La Nation Bénin...
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Mes chers compatriotes,
Le processus électoral relatif à la 8e législature de notre pays vient de s’achever.
Il aura été l’aboutissement d’une réforme majeure, difficile, à la fois souhaitée et redoutée : la réforme du système partisan.
Cette réforme était souhaitée parce qu’elle était attendue de vieille date, autant par les citoyens, la société civile, que par les acteurs politiques, pour redonner confiance aux uns et crédibilité aux autres, quant à l’importance de l’impact du système partisan sur la qualité de la gouvernance du pays.
Elle était redoutée parce que, inévitablement, elle remettrait en cause les acquis des acteurs
d’un multipartisme débridé que nous avons cultivé depuis bientôt 30 ans, et qui est la cause principale d’une mauvaise gouvernance, source de notre sous-développement.
C’était donc en soi une réforme risquée.
Fallait-il l’engager au risque de générer toutes controverses ?
Fallait-il, au contraire, y renoncer, la renvoyer sinon à plus tard, du moins aux calendes grecques, alors que l’impérieuse nécessité d’accélération du développement socioéconomique de notre pays en dépend aussi ?
Mes chers compatriotes,
Depuis trois ans, convaincu que nous ne pouvions continuer à nous satisfaire de notre situation critique à bien des égards, je vous ai invités à l’effort et vous ai engagés sur la voie de réformes indispensables à notre développement.
Elles paraissent parfois impossibles, inopportunes, mais sont nécessaires au progrès.
Elles sont difficiles, oui, mais à force de courage nous les réussissons progressivement et nous finissons par en reconnaître la pertinence et l’opportunité.
Les résultats déjà obtenus sont évocateurs à plus d’un titre.
Je n’ai jamais eu de cesse de les considérer comme des victoires collectives, car je sais la part importante que chacun de vous y prend. Je sais quels sacrifices chacun consent.
Notre pays n’a, en réalité, pas d’autre choix.
Il est tenu et doit se révéler à lui-même par la rigueur dans la gestion et la soumission à ses lois.
En cela, la classe politique a un rôle majeur à jouer et doit servir de modèle.
C’est mû par cette conviction et porté par cette foi fervente que j’ai soutenu l'initiative de la
réforme de nos pratiques partisanes et électorales, rassuré qu’à force de persévérance dans l’action, nous parviendrons à des résultats durables.
Cette réforme, je la savais délicate.
Je sais cependant qu’elle est nécessaire à notre progrès économique et social durable, car, si nous ne risquons rien, nous n’aurons rien de mieux.
J’avais conscience que parce qu’elle a vocation à bousculer nos acquis et habitudes, à ébranler nos certitudes, cette réforme occasionnerait des querelles politiciennes.
Nous nous y sommes courageusement engagés mais certains d’entre nous n’ont pas su faire preuve de sagesse, de mesure et de patriotisme.
Leurs actions ont été d’une violence inédite.
Cette épreuve-là, autant elle aura été rude, autant elle devra nourrir la naissance d’un nouvel idéal.
En effet, nos incompréhensions, nos heurts, nos contradictions et même nos dérapages ne doivent pas avoir pour conséquence de nous ancrer dans l’immobilisme et dans nos travers.
Tout ce qui nous est arrivé doit être utilement mis au crédit d’une crise de croissance de notre processus démocratique.
Car, si personne ne conteste la justesse du diagnostic qui a conduit à la réforme du système partisan, peut-être n’étions-nous pas suffisamment préparés pour franchir cette étape.
Aussi, n’importe-t-il pas très peu de chercher à savoir qui a raison ou qui a tort ?
Ainsi que je l’ai dit le 27 décembre 2018 devant l’Assemblée nationale, lors de mon message sur l’état de la nation, ce qui est attendu de nous, ce n’est pas d’avoir raison individuellement, mais plutôt collectivement, historiquement, en tant que peuple, en tant que nation.
Mes chers compatriotes,
C’est le lieu pour moi, au nom de la nation tout entière, de déplorer que pour une controverse parmi tant d’autres, pour quelques frustrations inhérentes à la vie en communauté et aux mutations profondes, nous ayons pu en arriver à une telle manifestation de violence.
Cela est très regrettable.
Davantage parce que nous avons dû perdre des vies humaines.
Ma tristesse est immense et je présente ma profonde compassion aux familles éplorées.
De même, j’ai une pensée affective pour les agents des Forces de Défense et de Sécurité agressés ou blessés, et je salue leur sens du devoir et du sacrifice au service de la République et pour la protection des personnes et des biens.
Je n’oublie pas ceux qui ont perdu des biens de toutes natures.
En somme, notre pays aura payé un lourd tribut et cela ne doit plus jamais se reproduire.
Cette épreuve-là, elle doit nous unir davantage et nourrir notre marche vers le développement.
C'est pourquoi je remercie chaleureusement tous ceux qui, individuellement ou collectivement, ont œuvré au retour de la paix.
C’est aussi là la preuve que nous sommes un grand peuple, le peuple du Bénin, capable de surmonter nos difficultés.
Ainsi, sommes-nous restés unis face au drame survenu le 1er mai dernier dans le parc de la Pendjari, avec la mort d’un de nos compatriotes et l’enlèvement de deux touristes français libérés plus tard sur le territoire voisin du Burkina Faso au sacrifice de deux officiers français.
Notre indignation collective est profonde.
Elle n’est ni de l’Opposition, ni de la Mouvance.
Elle n’a pas de religion et n’est d’aucune région.
Elle est simplement celle du Bénin tout entier.
Je veux ici, au nom de tous, rendre un vibrant hommage à notre compatriote assassiné, aux soldats français tués, et saluer la libération des deux touristes.
