La Nation Bénin...
Nouvelles

Tout est fin prêt dans les départements du Zou et des Collines pour que les candidats au Bepc démarrent les compositions, lundi 27 mai prochain. Sur le terrain, les responsables des centres procèdent aux derniers réglages.
Ils sont 17.500 candidats à composer la semaine prochaine pour l’examen du Brevet d'études du premier cycle dans le département du Zou. En effet, pour cet examen deux cent cinq mille sept cent trente-trois (205.733) candidats vont plancher sur le plan national cette année. Au niveau du département du Zou, les dix-sept mille cinq cents (17.500) candidats composent dans vingt-trois (23) centres retenus contre 22 centres l’année dernière dans les neuf communes du Zou. Cette année 2019, la nouveauté porte sur la création d'un centre à Domè dans Zogbodomey, qui accueillera les candidats de Koussoukpa, Kpokissa et de Domè.
Selon le chef du service des Examens et Concours de la direction départementale des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle, Fidèle Vahimè, « les années antérieures, ces candidats arrivaient à composer difficilement au Ceg 1 de Cana. Cette année, avec le concours des autorités politico-administratives, on a pu créer ce nouveau centre », a-t-il précisé.
A l'endroit des candidats, Fidèle Vahimè n'a pas manqué d'adresser un message en cette veille du déroulement dudit examen. Il les appelle surtout à éviter les jeux brutaux, et à apprêter à temps les outils nécessaires pour la composition, sans oublier l'imperméable, étant donné que c’est la période des pluies. Les révisions jusqu'à des heures indues ne seraient pas bien pour les candidats. Le responsable départemental des Examens et Concours invite également les parents à veiller sur les candidats et à être attentifs à leurs besoins durant les trois jours de composition.
A la direction départementale de l’Enseignement secondaire située à Abomey, on met les bouchées doubles afin que tout le matériel nécessaire parvienne aux centres d’examen et soit réparti dans les centres de composition. Les numéros de table seront inscrits dans les salles d’examen dès le samedi et les centres ne seront accessibles aux candidats que le lundi matin.
Quant aux enseignants retenus dans le cadre de l’organisation de cet examen, ils pourront consulter, dès ce week-end, leurs noms affichés sur les murs de la direction départementale pour savoir quel rôle leur est attribué et dans quel centre ils sont commis au cours de cet examen.

Pour sortir les jeunes et les femmes de la précarité, le gouvernement multiplie les initiatives. La dernière en date, la création d’un fonds de soutien au financement des micro, petites et moyennes entreprises et à la promotion de l’entrepreneuriat féminin approuvé par le Conseil des ministres mercredi 22 mai.
Le Conseil des ministres de ce mercredi 22 mai a marqué son accord pour la création du Fonds de soutien au financement des micro, petites et moyennes entreprises et à la promotion de l’entrepreneuriat féminin en vue d’encourager et de promouvoir davantage l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, et soutenir financièrement les micro, petites et moyennes entreprises. Sa mise en place contribuera au développement de l’auto emploi au sein de la couche juvénile, soutient le gouvernement qui assigne à ce fonds, essentiellement pour mission, l’amélioration de leur accès au financement à travers la diversification des outils (refinancement, capital-risque, crédit-bail et affacturage, bonification des taux, mécanismes de garanties et de cautionnement mutuel), le développement de l’offre de services non financiers par un mécanisme à frais partagés (renforcement des capacités, assistance technique avant et après financement, amélioration de l’environnement légal et réglementaire, financement des infrastructures de base), et l’amélioration de l’offre de services financiers et non financiers aux entreprises cibles, en prestant comme guichet unique.
Ce coup de pouce inédit à l’auto-emploi cible deux couches majeures que sont les jeunes et les femmes. De véritables acteurs de développement qui peinent souvent à avoir le financement, et que le gouvernement s’engage à sortir de la précarité, levant par la même occasion, les goulots d’étranglement à l’entrepreneuriat. Un tel fonds, comme on le voit, devra surtout inciter et encourager les acteurs qui pensent trouver leur chemin de réussite à travers l’entrepreneuriat. On peut y voir aussi, l’expression d’une politique sociale réfléchie et structurée avec des idées novatrices dont le point culminant semble être l’avènement de ce fonds pas comme les autres, avec des ambitions porteuses de développement pour les jeunes et les femmes.

Une délégation de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb) conduite par sa présidente par intérim, Zakiath Latoundji, a été reçue, le mardi 21 mai dernier, par le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac). Avec Adam Boni Tessi, il était question du financement de l’organisation de l’élection des représentants des professionnels des médias devant siéger prochainement à la Haac.
A la tête d’une délégation de plusieurs membres, la présidente par intérim de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), Zakiath Latoundji, était au cabinet du président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), ce mardi 21 mai. La question du financement de l’élection des représentants des professionnels des médias devant siéger au sein de la prochaine mandature de la Haac était le principal sujet à l’ordre du jour. Là-dessus, il n’y a absolument rien à mettre sous la dent. Du moins, pour l’instant. « Nous avons échangé avec le président de la Haac pour voir dans quelle mesure l’institution peut nous accompagner, quelles sont les possibilités de financement (nécessaire) qui s’offrent à la commission en charge de l’organisation de ces élections (Cea-Haac). Parce que cette commission doit pouvoir travailler pour l’organisation des élections au sein des professionnels des médias qui devront désigner leurs représentants qui vont siéger à la Haac », indique la présidente par intérim de l’Upmb. Zakiath Latoundji ajoute que la problématique de la délivrance de la carte de presse a été également évoquée au cours de l’audience. Des pistes de solutions sont en études pour surmonter toutes ces difficultés énumérées, à en croire la délégation de l’Umpb. De toute façon, la présidente par intérim et son équipe croisent les doigts puisque le président de la Haac s’est dit « ouvert et disposé à collaborer » avec eux. « Nous continuons les réflexions et nous gardons espoir que d’ici à là nous aurons gain de cause pour que tout se passe comme cela se doit », conclut Zakiath Latoundji.
