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Nouvelles

Dassa – Zoumè – Glazoué – Savè et environs: un autre pas vers l’accès à l’eau pour tous
  Le gouvernement met les bouchées doubles pour que le Projet de renforcement du système d’alimentation en eau potable des villes de Savè, Dassa-Zoumè, Glazoué et environs s’achève bien. Une mission de contrôle et de surveillance des travaux restants a été autorisée le mercredi dernier. Une mission de contrôle et de surveillance sera déployée sur le chantier du Projet de renforcement du système d’alimentation en eau potable des villes de Savè, Dassa-Zoumè, Glazoué et environs. C’est la décision prise par le gouvernement lors de son dernier conclave hebdomadaire. Elle vise à mieux veiller à la qualité des travaux restants, même si le niveau d’exécution actuel est appréciable. En fait, dans son élaboration, le projet qui va permettre de mettre un terme aux difficultés d’accès à l’eau des populations du département des Collines intègre la construction de deux barrages. Il s’agit, en l’occurrence, d’un barrage d’une capacité de 12 millions de m3 sur la rivière Lifo située dans la commune de Glazoué et de celui d’Ayédjoko dans la commune de Savè dont la capacité est de deux millions de m3. Si le chantier d’Ayédjoko est déjà à terme, ce n’est pas le cas au niveau de celui de Lifo. C’est justement pour cela que cette mission s’impose. Car au cours des travaux, il est apparu des infiltrations et affouillements importants sur la digue du barrage de Lifo à la suite des pluies diluviennes intervenues dans la région au début du mois d’août dernier. Au regard de ce constat, des analyses et contre-expertise ont été faites par des professionnels aux compétences avérées. Ce sont ces études qui ont recommandé une méthode de reconstruction plus optimale et durable de l’ouvrage, assorti d’un déversoir additionnel destiné à en garantir la sécurité. Ce faisant, le gouvernement reste dans sa dynamique de conduite avec célérité des chantiers ouverts tout en gardant ses principes de respect des normes internationales, de protection des couches vulnérables et de gestion efficiente des ressources publiques. L’eau pour tous ! Lors de sa prestation de ser-ment, le 23 mai 2021, pour son second mandat, le président de la République promettait un quinquennat « hautement social ». Non pas un social conjoncturel mais structurant qui permet d’assurer un mieux-être au plus grand nombre et dans la durée. Le Projet de renforcement du système d’alimentation en eau potable des villes de Savè, Dassa-Zoumè, Glazoué et environs entre dans cette logique. A travers cette réalisation en cours, ce sont des milliers de résidents de cette zone vulnérable qui sortent des difficultés quotidiennes d’accès à l’eau potable. Des difficultés dues surtout à la situation géographique de cette région faite de collines. Par ce projet, le Bénin fera aussi un grand pas vers l’atteinte de l’objectif de développement durable N° 6 qui ambitionne de «garantir l’accès de tous à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène». D’ailleurs, le pays n’est plus loin de relever ce défi et bien d’autres. Ceci, grâce aux acquis du premier quinquennat du président Patrice Talon, notamment la conduite de projets structurants dans toutes les communes, l’amélioration progressive des conditions de vie des populations, la mise en place d’infrastructures de base indispensables au développement socio-économique. Actualités 31 mai 2022


Autonomie énergétique: de nouvelles sources de production annoncées
  Rien n’empêchera l’atteinte de l’objectif du gouvernement de permettre aux citoyens d’avoir l’énergie électrique à plein temps et à moindre coût. Les dernières décisions concernant la mise en mise place de nouvelles sources de production d’électricité rassurent à cet effet. Les villes de Bohicon, Parakou, Natitingou et Djougou seront bientôt autonomes en matière d’énergie énergétique. Tout est en bonne voie pour que cette ambition exprimée par le gouvernement se concrétise. Les décisions du gouvernement en conseil des ministres, mercredi 25 mai dernier, le démontrent. Au cours de ses assises heb-domadaires, l’Exécutif a ordonné la signature de quatre conventions de concession, de quatre contrats d’achat d’énergie électrique, de raccordement au réseau électrique et de quatre baux à construction associés, en vue de la mise en place de quatre centrales photovoltaïques dans ces villes dont le poids en matière de population et d’économie n’est plus à démontrer. Ce projet, à terme, va permettre de mettre à disposition des résidents de ces communes plus de 50 Mw. De ce fait, il contribue à la politique du gouvernement visant l’accroissement de l’offre d’électricité en renforçant les capacités de production sur le plan national, afin d’assurer un plus grand accès à une énergie durable. En fait, depuis son avènement à la magistrature suprême, le président Patrice Talon oeuvre à l’autonomisation énergétique progressive. Et actuellement, les Béninois sont à l’abri du délestage. D’une capacité propre de production d’électricité de 0 Mw en 2016, le Bénin totalise aujourd’hui 180 Mw pouvant couvrir au moins 60 % des besoins des ménages, artisans et industriels à la pointe. Cela, grâce à la construction de la centrale thermique dual fuel de 127 Mégawatts de Maria-Gléta inaugurée le 29 août 2019, à la réhabilitation des centrales thermiques Wartsila de la Société béninoise d’énergie électrique pour 30 mégawatts et de la Turbine à Gaz de la Communauté électrique du Bénin d’une puissance de 23 Mw. Le gouvernement béninois a également signé des contrats de fourniture d’électricité avec des producteurs comme la Vra au Ghana et Paras Energy et Transcorp du Nigeria, qui viennent compléter la production propre. Toutes choses ayant permis d’en finir avec la location de 180 Mw de centrales thermi-ques mobilisées depuis octobre 2016. Et les réussites ne s’arrêtent pas à ce niveau. Dans sa dynamique progressive pour un meilleur accès des populations à l’énergie électrique à un coût réduit, ces groupes ont été démobilisés depuis le début de l’année 2020. Le ministre Dona Jean-Claude Houssou reste plus que rassurant quant à la réalisation des ambitions du gouvernement. « Je dirais même que nous travaillons pour que ça arrive avant l’heure si possible, parce que nous voyons maintenant plus largement que l’autonomie », déclarait-il lors de la journée internationale de