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Dans le cadre de la campagne de commercialisation 2018-2019 du coton graine, le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep), Gaston Dossouhoui, et Mathieu Adjovi, président de l’Association interprofessionnelle du coton (Aic), ont effectué, du 10 au 14 mars dernier, une tournée dans le Borgou, l’Alibori, le Zou, les Collines et le Couffo. Cette descente a permis à la délégation de faire le suivi des dispositifs de stockage et de conservation du coton graine au niveau des usines d’égrenage. Le constat sur le terrain rassure malgré quelques couacs.
La commercialisation du coton graine campagne 2018-2019 se passe dans de bonnes conditions. C’est l’essentiel à retenir de la tournée, de suivi des dispositifs de stockage et de conservation du coton graine au niveau des usines d’égrenage, conjointement effectuée par le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche et le président de l’Association interprofessionnelle du coton (Aic) dans les communes de
Parakou, N’Dali, Kandi, Banikoara, Nikki, Glazoué, Savalou, Dassa, Bohicon et à Hagoumè dans la commune de Djakotomey.
Précisant l’objectif de la tournée lors de la séance de travail inaugurale à Parakou, Mathieu Adjovi, président de l’Association interprofessionnelle du coton (Aic), indique qu’elle permet à la délégation de prendre connaissance des problèmes au niveau de chaque segment de la filière coton à l’étape de la commercialisation. Ainsi, poursuit-il, aussi bien les producteurs, les transporteurs que les égreneurs doivent faire connaître comment la campagne évolue à leur niveau.
Pour le compte des producteurs, Badou Gani Tamou, président de la Fédération nationale des coopératives villageoises de producteurs de coton (Fncvpc), apprécie la tournée avant de revendiquer la prévision de 720 mille tonnes pour la campagne 2018-2019. Il se réjouit du paiement du fonds coton par l’Aic, mais souhaite aussi que cela se passe tous les trois jours.Toutefois, il retient au même titre que les responsables départementaux de la zone septentrionale de production cotonnière que des difficultés subsistent au niveau de l’évacuation de la récolte vers les usines d’égrenage. Selon eux, les producteurs ont de gros soucis par rapport au nombre de camions qui stationnent devant les usines en attendant d’être vidés de leur cargaison. Cette situation, explique-t-il, pourrait conduire à la mouille du coton en cas de pluie et le faire déclasser. Tour à tour, les responsables communaux se sont succédé pour présenter la situation dans leurs zones. Il en ressort qu’une quantité non négligeable de coton attend d’être évacuée des champs vers les usines à cause des camions toujours en stationnement au niveau des usines. A titre illustratif, il a été signalé qu’à Djougou, 8210 tonnes ont été évacuées contre 374 tonnes en attente. « Des camions passent deux mois à attendre dans les usines », déplore Badou Gani Tamou pour expliquer cette situation. Ce que conteste le représentant des égreneurs, Machioudi Lassissi, directeur industriel adjoint de la Société pour le développement du coton (Sodeco).
« Le cumul de coton stocké par les égreneurs est de près de 154 000 tonnes contre 63 000 tonnes au titre de la campagne précédente », soutient-il. Ce résultat, clarifie-t-il, est dû à l’amélioration du tonnage égrené par jour et à l’augmentation du coton stocké par jour. Ainsi, les camions ne font pas plus de 10 jours devant les usines, assure-t-il. Il s’engage au nom de ses pairs à faire en sorte que le moindre kilogramme ne soit mouillé ni dans les champs ni dans les camions stationnés au niveau des usines.
Le constat dans les usines
La délégation a observé que les usines ne chôment pas. « Elles tournent à plein régime. Elles travailleront, cette année, 8 mois sur 12 », s’émerveille le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Gaston Dossouhoui. Au-delà des usines, il exprime son bonheur de voir « l’armée d’ouvriers au travail », les vendeuses et revendeuses développant leurs activités, les transporteurs en activité permanente. « L’économie du pays tourne », résume-t-il.
Faisant le point, Mathieu Adjovi fait savoir qu’il a noté avec satisfaction que toutes les usines stockent bien le coton. Malgré cela, il est inquiet en ce qui concerne les quantités stockées. Il dit s’être aperçu que la sécurité incendie n’est pas bien assurée dans la plupart des usines sauf à Savalou et à Glazoué où des efforts ont été faits. A ce sujet, il préconise que la Sodeco chargée des usines de l’Alibori mette tout en œuvre pour que des motos-pompes mobiles soient acquises ainsi que des bâches. Par rapport aux camions, il note qu’ils manquent d’extincteurs alors qu’ils sont admis dans les usines pour être déchargés. « Cela constitue un risque d’incendie que les transporteurs doivent prendre en compte », relève-t-il.
Sur plusieurs sites, les sapeurs-pompiers sur place ne sont pas réactifs et les équipes de piquets incendie à leur disposition n’ont pas la maîtrise de la situation. « Lors des exercices de simulation d’incendie, nous avons remarqué que le temps de réaction est très long »,
signale Mathieu Adjovi. Point positif, il note avec satisfaction que les camions passent au plus une semaine devant les usines et espère qu’à ce rythme le coton en attente dans les champs pourra être évacué au plus tard le 30 mars prochain.
Toutefois, pour aller plus vite, le ministre Gaston Dossouhoui recommande la révision du plan d’évacuation pour qu’il y ait zéro kilogramme de coton mouillé.
« Il reste encore en souffrance 123 mille tonnes de coton graine dans les champs »,
insiste-t-il.