Il est à noter qu’au début de la séance,le bureau intérimaire de l’Union a présenté ses civilités et la nouvelle configuration de l’équipe à Adam Boni Tessi et à ses pairs. «Cela était important parce que la Haac est une institution partenaire. C’était vraiment important de venir présenter nos civilités et présenter les membres de l’équipe intérimaire au président de la Haac… », confie Zakiath Latoundji à sa sortie d’audience. Le bureau intérimaire de l’Upmb a été installé après la démission de l’ancien président, Franck Kpochémé. Celui-ci a annoncé sa candidature au poste de conseiller à la Haac.

Le 54e Conseil d’administration des gouverneurs de la Banque africaine de développement (Bad) et la 45e Assemblée annuelle du Fonds africain de développement se tiendront au centre de conférence de Sipopo du 11 au 14 juin prochain à Malabo, en Guinée équatoriale. Cette annonce a été faite par le représentant résident de la Bad au Bénin, John E. C. Andrianarisata, lundi dernier, à Cotonou, au cours d’une séance d’échanges avec la presse.
« L’intégration régionale pour la prospérité économique de l’Afrique », c’est le thème des Assemblées annuelles du groupe de la Banque africaine de développement qui se déroulent du 11 au 14 juin prochain à Malabo en Guinée équatoriale. Un thème qui constitue l’un des cinq domaines d’intervention prioritaires de l’institution panafricaine de développement.
Principal bailleur de fonds du continent africain en matière d’infrastructures, la Banque africaine de développement, selon son représentant au Bénin John E. C. Andrianarisata, se concentre sur la connectivité régionale, en investissant dans les infrastructures telles que les routes, les lignes de transmission électrique, les pipelines et les réseaux de télécommunication. Elle s’investit également à élaborer et appliquer les politiques cohérentes pour une ouverture des frontières.
Pour John E. C. Andrianarisata, les Assemblées, qui réunissent quelque 3000 délégués et participants sont l’événement le plus important de l’année pour la banque. Elles représentent un forum de dialogue unique sur les questions clés du développement en Afrique pour les gouvernements, les entreprises, la Société civile, les universitaires et les médias du monde entier.
Les Assemblées annuelles 2019 donneront lieu à un dialogue de haut niveau entre présidents sur le renforcement de l’intégration économique en Afrique. Au programme également, le rapport de référence de la banque,
« Les perspectives économiques pour l’Afrique 2019 », publié en janvier dernier, fera l’objet d’une présentation.
Le représentant résident du groupe de la Bad au Bénin estime que les gouvernements africains et les communautés économiques régionales doivent coopérer afin de faciliter le transfert transfrontalier des biens, des services, des personnes, de l’argent et du savoir. L’Afrique, rappelle-t-il, a un produit intérieur brut (Pib) de plus de 3 400 milliards de dollars avec un milliard d’habitants. Un tel marché pourrait, selon lui, créer d’énormes opportunités pour les producteurs et les consommateurs du continent.
En effet, selon l’indice d’ouverture des visas de la Bad en 2018, seulement 25% des pays du continent n’exigent pas des Africains un visa pour voyager contre 22% en 2017 et 20% en 2016. Tandis que 51% des pays africains continuent d’imposer un visa aux ressortissants africains contre 54% en 2017 et 55% en 2016. En la matière, John E. C. Andrianarisata reconnait que le Bénin a connu une grande avancée sur le plan continental. Car, c’est le seul pays qui, en Afrique aujourd’hui, a supprimé le visa d’entrée sur son territoire à tout ressortissant africain.

Les points focaux des conventions auxquelles le Bénin est partie sont en formation du 22 au 24 mai à Cotonou. La formation porte sur la mise en œuvre des Objectifs de développement durable environnementaux et vise à dispenser aux points focaux, de nouveaux savoir-faire.
Les points focaux des conventions ratifiées par le Bénin dans le domaine de l’environnement, une quarantaine environ, suivent, pendant trois jours, une formation de renforcement de leurs capacités. Cette formation porte sur la mise en œuvre des Objectifs de développement durable environnementaux au Bénin et leurs indicateurs spécifiques. Selon le coordonnateur du projet de renforcement de capacité nationale pour la gestion de conventions relatives à l’environnement en lien avec les Objectifs de développement durable et la mise en place d’un système d’information statistique, elle vient en réponse à l’une des recommandations des points focaux lors du lancement du projet le 21 février 2018. L’objectif principal du projet est de renforcer les capacités nationales en matière de gestion de l’information et de connaissance environnementale pour la mise en œuvre des projets et l’établissement de rapport sur les accords multilatéraux relatifs à l’environnement en lien avec les Odd au Bénin. Le besoin de formation était pressant et celle-ci vient à point nommé, selon le coordonnateur du projet, Djibril Degila. « L’originalité de cet atelier réside en ce qu’il apporte une nouvelle dynamique dans la mise en œuvre et le suivi des conventions relatives à l’environnement en y intégrant des indicateurs des Odd d’environnement », confie-t-il avant de préciser qu’il est indispensable qu’un nouveau savoir-faire soit dispensé aux points focaux.
