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Nouvelles

Carburants toxiques à la pompe: Le gouvernement siffle la fin de la récréation

Le Bénin n’accepte plus l’essence et le gasoil toxiques sur son sol. Le décret portant limitation de la teneur en soufre dans ces types de carburants est clair, et les négociants ont été suffisamment avertis. Cette mesure prise en janvier dernier, est entrée en vigueur hier, lundi 15 juillet.

Les stations-service, depuis leur avènement, servent des carburants toxiques aux populations africaines en général.Mais c’est fini ! Le Bénin n’en veut plus, sur son territoire. Notamment, l’essence et le gas-oil dont la teneur en soufre est de 1500 Particules par millions (Ppm), alors même que les carburants vendus dans les pays occidentaux d’où proviennent ces produits pétroliers ont une teneur en soufre de 10 Ppm.
En effet, un décret (nouveau) limitant la teneur en soufre dans l’essence et le gas-oil, est entré en vigueur depuis hier. L’acte, en date du 15 janvier dernier, fixe désormais le taux de soufre dans l’essence à 150 Ppm et  dans le gas-oil à 50 Ppm. Cette mesure permet au Bénin d’intégrer le cercle (très) restreint des nations africaines qui ne tolèrent plus que des carburants sales et toxiques soient déversés sur leurs sols par les négociants.

« Dirty Diesel » à l’origine du séisme

Ce sont les troublantes révélations de l’Ong suisse Public Eye, suite à son enquête dénommée « Dirty Diesel » et publiée en 2016, qui sont à la base de cette révolution. « L’Ong aurait appris qu’en Europe, c’est-à-dire dans les ports d’Amsterdam,
Rotterdam, Anvers…, on embarque, en direction de l’Afrique, surtout l’Afrique de l’Ouest, des carburants dits de qualité africaine », rapporte Clément Kotan, président de l’Unité de protection de l’Environnement (Upe), une Ong qui a aussi lutté pour l’avènement du décret d’interdiction. « Vous convenez avec moi que c’est surprenant. Le carburant, c’est le carburant. Il ne peut pas y avoir une qualité réservée exclusivement à l’Afrique et une autre réservée à l’Europe », commente-t-il avant d’expliquer que c’est ce jargon qui a poussé Public Eye à ouvrir une enquête qui, après des blocages sur place en Europe,l’a finalement conduit en Afrique. A en croire Clément Kotan, les enquêteurs de l’Ong ont parcouru plusieurs pays africains, en recueillant à chaque étape des échantillons d’essence et de gas-oil vendus  par les stations-service agréées. Ces échantillons ont été, par la suite, envoyés dans des laboratoires européens pour analyses, et les résultats qui en sont issus sont alarmants.
« Ces résultats ont montré que la teneur en soufre dans les carburants de qualité africaine varie de 1500 à 10 000 Ppm. Alors qu’en Europe, quel que soit le pays, le taux de soufre dans les carburants vendus ne dépasse pas 10 Ppm », déclare le président de l’Ong Upe. « Ça veut dire qu’on nous empoisonne avec les carburants toxiques qu’on nous envoie. L’essence vendue à la station nous empoisonne », poursuit-il, d’un ton colérique. L’investigation a donc permis de découvrir le pot-aux-roses.
Quelques mois après ces révélations, certains ministres de l’Environnement de la Cedeao se sont réunis à Abuja à l’invitation de leur homologue nigérian avec, à leurs côtés, les dirigeants de la Cedeao et du Programme des Nations Unies pour l’environnement. « Ils ont dit voilà ce qui est sorti. C’est catastrophique ! Que faisons-nous dans l’espace Cedeao ? C’est de là qu’ils ont indiqué qu’il y avait une étude de la Banque mondiale qui disait que si les pays d’Afrique subsaharienne limitaient la teneur en soufre à 150 Ppm pour l’essence, et 50 Ppm pour le gas-oil, ils pouvaient économiser un milliard de Dollars par an sur leur budget. Ainsi, ils se sont dit qu’il leur faudra saisir alors cette étude qui a une base scientifique… », raconte Clément Kotan dont l’Ong a suivi le parcours du dossier. La délégation béninoise, une fois rentrée, a rendu compte au gouvernement. D’où le décret d’interdiction qui fait d’ailleurs partie d’une liste de recommandations faites à l’endroit de l’Exécutif béninois.

Quid des dommages ?

Entre autres conséquences de l’usage des carburants toxiques,il y a la pollution atmosphérique et les maladies respiratoires et cardiovasculaires. Le risque d’être affecté par ces maladies est donc plus grand lorsque l’on s’expose aux carburants toxiques. Mais il n’est pas rare de voir certains mécaniciens au contact de ces produits pétroliers à longueur de journée. Ghislain Kpozé, mécanicien en fin de formation, explique que cette pratique est monnaie courante dans sa profession notamment quand il s’agit de nettoyer les filtres à essence. Il lui arrive donc de manipuler l’essence à main nue et pis encore, il s’en sert à l’aide de sa bouche. C’est un gros risque et cette pratique ne sera pas sans conséquence sur la santé, selon certains spécialistes.
Mais la grosse surprise dans ce dossier, c’est que l’Ong suisse Public Eye indique que les négociants, auteurs des importations des carburants toxiques en Afrique,ne sont pas en infraction pour autant. Ils ont simplement profité d’une des faiblesses de l’arsenal juridique des pays africains dans le secteur.
Pour l’application rigoureuse de la nouvelle norme, un comité interministériel a été mis sur pied. A cela s’ajouteront d’autres structures existantes en matière de contrôle de la qualité des produits pétroliers.

Société 16 juil. 2019


Audience du président de la Cour suprême: Ousmane Batoko convié à la Semaine de l’étudiant énarque

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau

Le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko a reçu en audience, vendredi 12 juillet dernier, une délégation du bureau de l’Association des énarques du Bénin (Aeb). Celle-ci est venue le convier à prendre part à la cérémonie de lancement officiel de la première édition de la Semaine de l’énarque béninois prévue pour se dérouler du 15 au 20 juillet prochain.

