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Nouvelles

Défis du photographe face à la révolution numérique: « Il faut rester créatif, innovant, inventif », soutient Didier Kpassassi

Avec la révolution numérique et l'avènement des smartphones dotés de Selfie, l’avenir du métier de photographe pose problème. Didier Kpassassi, photographe professionnel apporte, ici, des réponses aux questions relatives à la nécessité de recourir à un photographe pour une pose si l’on peut le faire avec son iPhone, au plus que le photographe peut toujours apporter. Il s’est aussi penché sur la possibilité pour la jeunesse de s’intéresser à ce métier.

La Nation : Pensez-vous que le métier de photographe a encore d'avenir ?

Didier Kpassassi : Bien-sûr ! Je ne nie pas l’influence de la révolution numérique, mais oui, le métier de photographe a encore un avenir radieux. D’autant plus qu’un photographe, c’est quelqu’un qui a un autre regard sur le sujet à capter. Celui qui a un portable et qui veut prendre des images, il le prend en vrac, comme bon lui semble. Il prend tout ce qui défile parce qu’il a simplement envie de prendre des images pour immortaliser l’instant. Et il court deux risques. C’est, d’une part, celui de prendre une mauvaise photo en raison d’un manque de stabilité ou d’une mauvaise résolution et d’autre part, celui de voir ses données disparaître du fait d’une mauvaise manipulation, d’une réinitialisation du portable, d’une faible capacité de l’appareil ou même de l’extinction du portable au moment de la prise de vue. Mais, le photographe amateur ou professionnel, qui tient un appareil professionnel en main, a tout un autre œil. Il perçoit le sujet autrement. Et il prend toutes les précautions non seulement pour la qualité de l’image, mais aussi pour sa préservation parce que c’est son patrimoine qu’il protège ainsi. Il y a vingt-deux ans que j’ai commencé le métier et je puis vous assurer que jusqu’à ce jour, je garde des œuvres datant de vingt-deux ans. Plus elles sont vieilles, plus ces œuvres auront de la valeur. Ce sont des œuvres qui peuvent être réutilisées dans les documents, les catalogues, dans les livres et les archives du Bénin. Parce que j’ai beaucoup travaillé sur le patrimoine culturel béninois.

Mais avec un iPhone, on peut faire des photos de bonnes résolutions !

On a toujours besoin des appareils photos professionnels. Le tout ne se résume pas à la résolution. Celui qui a inventé l’appareil photo n’est pas en marge de l’évolution numérique. L’iPhone oui, c’est un appareil évolué. Celui qui a un iPhone peut voler rapidement des images, faire des photos en rafales dans des situations données. C’est très pratique pour les chasseurs d’images qui veulent passer discrètement. Mais, quand on les découvre, tout de suite, on se méfie d’eux. Vous savez, quand vous voulez prendre une photo et vous gardez un portable, le sujet principal ne vous considère pas à sa juste valeur. Ça peut friser de l’amusement, de la distraction. Mais, devant un appareil professionnel, vous constatez que le sujet est plus sérieux devant l’objectif. Il prête beaucoup plus attention à ce que vous faites et il vous considère comme un professionnel.

En fait, un appareil photo, ça fait plus sérieux et ça permet de faire la distinction entre un simple déclencheur, un photographe amateur et un photographe professionnel. Car, une chose est la qualité de l’appareil et l’autre est la qualité du photographe. Le rendu de la photo dépend aussi du professionnalisme du photographe. L’appareil photo, c’est une machine, c’est une boîte, mais celui qui le commande c’est le photographe. C’est lui qui sait comment l’orienter, c’est lui qui fait les réglages. Qu’est-ce-qu’ il faut prendre ? Faut-il ouvrir, ajouter ou fermer la luminosité, donner plus de vivacité au diaphragme, rapprocher ou éloigner l’objectif…? C’est le photographe qui évalue tout cela. C’est un art, c’est une science.

Pour vous donc, qu’est-ce-qui fait la qualité d’un photographe professionnel ?

Un photographe professionnel, c’est celui qui met de l’art au cœur de son métier. Il construit. C’est quelqu’un qui sait tracer toute une histoire avec son appareil. Avant qu’un photographe professionnel n’arrive sur un terrain, un reportage ou un événement, c’est un récit, un texte qu’il a déjà écrit. Et ce texte est concrétisé par les images. Donc, quand vous prenez les œuvres de ce photographe, vous constaterez que c’est un récit, c’est une histoire que ce photographe raconte. Il y a plusieurs événements passés qui sont reconstitués aujourd’hui grâce aux photos. Le photographe professionnel constitue donc des archives pour sa génération, pour son pays.
Par ailleurs, un photographe professionnel doit avoir certaines qualités. Il doit avoir un bon œil, savoir choisir son angle de vue en fonction du sujet et de l’orientation à donner à l’image. C’est lui qui sait quand il faut prendre une image en plongée, en contre-plongée… La position et le plan sont très importants. Il y a des photographes qui se distinguent grâce à ça. Leur capacité à savoir identifier l’angle de vue idéal. Le tout ne suffit pas de flasher. Il faut pouvoir donner un regard artistique et là, c’est le génie du photographe qui parle. Il y en a qui ne savent qu’appuyer sur le déclencheur. Ceux-là ne sont pas des professionnels.
Vous reconnaissez donc que certains photographes seront dépassés avec le temps ?

Bien-sûr ! Ils sont déjà dépassés ! Il y a plein de photographes qui sont déjà dépassés depuis l’avènement du numérique. Avant, les gens se disaient qu’ils peuvent aller au métier de la photographie même s’ils ne vont pas à l’école. Aujourd’hui, il faut un minimum. Parce que la photographie est devenue une science et un art. C’est la technologie. Un appareil photo, aujourd’hui, c’est comme un ordinateur avec plusieurs paramétrages. Donc, il faut apprendre, beaucoup lire, aller à la recherche de nouvelles connaissances.

Quelles opportunités pour la jeunesse dans la photographie de nos jours ?