Le directeur général de l’Environnement et du Climat, dont le service abrite la plupart des conventions, le professeur Martin Aïna Pépin se réjouit de l’aboutissement de la formation qui se déroule sous la conduite du professeur Alastaire Alinsato, directeur général de la coordination et du suivi des Odd. Il ne doute pas de la compétence de ce dernier qui partage ses compétences à l’international sur les Odd. « Avec un tel formateur, professeur de rang magistral, je ne doute pas de l’atteinte des résultats de cette formation », a confié le Dgec. Le directeur général de l’Environnement et du Climat a fait savoir que depuis février 2017, sous le leadership du ministre du Cadre de Vie et du Développement durable, de nouvelles orientations sont données avec une nouvelle vision qui préside à la gestion des conventions par les points focaux. « Cette nouvelle vision est axée sur la gestion des résultats dont les implications sont l’efficacité et la recherche de synergie non seulement entre les points focaux mais aussi entre les différentes conventions. Ce qui fait qu’elles sont regroupées en plateforme ayant à leur tête des coordonnateurs de gestion », a souligné Martin Pépin.
« S’il est évident que vous êtes familiers aux contenus de vos conventions respectives, ce n’est pas certain que pour les Odd nous ayons tous fait l’exercice pour aborder la question des conventions par rapport aux Odd et aux cibles qui y sont liées », a laissé entendre la directrice de cabinet du ministre du Cadre de Vie et du Développement durable, Jeanne Josette Acatcha Akoha, représentant le ministre. Selon ses explications, les participants doivent s’approprier le contenu des dix-sept Objectifs de développement durable ainsi que les cent soixante-neuf cibles et les deux cent quarante-quatre indicateurs. « Il est vital pour vous de connaître parfaitement ces Odd environnementaux pour mieux accomplir votre mandat de suivi et de mise en œuvre des conventions tout en n’occultant pas les autres Odd, car ils sont tous inter-reliés », a confié la directrice de cabinet du ministre José Tonato. Il faut rappeler que les points focaux seront entretenus par le professeur Alastaire Alinsato sur les Odd 11 à 15.

Encadrés par des volontaires et des chercheurs volontaires de l’Institut de recherche pour le développement (Ird) et ses partenaires, les cinq Clubs Jeunes du Bénin, composés des collégiens et lycéens, ont restitué les résultats de leurs travaux à leurs pairs et au public qui ont effectué le déplacement de l’Institut français de Cotonou, ce mardi 21 mai. A cette occasion, le représentant de l’Ird, Florent Engelmann, a réitéré sa détermination à promouvoir les Clubs Jeunes au Bénin en vue de l’atteinte des Objectifs de développement durable.
Venus des collèges et lycées de Cotonou, les Clubs Jeunes du Bénin ont présenté les résultats des études expérimentales dans leurs environnements proches sur des thématiques liées aux Objectifs de développement durable, ce mardi 21 mai à l’Institut français de Cotonou. Rita Saudégbé, chargé de communication de l’Institut de recherche pour le développement (Ird), a rappelé le bien-fondé de l’éducation qui, selon elle, est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde. A l’en croire, c’est dans cette logique que l’Ird et ses partenaires comptent sur les jeunes collégiens et lycéens pour relever le défi majeur du monde que constitue l’atteinte des Objectifs de développement durable (Odd). « C’est donc à juste titre que l’Ird et ses partenaires s’investissent pour éduquer, engager les jeunes à induire un changement de comportement dans leur communauté à travers les Clubs Jeunes », a-t-elle précisé.
Selon elle, disséminés un peu partout dans le monde, les Clubs Jeunes sont des collégiens et lycéens encadrés par leurs enseignants, des volontaires et des chercheurs volontaires de l’Ird ainsi que des chercheurs partenaires de l’Ird et qui, au terme de six mois, partagent leurs résultats avec d’autres jeunes et le public. Elle a exhorté les autorités à divers niveaux à soutenir les apprenants de ces Clubs Jeunes en mettant à leur disposition les outils nécessaires comme le fait l’Ird.
C’est alors que les cinq Clubs Jeunes du Bénin sont passés l’un après l’autre pour exposer leurs thématiques à l’assistance. Le club « Les Jeunes Chercheurs » du Lycée Montaigne a fait une présentation sur différentes thématiques dont la qualité de l’eau et la jacinthe d’eau à Ganvié tandis que les élèves des Collèges d’enseignement général de Dantokpa, Pahou, Le Lac et Les Pylônes ont exposé sur l’hépatite B, la maladie hémorragique à virus Lassa et les Odd 9 et 11.
Selon le Représentant de l’Ird Florent Engelmann, l’objectif que poursuit son institut à travers ces Clubs Jeunes, est de créer un réseau international de clubs de jeunes scientifiques et éco-citoyens pour l’atteinte des Odd. Pour lui, c’est agréable de voir les jeunes exposer sur des thématiques liées aux Odd devant leurs camarades et devant un public venus d’horizons divers. Il prend l’engagement de continuer à promouvoir cette initiative dans d’autres collèges du Bénin. « Je vais faire le maximum d’efforts pour trouver les moyens nécessaires afin que l’initiative soit réitérée dans d’autres établissements d’enseignement », a-t-il conclu.

