La Nation Bénin...



Résultat pour : fc26 pc Besuche die Website Buyfc26coins.com. Fix da, bin begeistert..8GMp

Nouvelles

Situation socioéconomique et politique du Bénin: Le PCB présente un tableau sombre

La démocratie béninoise est mal en point. Tout le pays est en crise, les Béninois suffoquent. Tel est le tableau présenté hier, mercredi 19 août, par le Parti communiste du Bénin (PCB) de la situation socioéconomique et politique du Bénin. C’était à la faveur d’un point de presse à son siège à Gbèdégbé, à Cotonou. Il a exhorté le peuple à un sursaut national pour sauver le Bénin de la catastrophe.

Le Bénin se porte mal et est au bord de l’abîme. Aucun domaine de la vie sociale n’est épargné par ce bouleversement. C’est le branle-bas. Voilà l’essentiel du message à retenir du point de presse fait hier par le Parti communiste du Bénin (PCB) qui a décortiqué secteur par secteur, la situation que le pays traverse.

Ce schéma résulte de la déclaration adoptée par le parti, en sa session extraordinaire du 15 août dernier à Cotonou, a indiqué le Premier secrétaire de la Convention patriotique des Forces de Gauche (CPFG), Philippe Noudjènoumè qui a planté le décor.
Sur le plan économique, le PCB, par la voix de son porte-parole, Jean Kokou Zounon, évoque la gestion «crapuleuse du pays et la fragilisation du secteur public». «En l’absence du pouvoir de contrôle des travailleurs et du peuple, le patrimoine culturel est bradé et les deniers publics pillés», a-t-il dénoncé.
Dans les domaines social et éducatif, il estime que le désarroi au sein de la société a atteint des niveaux jamais égalés. Il cite en toile de fond, «le chômage massif des jeunes, les concours truqués à répétition et des nominations partisanes, la crise universitaire sur le campus d’Abomey-Calavi». A l’en croire, l’administration béninoise est plus que jamais désorganisée, les femmes des marchés sont frappées par la mévente et la paysannerie vit mal, tandis que des travailleurs attendent désespérément des arriérées de salaires.
Abordant les volets moral et éthique, le porte-parole du PCB, souligne que l’impunité a atteint un score record. Les discours sur la lutte contre la corruption sont demeurés vœux pieux. Il cite comme exemple les affaires PPEA II, CEN-SAD, avion présidentiel, Icc-Services, l’enlèvement de Pierre Urbain Dangnivo, la construction du nouveau siège de l’Assemblée nationale….Lesquelles affaires sont restées impunies.
Au plan politique, les conférenciers gardent un arrière goût amer des dernières élections législatives, communales et locales. La liste électorale permanente informatisée (LEPI), selon eux, est faite de ‘’bric et de broc’’. A cela s’ajoutent les déclarations de candidatures potentielles tous azimuts à la présidentielle de 2016, de même que les agissements de certains organes de régulation et de contrôle. Ces constats ont amené le PCB à conclure que le Renouveau démocratique né de la Conférence nationale de février 1990 «est en fin de course et que la Constitution béninoise est morte ».
Pour le parti, le seul recours contre ces turpitudes, c’est le peuple. «Laisser le pays continuer dans la voie actuelle, c’est un crime que ne nous pardonnerons pas les générations futures», a-t-il lancé. C’est pourquoi, il appelle à un sursaut national pour sortir le Bénin de cette situation sans lendemain. L’heure est grave, a-t-il sonné, en appelant tous les patriotes, toutes les organisations démocratiques et toutes les bonnes volontés du pays à se mettre résolument ensemble pour la réunion d’une Assise d’envergure nationale, afin de refonder les bases du pays.

Par Maryse ASSOGBADJO/ Inès MARCOS (Stagiaire)

Actualités 20 août 2015


Audiences au palais des Gouverneurs: La Société civile préoccupée par le dossier PPEA II

Au nombre des personnalités reçues en audience hier par le président de l’Assemblée nationale, figure le président de l’Ong ALCRER, Martin Assogba. Il a présenté à Me Adrien Houn-gbédji, les préoccupations actuelles de la Société civile qui ont trait à la bonne gouvernance, à la démocratie et aux Droits de l’Homme.

La Société civile suit très attentivement l’évolution de l’actualité parlementaire, notamment en ce qui concerne l’étude de la demande de levée de l’immunité du député Barthélémy Kassa accusé de détournement des fonds du Projet pluriannuel au secteur Eau et Assainissement, phase II (PPEAII). C’est dans ce cadre que le président de l’Ong ALCRER, Martin Assogba s’est rendu hier au palais des Gouverneurs à Porto-Novo où il a été reçu en audience par le président de l’institution parlementaire, Adrien Houngbédji.