Le label de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) sera célébré du 15 au 20 juillet prochain. Ce sera à la faveur de la première édition de la Semaine de l’énarque béninois initiée par l’Association des énarques du Bénin (Aeb), un creuset qui regroupe l’ensemble des diplômés de l’Enam qui a 35 ans cette année. Une délégation du bureau de cette association conduite par son président,
Daladier Yèkpon, était, vendredi 12 juillet dernier, au cabinet du président de la Cour suprême à Porto-Novo. Elle est allée porter l’information à Ousmane Batoko et l’inviter à prendre part à la cérémonie d’ouverture de la Semaine prévue pour  le jeudi 18 juillet prochain dans la salle de conférence de la direction générale des Impôts à Cotonou.
Pour Daladier Yèkpon, cette activité répond à plusieurs objectifs. Elle vise surtout à mettre en exergue le label de l’Enam en termes d’exigence de professionnalisme, de qualité dans le service rendu à l’administration et à la population mais également en termes de réussite dans l’auto-emploi. Cela, d’autant que plusieurs énarques ont décidé de se lancer dans l’auto-emploi et gèrent aujourd’hui des entreprises. Selon le président de l’Aeb, la cérémonie va tourner autour du thème : « L’énarque béninois face aux nouveaux paradigmes de l’administration ». Ce thème, explique-t-il, répond aux exigences de l’heure qui font que l’énarque béninois doit s’adapter aux nouvelles ambitions de l’administration et visions que nourrit pour l’administration, le président de la République
Patrice Talon qui est le patron de toute l’administration béninoise. Plusieurs activités vont meubler cette Semaine. Il est prévu notamment, à en croire Daladier Yèkpon, une journée scientifique et une foire commerciale sur l’esplanade de la Place du souvenir ex-Place des Martyrs pour permettre aux énarques chefs d’entreprises de faire connaître au public leur savoir-faire. Le président de l’Aeb annonce également plusieurs autres activités dont la marche du cœur et une soirée de gala visant à collecter des fonds afin d’accompagner le gouvernement dans l’œuvre de réfection de certaines infrastructures de l’Enam.
Daladier Yèkpon se réjouit de l’accueil chaleureux qu’a réservé à sa délégation le président Ousmane Batoko qui a été l’un des tout premiers diplômés de l’Enam et qui continue de faire jusqu’ici la fierté de toutes les promotions de cette école de référence. Le président de la Cour suprême, au dire du président de l’Aeb, a favorablement accueilli l’initiative avant de promettre non seulement d’apporter son modeste appui mais aussi d’honorer de sa présence la cérémonie d’ouverture officielle de la Semaine.

Société 16 juil. 2019


Port autonome de Cotonou: Le trafic avoisine 6 millions de tonnes au 1er semestre de 2019

Le Port autonome de Cotonou (Pac) enregistre pour la troisième fois consécutive, une hausse de son trafic. Ce dernier a atteint environ 6 millions de tonnes au premier semestre de 2019. Dans un communiqué rendu public, le vendredi 12 juillet, la Direction fait constater que ces chiffres confortent l’économie nationale.

Le Port autonome de Cotonou (Pac), grâce à ses activités,contribue à 90% aux échanges commerciaux et jusqu’à 60% au Produit intérieur brut du Bénin. Il contribue entre 80% et 85% aux recettes douanières et entre 45 et 50% aux recettes fiscales. Ayant un impact considérable sur l’économie béninoise, les chiffres du Port autonome de Cotonou ne cessent de monter depuis le début de l’année 2019. D’après le communiqué de la direction générale du Port autonome de Cotonou, le mois de juin a consacré pour une troisième fois consécutive la hausse du prix portuaire.
Selon la Direction générale du Pac, cette performance s’explique par les « trafics de vrac solide qui a presque doublé, de conteneurs (25 mille tonnes additionnelles comparé à mai 2019) et dans une moindre mesure de vrac liquide (+10.834 tonnes) ». Ces chiffres comparés à ceux du mois de juin 2018 montrent une forte croissance, soit 39%. Mieux, « le tonnage global à l’import (transbordement inclus) sur la période cumulée fait près de 5 millions de T, soit 48% du budget import 2019 ».
Le Port autonome de Cotonou a enregistré, en matière de trafic export, 178.887 tonnes, soit une diminution de 2% par rapport à mai 2019. Toutefois, on note une progression de 16% avec 782.322 T à mi-parcours de 2019 après accumulation du trafic. Une progression qui représente 55% du budget export 2019, contrairement aux 672.458 T en 2018. Pour justifier ces volumes, la Direction évoque les exportations de coton, de cajou et de bois.

Economie 15 juil. 2019


Royaume d’Allada / Cérémonie d’offrande pour la paix: Sa Majesté Kpodégbé Lanmanfan invite les forces politiques à la réconciliation

 La paix, rien que la paix pour les fils et filles du Bénin. C’est pour la préservation de ce trésor que le roi d’Allada, Sa Majesté Kpodégbé Lanmanfan et les Hauts dignitaires du royaume d’Adjahountò ont imploré la bénédiction des anciens rois et des mânes des ancêtres. A cette occasion, ils ont exhorté toutes les forces politiques à un dialogue franc pour la paix.

«L’union fait la paix et la désunion crée la faiblesse. Nous devons nous asseoir en vue de trouver les solutions idoines pour la paix. Que nos enfants acceptent la main tendue du chef de l’Etat et qu’ils répondent présents à son appel. La politique de la chaise vide n’est pas la bonne option. Même si on est opposant radical, farouche et jusqu’au-boutiste, c’est le moment de s’exprimer. Nul ne viendra du dehors pour nous réconcilier. Les loups ne se mangent pas entre eux». C’est l’appel de sa Majesté, le roi Kpodégbé Lanmanfan, 16e roi d’Allada, à l’égard des forces politiques. Il ajoute : «Ceux-là qui nous ont chosifiés hier, à qui nous avons vendu le pays et ses fils, ceux là sont déjà partis. Aujourd’hui, le colon n’est plus là. Pourquoi allons-nous encore nous tuer ? Pourquoi ne pas s’entendre ? C’est ensemble que nous pourrons avancer».
Réunis autour du roi d’Allada, les Hauts dignitaires du royaume ont également invité les filles et fils du Bénin à fumer le calumet de la paix. A l’unanimité, ils ont présenté la même doléance : «Que le chef de l’Etat ait un regard affectif à l’égard de nos enfants qui gisent en prison à cause de cette situation. Qu’ils reviennent à la maison. Que nos fils et filles en exil nous reviennent. Nous devons tous nous mettre ensemble pour construire ce pays». Dans leur plaidoyer, les hauts dignitaires d’Allada ont également invité les forces politiques de l’opposition à faire preuve de patriotisme pour le retour à la paix. Dans ce sens, ils saluent la bonne foi du chef de l’Etat. Selon eux, le président Patrice
Talon a démontré à plusieurs reprises sa volonté de rétablir la paix au Bénin... Les différentes rencontres qu’il a initiées avec toutes les forces politiques l’en témoignent... C’est pourquoi les chefs religieux d’Allada ont invité toutes les forces politiques à saisir l’occasion de ce jour. C’est à travers une cérémonie solennelle d’offrande aux mânes des ancêtres que le roi d’Allada a prié pour la paix au Bénin.