Politique ayant, semble-t-il, changé de fusil d’épaule, le Pr Andoche Amégnissè préside désormais l’Association Eau et Electricité pour Tous (Eeet) qui œuvre, des idées novatrices en appui, pour l’atteinte d’un objectif de développement durable, à savoir l’eau potable pour tous, concourant au bien-être des populations, notamment les plus pauvres. Dans la présente interview, il passe en revue les résultats des politiques menées par les gouvernements successifs dans les secteurs Eau et Electricité, et détaille les perspectives y relatives.
La Nation : Professeur, certains Béninois vous connaissent, mais d’autres pas, et ils aimeraient savoir qui vous êtes.
Andoche Amégnissè : On m’appelle Amégnissè Andoche Célestin Fortuné. Je suis né à Porto-Novo le 24 septembre 1959. Je suis professeur des Universités, spécialiste de l’épistémologie (Philosophie des sciences) et de l’anthropologie (Science humaine qui s’occupe de la dimension sociale de l’homme) ; mais je n’ai jamais enseigné chez nous au Bénin. J’ai fait toute ma carrière à l’extérieur. En Côte d’Ivoire, au Gabon, en France et je l’ai terminée au Togo.
Et qu’est-ce qui vous a amené à créer l’association Eau et Electricité pour tous que vous présidez actuellement ?
Il s’agit d’une organisation citoyenne totalement apolitique. Et il serait bon ici d’expliquer ce que apolitique veut dire. Etre apolitique signifie qu’on s’en fout de la tête de celui qui est au pouvoir. Que ce soit Paul, Pierre ou Jean qui gouverne le pays, ce n’est pas cela qui intéresse ceux qui sont apolitiques. Ce qui nous intéresse, c’est ce que le pouvoir en place fait pour régler les problèmes du pays ; comment il le fait ; et si les populations sont satisfaites ou pas.Quand nous constatons qu’un pouvoir en place fait bien, nous l’encourageons et nous collaborons. Quand nous constatons qu’il fait mal, nous le dénonçons et nous le combattons.
Dans les secteurs de l’eau et de l’électricité, pensez-vous que le pouvoir en place fait bien ?
De notre point de vue et selon nos observations, nous constatons que la gouvernance du président Patrice Talon s’efforce de corriger quarante ans de mauvaise gestion des secteurs de l’eau et de l’électricité par les gouvernants passés.
De l’indépendance en 1960 jusque vers la fin des années 70, la République du Dahomey de l’époque, bien qu’elle eût des problèmes d’instabilité politique, avait une gouvernance économique parmi les plus saines en Afrique. La mauvaise gouvernance économique a commencé sous le Gouvernement militaire révolutionnaire (Gmr) arrivé au pouvoir en 1972 et qui est devenu Parti de la Révolution populaire du Bénin (Prpb) après avoir transformé la République du Dahomey en République populaire du Bénin. Ce régime faussement révolutionnaire a instauré une dictature qui a certes apporté la stabilité politique, mais a ouvert la voie au pillage de l’économie nationale par des citoyens incompétents et malhonnêtes. C’est à partir de ce régime faussement révolutionnaire que le package énergétique de notre pays a commencé à être détourné pour servir des privilèges et avantages octroyés aux cadres politiques et aux technocrates malhonnêtes. Dès lors, l’électricité est devenue plus chère pour les consommateurs ordinaires pendant que les administrations publiques gaspillaient l’énergie et les cadres et autres fonctionnaires abusaient des gratuités pour se livrer à du commerce sur le dos de l’Etat. C’est aussi de cette époque que date la cherté de l’eau. Car, pendant que l’électricité devient chère, la production de l’eau potable et son transport coûtent encore plus cher et l’eau potable augmente inévitablement de prix.Voilà la vérité.
Pourtant, le Bénin a évolué depuis les années dont vous parlez. Il y a eu la Conférence nationale de février 90 et depuis, plusieurs présidents de la République se sont succédé à la tête de l’Etat. Ne pensez-vous pas qu’ils auraient pu corriger cette mauvaise gestion ?
Non seulement ils auraient pu, mais personnellement je pense qu’ils auraient dû, et ils ne l’ont pas fait. Ils n’ont pas pris en leur temps les décisions qu’il fallait. Ni le président Nicéphore Soglo qui a préféré fermer les yeux sur cette triste réalité ; ni le général Mathieu Kérékou qui hélas, avait ramené dans son sillage certains auteurs de la gabegie faussement révolutionnaire; et encore moins le Docteur Yayi Boni plus préoccupé de populisme.
En quoi, selon vous, chacun de ces gouvernants a-t-il failli dans sa gestion de l’eau et de l’électricité ?