l’énergie en octobre 2021. Pour justifier cette option, il fait savoir que l’équipe à laquelle il appartient a une pleine conscience de l’importance de l’électricité pour les populations en particulier et pour l’économie en général. « Le secteur de l’énergie concourt au développement durable des autres secteurs. Donc, on ne doit pas être surpris de voir le gouvernement du président Patrice Talon faire de ce secteur une priorité du développement de notre pays. C’est à cela que nous travaillons chaque jour que Dieu fait, à travers notamment une visibilité désormais claire depuis cinq ans et demi maintenant », soutenait le ministre. La meilleure option La vision du gouvernement de réaliser l’autonomie énergétique se déploiera avec méthode. Elle se réalisera non seulement avec efficacité mais aussi avec efficience. La preuve patente de cette dynamique, c’est l’option faite par le gouvernement dans la contractualisation pour la mise en place des centrales photovoltaïques pour les grandes communes à statuts particulier et intermédiaire. Ces centrales seront réalisées en mode « construire, exploiter, détenir et transférer ». Autrement dit, l’installation de ces infrastructures ne coûtera presque rien au Trésor béninois. Mais elle sera plutôt l’œuvre des acteurs du secteur privé qui, à terme, remettront tout l’ouvrage dans le patrimoine de l’Etat. D’ailleurs, respectant le cadre législatif et réglementaire actuel, le gouvernement a autorisé le transfert de ces différents contrats à la Société béninoise de production d’électricité (Sbpe). Toujours ! Comme pour confirmer sa détermination pour que l’autonomie énergétique se concrétise, le gouvernement a pris une autre décision au cours des mêmes assises hebdomadaires. En fait, il a autorisé la signature de la convention de concession et du contrat d’achat d’électricité pour la construction, par un producteur indépendant d’énergie électrique, d’une centrale thermique à cycle combiné d’une puissance de 41 Mw. Ce qui revient à comprendre qu’en une seule séance, une mobilisation de 91 Mw a été ordonnée pour que les entreprises et les ménages puissent avoir une certaine aisance dans l’accès à l’énergie électrique. En réalité, cette centrale voit sa capacité augmenter grâce aux optimisations issues des négociations avec le constructeur. Car, lors du conseil des ministres du 24 mars 2021, le gouvernement avait donné son accord pour 40 Mw après réflexion en tenant compte des réalités contextuelles. « Le conseil des ministres avait, en sa séance du 29 mai 2019, autorisé la construction de cette centrale en mode Boot en cycle ouvert. Mais au regard des évolutions technologiques, il est apparu plus pertinent d’envisager la mise en cycle combiné de la centrale afin d’optimiser son fonctionnement et d’améliorer son rendement, sans impacter négativement les coûts fixés. Le passage en cycle combiné permettra des économies d’échelle et, surtout, de passer à une capacité de 40 Mw par ajout d’une turbine à vapeur de 15 Mw », précisait en son temps le communiqué sanctionnant cette réunion des membres du gouvernement. Cette révision de la précédente option n’était pas faite au hasard. Elle visait des finalités de rentabilité et d’économie. Le conseil des ministres l’avait aussi mentionné. « Grâce à cette optimisation, ladite centrale pourra assurer la fonction de redémarrage de réseau pour les deux grandes centrales de Maria-Gléta en cas de perte totale », avait précisé le gouvernement, affichant davantage son option de mettre fin au délestage. Actualités 31 mai 2022


Bilan du gouvernement / Affaires sociales et microfinance: des bénéficiaires témoignent des acquis
Le mandat social tient ses promesses. Véronique Tognifodé, ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, a présenté, hier, les résultats des douze premiers mois du second quinquennat. Elle a été appuyée dans son exercice par des bénéficiaires. « Le gouvernement en action ». C’est l’intitulé de l’émission qui connaîtra le passage de tous les membres du gouvernement pour la reddition de comptes sur les douze premiers mois du second quinquennat du président Patrice Talon. Et pour un mandat placé sous le sceau du social, il n’y a rien de plus normal que ce soit la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance qui ouvre le bal. Véronique Tognifodé l’a fait avec brio, donnant ainsi une meilleure visibilité aux actions sociales du gouvernement. Du projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) détaillé dans tous ses volets à la prise en charge des malades mentaux en passant par la campagne « Agbazatché», le projet Faaba, les initiatives pour la protection des jeunes filles et leur maintien à l’école, la protection des personnes du troisième âge, l’assainissement du secteur des Centres d’accueil et de protection des enfants (Cape), aucun sujet n’a échappé à celle qui est chargée de déployer le volet social du Programme d’action du gouvernement. Elle a exposé, statistiques à l’appui, l’essentiel de ce qu’elle a pu réaliser de la vision du chef de l’Etat dans le secteur qui lui est confié en douze mois pour le compte du second mandat. Parlant de vision, elle avait déjà été clairement énoncée par le chantre de la Rupture lors de la cérémonie de prestation de serment le 23 mai 2021. «Notre autre devise ne devrait-elle pas être liberté, démocratie et bonne gouvernance ? Elle définit le credo qui sera le mien tout au long du mandat, c’est-à-dire le bien-être de chacun, en particulier celui des plus vulnérables d’entre nous. Ce mandat sera donc hautement social », avait décliné Patrice Talon. Cette vision se traduit donc par sa ferme volonté d’assurer le bien-être individuel et collectif en particulier des plus vulnérables. Il s’agit de permettre à ces couches marginalisées de sortir de leur situation à travers des programmes bien élaborés. Mieux que la ministre Véronique Tognifodé, ce sont les bénéficiaires qui louent les mérites de la croisade engagée contre la pauvreté à travers la mise en place de plusieurs mécanismes de protection sociale, à commencer par le plus célèbre, sinon le plus impactant: le projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch). Des heureux ! Odile, patiente enregistrée dans un centre de santé, témoigne de l’efficacité de l’Arch puisqu’elle en a bénéficié. « Quand nous venons, les agents de santé nous font gratuitement la consultation. De même, nous recevons sans payer aucuns frais les