Les suffrages de Sa majesté Kpodégbé Lanmanfan

«Les choses, telles qu’elles se passent dans notre pays, cela ne rassure pas. Ce qui ne devrait pas arriver est arrivé. Nous ne pouvons pas laisser les choses aller dans ce sens. Nos divinités ne peuvent pas rester indifférentes. C’est pourquoi nous sommes réunis ici», introduit le roi à l’entame de ses suffrages. Il précise que face à la situation, les fils et filles du Bénin ne doivent pas manquer à l’appel du chef de l’Etat qui les attend ce lundi pour un dialogue franc en vue de la paix au Bénin. «Quand les choses vont mal, il faut le dialogue. Aux temps anciens, nos ancêtres s’asseyaient sous l’arbre à palabre pour régler les différends. Si nous voulons la paix, le dialogue est indispensable. Les forces politiques, en dépit de leurs divergences, doivent se réconcilier pour le bien-être du Bénin. Que la paix revienne, c’est la volonté du peuple», soutient-il.
C’est suite à ces recommandations que le roi d’Allada a égrené une litanie de suffrages aux mânes des ancêtres. «Chers ancêtres, l’heure est grave. Vos paroles et vos actes changeront la donne. Sauvez le Bénin... Honte aux ennemis du Bénin... Que la paix revienne pour les fils et filles du Bénin. Vous devez réconcilier vos enfants. Que l’Éternel des armées bénisse le Bénin », a-t-il imploré. Il rappelle par ailleurs que celui qui veut la paix, prépare la paix et la construit. Ainsi, tous les fils et filles du Bénin, doivent, à l’instar du symbole de la jarre trouée du roi Guézo, se mettre ensemble pour bâtir le Bénin.

Actualités 15 juil. 2019


Félix Sohoundé Pépéripé: « Ma distinction est le couronnement de ma présence à treize phases finales »

Propos recueillis par Maurille GNASSOUNOU

Présent en Egypte, à l’occasion de la 32e édition de la Coupe d’Afrique des Nations (Can), le journaliste sportif béninois, Félix Sohoundé Pépéripé, était à sa treizième participation. Son mérite a été célébré, samedi 13 juillet dernier, au Centre olympique national du Caire, en Egypte, par l’Association internationale de la presse sportive (Aips) présidée par l’Italien Gianni Merlo, en collaboration avec l’Aips Africa dirigée par le Nigérian Obi Mitchell. A la fin de la cérémonie organisée en marge de la Can et présidée par le ministre égyptien des sports, Ashraf Sobhi, il a bien voulu partager ses impressions.

La Nation : Vous venez d’être récompensé pour votre mérite et la fierté de la presse sportive du Bénin. Quel est le sentiment qui vous anime à la sortie de cette cérémonie de distinction ?

Pépéripé : C’est une cérémonie organisée pour primer les journalistes africains et internationaux ayant couvert au moins dix phases finales de la Can. Dénommée Aips Journalistes sur le podium, elle vise à honorer les vétérans de la profession. C’est pour la première fois qu’elle a lieu en Afrique. Je suis aujourd’hui à ma treizième participation. Ma première participation, c’était au Burkina Faso. Et depuis, j’ai été présent à tous les rendez-vous. C’est avec beaucoup de plaisir que l’Aips, en collaboration avec l’Etat égyptien, a décidé d’organiser à l’intention de ces valeureux journalistes qui couvrent de façon régulière la phase finale de la Can, depuis 20 ans, l’évènement ayant lieu tous les deux ans. Vous comprenez la fierté qui m’anime à cet instant. C’est le couronnement des efforts consentis au cours d’une carrière qui a démarré, il y a plusieurs années déjà.

Quels conseils avez-vous à prodiguer aux jeunes journalistes qui veulent bien suivre votre exemple ?

Aux jeunes qui veulent emboîter mes pas, il leur faudra être persévérants et avoir de la passion pour le métier qu’ils exercent. On ne devient pas un grand journaliste sportif sans chercher à couvrir les grands évènements sportifs. C’est de cela qu’il s’agit. Ceux qui veulent vraiment évoluer, doivent aller à l’école des aînés et respecter le b.a.-ba du métier.

En tant que directeur de la Communication de la Fédération béninoise de football et parlant de prestations, comment avez-vous trouvé celles des journalistes béninois présents en Egypte pour la couverture médiatique de la Can ?

Prochainement, il va falloir mieux organiser le voyage des journalistes sportifs au Bénin. Ici, chacun d’eux a essayé de faire de son mieux pour relayer les informations en direction du pays. Chacun de nous exerce le métier à sa manière. On ne peut pas interdire à un journaliste de dire ce qu’il pense, pourvu que ce dernier respecte les règles de déontologie qui régissent le métier. Les confrères présents à cette compétition ont certainement appris beaucoup de choses qu’ils ne connaissaient pas avant. Je remercie le gouvernement pour les avoir aidés à effectuer ce déplacement. Ce n’était pas évident, car ce ne sont pas tous les pays qui le font.

Commencée depuis le 21 juin dernier, la compétition a abordé depuis hier, sa dernière ligne droite avec ses matches de demi-finale. Comment est-ce que vous trouvez son niveau ?

Jusqu’à cette étape de la compétition, nous avons eu droit à des matches de très bon niveau. Il y a eu un nivellement des valeurs. Par leurs prestations, des pays considérés hier comme des petites nations de football ont agréablement surpris. Vous conviendrez avec moi, que le Bénin et ses Ecureuils forceront désormais le respect sur le continent africain. Ils ont réussi vaille que vaille à se tirer d’affaire. Atteindre le stade des quarts de finale, ils l’ont fait en affrontant de très gros morceaux. Avec les
Baréa de Madagascar qui étaient pourtant à leur première participation à une phase finale de la Can, les Ecureuils du Bénin ont essayé de bousculer la hiérarchie. C’est vrai que dans une compétition, tout peut arriver. Et, c’est ce à quoi nous assistons à Egypte 2019, depuis le début de la compétition. Si ce ne sont pas les errements de quelques arbitres que nous ne pouvons que déplorer, c’est la satisfaction totale. Mais avec l’entrée en jeu du Var, nous espérons voir leurs prestations s’améliorer.

Société 15 juil. 2019


Pour plus de performance: La carte diplomatique du Bénin à nouveau réaménagée

Par Josué F. MEHOUENOU

Le gouvernement béninois procède depuis peu, à un nouveau réaménagement de sa carte diplomatique. Une  option diversement appréciée et vue par certains comme une rupture de relations diplomatiques. Mais dans les faits, il n’en est rien.
Ce n’est pas la première fois sous l’ère du régime de la Rupture que le Bénin refond sa carte diplomatique, supprime certains postes, renforce d'autres, dans une logique de rationalisation et pour plus de performance. Si au premier essai, l’exercice a été réussi et même apprécié par la diaspora béninoise qui s’est sentie plus proche de ses porte-voix, le dernier réaménagement en date laisse place à quelques interrogations.