Je veux surtout vous rassurer qu’en attendant les résultats des enquêtes, mon Gouvernement a promptement pris la mesure de la situation.
C’est pourquoi, bien que le parc soit déjà aux normes internationales grâce au savoir-faire de notre partenaire African Parks, nous avons décidé de renforcer davantage le dispositif de sécurité aussi bien en effectif qu’en moyens logistiques ultra modernes.
Ceux-ci seront mis en place à très court terme.
Mes chers compatriotes,
Des difficultés, il y en aura sans doute encore sur notre parcours, pour rythmer notre quête légitime de progrès et éprouver notre détermination à y parvenir.
Mais comme à chaque fois, nous saurons puiser en nous les ressources pour être à la hauteur des attentes.
A ce propos, je voudrais inviter le nouveau Parlement qui vient de se doter de son bureau, à se mettre résolument au service du Bénin entier.
Je l’invite à jouer son rôle avec panache pour démentir les suspicions légitimes qui ont pu naître à son égard et apaiser les craintes qu’il suscite.
Il doit, au nom du peuple, voter des lois qui renforcent la démocratie et soutiennent le développement socioéconomique, procéder au contrôle méthodique et rigoureux de l’action du Gouvernement pour l’amener à faire mieux et toujours plus au service de l’Etat et des populations.
Je l’invite tout particulièrement à rassurer l’Opposition politique en procédant à la relecture responsable de la Charte des partis et du Code électoral, pour les actualiser en tenant compte des réalités de l’évolution de notre pays.
Il devra en être autant pour la loi portant statut de l’Opposition, afin de lui créer les conditions les meilleures pour sa libre expression, l’accomplissement de son rôle démocratique dans les formes indiquées et, en définitive, pour sa contribution au développement économique et social de notre pays.
Conscient que nul ne devra manquer au chantier de construction de notre pays, j’inviterai très prochainement toute la classe politique pour des échanges directs, francs et constructifs au profit de notre bien commun, le Bénin.
D'ores et déjà, je veux ici vous redire, chers compatriotes, ma détermination à bâtir avec vous, notre société dans laquelle la démocratie sera plus que jamais un réel instrument de développement socioéconomique, où chacun est libre de ses opinions mais responsable de ses actes, et où les lois sont les mêmes pour tous.
Une société de plus en plus moderne où chacun, au service de la communauté, dans la sphère d’action qui est la sienne, n’a qu’une seule obsession : faire grandir le Bénin chaque jour un peu plus.
Vive le Bénin,
Je vous remercie.

Les mis en cause du dix-septième dossier au rôle de la première session criminelle du Tribunal de première instance de Cotonou sont poursuivis pour les faits d’avortement suivi de mort. Les nommés Gérard Damado, Hélène N’Koa Kouagou et Marcel Kokossou ont écopé de la perpétuité pour ce forfait.
Les pseudo-médecins courent aujourd’hui les rues. Leurs prestations souvent moins coûteuses, enchantent bon nombre de personnes mais il faut savoir raison garder. Les conséquences peuvent se révéler irréversibles aussi bien pour les patients opportunistes que pour les agents auto-assermentés. Gérard Damado et Hélène N’Koa l’ont appris à leurs dépens. Ils avaient l’habitude d’opérer en douce, en professionnels auto-déclarés de la santé, mais ce coup a mal tourné. Les accusés de l’audience criminelle du vendredi dernier, Gérard Damado et Hélène N’Koa ont, en effet, fait avorter dame Rolande Bessan qui en est décédée les jours suivants. C’était bien sûr avec le concours du compagnon de la victime, Marcel Kokossou. En dépit de leurs tentatives de dénégation des faits, tous ont pris la perpétuité.
Retour sur les faits
Courant le mois de novembre 2016, les nommés Gérard Damado et Hélène N’Koa Kouagou se faisant passer pour respectivement médecin et aide-soignante, ont, en présence de Marcel Kokossou, et à l’aide de diverses substances, fait avorter la nommée Rolande Bessan, enceinte de cinq mois environ. L’opération semblait avoir réussi, mais contre toute attente, une semaine après, la santé de la patiente s’est dégradée. A nouveau admise au domicile du couple Damado, la victime est décédée après deux jours de soins Nuitamment, Gérard Damado et Hélène N’Koa Kouagou déposent le corps à la morgue Pk 14 de Godomey. A l’insu des parents de la défunte, ils procèdent le lendemain avec la collaboration de Marcel Kokossou, à la mutation du nom du déposant et six jours plus tard, à l’inhumation de la victime.
Les investigations entreprises par les parents de la défunte ont permis d’interpeller dans un premier temps le nommé Marcel Kokossou, compagnon de la victime, puis Gérard Damado et Hélène N’Koa Kouagou. Tous appréhendés puis inculpés des faits d’avortement suivi de mort, ils sont mis en détention le 9 janvier 2017. La nommée Sabine Dossa sera également soupçonnée de complicité d’avortement, étant non seulement artiste comme la défunte mais aussi ex-petite amie de Gérard Damado. Mais l’instruction de l’affaire n’ayant pas pu prouver qu’elle a, d’une façon ou d’une autre, indiqué, favorisé, aidé, donné des conseils aux fins d’utilisation de moyens ou de procédés pour faire avorter feue Rolande Bessan, celle-ci a bénéficié d’une ordonnance de non-lieu partiel. Tant à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur, les nommés Gérard Damado et Hélène N’Koa Kouagou ont, quant à eux, nié les faits. Par contre, le nommé Marcel Kokossou, compagnon de la victime, a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure en expliquant avec menus détails les circonstances de la survenue du crime.
Débats !