Commençons d’abord par la gestion du package énergétique (l’électricité) avant d’en arriver à l’eau potable. Lorsque Nicéphore Soglo était devenu premier ministre à l’issue de la Conférence nationale, la situation énergétique du Bénin était déjà catastrophique comme toute notre économie était d’ailleurs sinistrée. Dans le secteur de l’énergie comme dans les autres secteurs, Soglo s’est préoccupé de payer les dettes accumulées par le régime Gmr-Prpb, sans se préoccuper vraiment des causes profondes de mauvaise gouvernance qui ont engendré ces dettes. Or dans les administrations publiques, c’étaient les mêmes cadres de l’époque Gmr-Prpb qui étaient encore en place. Et ces cadres n’avaient changé ni de mentalité, ni leurs méthodes. Les mêmes causes engendrant les mêmes effets, ces mauvais cadres ont continué de mal gérer en faisant semblant d’être moins laxistes. Ainsi, Soglo a payé les anciennes dettes, mais de nouvelles dettes se sont hélas accumulées.
Prenons l’exemple des quotas de gratuités octroyés aux agents de la Sbee, à tous les hauts dirigeants ou cadres des institutions et administrations ainsi que les factures impayées des services publics dans les communes, les départements et au niveau national. Cela pèse extrêmement lourd sur les finances de la Sbee. Quelle entreprise peut survivre si après avoir dépensé cent francs pour constituer son stock destiné à la vente, elle est obligée de distribuer gratuitement trente francs de ce stock et si sur les soixante-dix francs de stock vendu, il y a encore trente francs de factures impayées non récupérables puisque ce sont des impayés venant des services de l’Etat ?
Voilà la situation. Et c’est le président Nicéphore Soglo qui devait mettre fin à cette situation invivable depuis 1990 qu’il était Premier ministre. Mais le président Soglo ne s’en était pas préoccupé.
Et après le président Soglo ?
Après lui, le général Mathieu Kérékou est revenu au pouvoir en 1996. Le général n’avait que deux préoccupations.Payer régulièrement les salaires. Car c’est le non-paiement des salaires qui avait engendré sa chute et celle du Grm-Prpb.
Ah bon ?
Ah oui ! Tant qu’une dictature parvient à payer régulièrement les salaires des fonctionnaires, cette dictature est obéie par la majorité des fonctionnaires et on ne peut pas facilement la faire tomber.
Et quelle était la seconde préoccupation du général ?
Le général avait compris que si le président Soglo n’avait pas obtenu un second mandat, c’est parce qu’il s’était mis à dos la grande majorité de la classe politique. Aucun régime (dictature ou démocratie) ne survit longtemps s’il se met à dos la grande majorité de sa classe politique. Qu’importe, que ce régime fasse de bonnes choses ou pas, il ne peut survivre qu’en s’alliant ou en s’aliénant la majorité de sa classe politique.
Le général l’avait compris. Alors, il était plus préoccupé de donner à manger au maximum de partenaires politiques que d’exercer une bonne gouvernance économique. Ainsi, le général avait réussi à faire ses deux mandats. Hélas, les problèmes économiques que le président Soglo n’avait pas réglés avant de partir se sont empirés pendant les dix ans de Kérékou 2. Et la gestion de notre package énergétique s’est davantage dégradée.
Quid du président Yayi Boni ?
Le docteur Yayi Boni avait commencé par nous servir des gouvernements de docteurs. Hélas, on peut être docteur en étant « doctus cum libro», c’est-à-dire Savant rien qu’avec le livre. On peut également être docteur malhonnête. Or la malhonnêteté intellectuelle empêche d’exercer efficacement la science. Sous les deux mandats du docteur Yayi Boni, tout était fait pour rendre le président populaire, mais on n’a pas fait grand-chose pour assainir la gestion de l’économie, notamment la gouvernance énergétique et encore moins dans le secteur de l’eau.
Au final, on a dépensé des milliards sans parvenir à mettre fin au délestage. Cela était prévisible. Car ce n’est pas seulement en dépensant (ou en gaspillant) de l’argent qu’on règle les problèmes. Pour régler vraiment les problèmes, l’argent doit servir à payer les solutions véritablement efficaces. Sous les gouvernements du Docteur, l’argent détourné dans les nombreux scandales n’aura pas servi au développement.
Et nous voilà arrivé le président Patrice Talon. Et sa gouvernance ?
Notre constat est d’abord celui du consommateur ordinaire. Certes les coupures d’électricité n’ont pas totalement disparu et cela perturbe toujours les ménages et les unités de production. Mais le consommateur honnête avoue que la fréquence des coupures a beaucoup diminué de même que leur durée.
Nous saluons cette prouesse. Mais notre préoccupation par veille citoyenne est de savoir combien cela a déjà couté au contribuable béninois et combien cela continue de lui coûter chaque mois. Notre deuxième préoccupation concerne la gestion du package énergétique de la Sbee et la question des quotas de gratuité et les factures impayées des services d’Etat et administrations publiques. Sur cette deuxième préoccupation, nous sommes convaincus qu’avec un peu plus de détermination dans la volonté politique, le président Patrice Talon peut, s’il le veut, prendre les décisions nécessaires que ses prédécesseurs ont négligées depuis 40 ans.
Venons-en au secteur de l’eau,
Pour le moment, c’est dans le secteur de l’eau que mon Association Eau et Electricité apprécie le mieux les actions concrètes du gouvernement du président Patrice Talon. L’Association Eau et Electricité pour Tous a avec la Soneb un partenariat de référence et d’une très grande efficacité. De plus, avec le ministre de l’Eau et des Mines, Samou Seidou Adambi, nous travaillons en parfaite symbiose pour la mise en œuvre du paradigme « Accès universel à l’eau potable » décrété par le président Patrice Talon.