En effet, des voix se sont fait entendre, condamnant l’ambition du gouvernement béninois de procéder à nouveau à la suppression de certaines de ses ambassades et représentations diplomatiques. Elles y voient une « rupture de relations diplomatiques » avec les pays concernés. « Cela rentre dans le cadre, non d’une rupture de relations diplomatiques, mais plutôt du réaménagement de la carte diplomatique de notre pays. Les relations entre notre pays et ceux concernés par la mesure demeurent donc », répond un document diplomatique auquel notre rédaction a eu accès et précisant qu’« une ambassade, un consulat général n’étant que la manifestation physique de ces relations ».
Plus explicite sur certains cas, le document suscité apporte des précisions dans l’optique de faire taire des rumeurs plutôt nuisibles à la diplomatie béninoise et entretenues, semble-t-il, par certains de ses acteurs qui supportent difficilement d’avoir perdu des avantages faramineux liés à des postes plus fictifs que bénéfiques pour le pays. Ainsi, par exemple, apprend-on que relativement « à l’ambassade du Bénin à Ottawa (Canada), la représentation à New-York, l’Ambassade du Bénin à Washington peut bien avoir vocation, dans le souci de rationalité, à s’occuper de leurs prérogatives ». Il faut y voir, recherche d’efficacité, pertinence, ajustement de la présence du Bénin dans le monde avec moins de moyens et plus de résultats. Partout où le besoin se fera sentir, assure-t-on, on jouera avec les moyens, « en mutualisant là où il faut le faire, en réduisant la taille du personnel là où cela est nécessaire puis en fermant momentanément là où cela est indiqué de le faire » et dans le même temps, procéder où le besoin se fait sentir à un renforcement.
« Quand on évoque le Vatican par exemple, l’ambassade du Bénin à Rome peut raisonnablement remplir la fonction comme d’autres pays le font déjà », souligne le document.
Le Bénin n’innove en tout cas pas en la matière. Bien d’autres pays ont déjà expérimenté, avec succès, le réaménagement de leurs cartes diplomatiques sans pourtant perdre en termes de relations avec d’autres pays ou sombrer, diplomatiquement parlant. « Il est à noter aussi que les fermetures interviendront suite à des démarches explicatives qui auront permis de partager les motivations du Bénin avec ses partenaires », précisent par ailleurs nos sources qui n’excluent pas une réouverture d’un poste diplomatique dans tel ou tel pays « si les conditions objectives sont remplies ».

Actualités 12 juil. 2019


Participation du Benin à la Can Egypte 2019: Le sentiment du devoir accompli

Par Maurille GNASSOUNOU depuis Ismaïlia

L’heure est désormais au bilan, chez les Ecureuils du Bénin. En parvenant jusqu’au stade des quarts de finale de la compétition, ils ont réussi leur Can. C’est à juste titre que leur retour au pays est très attendu afin que les honneurs dus à l’exploit qu’ils ont réalisé, leur soient rendus.

De leurs quatre participations à une phase finale de la Can, celle effectuée à Egypte 2019 reste la seule réussie pour les Ecureuils du Bénin. De 24 sélections nationales qu’elles étaient au départ, ils se sont retrouvés parmi les 8 meilleures du continent. Sessègnon et ses coéquipiers auraient pu accéder au carré d’as, mais les Lions de la Teranga du Sénégal en ont décidé autrement. Ils n’ont pas à rougir de leur parcours.
A l’arrivée, le Bénin s’est contenté de 3 matches nuls contre le Ghana (2-2), la Guinée-Bissau (0-0) et le Cameroun (0-0) en phase de poules. En huitième de finale, il a pris le dessus sur le Maroc (1-1, 4-2 tab), avant de s’incliner (1-0), face au Sénégal, au cours de son match de quart de finale. Soit un total de 4 buts encaissés contre 3 inscrits. C’est pour la première fois, dans l’histoire de son football, qu’il accède aux huitièmes puis aux quarts de finale. Si ce n’est pas le seul match nul qu’il a enregistré lors d’Angola 2010, le Bénin n’a jamais remporté jusque-là un seul match en phase finale de la Can.
Il y a donc de quoi être fier de Michel Dussuyer et de ses poulains. Leur parcours aura tout simplement été fabuleux. Les Ecureuils n’ont pas déçu la confiance placée en eux, au moment où ils se faisaient remettre le drapeau national par le ministre Oswald Homeky, avant leur départ de Cotonou. Ils ont vaillamment défendu les couleurs nationales.
« Ce fut une belle Can parce qu’on ne s’attendait pas à s’arrêter à ce niveau, mais on a quand même pu montrer beaucoup de valeurs. Maintenant, on peut rentrer la tête haute parce qu’on peut être fier de ce qu’on a fait et c’est le plus important », soutient Stéphane Sessègnon. « Malgré notre élimination, nous sommes satisfaits de notre participation. Je tiens à féliciter mes joueurs pour ce parcours, surtout que nous avançons bien avec ce groupe. Nous sommes déçus mais nous devons garder la tête haute. Le tournoi nous a permis de franchir un nouveau palier et mes poulains ont rendu fiers les Béninois grâce à leurs résultats dans le tournoi », a de son côté indiqué Michel Dussuyer.
En effet, c’est avec le sentiment d’avoir bien accompli la mission à eux confiée, que Stéphane Sességnon et ses coéquipiers rallieront ce jour, vendredi 12 juillet, Cotonou. Ils pouvaient bien poursuivre l’aventure, si entre temps, ils n’avaient pas été obligés de payer le prix des efforts consentis, en enchaînant  quatre matches successifs dont un, notamment celui des huitièmes, avec les prolongations. Grâce à leurs différentes prestations, c’est un autre regard que la communauté internationale portera désormais sur le football béninois. Il s’agit de celui du respect et de la considération. D’ores et déjà, tous les observateurs avertis sont unanimes sur le fait que le football béninois a beaucoup progressé au point de défier aujourd’hui les géants du continent africain.
Seulement, c’est maintenant que commence le plus difficile. Il va falloir maintenir et entretenir les espoirs entrevus. C’est vrai, certains cadres de l’équipe à l’image du capitaine Stéphane Sessègnon, du gardien de but Fabien Farnolle, de l’attaquant Mickaël Poté et dans une certaine mesure le défenseur Junior Salomon, vont devoir prendre leur retraite internationale. Il y a longtemps qu’ils roulent leur bosse en sélection. Le moment est donc venu pour apporter du sang neuf à la sélection. A ce niveau, ce ne sont pas les talents qui manquent au sein des clubs animant le championnat national.
Toutefois, il est à craindre que Michel Dussuyer, estimant qu’il a déjà accompli sa mission à la tête de la sélection nationale, décide d’aller tenter une autre aventure ailleurs, s’il recevait une proposition plus intéressante. En attendant d’être fixé sur son avenir aux côtés des Ecureuils, il est impérieux de doter enfin le football béninois d’une direction technique nationale.