médicaments à la pharmacie du centre de santé», témoigne-t-elle, étendue sur son lit de malade et sous perfusion. Elle tire d’office sa conclusion : «C’est une initiative qui vient sauver les plus pauvres qui n’ont pas les moyens de se soigner». Elodie Gounou ne dira pas le contraire. Pour avoir bénéficié aussi du volet Assurance maladie de l’Arch, elle est bien placée pour en parler. « D’abord, c’est mon enfant qui a été soigné gratuitement alors qu’il avait une forte fièvre. Ensuite, moi-même, quand j’étais tombée malade, j’ai été prise en charge. Nous ne pouvons que bénir l’initiateur de ce produit », déclare-t-elle. Comme eux, plus de 7 000 Béninois ont déjà bénéficié de l’assurance maladie de l’Arch. Ils peuvent se faire traiter pour plus de 70 % des affections courantes qui touchent aussi bien les hommes, les femmes que les enfants. Entre autres, le paludisme, les maladies diarrhéiques, la hernie, les affections pédiatriques. Mais ce ne sont pas seulement 7 000 personnes qui peuvent bénéficier de ces prestations sociales. Au total, ce sont plus de 300 000 personnes vivant à Abomey-Calavi, Sô-Ava, Dassa-Zoumè, Glazoué, Djougou, Avrankou, Ifangni, Ouèssè, Cotonou et autres qui sont titulaires de la carte biométrique. Ce dont se réjouit la ministre, c’est que la phase la plus importante est déjà franchie. Il s’agit de l’identification de la cible concernée, en l’occurrence les pauvres extrêmes qui vont bénéficier des soins de santé primaires. Actuellement, c’est la phase de la généralisation qui se déroule progressivement. «Dans les quatre mois à venir, nous ambitionnons de pouvoir ouvrir l’assurance maladie dans toutes les communes du Bénin», promet la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance. Alafia ! La mise en œuvre du microcrédit Alafia se déroule bien. Véronique Tognifodé rassure, avec des chiffres à l’appui. Les bénéficiaires le confirment en brandissant les bienfaits de ces financements qui passeront bientôt de 50 000 à 100 000 F Cfa, conformément à la décision du gouvernement. A Azovè où elle réside et développe ses activités, Léontine Agbossou fait une comparaison avec les anciens prêts qu’elle avait directement contractés auprès des systèmes financiers décentralisés. «Les autres institutions de microfinance nous conduisaient à la ruine avec des taux exagérés qu’il nous était difficile de supporter. Mais ce que le microcrédit Alafia nous offre est à notre portée », reconnait-elle. Pour sa part, Diane Atigli, résidant à Djougou, apprécie le mode de remboursement qui est plus flexible et qui tient compte des réalités de chaque activité. « Le microcrédit Alafia a fait de bien à nous tous », conclut-elle. Depuis Ouidah, Judith Agbannon, une autre bénéficiaire, le confirme. «C’est mieux que les autres prêts », martèle la jeune dame. Et ce ne sont pas les bénéficiaires directs seuls qui en parlent. « Depuis que ma femme a obtenu le microcrédit Alafia, malgré mes problèmes au service, nous parvenons à nous en sortir. Par le passé, nous étions à un repas quotidien mais actuellement, nous en sommes à deux», confie-t-il tout en louant le mérite de ce produit qui renforce l’harmonie familiale à travers l’autonomisation et l’épanouissement de la femme. Pour ce produit, plus de 11,8 milliards Fcfa sont déjà débloqués par le gouvernement pour impacter plus de 265 000 personnes. Mais l’ambition reste grande. Il est question de rendre économiquement actives toutes les personnes qui en ont les potentialités mais qui n’y parviennent pas encore. Formation et appui L’Arch, c’est aussi la mise en œuvre du volet « formation ». Le volet formation de ce projet vise à fournir aux artisans béninois des formations techniques de courte durée leur permettant d’améliorer leurs compétences et prestations afin d’accéder à de nouveaux marchés et d’améliorer ainsi leurs revenus ainsi que leur niveau de vie. Des centaines de jeunes et femmes bénéficient déjà de cette formation en menuiserie, aluminium, électricité-bâtiment, peinture-bâtiment, électricité photovoltaïque à relâche et plomberie. Ils s’adaptent aussi aux outils de nouvelle génération. « Jusque-là, j’entendais parler de certains outils. Mais c’est ici que je les découvre et j’en profite pour apprendre et affiner leur utilisation », a confié le plombier Modeste Dégbey, interrogé sur un chantier. Mais le processus ne se limite pas à la formation. Des appuis financiers sont aussi apportés aux artisans pour leur installation. Le social global C’est connu que le gouvernement tient particulièrement à la protection des femmes. En témoignent les nombreuses lois votées qui criminalisent les violences faites aux femmes. La ministre l’a aussi rappelé dans son bilan. Elle évoque également certaines initiatives qui ont permis de sensibiliser les populations aux phénomènes sociaux. En pole position, Véronique Tognifodé cite le projet « Agbazatché ». C’est une campagne qui a permis de parcourir des lycées et collèges pour sensibiliser les apprenants et enseignants par rapport au cadre légal qui réprime le harcèlement, le viol et autres abus sur la femme. « Il s’agit de déconstruire les stéréotypes et de déployer les potentialités que les filles ont en elles », fait savoir la ministre. L’élaboration du guide du dialogue parent-enfant est aussi un acte fort pour que l’éducation des filles soit complète. Aussi, les transferts de fonds aux filles constituent une autre action qui favorise leur maintien à l’école en toute quiétude. Par ailleurs, la ministre n’a pas manqué d’aborder la question de l’assainissement du secteur des Centres d’accueil et de protection des enfants (Cape) communément appelés orphelinats. L’autre acte fort sur le plan social, c’est la prise en charge des malades mentaux errants. A ce niveau, des dizaines de malades ont pu bénéficier de soins adéquats à la charge de l’Etat aussi bien dans des centres psychiatriques privés que publics. Certains ont d’ailleurs retrouvé leurs facultés et bénéficié d’une réinsertion. C’était le lieu de mettre l’accent sur le rôle des familles dans l’accompagnement de ces malades qui manquent souvent de l’affection de leur entourage. Au pas de charge, le gouvernement tient sa promesse de sortir les populations vulnérables de leur situation. Les premiers résultats sont concrets et édifiants. Actualités 31 mai 2022


Exposition d'œuvres à la Maison rouge : De l'artisanat aux couleurs du génie africain