Perspectives
Pour la campagne 2019-2020, annoncent le ministre Gaston Dousshoui et le président de l’Aic, Mathieu Adjovi, une production cotonnière de 850 mille tonnes est projetée et au titre de la campagne 2020-2021, faire une performance du million de tonnes. « Chaque année, depuis 2016, nous connaissons une augmentation de 150 mille tonnes », indique le ministre Dossouhoui. Cette ambition est soutenue par les producteurs à travers leurs responsables à divers niveaux qui promettent de dépasser leurs performances actuelles. Pour ce faire, rassure Gaston Dossouhoui, tout est déjà mis en place. « Toutes les mesures sont déjà prises pour la prochaine campagne. Les intrants sont disponibles et la formation des tractoristes a été faite récemment », signale-t-il.
Par ailleurs, le ministre ajoute que l’on veut passer de 1,2 tonne à 1,4 tonne à l’hectare. « C’est la densification de la production. Pour cela, il faut préparer les sols », explique-t-il.
L’autre ambition du gouvernement, dévoile Gaston Dossouhoui, c’est la transformation du coton produit au Bénin. Cela passe par la filature à travers la fabrication des tissus, des serviettes et autres. « Nous prenons les dispositions pour réhabiliter les industries textiles chez nous », annonce-t-il.

Le Programme d’action du gouvernement (Pag) a prévu l’électrification d’une centaine de localités grâce à l’énergie solaire, afin de donner corps à son ambition : « l’énergie pour tous ». Vendredi 15 mars dernier, la localité d’Adido dans la commune de Bonou, le tout premier site, a été mis en service par le ministre Dona Jean-Claude Houssou. Plus qu’une mise en service, ce fut plutôt la fête toute la nuit.
Vendredi 15 mars dernier, il est 20 heures 35. Commune de Bonou. Sous les applaudissements nourris des populations, les ministres en charge de l’Energie, Dona Jean Claude Houssou et du Commerce, Joseph Ahissou, depuis le local technique implanté sur le site expérimental du projet d’électrification solaire photovoltaïque implanté dans la localité, mettent en mode ‘‘On’’ pour faire jaillir la lumière dans le village d’Adido. L’instant est non seulement solennel, mais aussi historique. Pour les populations, notamment les personnes âgées, l’électrification de leur village avait tout l’air d’un rêve. Elles n’y avaient jamais pensé. Du moins pas avant un passé récent, où par le biais du ministre en charge de l’Energie, elles ont eu vent d’un projet du gouvernement visant à leur apporter, non seulement la lumière, mais aussi l’eau et, cerise sur le gâteau, la connectivité, voire des services postaux.
Joie. C’est aussi le même sentiment qu’ont manifesté natifs, cadres et autres élus de la localité. Le premier, le maire de Bonou, Julien Afohoungba. Au nom des populations, il a exprimé combien grande est l’émotion du Conseil communal de voir se concrétiser en quelques mois, ce projet que beaucoup prenaient pour utopique. Le député Paulin Gbénou, lui aussi originaire de la région, a indiqué que les ingrédients pour faire le développement sont en train d’être réunis à Adido. L’avènement de l’électricité rendra disponible l’eau potable et les voies d’accès sont en cours de réalisation, a soutenu le parlementaire pour qui, ces nombreuses réalisations à l’actif du président Patrice Talon méritent d’être saluées.
Pour le directeur général de l’Aberme, Francis Tchékpo, le gouvernement veut faire de l’énergie hors réseau une réalité et l’ouvrir au secteur privé.
« Il salue alors l’engagement et la bonne volonté des acteurs privés qui ont osé oser » pour que l’électrification d’Adido soit réalisée, sur financement privé. De quoi faire dire au ministre Joseph Ahissou que la transformation du Bénin est en cours et impacte toutes les régions du Nord au Sud.
« C’est un jour de grande joie. Que chacun se sente concerné par ce site, l’entretienne et en prenne soin », exhorte le ministre Dona Jean-Claude Houssou. En dehors d’Adido, explique-t-il, 99 autres sites seront implantés dans les autres localités du pays pour permettre aux populations, notamment des milieux défavorisés, de disposer de l’énergie. C’est un vœu cher au chef de l’Etat qui a décidé que 10% des 45 projets phares de son programme d’action soient consacrés à l’énergie, laisse-t-il entendre. A côté de l’énergie thermique qui connait de grandes réalisations, l’énergie solaire prend ainsi son envol, apprécie le ministre de l’Energie. L’ère des expositions aux lampadaires dans la localité est révolue, annonce le ministre qui rassure les populations quant aux multiples gains sur leur vie quotidienne. L’avènement de l’électricité permettra de créer plus d’activités génératrices de revenus, de chasser l’obscurité et de mieux assurer la sécurité des personnes et des biens, applaudit le ministre.
Au-delà de la lumière…
L’ambition du gouvernement ne se limite pas à la seule électrification des localités. Il faudra en plus leur assurer l’accès à l’eau potable et la connectivité wifi. A Adido, c’est désormais chose faite. A compter de ce jour, a assuré le directeur général de la Poste, Jonas Gbènameto, les populations d’Adido disposent d’un centre postal qui leur permettra d’effectuer toutes les opérations postales financières et services connexes. Pour en arriver là, il a fallu miser sur l’expertise et la compétence des équipes de Winch Bénin et Winch Uk, fait observer Fabienne Demol, vice-présidente exécutive de Total Eren. Encore plus heureuse, Olga Johnson, ambassadrice de Winch energy pour l’Afrique se satisfait de constater que sous le président Patrice Talon, le Bénin s’affiche au même rang que les nations qui ont adopté l’énergie solaire et en offre les avantages à leurs populations. « L’impact recherché est l’amélioration des conditions de vie des populations à travers l’accès à l’énergie. C’est un projet qui ne donne pas seulement accès à l’électricité, mais aussi à la connaissance. C’est important que les deux aillent de pair », note-t-elle. « L’accès à l’énergie sort les femmes de la précarité, par exemple aller chercher de l’eau sur de longues distances », se réjouit-elle.