Société 12 juil. 2019


Professeur Djidjoho Joseph Hounhouigan: Un monument de la recherche agricole au service du développement

Enseignant chercheur en sciences et technologies alimentaires, professeur Djidjoho Joseph Hounhouigan totalise, à ce jour, plus de trente-quatre années d’expérience dans l’enseignement, la recherche et l’appui au développement. Son riche parcours et son activisme en matière de recherche et développement de produits agroalimentaires, font de lui, un incontournable dans son domaine et un exemple pour les jeunes.D’ailleurs, un prix lui a été décerné le 2 juin dernier par les acteurs du secteur agricole.

« Lorsqu’après tant d’années dans la recherche, le développement et la formation (…), des acteurs prennent,eux-mêmes, l’initiative de vous distinguer (…), c’est un sentiment de profonde satisfaction avec beaucoup d’humilité et de gratitude envers tous ceux m’ont permis d’arriver à ce stade de mon parcours… ». Cette déclaration du professeur Djidjoho Joseph Hounhouigan, enseignant chercheur à la Faculté des sciences agronomiques (Fsa) de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), rencontré à son bureau à l’Uac, rappelle bien la cérémonie de distinction organisée en son honneur (il y avait aussi un autre chercheur), le 2 juin dernier à Cotonou. L’initiative porte la marque des acteurs du secteur agricole du Bénin, de l’Afrique et du monde. Ceci, pour saluer la qualité et l’importance des travaux de recherche agricole du Pr Djidjoho Joseph Hounhouigan pour le développement. L’enseignant chercheur qui n’a pas hésité à tout narrer sur sa vie, est à lui seul, une bibliothèque dans son domaine d’intervention.
Né peu avant le soleil des indépendances en Afrique noire francophone (à l’Ouest notamment), Pr Djidjoho Joseph Hounhouigan est fils de pêcheur-agriculteur. Sa mère s’investissait dans des activités multiples de transformation notamment le fumage de poissons de table et la fabrication d’huile de coco. Lui qui n’a pas eu la chance de connaître son géniteur, a vécu de très près l’expérience de "maman" durant toute son enfance. C’est donc de là qu’il tire sa passion pour l’agriculture et la transformation des produits agricoles.
Docteur en 1994, il a brillamment accédé au grade de professeur titulaire en 2006.Son expertise couvre l’évaluation de la technologie et de la qualité des produits agroalimentaires; le développement de produits de convenance à partir des denrées et savoir-faire locaux, notamment les céréales, les racines et tubercules, les fruits, etc. Au nombre des produits de convenance qu’il a mis au point avec son équipe, figurent le aklui en granulés, le mawè séché, le yèkè-yèkè séché (couscous de maïs), le wassa-wassa séché, le afitin séché, le dadonou (cocktail de condiments à base de soja), le lanhouin en poudre et en cube, le gowé de sorgho en farine, pour ne citer que ceux-là. Son équipe a également mis au point des jus et nectars stabilisés de plusieurs fruits à savoir : l’ananas, la mangue, la goyave, le tamarin,le gingembre, le baobab. Bref, la liste est longue.
Au niveau institutionnel, Pr Djidjoho Joseph Hounhouigan a, entre autres, dirigé le département de nutrition et sciences alimentaires à la Fsa pendant treize ans, il a passé douze ans à la tête de la Formation internationale en nutrition et sciences alimentaires (Finsa), et six ans au poste de doyen de la Fsa. Il est aussi membre ou ancien membre, selon le cas, de plusieurs conseils d’administration de structures nationales et internationales dont l’Institut national de recherches agricoles du Bénin (Inrab, 2013-2015). Pr Djidjoho Joseph Hounhouigan est également membre de plus d’une douzaine de conseils scientifique et technique de plusieurs institutions au Bénin, en Afrique et dans le monde. Côté formation, il a supervisé à ce jour, au moins une trentaine de travaux d’ingénieurs,une quarantaine de travaux de master, trente Dea (diplôme d’études approfondies) et vingt travaux de doctorat. L’ancien doyen de la Fsa a, à son actif, plus de deux cents publications scientifiques en anglais comme en français.Ce qui n’étonne pas, vu son parcours: impressionnant. Il est fait chevalier de l’ordre national du Bénin en 2008 et chevalier de l’ordre international des Palmes académiques (Oipa) du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames).

Pr Mathurin Coffi Nago comme coach

A côté de sa passion pour l’agriculture, l’ancien doyen de la Fsa est tombé sous le charme de la recherche grâce à l’un de ses professeurs. En effet, quand il s’était agi, pour lui, de choisir une filière d’études après son baccalauréat, Pr Djidjoho J. Hounhouigan a naturellement opté pour le domaine de prédilection de ses parents, qui est aussi devenu le sien.Mais « une fois dans l’agriculture à l’université, il fallait choisir une spécialité, et j’ai eu la chance de croiser le Pr Mathurin Coffi Nago sur mon chemin… », déclare-t-il, avec un large sourire (l’histoire du Pr Nago renseigne qu’il est un dur à cuire dans le domaine). A en croire l’ex-doyen, c’est le Pr Mathurin Coffi Nago qui l’a «coaché » durant tout son cycle de formation. Et tout d’un coup, un travail de dépouillement que ce dernier lui a confié, va davantage déterminer son choix définitif, du moins, le conforter dans sa position, son envie de s’investir dans la recherche.
«Il m’a demandé, avec un autre collègue, de faire le dépouillement d’un recensement que des gens avaient effectué au sujet des technologies traditionnelles sur une grande partie du territoire national. Et il m’a aussi dit de faire le rapport à la fin… Quand j’ai lu et découvert la diversité des produits agricoles et ensuite la diversité des formes de transformation et de consommation ça a tourné ma tête ! Et j’ai dit : je m’engage dans la recherche…», raconte-t-il. Son professeur qui, justement, souhaitait qu’il s’engage dans la recherche, devrait, par la suite,se rendre en Ethiopie pour présenter le rapport des travaux de dépouillement qu’il a rédigé suite au recensement des technologies traditionnelles. Mais Mathurin Coffi Nago, par surprise,lui a demandé d’aller présenter ledit rapport à sa place, à Addis-Abeba. « C’était en 85. Donc je suis parti. Cela portait sur l’agriculture urbaine qui concerne en partie, le travail de dépouillement que j’ai effectué. Et ça m’a lancé ! ». Jusqu’aujourd’hui, poursuit Pr Djidjoho Joseph Hounhouigan, «ce rapport d’étude que je suis allé présenter est le soubassement de mes travaux… ».