La photographie présente beaucoup d’opportunités pour la jeunesse. De nombreuses personnes s’adonnent, de nos jours, aux shoots surtout dans le domaine de la mode. Les shoots, c’est aussi de l’art. Ça va très vite. Aujourd’hui, les gens considèrent plus les street photos (les photos de rue). Avant, c’était en studio qu’on prenait les photos. Mais aujourd’hui, c’est un peu partout, dans la rue, à la plage, aux soirées. La photographie prend plus d’ampleur de telle sorte que c’est le photographe qui se déplace maintenant vers le public. Les shoots s’adaptent à l’environnement. Les photographes qui font des shoots, ce sont des gens qui créent beaucoup, qui réfléchissent énormément pour mettre les hommes et femmes en valeur, pour mettre des produits en valeur à travers des posters et magazines de mode. Il y a donc plein d’opportunités et c’est à chacun de choisir sa spécialité.

Quelles dispositions les photographes d'art devront prendre, selon vous, pour rester actif dans le temps et pour ne pas se laisser dépasser par la révolution numérique ?

Le photographe professionnel doit travailler au quotidien, faire beaucoup de recherches pour se mettre à jour. Je le dis souvent et ce n’est pas pour offenser qui que ce soit : les Blancs nous dépassent. Ils ne sous dépassent pas parce qu’on est incapables ou incompétents. Non ! Ils nous dépassent parce que tous les jours que Dieu fait, ils innovent, ils créent. Donc, nous devons aller à leur école. Il faut rester créatif, innovant, inventif. Quand vous prenez les photographes des années 80, ce sont des autodidactes, mais ils sont énormément bons. Ils ont fait un travail remarquable. Ils racontent l’histoire de façon artistique par leurs photos.
Dans le temps, ce n’était pas valorisé. Mais aujourd’hui, quand vous prenez ces œuvres, vous constatez qu’ils ont fait un travail énorme parce qu’ils ont su rester créatif par rapport à leur temps.
Du coup, pour rester actif dans le temps, nous devons faire des recherches, avoir l’esprit créatif pour donner sa touche personnelle, pour faire du beau. Quand vous ne faites pas du beau, on ne s’intéresse pas à vos œuvres. Quand vous prenez des photographes comme le Congolais Baudouin Mouanda, le Malien feu Malick Sidibé, le Béninois Eric Ahounou…, ils ont su innover à leur manière chacun dans son style. Par ailleurs, nous devons aussi améliorer nos compétences par la formation et l’échange. Car on ne finit jamais d’apprendre.

Société 29 mars 2019


Géronime Tokpo: Une vie d’engagement et de combat

La dépouille mortelle de la présidente de la Fédération nationale des associations de personnes handicapées du Bénin, Géronine Sètchéton Tokpo, sera inhumée demain samedi 30 mars à Abomey. Elle a été arrachée à l’affection des siens, le jeudi 14 juin 2018, à l’âge de 34 ans, après l’accouchement de son premier enfant. Durant son séjour terrestre, elle a démontré que le handicap n’est pas un frein.

Elle était au cœur de tous les combats en faveur de la promotion des droits des personnes handicapées. Juriste, spécialiste en droits de la personne humaine et démocratie, Géronime Tokpo a su laisser des traces indélébiles au regard de son engagement pour l’amélioration des conditions des personnes handicapées.
Elle a poursuivi ses études de troisième cycle en se spécialisant en droits de la personne humaine et démocratie. Jusqu’à son décès, elle était la directrice adjointe du Fonds national de développement et de promotion du tourisme (Fndpt).
Par ses interventions qui forcent admiration et respect au Bénin et en Afrique, elle s’est battue pour l’avènement d’une société inclusive en faveur de ses pairs. Son séjour terrestre, quoique bref, a été le couronnement de nombreux efforts au profit des personnes handicapées. Sa disparition prématurée est une grande perte que pleurent sa famille et ses amis.
Géronime Tokpo est un grand nom dans le paysage de la défense des droits humains. Le 26 février 2016, le groupe de travail de la Commission africaine des droits de l’Homme et du Peuple (Cadhp), sur les droits des personnes âgées et des personnes handicapées en Afrique, avait sollicité son expertise pour la période de février 2016 à novembre 2017. Ce mandat lui a été renouvelé pour une période de 2 ans. Hélas ! Elle n’aura pas le temps de l’achever.
Les témoignages renseignent que le président de la Cour constitutionnelle, Me Joseph Djogbénou, est capable de rédiger un roman entier sur elle. D’ailleurs, son cabinet aurait beaucoup contribué à ses études universitaires, sans doute en tenant compte de ses talents et de ses nombreux efforts pour la cause des personnes handicapées.
Dans une démarche ferme et rassurée, Géronime Tokpo a mené le combat en faveur des personnes handicapées au prix de nombreux sacrifices. Avec ses lunettes noires qui ne passent pas inaperçues, son éloquence qui séduit, l’ancienne présidente de la Fédération nationale des associations de personnes handicapées du Bénin a consacré sa vie au service de ses pairs et de la nation, non sans difficultés.
« Mon parcours a été semé d’embûches comme d’ailleurs celui de la plupart des personnes handicapées. Grâce au soutien de ma famille, j’ai obtenu le Certificat d’études primaires, le Brevet d’études du premier cycle, puis le Baccalauréat aux côtés de mes frères voyants. A l’université, j’ai obtenu une maîtrise en Droit des affaires et carrières judiciaires. C’est à ce moment que j’ai vécu ma plus grande désillusion », témoignait-elle de son vivant.
Pour avoir été recalée au concours des auditeurs de justice du fait de son handicap, elle a saisi la Cour constitutionnelle qui lui donna raison un an plus tard à travers la décision Dcc 12-106 du 3 mai 2012 en se basant sur les dispositions de la Constitution du Bénin et celles de la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples. Cette victoire l’a davantage renforcée dans son élan de promotion des droits des personnes handicapées au point où elle était présente sur tous les fronts en la matière.
Son départ prématuré est une énorme perte. « Géronime était l’étoile de notre famille. Nous sommes au nombre de neuf et c’est elle la benjamine », regrette l’un de ses frères.