Références techniques
Le site expérimental du projet d’électrification solaire photovoltaïque implanté dans la localité d’Adido dans la commune de Bonou est composé d’une centaine de panneaux solaires avec des batteries chargées grâce au soleil. Le système fonctionne 24 heures sur 24 et permet d’offrir aux populations de l’énergie à plein temps et pour toutes les capacités. « C’est de l’énergie propre sans diesel et le système 11 fonctionne très bien. On n’a pas lésiné sur les moyens et les technologies. Ce sont de robustes machines »,
assure Nicholas Wrigley, directeur général de Winch energy. Selon ses explications, le système mis en place à Adido a une durée de vie minimale de 35 ans.

La prison civile d’Akpro-Missérété a été le théâtre, vendredi dernier, d’un mouvement d’humeur des prisonniers qui se sont soulevés contre les réformes mises en œuvre dans cette maison d’arrêt. Mais la situation a été maîtrisée par les autorités dont le directeur général de l’Agence pénitentiaire, Jiles SèdjroYèkpè qui se sont vite mobilisées sur les lieux pour calmer le jeu.
Un certain nombre d’habitudes sont désormais interdites à la prison civile d’Akpro-Missérété. L'utilisation du téléphone portable et des réseaux sociaux avec toutes ses conséquences sur les enquêtes judiciaires et la consommation de produits prohibés comme l'alcool et autres, ne sont plus désormais autorisées. Ces mesures ont été prises par l’Agence pénitentiaire du Bénin qui a jugé utile de mettre aux normes l'administration pénitentiaire, au regard, non seulement des textes nationaux mais également des engagements pris par le Bénin à l'international. C'est dans ce contexte qu’un certain nombre de réformes sont mises en oeuvre dans les prisons civiles pour ramener l'administration pénitentiaire à sa mission principale. Cela, pour mieux assurer la sécurité des détenus et des installations et favoriser la réinsertion socioprofessionnelle de ces derniers. Mais ces réformes n’ont pas été du goût des prisonniers de la maison d’arrêt d’Akpro-Missérété qui se sont soulevés, vendredi dernier, pour manifester leur mécontentement. Le mouvement d’humeur qui a commencé quatre jours plus tôt, a donc dégénéré vendredi dernier. Des détenus ont vandalisé des installations en brisant plusieurs portes des bâtiments de la prison et en incendiant certains objets. Mais, la situation a été maîtrisée par les éléments de la Police républicaine qui ont largué quelques gaz lacrymogènes et les sapeurs-pompiers qui ont éteint le feu. Toutefois, il n’a été noté aucun blessé. L’ampleur du mouvement a donc mobilisé, vendredi dernier, les autorités en charge de la prison civile d’Akpro-Missérété. Il y avait le directeur général de l’Agence pénitentiaire du Bénin, Jiles Yèkpè, le directeur général de la Police républicaine, Nazaire Hounnonkpè, le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), Gilbert-Ulrich Togbonon et le procureur de la République près le Tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo, Florentin Gbodou. La délégation a écouté les revendications des prisonniers qui réclameraient qu'il leur soit accordé notamment des temps de visite inconsidérés; l'autorisation de faire rentrer à l'intérieur de la prison des quantités très exorbitantes d'aliments et de produits de toutes sortes et la suppression du port de gilet qui les identifie (une humiliation à leurs yeux).
Les vandales menacés de poursuites
Selon Jiles Sèdjro Yèkpè, une commission dont font partie cinq représentants des détenus va examiner toutes ces revendications. Cependant, le directeur général de l’Agence pénitentiaire insiste que les aspects soulevés par les détenus sont prévus par les textes. Car, tout détenu doit porter un gilet pour la gestion efficiente de leur présence à l'intérieur de la prison. « Mais ils sont en train de comprendre et tout rentrera dans l'ordre », assure Jiles Sèdjro Yèkpè.
Le directeur général de l’Agence pénitentiaire a été soutenu dans ses propos par le procureur de la République près le Tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo, Florentin Gbodou. Selon celui-ci, les réformes mises en place par le nouveau régisseur sont inspirées par l'insécurité qui règne au sein des prisons civiles notamment celles que gère le parquet de Porto-Novo. Des cas de poursuites pour trafic de chanvre indien sont régulièrement enregistrés dans la prison dont certaines procédures sont encore pendantes devant des juridictions. « Jusque-là, nous ne savons comment ces produits prohibés entrent dans les prisons », explique le procureur. Les réformes mises en place visent à éradiquer ces genres de pratiques, précise le procureur. C’est pour cela, poursuit Florentin Gbodou, que le décret n°73-293 du 15 septembre 1973 portant régime pénitentiaire et le règlement intérieur qui régit la prison civile d’Akpro-Missérété ont été remis aux représentants des prisonniers membres du comité mis sur pied. Ces documents leur ont été remis pour qu'ils aillent en prendre connaissance, enrichir les débats et faire des propositions dans le sens de l'amélioration de leurs conditions de détention, souligne le procureur de la République qui n’écarte pas de poursuivre les auteurs des casses perpétrées lors du mouvement d’humeur du vendredi dernier.

Une délégation de la Plateforme de la société civile pour des élections libres et transparentes était, vendredi 15 mars dernier, au cabinet du président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou. C’est pour s’assurer de la tenue à bonne date et dans un climat apaisé des législatives d’avril prochain.
