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Le Projet d’appui à l’autonomisation économique des femmes mareyeuses d’Ifangni (Paaefmi) a été lancé ce mercredi 26 juin, avec pour ambition de promouvoir une technologie plus améliorée de fumage de poissons dans cette commune. Il est piloté par l’Association pour la promotion animale et des initiatives de fermes (Aspaif-Ong) et entend impacter à terme 180 femmes mareyeuses.
Adieu les techniques traditionnelles de fumage de poissons à Ifangni ! C’est du moins, l’espoir qui se dégage avec le lancement, ce mercredi 26 juin, du Projet d’appui à l’autonomisation économique des femmes mareyeuses d’Ifangni (Paaefmi) . Il vise à promouvoir désormais une technique plus améliorée de fumage de poissons. Cette nouvelle technologie baptisée les Fours Ftt-Thiaroye est portée par le Paaefmi financé, pour un montant total de 52 616 800 F Cfa, par le programme Renforcement et participation de la Société civile (Repasoc) bénéficiant de l’appui financier de l’Union européenne et du gouvernement béninois.
Pour Gilbert Adinci, directeur exécutif de l’Aspaif-Ong qui met en œuvre le Paaefmi, ce projet entend appuyer les femmes mareyeuses d’Ifangni dans leurs techniques de fumage de poissons avec les Fours Ftt-Thiaroye. Lesquels sont très économiques et permettent de réaliser une production intensive en un temps record avec des produits de bonne qualité et hygiéniques. Mieux, poursuit-il, les fours Ftt-Thiaroye garantissent une protection contre contact avec le feu et l’inhalation de la fumée. Les produits issus de cette technique sont sans contaminant Hydrocarbure aromatique polycyclique (Hap) nuisible à la santé de la population, témoigne Gilbert Adinci.
De façon plus pratique, la technologie Ftt-Thiaroye permet de fumer, sur un seul foyer, une tonne de Claria communément appelé poisson chat en 8 h de temps contre 3 jours et 6 foyers par le passé, 1 tonne de produits congelés en 2 heures de temps contre 4 heures et 10 foyers à utiliser puis 1 tonne de crustacés en 2 heures de temps et 10 foyers auparavant, souligne le directeur exécutif de l’Aspaif-Ong. Cette technologie plus améliorée permet d’éliminer les Hap du poisson fumé, qui sont des contaminations cancérigènes pour l’organisme des consommateurs et protège les femmes contre le feu et la fumée. Le Paaefmi veut donc faire de cette révolution son cheval de bataille et entend contribuer substantiellement à l’amélioration des conditions de vie de 180 femmes mareyeuses des six arrondissements d’Ifangni d’ici 2020.
Le régisseur du Repasoc, Aristide Akandé, est revenu sur les conditions rigoureuses qui ont conduit à la sélection de ce projet parmi les 427 reçus et provenant des Osc dans le cadre de l’appel « à proposition de projets » lancé par son programme en 2018. Il félicite le directeur exécutif de l’Aspaif-ong, Gilbert Adinci, pour la pertinence et l’originalité du projet proposé visant à sortir les femmes mareyeuses de la précarité. Même témoignage de la part du professeur titulaire de Technologie alimentaire à la Faculté des Sciences agronomiques de l’Université d’Abomey-Calavi (Fsa/Uac), Victor Aniouvi. Le deuxième adjoint au maire d’Ifangni, Ulrich Alohoutadé et le secrétaire général de la préfecture de Pobè, Rodrigue Kotounou, au nom de leurs patrons respectifs, ont félicité Gilbert Adinci pour tout ce qu’il fait pour accompagner le développement d’Ifangni.

Producteur de riz depuis une trentaine d’années dans la commune de Grand-Popo, Komlan Assise Fiodendji alias Fiokas a également opté pour la production des semences depuis une quinzaine d’années, et récemment pour la transformation du riz. Il nous parle ici des difficultés au niveau de la filière riz confrontée essentiellement aux problèmes d’accompagnement technique, de financement et d’organisation des acteurs.
La Nation : Monsieur Komlan Assise Fiodendji, on vous a vu très actif dans les organisations paysannes, notamment celles des producteurs de riz. Mais depuis un certain temps, vous avez courbé l’échine. Qu’est-ce qui explique cela ?