Témoignages

Des témoignages fusent de toutes parts pour saluer la mémoire de l’avocate de la cause des disparues. « Une combattante ne meurt jamais. Tu es partie pour un repos éternel jugé opportun par Dieu et nous nous inclinons devant sa volonté, mais tes œuvres suivront », indique Claire Houngan Ayémona sur la plate-forme « Droits humains Bénin »’ à laquelle appartenait la défunte.
« Le Bénin vient de perdre l’un des défenseurs très engagé des droits de l’homme. Nous saluons cette figure de promotion des droits humains d’une manière générale et des droits des personnes handicapées en particulier », écrit Claudes Kamenga, représentant résident de l’Unicef au nom du système des Nations Unies au Bénin, au lendemain de sa mort dans un communiqué.
Pour Gilles Badet, secrétaire général de la Cour constitutionnelle, qui cite le nom de la regrettée dans ses cours de droits de l’homme à l’université, Géronime était « une institution, un porte-flambeau, le symbole de lutte contre toutes les formes de discrimination ».
Et, à Jean-Claude Dossa, journaliste d’ajouter : « En cette vie, tout est bien éphémère : la santé, la fortune ou la noble mission de devenir mère. De toi, mon cœur garde l’image de la rigueur mais, aussi du leader aimable. Je n’en ai souvent rencontré que dans les histoires, les fables ».
Grande figure de la promotion des droits humains, elle laisse derrière elle, un petit garçon, et des proches inconsolables. Sa dépouille mortelle sera inhumée demain samedi 30 mars à Abomey.

Société 29 mars 2019


Solutions de sortie de crise pour les législatives 2019: « N’ouvrons pas la boîte de Pandore », met en garde le Pr Ibrahim Salami

Après sa collègue Dandi Gnamou, c’est au tour du professeur titulaire, agrégé des Facultés de droit, Ibrahim Salami, de se prononcer sur l’hypothèse d’auto-saisine de la Cour constitutionnelle, et sur les possibilités de sortie de crise qui s’offrent aux politiques.

Reçu sur une radio privée de la place pour se prononcer sur le sujet qui défraye la chronique au Bénin, Ibrahim Salami admet, que dans une démocratie, il est nécessaire pour les partis de l’opposition tout comme ceux de la mouvance de prendre part aux législatives. «L'idéal de la démocratie c'est que les élections soient disputées, transparentes, ouvertes et les plus démocratiques possibles», dit-il, tout en indiquant que la solution de l’impasse supposée actuelle du processus électoral, est politique.
Selon ce juriste, il s'agit d'un problème politique qui doit se régler politiquement. Il n’est pas question d’impliquer la Cour constitutionnelle dans le règlement d’un problème qui relève avant tout du politique. Demander à la Cour constitutionnelle de trancher, d’indiquer derechef la voie à suivre, c’est créer un précédent grave, voire ouvrir la boite de Pandore qu’on regrettera après coup, souligne-t-il, à l’instar de sa collègue Dandi Gnamou. C'est la solution la plus dangereuse, a-t-il martelé, car elle va créer un précédent qui va amener la Cour, celle-ci ou une autre, à proroger le mandat des députés ou même à proroger le mandat du chef de l'Etat, ou même, entendu que celui qui peut le plus peut le moins, à diminuer le mandat des élus, alerte le juriste.
« J'espère que le Parlement trouvera une solution ce jeudi mais s'il n'y a pas de solution politique à une situation politique, on est obligé de s'en tenir aux textes », fait-il valoir.

Que faire ?

A la différence de Dandi Gnamou, toutefois, il avoue ne pas être favorable à la prolongation du mandat des députés : «Je suis pour un report éventuel et non pas pour la prorogation du mandat des députés », avance Ibrahim Salami. « Quand il y a prorogation du mandat des députés, ils conservent le plein exercice de leur mandat législatif. Ils peuvent continuer à voter des lois et continuer comme si leur mandat était toujours en cours, alors que s'il s'agit d'un simple report de la date de l'élection…», s’offusque-t-il.
Aussi, demande-t-il aux députés, pour éviter tout hiatus, notamment ceux de la mouvance, de faire preuve de hauteur d'esprit, de grandeur d'âme, pour en définitive trouver une porte de sortie de la crise préélectorale, fondant ses espoirs sur la plénière de ce jeudi. Il allègue aussi qu’il n’y a pas de blocage institutionnel, voire même pas de blocage tout court, y compris dans l’hypothèse où les députés ne trouvent pas une solution consensuelle, en raison de ce qu’il appelle la dictature des textes. De façon sibylline, cela veut dire que ce sont les textes actuels qui seront valables, quand bien même cela implique que seuls les partis Bloc républicain et Parti progressiste restent en lice pour les législatives d’avril 2019. « On peut regretter la dictature des textes, mais la dictature des textes est encore meilleure que la dictature tout court, qui n'est fondée sur aucun texte », justifie le juriste?

Actualités 28 mars 2019


Après le recensement national: Les attentes des artisans

Sur initiative du gouvernement, les artisans du Bénin se sont fait enregistrer, du 27 février au 17 mars 2019 dernier. Au terme de la première phase de l’opération qui vise à contribuer à l’épanouissement des acteurs de cette catégorie socio-professionnelle, les artisans expriment leurs attentes.

En attendant les prochaines phases du processus, les artisans n’ont pas manqué d'exprimer leurs attentes au terme du recensement national intervenu le 17 mars dernier.
Au Centre de promotion de l’artisanat (Cpa) de Cotonou, plusieurs d’entre eux ont salué l’initiative. Dans l’atelier commun du Cpa qui regroupe des sculpteurs sur bois, teinturiers, tisserands, bijoutiers et autres corps de métiers, Kossi Sounouvou, et ses collaborateurs ont exprimé leur reconnaissance au gouvernement. Car, relèvent-ils, c’est pour la première fois que les autorités s’intéressent à l’épanouissement des acteurs artisanaux. «C’est une très bonne initiative », apprécie Kossi Sounouvou. Toutefois, il suggère que le gouvernement commence par initier à leur intention des foires internationales, des ateliers et des expositions à l’extérieur du pays comme à l’intérieur. De même, ils veulent que des séances de partage d’expériences avec des artisans des pays voisins soient organisées. Cela pourrait aider les artisans béninois, d’après lui, à connaître les rouages de leur métier. Selon ses explications, les besoins en formation des artisans à satisfaire, après le recensement, concernent la volorisation des différents métiers, l'épargne pour la retraite, l'accès aux financements. Il estime que les efforts de réorganisation du tourisme apporteront beaucoup aux artisans. « Si le tourisme marche, l’artisanat doit aussi marcher », s’est réjoui Kossi. Sounouvou qui a, par ailleurs, souhaité que le recensement soit à l’avantage des artisans.
Prosper Houènon a fait savoir, quant à lui, que si le gouvernement peut souvent organiser des foires et des expositions à l’international, cela sera un atout pour les artisans de connaître les différentes évolutions du métier de l’artisanat. La mise en place d’un mécanisme d’accès aux crédits peut aussi sortir les artisans des difficultés qu’ils rencontrent généralement avec les banques, suggère Prosper Houènon, comptable de formation qui a préféré faire carrière dans la sculpture sur bois, une profession héritée de son père depuis son enfance.