« Nous avons eu près d’une heure de discussion avec le président de la Cour constitutionnelle qui nous rassure. Ce que nous avons appris et entendu nous permet de raffiner notre stratégie, de raffiner nos sensibilisations vis-à-vis de nos compatriotes pour apaiser la tension », a affirmé la présidente de la Plateforme de la société civile pour des élections libres et transparentes, Fatoumatou Batoko Zossou, après leurs échanges avec le professeur Joseph Djogbénou. Composée de représentants d’associations professionnelles et d’organisations non gouvernementales, la Plateforme de la société civile pour des élections libres et transparentes était, en effet, allée exprimer, au président de la Haute juridiction, ses inquiétudes relatives aux législatives du 28 avril prochain. « Nous avons voulu savoir les dispositions prises par la Cour constitutionnelle pour que les élections soient inclusives et nous rassurer de ce qu’elles vont se dérouler à bonne date », fait savoir Fatoumatou Batoko Zossou. Elle ajoute que la délégation s’est aussi intéressée aux dispositions prises par la Cour pour apaiser la tension. Car l’objectif de la plateforme, c’est de voir des élections libres et transparentes dans un climat apaisé. « Nous partons satisfaits, rassurés que la Cour constitutionnelle va jouer sa partition pour des élections apaisées », va-t-elle conclure.
Entre autres membres de la délégation, le président de l’Ong Alcrer, Martin Assogba, le président de Task Force citoyenne de la Cédéao Gustave Assah.

A l’occasion de la 6e et ultime journée des éliminatoires de la Can, Egypte 2019, les Ecureuils du Bénin et les Eperviers du Togo ont rendez-vous, dimanche 24 mars prochain à Cotonou, pour un derby qui aura valeur de finale au niveau du groupe D. Entre les deux sélections, les hostilités ont déjà été engagées. Après les rumeurs annonçant la délocalisation du match vers Accra, ce sont leurs entraîneurs respectifs qui, au regard des joueurs qu’ils ont convoqués, rivalisent désormais de stratégies.
Les Ecureuils du Bénin sont sur le point de se qualifier pour leur 4e fois, à une phase finale de la Can, après celles de 2004, 2008 et 2010. Un match nul suffira pour faire leur bonheur. Mais avant, ils doivent affronter leurs homologues les Eperviers du Togo qui peuvent également décrocher leur billet pour Egypte 2019, en cas de victoire, dimanche 24 mars prochain à Cotonou, à condition que les Scorpions de la Gambie ne l’emportent pas à Blida, face aux Fennecs de l’Algérie. Le Bénin est actuellement deuxième du groupe D, derrière l’Algérie (10 points) avec 7 points et deux unités d’avance sur le Togo et la Gambie.
En attendant l’échéance, les hostilités ont déjà commencé entre les deux sélections. C’est la preuve qu’elles ne se feront pas de cadeaux. Pour annoncer les couleurs, il y a d’abord eu ces rumeurs selon lesquelles, la Fédération togolaise de football (Ftf) a sollicité, auprès de la Caf, la délocalisation du match du stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou de Cotonou, vers la capitale ghanéenne, Accra. Au-delà de la situation préélectorale qui n’est pas à l’apaisement avancée comme motif, l’objectif est de déstabiliser la grande mobilisation qui prend corps autour des Ecureuils. Mais force est de constater que depuis jeudi 14 mars, la Ftf a fini par réagir.
C’est à travers un communiqué qu’elle a démenti l’information relative à la délocalisation. Estimant qu’elle n’a jamais exprimé une telle volonté, la fédération dit n'avoir adressé aucun courrier à la Caf au sujet de la rencontre.
Pour ce qui est de la disponibilité du stade Général Mathieu Kérékou dont l’état de la pelouse a été pendant longtemps remis en cause, il n’y a plus à s’inquiéter. Les travaux de sa réhabilitation officiellement relancés le 2 novembre 2018, ont suffisamment avancé. Sur les lieux, mardi 12 mars dernier, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Sports, Oswald Homeky et son collègue du Cadre de vie, José Didier Tonato, ont pu s’en rendre compte. Il y a donc de quoi envisager une amélioration de la pelouse pour l’explication du dimanche 24 mars prochain.
Par ailleurs, en attendant que ne commence le regroupement des joueurs qu’ils ont convoqués, ce sont les listes arrêtées par chacun des entraîneurs des deux sélections qui font l’objet d’une grande attention. Comparativement au match de la 2e journée au cours duquel elles étaient déjà aux prises à Lomé, les deux effectifs ont été beaucoup remaniés.
Du côté togolais, l’ancien joueur de l’Olympique de Marseille, Alaixys Romao qui n’était plus apparu en sélection depuis la Can, Gabon 2017, signe son retour. Sur la liste de Claude Le Roy, on note également les retours de Gilles Sunu et Ihlas Bebou, absents pour blessure lors du dernier regroupement en novembre 2018. De même, suspendu pour le match contre l’Algérie (1-4), Hakim Ouro-Sama et Djene Dakonam effectuent eux aussi leur retour. A noter également les premières convocations pour le défenseur Kodjovi Djoyagbo de l’As Otr et du jeune gardien Idrissa Ogodjo (Dcmp, Rd Congo). L’attaquant Kodjo Laba de la Renaissance sportive de Berkane sera l’un des atouts des Eperviers.