Komlan Assise Fiodendji : J’ai été le fondateur du Conseil régional des riziculteurs du Mono-Couffo (Crr-Mc) et du Conseil de concertation des riziculteurs du Bénin (Ccr-B). J’ai milité pour l’interprofession mais depuis 2012, je ne suis plus dans aucune association. Les associations ont du mal à fonctionner. Les gens mettent en avant les noms de leurs femmes ou de leurs maris, de leurs enfants et autres parents pour avoir les financements de l’Etat et des projets. Je préfère souffrir seul que de me mettre dans des associations qui ne me rapportent pas grand-chose et me font perdre tout le temps. Je pense qu’il faut une meilleure organisation des acteurs de la filière, des semenciers aux transformateurs en passant par les producteurs.
Comment se porte actuellement le sous-secteur de production des semences dont vous faites partie des pionniers ?
Avec la crise de 2008, le gouvernement a suffisamment investi dans la filière riz. Nous avons créé des entreprises dans le cadre de la mise en place des semences. Ce que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) avait appuyé dans le temps. Nous avons fait des formations sur la production en général, la production des semences, la règlementation aux niveaux national et régional, la rentabilité, la gestion des exploitations agricoles.
Mais malheureusement, depuis un certain temps, les entreprises qui étaient constituées pour mettre en place les boutiques de vente de semences ne tournent plus vraiment. Chacun était appelé à confectionner son sac, mettre des semences à disposition des producteurs et mettre tout en œuvre dans le cadre de la certification. A l’avènement du gouvernement de la Rupture, il y a des réformes qui ont été engagées. On parle désormais d’Agences territoriales de développement agricole (Atda) avec des zones agro-écologiques qui sont définies. Pour le moment, on n’a plus tellement de visibilité en ce qui concerne le sous-secteur de production de semences.
Concrètement, quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans la production du riz ?
Nous sommes confrontés à deux ou trois problèmes majeurs. Le tout premier, c’est l’accompagnement technique qui fait défaut. Dans la zone du Mono, la production est extrêmement marginale, avec les guéguerres aussi entre les leaders des organisations paysannes. On ne sait même plus s’il y a d’encadrement depuis que les responsables communaux pour la promotion agricole (Rcpa) et autres techniciens spécialisés en production végétale (Tspv) ne sont plus actifs sur le terrain. Les producteurs sont abandonnés à leur sort. Il n’y a plus de gens pour sensibiliser, mobiliser les acteurs autour de la production du riz qui est difficile.
Voyez toutes les terres délaissées, les bas-fonds qui ne sont pas exploitées. Tant qu’on va faire de l’Agriculture, un secteur politique, cela ne va pas avancer. Dans les années 70, parlant de riz, quand on quitte Dévé (Mono), c’est Malanville, c’est Covè. Aujourd’hui, on dit que le Mono n’est plus un pôle, que le vrai pôle de production, c’est Malanville, c’est Glazoué, c’est le Plateau, etc. La production du riz est devenue une question politique. Cela fait que les aménagements qui sont nécessaires à faire, sont faits dans ces zones et pas dans le Mono ou le Couffo.
Vous constatez que beaucoup de producteurs ne respectent pas trop l’itinéraire post-récolte ; ce qui fait qu’à un moment donné, on a du paddy sale avec plein de pourritures. C’est aussi un défaut d’accompagnement technique.
Mais le plus gros problème, c’est l’accompagnement financier. Depuis plusieurs semaines, je cours derrière une institution de microfinance à Comè pour avoir un prêt. Je leur ai demandé de m’attendre 6 à 8 mois avant que je ne commence à payer, le temps que je finisse de produire et de commencer à transformer. S’ils sont d’accord, j’aurai le crédit. J’attends encore alors que je suis en retard pour le semis.Le taux est élevé, mais on est contraint : c’est 12 %. Avant, des structures de financement proposaient même jusqu’à un taux de 24 %, à prendre ou à laisser. Il faut un financement adapté au secteur agricole. D’où la nécessité d’une banque agricole ou d’une caisse nationale agricole. J’ai appris qu’il y a un Fonds national de développement agricole (Fnda). Vivement que ses activités touchent les vrais acteurs !
Autre chose, les machines que nous avons, ne sont pas toujours adaptées et tombent régulièrement en panne. On ne trouve même pas facilement les pièces de rechange. Pour cela, il faut que l’Etat continue avec les exonérations sur les machines agricoles. Il y a de l’avenir dans le riz si l’Etat élargit le financement au niveau de la filière.
Vous êtes également transformateur. Que se passe-t-il à ce niveau ?