C'est une collection spéciale d'œuvres d'art made in Africa que la galerie Kouleurs d'Afrik a exposée, jeudi 19 mai et tout le long du week-end dernier à la Maison rouge sise au cœur des Résidences Cen Sad. Il s’agit, pour la plupart, d’œuvres décoratives, réalisées par des artistes de l’Afrique de l’Est et de l’Ouest. Des ensembles décoratifs, des masques artistiques, des tables de toutes formes, des vases, des poteries, des tabourets, des porte-clés, des lampes rotins, des bracelets, des coasters, des sièges, des chaussures, des tuniques, des portefeuilles, réalisés dans différents pays d'Afrique... Pendant trois jours, la Maison rouge sise au cœur des Résidences Cen Sad a été une galerie d’œuvres d’art réalisées par des artistes du Bénin, du Togo, du Kenya, du Ghana… C’est une initiative de la galerie Kouleurs d'Afrik, très attachée aux articles made in Africa. « Nous avons fait venir des artisans de l'Afrique de l'Est pour rencontrer ceux de l'Afrique de l'Ouest afin de créer un brassage et leur permettre d’apprendre les uns des autres. Ce que nous proposons ici, c'est de l'artisanat d'art. Tout ce que nous mettons au niveau de nos bureaux, de nos maisons. Il y a du textile, de la vannerie, des articles d’ameublement… Il y a plus de 150 pièces », fait savoir Sandra Idossou, directrice de la galerie Kouleurs d'Afrik. Elle réaffirme son attachement aux articles made in Africa qui sont très originaux. « J'aime beaucoup l'Afrique et ses diversités. L'Afrique a un patrimoine culturel qui n'a pas d'égal. Je suis fière de cette Afrique et je suis fière de consommer local», soutient Sandra Idossou. En visite à l’occasion du vernissage de l’exposition, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola, apprécie : «C'est un plaisir d'être ici à cette exposition dénommée Kouleurs d'Afrik. On y découvre de belles choses C'est de l'artisanat, avec des pièces uniques, des pièces originales venant de plusieurs pays d'Afrique dont le Bénin... Et c'est la preuve que si nous accompagnons nos artisans, ils sont capables de réaliser des œuvres uniques qui vont embellir nos maisons », a déclaré Jean-Michel Abimbola. Le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts a encouragé les organisateurs et en l'occurrence Sandra Idossou pour son amour pour les œuvres d'art, son amour du "Consommons local". Culture 31 mai 2022


John Médard Sèdokoun sur l’éclosion de la mode au Bénin : « Il faut que les hommes d’affaires s’associent aux créateurs »
La mode est un secteur qui semble secondaire alors même que c’est une véritable source de richesse. Pour John Médard Sèdokoun, promoteur de mode et directeur artistique de plusieurs événements panafricains, le secteur de la mode au Bénin est plein d’opportunités mais a besoin d’investisseurs. Il présente dans cette interview les défis à relever pour l’éclosion de la mode au Bénin. La Nation : La mode au Bénin, un secteur créateur de richesse ? John Médard : L’homme le plus riche de l’Europe est dans le secteur de la mode. C’est Bernard Arnault, le patron de Lvmh dont l’une des marques phares est Louis Vuitton. Il est, selon le dernier classement Forbes, le troisième homme le plus riche du monde derrière Elon Musk et Jeff Bezos. En réalité, le secteur de la mode fait deux fois le secteur de l’automobile. Si les hommes d’affaires africains et spécialement béninois saisissaient la réelle ampleur de ce secteur, ils allaient investir dans la mode. Le gouvernement béninois a sans doute compris cela et a déclaré tout un mois: « Le mois de la mode ». C’est honnêtement une grande vision, c’est même un privilège ! On peut dire que l’Etat a compris que c’est un secteur qu’il faut prendre au sérieux, et c’est déjà un bon début. La mode est un secteur pourvoyeur de richesse. C’est un secteur dans lequel vous avez plus de 300 acteurs. C’est dire que vous avez plus de 300 métiers dans le secteur de la mode. Beaucoup de personnes ne savent pas que la mode englobe même les coiffeurs, ceux qui sont dans la parfumerie, les soins esthétiques, pédicure, manucure… C’est un secteur gigantesque et nous sommes vraiment heureux qu’aujourd’hui, les gouvernants l’aient compris et accompagnent les acteurs. Je dirai donc pour répondre à votre question que la mode est réellement un secteur pourvoyeur de richesse. Même s’il faut reconnaître qu’actuellement en Afrique et plus particulièrement au Bénin, ce n’est pas encore le cas. On y arrive progressivement. Les filières comme le Kanvo, le Elouvo sont aujourd’hui promus au Bénin et c’est la preuve que notre Etat est en train de prendre le secteur au sérieux. Bientôt, nous en aurons les retombées. Qu’est-ce qui ralentit le rayonnement de ce secteur au Bénin ? Le gros problème depuis toujours, c’est la professionnalisation. Vous avez des gens qui sont autodidactes, c’est-à-dire des gens qui n’ont pas appris le métier mais qui sont pétris de talent; vous avez d’autres qui l’ont appris mais qui n’ont pas forcément les outils qu’il faut ni le talent. Or, la mode c’est la création, il faut avoir cette aptitude artistique pour créer. Et quand on a l’idée, il faut apprendre pour pouvoir mieux la mettre en pratique. En plus, il y a tellement de branches. Quand vous entrez dans le secteur des stylistes, vous avez les stylistes, les modélistes, des créateurs, des accessoiristes…, et tous ceux-là concourent à sortir un vêtement. Le défi, c’est donc comment réunir toutes ces catégories pour en faire de grands groupes, facteurs de développement, afin d’avoir des Louis Vuitton, des Dior… C’est le défi et il faut d’abord passer par la professionnalisation. Et je suis bien content de voir qu’il y a aujourd’hui des écoles, des instituts, des centres de formation technique… Par ailleurs, il y a encore beaucoup de créateurs de mode, de promoteurs d’agence de mannequins qui ont du mal à joindre les deux bouts. Un promoteur qui veut organiser un événement a souvent du mal à joindre les deux bouts. Déjà, le regard des concitoyens qui pensent que la mode est la chose des Blancs alors que tous les jours nous nous habillons, les femmes se maquillent… Tous les jours, nous vivons de la mode mais on oublie que c’est un secteur dans lequel des gens travaillent d’arrache-pied. Mais au-delà de tout, le secteur de la mode a besoin aujourd’hui des hommes d’affaires. Des hommes d’affaires dans la mode, pour quel intérêt ? Beaucoup n’ont pas compris qu’investir dans ce secteur, c’est s’enrichir. Lorsqu’il y a crise, partout, c’est le secteur