Quant à Michel Dussuyer, il a fait appel à de nouveaux joueurs dont trois du championnat national mais aussi, à Rodrigue Kossi du Club africain et Yannick Aguemon de l’OH Louvain. Privé de Stéphane Sessegnon, Sessi d'Almeida et Mickaël Poté, tous suspendus, le Bénin enregistre le grand retour du milieu de terrain, Mama Seibou, écarté de la sélection pour cause de blessure, tout comme, Anaane Tidjani de l’US Ben Guerdane en Tunisie, présent au match aller contre le Togo et qui a été écarté lors de la double confrontation face à l’Algérie et lors du match contre la Gambie. Il y a également le latéral droit de l’Aspac, Rodrigue Fassinou, et surtout les nouvelles trouvailles Chérif Dine Kakpo et Patrick Sèdjamè, respectivement gardien de but et milieu des Buffles du Borgou.
Depuis le 7 novembre 1982, les deux nations se sont opposées à 17 reprises avec 7 victoires et 2 victoires respectivement pour le Togo et le Bénin. Les deux pays se sont aussi neutralisés à 7 reprises. Sur les 17 confrontations, 10 ont été des matchs amicaux. Jusqu'en 2006, le Bénin n'avait jamais battu le Togo. Il a fallu attendre les éliminatoires de la Can 2008, avant de le voir l’emporter sur un large score (4-1) à Cotonou, après la défaite (2-1) concédée au match aller à Lomé. Depuis 2007, il n'a plus perdu devant le Togo, aussi bien à Lomé qu’à Cotonou.

A moins d'un défaut de quorum, l’Assemblée nationale ouvre, ce lundi 18 mars, les travaux de la session extraordinaire devant consacrer à l’examen de cinq dossiers dont un package de propositions de lois pour des élections législatives inclusives avec possibilité d’une révision technique de la Constitution du 11 décembre 1990.
Les lignes bougent à l’Assemblée nationale en vue de trouver des solutions concrètes pour le dénouement heureux de l’impasse dans laquelle se trouve le processus des législatives de 2019. La session extraordinaire, la quatrième de l’année 2019, tant attendue au Parlement s’ouvre ce lundi pour examiner les propositions de lois pour des élections législatives inclusives initiées par un comité de cinq députés présidé par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Lesquelles propositions de lois ont été entérinées, vendredi 15 mars dernier, par la Conférence des présidents du Parlement qui a mis sur pied cette équipe restreinte de travail composée également des députés Eric Houndété et Garba Yaya de l’opposition et Antoine Kolawolé Idji et
Barthélemy Kassa de la mouvance présidentielle.
Le package de propositions de lois pour des élections législatives inclusives de 2019 est inscrit prioritairement à l’ordre du jour de la session extraordinaire qui s’ouvre ce jour si le quorum de 42 députés, c’est-à-dire de la moitié plus un des membres de l’Assemblée nationale est atteint. Le dossier alors affecté à la commission des lois pour étude devant être sanctionné par un rapport écrit. La plénière de ce lundi peut également décider de l’examen en procédure d’urgence de ces propositions de lois électorales compte tenu de leur importance dans le processus électoral en cours. Dans ces conditions, la commission des lois sera invitée à produire un rapport qui sera examiné en procédure d’urgence par l’ensemble de l’Assemblée nationale.
De toutes les façons, que la procédure soit ordinaire ou d’urgence, c’est la plénière des députés qui a le dernier mot par rapport à ces propositions de lois visant des élections législatives consensuelles. Selon des indiscrétions, l’une des propositions de loi tend à l’adoption d’une loi dérogatoire à certaines dispositions de la loi n°2018-23 portant Charte des partis politiques en République du Bénin. Et une autre est relative à une loi dérogatoire à certains articles de la loi n°2018-31 portant Code électoral en République du Bénin. Les deux lois dérogatoires, si elles sont adoptées par la plénière, devraient permettre de lever certains obstacles liés au processus électoral en cours. Elles vont permettre la participation de tous les partis politiques qui se sont manifestés et dont les dossiers de candidatures ont été rejetés par la Commission électorale nationale autonome (Céna) pour une raison ou une autre ou qui n’ont pas pu obtenir au ministère de l’Intérieur le certificat de conformité de leurs formations politiques avec la Charte des partis politiques en vigueur.
Révision de la Constitution ?
Les deux lois dérogatoires vont rendre donc fluide le processus électoral pour permettre à ces partis politiques recalés d’être repêchés pour participer au scrutin législatif. Cela, au même titre que l’Union progressiste (Up) et le Bloc républicain (Br), tous deux de la mouvance présidentielle pour que les élections législatives soient véritablement inclusives.
Seulement, l’avènement de ces deux lois pourrait amener à revoir le calendrier électoral et repousser la date des élections. Là-dessus, les positions sont variées dans les coulisses du Parlement. On note trois tendances de députés. Il y a ceux qui sont pour le maintien de la date du scrutin fixée au 28 avril prochain, mais en compressant certains délais dont celui de la campagne électorale afin de permettre au Bénin de respecter la date constitutionnelle du 15 mai prévue pour la fin du mandat de l’actuelle législature. Il y a un autre groupe de députés qui est pour un report de 45 jours des élections afin de permettre aux uns et aux autres de disposer de temps pour un bon déroulement des échéances électorales. Un troisième camp de parlementaires est pour carrément un report de plus de 45 jours. Ce qui est certain, l’option des deux dernières tendances ne peut pas être possible sans la révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Car, le report des élections de 45 jours va conduire le Bénin dans un vide juridique par rapport au mandat des députés qui pend fin constitutionnellement le 15 mai prochain. Lequel mandat pourrait être prorogé pour permettre à la septième législature d’être en place au-delà du 15 mai en attendant l’élection des nouveaux députés. Ce qui oblige, si le choix de 45 jours est retenu, les parlementaires à modifier la Constitution béninoise pour toucher à la durée du mandat de la législature actuelle. De sources parlementaires, il s’agirait d’une révision technique de la loi fondamentale qui viserait surtout l’article 80 de la Constitution béninoise disposant que : « Les députés sont élus au suffrage universel direct. La durée du mandat est de quatre ans. Ils sont rééligibles. Chaque député est le représentant de la nation tout entière et tout mandat impératif est nul ». C’est dire donc que la session extraordinaire qui s’ouvre ce jour sera riche en évènements. L’on saura ce que décidera la séance plénière qui a le dernier mot par rapport à la clé de sortie de la crise électorale?