De quoi s’agit-il concrètement ?
Il y a encore quelques années, la Soneb perdait beaucoup d’argent à cause des eaux non facturées : tuyaux cassés et d’autres pertes d’eau par écoulement non détecté et non maitrisé. Grâce au partenariat Eeet-Soneb, notre Association permet, ces dernières années, à la Soneb de vite localiser les zones de casse de tuyau et d’intervenir rapidement. Ce qui évite aussi les perturbations en fourniture d’eau aux consommateurs.Mais il y a encore mieux.
Il s’agit de notre projet Soneb-Association Eeet pour ériger des bornes fontaines à Cotonou et dans les autres communes pour permettre aux plus pauvres d’avoir accès à l’eau potable moins chère. Et ce projet connaîtra très bientôt un coup d’accélération grâce à l’appui que le gouvernement du président Patrice Talon a décidé de nous apporter dans sa réalisation.
Expliquez-nous un peu ce projet
Tout le monde n’a pas dans nos zones urbaines et périurbaines, les moyens de s’abonner à la Soneb. D’ailleurs, sur dix consommateurs de l’eau de Soneb, il y a à peine deux qui sont directement abonnés à la Soneb. Plus de quatre-vingt pour cent (80%) des consommateurs de l’eau de Soneb rachètent l’eau auprès d’autres consommateurs ayant les moyens d’avoir un compteur Soneb. Ces 80%, ce sont les citoyens des ménages les plus pauvres de nos villes et zones périurbaines. Et ces plus pauvres rachètent l’eau de Soneb à 50 francs le récipient de 25 litres. Cela fait 2 francs le litre et donc deux mille francs le mètre cube. Or, le tarif social prévu par la Soneb pour les pauvres est 198 francs le mètre cube, soit plus de dix fois moins cher. Constatez vous-même la grande injustice dont les pauvres sont victimes dans les zones urbaines et périurbaines. Dans les zones rurales, c’est encore pire.
Et comment en est-on arrivé à cette situation déplorable ?
C’est la mauvaise gouvernance au sommet de l’Etat depuis environ quarante (40) ans qui est à l’origine de cette situation. Les gens de ma génération peuvent se souvenir que, quand nous étions petits, il y avait dans tous les quartiers de Cotonou des bornes-
fontaines où les familles pauvres pouvaient aller se procurer l’eau potable. Sous le Gmr-Prpb, ces bornes fontaines sont tombées en panne faute d’entretien. Et depuis, aucun gouvernement n’a pensé à les remplacer. Ni sous Soglo, ni sous Kérékou, ni sous Yayi I. Ils sont tous restés aveugles sur cette souffrance des plus pauvres.
Et vous, que proposez-vous ? Ou que faites-vous ?
Mon association a d’abord signalé cette situation déplorable à la Soneb. Ensuite au gouvernement et enfin aux partenaires au développement de notre pays. Les partenaires au développement ont été les premiers à réagir et m’ont demandé de proposer une approche de solution. Cela nous a amené à élaborer le projet des bornes-fontaines en partenariat avec la Soneb et l’Association Eau et Electricité pour rendre l’eau de Soneb moins chère pour les plus pauvres. Ces bornes-fontaines seront gérées par les communautés religieuses (églises, mosquées) qui assureront le paiement régulier des factures à la Soneb, l’entretien des ouvrages et un prix de vente inférieur à un franc le litre. Les communautés religieuses nous ont donné leur accord et leur appui pour la réalisation du projet. Les partenaires et sponsors de notre association nous ont donné des financements pour réaliser les premières bornes fontaines. Alors nous avons à nouveau relancé la Soneb et le gouvernement à travers son ministre de l’Eau. Et nous avons reçu la promesse que le gouvernement du président Patrice Talon va prendre ce projet à bras-le-corps parce qu’il entre totalement dans sa vision de donner « l’accès universel à l’eau potable » dans toutes les localités de la République du Bénin.
Si effectivement nous obtenons l’appui du gouvernement, nous rendons l’eau potable beaucoup moins chère pour les plus pauvres dans toutes les communes où la Soneb est actuellement présente.
Votre association a des initiatives très louables. Quel appel avez-vous en direction des populations ?
A mes compatriotes, je voudrais dire que l’eau et l’électricité n’ont pas de couleur politique. Que l’on soit sympathisants de l’opposition ou de la mouvance présidentielle, nous avons tous besoin d’eau potable pour vivre et d’électricité pour être à l’aise. Voilà pourquoi nous avons besoin du soutien de tous et de l’appui de tout le monde.
Actualités 23 mai 2019

Les sociétaires du Bureau béninois du droit d’auteur et des droits voisins disposent depuis lundi 20 mai dernier d’une nouvelle carte qui les lie à cette structure en charge de la gestion de leurs droits. Mais bien plus qu’un simple sésame, la nouvelle carte induit une série de transformations dans le milieu culturel béninois avec pour finalité, le bien-être de ses acteurs.