Promouvoir les tenues locales

Après trente années de carrière, Hilaire Assogbahou garde un bon souvenir de son métier. Tisserand moderniste de formation au Cpa, il estime que les artisans feraient la moitié de la population béninoise dont les besoins sont énormes et pourraient connaître un début de solution grâce au président Patrice Talon, grand réformateur. « J’apprécie les actions du chef de l’Etat. S’il peut quelque chose pour promouvoir le tissage artisanal pour que nous éliminions les pagnes importés vendus plus cher, nous lui serons reconnaissants », a affirmé Hilaire A. Son souhait est que le chef de l’Etat parvienne à faire habiller les ministres par la tenue traditionnelle au moins une fois par semaine. Mieux, il appelle le gouvernement à aider les tisserands à avoir accès au coton cent pour cent béninois pour limiter l’importation de cette matière première de la Côte d’Ivoire. Il estime que si le secteur bénéficie de la subvention du gouvernement comme au Burkina Faso, cela réduirait le chômage des jeunes et pourrait inciter d’autres, qui ont envie d’apprendre, à rentrer dans le corps. « Le problème qu’on a ici souvent au Cpa, c’est le manque de touristes, des étrangers autrefois arrivent mais depuis un moment, il n’y a plus d’affluence », constate Lô Mourtala, maître bijoutier. L’accès aux matières premières, le recyclage des artisans… lui tiennent à cœur.
Le gouvernement, selon le président de la Chambre interdépartementale des métiers du Bénin, Soufyanou Imorou, va, non seulement dénombrer les artisans, mais aussi évaluer leurs besoins en termes de formation, d’appui au financement, à l’assurance maladie et retraite.

Actualités 28 mars 2019


Compte rendu du Conseil des ministres: Les membres du Conseil national de l'Education connus

Le Conseil des ministres s'est réuni ce mercredi 27 mars 2019, sous la présidence de monsieur Patrice Talon, président de la République, chef de l'Etat, chef du Gouvernement.

Les décisions ci-après ont été prises.

I- Communications.

I-1. Audit de la gestion du service de greffe du tribunal de première instance de première classe de Cotonou au titre des aimées 2011 à 2017.

A la suite des malversations relevées au Greffe dudit tribunal lors de la passation de service entre les greffiers en chef entrant et sortant, le 9 mars 2018, le Gouvernement a entrepris de réaliser une enquête approfondie aux fins d'appréhender l'exhaustivité des prévarications commises. Une Commission a été mise en place à cet effet.
Celle-ci a rendu son rapport dont il ressort que les montants distraits par l'ex Greffier en chef, Me Abou Seidou, entre 2011 et 2017, se chiffrent au total à la somme de trois milliards cent quatre-vingt-trois millions quatre cent quarante-sept mille deux cent quatre-vingt-six (3.183.447.286) F Cfa, au lieu d'un milliard cinq cent quinze millions cinq cent cinquante mille trois cent trente et un (1.515.550.331) F Cfa initialement découvert.
Prenant acte dudit rapport, le Conseil a instruit le ministre de l'Economie et des Finances de mettre l'intéressé en débet et de faire procéder, périodiquement, au contrôle des institutions judiciaires par l'Inspection générale des Finances en rapport avec l'Inspection générale des Services judiciaires.
Le ministre de la Justice veillera à l'aboutissement des poursuites engagées contre le mis en cause.
Par ailleurs, il fera organiser des formations en gestion financière et comptable à l'intention des greffiers en chef, puis procédera à la mise en place, en liaison avec le ministre de l'Economie et des Finances, d’une comptabilité formelle et d'un manuel de procédures, pour la gestion financière des activités de greffe.

I-2. Négociations pour la maîtrise d'œuvre et la maîtrise d'ouvrage déléguée, dans le cadre des études et du suivi des travaux au niveau de certains hôpitaux.

Par la mise en œuvre de son Programme d'action, le Gouvernement s'emploie à promouvoir un système de santé performant, offrant des soins de qualité et accessibles à toute la population. La récente construction de l'hôpital de zone d'Allada, dont la maîtrise d'œuvre a été assurée par le cabinet japonais Architect Endo Takeshi, entre dans ce cadre.
Au regard des prestations satisfaisantes qu'il a délivrées, le Conseil a autorisé le ministre de la Santé à engager des négociations avec ledit cabinet, en vue de la maîtrise d'œuvre des études architecturales et techniques, puis de la supervision des projets suivants :
- construction et équipement d'un hôpital de 150 lits dans la zone sanitaire Adjarra/ Avrankou/ Akpro-Missérété ;
- construction et équipement d'un hôpital de référence de 150 lits à Ouidah ;
- extension et équipement de l'hôpital de zone d'Allada/Zè/Toffo pour les spécialités de rang universitaire de réanimation, des grands brûlés, de traumatologie et des salles de cours.

Les négociations avec le même cabinet porteront également sur l'assistance à maîtrise d'ouvrage pour les projets de construction des hôpitaux de zone d'Adjohoun/ Bonou/ Dangbo et de Zogbodomey/ Bohicon/ Za-Kpota.

I-3. Adoption d'une Politique nationale de promotion des investissements privés pour la période 2019-2025.