Quatre dossiers d’accord de prêt en examen
La session extraordinaire qui s’ouvre ce jour, si le quorum est atteint, connaitra de l’examen de quatre autres dossiers en dehors des propositions de lois pour des élections législatives inclusives de 2019. Ces quatre points concernent des accords de prêt pour la réalisation de divers travaux de développement. Il s’agit du projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de prêt de Africa growing together fund (Agtf) signé à Cotonou, le 18 janvier 2019 entre la République du Bénin et la Banque africaine de développement (Bad) dans le cadre du financement partiel du projet d’aménagement et de bitumage de la route Djougou-Péhunco- Kérou- Banikoara, longue de 209,68km et le projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de prêt de la Bad signé à Cotonou, le 18 janvier 2019, entre la République du Bénin et la Banque africaine de développement (Bad) dans le cadre du financement partiel du projet d’aménagement et de bitumage de la route Djougou-Pèhunco - Kérou - Banikoara d’une longueur de 209,68 km.
Les deux derniers accords concernent le projet de loi portant autorisation de ratification de la convention de crédit signe le 10 décembre 2018 entre la République du Bénin et l’Agence française de développement (Afd) dans le cadre du financement partiel du Projet de restructuration et d’extension du système de répartition et de distribution (Presredi) de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) et le projet de loi portant autorisation de ratification du contrat de financement signé par échange de lettres, le 18 décembre 2018 à Cotonou et le 19 décembre 2018 à Luxembourg entre la République du Bénin et la Banque européenne d’investissement (Bei) dans le cadre du financement du projet Drainage eaux fluviales à Cotonou. Les quatre accords de financements seront examinés et éventuellement adoptés avant la fin de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale qui dure au plus quinze jours.
Th. C. N.
Actualités 18 mars 2019

Le comité restreint de cinq députés mis sur pied par la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale pour réfléchir et faire des propositions de lois concrètes en vue de la sortie de la crise préélectorale que traverse actuellement le Bénin a bouclé ses travaux ce jeudi 14 mars au palais des Gouverneurs à Porto-Novo.
L’équipe présidée par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji, lui-même, a déposé son rapport de fin de mission. Mais rien n’a filtré des conclusions des travaux de ce comité pour lequel la mouvance présidentielle s’est fait représenter par les députés Antoine Kolawolé Idji et Barthélémy Kassa et l’opposition par les honorables Eric Houndété et Garba Yaya. Les travaux ont duré plus que prévu. Au lieu de 24 heures, le comité a fait 48 heures avant d’achever son boulot. Qu’à cela ne tienne ! Les regards sont désormais tournés vers la Conférence des présidents du Parlement qui a mandaté ce comité pour la suite à donner à ce rapport.
De sources parlementaires, cette réunion décisive de la Conférence des présidents est prévue pour ce vendredi 15 mars à 10 heures. Celle-ci aura à prendre connaissance surtout des propositions de lois initiées par le comité des cinq députés pour des élections législatives inclusives. La Conférence des présidents du Parlement va donc statuer sur la question. Selon les mêmes sources, plusieurs autres points sont inscrits à l’ordre du jour de cette réunion qui sera présidée par Me Adrien Houngbédji. Au nombre des points, il y a la demande en procédure d’urgence de l’examen de quatre projets de loi portant autorisation de ratification d’accords de convention et de contrat de financement et la convocation d’une session extraordinaire, la quatrième pour le compte de l’année 2019. C’est dire que la réunion de la conférence des présidents de ce vendredi s’annonce chargée pour Me Adrien Houngbédji et ses collègues notamment les membres du bureau, les présidents des cinq Commissions parlementaires et les présidents des huit groupes parlementaires.
Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau
Actualités 15 mars 2019

Des membres du gouvernement étaient hier, face aux Partenaires techniques et financiers (Ptf), pour faire le point de la mise en œuvre du Programme d’actions du gouvernement (Pag), notamment en ce qui concerne la mobilisation financière et la mise en œuvre des réformes. De part et d’autre, on pouvait noter la satisfaction, sans oublier que du côté des Ptf, l’engagement et la détermination du gouvernement ont été maintes fois mis en exergue.
Si les partenaires techniques et financiers (Ptf) qui soutiennent l’action publique au Bénin ont, par le biais du chef de file, le représentant résident du Système des Nations Unies au Bénin, Siaka Coulibaly, décerné un satisfécit au gouvernement quant aux diligences faites concernant le Pag, c’est pour plusieurs raisons. Mais la plus importante reste, sans aucun doute, le niveau de mobilisation des ressources pour financer les projets et programmes du Pag. A ce niveau, les indicateurs sont plutôt appréciables, si l’on s’en tient aux chiffres annoncés par le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement Abdoulaye Bio Tchané, président du Comité de mobilisation des ressources au profit du Programme.
