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Au fait des dynamiques de la gouvernance économique et des positionnements stratégiques de la République populaire de Chine, le professeur Ding Yifan de l’Institut chinois du Développement mondial, un centre de recherche du Conseil d’Etat chinois sur le Développement, revient dans la présente interview sur les ressorts d’une incontestable puissance mondiale contemporaine qui ne baisse pas la garde pour autant.
De la Longue marche de Mao à l’initiative « Une ceinture, une route » de Xi Jinping, que de chemin parcouru pour le développement de la Chine en 70 ans !
En 70 ans, nous avons eu un parcours de développement un peu particulier parce que c’est un parcours qui n’a pas toujours été linéaire. On a connu des périodes de tâtonnement avant de trouver notre voie en matière de développement. Ce n’est qu’après les réformes d’il y a 40 ans que la Chine a trouvé véritablement son chemin de développement normal. Et en 40 ans, la Chine a réussi à faire un miracle économique dans le monde. En 40 ans, nous avons réussi à faire des choses que les Européens ont mis un siècle voire deux siècles à réaliser. Les choses sont allées très vite.
Certes, pendant les trente premières années, nous avons connu des moments de tâtonnement, mais nous avons réussi à bâtir une fondation solide de l’édifice chinois. Ça, c’est quelque chose de très important. En dépit des erreurs de parcours que nous avons connues, nous avons réussi à bâtir une fondation solide de développement. Cette fondation repose sur une industrie lourde assez complète : la production de l’acier, la production du ciment, des éléments de base de l’industrialisation ont été réalisés avant le démarrage des réformes, etc.
Ces réformes ont permis à la Chine de satisfaire aux besoins de la population, par la production de produits manufacturés de bonne qualité, etc. Surtout, la Chine a rattrapé le niveau de développement des pays développés, grâce à ses réformes. La Chine a pu développer son secteur de manufacture, avec la création d’industries de toutes sortes. On a pu satisfaire aux besoins fondamentaux des populations en commençant par les équiper, notamment de réfrigérateurs, de téléviseurs, etc. Il y a eu le plan d’urbanisation, et plus tard, la population chinoise a commencé par bénéficier d’un niveau de vie un peu similaire à celui des populations des pays développés, surtout dans les grandes villes…
La Chine est donc aujourd’hui un pays développé, pourquoi se refuse-t-elle d’assumer cette réalité qui crève l’œil ?
Il faut modérer les choses. Certes oui, en termes de capacité de production, la production industrielle de la Chine fait 1,6 fois celle des États-Unis. La capacité manufacturée de la Chine est plus grande que celle des États-Unis, du Japon et de l’Allemagne réunis. De ce point de vue, la Chine a vraiment une très grande capacité de production. La capacité de production agricole de la Chine est cinq fois supérieure à celle des États-Unis, c’est pratiquement la première au monde.
Mais en termes de Pib, la Chine est encore derrière les États-Unis. La Chine est le numéro 2 mais si on mesure le Pib par tête d’habitant, la Chine est encore loin derrière les pays développés. De ce point de vue, la Chine ne peut pas prétendre qu’elle est la première économie du monde même si en termes de pouvoir d’achat, l’économie chinoise est déjà classée par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international comme la première économie du monde.
Quelle est la part du secteur privé dans ce processus de développement ?
Le secteur privé joue un rôle très important dans le développement de la Chine. En ce qui concerne la croissance et l’emploi, le secteur privé représente plus de 60% de l’économie nationale. Donc, c’est la majorité. Des sociétés de pointe, des sociétés très développées comme Huawei, qui est maintenant sous les sanctions du gouvernement américain, sont des entreprises privées. Alibaba, c’est aussi une entreprise privée. Ce sont des noms d’entreprises privées de la Chine, reconnues dans le monde. Il n’y a pas que celles-là, il y beaucoup d’autres entreprises chinoises qui font partie des entreprises privées les plus puissantes du monde.
L’Initiative « Une ceinture, une route » censée favoriser l’émergence des pays en développement s’inscrit-elle dans la vision tiers-mondiste de Mao Tsetong ?
Il y a une continuation dans tout ce que le gouvernement chinois décide à l’étranger. Il y a une continuation parce que la Chine, il ne faut pas l’oublier, au moment de la fondation de la République populaire de Chine, était un pays pratiquement sous colonisation des pays européens. C’est pour cela que, dès le départ, la nouvelle Chine a toujours soutenu les luttes des pays anciennement colonisés : les pays africains, les pays asiatiques qui ont été colonisés par des puissances européennes. La Chine est toujours restée du côté de ces pays-là, que ce soit dans les années 50, par exemple, la Chine était un partisan actif de l’afro-asiatisme. Et la Chine a participé activement à la conférence de Bandung et a soutenu les principes reconnus par les pays de l’afro-asiatisme pour une coopération égalitaire entre ces pays-là et la lutte contre l’interférence des anciens colonisateurs.
Alain Peyrefitte a dit que quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera… On y est-là ?
Il parait que c’est une citation de Napoléon. Il parait que lorsqu’il a été enfermé sur l’île sainte Hélène, il avait pour serviteur un Chinois qui lui apportait de la nourriture, qui l’accompagnait, etc. Et Napoléon a appris beaucoup de choses de ce Chinois. C’est comme ça qu’il a affirmé que la Chine serait endormie et qu’il ne faut pas la réveiller. Sinon quand la Chine se réveillera, le monde tremblera.
Le dragon n’a-t-il ouvert qu’un seul œil que le monde tremble déjà ?