Le Bureau béninois du droit d’auteur et des droits voisins (Bubedra), dans sa quête d’améliorer les conditions de l’artiste béninois, a retenu à son profit une série d’actions annoncée depuis quelques mois par le ministre en charge de la Culture. L’ambition de faire de ce secteur un milieu plus structuré passait, selon l’état des lieux du ministre Oswald Homéky et de son équipe, par l’amélioration des redevances, l’assainissement des mécanismes et procédures, la mise en place d’un arsenal juridique et un mécanisme institutionnel efficace en vue de parvenir à une meilleure répartition des droits, gage d’une rémunération juste et équitable… Désormais, c’est chose faite. La série de réformes est arrivée à maturation avec comme acquis majeur, l’institution d’une nouvelle carte de membre. Celle-ci est délivrée aux sociétaires dont la présence physique et l’enregistrement d’une œuvre sont constatés, explique le directeur du Bubedra, Eugène Aballo. Mais avant d’en arriver là, il a fallu passer au scanner la base de données du bureau pour en extirper les artistes fictifs, les doublons et autres sociétaires aux noms inexistants qui perçoivent des dividendes sans le moindre effort.
« Nous sommes venus présenter des réformes que j’avais déjà annoncées. Nous avons procédé à une dématérialisation du système de collecte. Il y avait des personnes qui ne sont pas bénéficiaires des droits, mais qui sont enregistrées dans la base de données. Pour préserver les vrais sociétaires, nous avons décidé d’authentifier tous les sociétaires », explique de son côté, le ministre en charge de la Culture, Oswald Homéky. Il y a un niveau de sécurité plus élevé, avec une carte numérique hautement sécurisée, apprécie-t-il. La nouvelle carte, comparée à l’ancienne, se présente, selon lui, comme une grande avancée, une innovation avec une série de balises qui permettent de s’assurer que tous les détenteurs de la carte en sont les vrais bénéficiaires. Elle annonce donc un nouveau départ dans la gestion et la répartition des droits aux sociétaires du Bubedra et ce n’est pas pour déplaire aux artistes, notamment les premiers bénéficiaires du précieux sésame qui ont reçu, tout souriants, les leurs des mains du ministre.
Alèkpéhanhou, Faty, Pipi
Wobaho, Sessimè, Pd Symph, GG Lapino… peuvent pousser un Ouf de soulagement. Ils font partie des premiers bénéficiaires de cette innovation dont la concrétisation réjouit tout particulièrement le ministre Oswald Homeky.
Nette amélioration !
Le Bubedra connaît depuis plusieurs mois des jours heureux. La capacité de mobilisation des ressources s’est nettement accrue et les chiffres actuels témoignent d’un travail d’orfèvre. « Mon équipe et moi ne dormions pratiquement pas… Nous ne sommes pas venus dire ce que nous avons l’intention de faire, nous sommes venus dire ce que nous avons fait », explique-t-il. Pour ce qui est des chiffres de la structure, ils sont en nette croissance. D’une mobilisation de fonds évaluée à 113.153.542 F Cfa en 2014, elle est passée en 2016 à 141.495.182 F Cfa avant de remonter en 2017 à 147.857.256 F Cfa. Depuis 2018, le Bubedra tutoie les 197.329.275 F Cfa, soit une collecte en augmentation de 35 % en 2018 par rapport à 2017. Autre fait inédit, il est passé de deux à trois répartitions par an avec des dividendes nettement en hausse. « De 35.000 F Cfa de droits, je suis passé à plus de 700.000 F Cfa », témoigne un jeune artiste fortement ovationné. Il n’est d’ailleurs pas le seul. Le président de l’association des managers d’artistes, Eusèbe Dossou, reconnait lui aussi que la part qui lui revient, quasiment inexistante dans un passé récent est devenue régulière et bien consistante. D’avril 2018 à cette date, 345 contrats ont été également signés et 32 cas d’assistance sociale avec des montants plus relevés ont été mis à la disposition de certains artistes.
Culture 22 mai 2019

L’Assemblée nationale, 8e législature, compte désormais deux groupes parlementaires. Le dernier-né a vu le jour ce mardi. Dénommé groupe «Union progressiste », il est composé de 47 députés et présidé par Marcellin Ahonoukoun.
Le groupe parlementaire ‘’Union progressiste’’ est porté sur les fonts baptismaux avec des objectifs et ambitions clairs. Il entend faire surtout de la 8e législature, un modèle de rupture avec les travers et déviances observés depuis 1991. En d’autres termes, il s’agit de poursuivre l’assainissement de l’espace politique national, à travers la modernisation du travail parlementaire et la réduction drastique des écarts entre les préoccupations de la représentation nationale et les problèmes concrets des citoyens. « L’Assemblée nationale doit cesser d’être une institution de plus, budgétivore à volonté, installée dans le confort douillet de son statut, loin des préoccupations de nos populations et orientée plus vers l’animation des polémiques autour des concepts de philosophie et de sciences politiques, que vers l’identification et la levée au plan législatif des goulots d’étranglements des efforts quotidiens de notre peuple vers plus d’épanouissement culturel, social, économique et politique », précise Sèdami Fagla Mèdégan qui a lu la déclaration à la tribune de l’hémicycle. Le groupe parlementaire ‘’Union Progressiste’’ entend poursuivre, approfondir et parachever la réforme du système partisan enclenchée par la loi n° 2018-23 du 17 septembre 2018 portant Charte des partis politiques et le nouveau code électoral. Il incombe aux élus, à en croire Sèdami Fagla
Mèdégan, la responsabilité d’écouter davantage le peuple. « Notre peuple, en effet, n’a pas toujours compris les motivations et le sens des réformes qui ont été engagées au niveau de l’Assemblée nationale. Il nous faut davantage d’écoute et de pédagogie, pour autant qu’aucune réforme fondamentale, orientée vers l’avenir, ne saurait requérir une adhésion spontanée des principaux bénéficiaires sans une telle approche », poursuit-elle. Le nouveau groupe parlementaire s’engage à prendre sa part du feu pour le développement du Bénin. « Les enfants du Bénin debout, peuvent et doivent faire du Bénin un pays de démocratie, de droits de l’homme, de cohésion sociale, bien gouverné et dont la prospérité économique est équitablement partagée par tous les citoyens en général, et principalement par les couches vulnérables et pauvres », assure Sédami Fagla Mèdégan. En tant que «parti de transformation sociale orienté vers la justice sociale, la réduction des inégalités sociales et un développement durable », le groupe parlementaire « Union progressiste » se veut une majorité de 47 soldats au front, en première ligne dans le combat pour la démocratie, le progrès économique et la paix sociale. La naissance de « Union progressiste » porte désormais à deux le nombre de groupes parlementaires que compte la 8e législature après la création lors de la séance plénière du lundi dernier, du Bloc républicain composé de 36 députés et présidé par l’honorable Jean-Michel Abimbola.