Devant le juge pénal, le compagnon de la victime, Marcel Kokossou a d’abord laissé entendre qu’il n’était pas au courant du terme de la grossesse de la victime, puis il finit par reconnaître qu’il en était informé. Il déclare que la victime se serait rendue au domicile de Gérard Damado et Hélène N’Koa Kouagou où, suite à l’avortement, elle serait décédée. Marcel Kokossou rapporte que c’est Gérard Damado qui aurait administré les soins, et qui à la mort de la victime, l’aurait averti puis l’aurait aidé à inhumer le corps. Le compagnon de la victime était décidé à plonger les autres mis en cause.
Hélène N’Koa Kouagou ne se reconnait pas dans les faits qui lui sont reprochés. Elle fait savoir qu’elle a été longtemps aide-soignante avant de travailler à son propre compte. Elle nie le crime d’avortement suivi de mort mais reconnait avoir traité la victime du paludisme à base de la quinine. Elle informe aussi de ce que la victime prenait des infusions avant même de se référer à elle. Mais une aide-soignante peut-elle officier indépendamment ? Est-elle qualifiée pour soigner des patients, diagnostiquer et traiter le paludisme ? C’est la question à laquelle l’accusée elle-même peine à répondre.
A la barre, Gérard Damado, le soi-disant médecin en chef, réfute les allégations de Marcel Kokossou, le compagnon de la défunte. Il nie s’être fait passer pour médecin et se réclame opérateur économique. Il ajoute que Dame Sabine Dossa, son ex-petite amie qui a été relaxée au terme de l’instruction, l’a plongé dans cette affaire par aigreur parce qu’ils ne sont plus ensemble. L’accusé reconnait qu’il a rencontré la défunte une seule fois au domicile de son ex-petite amie Sabine alors que toutes deux artistes, elles préparaient un concert. A l’en croire, la victime serait venue à son domicile voir sa femme Hélène N’Koa Kouagou pour se faire traiter le paludisme. Il n’a jamais été question d’avortement à son domicile. L’accusé révèle qu’il détient même un enregistrement, astucieusement pris, dans lequel le sieur Marcel Kokossou a entrepris de négocier avec lui pour qu’il accepte de porter la charge du crime et reconnaisse avoir inhumé la victime. Le soi-disant médecin en chef, avait réponse à tout. A l’en croire, il avait maille à partir avec plusieurs personnes qui auraient pu s’associer pour lui nuire. L’accusé reconnait tout de même que la victime est décédée à son domicile et qu’il est allé déposer le corps à la morgue avec sa femme Hélène N’Koa Kouagou et Marcel Kokossou.
L’issue surprenante d’une grande bataille juridique !
Avec une dizaine d’avocats présents, le dix-septième dossier a été l’occasion d’un véritable duel juridique, de démonstrations les unes aussi percutantes que les autres. Partie civile, ministère public et défense vont formuler leurs prétentions avec la verve qu’on leur connaît.
« Condamnation, condamnation ferme », a clamé la partie civile qui s’offusque de l’exercice illégal de la médecine par les accusés Gérard Damado et Hélène Kouagou. Après avoir démontré l’ampleur du préjudice subi par la victime et ses proches, Me Dovonou a réclamé 50 millions de francs Cfa pour dommages-intérêts.
Dans ses réquisitions, le ministère public va relever quelques constantes du dossier qui, en dépit de la dénégation des mis en cause, permettent d’établir matériellement les faits d’avortement suivi de mort. Il est clair, à en croire le représentant de la société, que les accusés ont, d’une façon ou d’une autre, procuré l’avortement soit en indiquant, favorisant, aidant ou en donnant des conseils aux fins d’utilisation de moyens ou de procédés pour la commission de l’acte. Situant les responsabilités de chacun des accusés, le ministère public a démontré l’intention criminelle des nommés Gérard Damado et Hélène N’Koa Kouagou qui ont administré, en toute illégalité, des soins mortels à la victime. L’imputabilité des faits à l’égard de ces deux accusés semble établie. Pour ce qui concerne le sieur Marcel Kokossou, le ministère public part du fait que celui-ci ait transporté la victime au domicile Damado en connaissance de cause puis ait contribué à l’inhumation, pour prouver qu’il est tout aussi coupable. C’est pourquoi il a requis pour ce dernier, la requalification des faits en complicité d’avortement suivi de mort. Le magistrat du parquet Jules Ahoga va ensuite rappeler que le Code pénal applicable au moment des faits, en ses articles 309 et 317, punit l’avortement de la peine à temps des travaux forcés de 5 à 20 ans alors que le nouveau Code pénal en son article 519 prévoit la réclusion criminelle à perpétuité. Mais le ministère public sera bien clément. Il a requis que les mis en cause soient condamnés à la peine de 15 ans de réclusion criminelle et à verser la somme de 5 millions de francs Cfa pour dommages-intérêts à la partie civile.
Pour le conseil de l’accusé Marcel Kokossou, il n’est pas question de lier son client à l’infraction au même titre que les autres accusés. Il évoque que son client Marcel Kokossou, à aucun moment, n’a participé à l’administration des soins. Il n’a fourni ni médicament, ni posologie. C’est pourquoi Me Onifadé a plaidé pour que soient retenus contre son client les faits d’incitation à l’avortement prévus à l’article 329 du Code de l’enfant.
