favorisé l’accès des communautés les plus démunies aux services de téléphonie, d’internet et des Technologies de l’Information de la Communication ainsi que les services postaux et financiers de base. « Nous souhaitons que les autorités locales prennent en main la transformation de leur communauté », a-t-elle confié. Selon la ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou, des salles techniques, des points numériques communautaires et des points d’accès wifi ont été installés dans certaines localités au profit des communautés. « Il faut prendre en compte le développement des compétences numériques et les contenus pour attirer les populations vers le numérique », a-t-elle préconisé. Environ 150 représentants des parties prenantes de l’étude sur la stratégie d’approche intégrée et dynamique de couverture de zones sont attendus à ces assises dont l’objectif est de mettre en lumière et d’accompagner les réformes mises en œuvre de façon courageuse dans le secteur de l’Economie numérique au Bénin. Signalons que la session sur « le service universel pour le développement du Bénin », la réalisation des ouvrages de l’Absu-Cep et la présentation globale du projet d’étude sur les indicateurs de l’universalité de l’internet au Bénin sont les grands axes autour desquels les travaux vont s’articuler lors de cet atelier.

Les agents en service à l’Assemblée nationale qui viendront encore en retard ou s’absenteront rencontreront désormais sur leur chemin le président de l’institution, Louis Vlavonou, patron de l’administration parlementaire. Il est monté au créneau ce lundi 22 juillet, lors du traditionnel cérémonial des couleurs, pour mettre en garde tout son personnel.
« J’aurais pu vous informer par écrit ou encore aller directement aux sanctions mais j’ai préféré vous en parler d’abord à la cérémonie des couleurs parce que j’ai réinstauré cette pratique pour qu’on se parle directement les lundis matins avant de démarrer la semaine de travail », a expliqué le président de l’Assemblée nationale. Louis Vlavonou met le secrétaire général administratif et les autres responsables à divers niveaux de l’administration parlementaire face à leurs responsabilités. Car, pour lui, les principes de bonne gouvernance de l’administration sont non négociables.
« Je ne comprends pas pourquoi un fonctionnaire peut être absent à son poste alors qu’il est payé pour faire un travail donné. Les prochaines fois, je prendrai des sanctions conséquentes », menace le patron de l’administration parlementaire. Le président de l’Assemblée nationale met surtout en garde le personnel d’appui affecté dans les différentes commissions permanentes de l’Assemblée nationale.«Des sanctions tomberont désormais », avertit Louis Vlavonou qui rêve pour le Bénin, d'un « Parlement de type nouveau ». Th. C. N.

Les candidats à l'axamen national de licence issu de la réforme entreprise par le gouvernement dans l’Enseignement supérieur composent, depuis ce lundi 22 juillet dans les différents centres retenus pour la circonstance. Au lancement des épreuves de la troisième édition de ces examens par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Marie Odile Attanasso, au Ceg Ste Rita, l’occasion lui a été donnée de constater que chaque année, l’effectif des candidats augmente.
Répartis dans vingt-six salles de compositions, avec seize filières, six cent quatre-vingt-treize candidats composent au centre du Ceg Ste Rita pour le compte de l’examen national de licence. Démarré hier lundi 22 juillet, les candidats inscrits dans les filières telles que le journalisme, l’éducation physique et sportive, histoire et géographie, mathématique, Svt, allemand et espagnol, philosophie, mariage et famille, langue française et anglaise, Informatique industriel, génie industriel, Administration des impôts, diplomatie et relation internationales,… planchent sur toute l’étendue du territoire national. Selon les statistiques présentées par le superviseur, Julien Gbaguidi, de trente-neuf filières en 2017, l’examen est passé à cinquante-sept en 2019. Selon ses propos, pour le compte de cet examen, 2233 candidats ont composé en 2017, 5972 en 2018 contre 6 728 en 2019.
Heureux de l’aboutissement des réformes dans le secteur de l’Enseignement supérieur,
Théophile Codjo Sonou, président de l’Association des grandes écoles et instituts universitaires du Bénin, salue l’engagement du gouvernement qui a su prendre cette décision. « Quand l’autorité a parlé, nous y avons cru, parce qu’un certain nombre de promoteurs ne faisaient pas ce qu’ils devraient faire et il fallait aller vers les réformes, pour qu’il y ait une renaissance, une certaine rupture au niveau de l’enseignement supérieur », a-t-il indiqué, tout en félicitant, au nom de tous les promoteurs d’établissement, la ministre et le président de la République.