Pour le dernier dossier au rôle de sa première session criminelle, le Tribunal de première instance de Cotonou a connu d’une affaire de meurtre perpétré par le nommé Théodore Tossa. Déclaré coupable au terme de l’audience qui s’est déroulée, lundi 20 mai dernier, le mis en cause a écopé de 15 ans d’emprisonnement ferme.
La masculinité, l’ego surdimensionné, la fierté malhabile peuvent changer le cours d’une vie. Théodore Tossa l’a appris à ses dépens même s’il se dit non-coupable. Après plus de dix ans de prison, il y retourne pour cinq autres années. Coupable de meurtre sur le nommé Mamadou Sinka, il a en effet, été condamné à 15 ans de réclusion criminelle. Un meurtre survenu dans des conditions bien banales, surtout quand on apprend que le mis en cause et la victime sont de bons amis. Mais qu’est-ce-qui a pu bien se passer pour que Théodore Tossa poignarde son ami Mamadou Sinka ?
Les faits !
Théodore Tossa, de nationalité béninoise et Mamadou Sinka de nationalité nigérienne, sont des amis qui habitaient tous deux, au quartier Enagnon à Akpakpa Dodomè (Cotonou). Le dimanche 25 janvier 2009, aux environs de 19h, les deux amis se sont retrouvés au niveau de la berge lagunaire de ladite zone, pour une lutte traditionnelle amicale. C’est ainsi que Théodore Tossa a été, à deux reprises, terrassé par son ami Mamadou Sinka. Hué par les spectateurs et se sentant humilié et blessé dans son amour propre, le nommé Théodore Tossa a provoqué une bagarre. Les protagonistes seront immédiatement séparés par l’assistance. N’ayant pas digéré une telle humiliation, Théodore Tossa aurait menacé de rendre le coup à son adversaire. Sans désemparer, il s’est retiré à son domicile pour y chercher un couteau au moyen duquel il a poignardé Mamadou Sinka au niveau du thorax. Transporté d’urgence au Centre hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga de Cotonou, Mamadou Sinka est décédé aussitôt, des suites de ses blessures. Interpellé et inculpé de meurtre, Théodore Tossa n’a pas reconnu les faits ni à l’enquête préliminaire ni devant le magistrat instructeur du 4e cabinet. Il a reconnu cependant s’être bagarré avec la victime Mamadou Sinka. Le mis en cause est en détention depuis le 28 janvier 2009.
La rançon de son ego !
A la barre le lundi dernier, l’accusé Théodore Tossa est resté constant dans la dénégation des faits. Il nie avoir tué le nommé Mamadou Sinka. Il admet, néanmoins, la bagarre qu’il a provoquée pour restaurer sa fierté et son ego piétinés. Lors de ladite bagarre, il dit n’avoir pas attenté à la vie de son ami en le poignardant. Le voilà, pris au piège de la bagarre qu’il a lui-même instaurée pour flatter son ego.
Le ministère public va justement s’en servir pour établir l’élément intentionnel. Pour le représentant de la société, les faits d’homicide volontaire sont bien constitués. Le mis en cause a voulu essuyer l’affront et sous le coup de la colère, a eu une réaction disproportionnée. Rappelant le siège de l’infraction et les prescriptions du Code pénal, il a requis 20 ans d’emprisonnement ferme à l’encontre de l’accusé.
Le conseil de l’accusé a, quant à lui, plaidé pour l’acquittement de son client au bénéfice du doute. Trop d’irrégularités dans le dossier, a-t-il évoqué. Me Enosch Chadaré a fustigé le défaut d’enquête approfondie. Pour la défense, le doute vaut abstention. Il a donc invité le Tribunal à ne pas condamner l’accusé alors que pèsent sur le dossier de grands doutes.
Mais le Tribunal, après en avoir délibéré, a déclaré le nommé Théodore Tossa coupable de meurtre et l’a condamné à 15 ans de réclusion criminelle.
Composition du Tribunal
Président : Ghislaine Batcho Zodéhougan
Assesseurs :
Nadjimou Gado
Valentin Kpako
Freddy Yèhouénou
Armel Azodogbehou
Ministère public : Mario Elonm Metonou
Société 22 mai 2019