« Nous pouvons retenir qu’au 31 décembre 2018, nous sommes parvenus à la mobilisation de 3929,5 milliards F Cfa, soit 111 % du financement public attendu pour la mise en œuvre du Pag. Par rapport au montant global du Pag (9039 milliards F Cfa), cette mobilisation de ressources représente 43,5 %. Il s’agit essentiellement de l’agrégation des données relatives aux ressources traditionnelles dont nous avons bénéficié auprès de vos différentes institutions, des ressources provenant du marché financier sous-régional et international et des ressources domestiques »,
a déclaré, à la satisfaction de tous, le ministre d’Etat. Par source de financement, poursuit-il, « les ressources mobilisées se décomposent en 40,2 % pour les prêts, 14,5 % pour les dons, 26,8% des fonds levés sur le marché financier et 18,5 % d’autofinancement (Budget national) ». Toute cette mobilisation n’a pu être possible sans un apport subséquent des Ptf à l’endroit de qui, le ministre d’Etat n’a pas manqué de dire la reconnaissance du gouvernement et de son chef, le président Patrice Talon. Mieux, le gouvernement compte davantage sur eux pour le financement « d’un programme spécial Odd » sur lequel, dans les prochaines semaines auront lieu des tables rondes sectorielles.
Confiance et assurance
La réunion ministérielle qui permet aux Ptf d’échanger avec des membres du gouvernement béninois fait suite à un atelier technique qui a mobilisé les cadres des deux parties pour faire le point de l’avancement des réformes, projets et programmes du Pag, depuis la dernière rencontre tenue le 19 septembre 2018. L’évolution des réformes, la mobilisation des ressources et les attentes des ambassadeurs et autres représentants de missions diplomatiques étaient au cœur de cet atelier qui a permis de faire, à en croire Johannes Dagnon, rapporteur du Comité de mobilisation des ressources au profit du Pag, un focus sur certains projets phares. « Vous faites beaucoup pour nous, mais nous attendons encore beaucoup de vous », expose-t-il ensuite aux Ptf. Par le biais de leur chef de file, Siaka Coulibaly, ils apprécient l’engagement des membres dudit comité et surtout la qualité du dialogue autour du Pag. Pour lui en effet, 2019 se présente comme une année charnière dans l’agenda de développement économique du Bénin ; 2018 ayant consacré l’accélération des réformes avec celle des résultats opérationnels du Pag. « Les Ptf saluent les efforts du gouvernement pour le projet Arch (Assurance pour le renforcement du capital humain)… et sont disposés à accompagner ce programme qui fonde l’espoir des populations », s’est-il aussi engagé.
Avant d’exposer les préoccupations des équipes techniques mises en place par ces partenaires pour appuyer les efforts du gouvernement, Siaka Coulibaly a, une fois encore, reconnu l’engagement et la détermination du gouvernement et l’encourage, dans le cadre du processus électoral en cours et des prochaines élections à « consolider la démocratie et l’Etat de droit ». A l’issue de cette séance dont les travaux se sont poursuivis à huis-clos et en présence des ministres des Affaires étrangères et de l’Enseignement secondaire, les deux parties conviennent d’ores et déjà de se retrouver à court terme pour une séance spécifique portant sur les réformes du gouvernement.

L’ex-maire de Cotonou révoqué Léhady Vinagnon Soglo, devra attendre encore jusqu’au jeudi 11 avril prochain pour être fixé définitivement sur le sort de son recours contre le gouvernement tendant à l’annulation de sa révocation en instance devant la chambre administrative de la Cour suprême.
La Cour suprême n’a pu délibérer ce jeudi, comme annoncé lors de son audience du 21 février dernier, le dossier du contentieux entre l’ex-maire révoqué de Cotonou, Léhady Soglo et le gouvernement béninois enregistré sous le numéro 2017-77. Elle a renvoyé sans autre forme de procès la cause au jeudi 11 avril prochain. Les débats étant clos, il ne restait que le prononcé de la sentence. Mais, la cour de céans semble ne pas être prête. La haute juridiction n’a avancé hier aucune raison pour motiver la prorogation qui fait maintenir ainsi le suspense. Léhady Soglo devra donc attendre encore près d’un mois pour être définitivement situé par la Cour suprême dont la décision est sans recours.
Il est utile de rappeler que l’ex-maire de Cotonou, Léhady Vinagnon Soglo a été révoqué pour un certain nombre de manquements par le Conseil des ministres en date du 2 août 2017, à la suite de sa suspension par le ministre en charge de la Décentralisation, Barnabé Dassigli. Non contente de cette décision, l’ex-autorité municipale a décidé de porter le contentieux devant la chambre administrative de la Cour suprême à qui il demande d’annuler l’acte de sa révocation. Le contentieux fait son petit bonhomme de chemin devant le haut juge administratif. Tous les regards sont donc braqués sur la date du 11 avril prochain. Pendant ce temps, le premier adjoint au maire de Cotonou, Isidore Gnonlonfoun, nommé maire intérimaire reste dans son fauteuil jusqu’à la décision de la haute juridiction qui situera les uns et les autres. Car, sans que le contentieux ne soit vidé, il ne saurait avoir l’élection d’un autre maire. L’article 60 de la loi 97-029 portant organisation des communes en République du Bénin est bien clair là-dessus. Lequel stipule qu’«En cas de décès, de démission, de suspension ou de révocation, le maire est remplacé provisoirement par le premier adjoint selon les modalités définies par le règlement intérieur du conseil communal. Le délai de ce remplacement peut excéder les 15 jours prévus à l’article 43 ci-dessus pour l’élection du nouveau maire, sauf les cas de suspension ou de révocation qui sont soumis aux délais contentieux ».