Le processus ne s’arrêtera pas
Le décret du 29 mars 2017 qui a institué les examens nationaux de licence prend fin au terme de cette troisième édition. Mais loin d’arrêter le cycle, comme le suggère Théophile Codjo Sonou, il faut corriger certaines insuffisances.
La ministre Marie Odile Attanasso souligne que tous les établissements doivent rentrer dans la dynamique parce que le processus ne va pas s’arrêter d’autant que chaque année, il se crée de nouveaux établissements. «On est à la troisième édition et normalement, on devrait mettre fin aux examens nationaux mais aucun des établissements n’est passé à l’homologation. Nous allons donc continuer à accompagner le processus, pourquoi pas l’institutionnaliser », confie la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Elle souhaite que tous ceux qui veulent créer de nouveaux établissements optent pour des filières qui donnent accès à l’emploi aux jeunes. Des formations de courte durée et de qualité. «Pour le gouvernement, s’il n’y a pas d’enseignement supérieur de qualité, il n’y a pas de capital humain de qualité et notre développement va prendre un coup », a expliqué Marie Odile Attanasso. « Il faut plus de détermination et un peu plus de sérieux dans ce que vous faites», poursuit-elle en saluant la clairvoyance du chef de l’Etat qui fait de l’éducation un secteur de développement.

A l’occasion de la prestation de serment des députés membres de la Haute cour de justice (Hcj), le président Patrice Talon a partagé avec eux l’impression que devrait avoir tout observateur objectif de la vie politique sur l’institution. L’analyse qui se dégage de son point de vue, c’est qu’on y note « le jeu des petits arrangements et des grandes compromissions favorisé par un système partisan peu fiable, qui a perverti les privilèges de juridiction et fait d’eux le paravent de l’impunité ».
Les lacunes textuelles aidant, la Haute cour de justice a ainsi été reléguée au rang de simple épouvantail, fait observer le chef de l’Etat quelque peu déçu de l’interprétation faite du privilège de juridiction que confère l’article 136 de la Constitution au président de la République et aux membres du gouvernement. En dépit du fait que la Haute cour de justice soit la seule juridiction habilitée à connaître des faits qualifiés de haute trahison, des infractions que commettent les personnalités sus citées, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions, « cela n’est pas en soi incompatible avec l’égalité de tous devant la loi », objecte le président Patrice Talon. Aussi, rappelle-t-il, que c’est ce constat de bon sens, largement partagé, qui l’avait amené dans son projet de société, à envisager sa suppression ou, en tout cas, sa refonte complète. «Malheureusement, la générosité du projet de réforme institutionnelle porté en son temps par mon gouvernement et moi-même, n’avait pas été perçue à sa juste valeur », précise le président de la République. Mais cela est loin d’émousser sa détermination à donner un autre visage au Bénin et à ses institutions. « Elle se décline actuellement en réformes structurelles d’envergure destinées à garantir à tous nos concitoyens, d’égales chances de succès et de reddition de comptes», a-t-il annoncé.
La marche irréversible vers un développement équitable, réclame davantage de sacrifices afin de briser définitivement les entraves qui ont pour noms : concussion, corruption, abus de fonction, etc, souligne le chef de l’Etat. Pour les annihiler, il penche pour la rigueur dans l’action publique. Et cette rigueur doit logiquement inspirer, animer et orienter la Haute cour de justice, plaide-t-il.
Depuis un quart de siècle, l’impuissance de l’institution n’a pas souvent permis d’engranger de grands succès en matière de lutte contre l’impunité. « De sorte que, malgré les victoires remportées ces trois dernières années sur ce front, grâce notamment à la volonté du gouvernement, les défis à relever en la matière restent essentiels», note-t-il. « Le peuple béninois assoiffé de justice attend toujours plus de chacun de nous », révèle-t-il aux nouveaux juges après que ceux-ci, solennellement, ont juré de remplir fidèlement et loyalement les missions pour lesquelles ils ont été investis par leurs pairs. JFM

La nouvelle mandature de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication entre en fonction. Les neuf nouveaux conseillers de l’instance de régulation des médias ont été installés dans leurs fonctions par le président de la République, ce lundi 22 juillet, au cours d’une cérémonie solennelle, non sans leur rappeler ce qui est attendu d’eux comme mission.