En fait, la Chine ne veut pas de guerre commerciale avec quiconque. Mais si le gouvernement actuel des Etats-Unis pense qu’il sera capable de déstabiliser la Chine par une guerre commerciale, la Chine n’aura d’autre choix que de faire face à cette guerre. Et je pense que depuis un an, le résultat de cette guerre montre, au niveau de l’économie américaine, que les consommateurs américains et les entreprises chinoises installées aux Etats-Unis ont beaucoup souffert de cette guerre commerciale. Alors que l’économie chinoise n’a pas vraiment, elle, été touchée par cette guerre. Vu la dimension de l’économie chinoise, vu la dimension de la population chinoise, vu la taille du marché intérieur de la Chine, cette guerre commerciale, c’est une petite goutte d’eau dans la mer.
Admettez-vous donc que la Chine s’est éveillée ?
D’une certaine manière, oui ! Alain Peyrefitte a d’ailleurs écrit un autre livre dans lequel il soutient que la Chine s’est éveillée. Donc aujourd’hui, on peut dire oui la Chine s’est éveillée, la Chine est en train d’avancer sur la voie du développement avec ses possibilités. Et non seulement la Chine s’est éveillée mais la Chine veut réveiller le monde des pays en développement avec son initiative « Une ceinture, une route ». La Chine est en train de provoquer une autre révolution dans les pays en développement, parce que si vous regardez les courbes de développement dans les pays développés et dans les pays en développement, il y a deux courbes qui se croisent. C’est-à-dire que depuis la dernière crise financière de 2008, il y a peu de croissance et peu de développement dans le monde des pays développés. Par contre, avec l’initiative chinoise, il y a un décollage économique dans les pays en développement qui sont appelés aujourd’hui les nouveaux pays émergents. Il y a de plus en plus d’économies émergentes maintenant, et qui se développent rapidement. C’est cela que le président chinois Xi Jinping appelle le changement centenaire. C’est un changement que l’humanité n’a plus connu depuis un siècle.
De la grande muraille à une présence effective dans l’espace aujourd’hui, quelles sont les perspectives pour la Chine à court et à moyen termes ?
La Chine va continuer par développer ses technologies, ses capacités de production dans tous les domaines. La Chine est une grande puissance spatiale par exemple. Donc, elle va continuer à développer sa technologie spatiale, elle va lancer sa station spatiale, développer sa technologie de communication par un réseau extraterrestre, donc dans l’espace, etc. La Chine a des projets de développement ambitieux. C’est cela qui suscite l’intérêt de puissances comme les États-Unis pour la Chine. D’où la guerre commerciale actuellement déclenchée par les dirigeants américains. Mais ils ne pourront jamais faire en sorte que la Chine puisse abandonner son plan de développement scientifique, parce que la Chine révise son plan de développement scientifique et technologique tous les 10 ans. Tous les 10 ans, le gouvernement chinois fait un nouveau plan de développement scientifique et technologique et fixe les domaines dans lesquels l’Etat doit encourager l’investissement et la recherche pour atteindre ses objectifs. Et en fait, l’objectif de la Chine, d’ici les années 2030-2040, en matière technologique et scientifique, est que la Chine détienne les technologies les plus avancées dans le monde.
Propos recueillis par Paul AMOUSSOU, depuis Beijing

L’Assemblée nationale a autorisé, ce lundi 24 juin, la ratification d’un accord de prêt, d’un montant de 10 milliards F Cfa environ, signé à Cotonou, le 28 janvier 2019, entre la République du Bénin et le Fonds koweitien pour le développement économique arabe (Fkdea). C'est dans le cadre du financement du Projet de renforcement des systèmes d’alimentation en eau potable (Aep) des villes de Boukoumbé, Covè et Zagnanado. Le projet ambitionne d’impacter 7,2 millions de nouveaux abonnés à l’eau potable.
Les problèmes des populations de Boukoumbé, Covè et Zagnanado en matière d’eau potable seront bientôt réduits voire résolus. Ces trois communes viennent de bénéficier d’un montant de 10 milliards F Cfa du Fonds koweitien pour le développement économique arabe (Fkdea) dans le cadre du financement du Projet de renforcement des systèmes d’alimentation en eau potable (Aep). Les députés à l’Assemblée nationale ont autorisé, à leur unanimité, ce lundi 24 juin, la ratification de l’accord de prêt par le président de la République, Patrice Talon. Ce prêt est contracté au taux d’intérêt de 1% l’an et la durée de remboursement est de 25 ans avec 5 ans de différé. Il dégage un élément don de 35,43%, légèrement au-dessus de 35% recommandé par les institutions de Bretton Woods, indique le rapport de la Commission chargée des Finances examiné en plénière. De façon globale, le projet vise à soutenir le développement socioéconomique dans les localités de Boukoumbé, Covè et Zagnanado à travers l’extension et le renforcement du système d’alimentation en eau potable existant. Plus spécifiquement, il ambitionne d’assurer la fourniture de l’eau en quantité et en qualité aux populations de ces trois villes, pour répondre à la demande croissante en eau potable, aux fins d’améliorer les conditions sanitaires et sociales. La réalisation de ce projet permettra de baisser le taux d’exposition des populations des zones concernées aux maladies hydriques. Et en outre favorisera entre autres: la réalisation de nouveaux branchements particuliers à coût réduit au profit des populations pauvres ; l’amélioration du taux de desserte en eau potable de qualité et en quantité dans les villes concernées, la baisse et la maîtrise du taux de pertes d’eau constatées lors de l’exploitation du système d’alimentation en eau potable de ces trois villes, l’amélioration des prestations de la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb) en termes de rendement et d’efficience de la gestion au plan technique et commercial.
7,2 millions de personnes à impacter
Ce projet contribuera également in fine aux efforts du gouvernement béninois pour l’atteinte d’ici à 2021, du sixième objectif du nouveau programme mondial de développement durable pour la planète (Odd) horizon 2015-2030 qui est de « garantir l’accès de tous à l’eau et l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ».