qui résiste le mieux. Malgré tout ce qui peut arriver, personne ne sort nu, et quand nous nous habillons, c’est le secteur de la mode qui vit. C’est ce qui fait que pendant la crise sanitaire, alors que tout le monde était affolé, le secteur de la mode a su s’adapter et offrir des solutions. Qu’il nous souvienne que quand la crise sanitaire de Covid-19 a commencé par toucher les populations béninoises, ce sont les créateurs locaux qui sont venus à la rescousse avec la confection de masques pour protéger les populations et qui par la même occasion, se sont enrichis. Quand on investit dans la mode, c’est un investissement avec garantie. Il faut que les hommes d’affaires et les politiques puissent s’associer aux créateurs et acteurs de la mode pour créer une grosse industrie. Quand je prends par exemple le Kanvo, qui est en train d’être labélisé au Bénin, il va falloir des industries pour le porter, le soutenir. C’est déjà une bonne vision que le gouvernement a, et il reste l’accompagnement des hommes d’affaires. L’Etat va certainement ajouter le Elouvo ou l’Indigo pour que dans le secteur textile, nous ayons nos propres matières premières. Et ce sont déjà des facteurs de richesse. Car ce sera de la consommation locale et plusieurs acteurs locaux vont y travailler. Si nous arrivons à surmonter ces défis, c’est clair que nous avons de beaux jours devant nous. Mais il faudra d’abord relever un défi. Lequel ? La vie en association. Parce que la mode ne peut bien se porter que si nous unissons nos forces et fédérons nos énergies. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai présidé à la création de différentes associations dont l’Association des créateurs de mode du Bénin (Acmb), l’Association des promoteurs de mode et agences de mode du Bénin, l’Association des personnels de mode du Bénin. L’idée, c’est de se mettre ensemble. C’est ce qui a permis aujourd’hui que nous puissions bénéficier d’une oreille attentive au niveau du gouvernement. On sait désormais qu’il y a des acteurs bien organisés qui existent et animent le secteur. Il y a eu plusieurs discussions initiées avec le ministre Oswald Homéky, autrefois en charge de la Culture. Ce sont d’ailleurs ces discussions qui ont abouti, entre autres, au mois de la mode. Nous mettre ensemble n’a pas été du tout facile. Je me rappelle que ça a été un long combat. Mais grâce à la bonne volonté des créateurs de mode, nous y sommes arrivés. Mais l’autre difficulté une fois que nous nous sommes mis ensemble, c’est de pouvoir collaborer effectivement. Parce que l’idée à la base, c’est d’arriver à créer la fédération des professionnels de la mode. Nous n’y sommes pas encore parvenus, mais nous sommes là-dessus. Culture 31 mai 2022


Plantation de palmier à huile sélectionné : la campagne 2022-2023 lancée
Le directeur adjoint de cabinet du ministre en charge de l’Agriculture, Abdoulaye Toko, a officiellement lancé, vendredi 27 mai dernier, la 3e édition de la campagne de plantation de palmier à huile sélectionné. L’objectif est la mise en terre de 1 750 000 plants. Le top a été donné à Obada, village de l’arrondissement de Yoko à Sakété.
Le gouvernement est décidé à faire retrouver à la filière palmier à huile ses performances d’antan. La preuve en a été donnée à nouveau, vendredi 27 mai dernier, à travers le lancement de l’édition 2022-2023 de la campagne de plantation de palmier à huile sélectionné. Pour cette édition, 1 750 000 plants dont 125 000 subventionnés par le gouvernement au profit des producteurs sont prévus pour être mis en terre. Le lancement officiel de la campagne a eu lieu sur le site du promoteur Sosthène Salako dans le village d’Obada dans l’arrondissement de Yoko, commune de Sakété. Ici, 900 plants ont été mis en terre sur un domaine de six hectares.
Procédant au lancement officiel de la campagne, le directeur adjoint de cabinet du ministre en charge de l’Agriculture, Abdoulaye Toko, est revenu sur les fonctions importantes du palmier à huile au Bénin, notamment celles socio-culturelle, cultuelle, religieuse, médicale, nutritionnelle et économique. C’est d’ailleurs pourquoi, explique-t-il, le gouvernement a décidé de relancer la filière à travers l'élaboration et la mise en œuvre du Programme national de développement de la filière (Pndf) palmier à huile.
Selon lui, des résultats probants sont déjà obtenus après seulement trois ans de mise en œuvre. Au nombre de ces résultats, Abdoulaye Toko cite la mise en place d’environ deux millions de graines germées auprès des pépiniéristes agréés du Centre de recherche agricole des plantes pérennes (Crapp) pour une prévision de 1 600 000 graines en 2021; le renforcement de la lutte contre les pépiniéristes pirates afin de garantir la qualité du matériel végétal aux planteurs; l’installation de plus de 8 000 ha de nouvelles superficies de palmier à huile sélectionné pour une prévision de 5000 ha en 2021 ; la mise en place d’infrastructures d’entreposage et de stockage d’huile rouge au sein des clusters dans les communes de Djakotomey, Bohicon et Sakété ; la mise en place d’unités mobiles de prestation de services dotées d’équipements modernes pour l’entretien des palmeraies et la récolte de régimes puis la facilitation pour l’accès aux engrais spécifiques à tous.
De nouveaux chantiers
Le directeur adjoint de cabinet du ministre en charge de l’Agriculture salue les résultats obtenus. Il encourage tous les acteurs à porter encore plus haut cette filière. Car, indique Abdoulaye Toko, il faudra encore de l’organisation et de la méthode pour épargner à la filière certains maux qui la tirent encore vers le bas dans la sous-région.
Il rassure que le gouvernement travaille actuellement sur de nouveaux chantiers dans le but d’améliorer davantage les performances de la filière, surtout dans un contexte actuel de crise mondiale marquée par la cherté de la vie et la montée démesurée des prix des huiles en dépit des efforts. Abdoulaye Toko invite les investisseurs nationaux et internationaux à s’intéresser massivement à cette filière.
Le bénéficiaire Sosthène Salako prend l’engagement de faire un suivi rigoureux des plants pour qu’ils deviennent de très grands palmiers. Le préfet du Plateau, Valère Sètonnougbo, et le maire de Sakété, Nestor Idohou, ont chacun encouragé le gouvernement pour les différentes réformes qu’il a opérées dans le secteur et notamment pour la paix retrouvée au sein des coopératives d’aménagement rural.