Au niveau du sous-secteur transformation, il y a un léger bond, une certaine amélioration. Le premier progrès, c’est qu’il y a des machines améliorées pour la transformation. Avec l’arrivée du Projet d’appui à la filière riz du Bénin (Pafiriz) en 2014-2015, j’ai pu bénéficier d’une machine, l’une des meilleures dans le Mono, même si, faute d’électricité en son temps, je n’ai travaillé véritablement qu’en 2018. Si je n’étais que transformateur, je n’allais pas vivre. Cela fait que je vis plus de la production. J’ai une quinzaine d’hectares que j’exploite moi-même. Je fais du riz, du maïs et du manioc.
Deuxième chose, les Béninois ont commencé à accepter le riz local. Comme moi, beaucoup font de l’IR 841 avec un rendement de l’ordre de 4 à 5 tonnes à l’hectare. La fibre est très bonne. C’est du riz effilé qui a un parfum naturel et ça n’a rien à envier au riz importé. Avant, on disait que le riz local a trop de cailloux, trop de brisures. Il y a un travail qui est fait au niveau des transformateurs qui sont de plus en plus bien équipés : certains ont la calibreuse optique, la trieuse et des emballages attrayants. Aujourd’hui, le riz béninois n’a rien à envier au riz importé. Je crois que c’est un secteur qui doit être suffisamment subventionné, surtout que le riz devient le deuxième aliment le plus consommé après le maïs.
Est-ce plus rentable pour le producteur de transformer lui-même son riz ?
Pour produire un hectare de riz, il vous faut au minimum 300 000 à 400 000 F Cfa. A la récolte, vous tournez à peu près autour de 700 000 F Cfa. Et vous avez travaillé pratiquement pendant 4 à 5 mois. Au finish, c’est comme si vous êtes à 50 000 F Cfa le mois. On ne gagne véritablement que si l’on va jusqu’au produit fini. L’avantage de la production, c’est que quand vous finissez le riz, le champ est propre et vous pouvez mettre une autre culture comme le gombo, la tomate, le maïs, avec juste un sarclage.
L’un des problèmes de la transformation, c’est par rapport au prix d’achat du riz paddy. On était parti de 90 F Cfa dans les années 2000 pour aller à 125 puis à 150 F Cfa. Pour un kilo de riz, il vous faut 2 kilos de paddy, ce qui fait 300 F Cfa. Si vous ajoutez les frais de transport, de stockage, d’emballage, l’énergie, le coût de transformation, vous tournez autour de 375 F Cfa comme coût de production. Je suppose que vous vendez le kilo au maximum à 500 F Cfa. Vous ne gagnez pas grand-chose. Vous avez à peine 125 F Cfa de bénéfice, sans oublier que ce riz ne sera pas vendu aussitôt et que vous avez fait des prêts avec intérêts.
En plus, le riz de la campagne en cours ne peut être transformé que 4 ou 5 mois après. Il faut attendre que le taux d’amidon diminue sinon le riz est collant. Le riz acheté entre septembre et décembre n’est décortiqué qu’au mois de mars-avril. En réalité, il faut revoir à la baisse le coût d’achat du riz paddy.
Vous êtes producteur et vous souhaitez qu’on baisse le prix du produit. N’est-ce pas paradoxal ?
Les organisations de producteurs et les encadreurs doivent faire un travail de fond sur les différentes charges liées à la production pour les baisser. Je me rappelle qu’en 98 ou 99, on avait fait une formation comme ça dans toutes les préfectures. Il faut voir sur chaque activité liée à la production, ce qu’il faut faire pour baisser le coût. Je suppose qu’au lieu de deux ou trois sarclages, qu’on cherche un moyen pour faire un seul sarclage à la machine, au lieu de solliciter une main-d’œuvre qui doit vous prendre 5000 F pour 400 mètres-carrés x 16. Si l’on prend 40 000 ou 50 000 F au plus pour louer un tracteur qui finit le même jour, voyez ce que l’on gagne en temps et en argent.