De façon technique, le projet prévoit de réaliser à Boukoumbé, l’exécution et l’équipement de cinq nouveaux forages ; la construction d’un château d’eau de 200m3, la réhabilitation du réservoir de 250 m3 existant ; l’extension du réseau de distribution de 125 km et l’acquisition de 250 kits de branchement d’eau. A Covè comme Zagnanado, il est prévu l’extension et l’équipement de quatre forages, la construction d’un château d’eau et d’un réservoir au sol respectivement de 600 m3 et 500m3, la réhabilitation des réservoirs de 200 et 300 m3 existants, l’extension du réservoir de distribution de 120 km et l’acquisition de 400 kits de branchement.
Les députés qui sont intervenus dans le débat général qui a préludé l’adoption du texte ont tous apprécié cet accord de prêt, surtout pour son caractère concessionnel. L’honorable Barthélémy Kassa invite surtout ses collègues députés à adopter le dossier pour l’originalité du prêt qui sera consenti par l’Etat et octroyé à la Soneb sous forme de subvention. Le ministre en charge de l’Eau,
Samou Adambi, informe la plénière que le projet de renforcement des systèmes d’alimentation en eau potable (Aep) impactera 7,2 millions de personnes jusque-là n’ayant pas accès à l’eau potable à raison de 2,7 millions en milieu urbain et 4,5 millions en zone rurale d’ici 2021.

Le ministre de la Santé était, jeudi 20 juin dernier, sur Ask gouv, la plateforme gouvernementale d’échanges avec les internautes béninois. A cette occasion, Benjamin
Hounkpatin a répondu à plusieurs questions qui lui ont été posées. Lesquelles ont trait aux réformes en cours dans le secteur de la Santé et dont l’objectif à terme, est d’offrir des soins de qualité et à coût réduit aux populations.
Toutes les préoccupations soulevées par les internautes béninois, jeudi dernier sur Ask gouv, ont rapport aux réformes en cours dans le secteur de la Santé. Taux des indemnités de garde, d’astreinte et heures supplémentaires ; actualisation du plan de formation des agents de santé ; construction d’infrastructures sanitaires, bilan des affermages, le projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch), la question des évacuations sanitaires, l’exercice en clientèle privée, la césarienne. Bref, l’invité du jour, Benjamin Hounkpatin, a été envahi de questions assez pertinentes pour son baptême du feu sur la plateforme Ask gouv. Mais, point par point, le ministre de la Santé publique a éclairé, rassuré et convaincu les férus du web en apportant des réponses claires et limpides à leurs différentes interrogations.
La majorité des questions des internautes au cours de ce rendez-vous sur la toile, ont rapport avec l’exercice en clientèle privée. Et comme l’on pouvait s’y attendre, Benjamin Hounkpatin n’est pas allé du dos de la cuillère pour exprimer son amertume et celle du gouvernement en particulier. « Vous ne pouvez pas imager qu’une femme aille accoucher dans une structure tenue par quelqu’un qui n’a aucune qualification et qui s’habille en rose. La femme finit d’accoucher, commence par saigner et cet agent qui se dit sage-femme, prend des plantes non nettoyées, lui bourre l’utérus avec. Et le saignement continue jusqu’à ce que, en désespoir de cause, les parents de la femme emmènent leur fille dans un hôpital de référence. Et l’on a beau tout faire…Une transfusion de 10, 20 poches de sang, malheureusement elle décède laissant dernière elle des orphelins parce que, à un moment donné, nous n’avons pas pris suffisamment la mesure des responsabilités qui nous incombent en laissant ces structures opérer en toute illégalité ». C’est par cette histoire tragique que le ministre de la Santé, l'air triste et malheureux, aborde la problématique liée à l’exercice en clientèle privée, qui n’est d’ailleurs pas le premier point sur lequel il s’est exprimé lors de son passage sur Ask gouv.
«Le gouvernement de la Rupture, dit-il, a pris la mesure des choses et nous avons déclaré une guerre implacable contre ces structures illégales parce qu’il n’est pas admissible que nos compatriotes perdent la vie alors qu’à côté, il y a des structures de l’Etat ou des structures privées légales qui peuvent offrir des soins de qualité ». Et cette lutte est désormais menée au quotidien, à en croire le ministre car, malgré les fermetures qui ont eu lieu récemment, ces structures illégales poussent encore comme des champignons. «Il y a à peine 72 heures, on a démantelé un réseau où quelqu’un officiait dans une chambre à coucher», informe Benjamin Hounkpatin. Il précise par ailleurs que ses collaborateurs des zones sanitaires et des départements, avec l’appui des forces de l’ordre, font une veille au quotidien pour décourager les individus qui s’adonnent à ce genre de pratique.
« Nous allons traquer sans relâche ces donneurs de mort… », a-t-il martelé. « Tous ceux qui s’habillent en rose ne sont pas forcément des agents de santé qualifiés. Tous ceux qui s’habillent en blanc, ne sont pas forcément un personnel de santé qualifié», avertit le ministre de la Santé. Pour mieux résoudre cette question liée à l’exercice illégal en clientèle privée, le gouvernement a mis le compteur des autorisations d’exercice et d’ouverture de cabinet à zéro. Une réattribution desdites autorisations a commencé suivant de nouvelles règles et à un rythme assidu. Et à ce jour, le ministère de la Santé a déjà attribué 3000 autorisations d’exercice et 500 autorisations d’ouverture de cabinet. L’autorité ministérielle profitera de l’occasion pour expliquer le processus d’attribution des autorisations. Plus loin, il rappelle au sujet des autorisations d’ouverture que les textes en vigueur ne permettent pas à des investisseurs de venir ériger des structures privées de santé au Bénin. Seuls des spécialistes de la santé reconnus peuvent le faire. Toutefois, le gouvernement de la Rupture pourrait étudier la question de la révision desdits textes, et, peut-être, inclura de nouvelles dispositions permettant aux investisseurs de contribuer au renforcement du système sanitaire béninois.