Société 31 mai 2022


Après les cérémonies de «Ganmèvo Fifon» à Djimè : Dada Dèwènondo Gbêhanzin en route pour le palais central de Danxomè
Après cinq jours de rituels, les cérémonies dites "Ganmèvo Fifon" à Djimè à Abomey ont pris fin tard dans la nuit du vendredi 27 mai dernier. Le clou des cérémonies a été le "Houn gnigni" fait de rituels d’identification aux rythmes des divinités. Durant cinq jours, le palais de Djimè a vibré aux rythmes des diverses divinités du Danxomè. Les manifestations, aussi bien nocturnes que diurnes, ont drainé des foules impressionnantes de familles princières et de collectivités alliées aux Gbêhanzin. Les cérémonies dites "Ganmèvo Fifon" faites d’activités culturelles et cultuelles ont été clôturées par le nouveau roi Dèwènondo Gbêhanzin. Les divinités et les mânes des ancêtres de ce palais ont été implorés et célébrés pour la prospérité du règne du nouveau locataire du palais de Djimè. Une cérémonie qui a permis aussi de rendre hommage aux douze lignées de la dynastie royale de Danxomè, pour implorer la clémence et les bénédictions des mânes des ancêtres en vue de la paix, du bonheur, de l’abondance, de la santé, de la longévité en faveur de tous les Béninois, des dirigeants politiques et de tous les princes et princesses du royaume. Ainsi, tous les Assiata, Gbonougan, vodounon, vodounsi, et responsables de lignées royales ont été associés à cette communion fraternelle. La boucle étant désormais bouclée à Djimè, Dèwènondo Gbêhanzin prend la route du palais central Singbodji à Abomey pour y être investi roi du plateau d’Abomey dans les prochains jours. Après avoir exprimé sa satisfaction pour la réussite de ces cérémonies qui ne s’étaient plus tenues depuis 11 ans, Dada Dèwènondo Gbêhanzin suggère que celles-ci s’organisent deux fois l’an ou périodiquement selon la volonté des ancêtres qui sont les seuls à assurer l’organisation d’une telle manifestation. Et, précise-t-il, «Ce n’est pas une invention. C’est une tradition qui se perpétue de génération en génération ». Des prières exaucées Dada Dèwènondo Gbêhanzin poursuit en indiquant que les diverses prières, les souhaits émis à l’endroit des aïeux lors des présentes cérémonies ont été bel et bien exaucés. Et cela s’est traduit par la présence des Dada, c’est-à-dire les ancêtres incarnés qui ont manifesté leur gratitude à travers la cérémonie dite "Wéhon". Des adeptes de vodoun, représentant les ancêtres, ont fait leur apparition sur scène. Chants, danses et panégyriques claniques ont accompagné leur majestueuse sortie sur plusieurs jours. Selon les explications du prince Constant Agbidinoukoun-Glèlè, il a été noté la présence de plusieurs catégories de Dada. « Il y a les Dada elles-mêmes qui sont au nombre de trois. On les reconnait de par leurs accoutrements. Elles sont accompagnées de leurs assistants qui échangent avec elles. C’est un symbole, un rituel », insiste-t-il avant de faire remarquer que la compréhension ou le décryptage de cet acte n'est pas à la portée de tout le monde. Il précise que « ceux qui s’y connaissent, quand ils voient, savent de quoi il s’agit parce que tout le monde n’est pas initié et tout le monde ne peut pas être initié non plus ». Le rituel dit "Houn gnigni" a consacré la fin des cérémonies. C’est un moment solennel où on congédie les tam-tams invités à la manifestation. Les organisations ont témoigné leur gratitude à tous ceux qui les ont accompagnés de diverses manières pour la réussite de Ganmèvo Fifon. Au bilan, Constant Agbidinoukoun a estimé que le pari est gagné. Ce qui donne à sa Majesté la plénitude de son pouvoir royal. Après la clôture de ces cérémonies, cap est désormais mis sur Singbodji, le palais central de Danxomè. Culture 31 mai 2022


Réflexion : Retour des trésors royaux, promotion culturelle et touristique
L’évènement ayant marqué l’actualité durant ces derniers mois demeure le retour et l’exposition des œuvres royales restituées, un fait historique et culturel éminent. C’est une action importante sans précédent depuis l’indépendance du Bénin, il y a plus de soixante ans, et qui participe de la valorisation de notre histoire tout en contribuant à la promotion de la culture béninoise. Exposition des œuvres royales et de l’art contemporain Très peu de Béninois savaient qu’à la suite de la victoire de l’armée française sur les combattants dahoméens pendant la colonisation, de nombreuses œuvres royales ont été transférées en France. Leur retour aujourd’hui est une découverte pour les uns, une source d’inspiration pour les autres. L’engouement qu’a suscité leur exposition entrainant plus de 200.000 visiteurs en trois mois d’ouverture, est la preuve éloquente de la satisfaction et de la fierté de la population. C’est un acte de grande portée nationale qui justifie la décision gouvernementale relative à son ouverture de nouveau pendant 45 jours à partir du 15 Juillet prochain, en vue de satisfaire les doléances de nombreux Béninois de l’intérieur comme de l’extérieur. Les 26 œuvres d’art restituées avaient chacune son histoire et son caractère culturel, permettant de se faire une idée sur l’organisation et la puissance du royaume dirigé par des souverains dignes, patriotes et foncièrement hostiles à la colonisation et à la domination étrangère. A voir ces œuvres, on est impressionné par la qualité de la conservation alors que leur départ de leur milieu naturel remonte à plus d’un siècle. La qualité de cette conservation doit pouvoir se maintenir au Bénin. A ce niveau, il n’y a pas d’inquiétude lorsqu’on voit les conditions et les précautions techniques prises pour l’exposition dans deux salles du palais. Le musée qui sera la destination finale s’inspirera certainement des mêmes dispositions pour éviter leur probable altération. Une autre observation qu’il convient de faire, c’est la qualité artistique de ces œuvres à cette époque. La conception des trônes des rois Guézo et Glèlè, les bas-reliefs, la qualité du bois utilisé etc…, témoignent du niveau appréciable du génie des artisans. On en déduit que sans la colonisation qui est venue tout remettre en cause, cette ingéniosité aurait beaucoup évolué. Ce qui est admirable et agréablement surprenant, est que ces artisans n’ont fait ni les écoles des Beaux-arts, ni suivi aucune formation architecturale. Cependant, ils maitrisaient les techniques en la matière, surtout les théories de la géométrie et de la symétrie, entre autres. Aujourd’hui encore, nombreux sont les artistes béninois naturellement doués qui n’ont rien à envier à leurs collègues sortis des écoles spécialisées. Parmi les concepteurs des 106 œuvres d’art contemporain exposées à côté des trésors royaux, figurent ces deux types d’artisans. C’est le moment de saluer l’initiative consistant à valoriser les œuvres royales anciennes, en les accompagnant de l’exposition des œuvres contemporaines, ce qui a permis de constater que l’ingéniosité artistique du passé, se manifeste encore de nos jours d’une manière moderne, conforme à l’évolution culturelle, aux goûts du public national et étranger. A ce titre, la dénomination de l’exposition a été bien trouvée : « Art du Benin d’hier et d’aujourd’hui : de la restitution à la révélation ». La statue de l’Amazone et l’ancien