Tout cela permettra au consommateur d’avoir le riz à un prix raisonnable. Même quand nous accusons les producteurs étrangers pour dire qu’ils font du dumping, ce sont des gens dont les gouvernants ont subventionné la production. Ils ont pratiquement l’engrais gratuit et leur production n’attend pas ; le gouvernement ramasse et les paie. Ici, le gouvernement ne s’implique pas. Je pense que l’Etat a l’obligation de faire ce qu’il est en train de faire dans le secteur coton au niveau du riz et des autres filières. Celui qui a l’eau à sa disposition et celui qui doit creuser ou s’aider de motopompe pour irriguer son champ, n’ont pas les mêmes coûts de production. Nous nous plaignons ici, mais dans l’Atacora, c’est encore pire. Ils n’ont jamais atteint un rendement de 3 à 4 tonnes à l’hectare. Ils sont à peine à 1 tonne ou 2 tonnes l’hectare. De gros efforts ont été faits certes, mais il va falloir continuer pour dynamiser la production rizicole au Bénin.
Propos recueillis par Claude Urbain PLAGBETO
Société 27 juin 2019

Le directeur de cabinet, représentant la ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Ahmed Yarou a procédé au lancement de la deuxième conférence des directeurs des Systèmes d’information, ce mercredi 26 juin à Cotonou. L’objectif de cette rencontre est de veiller à la cohérence des projets sectoriels et à leur alignement sur la vision stratégique du gouvernement.
Les directeurs des Systèmes d’information étaient à leur deuxième conférence, ce mercredi 26 juin à Cotonou. A cette occasion, le directeur général des Services et Systèmes d’information, Serges Adjovi, a rappelé l’objectif de cette rencontre avant d’inviter les participants à travailler à s’aligner sur la vision du gouvernement pour la réalisation des projets structurants pour le développement des infrastructures numériques et des Services et Systèmes d’information sécurisés. Selon lui, cette conférence est organisée dans un contexte où des changements importants ont été opérés au sein de l’Agence des Services et Systèmes d’information (Assi). « Avec la ministre et le directeur des opérations de l’Assi, nous avons pris l’option de vous expliquer la nouvelle configuration de l’Assi afin de vous permettre de vous aligner sur cette vision » a-t-il déclaré. A l’en croire, l’évolution de l’Assi et le rôle de l’Agence nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information par rapport aux directions de Systèmes d’information seront présentés lors de cette conférence. Selon lui, le niveau d’exécution des structures de gouvernance des projets numériques, le schéma directeur national, le point d’étape sur les projets « Plateforme nationale d’interopérabilité » et le « Portail national des services publics en ligne », la transformation digitale et son impact, sont les autres sujets au menu de cette rencontre.
Représentant la ministre de l’Economie numérique et de la Communication, le directeur de cabinet Ahmed Yarou a rappelé la vision du gouvernement à travers son Programme d’action. Pour lui, la mise en œuvre des projets nécessite l’implication de tous les acteurs clés de l’écosystème. C’est dans cette optique que la conférence des directeurs des Systèmes d’information a été mise en place, par décret N° 2018-531 du 14 novembre 2018 portant organisation des instances de gouvernance des programmes et projets numériques en République du Bénin. Pour lui, les Dsi étant responsables du développement et de la gouvernance des Systèmes d’information de leur structure de tutelle, il est nécessaire qu’ils aient des rencontres périodiques d’information et d’échanges afin de s’assurer non seulement de la cohérence des projets du secteur mais aussi de leur alignement sur la vision stratégique du gouvernement.

Le président Patrice Talon a effectué une visite surprise sur les chantiers du site d’hébergement et de regroupement des pèlerins béninois en partance pour le Hadj et de réaménagement du boulevard de la Marina (axe Carrefour Erevan/Loterie nationale), ce mercredi, tout juste après le Conseil des ministres. L’objectif est de s’assurer que tous ces travaux évoluent conformément aux délais et normes requis.
Le site d'hébergement et de regroupement des pèlerins béninois en partance pour le Hadj en construction à Akpakpa a reçu la visite, ce mercredi, du chef de l’Etat. Une descente inopinée juste après le Conseil des ministres. Ce site dont le gouvernement a décidé de la réalisation pour améliorer les conditions de séjour des pèlerins en partance pour la Mecque devrait être livré par l’entreprise en charge des travaux le 30 juin prochain. Informé, en effet, de ce que l’essentiel des travaux de ce chantier est exécuté, Patrice Talon est allé s’assurer qu’il en est vraiment le cas. Aussi, a-t-il fait, sur les lieux, des observations et recommandations pour une meilleure qualité du travail. Sans exclure qu’à terme, d’autres améliorations devraient être apportées à l’infrastructure, toujours dans l’optique de garantir de meilleures conditions de transit aux pèlerins en route pour la terre sainte.