De la recherche à la politique, comme Nago ?

Actuellement, l’enseignant chercheur travaille sur au moins une demi-douzaine de travaux de recherche, et il compte poursuivre sur cette lancée jusqu’à sa retraite. Surtout, avec le prix qui lui a été décerné le 2 juin dernier qui,à son avis, est « une incitation à mieux faire, à donner l’exemple aux jeunes et à les conduire ». Et parlant de la jeune génération, il dit avoir formé des chercheurs très talentueux qui, aujourd’hui, peuvent valablement assurer la relève en matière de sciences et technologies alimentaires. Il rassure que ses collègues professeurs, spécialisés dans divers domaines, en ont formé également.
En dehors du Pr Mathurin Coffi Nago qui l’a beaucoup coaché, il adresse toute sa gratitude à ses autres collègues, son épouse, ses enfants et d’autres proches à lui, qui lui ont pas marchandé leur soutien à son égard.
A la Fsa, Pr Djidjoho Joseph Hounhouigan est aussi entouré d’hommes politiques tels que son coach et l’ex-député Noël Akissoé qui a occupé plusieurs postes de responsabilité dont celui de chef département à la Fsa au moment où Djidjoho Joseph Hounhouigan, était doyen. Curieusement, l’ex-doyen n’a jamais goûté à la chose politique.N’a-t-il pas des visées politiques ? Lui a-t-on déjà proposé des postes politiques ou d’être candidat à une élection, par le passé ? Quand on lui pose la question, il répond par la négative. « Ah non ! Je n’ai pas d’ambitions politiques. Pas du tout !Et ce n’est pas faute qu’on ait essayé sur ma personne… ». Autrement dit, l’homme se plait bien dans son rôle actuel.

Education 12 juil. 2019


Conservation et promotion des légumes traditionnels au Bénin: « Une nécessité de plus en plus croissante », dixit Dr Sognigbé N’Danikou

Par Ariel GBAGUIDI (Stag.)

Êtes-vous consommateur des légumes traditionnels ? Si oui, vous ferez mieux de les promouvoir car, la biodiversité de ces espèces considérées comme des réservoirs naturels de vitamines, de sels minéraux et de fibres, s’éteint à petit feu. Dr Sognigbé N’Danikou, expert en conservation et utilisation durable des légumes traditionnels à World vegetable center, explique ce phénomène et parle des techniques et outils modernes développés par les chercheurs pour conserver et promouvoir ces types de légumes.

La Nation : De plus en plus, des voix s’élèvent pour appeler à l’amélioration de la conservation et la promotion des légumes traditionnels (Lts). Qu’est-ce qui justifie autant cette nécessité de conserver et promouvoir la consommation de ces légumes ?

Dr Sognigbé N’Danikou : La nécessité de promouvoir les légumes traditionnels est de plus en plus croissante à cause d’un certain nombre de raisons. La première, c’est que les légumes traditionnels sont les meilleures sources de vitamines, de fibres alimentaires et de sels minéraux qui sont nécessaires pour une bonne alimentation. La deuxième chose, c’est que ces légumes procurent de revenus pour les ménages ruraux et urbains. La troisième chose, c’est qu’ils constituent une source d’emploi notamment pour la jeunesse qui représente une grande proportion des populations africaines et du monde.
Au-delà de tout ça, il y a un certain nombre de menaces qui militent en faveur de la conservation. Par exemple, les politiques agricoles des différents pays qui sont en faveur d’une poignée d’espèces que nous appelons les denrées de base (maïs, blé, riz, etc.). Ce qui fait que les autres espèces sont négligées. Et ce grand groupe de légumes traditionnels fait partie des espèces négligées qui ne bénéficient pas de l’attention qu’il faut. A côté du manque de financement de la recherche, il y a également les politiques nationales, notamment en matière de production de semences, qui ne favorisent pas la distribution des semences de ces espèces. La preuve, c’est que la plupart des légumes traditionnels ne sont pas inscrits sur les catalogues nationaux afin de favoriser la production et la commercialisation de leurs semences légales. Tout cela fait qu’il est nécessaire de conserver et promouvoir l’utilisation des légumes traditionnels.

Des chercheurs alertent sur le fait que ces légumes sont en voie de disparition. N’est-ce pas là une autre menace et qu’est-ce qui justifie cela ?

Oui ! Des études menées au plan national par plusieurs équipes de recherche ont prouvé qu’il y a beaucoup d’espèces en voie de disparition. On peut citer par exemple le Yantoto (Launaeataraxacifolia de son nom scientifique) qui depuis dix ans, a été identifié comme une espèce en voie de disparition. Nous avons aussi le Fontin (Vitex doniana), une espèce sur laquelle j’ai travaillé et qui est aussi très menacée parce que, les pieds qui sont récoltés sont des pieds qui se retrouvent dans la nature. Donc, la pression anthropique fait que ces espèces sont en train de disparaître.

Au regard de ces menaces, le Bénin a mis en place un plan stratégique de conservation et de promotion des légumes traditionnels. Que préconise exactement le document en cette matière ?

En fait, il s’agit du plan national de développement de la filière maraîchère mis en place par le gouvernement. C’est un plan qui est en ligne avec le Programme d’action du gouvernement (2016-2021). Et, l’un des objectifs de ce plan est d’augmenter la production des cultures maraîchères de 25% ; les cultures maraîchères aussi bien de grande consommation que les légumes traditionnels. Il y a également un projet dédié à la promotion du sous-secteur maraîchage, développé par le gouvernement, qui porte sur l’amélioration des systèmes de production, de conservation et de transformation des cultures maraîchères au Bénin. Dans ce projet, une belle part a été réservée aux légumes traditionnels. Par exemple, dans son activité 2.14, il est indiqué que la recherche doit poursuivre les essais de domestication notamment des espèces négligées afin d’accroître la disponibilité de ces légumes et leur utilisation par les populations.

Au Bénin, quel est l’apport des chercheurs en matière de conservation et de promotion des Lts ?