mémorial La combinaison des deux types d’art est une opération de markéting de grande valeur touristique, comme le monument érigé à la mémoire et en hommage aux Amazones derrière le palais présidentiel. L’histoire des femmes guerrières du Dahomey, atteste de ce que la défense du royaume n’était pas seulement l’affaire des hommes, mais aussi celle des femmes. C’est donc juste qu’un monument impressionnant soit érigé pour immortaliser leur mémoire, bravoure, témérité salutaire et opportune. Ce qui compte, ce n’est pas la personne que représente cette statue, mais plutôt le symbole et l’hommage à ces dignes femmes guerrières. Elles ont marqué l’histoire et fait du Bénin, le seul pays ayant connu cette expérience en Afrique. On peut considérer que cette statue honore de fait la mémoire de la créatrice de l’armée des amazones, à savoir la Reine Tassi Hangbé qui a régné de 1708 à 1711, à la mort de son frère Akaba, d’après le récit des historiens béninois. L’initiative de l’érection de cette statue est salutaire et digne de félicitations, car elle immortalise la mémoire des amazones dont l’expérience est une marque et une pratique typiquement béninoises. On aurait dû le faire plus tôt au lendemain de l’indépendance, compte tenu de son originalité. Il s’avère necessaire de savoir défendre et mettre en valeur tout ce qui caractérise notre pays, notamment ses valeurs culturelles et touristiques. Il fut un temps par exemple, où un pays voisin, constatant que le Bénin ne savait pas vendre la richesse touristique que constitue Ganvié, s’était permis de faire, à l’attention des touristes étrangers, la publicité sur les mérites et la spécificité de ce village lacustre, comme s’il était sur son territoire. Cette situation ambiguë répond à l’idée que «la nature a horreur du vide». Elle permet dans le cas d’espèce, de se convaincre de l’opportunité et de la nécessité de cette statue Amazone. Sur le site où elle est érigée, il y avait un autre monument symbolisant l’histoire de l’esclavage,’’ le Mémorial de la réconciliation’’. Il est souhaitable que ce mémorial à valeur historique et touristique, soit reconstruit sur le même site, ou dans le pire des cas, ailleurs sur la plage, avec une nouvelle architecture plus esthétique, significative et imposante. Cela permettra aux touristes Noirs Américains qui avaient l’habitude de le visiter, de continuer à le faire pour se ressourcer à travers leurs racines. Les touristes feront ainsi d’une pierre, deux coups en visitant à la fois le mémorial et le monument de l’Amazone. On pourrait aussi y installer une buvette servant des ‘’fast food’’ nationaux pour permettre aux visiteurs d’étancher leur soif, en écoutant les variétés musicales locales ainsi que les chansons de combat des amazones. La musique, un autre élément de la culture La culture comprenant plusieurs facettes, l’occasion parait propice pour faire référence à l’une de ces composantes, à savoir la musique. La musique béninoise est riche, talentueuse et variée, mais très peu connue à l’extérieur. On aurait dû en son temps soutenir le ‘’Tchink system’’ du feu Stan Tohon et en faire une marque béninoise. Malheureusement, ni l’Etat, ni les vedettes de la chanson n’ont su soutenir cette création valorisant un rythme traditionnel modernisé. Après la mort de son créateur, on n’en parle même plus. Toutefois, par la volonté artistique, cela peut encore être rattrapé. On aurait ainsi le Tchink system au Bénin, comme le ‘’Zoblazo’’ en Côte d’Ivoire, la Rumba au Congo, le juju music au Nigéria. La copie ou l’imitation de la musique d’ailleurs par nos artistes, contribue à la promotion du rythme étranger, et non du nôtre. Mieux, quelle que soit la qualité de l’imitation d’un air musical étranger, elle ne saurait égaler l’original. Le fonds de soutien à la culture mis en place depuis quelques années, autrefois appelé le milliard culturel devenu plus tard plusieurs milliards, devrait contribuer à la promotion de cette facette de notre culture, et tenir compte de ce que pour le moment, la musique ne nourrit pas son homme au Bénin. Partout où la musique tranche, comme au Nigeria, en Côte d’Ivoire et en Rdc, les acteurs de cet art bénéficient, soit du soutien de l’Etat, soit de celui des sponsors de tous genres, ou des deux à la fois. Le cas le plus éloquent est celui des musiciens Franco, Rochereau, Nico et autres qui ont largement profité de la générosité de l’Etat et des largesses du président Mobutu à titre personnel, en son temps. Il est notoire et évident que la jouissance des conditions matérielles favorables, par les artistes, favorise l’éclosion de leur génie et talent culturel. La promotion de la culture est aussi l’œuvre des médias nationaux. A ce jour, à notre avis, la télévision Eden TV s’est fait remarquer par la g grille de son programme consacrée à la musique nationale, tant traditionnelle que moderne. La chaine nationale, l’Ortb, prêche l’exemple dans ce domaine mais d’une façon insuffisante. Or si les médias nationaux ne valorisent pas notre culture, en l’occurrence la musique, ce ne sont pas les organes de presse étrangers qui le feront. Ce qui vient d’être dit de la musique est valable pour les autres composantes de notre culture, un élément important de l’identité et du patrimoine culturel. Celui-ci comprend, en effet, les traditions ou les expressions vivantes héritées des ancêtres et transmises aux descendants, comme les traditions orales, les arts, le spectacle, les pratiques sociales, les rituels, les évènements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers etc… Il est généralement admis que la culture est un facteur du progrès économique et social. Le retour des œuvres royales, évènement spécial et acte patriotique libérant les énergies de la créativité, rentre dans ce cadre. Il est communément reconnu que le développement du Japon, de la Chine, de l’Inde et autres pays asiatiques, est essentiellement favorisé par la conservation de leur culture. Ailleurs, les valeurs culturelles ont malheureusement souffert de léthargie ou de quasi extinction, du fait des aléas de l’histoire. C’est le cas des pays en développement qui peinent aujourd’hui à réhabiliter leur culture. En Afrique surtout francophone, la colonisation a rendu une grande tranche de la population, en particulier les cadres et intellectuels, culturellement aliénés ; cet état de choses nous amène, entre autres, à préférer aux produits locaux, ceux en provenance de l’extérieur, ce qui a un impact sur l’esprit de créativité et d’invention technologique, de même que sur la balance des paiements. Mais après plus de soixante ans d’indépendance, les rectifications nécessaires devraient être faites. Car un homme ou un pays qui perd sa culture ou son histoire, est comme un zèbre sans rayures. Il est alors condamné à être dominé par d’autres cultures et civilisations. Du coup, c’est la perte de l’identité, ce qui est déplorable, grave. L’identité est d’une importance vitale en ce sens qu’elle «permet de définir socialement l’individu et de le situer dans la société en fonction de ses appartenances qui sont rarement neutres». Toutefois, la précaution à prendre pour que notre culture participe réellement au développement et rayonne à travers