Un autre point évoqué au cours du Ask gouv a trait au mécontentement né dans le rang des paramédicaux suite à la fixation des taux des indemnités de garde, d’astreinte et d’heures supplémentaires dans les hôpitaux publics du Bénin. C’est d’ailleurs la toute première patate chaude que le ministre a refroidie. En effet, les paramédicaux s’estiment lésés par le récent décret qui fixe les taux des indemnités de garde, d’astreinte et d’heures supplémentaires dans les hôpitaux publics. Mais le ministre de la Santé a su trouver les mots justes pour expliquer les tenants et les aboutissants de cette réforme. A l’en croire, lorsque quatre ou cinq médecins sont de garde, 25 voire 30 paramédicaux les assistent.
Pensez-vous « que les hôpitaux peuvent supporter cette charge si les taux de garde étaient élevés à des taux insupportables ? », lance Benjamin Hounkpatin. L’Etat béninois ne peut que fixer ces taux en fonction des ressources disponibles. Il explique qu’une simulation a été faite avec tous les acteurs impliqués pour voir ce qui est supportable par les hôpitaux et ce que le budget national peut prendre en charge. « C’est vraiment en tenant compte de tous ces paramètres que les taux ont été fixés. Il n’y a aucune idée de la clochardisation de la profession paramédicale », rassure-t-il. D’après lui, le gouvernement a «pris la mesure des choses avant d’acter la décision ».
Et mieux, il s’agit d’une mesure consensuelle; prise de commun accord avec les partenaires sociaux du secteur de la santé.
Concernant l’actualisation du plan de formation des agents de santé, un internaute estime que seuls ceux qui ont « le bras long (des connaissances au sein du système) » arrivent à décrocher des opportunités de formation. Mais en réponse à cela, le ministre de la Santé a expliqué que la dynamique actuelle du gouvernement ne laisse aucune chance à la compromission et à la fraude. Il s’agit donc d’un système transparent, informe-t-il. « Le processus est certes en retard, mais cela peut s’expliquer puisque d’autres problèmes sont en train d’être réglés afin que le nouveau plan de formation, une fois lancé, profite à tous… », fait-il savoir.
Césarienne, Arch et évacuation sanitaire
Qu’en est-il de la césarienne? Benjamin Hounkpatin a été également interpellé sur cette question, notamment les réformes opérées par le gouvernement Talon. D’abord, certaines personnes parlent de « gratuité de la césarienne » mais pour le ministre, elle n’en est pas une. « La césarienne n’est pas gratuite mais subventionnée en ce sens qu’il y a un montant qui est dédié pour appuyer les hôpitaux qui sont éligibles afin de leur permettre d’amortir les coûts liés à cette opération», souligne le ministre. Et bien évidemment, la césarienne subventionnée est toujours en vigueur au Bénin et, elle est fixée à 100 000 francs Cfa par opération. Plusieurs autres éclaircissements ont été apportés par le ministre, toujours au sujet de la césarienne, notamment les mesures prises depuis un an pour assurer un minimum de transparence dans le processus de facturation.
Parlant du projet Arch proprement dit, le ministre Hounkpatin a fait savoir que les choses évoluent très bien. Il rappelle que des études ont été menées et les zones pilotes ont été identifiées. D’après ses explications, lesdites zones ont été mises aux normes, les produits pharmaceutiques ont été rendus disponibles, la formation des agents de santé par rapport au mécanisme qui sera déroulé lors de cette phase pilote, a déjà eu lieu dans certaines zones. Et, dans les tout prochains jours, après l’identification réelle des bénéficiaires, « nous allons commencer par distribuer les cartes et si tout va bien, le mois de juillet 2019, nous allons lancer cette phase pilote du projet qui va impacter positivement la santé de nos populations », annonce
Benjamin Hounkpatin, tout souriant. Le projet, rappelle-t-il, concerne surtout les pauvres et extrêmes pauvres qui n’ont pas les moyens de couvrir leurs besoins en cas de problèmes de santé.
Et les problèmes de santé, souvent difficiles à résoudre au Bénin, amènent l’Etat béninois à autoriser les évacuations sanitaires. Sur cette problématique, l’autorité ministérielle fait le point des réformes opérées et rappelle la nouvelle règle de prise en charge.
« La réforme était nécessaire parce que l’Etat dépensait des milliards pour ça. La question fondamentale, c’était de savoir qui on évacuait. On évacuait des patients atteints de cancer avec des métastases. On évacuait des patients pour des affections qu’on pouvait guérir au Bénin. On évacuait des gens qui partaient et meurent deux jours après…». Pour le ministre de la Santé, il était temps d’arrêter la saignée car, l’argent gaspillé peut servir à prendre en charge les enfants qui meurent du paludisme parce que, simplement, leurs parents ne disposent pas de 8500 francs Cfa pour acheter des produits indispensables à leurs soins.
Mais depuis l’avènement du gouvernement de la Rupture, une seule structure s’occupe de la question des évacuations sanitaires, et l’assainissement fait est une réussite, assure-t-il. Au passage, le ministre explique qu’il n’y a pas de ‘’deux poids deux mesures’’ dans le traitement des dossiers. Le Conseil national de santé se réunit tous les derniers vendredis de chaque mois, sous sa présidence effective, et tous les dossiers sont étudiés, décortiqués dans un débat scientifique. « Ceux qui peuvent en bénéficier, en bénéficient, et les autres sont rejetés sans état d’âme », si leur mal peut être guéri au Bénin, souligne
Benjamin Hounkpatin. Il est à noter que plusieurs autres points d'ombre liés aux réformes dans le secteur ont été éclairés par le ministre de la Santé.