L’avocat de Gérard Damado, Me Hugo Koukpolou, va plutôt s’attaquer aux racines de l’infraction. « La nommée Rolande était-elle enceinte ? On n’est pas sûr qu’elle fût enceinte. On veut supposer qu’elle est enceinte pour appliquer les dispositions du Code pénal. Et même si elle était enceinte, est-ce qu’il y a eu avortement ? », des interrogations que soulève Me Koukpolou pour conclure à l’incertitude qui parait la seule certitude de ce dossier. A l’en croire, il n’y a pas eu d’avortement au domicile du couple Damado qui n’a apporté des soins à la victime que pour le traitement du paludisme. Il va ensuite déplorer l’absence d’autopsie dans ce dossier pour prouver de quoi est réellement décédée la victime. « Aujourd’hui, nous ne savons pas si elle est décédée d’une intoxication alimentaire, si c’est l’infusion qu’elle s’est administrée, ou si elle était enceinte. Il y a trop d’hypothèses dans ce dossier. Mais nous ne sommes pas dans une justice d’hypothèses ! Quinze ans sont en jeu, quinze ans de vie ! », a martelé Me Koukpolou. « Qu’est-ce-que Monsieur Damado a fait ?
Il a conduit la victime chez sa femme aide-soignante puis après son décès, a conduit le corps à la morgue », c’est pour Me Koukpolou sa seule responsabilité dans le dossier. C’est pourquoi il va plaider pour l’acquittement pur et simple de son client Gérard Damado sans le lier aux dommages-intérêts. Me Jonel do Régo et Me Sylvestre Agbo se sont associés à la plaidoirie de leur confrère Me Koukpolou invitant le Tribunal à l’acquittement pur et simple de Gérard Damado. Pour Me Sylvestre Agbo, le travail du magistrat instructeur est défaillant. Il a invité le Tribunal, dans le secret de son délibéré, à ne pas donner foi au dossier venu de l’instruction.
Le conseil de dame Hélène N’Koa Kouagou, Me Rouckas Amoussouvi va également se baser sur la plaidoirie de ses prédécesseurs pour démontrer les inconstances et les incertitudes qui jalonnent le dossier. Rien ne prouve que la victime était enceinte le jour où elle a mis pied chez dame Hélène N’Koa Kouagou. La victime aurait pu avoir avorté avant d’arriver chez dame Hélène N’Koa Kouagou. Ce qui reste constant, va soutenir Jonel do Régo, c’est que la victime est arrivée au domicile de dame Hélène N’Koa Kouagou pour traiter le paludisme. Tout ce que l’on pourrait retenir contre l’accusée, c’est l’exercice illégal. Mais là encore, Jonel do Régo fait remarquer que l’accusée a simplement porter assistance à une personne en danger. C’est pourquoi il a plaidé pour l’acquittement pur et simple de dame Hélène N’Koa Kouagou. La plaidoirie de Me Lionel Agbo qui a suivi le dossier depuis l’instruction ira dans le même sens. Doute, doute et doute, c’est la chose la mieux certaine de ce dossier, à en croire Me Lionel Agbo. Il a démonté les témoignages qui accablent sa cliente et relevé les failles de l’instruction du dossier. « La victime a pris une infusion. C’est un élément constant du dossier. Et qu’est-ce qui nous dit qu’elle n’a pas pris cette infusion pour se débarrasser de la grossesse. Encore faudrait-il qu’on nous dise si elle était vraiment enceinte ! », va soutenir Me Lionel Agbo. « Personne n’apporte dans ce dossier la preuve qu’elle ait administré à la victime des substances pour l’avortement. Tant que vous n’apporterez pas la preuve qu’elle était enceinte, tant que vous n’aurez pas apporté la preuve qu’elle l’ait avortée, vous ne pouvez pas la condamner », va conclure Me Lionel Agbo avant de plaider pour l’acquittement pur et simple.
Le Tribunal, après en avoir délibéré, a déclaré tous les mis en cause coupables des faits d’avortement suivi de mort et, contre toute attente, les a condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité.
Composition du Tribunal
Président : Michel Adjaka
Assesseurs :
Sosthène Agbowaï
Ghislaine Batcho Zodéhougan
Gery Akuesson
Rodolphe Azo
Ministère public : Jules Ahoga
Société 21 mai 2019

Mettre en lumière les activités et surtout les projets financés par l’institution au Bénin. C’est l’objectif des échanges que le représentant résident du groupe de la Banque africaine de développement (Bad) au Bénin a eus, ce lundi 20 mai, avec des journalistes et des membres des Organisations de la Société civile, à Cotonou.
Le montant total des financements accordés par la Bad au Bénin s’élève à près de 850 milliards de francs Cfa, depuis le premier projet financé en 1972. A l’occasion de sa rencontre avec des journalistes et acteurs de la Société civile, le représentant résident du groupe, John E. C. Andrianarisata, a rassuré que le Bénin et la Bad entretiennent de bonnes relations de coopération. La partie béninoise bénéficie du financement de ses projets à travers le Document de stratégie pays pour la période 2017-2021, approuvé le 11 octobre 2017.
L’objectif de cette stratégie pays est l’appui à la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement (Pag). Il vise aussi à permettre la transformation structurelle de l’économie béninoise pour une croissance inclusive génératrice d’emplois décents, tout en assurant la transition vers une économie verte.
Rappelant que le Projet d’appui à l’irrigation de la vallée de l’Ouémé est la première opération approuvée par son institution au profit du Bénin le 19 octobre 1972, John
Andrianarisata a souligné qu’à ce jour, le portefeuille actif de la Bad au Bénin comprend 15 opérations du secteur public avec un total d’engagements de plus de 250 milliards de francs Cfa. Entre 2016 et 2018, les engagements nets de la banque au Bénin ont été multipliés par 2,8, passant de 90 milliards de francs Cfa à 250 milliards de francs Cfa. Le portefeuille est composé de trois opérations régionales pour 21% des engagements et de 12 opérations publiques nationales pour 79%.