A l’issue de différentes études, il s’est révélé qu’il y a une grande diversité de légumes traditionnels qui sont utilisés par les populations béninoises. Mais également, leur utilisation à grande échelle était entravée par un certain nombre de contraintes d’ordre technique et en termes d’accès au marché. Les contraintes d’ordre technique sont par exemple, la disponibilité des semences de qualité qui posait un problème. Une autre contrainte, c’est la non-maîtrise des itinéraires techniques de production. Le stockage post récolte est également une contrainte. Sur la base de plusieurs études, la recherche s’est focalisée sur les contraintes d’ordre technique afin d’accroitre la production de ces espèces. Donc, différentes équipes travaillent sur les légumes traditionnels au niveau des Universités d’Abomey-Calavi, de Parakou et d’Abomey mais également au niveau de l’Institut national de recherche agricole du Bénin (Inrab). C’est dans ce cadre que nous avons effectué un certain nombre de publications qui sont le résultat de nos différents travaux de recherches qui portent sur la gestion des semences. Comment lever la dormance au niveau des semences ? Comment produire la pépinière de ces espèces ? et comment les cultiver pour la commercialisation ? En dehors de cela, nous avons aussi développé des techniques de production de semences pour un certain nombre d’espèces et nous avons formé les producteurs sur comment produire les semences.
Et ce n’est pas tout. Nous sommes allés plus loin pour un certain nombre de semences. Par exemple, au niveau de Vitex doniana, sur laquelle j’ai fait ma thèse, on a développé ce qu’on appelle les bases biologiques et socioéconomiques pour la domestication de l’espèce. Donc, aujourd’hui nous maîtrisons l’itinéraire technique de production du Fonman. On peut produire cette espèce en jardin de case et les informations techniques sont disponibles et ouvertes aux acteurs. Nous avons également travaillé en collaboration avec les différentes structures de législation au niveau des semences et il y a un certain lobbying qui est en cours afin de faciliter la production de semences et leur certification pour pouvoir garantir la disponibilité de semences de qualité au profit des producteurs. Je vais aussi ajouter qu’il y a eu les travaux effectués par nos collègues en nutrition qui ont analysé la composition nutritionnelle d’un certain nombre d’espèces. Différents travaux de master et de doctorat ont été conduits pour démontrer la qualité nutritionnelle d’un certain nombre d’espèces. Donc, on connait aujourd’hui la qualité de ces légumes et les informations sont disponibles pour que leur promotion soit assurée.

Il y a sans doute des stratégies endogènes de conservation et d’utilisation des Lts?

Nous avons par exemple les jardins de case. C’est une méthode qui a été développée par nos grands-parents. Donc, ils cultivent les espèces importantes pour leur alimentation, celle de leur ménage. Parfois, ils font un mélange avec les espèces qu’ils utilisent dans la médecine traditionnelle. Ils étudient comment faire germer la semence de ces cultures, comment les récolter et comment faire des amendements pour pouvoir assurer la disponibilité de ces espèces à proximité.
Maintenant, la promotion a continué avec la recherche qui a instauré les jardins communautaires à une plus grande échelle où plusieurs personnes peuvent venir demander la semence ou demander à se faire former sur les pratiques culturales de ces espèces-là parce que ce ne sont pas des cultures de grandes productions. Donc on a besoin des expérimentations afin de pouvoir maîtriser leurs productions.

La recherche est-elle allée plus loin en matière de conservation ?

Il y a les banques de gènes qui ont été développées pour sauvegarder le patrimoine semencier traditionnel. Même si nous faisons des travaux d’amélioration, le patrimoine de départ, c’est-à-dire la semence originelle du paysan est toujours conservée pour qu’en cas de catastrophe, l’on puisse faire recours au matériel de départ pour une reconstitution. En terme technique, on parle d’érosion génétique. Donc, nous évitons les érosions génétiques par la sélection. Avec les populations, nous travaillons à mettre en place des dispositifs de conservation au champ. Dans ce dispositif, on forme les agriculteurs sur comment maintenir et entretenir la diversité au niveau des exploitations agricoles pour éviter l’érosion génétique.

Comment fonctionne ce dispositif, de façon concrète ?

Il y a plusieurs méthodes qui existent et qui s’emploient en fonction du comportement de la semence de l’espèce. Il y a des semences que nous qualifions de récalcitrant, qui ne peuvent pas être conservées pendant longtemps en chambre froide. Pour ces espèces, nous sommes obligés de les conserver sous forme rétractive. Je prends par exemple le manioc que nous ne pouvons pas conserver en chambre froide, on ne peut que le conserver au champ, continuer à cultiver le manioc. Il y a des espèces comme le taro, que nous ne pouvons pas également conserver en chambre froide et c’est au champ que cela se fait. Maintenant, pour les espèces dont les semences peuvent être séchées, nous les séchons et la conservation se fait en chambre froide.
Mais au niveau des agriculteurs, on a développé des systèmes qu’on appelle les banques communautaires de semences. C’est une amélioration des méthodes de nos grands-parents qui conservent les semences attachées quelque part dans les greniers, au niveau des plafonds de leurs cuisines de sorte que la semence bénéficie de la chaleur, de la fumée pour chasser les insectes. Donc, nous avons amélioré ce système en mettant à leur disposition les banques communautaires de semences. Ainsi, dans la communauté, chacun peut amener une petite quantité de semence qu’on met en conservation dans les banques communautaires.
Mais également, on associe des parcelles de multiplication de sorte que lorsqu’on voit que la semence veut commencer par se détériorer, on la fait germer, on récolte à nouveau et on met en conservation. C’est ça qui permet de garantir la disponibilité et de sauvegarder le patrimoine semencier du paysan. Donc, ceci vient compléter la conservation qui est faite au niveau du centre avec les banques de gènes.

Au niveau des banques de gènes, vous utilisez des installations frigorifiques. N’y a-t-il pas des difficultés liées à la conservation ?

Je dois dire que le Bénin est très en retard en matière de conservation. Les infrastructures de conservation doivent être améliorées.
Pour le moment, nous avons recours aux infrastructures des centres internationaux de recherche comme World vetegable centre au niveau duquel le Bénin a dupliqué ses conservations.
Que faut-il faire alors pour corriger le tir ?

Il faut une décision politique pour faire fonctionner les banques de gènes. Nous en avons par exemple à Niaouli. Et pour faire fonctionner les banques de gènes, il faut que l’énergie électrique soit disponible sans interruption afin de garantir l’intégrité génétique du matériel qui est conservé parce que les coupures intempestives de courant conduit à la détérioration des semences qui sont en conservation. Voilà un domaine dans lequel l’Etat doit vraiment s’investir parce qu’il s’agit de la souveraineté alimentaire ; et là il faudrait qu’il prenne des dispositions pour garantir la disponibilité du matériel de plantation pour les agriculteurs mais aussi pour les chercheurs afin que la recherche puisse continuer et pour que nous pussions développer les variétés et mettre leurs semences à la disposition des paysans.