Ladite politique est élaborée pour donner une plus grande cohérence aux actions d'investissement et assurer une bonne exécution ainsi qu'une meilleure coordination des projets/programmes sur la période considérée.
Elle tient compte de ce que, en termes d'investissement global entre 2010 et 2018, pour une moyenne de 25 % du Pib observée au cours de la période, l'investissement privé génère 19% contre 6 % pour l'investissement public.
Dans le même temps, les investissements directs étrangers connaissent une embellie depuis 2017, passant de 1,8 à 5,8 % du Pib en 2018, en lien avec la mise en œuvre du partenariat public-privé, dans le cadre de la réalisation des projets phares du Programme d'action du gouvernement.
C'est pour maintenir et renforcer cette dynamique que le Conseil a décidé de doter notre pays du cadre stratégique que constitue la Politique nationale de promotion des investissements privés.

A cet effet, quatre orientations stratégiques sont retenues. Il s'agit de :

i- amélioration de l'environnement des affaires ;
ii- approfondissement des réformes en cours ;
iii- renforcement des infrastructures de soutien aux activités économiques ; et
iv- renforcement du dispositif d'appui à la promotion des investissements privés.

I- 4. Fixation des prix des produits pétroliers pour le mois d'avril 2019.

En application du mécanisme d'ajustement mensuel, les prix sont les suivants au titre du mois d'avril 2019 :

- essence : 520 F/l;
- pétrole : 555 F/l ;
- gasoil : 555 F/l ;
- mélange : 600 F/l ;
- gaz domestique : 555 F/kg.

II- Rencontres et manifestations internationales

Le Conseil a autorisé la participation de la délégation du Bureau «Sherpa» du Bénin aux réunions statutaires de l'Organisation internationale de la Francophonie au cours de l'année 2019.

III- Mesures individuelles

Les personnes dont les noms suivent sont nommées pour siéger au Conseil national de l'Education (Cne). Il s'agit de :

* Membres désignés par le président de la République :

Messieurs
- Ahonagnon Noël Gbaguidi ;
- Rémy Guèdègbé ;
- Cyrille Gougbédji (cumulativement avec ses fonctions actuelles) ;
- Sé N'Bouro Ouorou Boun.

* Membres désignés par les ministres :

Messieurs
- Bienvenu Komaklo ;
- Alain Dossou Hounleyi ;
- Tchokponhoué Tchégninougbo Marc Kpodékon ;
- Gervais Kissèzounon ;
- Vincent Houessou ;
- André Assogba Sovi-Guidi.

*Membres sélectionnés par appels à candidatures :

Mesdames et messieurs
- Acouêmaho Francis
Vidjinlokpon ;
- Lucile Christelle Ouassa ;
- Nathalie Madeleine Odile Togbé ;
- Cocou Rigobert Tossou ;
- Thomas Simbossa Tchao ;
- Fègbénou Benoît Sossou ;
- Raoul Christian Adékou ;
- Coovi Gabriel Boko ;
- Gbodja Martin Houinsou;
- Ibitobi Victorin Abattan;
- Sossou Etienne Ahouanka ;
- Aline Crescentia Tchiakpè Lawson.

* Membres sélectionnés par élections :

Messieurs
- Prosper Gandaho ;
- Théophane Ayi ;
- Bruno Haoudou ;
- Pierre d'Alcantara Zocli ;
- Brice Gado Lafia ;
- Albert Massenon.

Par ailleurs, monsieur Timoléon Ahouangnivo est retenu comme secrétaire exécutif du Cne, au terme du processus de sélection par appel à candidatures.
Enfin, monsieur Ahonagnon Noël Gbaguidi est nommé président du Conseil national de l'Education?

Fait à Cotonou, le 27 mars 2019.

Le secrétaire général du
gouvernement

Edouard Ouin-Ouro

Actualités 28 mars 2019


Semaine de l’énergie électrique: Une meilleure visibilité aux efforts du gouvernement

Du 6 au 11 avril prochain, il sera organisé sur toute l’étendue du territoire national, une semaine de l’énergie électrique. En prélude à cet événement qui est une première depuis 2016 et qui permettra de montrer les efforts du gouvernement dans le secteur, les différents acteurs avec à leur tête, le ministre de l’Energie, Dona Jean-Claude Houssou, ont annoncé les couleurs au cours d’une conférence de presse, hier mardi 26 mars, à Cotonou.

Une semaine pour permettre aux populations de prendre connaissance des efforts du gouvernement en matière d’énergie électrique. C’est l’objectif de la Semaine de l’énergie électrique initiée par le ministère de l’Energie.
« C’est un événement exceptionnel qui permettra d’expliquer aux populations la vision claire que le gouvernement de la Rupture a du secteur de l’énergie », a déclaré Dona Jean-Claude Houssou. Pour lui, la semaine de l’énergie électrique est une sorte de journées portes ouvertes qui permettra à toute la population de voir ce qui se fait dans le secteur. « Chacun tirera beaucoup de cette semaine que je veux belle et profitable à tous », ajoute le ministre de l’Energie.
Dès 2016 déjà, rappelle-t-il, le Projet de relance du secteur de l’énergie a été initié. Avec ce projet, il estime que le droit à l’énergie aujourd’hui se positionne comme un droit fondamental de l’homme comme les autres droits fondamentaux.
Dans le cadre de ce projet en effet, il avait été engagé des actions à court, moyen et long termes.
A court terme, Dona Jean-Claude Houssou souligne qu’il y avait une première action qui est celle de location d’un groupe de 180 MW. Suivra ensuite la réhabilitation de trois centrales électriques qui étaient considérées comme des musées.
Au-delà de ces premières actions, le Bénin, selon le ministre, a reçu auprès de la Communauté électrique du Bénin (Ceb) une dérogation pour s’approvisionner en énergie autrement. C’est ainsi que le pays est allé chercher auprès d’autres partenaires, 60 MW d’énergie en plus de ce qui est obtenu auprès de la Ceb, avant que le projet phare dans le domaine, à savoir la construction de 120 MW à Maria-Gléta dans la commune d’Abomey-Calavi ne soit lancé.
Pour le ministre de l’Energie, l’objectif à la fin est d’assurer pour le pays une production de qualité de l’énergie. Il se dit rassuré par les résultats des tests faits, sur un premier moteur de cette centrale. « Nous avons une révolution énergétique qui est en préparation », se réjouit-il.
Par rapport à l’électrification rurale qu’il a qualifiée de parent pauvre, Dona Jean-Claude Houssou annonce que le gouvernement a pris des mesures radicales.
Pour près de 800 milliards de francs Cfa dans le Programme d’action du gouvernement (Pag), pour le secteur de l’énergie, il dit être est convaincu qu’avec la volonté de tous, on peut aller loin. C’est pourquoi la semaine de l’énergie électrique est une occasion pour faire le point des avancées et annoncer les perspectives.
Il faut rappeler qu’avant le ministre, chaque acteur impliqué dans l’organisation de la semaine a expliqué ce qui se fait à son niveau. Ainsi que successivement, les directeurs généraux de l’Agence béninoise de l’électrification rurale et de la maîtrise d’énergie, de la Société béninoise d’énergie électrique, de Contrelec, puis les présidents de l’Association interprofessionnelle des spécialistes de l’énergie renouvelable, de l’Association béninoise des consommateurs de l’eau et de l’énergie et le vice-président de l’Autorité de régulation de l’électricité, qui ont expliqué le rôle qu’ils joueront durant cette semaine de l’électricité.