Les Lions indomptables du Cameroun affrontent ce mardi 25 juin, les Djurtus de la Guinée-Bissau à la faveur de la première journée dans le groupe F. Une confrontation qui apparaît comme un match de revanche pour les Bissau-guinéens battus lors de l’édition précédente par le Cameroun au premier tour.
Champions d’Afrique en titre, les Lions indomptables du Cameroun effectuent leur première sortie, ce mardi 25 juin, dans le groupe F de la Coupe d’Afrique des Nations Egypte-2019 contre les Djurtus de la Guinée-Bissau. Un duel à plusieurs enjeux pour les deux formations qui se sont rencontrées une seule fois en phase finale de Can. Si avec leur statut de favoris, les Lions indomptables auront à cœur de confirmer leur suprématie sur les Djurtus et d’entamer la compétition sur une bonne note, la Guinée-Bissau tentera de prendre sa revanche sur le Cameroun pour se lancer vers son objectif à savoir passer le premier tour 51e. Les résultats antérieurs militent fortement en faveur des Lions indomptables. 51e au classement Fifa, le Cameroun, vainqueur en 1984, 1988, 2000, 2002 et 2017 n’a jamais perdu face à la Guinée-Bissau. Les deux sélections se sont rencontrées trois fois par le passé et ce sont les Lions indomptables du Cameroun qui ont remporté la totalité des confrontations. Le Cameroun a enregistré 8 victoires, 6 nuls et 6 défaites lors de ses 20 derniers matchs contre 5 victoires, 5 nuls et 10 défaites pour la Guinée-Bissau en autant de sorties.
L’autre défi du Cameroun est de conserver son titre. Pour y parvenir, il doit vaincre le signe indien car, depuis le triplé des Pharaons entre 2006 et 2010, aucune équipe n’a plus réussi à conserver son titre. Deuxième de son groupe de qualification derrière le Maroc, le tenant du titre peut compter sur le gardien d’Ajax Amsterdam de 23 ans, André Onana, qui a connu le haut niveau à 20 ans. Ses récentes performances lui ont permis de damer le pion à Joseph Ondoa.
Éliminée au premier tour en 2017, la Guinée-Bissau, 118e au classement Fifa ne vient pas en victime expiatoire. Seule équipe à faire peur au Cameroun lors de la précédente Can, la Guinée-Bissau avec un effectif stable depuis deux ans peut encore compter sur sa star Frédéric Mendy, l’attaquant du Vitoria Setubal, auteur de 10 buts en 31 apparitions toutes compétitions confondues.
Après une première Can soldée par des performances intéressantes mais vierges de victoires, les hommes de Baciro Candé reviennent pour passer le premier tour. L’effectif a gagné en maturité depuis l’expédition gabonaise et n’a pas eu sa qualification pour la phase finale 2019 sur un plateau. Premiers d’un groupe où l’on retrouvait également la Namibie, le Mozambique et la Zambie, les Djurtus seront difficiles à manœuvrer.
Clarence Seedorf # Baciro Candé
Ce match apparaît également comme un duel entre les deux sélectionneurs. D’un côté, le Hollandais Clarence Seedorf, une référence au poste de milieu de terrain en tant que joueur va tenter d’écrire son histoire à la Can sur le banc des champions d’Afrique. Le palmarès du Néerlandais en poste depuis août 2018 reste vierge dans les annales de cette compétition. Le quadruple vainqueur de la Ligue des Champions n’a encore rien gagné en tant qu’entraîneur et en rêve à 43 ans. A l’opposé, le coach Baciro Candé est l’une des principales figures du football en Guinée-Bissau. International et joueur en deuxième division portugaise, l’ancien défenseur est un entraîneur au parcours élogieux. Il compte plus de dix titres nationaux (Championnats, Coupe, Supercoupe) à son palmarès, notamment avec le Sporting Club de Bissau qu’il a dirigé entre 1995 et 2007 puis de 2009 à 2016. Déjà sélectionneur de 2003 à 2010 sans la moindre qualification à une compétition internationale, le sexagénaire était revenu en 2010 pour diriger les Djurtus pendant la Can 2017. Cette fois-ci, il compte conduire son pays plus loin qu’à l’édition précédente.
Programme
Mardi 25 juin
Cameroun – Guinée-Bissau à 19h à Ismaïlia.
Ghana – Bénin à 22h à Ismaïlia

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a condamné ce lundi 24 juin, à 10 ans d’emprisonnement ferme et une amende de cinq millions F Cfa, l’ancien directeur général de la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb), David Babalola et son co-accusé Franck Azandossessi, tous deux impliqués dans l’affaire de fausses quittances produites pour attester le reversement par cette entreprise publique de la Taxe sur valeur ajoutée (Tva) estimée à plusieurs centaines de millions F Cfa.
Cette décision de la Criet vient infirmer partiellement le jugement rendu par le tribunal correctionnel de première instance de première classe de Cotonou le 12 juin 2018. Lequel jugement condamnait les deux prévenus à trois ans d'emprisonnement ferme, une amende d’un million F Cfa et 400 millions F Cfa au titre de dommages et intérêts à l’Etat béninois. La peine de 10 ans d’emprisonnement est un coup dur pour l’ex-Dg Soneb qui doit être en train de regretter d’avoir interjeté appel de la sentence du juge du premier degré. Mis sous mandat de dépôt le 7 novembre 2017, David Babalola et Franck Azandossessi restent donc en prison jusqu’au 6 novembre 2027, si les choses restent en l’état à leur égard?