Qu’en est-il de la disponibilité des semences ?

La disponibilité des semences des légumes traditionnels est un grand défi pour les communautés rurales parce que la recherche s’y intéresse très peu, et cela ne favorise pas la production à grande échelle des espèces. C’est pourquoi World vegetable center, dans sa stratégie, travaille beaucoup sur le système semencier des légumes traditionnels. Dans son dispositif, il y a les banques de gènes qui sont développées pour collecter, caractériser et conserver les semences. Ensuite, il conduit les travaux de sélection et d’amélioration variétale afin de développer des lignées pures : ce ne sont pas des hybrides mais un apurement des conservations que nous allons collecter au niveau des différentes localités pour qu’il n’y ait pas des mélanges lorsqu’on va mettre les semences à la disposition des paysans. Et maintenant, ces semences sont rendues disponibles pour les différents utilisateurs, aussi bien les organisations d’agriculteurs, les centres nationaux de recherches agricoles, les universités, les centres internationaux de recherche et les compagnies semencières. Donc, aussi bien en Afrique de l’Est qu’en Afrique de l’Ouest, il existe différentes infrastructures de conservation (banques de gènes) au niveau desquelles les divers utilisateurs peuvent avoir accès aux semences de qualité.
Nous organisons des formations à l’endroit des agriculteurs sur comment produire les différentes espèces de leur choix mais également sur les jardins de case. Comment faire les différentes combinaisons pour avoir une diversité de légumes traditionnels afin de satisfaire les besoins nutritionnels des couches vulnérables, c’est-à-dire les enfants de 0 à 5 ans qui ont un besoin nutritionnel spécifique mais également les femmes en âge de procréer puisque les capacités cohésives des enfants qui vont naître dépendent de l’alimentation de la mère. Donc, nous travaillons également dans ce sens avec les communautés locales pour qu’elles sachent les combinaisons à faire au niveau des jardins de case pour avoir une alimentation équilibrée.

Votre mot de la fin

Je voudrais exhorter chacun, à son niveau, à faire de la culture de légumes traditionnels ; même dans un petit pot à la maison, vous pouvez faire de la culture de légumes pour qu’ils soient à portée pour la consommation. Et lorsque vous avez un petit lopin de terre, vous pouvez faire un petit jardin de case pour avoir les légumes bio pour la consommation. Donc, j’exhorte les populations à se rapprocher des différents centres de recherche, notamment World vegetable center of Benin, pour se procurer des semences. Même avec les petits pots installés à la maison, vous pouvez avoir une bonne alimentation. Les populations doivent consommer beaucoup plus les légumes traditionnels parce que ce sont les meilleures sources de vitamines, de sels minéraux et de fibres. Ce sont des légumes dont les coûts sont moins chers, donc à la portée de tous.   
Je voudrais aussi lancer un appel aux décideurs politiques et aux partenaires financiers de la recherche agricole, à soutenir la promotion des légumes traditionnels afin d’aider à combattre la malnutrition qui sévit au niveau de nos différents pays et réduire également les budgets des Etats qui servent à combattre ce fléau.

Société 12 juil. 2019


Revue du Plan de travail annuel (2e trimestre): Les cadres du ministère de l’Energie s’auto-évaluent

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE

Réunis, hier jeudi 11 juillet, à l’Infosec, les agents du ministère de l'Energie ont procédé à la revue, au 30 juin, de leur Plan de travail annuel gestion 2019. Cet exercice traditionnel, qui marque la fin du premier semestre de l’année, s’est déroulé sous la houlette du ministre de l'Energie, Dona Jean-Claude Houssou.

Au 30 juin de cette année, le ministère de l’Energie peut se réjouir d’avoir enregistré d’importantes réalisations notamment la sécurisation de l’énergie pour l’économie à travers le paiement des frais de location des groupes et d’achat de carburant ; la poursuite de la réalisation des infrastructures socio-communautaires (salles de classe, commissariats pose de poteaux électriques…) au profit des populations de Houèto ; la réalisation des travaux de génie civil dans le cadre de la construction des infrastructures de sécurité du site des centrales puis la réception en usine, du 28 mai au 1er juin dernier, des 75 mille compteurs électroniques à prépaiement de type Sts au profit de la Sbee… Mais ces résultats traduisent une exécution physique du Plan de travail annuel de 32,23% et restent insuffisants par rapport à la prévision moyenne qui est de 56,85%. Comparé toutefois à l’exercice de l’année dernière, le taux d’exécution du Pta du ministère de l’Energie est dans la même fourchette. De plus, le ministère a doublé sa performance lors du deuxième trimestre de cette année, en référence aux résultats de la revue du premier trimestre. Pour ce qui est de l'exécution des marchés publics au 30 juin, au total 34 marchés ont été passés soit un taux de 43,51%. Les marchés dont le processus de passation est en cours sont de l'ordre de 20% et les marchés non lancés sont évalués à 32%. En perspective, le ministère de l’Energie entend atteindre les 85% d'ici la fin du troisième trimestre de l’année. C’est ce qu’il y a lieu de retenir des grandes tendances dans l’exécution du Plan de travail annuel du ministère de l’Energie à la date du 30 juin.

Plus d’engagement !

Pour le ministre de l’Energie, Dona Jean-Claude Houssou, les réalisations sont notables, surtout au regard de leurs impacts sur les populations. Il n’a pas manqué d’insister sur les retombées socioéconomiques, pour les populations riveraines et pour le Bénin entier, de la centrale de Maria-Gléta construite plus tôt que prévu. Néanmoins, il a déploré le retard global dans l’exécution du Pta par rapport aux prévisions.
A en croire le directeur de la Programmation et de la Prospective, Herman Zimé, les performances auraient pu être améliorées avec le démarrage de certains projets, en l’occurrence les projets Pagipg ; la formalisation de certaines prestations à travers une signature de contrat, la célérité dans le processus de levée des fonds de concours et de passation des marchés sur ressources extérieures, la mise en application des lettres de mission pour les structures sous tutelle. « Je note deux choses. En premier, il y a un besoin de clarification systématique, un besoin d'information. Ce besoin ne doit pas attendre les revues pour être satisfait. Deuxième point, il y a de la non-réactivité par rapport aux demandes qui sont faites », signale-t-il. C’est pourquoi le ministre de l’Energie a invité les cadres, chacun en ce qui le concerne, à plus d’engagement pour que les écarts soient comblés... « La dynamique est bonne. C'est une bonne chose que je salue. Mais nous devons rester proactifs », exhorte-t-il.

Actualités 12 juil. 2019


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