Actualités 27 mars 2019


Résultats du Tony Elumelu Foundation Program 2019: Les entrepreneurs béninois à l’honneur

Une bonne cohorte d’entrepreneurs béninois figure parmi les lauréats du Tony Elumelu Foundation Program 2019, faisant du Bénin la première nation francophone et la deuxième en Afrique de l’Ouest. Une telle réussite ne fut pas possible sans le concours de Sèmè City.

La liste officielle des lauréats 2019 du Tony Elumelu Entreprenership Program vient d’être publiée. Le moins qu’on puisse dire est que les entrepreneurs béninois ont largement tiré leur épingle du jeu, prouvant ainsi leur capacité à aller à la conquête de telles opportunités et à relever de tel challenge. Ils sont en effet pas moins de 156 entrepreneurs béninois à être lauréats du programme cette année. Ce qui met le Bénin sur la plus haute marche du podium. Le Bénin occupe en effet la première place parmi les pays francophones et la deuxième place après le Nigeria, dans le classement des pays de l’Afrique de l’Ouest.
Cette réussite, le Bénin la doit non seulement à la perspicacité des challengers, mais également à Sèmè City, qui a maximisé les chances de succès de la cohorte 2019 grâce à la mise en place d’ateliers de coaching et de cours d’anglais. Et ce, conformément à son objectif de donner aux entrepreneurs béninois tous les outils nécessaires au rayonnement de leurs entreprises au Bénin et dans le monde. 

Quid du programme ?

Le programme d’entrepreneuriat de la Fondation Tony Elumelu (Tef) est ouvert aux citoyens et résidents de tous les pays africains, qui gèrent des entreprises à but lucratif basées en Afrique et n’ayant pas plus de trois ans d’existence. Cette initiative de la Fondation Tony Elumelu, la plus grande philanthropie africaine, est fondée sur le principe d’autonomisation des entrepreneurs africains, avec un engagement de 100 millions de dollars sur 10 ans visant à identifier, former, mentorer et financer 10 000 entrepreneurs.
Le but d’un tel investissement étant de favoriser la création d’au moins 1 000 000 de nouveaux emplois et de générer au moins 10 milliards de dollars de nouveaux revenus annuels en Afrique. Actuellement dans sa cinquième année, le programme d’entrepreneuriat du Tef a permis à 4 470 entrepreneurs de bénéficier d’une autonomisation, par l’utilisation d’un processus de sélection, de formation et d’exécution robuste pour créer un impact visible et durable à travers les 54 pays africains.
Ciblant les entrepreneurs africains exceptionnels qui dirigent des start-up à fort potentiel de croissance et les futurs chefs d’entreprises aux idées transformatrices, ce programme est inspiré par la philosophie économique, l’Africapitalisme de Tony Elumelu et par sa vision d’institutionnalisation de la chance et de démocratisation des opportunités pour une nouvelle génération d’entrepreneurs africains. Il s’agit de l’un des programmes d’entrepreneuriat les plus ambitieux au monde.
Les entrepreneurs sélectionnés les années précédentes ont transformé leurs entreprises et leurs communautés après avoir tiré profit des 7 piliers du programme : d’un capital d’amorçage de 5000 dollars; d’une formation au développement des affaires; d’un mentorat individuel; des rencontres panafricaines. Aussi, adhèrent-ils au réseau Tef et participent à son Forum d’entrepreneuriat, la plus grande réunion de l’écosystème africain de l’entrepreneuriat. Selon le fondateur, Tony O. Elumelu, «Le secteur privé doit être le moteur principal de la transformation économique de l’Afrique, mais ce secteur ne peut pas atteindre son plein potentiel si les entrepreneurs sont laissés à la traine… ». Aussi, exhorte-t-il tous les décideurs, les chefs d’entreprises et les agences de développement, à s’engager activement à créer un avenir meilleur pour les jeunes africains ayant fait preuve d’intelligence, de compétence et de passion, pour leur donner les moyens de réussir, car de leur succès, est-il convaincu, dépend celui de l’Afrique.
Les lauréats béninois de l’édition 2019 seront financés par plusieurs institutions. 53 d’entre eux seront financés par la Fondation Tony Elumelu, 50 lauréats seront financés par Sèmè City, 47 par le Programme des Nations Unies pour le Développement et 6 par la Banque africaine de Développement.