Aux côtés des ministres en charge des Infrastructures et du Cadre de vie, Alassane Séidou et José Tonato, il s'est rendu par ailleurs sur le chantier de réaménagement du boulevard de la Marina (axe Carrefour Erevan/Loterie nationale). Sur le terrain, il a pu constater l’évolution du chantier et s’est entretenu avec les responsables de l'entreprise Colas en charge des travaux. Ceci, pour s’assurer de la qualité desdits travaux et qu’ils occasionnent le moins de nuisances possible aux usagers de la route.
Maquettes en appoint, ces derniers ont expliqué de long en large le processus de réalisation des travaux et les itinéraires de ce tronçon qui donnera un nouveau visage au boulevard de la Marina. Ce tronçon est l’un des plus importants dans l’aménagement et l’embellissement de la ville de Cotonou. Rassuré qu’il est au bout des échanges avec les techniciens, le chef de l'Etat a insisté sur le respect des normes de qualité et des délais d’exécution.

L’altération par les hommes de leur environnement a des effets néfastes sur l’écosystème et la variabilité génétique des organismes. Le professeur Brice Sinsin, agronome de formation et ancien recteur de l’Université d’Abomey-Calavi revient ici sur le concept de la biodiversité, les menaces ainsi que les mesures à prendre pour sauvegarder la diversité biologique.
La Nation : Qu’entend-on par biodiversité ?
Professeur Brice Sinsin : La diversité biologique n’est pas un nouveau concept. Quand l’homme a pris conscience de son environnement, il a commencé par nommer des choses. Je dirai que nous sommes tous des racistes à divers niveaux. Et c’est cette qualité qui fait que nous aimons nommer chaque chose et chaque animal. On avait déjà cette conception de la diversité des organismes qui nous entourent. Le terme biodiversité date de 1986, à la sortie d’une grande conférence. C’est là que les journalistes demandaient que nous trouvions un terme au jargon de diversité parce qu’on parlait de diversité d’animaux, de diversité de plantes et autres. Et c’est pour former un ensemble de tout ça qu’est né le mot biodiversité.Et puis c’est passé dans la presse. Après, les politiciens l’ont adopté, le grand public l’a adopté. 40% des produits pharmaceutiques modernes viennent encore des plantes. Les gens ne vivent que de ce qui les entoure : les plantes, les animaux. C’est ça qui fait qu’on pense qu’on a le droit d’accorder une place de choix à la diversité biologique.
Quelles sont les menaces qui pèsent sur la biodiversité aujourd’hui ?
Dès que quelque chose vous est cher, il commence par s’amenuiser. Beaucoup de tradipraticiens perdent les ressources naturelles qui leur servent à composer leurs produits. Nous ne pensons pas à reboiser et ce qui nous sert aujourd’hui s’épuise, disparaît. Nous consommons mais nous ne pensons pas à régénérer. Nous coupons mais nous ne pensons pas à reboiser. Le Bénin était connu comme un grand pays d’iroko mais aujourd’hui, on n’en a plus. On pouvait planter tous ces arbres mais rien ne se fait parce qu’on n’a pas une politique forestière digne du nom. Le système dans lequel nous sommes nous rend paresseux. Je ne vois pas encore les premières lueurs d’un changement réel vers la durabilité de l’environnement. Les principales menaces sur la biodiversité sont la perte et la fragmentation des habitats, les invasions biologiques, la surexploitation des espèces, la pollution et le réchauffement climatique.Ces facteurs agissent soit séparément soit de manière combinée, augmentant leur risque d’extinction. C’est le cas par exemple d’une espèce victime de perte d’habitat, donc par conséquent fragilisée, et qui sera exposée à une sur-exploitation par l’homme.
Avons-nous dans notre pays des lois qui protègent la biodiversité ?
Le noir aime copier. La Constitution pour moi est le reflet le plus authentique de ce que c’est qu’une culture endogène. Ça vous étonne que les présidents qui ont été élus démocratiquement refusent de quitter le pouvoir. Vu de façon terre à terre, tout le monde crie mais c’est leur conscience qui les rattrape. Nous n’avons pas encore assimilé ce que c’est qu’une loi. Le simple fait de dire qu’on a des textes ne résout aucun problème. Nous avons la loi sur la forêt, la loi sur la faune. On a tout un ensemble de dispositifs réglementaires qui peut nous aider, mais il manque l’éducation. Nous ne naissons avec rien, ce pourquoi nous devons former l’individu à s’approprier les choses sinon nous aurons beaucoup de Constitutions ou de lois mais nous serons toujours au même point. L’autre chose est qu’il faut suivre l’exemple de l’autorité. Quand l’autorité est rigoureuse, ponctuelle, honnête et transparente, il n’a pas besoin de se gêner avant de se faire écouter.