« Il vous faudra pour ce faire, déployer des trésors d’ingéniosité, d’habilité et sans doute aussi beaucoup d’audace et de fermeté pour engager les uns et les autres dans les voies qui permettront de sortir le métier de l’amateurisme et de la vénalité». La sixième mandature de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) sait à quoi s'en tenir. Sur son chemin, de nombreux défis que le président Patrice Talon souhaite qu’elle relève. « C’est cet engagement qui permettra d’initier une prise de conscience déontologique, d’apporter des réponses pertinentes à la problématique de l’amélioration des conditions de vie et de travail des professionnels des médias, et d’asseoir les bases de l’émergence de grands organes de presse au Bénin», a indiqué le président de la République dans son message lors de l’installation des nouveaux membres de l’institution, ce lundi 22 juillet à Cotonou. Réaffirmant son attachement au pluralisme des opinions et à leur libre expression, le président Patrice Talon a insisté sur le fait que cette liberté a besoin d’être préservée, protégée mais régulée. Telle est la double mission que la Constitution assigne à l’institution, rappelle-t-il aux neuf nouveaux régulateurs.
Plutôt attentifs à ce message à l'allure de cahier des charges, Rémi Prosper Moretti, Armand Hounsou, Bilikissou Ali Machiffa, Franck Kpotchémè, Cécile Ahoumènou, Bastien Salami, Ali Camarou, Mariane Domingo et Fernand Gbaguidi ont suivi religieusement le président Patrice Talon. Celui-ci ne nie d’ailleurs pas qu’une telle mission est «ingrate ». Mais elle est aussi « noble », souligne-t-il, tout en se montrant reconnaissant aux membres de la mandature précédente qui eux ont « contribué à une plus grande professionnalisation du secteur des médias et œuvré à la valorisation de la carte professionnelle ». Ils ont également été, aux côtés des gouvernements successifs, des acteurs non moins importants de l’avènement du Code de l’information et de la communication, du Code du numérique et de la loi sur la radiodiffusion numérique, apprécie le chef de l’Etat. Autant de chantiers qui, selon lui, rendent témoignage de leur sens de l’anticipation par rapport aux enjeux de la révolution numérique. « Leur action s’est harmonieusement insérée dans la vision du gouvernement, tendant à faire de notre pays une des places fortes du numérique en Afrique », a indiqué le président de la République.

Un audit encore partiel des vingt-cinq travaux de lotissement réalisés à Porto-Novo a révélé de graves irrégularités dont le vol de plus de 300 parcelles frauduleusement distraites au détriment du patrimoine de la ville. La nébuleuse a été révélée au grand jour, vendredi 19 juillet dernier, par le maire de Porto-Novo, Emmanuel Zossou, lors de son traditionnel exercice de reddition de comptes à ses administrés.
« La gestion du foncier dans la ville de Porto-Novo ». C’est le thème du premier exercice de reddition de comptes, au titre de l’année 2019, du conseil municipal de Porto-Novo. Pendant près de cinq heures d’horloge, vendredi 19 juillet dernier, à la Maison des jeunes de Porto-Novo, le maire de la ville capitale du Bénin, Emmanuel Zossou, a présenté la situation foncière de sa municipalité depuis l’ère de la décentralisation au Bénin avec en point d’honneur les actions réalisées dans ce domaine par son équipe depuis son installation en juillet 2015. Il ressort de sa présentation que vingt-cinq travaux de lotissement ont été réalisés dans Porto-Novo depuis le temps des Préfectures jusqu’à ce jour dont un seul sous l’actuelle mandature du conseil municipal. Ces travaux sont entachés de graves fraudes révélées par un audit réalisé par la mairie de Porto-Novo sur la base des documents fonciers disponibles et récupérés difficilement auprès des cabinets géomètres commis à ces tâches. Il a été noté, dénonce le maire Emmanuel Zossou, l’attribution de plusieurs parcelles à un seul numéro d’état des lieux ayant droit normalement à une parcelle de 300 m2. L’édile de la ville capitale cite en exemple le cas d’un présumé propriétaire terrien qui a droit à 400 m2 de parcelle mais à qui, par quelle alchimie il se demande, a été attribué un domaine de 4000 m2 après le lotissement. A ces cas de fraudes, Emmanuel Zossou ajoute l’utilisation des numéros d’état des lieux fictifs pour se faire recaser des parcelles disponibles de la ville, l’existence de nombreuses parcelles sur le terrain mais sans trace dans les documents fonciers de la mairie et l’attribution de plusieurs parcelles par la préfecture de Porto-Novo à des tierces personnes sans un arrêté d’attribution et dont les occupants, qui ont déjà construit sur ces domaines, se disent aujourd’hui propriétaires terriens.