Célestine Adjanohoun à la barre hier
La Chambre administrative de la Cour suprême a examiné ce jeudi des dizaines de dossiers dont le recours de l’ex-maire de Ouidah, Sévérin Adjovi qui demande l’annulation de l’élection de son successeur Célestine Adjanohoun, parce qu’entachée de certaines irrégularités. Le dossier a été pris ce jeudi et les débats menés. La cour de céans a écouté huit membres du Conseil communal dont l’actuelle maire Célestine Adjanohoun. Ils ont tous déposé à la barre par rapport aux conditions dans lesquelles se sont déroulés d’abord le vote de défiance de l’ex-maire Séverin Adjovi, puis l’élection de l’actuelle maire. Mais, la cour suprême a été confrontée à une difficulté lors de l’examen du dossier hier. Il a été noté en effet l’absence du requérant, Sévérin Adjovi qui n’a pas fait le déplacement et ne s’est pas non plus fait représenter. Pis, son avocat Me Théodore Zinflou qui a pris l’audience au vol ce jeudi, a annoncé à la cour sa déconstitution aux intérêts du client. Il ne le défend donc plus. Me Théodore Zinflou a communiqué à la cour sa lettre à cet effet. Face à la situation, l’avocat général représentant le ministère public, Onésine Madodé, a estimé que sans la présence de contradicteur, c’est-à-dire de Sévérin Adjovi, il serait difficile pour la haute juridiction d’évoluer dans les débats. La cour de céans présidée par le président de la Chambre administrative de la Cour suprême, Victor Adossou, a jugé utile de renvoyer la cause au 11 avril prochain, avec l’espoir de voir la présence du requérant pour un bon débat contradictoire.
Actualités 15 mars 2019

Les contrevenants aux normes environnementales sont dans le collimateur de la Justice. A la faveur d’un point de presse conjointement animé, ce jeudi 14 mars à Ouidah, avec le directeur départemental du Cadre de vie de l’Atlantique-Littoral, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de deuxième classe de Ouidah, Olushegun Tidjani-Serpos menace de sévir.
Ceux qui enfreignent aux textes en matière de protection de l’environnement ont intérêt à vite se conformer aux normes pour éviter des déconvenues avec la Justice. Le procureur de la République (Pr) près le Tribunal de première instance de deuxième classe de Ouidah, Olushegun Romaric Tidjani-Serpos, entend appliquer, avec la dernière rigueur, les lois, pour décourager l’enfouissement sans autorisation de produits toxiques, avariés ou périmés; les nuisances sonores; le trafic d’espèces protégées ; l’ouverture sans autorisation des unités industrielles. Ces infractions environnementales se font de plus en plus récurrentes et sont portées devant le tribunal de Ouidah, a confié hier le procureur lors d’un point de presse animé avec le directeur départemental du Cadre de vie et du Développement durable de l’Atlantique-Littoral, Dr Rosaire Attolou.
Les instructions venant du ministère de la Justice vont dans le sens de la fermeté, souligne le procureur avant d’ajouter que les dispositions du nouveau Code pénal sont particulièrement plus sévères que celles précédemment en vigueur. A titre d’illustration, l’article 852 de la loi n°2018-16 du 28 décembre 2018 portant Code pénal stipule : « Quiconque procède ou fait procéder au transit ou stockage, à l’enfouissement, au déversement sur le territoire national de déchets toxiques ou polluants ou signe un accord pour autorisation de telles activités, est puni de la réclusion à temps de dix à vingt ans et d’une amende de 100 millions F Cfa à 1 milliard F Cfa…». Pour Olushegun Tidjani-Serpos, il s’agit d’un message fort envoyé aux populations pour les inviter à prendre des dispositions en amont plutôt que de tomber dans l’illégalité. « Chaque fois que les infractions seront commises dorénavant, le ministère public prendra ses responsabilités avec les différents acteurs de la police environnementale », avertit le procureur.
En ce qui concerne l’ouverture sans autorisation des unités industrielles, Dr Rosaire Attolou rappelle que, conformément à la loi n°98-30 du 12 février 1999 portant loi-cadre sur l’environnement, « Nul ne peut entreprendre des aménagements, des opérations, des installations, des plans, des projets et programmes ou la construction d’ouvrages sans suivre la procédure d’étude d’impact sur l’environnement, lorsque cette dernière est exigée par les lois et règlements ».
Il saisit l’occasion pour exhorter les promoteurs à se rapprocher des services habilités, en l’occurrence l’Agence béninoise pour l’environnement (Abe) et les directions départementales du Cadre de vie et du Développement durable, pour les dispositions à prendre afin de ne pas être considérés « comme des clandestins et traités comme tel au nom du principe pollueur-payeur ».
Pour ce qui est des nuisances sonores, le directeur départemental note qu’elles persistent toujours, malgré les nombreuses sensibilisations de la police environnementale et de la Brigade de protection du Littoral et de la lutte contre la pollution (Bplp). Il invite les tenanciers de bars restaurants, les responsables de culte à prendre toutes les dispositions requises pour le respect scrupuleux du décret 2001-294 du 8 août 2001 portant règlementation du bruit en République du Bénin. Quant au procureur de la République, il considère le point de presse
« comme le dernier avertissement avant une répression accrue ».
Par ailleurs, les trafiquants des espèces protégées seront poursuivis conformément à la loi n° 2002-16 du 18 octobre 2004 portant régime de la faune en République du Bénin. Ils encourent, suivant les dispositions de l’article 153 de ladite loi, une amende de 100 000 à 500 000 F Cfa et/ou d'un emprisonnement de 3 mois à 3 ans, voire plus.