Qu’est-ce qu’il faut faire pour sauvegarder dans ce cas la biodiversité ?
Face à l’ampleur de l’érosion de la biodiversité et à toutes les menaces pesant sur elle, il est important de prendre des mesures de protection et de conservation pour faire face à cette érosion. L’accent doit être mis sur l’éducation du peuple. Il faut aussi des hommes qui maîtrisent de quoi ils parlent. Les parents n’ont plus le temps de rester à la maison pour éduquer les enfants, conséquence, ces derniers sont éduqués par la télévision ou les amis.
Il faut également des politiques claires. Nous plantons des arbres mais il faut que nous les entretenions au fur et à mesure pour sauver la biodiversité. Les parcs nationaux sont aussi des milieux naturels qu’il importe de préserver contre tout effet de dégradation naturelle et de soustraire à toute intervention artificielle susceptible d’en altérer la diversité, l’aspect, la composition et l’évolution.

Le Bénin procède ce jeudi 27 juin au lancement officiel du projet Swedd. Une importante initiative de développement qui vise l’autonomisation des femmes et la promotion de l’entrepreneuriat chez les jeunes. Il représente une opportunité pour impacter ces couches et c’est pour cette raison que le Bénin y a adhéré. Mardi 25 juin, le ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané a levé un coin de voile sur les grandes orientations de ce projet.
Le Bénin procède demain 27 juin au lancement officiel du projet Swedd, la traduction en anglais du Projet d’autonomisation des femmes et de dividende démographique pour les femmes du Sahel. Plus qu’une simple cérémonie de lancement, le ministre d’Etat
Abdoulaye Bio Tchané invite à voir à travers cette initiative, un signal fort que le Bénin lance à ses principaux partenaires sur le projet que sont la Banque mondiale et le Fonds des Nations Unies pour la population. C’est pour leur dire que « nous sommes prêts », a laissé entendre le ministre dans un bref entretien sur le projet. Un projet qui, selon ses explications, est destiné à soutenir l’autonomisation des femmes, encourager les pays adhérents à saisir les opportunités que présente le dividende démographique. Son objectif est d’améliorer le niveau d’autonomisation des femmes, des adolescentes et des jeunes filles. D’une part, la finalité est d’accroitre leur accès aux produits et aux services de santé sexuelle et reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle de qualité. De l’autre, il s’agit de renforcer leurs capacités à prendre des décisions qui contribueront de manière durable au développement harmonieux de leurs communautés.
Quoique destiné aux pays du Sahel, le Bénin s’y est intéressé pour de multiples raisons, explique-t-il. Il y voit un intérêt pour des couches importantes de sa population comme les jeunes, les jeunes filles et jeunes femmes. Ce qui fait du Bénin le septième pays adhérent en Afrique de l’Ouest après le Burkina-Faso, la Côte-d’Ivoire, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. « C’est un projet important de par sa taille parce que nous bénéficions d’une subvention de 50 milliards de francs Cfa pour soutenir dans notre pays, l’autonomisation des jeunes filles et des jeunes femmes qui ont des besoins importants », détaille le ministre. Abdoulaye Bio Tchané précise que pour le gouvernement béninois, c’est un projet d’envergure parce qu’il s’occupe d’une frange non négligable de la population et permettra de s’attaquer à un problème important qu’est le dividende démographique. Comment saisir l’opportunité de la jeunesse pour agir en matière de santé, de santé reproductive et autres besoins essentiels, ce sont là les défis que compte relever le Bénin, ajoute-t-il.
En termes de gain, il espère avec le Swedd, un impact sur 3,5 millions de personnes surtout les jeunes et les femmes. «Nous allons nous attaquer à des problèmes comme l’éducation pour permettre à beaucoup de jeunes filles de bénéficier de bourses pour des formations technique et professionnelle. D’autres vont saisir des opportunités dans l’entrepreneuriat », ajoute le ministre d’Etat. Le projet prend aussi en compte la santé prénatale à travers des formations à l’endroit des sages-femmes. En somme, le Swedd, « projet majeur en matière de développement » se résume par lui en «une chance pour notre pays de résoudre des problèmes » et de se donner d’ouverture en matière de développement.