Sur la période 2019-2023, le programme indicatif des engagements de la banque comprend 12 projets phares pour un montant de près de 375 milliards de francs Cfa. Ces investissements seront concentrés dans les secteurs des transports, de l’énergie et de l’agriculture.
John E. C. Andrianarisata indiquera que le Document de stratégie pays 2017-2021 dont la revue à mi-parcours intervient avant la fin de ce mois de mai est élaboré autour de deux piliers. Le premier est le développement de chaines de valeur agricoles et de l’agro-industrie ; et le second est le renforcement des infrastructures de soutien à la compétitivité et à l’intégration régionale.
Cette revue permettra d’évaluer les progrès accomplis à mi-parcours dans la mise en œuvre de la stratégie de la banque au Bénin pour la période sus-indiquée ; d’analyser la performance du portefeuille des projets financés par la banque au Bénin ainsi que les progrès accomplis en matière d’exécution du Plan d’amélioration de la performance du portefeuille. La revue sera également une occasion pour tirer les enseignements de la mise en œuvre à mi-parcours de la stratégie de la Bad au Bénin pour la période 2017-2019. Puis, analyser la pertinence de la stratégie pour la période 2020-2021.

A travers sa déclaration très attendue, ce lundi 20 mai, le chef de l’Etat, Patrice Talon a, entre autres, rendu « un vibrant hommage » à l’ex-guide touristique béninois, Fiacre Gbédji, assassiné début mai dans le parc de la Pendjari. Il confirme que le dispositif sécuritaire du parc sera renforcé.
Le malheur qui s’est abattu sur le Bénin, début mai 2019, dans le parc de la Pendjari, n’a pas échappé à l’attention du président de la République qui était face à la nation dans la soirée d’hier. Et Patrice Talon a trouvé les mots justes pour s’exprimer. A l’en croire, ce qui s’est passé dans le parc a suscité une
« indignation collective profonde ». Lui-même en était profondément indigné. Laquelle indignation, fait-il remarquer, n’est « ni de l’opposition, ni de la mouvance ». Elle n’est encore moins celle d’une religion mais « simplement celle du Bénin tout entier », déplore le premier magistrat, d’un ton grave. Saisissant l’occasion, il a, de vive voix, comme le souhaitaient plusieurs de ses compatriotes, salué la mémoire de l’ex-guide béninois, feu Fiacre Gbédji, assassiné. « Je veux ici, au nom de tous, rendre un vibrant hommage à notre compatriote tué, aux deux soldats français tués et saluer la libération des deux touristes », lance-t-il.
Après ce drame, le gouvernement béninois a indiqué que le dispositif sécuritaire dans le parc de la Pendjari sera corsé. Hier soir, le chef de l’Etat l’a confirmé. « Je veux surtout vous rappeler qu’en attendant les résultats des enquêtes, mon gouvernement a promptement pris la mesure de la situation. C’est pourquoi, bien que le parc soit déjà aux normes internationales grâce au savoir-faire de notre partenaire African Parks Network, nous avons décidé de renforcer davantage le dispositif de sécurité aussi bien en effectif qu’en moyens logistiques ultramodernes… »,
rappelle Patrice Talon qui, au passage,annonce que ce nouveau dispositif sécuritaire sera mis en place à « très court terme ».

Le chef de l’Etat attache du prix aux actions du parlement béninois, dont la huitième législature vient d’être installée. Au cours de son message hier à la nation, Patrice Talon a invité l’institution à combler les attentes des Béninois, à travers des lois qui renforcent la démocratie.
Le président Patrice Talon s’est adressé à ses compatriotes hier lundi 20 mai. Un message porteur d’espoir, mais aussi d’invite pour redonner au Bénin une bonne image de démocratie et d’Etat de droit. A ce titre, le parlement a un grand rôle à jouer. C’est pourquoi le président Patrice Talon l’a invité à se mettre résolument au service du Bénin entier. « J’invite le parlement à jouer son rôle avec panache pour démentir les suspicions légitimes qui ont pu naître à son égard et apaiser les craintes qu’il suscite », a affirmé Patrice Talon. Poursuivant, il informe qu’il doit, au nom du peuple, voter des lois qui renforcent la démocratie et soutiennent le développement socioéconomique, procéder au contrôle méthodique et rigoureux de l’action du gouvernement pour l’amener à faire mieux et toujours plus au service de l’Etat et des populations.
Le chef de l’Etat a également invité le législateur à rassurer l’opposition politique en procédant à la relecture responsable de la Charte des partis et du Code électoral, pour les actualiser en tenant compte des réalités de l’évolution du pays. « Il devra en être autant pour la loi portant statut de l’Opposition, afin de créer à l’opposition, les conditions les meilleures pour sa libre expression, l’accomplissement de son rôle démocratique dans les formes indiquées et, en définitive, pour sa contribution au développement économique et social de notre pays », a suggéré Patrice Talon, conscient que nul ne devra manquer au chantier de construction du Bénin.
« D’ores et déjà, je veux ici vous redire, chers compatriotes, ma détermination à bâtir avec vous, notre société dans laquelle la démocratie sera plus que jamais un réel instrument de développement socioéconomique, où chacun est libre de ses opinions mais responsable de ses actes, et où les lois sont les mêmes pour tous », a clamé le chef de l’Etat.