le monde, est de la débarrasser des aspects négatifs impropres au bienêtre, à l’épanouissement social de l’homme, toutes choses qui sont de nature à entraver la paix du cœur, le progrès et l’innovation. Il y a lieu de mettre surtout en exergue son aspect purement culturel, festif et identitaire. Avec la restitution des œuvres royales, on peut nourrir l’espoir que l’histoire et la culture du Bénin seront réécrites, restaurées en vue de servir de base à la promotion du tourisme qui dans un pays comme l’Afrique du Sud, passe pour être la deuxième source de revenus après les mines (or, diamant et autres minerais). Il n’y a pas de doute que grâce à l’option et la vision du gouvernement, le tourisme au Bénin connaitra un avenir promettant, de même que la culture. Le souhait des Béninois, du reste, en adéquation avec celui du chef de l’Etat, est que la restitution des premiers vingt-six trésors royaux, soit suivie de celle de nombreux autres chefs- d’œuvres culturels et artistiques qui sont encore exposés dans les galeries et officines de l’ancienne puissance coloniale. Ambassadeur, spécialiste des questions internationales Par Jean-Pierre A. EDON Société 31 mai 2022


Concours Africa Wiki Challenge :La deuxième édition lancée en ligne
La deuxième édition du concours mondial d’écriture dénommé « Africa Wiki Challenge » a été lancée, vendredi 27 mai dernier, en ligne. Cette campagne virtuelle qui s’étend jusqu’au 30 juin prochain, vise à générer du contenu lié à l'Afrique sur Wikipédia et s’articulera autour du thème : « Projeter la culture africaine». Organisée autour du thème: «Projeter la Culture africaine», la deuxième édition du concours mondial d’écriture Africa Wiki Challenge a été lancée, vendredi 27 mai dernier, au cours d’une cérémonie virtuelle. A cette occasion, les conférenciers invités, à savoir Phiwokuhle Mnyandu, maître de conférences en études africaines à l'Université Howard, États-Unis, professeur Kodzo Gavua, maître de conférences à l'Université du Ghana, Alice KIbombo, bibliothécaire et membre de la communauté Wikipédia en Ouganda, Lein Tetteh, agent de projet à la Société de développement du tourisme du Ghana, ont échangé avec les participants sur divers éléments liés au thème de ce concours qui veut mettre en avant la diversité culturelle de l’Afrique. Pendant un mois, les individus et les communautés ou organisations du monde entier vont aider à combler le fossé de contenus portant sur l'Afrique sur le Web en général et Wikipédia en particulier. « Tout Africain, personne d'ascendance africaine ou individu intéressé par un contenu sur l'Afrique et disposant d’un compte Wikipédia, peut participer à la campagne», précisent les organisateurs. Cette campagne vise à apporter plus de contenus pour améliorer le nombre d'articles sur l'Afrique, deuxième plus grand continent de la planète. Faut-il le signaler, en 2016, le Guardian a publié qu'environ 2,6 % seulement du contenu de Wikipédia en anglais concernait l'Afrique. Depuis lors, des efforts ont été faits pour améliorer les statistiques et changer le narratif sur Internet. Reconnaissant le travail accompli par les éditeurs et les Wikipédiens du monde entier, Wikipédia pense que l’Afrique mérite d'être couverte substantiellement. Les Africains d'Afrique et de la diaspora ont jusqu’au 30 juin prochain pour produire du contenu sur les tribus en Afrique, les divers festivals célébrés comme le festival Homowo au Ghana, le festival Sango Fire au Nigeria et Umkhosi Mhlanga en Afrique du Sud, les divers aliments consommés par les Africains, les mariages coutumiers en Afrique ainsi que les rites de passage des peuples d'Afrique comme les rites de naissance, les rites de puberté, les rites funéraires et tout autre sujet qui montre la diversité culturelle du continent. Société 31 mai 2022


100 questions de recherche sur la sécurité alimentaire et la nutrition : un outil décisionnel pour mieux lutter contre la faim
La consultation nationale multi-acteurs, dans le cadre de l’initiative de formulation des 100 questions de recherche actuelles et critiques sur la Sécurité alimentaire et la Nutrition (San), a été lancée, vendredi 27 mai dernier à Cotonou. Durant cette phase, les acteurs impliqués vont formuler les problématiques majeures liées à la San au Bénin.
Les efforts des gouvernants pour l’atteinte de l’objectif  « faim zéro » à l’horizon 2030 sont de plus en plus fragilisés. A peine sorti de la pandémie de Covid-19, le monde fait face aux conséquences néfastes de la guerre russo-ukrainienne ; sans oublier les effets des changements climatiques qui se font ressentir depuis plusieurs années.
Pour les responsables du Centre d’actions pour l’Environnement et le Développement durable (Aced), la prise en main, au Bénin, de la problématique de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans un tel contexte requiert la production de données actuelles et fiables. Ceci permettra d’informer et d’orienter les interventions des décideurs politiques et les actions de la société civile et des partenaires au développement. C’est ce qui motive l’initiative de formulation des 100 questions de recherche actuelles et critiques sur la Sécurité alimentaire et la Nutrition (San) dont la phase de consultation multi-acteurs a été lancée, vendredi dernier.
La rencontre a mobilisé une centaine d’acteurs engagés dans ce domaine sur le  plan national. A la suite de Fréjus Thoto, directeur exécutif d’Aced, qui a situé le contexte mondial et national de l’initiative, Prof. Roch L. Mongbo, président du conseil scientifique de ladite initiative, a présenté le projet aux participants, y compris les champs thématiques couverts, le niveau d’avancement actuel et la suite du calendrier. A l’en croire, la phase de consultation fait suite au cadrage thématique. Elle sera suivie de la phase de formulation des 100 questions et celle de leur priorisation.
Au cours de la discussion générale, les participants ont salué l’initiative et mis un accent particulier sur le contexte local caractérisé, entre autres, par les conflits entre agriculteurs et éleveurs, qui mettent en péril le principal facteur de production qu’est la terre, et les récoltes. Ils ont aussi appelé à une synergie d’actions durant le processus, et soulevé la question du financement.
Issaka Youssao Abdou Karim, représentant la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, apprécie l’initiative à sa juste valeur. Il va rappeler la place qu’occupe la San dans le Programme d’action du gouvernement (Pag II), et les actions et moyens engagés par l’Exécutif béninois compte tenu de l’importance de ce domaine. Par la même occasion, le conseiller technique de la ministre rassure l’Aced et ses partenaires du soutien du ministère.
La phase de consultation nationale ainsi lancée va durer un peu plus d’un mois. Au cours de cette phase, il sera procédé à la collecte nationale des problématiques majeures auprès de tous les acteurs impliqués dans la San. Les travaux sont supervisés par la coordination de l’initiative de formulation des 100 questions de recherche actuelles et critiques (conseil scientifique) composée de huit professeurs émérites.
Société 31 mai 2022


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