Des géomètres sur la braise
La conséquence de toutes ces manœuvres frauduleuses, observe le maire, est qu’il existe aujourd’hui 756 sinistrés réguliers en attente de recasement pour entrer en possession de leurs parcelles après les différentes opérations de lotissement. « Ce nombre important de sinistrés est le résultat de la mauvaise gestion foncière dans la ville de Porto-Novo », dénonce Emmanuel Zossou. « C’est nous-mêmes. Nous sommes entre nous. C’est nos cousins…Tout ça rattrape toujours », poursuit-il. Mieux, l’audit a révélé, selon toujours le maire, plus de 300 parcelles frauduleusement distraites du patrimoine de la mairie de Porto-Novo. L’ampleur des fraudes et surtout du nombre important de sinistrés non recasés a conduit l’autorité municipale à solliciter le concours d’un huissier de justice. Ce dernier a été chargé entre autres, de faire la constatation des parcelles illégalement occupées par les présumés propriétaires indélicats, la compulsion des registres de l’Institut géographique national (Ign) pour s’assurer des incongruités domaniales, l’interpellation de ces présumés propriétaires afin de prendre des mesures idoines de rachat desdites parcelles et d’appuyer la mairie dans le recouvrement des fonds de vente.
Dans le cadre de cette mesure, informe Emmanuel Zossou, 38 présumés propriétaires ont été interpellés et écoutés en présence de l’huissier de justice. De ce nombre, 20 ont reconnu les faits qui leur sont reprochés et acceptent de payer à la mairie, au prix actuel lesdites parcelles, sept personnes se sont engagées à restituer les parcelles qu’elles ont reconnu avoir illégalement occupées, sept autres se sont opposées au rachat et quatre personnes ont contesté le caractère frauduleux de leur droit de propriété foncière, renseigne l’autorité municipale. Emmanuel Zossou dénonce par ailleurs le refus de certains géomètres de mettre à la disposition de la mairie des registres actualisés de travaux de lotissement qu’ils ont réalisés pour le compte de la ville de Porto-Novo. Au risque d’être taxé de complice, le maire a décidé de porter certains cas devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). C’est ainsi qu’un cabinet géomètre en charge des travaux de lotissement de Ouando-Dowa-Akonaboè est poursuivi pour avoir introduit dans le répertoire de recasement 31 faux numéros non reconnus par l’Ign en charge des travaux d’état des lieux.
Le maire Zossou déterminé
Une autre plainte a été déposée contre le même cabinet pour avoir, cette fois-ci, distrait une superficie de 17 472 ,44 m2 du patrimoine foncier de la ville de Porto-Novo dans les travaux de lotissement de Dowa extension. La mairie poursuit également une société pour avoir acquis illicitement une réserve administrative de 7 734 m2 dans le cadre du lotissement de Tokpota II. Le domaine querellé aurait été cédé par la préfecture de Porto-Novo contre le versement d’un montant de 7, 734 millions F Cfa au Trésor public. Il revient à la Criet de tirer au clair toutes ces cas. Le maire Emmanuel Zossou se dit dépassé par les litiges domaniaux dans la ville. Plus de 300 procédures sont engagées au tribunal aujourd’hui contre la mairie de Porto-Novo par des présumés propriétaires terriens qui réclament à raison leurs parcelles, informe Emmanuel Zossou. D’autres sinistrés ont préféré porter plainte contre la mairie devant le médiateur de la République pour réclamer leurs biens immobiliers. « Il y a trop de problèmes domaniaux à Porto-Novo. Je suis tout le temps convoqué au tribunal ou au commissariat pour répondre des erreurs des autres», déplore Emmanuel Zossou. Il se dit déterminé, en dépit des menaces, à foncer pour récupérer les parcelles récupérables aux moyens des procédures légales en la matière, et déférer devant les autorités judiciaires les cas difficiles afin de satisfaire les 756 sinistrés non recasés en attente d’entrer en possession de leurs droits. « L’homme ne meurt pas deux fois. Il nous faut aller jusqu’au bout contre vents et marées pour l’assainissement et la numérisation du répertoire foncier de la ville», insiste le maire. Selon lui, à cause de cette mauvaise gestion foncière, Porto-Novo manque cruellement de terres pour accueillir des projets de développement que se proposent d’ériger le gouvernement ou les partenaires de la ville. Lesquels projets sont envoyés ailleurs faute de sites.