Thibaud C. NAGNONHOU

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a également vidé, ce lundi 24 juin, l’affaire de placement hasardeux de fonds de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) avec rétro commission et pourboire à la Banque internationale du Bénin (Bibe) qui serait en faillite au moment des faits.
Elle a dans ce cadre confirmé la décision rendue le 31 juillet 2018 par le juge correctionnel du tribunal de première instance de première classe à l’égard de l’ancien président du Conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), Laurent Mètongnon et ses six co-accusés dont l’ancien directeur général de la Cnss, Célestin Coovi Ahonon, Abdou SaliouYoussao et Edouard Alabi Adégoké. Ils sont donc condamnés à cinq ans d’emprisonnement ferme. Le verdict a été rendu par une nouvelle formation judiciaire présidée ce lundi par le président de la Criet en personne, Cyriaque Edouard Dossa?
Th. C. N.

Les membres du Conseil des gouverneurs du Fonds africain de garantie et de coopération économique (Fagace) ont tenu leur 11e session ordinaire, vendredi 21 juin dernier, au siège du fonds, à Cotonou. Cette session marque un tournant décisif pour le Fagace qui s’est arrimé à la modernité avec l’aboutissement des réformes initiées il y a deux ans.
Outil précieux appelé à prendre, aujourd’hui plus qu’hier, toute sa place dans le processus de diversification des économies des Etats membres, le Fonds africain de garantie et de coopération économique (Fagace), selon le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, a fait des efforts ces dernières années. Au cours de la cérémonie d’ouverture de la 11e session des gouverneurs du fonds vendredi dernier, il s’est réjoui du contexte dans lequel se tient cette rencontre. Pour Romuald Wadagni, la session s’ouvre à un moment où le Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine se tient aussi à Cotonou. Une coïncidence qu’il qualifie d’heureuse dans la mesure où cette session intervient dans un contexte particulier où le secteur privé est considéré comme l’élément qui doit booster l’économie des pays de la sous-région. « Nous sommes dans la bonne direction », a reconnu le ministre de l’Economie et des Finances qui a saisi l’occasion pour rappeler les efforts de ces dernières années qui ont fait oublier l’existence du Fagace. Mais grâce au Conseil des gouverneurs et à la Direction générale, ces efforts sont reconnus de tous. D’où le Fonds, dit-il, apparaît comme un instrument important qui doit contribuer au développement des économies des pays membres.
Le président en exercice du Conseil des gouverneurs, Calixte Aganongo, ministre des Finances et du Budget de la République du Congo, a rappelé l’aboutissement des réformes initiées, il y a deux ans. Un aboutissement concrétisé par l’adoption de nouveaux outils de management et la mise en place des organes de gouvernance conformes aux meilleures pratiques internationales dans le domaine de la garantie. C’est pourquoi, il a saisi l’occasion pour remercier ceux qui ont œuvré pour ce dynamisme et la franche collaboration qui a prévalu au sein du Conseil tout au long de son mandat.
Pour Calixte Aganongo, la 11e session du Conseil des gouverneurs se tient dans un contexte de reprise économique dans la majorité des pays membres du Fonds. La croissance économique en Afrique subsaharienne devrait passer de 3% en 2018 à 3,5% en 2019, avant de se stabiliser à un peu moins de 4% à moyen terme. Ces chiffres, dit-il, masquent toutefois des difficultés considérables dans les différents pays, à la fois en termes de croissance et de perspectives.
Perspectives économiques
Selon le Fonds monétaire international (Fmi), rappelle le président du Conseil des gouverneurs, environ la moitié des pays de la région, essentiellement les pays pauvres en ressources naturelles, devrait connaître une croissance d’au moins 5% et une hausse des revenus par habitant plus rapide que la moyenne mondiale à moyen terme. Nonobstant ces différences, il demeure, selon Calixte Aganongo, qu’en termes de perspectives économiques et de priorités de politiques économiques, tous les Etats membres du Fagace aspirent à accroître leur résilience et à générer une croissance durable vigoureuse et plus inclusive. Au regard de cette perspective, les institutions financières régionales telles que le Fagace ont un rôle important à jouer en appui aux économies.
Le Fonds, explique-t-il, constitue un instrument de facilitation d’accès au financement des entreprises de ses Etats membres. Ainsi, un modèle économique a été élaboré en vue d’une organisation optimale et de l’augmentation de la capacité de mobilisation de ressources de l’institution commune. C’est à cet effet que le Fagace a été doté en septembre 2007 d’un nouveau plan stratégique sur la période 2017-2020.
La mise en œuvre dudit plan a permis d’enregistrer des résultats significatifs en faveur du fonds. Au titre de ces résultats, il faut souligner le règlement des contentieux avec des banques partenaires ; la reprise des activités opérationnelles avec des approbations en 2018 de l’ordre de 8 milliards 059 millions de francs Cfa dont six lignes de garantie mises en place dans les banques pour favoriser l’accès des Petites et moyennes entreprises (Pme) au crédit sans oublier d’autres résultats examinés au cours de la 11e session.
Le premier indicateur du bien-fondé de cette démarche est la pré-notation du Fonds avec l’obtention d’une note d’investissement BBB+ sur le long terme, une perspective positive de A2 sur le court terme, une stabilité; puis la réalisation en 2018 d’un résultat excédentaire après des exercices déficitaires successifs.

Fidèle à sa vocation d’entreprise citoyenne, la Société béninoise de brasseries (Sobebra) a initié une grande opération de salubrité et de reboisement, samedi 22 juin dernier, à la plage de Fidjrossè, Route des Pêches. Ceci, dans le cadre du mois de l’environnement, sous l’égide du ministre du Cadre de vie et du Développement durable et du maire de la ville de Cotonou.