Société 27 mars 2019


Coopération bénino-marocaine : Une dizaine d’accords signés, de nouveaux engagements pris

L’élan de coopération souhaité entre le Bénin et le Royaume du Maroc s’est une fois de plus matérialisé à l’occasion de la 6e session de la grande commission mixte de coopération qui s’est tenue, lundi 25 mars à Marrakech. Une dizaine d’accords ont été signés et des perspectives heureuses engagées.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci et son homologue Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Royaume du Maroc ont inauguré, lundi 25 mars à Marrakech, une ère nouvelle dans la coopération entre les deux nations. Ils ont, pourrait-on dire, matérialisé un vœu cher au président Patrice Talon et à sa majesté le roi Mohammed VI du Maroc. « La coopération entre le Bénin et le Maroc est résolument inscrite dans la lignée de la vision du programme d’actions gouvernemental ‘’Bénin révélé’’, lancé en 2016 par le président Patrice Talon », reconnait d’ailleurs le chef de la diplomatie marocaine. Depuis la dernière session, «la coopération entre nos deux pays a fait du chemin. Le volume des affaires a augmenté, bien que son seuil demeure en deçà des potentialités des deux pays », note Nasser Bourita à l’entame des travaux. Selon lui, les échanges commerciaux entre les deux pays ont augmenté de plusieurs millions, faisant du Bénin, le 48e client du Maroc et son 126e fournisseur.

« Notre volonté est de porter nos relations économiques à un niveau plus important à travers une meilleure connaissance et un plus grand engagement », suggère-t-il. Dans cette perspective, « le terrain est ouvert » et des chantiers comme les infrastructures, les bâtiments et travaux publics (Btp), l’électrification, l’agro-alimentaire, l’électrification rurale, les technologies de l’information et de la communication, le tourisme, l’énergie, la pêche… peuvent être explorés. Dans ces secteurs, « le Maroc est disposé et outillé pour s’engager avec le Bénin dans une coopération plus avancée », assure-t-il.
Le Bénin est aussi dans cette dynamique. Pour le ministre Aurélien Agbénonci, la coopération s’est aussi matérialisée dans des domaines scientifique et culturel avec la formation de cadres civils et militaires et bien d’autres opportunités. Près de six ans après la dernière rencontre du genre, il s’est félicité des avancées enregistrées, mais aussi et surtout du retour du Maroc au sein de l’organisation continentale qui le repositionne comme un acteur majeur du développement de l’Afrique. La vision du roi du Maroc pour la coopération Sud-Sud est la même que celle du chef de l’Etat béninois, a soutenu le ministre lors de son intervention. « Le Maroc fait partie de nos sources d’inspiration dans notre marche vers le progrès », indique-t-il ensuite. Heureux, le ministre des Affaires étrangères l’est aussi du fait de la nouvelle dynamique de coopération qui s’étend en plus à de nombreux autres secteurs. Il y voit une « contribution notable au plan de développement du Bénin ».

Aussi, révèle-t-il que la question de la formation est très importante, surtout par ces temps où le Bénin a plus que jamais besoin de compétences, en raison « des réformes importantes » qu’opère le président Patrice Talon. « Je suis heureux que le Royaume du Maroc ait accepté d’augmenter le nombre de bourses octroyées au Bénin et de continuer par offrir ses centres de formation et de perfectionnement à notre pays. La question de l’enseignement technique et professionnel est devenue une préoccupation majeure pour le chef de l’Etat et il est heureux que vous ayez marqué votre accord et que nous ayons signé un mémorandum dans ce sens », soutient, reconnaissant, le chef de la diplomatie béninoise. Les travaux effectués par les experts des deux pays depuis quelques jours ont permis aux deux ministres d’avoir des échanges avant de parapher les documents matérialisant les nouveaux accords.

Quid des accords signés ?

La 6e session de la grande Commission mixte de coopération a été un cadre de renforcement des relations d’amitié, de solidarité et de coopération entre le Royaume du Maroc et le Bénin. Elle a permis aux chefs des deux délégations, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci et son homologue Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Royaume du Maroc, de signer une dizaine d’accords. Il s’agit notamment de la convention relative à l’entraide judiciaire en matière civile et administrative, l’accord-cadre de coopération dans les domaines de l’énergie, des mines, de la géologie et des hydrocarbures, le Protocole de coopération dans le domaine de la jeunesse et des sports, l’accord-cadre de coopération relatif à l’octroi de bourses d’études et de stages au Maroc, de la convention-cadre de coopération en matière de formation professionnelle, de l’accord de coopération dans les affaires islamiques, de la convention tendant à éviter la double imposition et à prévenir l’évasion fiscale, de l’accord en matière de protection civile, du mémorandum d’entente dans le domaine de la sécurité routière et enfin de l’accord relatif aux transports internationaux routiers de voyageurs et de marchandises.
D’autres projets d’accords «seront examinés en vue de leur signature à la 7e session ou à toute autre occasion ». Cette session se tiendra à Cotonou, à une date qui sera arrêtée d’un commun accord par voie diplomatique?

De Marrakech, Josué F. MEHOUENOU

Actualités 26 mars 2019


Célébration de la journée météorologique mondiale: Météo Bénin s’ouvre au grand public

Dans le cadre de la célébration de la journée météorologique mondiale, l’Agence nationale de la Météorologie organise depuis ce lundi 25 mars, des journées portes ouvertes. L’objectif de cette initiative est de faire connaître davantage Météo Bénin et d’échanger avec les usagers.

Le directeur de cabinet du ministre des Infrastructures et des Transports, Joseph Ahissou, et le directeur général par intérim de l’Agence nationale de la Météorologie, ont procédé, ce lundi 25 mars à Cotonou, au lancement des journées portes ouvertes de Météo Bénin. A cette occasion, le directeur général par intérim de Météo Bénin, Félicien Tchédé, a invité la population à effectuer le déplacement pour connaître davantage cette structure qui fait des prévisions après étude des phénomènes atmosphériques.
Pendant trois jours, il s’agit de réfléchir autour du thème de cette édition : « Le soleil, la terre et le temps ». Un programme est concocté afin que de la visibilité soit faite autour des activités de Météo Bénin. Pour le directeur général par intérim de Météo Bénin, Félicien Tchédé, toutes les activités de Météo Bénin sont utiles pour la population. « Nous avons l'agro-météorologie et la climatologie qui concernent les populations »,
a-t-il ajouté. C’est pourquoi il invite tous les corps de la nation et les représentations diplomatiques accréditées au Bénin à y faire un tour. A l’en croire, il est prévu, durant la période des communications, des échanges, des expositions et une visite guidée des installations et équipements météorologiques.
Ces journées portes ouvertes ont été initiées, selon le directeur de cabinet du ministre des Infrastructures et des Transports, Joseph Ahissou, pour marquer la célébration de cette année et permettre aux Béninois de mieux appréhender les prévisions météorologiques. Il convie le public et les cadres à divers niveaux à participer aux activités prévues pour la circonstance. Selon lui, l'Organisation météorologique internationale a choisi ledit thème parce que le soleil est au cœur de tous les changements de notre planète. « C'est lui qui façonne nos humeurs et constitue une source d'énergie alternative dans le monde », a-t-il déclaré. Il évoque l’importance combien utile de l’énergie solaire qui est de plus en plus utilisée dans le monde actuel. Pour lui, les risques du changement climatique interpellent à plus d'un titre. C’est pourquoi la communauté scientifique est appelée à apporter sa contribution afin que des mesures idoines soient trouvées face aux effets du changement climatique. A l’en croire, le gouvernement béninois à travers son Programme d’action travaille à réduire les risques liés à ces changements.