Patrice Talon rêve par ailleurs d’une société de plus en plus moderne où chacun, au service de la communauté, dans la sphère d’action qui est la sienne, n’a qu’une seule obsession : faire grandir le Bénin chaque jour un peu plus. Les défis à relever par la huitième législature paraissent grands n

Faire de l'apiculture moderne une activité génératrice de revenus et un vecteur pour la conscientisation environnementale, tel est le leitmotiv depuis plus de trente ans d’Abdoulaye Moumouni, directeur exécutif du Groupe d’action pour la recherche en apiculture et en ressources naturelles intégrables (Gararni-Ong) basée à Ina (commune de Bembèrèkè). Le spécialiste en apiculture tropicale nous explique ici le sens de la mission de son Ong qui œuvre depuis 2011 à l’élevage moderne des abeilles, le reboisement et l’éducation environnementale dans les communes de Sinendé,
Bembèrèkè et Kalalé.
La Nation : Comment se fait la promotion apicole sous l’égide de l’Ong Gararni?
Abdoulaye Moumouni : Nous sensibilisons sur l’importance des abeilles dans la protection de l’environnement et dans la production agricole. Nous transformons les agriculteurs et surtout les chasseurs traditionnels de miel que nous identifions en apiculteurs planteurs d’arbres mellifères. Nous mettons l’accent sur l’apiculture, le reboisement et l’éducation environnementale. Car l’apiculture et le reboisement sont deux choses qu’on ne peut pas dissocier. L’apiculture traditionnelle était prédatrice des ressources naturelles. Nous formons les chasseurs de miel d’autrefois en techniques d’apiculture moderne, notamment la fabrication de la ruche à rayons fixes en tôle, afin de réduire leurs pressions sur les ressources naturelles. Nous leur apprenons comment enrichir les sites, parce que qui parle des abeilles doit forcément parler des arbres dont elles butinent les fleurs. Nous avons amené les apiculteurs à planter des hectares de Gmelina arborea, de Khaya senegalensis (caïlcédrat) et d’autres fruitiers dans leurs exploitations. Des pépinières sont implantées dans les localités où notre Ong est intervenue.
Quel est aujourd’hui l’impact de vos activités ?
Près de 475 personnes ont été déjà impactées par nos interventions dans les communes de Sinendé, Bembèrèkè et Kalalé, avec l’appui notamment de l’association Tiers-Monde Quintin de France. Elles ont été formées, encadrées et installées et sont en production depuis 2011. Nous avons fait d’elles des défenseurs privilégiés de l’environnement et des abeilles. Beaucoup sont motivés pour l’élevage des abeilles. On fait les récoltes de miel souvent en mars et en novembre. Les ressources permettent aux agriculteurs d’investir dans leurs champs. On a commencé petitement. La toute première récolte tournait autour de 200 à 300 litres. Aujourd’hui, on est à plus de 3700 litres par an. En fait, une fois la ruche installée, si elle est bien entretenue, les abeilles ouvrières se multiplient et la production devient de plus en plus importante. Une ruche qui, à l’installation, produit 5 litres, deux ou trois ans après, elle donne à 12, 15 litres voire plus. En dehors du miel, il y a d’autres produits des ruches tels que la propolis, la cire.
Y a-t-il des demandeurs pour ces produits ?
Il y a des demandeurs pour la fabrication des savons de beauté, des pommades et autres cosmétiques. Mais nous mettons l’accent beaucoup plus sur la production du miel. Plus on incite les abeilles à produire la propolis, cela réduit la production du miel. Or, c’est le miel qui est plus prisé sur le marché. Généralement, on utilise la cire pour faire des appâts pour capturer les essaims; on fait des refontes pour avoir des amorces qui les attirent par l’odeur.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
La difficulté majeure que nous rencontrons, c’est par rapport aux pilleurs. Nous n’avons pas pu couvrir tous les chasseurs de miel dans les villages. L’apiculture était dans les villages sous forme traditionnelle. Nous identifions ceux qui la pratiquaient et comme on n’a pas pu mettre la main sur eux tous, d’autres sont tentés d’aller piller les ruches en les cassant et en brûlant les abeilles et les arbres. En période de récolte, ce n’est pas rare de voir des zones où les abeilles sont dispersées et le miel volé.
Quelle stratégie faut-il mettre en place pour développer l’apiculture, surtout que les ruches de qualité coûtent cher ?
En réalité, une ruche ne coûte pas cher au regard de sa durée. La ruche kényane, comme c’est en béton, s’il n’y a pas une branche ou quelqu’un qui vient la casser, elle peut faire dix ans et plus. 12 l x 10 x 2000 F/l, ça fait en moyenne 240 000 F Cfa sur les dix ans contre seulement 17 000 F Cfa à peu près investis au départ. C’est un combat doux, sans tapage. Le problème, c’est la sous-formation. Il faut finir avec les formateurs ambulants et en venir à des centres de formation dignes du nom qui disposent d’infrastructures adéquates et bien équipées. Et ça, l’Etat peut le faire.
Propos recueillis par Claude Urbain PLAGBETO
Société 20 mai 2019

Ce lundi 20 mai, la communauté internationale célèbre la deuxième édition de la Journée mondiale des abeilles. Occasion pour attirer l’attention sur le rôle crucial que jouent ces insectes, et les pollinisateurs en général, dans le développement durable.
La Journée mondiale des abeilles est à sa deuxième édition ce 20 mai, après la première qui a eu lieu l’année dernière. Décrétée par les Nations Unies pour commémorer la date anniversaire d’Anton Janša, fondateur de l’apiculture slovène au XVIIIe siècle, elle offre l’occasion de sensibiliser sur l’importance des pollinisateurs dans l’agriculture, la sécurité alimentaire et la protection de l’environnement et d’attirer l'attention des décideurs sur la nécessité de les protéger. « La Journée mondiale des abeilles est l’occasion de reconnaître le rôle de l’apiculture, des abeilles et d’autres pollinisateurs dans l’amélioration de la sécurité alimentaire, de la nutrition et de la lutte contre la faim, tout en fournissant des services écosystémiques essentiels pour l’agriculture », selon José Graziano de Souza, directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao).