Mille plants de cocotiers ont été mis en terre à la plage de Fidjrossè sur la Route des pêches dans le cadre de la commémoration du mois de l’environnement. Œuvre de la Société béninoise de brasseries (Sobebra), cette grande opération de salubrité et de reboisement qui a mobilisé des centaines de personnes a été l’occasion pour les responsables de l’entreprise de relever tout le sens de cette initiative qui n’est pas à sa première édition. Pour Rodolphe Adanzounon, directeur des Relations extérieures de la Sobebra, l’objectif visé à travers cette opération de salubrité et de reboisement est de contribuer à l’avènement d’un cadre de vie sain pour les populations. Fort de ce que chacun, en tant que citoyen devrait s’investir dans l’assainissement de son milieu de vie, la Sobebra a voulu jouer sa partition et accompagner les actions du gouvernement dont la vision pour un développement durable est à saluer.
Le directeur des Relations extérieures de la société trouve que l’initiative s’inscrit parfaitement dans la politique Rse (entendez Responsabilité sociétale des entreprises) en son article 5. Au total, c’est plus de 68 000 plants qui auront été mis en terre par la Sobebra après les sites de Pahou et Bopa respectivement en 2017 et 2018 et les 25 000 plants projetés pour le samedi 29 juin prochain dans la ville de Parakou.
L’opération de la plage de
Fidjrossè, pour Sébastien Yves-Ménager, directeur général de la Sobebra, tient d’un engagement à préserver l’environnement qui reste confronté à diverses vulnérabilités du fait des changements climatiques. Les dangers que courent les populations sont immenses et il convient, à son avis, d’initier des actions comme celle en cours pour arrêter le désastre. La déforestation, la pollution des océans, la forte industrialisation et autres avatars dus aux progrès technologiques exposent le monde à de graves situations, estime-t-il. Des risques qui ne garantissent pas un cadre de vie sain aux générations actuelles et futures. D’où son appel à faire marche arrière en reconsidérant toutes ces menaces et en tirant la sonnette d’alarme pour des actions et mesures fortes. Ceci y va de la survie de la planète Terre.
Il mettra un point d’honneur sur les actions déjà menées par sa société pour limiter les effets de sa production sur l’environnement. Du recyclage des bouteilles et casiers de boissons à celui des eaux usées, la société montre tout son intérêt à préserver le cadre de vie de sa clientèle. « L’industrialisation est importante mais doit être vertueuse », note le directeur général de la Sobebra pour dire combien il est nécessaire pour les industriels d’avoir un regard sur les questions liées à l’environnement. La gestion et la valorisation des déchets par cette société constituent une avancée que ne perd pas de vue le maire de la commune de Cotonou.
Si des actions sont attendues pour garantir un environnement sain aux populations, l’opération de salubrité et de reboisement initiée par la Sobebra, selon Isidore Gnonlonfoun, reste une initiative citoyenne à mettre à l’actif d’une entreprise qui a tôt pris conscience des défis à relever dans le domaine de l’environnement.
Du matériel d’entretien remis
L’occasion de l'opération de salubrité et de reboisement a été saisie par le directeur général de la Sobebra pour remettre officiellement au ministre du Cadre de vie et du Développement durable un important lot de matériel d’entretien des plages. Ce matériel devrait revenir à la Brigade de protection du Littoral et de la lutte anti-pollution créée par le ministère pour assurer la propreté le long des plages.
Occasion également pour le ministre José Tonato de faire la genèse du projet de protection du Littoral. A l’en croire, cinq kilomètres de plages sont aujourd’hui rendus propres au regard de l’ambition que nourrit le gouvernement dans le secteur du tourisme. Loin d’avoir été une entreprise aisée, ce projet a buté contre divers obstacles dont l’incivisme des populations. Mais la détermination des volontaires recrutés à cette fin a été payante. En prévision de l’écotourisme qu’entend expérimenter le gouvernement en tablant sur la beauté des plages, le cap est maintenu. L’action de la Sobebra constitue à n’en point douter un coup de pouce à cette dynamique, selon le ministre qui relève qu’il est agréable d’aller sur une plage propre. Aussi, admet-il que la légende d’entreprise citoyenne que porte la Société béninoise de brasseries se construit durablement tout autant que l’est l’œuvre de l’environnement.
Passée la phase protocolaire de l’opération, les nombreux volontaires habillés aux couleurs de la Sobebra se sont ébranlés sur la plage pour mettre en terre les 1000 plants gracieusement mis à la disposition du ministère du Cadre de vie et du Développement durable ainsi que de la ville de Cotonou. Ceci après les instructions des agents de la direction des Eaux, Forêts et Chasse.
Passionnément, les invités à l’opération se sont acquittés de la tâche sous le regard admiratif de curieux et autres riverains de la plage.

Les ministres des Finances de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) ont tenu, vendredi 21 juin à Cotonou, la deuxième session ordinaire de leur conseil au titre de l’année 2019. Les travaux se sont déroulés au siège de la Bceao à Cotonou et ont permis aux argentiers de l’espace communautaire d’aborder diverses préoccupations relatives au marché financier.
Ils y sont allés, comme à leur habitude, sans protocole. Seule allocution à l’ouverture des travaux, celle du ministre béninois de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, président en exercice du Conseil statutaire des ministres des Finances de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Il a, avant d’évoquer les chantiers de l’Union, salué les nouveaux membres du Conseil pour leur brillante promotion.