Le représentant du préfet de l'Ouémé, Ferdinand Agbayahoun, la Société civile, les têtes couronnées, les sages et notables et les populations, présents dans la salle, encouragent le maire et toute son équipe à maintenir le cap. Ce combat y va de la paix et de la justice sociale à Porto-Novo, soutiennent-ils.
Le Conseil municipal est déterminé à assainir et à doter Porto-Novo d’un répertoire foncier unique, informatisé et sécurisé.

Le Bénin est à pied d’œuvre pour marquer d’un sceau particulier le 59e anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. Au niveau de l’Armée de terre, on met les bouchées doubles pour une célébration sobre.
Le drapeau national qui flotte dans les airs, au niveau des principaux carrefours de la ville de Cotonou et ses environs renseigne sur l’imminence de la célébration de la fête de l’indépendance. Chaque acteur concerné par l’organisation apporte du sien pour donner de la couleur à l’évènement. Les différents corps qui, traditionnellement, étaient associés à ce rendez-vous annuel ne seront pas du reste, cette année. L’organisation suit son cours normal.
« Les entraînements se poursuivent au niveau des différents bataillons. Depuis la mi-juillet, les armées ont pris le relais; au niveau de l’Armée de terre, les entraînements se font les lundis, mercredis et les vendredis de 8 h à 12 heures sur l’allée qui jouxte le mess des officiers », explique le chef d’état-major de l’Armée de terre (Cemat), Fructueux Gbaguidi.
Toutefois, le tableau des défilés ne sera pas trop garni cette année, même s’il s’annonce imposant. « Nous réservons les meilleures choses pour 2020 dans le cadre du 60e anniversaire de l’indépendance du Bénin », annonce-t-il. L’essentiel du défilé se fera en 90 minutes.
Au menu de la célébration, les personnalités et autorités à divers niveaux et le public auront droit aux prestations des forces de défense et de sécurité, à savoir l’Armée de terre, la Gendarmerie nationale, la marine, les Forces aériennes et les Forces navales, les Eaux et forêts ainsi que la Police républicaine.
Cette année, aucune troupe étrangère ne sera de la partie. « Il n’y a pas d’invités majeurs à ma connaissance », signale-t-il. Selon lui, c’est un choix politique qui est suivi par l’armée. « C’est le politique qui donne la solennité qu’il souhaite à la fête », fait-il savoir.
De même, le défilé civil ne sera pas non plus au rendez-vous. Le caractère que revêt la fête nationale n’est pas nouveau depuis trois ans. C’est une marque de la Rupture qui a opté pour la simplicité et la sobriété depuis 2016 afin de limiter les dépenses dans le cadre de cette manifestation. L’année 2019 ne fera apparemment pas exception à cette règle.
Il faut noter que dans le cadre de la fête nationale, l’armée est généralement au devant de la scène. Le chef d’Etat-major explique les raisons de sa forte implication : « Le défilé est parti de la révolte populaire. C’est une tradition exclusivement francophone. Les pays ont décidé de commémorer leur fête nationale après la prise de la Bastille française. Nous avons constaté que le déploiement des troupes militaires dans le cadre de l’évènement revêt un cachet très solennel. Le Bénin étant un pays francophone, il a copié la tradition chez la France ».
Pour l’heure, selon les indiscrétions, c’est le boulevard de la zone portuaire qui abritera les manifestations officielles entrant dans le cadre du 1er août. Toutes choses qui restent à être confirmées pour le moment. Aucune information officielle n’ayant circulé à propos.