Une mission de la Banque islamique de développement (Bid) a séjourné, la semaine dernière, au Bénin dans le cadre de la première phase du projet de construction de 20 000 logements sociaux. La mission composée de cinq membres a effectué une visite du site et s’est entretenue avec les différents acteurs de ce projet d’habitats qui s’inscrit dans le cadre du Programme d’action du gouvernement.
Selon Dr Zul Kifl Salami, chargé de mission du président de la République et administrateur de la Bid, après les études de base, il fallait que la mission vienne évaluer le projet pour s’assurer de la corrélation entre ce que disent les études et les réalités du terrain, afin que les gaps éventuels soient comblés pour améliorer l’architecture globale du projet.
Courant Octobre 2018, le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Tonato, avait annoncé que les études architecturale, urbanistique, technique et d’impact environnemental et social du projet 20 000 logements sont entièrement achevées et que les dossiers d’appel d’offres ont été élaborés. Les études techniques des travaux de viabilisation primaire à savoir voirie de desserte, réseau d’adduction d’eau, réseau de basse et moyenne tension et de connexion en fibre optique du site de Ouèdo ont été également achevées et les entreprises devant réaliser les travaux ont été sélectionnées, a-t-il assuré.
A en croire Dr Salami, la mission est rentrée satisfaite et le Bénin devrait s’attendre logiquement à l’accord de financement par le conseil d’administration de la Bid pour le démarrage des travaux proprement dits. « Et si tout va bien, nous aurons la chance d’avoir la phase 2 avec éventuellement l’appui des autres membres du groupe de coordination pour financer d’autres volets du projet du gouvernement », espère-t-il.
Le gouvernement prévoit de construire au total 20 000 logements dont 10 849 à Abomey-Calavi. La première phase concerne 12 049 logements pour un coût global estimé à 322 milliards F Cfa environ. La Bid devrait financer 2819 logements et la Banque ouest-africaine de développement (Boad), 3035 logements à Ouèdo dans la commune d’Abomey-Calavi. L’entreprise Poly International est chargée de construire 450 logements dans douze villes du Bénin ; la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) : 3175 au total dont 2425 à Ouèdo, 250 à Porto-Novo et 500 à Parakou et d’autres promoteurs immobiliers réaliseront 2570 logements à Ouèdo.
Claude Urbain PLAGBETO

Les travaux entrepris dans le cadre du projet asphaltage évoluent avec leur lot de difficultés pour les riverains qui, par endroits, ont du mal à accéder à leurs domiciles. Le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Tonato, mesure l’ampleur de ces problèmes et rassure, au détour de cet entretien, des instructions données aux entreprises de réduire les peines des populations qui doivent jouir des fruits du projet, une fois à terme.
La Nation : Monsieur le ministre, quel est l’état des lieux des travaux d’asphaltage ?
Ministre José Tonato : La phase A des travaux lancée est le tiers du projet asphaltage. Quand j’ajoute le réseau hors asphaltage, je dis que la phase A est le quart du projet asphaltage. Nous sommes partis pour révolutionner complètement le paysage urbain de nos villes.
A terme, quel sera l’impact du projet sur le quotidien des Béninois ?
Je me souviens que lors des premiers projets de la Banque mondiale dans les années 80,93,94 et consorts, on avait fait une petite étude pour démontrer que pour un franc investi par l’Etat, le privé avait investi au bout de trois ans, quinze francs. Ça veut dire que si nous faisons des voies, les gens vont construire des boutiques, améliorer leurs maisons, investir dans les services à apporter aux populations et aussi le foncier va reprendre de la valeur.
Que retenir des travaux dans les villes où ils ont été lancés ?
Sur les neuf villes, nous approchons un taux global moyen d’environ 30 %. Le projet avance, se concrétise, les neuf villes aujourd’hui sont en chantier. A Calavi, c’est dix-huit rues, à Parakou, Cotonou, Haie Vive c’est plus de quatre-vingt-dix rues. Allez voir, c’est une réalité. On donne rendez-vous à la fin du projet. Mais vous savez qu’avant la fin du projet asphaltage on aura à démarrer le projet des marchés urbains, les logements de Ouèdo pour lesquels on a effectué la viabilisation primaire. On aura démarré à Calavi la plateforme agroalimentaire régionale qu’on appelle marché de gros qui est un marché international, la construction des cités administratives, des cités ministérielles, la liste est longue. Pour moi en tout cas au ministère du Cadre de vie et du Développement durable et à l’Agence du Cadre de vie, tout va bien, les choses se passent assez bien. Nous avons le devoir de mettre la pression sur les entreprises, sur nos missions de contrôle pour ne pas avoir de surprises, mais ces missions-là savent qu’elles ont la bonne disponibilité des autorités, tant déconcentrées que décentralisées. Tout est en place pour les aider; les questions de libération d’emprise, nous les traitons de manière concertée et intégrée, voilà pourquoi, nous avons le préfet dans les visites.