Puis, il rappelle que conformément à la décision de réorganisation des travaux du Conseil des ministres de l’union, cette session se consacrera exclusivement aux dossiers de la Commission de l’Uemoa et à ceux du Conseil régional de l’épargne et des marchés financiers. Au titre de la Commission de l’Uemoa, Romuald Wadagni a indiqué que ce conseil examinera les dossiers finalisés par les experts statutaires lors de leur réunion tenue à Ouagadougou du 27 au 31 mai dernier. Le premier concerne le rapport semestriel d’exécution de la surveillance multilatérale. «Ce rapport procède à l’évaluation des performances économiques et financières des Etats membres de l’Union au 31 décembre 2018, fournit des indications sur les prévisions pour l’année 2019, à la lumière de l’évolution de la conjoncture et propose des orientations de politique économique pour l’année 2020 », rappelle-t-il ensuite. Le deuxième dossier porte sur le programme pluriannuel réaménagé du Niger au titre de la période 2019-2023.
L’examen de ces deux premiers points qui ont trait à la surveillance multilatérale, demande une attention particulière en cette année, poursuit le président du Conseil, soulignant que « 2019 est l’horizon de convergence fixé dans le Pacte de convergence, de croissance et de solidarité de l’Union ». Le Conseil se penchera ensuite sur le projet de décision portant adoption d’un plan d’actions pour la mobilisation optimale des recettes fiscales dans les Etats membres de l’Uemoa. « Ce document a pour objectif de définir une feuille de route commune pour l’amélioration des recettes fiscales, la consolidation de nos performances budgétaires et favoriser le respect des critères de convergence », explique-t-il.
Le Conseil examinera également trois autres dossiers relatifs aux projets de règlement visant l’amélioration de la mise en œuvre du Tarif extérieur commun de l’Uemoa. Ces textes permettront, de l’avis du ministre Romuald Wadagni, d’approfondir le processus d’intégration en Afrique de l’Ouest, consolider l’union douanière et promouvoir efficacement le marché commun. Suivra ensuite l’examen de trois autres points relatifs au Partenariat public privé (Ppp) dans l’Union. Ces trois textes traduisent d’après lui, la volonté des plus hautes autorités de l’Union de recourir au Ppp comme moyen alternatif de financement des investissements structurants pour combler le déficit d’infrastructures nécessaires au développement des Etats membres.
Au titre du Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers, il s’agira essentiellement de l’examen des états financiers de l’organe arrêtés au 31 décembre 2018 et de la nomination des nouveaux membres du Conseil.

Pardonner, pour pouvoir poursuivre l’œuvre de construction du Bénin dans la paix et le dialogue, sans violence ni heurt. C’est l’essentiel du message à retenir de la séance de travail que le président Patrice Talon a tenue, vendredi 21 juin dernier, à la présidence de la République avec le roi, des chefs traditionnels, notables et personnalités de la région tchabè.
Des évènements inhabituels et traumatisants. Le roi de Savè, sa majesté Adetutu Onishabè ne met pas des gants pour peindre le drame que sa paisible cité a vécu du 13 au 15 juin dernier. Mais il s’est engagé pour la paix et aussi à y mobiliser les forces vives de la région tchabè. C’est son vœu le plus cher, réitéré, vendredi 21 juin dernier face au chef de l’Etat, à la présidence de la République. L’audience, accordée aux chefs traditionnels, notables, personnalités et cadres de la commune de Savè élargie aux contrées voisines comme Ouèssè, Okéowo et autres, s’est voulue un instant de confessions et de regrets, mais aussi d’engagement à tourner la page du drame. « Les événements d’une rare violence qu’ont connus les villes de Savè, de Tchaourou et environs sont inédits. Ces événements regrettables constituent une violation de l’idéal de paix hérité de nos ancêtres », confesse sans ambages le roi qui s’est fait le porte-parole de la délégation. Son seul souci désormais, « rétablir le calme, la sérénité et la paix en pays tchabè ». Plus qu’un souhait, il en fait un défi et « appelle de façon pressante, fils et filles du pays tchabè à œuvrer inlassablement pour la paix ».
Le roi Adetutu Onishabè est formel. « Le passé éduque le présent pour bâtir l’avenir », laisse-t-il entendre, invoquant l’esprit de tolérance, de dialogue permanent, de concession et de compréhension car pour lui, « la division affaiblit les peuples ». Il voudrait entre autres recevoir dans la cité des trois mamelles, le chef de l’Etat. Les liens de sang entre l’origine maternelle du président de la République et cette localité, font en effet de lui, un fils de cette cité dans laquelle il a d’ailleurs passé une partie de sa vie. Autre doléance du roi, la reconnaissance de la chefferie traditionnelle puis enfin, l’exhortation à la patience. Ces échanges n’ont pas occulté le sujet Boni Yayi. Le roi a plaidé pour une clémence à son endroit et en guise de réponse, le chef de l’Etat a rassuré de ses bonnes intentions envers son prédécesseur à qui il dit n’avoir jamais retiré son amitié.
Renouer avec les valeurs
Le message adressé par sa majesté Adetutu Onishabè est profond et complet, salue le président Patrice Talon dans sa réponse. « Les valeurs qui caractérisent le peuple tchabè sont connues et ne font l’objet d’aucun doute », enchaîne-t-il. « Ce qui s’est passé à Savè est un incident qui ne se reproduira plus jamais », assure-t-il. Mais c’est un engagement qui doit être collectif, lance-t-il. « Le regret individuel suffit pour que cela ne se reproduise plus… Je suis parmi vous, non pas au-dessus de vous », soutient le président. Pour lui, il faut se garder de réveiller les démons … et faire tout le possible au service de la paix et de la concorde. Il exhortera aussi au pardon. « Que nos concitoyens nous pardonnent à tous… ceux qui ont raison, ceux qui ont agi, les victimes... que la nation nous pardonne à tous », a imploré le président Patrice Talon dans son message d’exhortation à la paix. Au terme des échanges, un comité de cinq membres a été mis sur pied pour poursuivre les échanges avec le chef de l’Etat et demeurer le porte-parole de cette communauté, pour en arriver à un apaisement total.