Cette journée permet de se pencher sur les menaces d’extinction des abeilles. Des pratiques qui ont pour noms : déforestation, feux de brousse, utilisation des pesticides, monoculture, pratiques agricoles intensives, réchauffement climatique.
Au Bénin, la filière apicole connaît un regain d’intérêt ces dernières années. Les acteurs se sont organisés pour mettre en place en 2017 une Plateforme nationale des acteurs de la filière apicole (Pnafa-Bénin) présidée par le formateur et promoteur apicole Sarki Yantannou. A en croire ce dernier, l’apiculture est en plein essor au Bénin avec des formations à l’endroit des acteurs et la mise en œuvre des projets d’apiculture à technologie intermédiaire au détriment de la chasse au miel par la destruction systématique des abeilles. Toutefois, il s’observe une « désabeillisation » qui nécessite la prise de conscience de tous et surtout la professionnalisation de chaque corps de métier attenant à l’apiculture, souligne-t-il. Aussi, est-il nécessaire pour les agriculteurs d’avoir des ruches pour profiter de la pollinisation des abeilles et ainsi booster leur production, tout en disposant du miel et autres produits pouvant leur permettre d’avoir des revenus. « Il faut faire de chaque agriculteur, un apiculteur », préconise Sarki Yantannou qui plaide pour que l’apiculture soit portée au rang des priorités afin de combler la demande locale en miel et les besoins d’exportation. « 80 % du miel qui circule, c’est du faux miel : c’est du caramel et du n’importe quoi », fustige-t-il. En ce sens, l’élevage des abeilles apparaît également comme une solution à un problème de santé publique, au regard de l’intérêt du public pour le miel qui regorge de vertus nutritives et médicinales.

Le ministre des petites et moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi, Modeste T. Kérékou, a échangé, vendredi 17 mai dernier à son cabinet à Cotonou, avec une délégation conjointe de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) et du programme des Volontaires des Nations Unies (Vnu). Il a été question de faire le point du processus de restructuration du dispositif national de volontariat au Bénin, en l’occurrence l’Office béninois des services de volontariat des jeunes (Obsvj).
La mission a discuté avec toutes les parties prenantes à propos du document de base élaboré afin de mieux articuler le programme et permettre qu’il puisse être acté par le gouvernement, confie Paul Armand Menye, spécialiste de programme au Bureau régional du programme Vnu pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, au terme de la séance. La rencontre avec le ministre a permis de faire le point de l’appui et de l’engagement des partenaires, notamment les Nations Unies, la Francophonie, France Volontaires, poursuit-il.
Sur demande du ministère, le programme Vnu en partenariat avec France Volontaires et la Francophonie ont été sollicités pour la réalisation d’une étude de faisabilité du renforcement de l’Obsvj (dirigé par Jean-Luc Lawson), afin que cette structure soit mieux arrimée aux politiques et nouvelles orientations contenues dans le Programme d’action du gouvernement (Pag). Le rapport final de consultation y afférent a fait l’objet d’un atelier de validation en avril dernier et a permis de recueillir les observations et recommandations nécessaires afin que le nouveau programme national de volontariat qui sera mis en œuvre puisse répondre au mieux aux besoins de la jeunesse en termes d’engagement citoyen et d’employabilité.
Les consultations se poursuivront avec les parties prenantes pour qu’on arrive à un document consensuel, notamment pour la plupart des acteurs institutionnels qui travaillent sur les questions de l’emploi, avant de passer à la mise en place du cadre règlementaire adapté au nouveau programme et à l’étape de son opérationnalisation. Ainsi, les jeunes béninois auront l’opportunité, en tant que volontaires, de construire une compétence et une expertise qu’ils pourront ensuite revendiquer et faire valoir sur le marché de l’emploi. Aussi, apporteront-ils leur contribution au développement de leur pays et plus globalement devenir acteurs de l’atteinte des Objectifs de développement durable (Odd).
Claude Urbain PLAGBETO
Actualités 20 mai 2019

Le gouvernement du président Patrice Talon pourrait être remanié, une troisième fois depuis le 7 avril 2016 où le chef de l’Etat a pris le pouvoir. La cause en est l’élection de six de ses ministres qui, sauf changement de dernière minute, pourraient décider de siéger au parlement, pour continuer à soutenir les actions du chef de l’Etat.
Alassane Séidou, ministre des Infrastructures et des Transports. Sacca Lafia, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Oswald
Selbourne Homéky, ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. Abdoulaye Bio Tchané, ministre du Plan et du Développement. Mahougnon Thomas Kakpo, ministre des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle. Fortunet Alain Nouatin, ministre délégué auprès du président de la République chargé de la Défense nationale. Ainsi se présente la liste des ministres du gouvernement de la rupture qui ont eu la chance de bénéficier de la confiance du peuple, pour le représenter au sein de la huitième législature de l’Assemblée nationale. Ils ont été élus respectivement dans la première, huitième, onzième, quatorzième, dix-huitième et vingt-troisième circonscription électorale. Ces ministres élus députés, sauf un changement de dernière minute, pourraient choisir de continuer le combat au parlement aux côtés du président de la République, Patrice Talon. Dans ce cas, il est loisible au président Patrice Talon de réorganiser son gouvernement. Cette réorganisation ne peut intervenir que dans les jours à venir, puisque les élus du peuple ont effectué leur rentrée parlementaire le jeudi 16 mai dernier et procédé dès le lendemain à l’élection du bureau exécutif de l’Assemblée nationale. Le choix de remanier le gouvernement s’impose au président de la République, si ses ministres élus décident, bien entendu, de siéger au parlement. Les fonctions de membre du gouvernement étant incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, sous réserve du délai de trente jours prévu par l’article 265 de la loi n°2018-31 du 9 octobre 2018 portant code électoral en République du Bénin.