Certains estiment qu’il fallait lancer les travaux zone par zone, qu'en dites-vous?
Vous savez, le Bénin regorge tellement de spécialistes. Ils ont bien raison quelque part. Nous aurions bien aimé décaler, mais les besoins n’attendent pas. Les collègues peuvent vous dire quelles sont les simulations que nous avons faites pour nos villes pour ne décider que de lancer le tiers du projet asphaltage. Imaginez Cotonou si nous avions lancé la moitié, ce serait difficile de trouver des déviations et d’avancer. Pour que la ville continue de fonctionner et que les gens ne soient pas impactés dans leurs activités économiques, il faut trouver la bonne mesure. Les travaux apportent un peu de désagréments, un peu de pénibilités dans la vie de tous les jours. Nous faisons en sorte que ces pénibilités et ces désagréments soient réduits au maximum.

Le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, a procédé, ce mardi 25 juin à Cotonou, au lancement de la plateforme "eBilan". Désormais, la transmission des états financiers se fera en ligne par les contribuables.
« https://ebilan.impots.bj », c’est l’adresse de la plateforme mise à la disposition des contribuables pour procéder dorénavant au dépôt des états financiers. Ce système informatique intégré conçu de concert avec l’Ordre des experts comptables et comptables agréés (Oecca) du Bénin, s’inscrit dans le cadre des réformes visant la dématérialisation et la rationalisation des procédures fiscales.
Selon le directeur général des Impôts, Nicolas Yènoussi, ce portail vient « sonner le glas des difficultés et tracasseries liées à l’élaboration et à la réception des états financiers pour le bonheur aussi bien de l’administration fiscale que des entreprises et autres organisations ». La plateforme « eBilan » aura l’avantage de mettre fin aux longues files d’attente des contribuables pour l’accomplissement de cette formalité qui doit accompagner la déclaration de leur bénéfice de l’année, conformément aux dispositions de l’acte uniforme de l’Ohada du 26 janvier 2017 relatif au droit comptable et à l’information financière. La mise en ligne les dispense désormais de la production en cinq exemplaires des états financiers et permet aussi de débarrasser l’administration fiscale des cargaisons de papiers et de créer de surcroît un environnement intégré et structuré de gestion de l’information financière, se réjouit Nicolas Yènoussi.
Lançant hier ce portail, le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, a souligné qu’il contribuera à dématérialiser la longue et lourde procédure de mise à disposition des états financiers des utilisateurs, notamment la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) et l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae). Tout comme la télé-procédure de déclaration fiscale, cette réforme majeure (une première dans l’espace Uemoa) induira un gain de temps et d’efficacité en termes d’élaboration des statistiques d’analyse économique, espère-t-il. « A l’heure actuelle, il y a des bilans de 2016 qui ne sont pas encore saisis ; ce qui ne facilite pas les contrôles fiscaux et la mise en œuvre d’une approche par les risques », fait remarquer le ministre. Ainsi, il est difficile d’avoir des données fiables sur la production de richesse et de faire des projections, ajoute-t-il.
De l’inscription à l’attestation de présentation en passant par les types d’états financiers, le visa électronique obligatoire prévu par la directive n°04/2009/CM/UEMOA du 27 mars 2009, le système offre une garantie de sécurité des données, assure Lambert Sokpin, chef projet e-Bilan, lors de la présentation des fonctionnalités de la plateforme. Au terme de la procédure, le portail génère une attestation électronique de dépôt des états financiers avec ou sans observation ou encore avec le refus d’attestation selon les cas.
Depuis le vendredi 21 juin dernier, les états financiers de l'exercice comptable 2018 sont attendus par voie électronique (via « eBilan »), indique le directeur général des Impôts qui l’avait notifié à travers un communiqué la semaine dernière. Les contribuables relevant des centres des impôts des moyennes entreprises du Littoral, de l'Atlantique, du Borgou-Alibori et de la direction des Grandes entreprises, ont jusqu’au 1er juillet prochain au plus tard pour s'acquitter de cette obligation.