Société 26 mars 2019


Etude des propositions de lois électorales dérogatoires: La commission des Lois s’en remet à la plénière

La commission des Lois de l’Assemblée nationale a décidé, ce lundi 25 mars, de s’en remettre à la décision de la plénière en ce qui concerne le sort de la proposition de loi dérogatoire à la Charte des partis politiques puis celle relative au Code électoral en vue de législatives inclusives.

La clé de la sortie de crise préélectorale se trouve désormais dans les mains de la plénière. Les députés membres de la commission des Lois ont renvoyé ce lundi la balle dans le camp de celle-ci par rapport au sort de la proposition de loi dérogatoire à la Charte des partis politiques puis celle relative au Code électoral en vue de législatives inclusives et apaisées en avril prochain.
En effet, selon des indiscrétions, les députés membres de cette instance technique du Parlement n’ont pu accorder leurs violons pour passer au peigne fin le contenu des deux textes. Pour défaut de consensus, il a été alors décidé de renvoyer les deux dossiers en l’état à la plénière. Il revient donc à cette dernière de prendre la décision qui s’impose. Mais, la plénière qui était programmée pour ce même lundi a été reportée au jeudi 28 mars prochain par le président de l’Assemblée nationale. Et pour cause, la commission des Lois n’était pas prête. Jusqu’à la fermeture de la séance par Me Adrien Houngbédji, elle était encore en pleins travaux. Toutefois, les débats préliminaires ont été faits sur les deux propositions de lois dérogatoires fortement attendues pour des élections législatives sans exclusion. Lesquels débats ont révélé plusieurs positions des parlementaires.

Les avis étaient divergents.

Pour certains députés, il faut absolument à l’étape actuelle du processus électoral le consensus de tous les parlementaires membres de cette commission avant toute modification du Code électoral et de la Charte des partis politiques. Ceux-ci fondent, à en croire nos sources, leur argumentaire sur le Protocole de la Cedeao relatif aux élections qui interdit la révision des lois électorales six mois avant le scrutin, sauf en cas de consensus. Le Bénin qui est partie à ce protocole communautaire ne doit pas l’enfreindre, défendent ces députés qui sont pour la plupart de la mouvance présidentielle. Ils estiment que la solution à la crise préélectorale actuelle ne peut être trouvée par voie parlementaire parce que le consensus est loin d’être acquis au Parlement. Mieux, le consensus serait rompu depuis jeudi 21 mars dernier, où le président de l’Assemblée nationale a affecté une nouvelle proposition de loi dérogatoire à la Charte des partis politiques qu’il a initiée unilatéralement en mettant de côté le texte retenu et paraphé par consensus par les cinq membres du comité paritaire parlementaire (mouvance-opposition) qu’il a présidé.

La Cour constitutionnelle, le dernier rempart ?

Ces députés de la majorité présidentielle insistent pour dire que la clé de sortie de l’impasse est hors de l’hémicycle. Par contre, pour les députés de l’opposition, à en croire les mêmes sources, aucun consensus n’est rompu à l’Assemblée nationale. Ces derniers dénonceraient un dilatoire de leurs collègues d’en face qui useraient de subterfuges pour ne pas examiner les deux textes. Car, l’idéal aurait été, à en croire l’opposition, d’engager l’étude au fond, c’est-à-dire article par article des deux dossiers et de voir sur quels aspects de la loi les discussions se sont achoppées avant de conclure à l’impasse ou au défaut de consensus. Ce qui n’est pas le cas actuellement.Le rapport qui a sanctionné les travaux a été adopté par la majorité des députés membres de cette commission technique, à l’exception de leurs collègues de la minorité qui ont voté contre cette démarche. Le député Guy Mitokpè pour sa part, a claqué la porte et n’a pas voté.
Les regards sont alors tournés, depuis hier, dans un camp comme dans l’autre, vers la plénière du jeudi prochain qui fixera les uns et les autres. Mais, dans les couloirs de l’hémicycle, il se chuchote que cette séance plénière de la dernière chance risque d’être également un fiasco comme c’est le cas des travaux en commission. Aucun consensus ne sera trouvé par la plénière pour l’examen des deux lois dérogatoires, annoncent des sources dignes de foi. Les mêmes arguments avancés par chacun des camps (mouvance et opposition) seront transposés en plénière.
Ainsi, face à l’impasse due au défaut de consensus, le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji pourrait être invité à tirer les conséquences de droit de la situation. La plénière pourrait lui recommander de rendre compte au chef de l’Etat, Patrice Talon, qui l’a mandaté, le 6 mars dernier, aux fins de trouver de solutions parlementaires de sortie de crise pour des législatives inclusives. Ce dernier pourrait saisir, à son tour, la Cour constitutionnelle de l’impasse du processus électoral et de lui demander de débloquer la situation. La cour constitutionnelle pourrait user de son pouvoir de régulation pour décider de la solution de sortie de crise et relancer le processus électoral que conduit la Commission électorale nationale autonome (Céna). C’est dire que les difficultés autour des élections législatives inclusives pourraient être de vieux souvenirs d’ici à là avec certainement l’implication de la Cour constitutionnelle qui semble être désormais le dernier rempart.

Actualités 26 mars 2019


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