L’article 265 dispose : « Sous réserve des dispositions de l'article 260 ci-dessus, le député qui, lors de son élection, se trouve dans l'un des cas d'incompatibilité visés au présent titre, est tenu d'établir dans les trente (30) jours qui suivent son entrée en fonction ou sa validation, qu'il s'est démis de ses fonctions incompatibles avec son mandat. A défaut, il est déclaré démissionnaire d'office de son mandat.
Le député qui a accepté en cours de mandat une fonction incompatible avec celui-ci ou qui a méconnu les dispositions des articles 261 et 264 ci-dessus, est également déclaré démissionnaire d'office. La démission d'office est prononcée dans tous les cas par l'Assemblée nationale à la requête du bureau de l'Assemblée nationale. Elle n'entraîne pas d'inéligibilité ».
Ce qu’il faut souligner, c’est la stratégie du chef de l’Etat qui, après trois années de gouvernance, n’a daigné remanier à ce jour, que deux fois son gouvernement. C’est une force qui caractérise l’homme, confiant des choix qu’il fait pour développer le Bénin. De toute façon, le remaniement ministériel n’est qu’une question de jours et le président Patrice Talon a toutes les cartes en main pour décider de qui doit rester et qui doit partir pour siéger au parlement.
Pour Sacca Lafia, le choix est vite fait entre siéger au Parlement et rester au gouvernement. Sa démission au profit de sa suppléante, Mariama Talata Chabi, d’ailleurs élue première vice-présidente de l’Assemblée nationale, édifie à plus d’un titre sur sa position et de celle du chef du gouvernement. La suite nous en dira un peu plus sur le visage du prochain gouvernement de Patrice Talon.

Louis Vlavonou est depuis, vendredi 17 mai dernier, le nouveau président de l’Assemblée nationale, 8e législature. Il a été plébiscité par ses pairs avec les six autres membres du bureau. Louis Vlavonou succède ainsi à Me Adrien Houngbédji.
La huitième législature prend définitivement son envol avec l’élection et l’installation de son bureau. Lequel bureau est présidé par le député Louis Vlavonou plébiscité par ses pairs par 78 voix pour, 01 contre, 01 nul et 3 abstentions. Le poste de premier vice-président est revenu à Mariama Talata Chabi épouse Zimé Yérima, suppléante du député Sacca Lafia qui a démissionné du Parlement pour garder son fauteuil au gouvernement. Mariama Talata Chabi est élue par 71 voix pour, 08 contre et 02 abstentions, 1 nul. Directrice de l’Enseignement secondaire général au ministère chargé de l’Enseignement secondaire, la suppléante du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique succède au poste de premier vice-président à Eric
Houndété. Le poste de deuxième vice-président n’a pas changé de main. Il est toujours gardé par le député Robert Gbian. Il a été maintenu à ce poste par 81 voix pour et 2 contre.
Son collègue Boniface
Yèhouétomè est porté au poste de premier questeur par 79 voix pour et 3 contre. Précédemment deuxième questeur dans le bureau de la 7e législature, l’élu de la 24e circonscription électorale monte légèrement et devient l’argentier de l’Assemblée nationale. Ce poste était occupé par Valentin Aditi Houdé sous la législature défunte. Boniface Yèhouétomè, quant à lui, va passer le témoin à André Okounlola qui hérite désormais du fauteuil de deuxième questeur de l’Assemblée nationale. André Okounlola est plébiscité par 78 voix pour, 4 contre et 01 abstention. Tout comme Robert Gbian, Sofiath Schanou garde également son poste de premier secrétaire parlementaire dans le bureau. Elle a été élue par 83 voix pour, 00 contre et 00 abstention, soit 100% des suffrages. L’élue du Bloc républicain dans la 19e circonscription électorale a ainsi fait le carton plein. Sofiath Schanou sera secondée dans sa tâche par Délonix Kogblévi plébiscité deuxième secrétaire parlementaire par 79 voix pour, 03 contre et 01 abstention. Ce dernier succède à Dakpè Sossou réélu député mais qui quitte désormais le bureau de l’Assemblée nationale.
Comme l'on pouvait le constater une seule candidature a été enregistrée à chacun des sept postes. Le scrutin à liste unique s’est soldé par quatre postes pour l’Union progressiste (Up) sortie majoritaire avec 47 députés selon les résultats des élections législatives proclamés par la Cour constitutionnelle. Il s’agit du perchoir revenu à Louis Vlavonou et des postes de premier vice-président Mariama
Talata Chabi, de premier questeur enlevé par Boniface
Yèhouétomè et de deuxième secrétaire parlementaire qui est Délonix Kogblévi. Le Bloc républicain crédité de 36 sièges à l’issue des élections législatives du 28 avril dernier s’en sort avec les trois autres postes, en l’occurrence ceux du deuxième vice-président avec Robert Gbian, du deuxième questeur avec André Okounlola et du premier secrétaire parlementaire avec Sofiath Schanou. Les opérations de vote et de dépouillement se sont déroulées revenu à poste par poste sous l’œil vigilant du bureau d’âge présidé par le doyen d’âge, Wallis Zoumarou. Tout ceci s’est fait conformément aux dispositions des articles 6, 7, 14 et 15 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale qui organisent l’élection du bureau de l’Assemblée nationale. Ainsi, une nouvelle page s’est ouverte depuis vendredi 17 mai dernier pour l’Assemblée nationale. Le nouveau bureau est mis en place pour relever les défis de la 8e législature pour les quatre prochaines années.