La position de la Société civile sur le dossier ne souffre d’aucune ambiguïté, il faut lever l’immunité du député, précédemment ministre en charge de l’Eau pour lui permettre de se justifier devant la justice. Même si Barthélémy Kassa n’est pas nommément épinglé dans les rapports d’enquête, développe le président de l’Ong ALCRER, sa responsabilité morale est engagée en tant que premier responsable des structures et personnes impliquées dans ce scandale. Et pour le renforcement de la bonne gouvernance, la Société civile entend établir un partenariat avec le Réseau des parlementaires engagés dans la lutte contre la corruption, annonce Martin Assogba.
L’installation urgente du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (COS-LEPI) est aussi une préoccupation de la Société civile. Selon Martin Assogba, dans le cadre de la présidentielle de février 2016, il faut enrôler à temps les nouveaux citoyens majeurs pour leur permettre de prendre part à cette élection. Il faut, par ailleurs, poursuivre et achever la distribution des cartes d’électeur déjà confectionnées pour les dernières élections législatives et communales.
Enfin Martin Assogba a plaidé pour l’installation rapide également de la Commission béninoise des Droits de l’Homme (CBDH).
Fadi A. Hijazi est le directeur de ATC Industrie du Bois. Il est allé présenter son unité de production au président de l’Assemblée nationale et l'a invité à effectuer une visite sur son site basé à Allada. ATC Industrie du Bois connaît des difficultés d’approvisionnement en matières premières et souhaite l’intervention du Parlement auprès des pouvoirs publics pour l’aider à faire fonctionner son usine de manière continue.
A sa suite, le président Adrien Houngbédji a reçu Aubin Towanou, journaliste et écrivain. Il est venu, pour sa part, présenter au président de l’Assemblée nationale, deux de ses ouvrages qui portent sur la jeunesse et les failles du système sanitaire béninois.
Le président de l’Assemblée nationale s’est entretenu également avec une délégation de parlementaires nigériens en visite de travail au Bénin depuis le début de la semaine autour du thème de l’organisation du débat budgétaire. Selon l’honorable Tanimoune Oumarou, la délégation est satisfaite de l’organisation de son séjour et des résultats obtenus. Elle a tenu à en remercier le Parlement béninois et son président avant son départ du Bénin.
Enfin le révérend pasteur Bennett A. Adeogoun, chef mondial de l’Eglise du Christianisme Céleste est allé, quant à lui, présenter de vives voix, ses félicitations au président Adrien Houngbédji pour son élection à la tête de l’Assemblée nationale du Bénin.

Actualités 20 août 2015


Perspective du développement de l’assurance maladie au Bénin: Le RAMU et son projet de loi exposés aux députés de la 7è législature

Des députés ont été conviés à un séminaire qui s’est déroulé du vendredi 14 au samedi 15 août dernier à Grand-Popo. Les assises qui ont également connu la présence des professionnels de la Justice et de la Santé, leur ont permis d’être informés des contours du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU) pour non seulement contribuer à l’améliorer, mais défendre au Parlement, le projet de loi afférent.

Cité comme une initiative phare de l’Exécutif, le Régime d’assurance maladie universelle (RAMU) lancé en décembre 2011, attend d’être consolidé par un texte de loi. Dans le processus pour y parvenir, le gouvernement a entrepris, entre autres, de renseigner la 7è législature tant sur le contenu du RAMU que sur « la lettre et l’esprit » du projet de loi à son sujet. C’est pourquoi, une délégation du Parlement a été conviée à Grand-Popo les 14 et 15 août derniers. A leurs côtés, il y avait des délégués des Confédérations et Centrales syndicales, des représentants des organismes de prévoyance sociale ainsi que des compétences relevant des différents ministères impliqués dans la mise en œuvre du RAMU.
Par rapport aux assises, le vice-président de la Commission des Affaires sociales à l’Assemblée nationale, Badirou Aguèmon, a indiqué combien la Représentation nationale partage le souci de rendre accessibles les soins de la médecine moderne au plus grand nombre de Béninois. Les concitoyens qui en sont exclus du fait de son coût seraient estimés à plus de 80% de la population, à en croire Hugues Tchibozo. Une tendance contre laquelle le député appelle à œuvrer en remettant le RAMU sur ses trois principes fondamentaux à savoir, la solidarité, la qualité et la légalité d’accès aux soins. Puisque, justifie-t-il, le RAMU peut constituer non seulement un facteur de stabilité nécessaire au développement mais mieux encore, une mesure sociale indispensable à la cohésion du Bénin. Dans ce sens, le gouvernement déroule résolument sa feuille de route en vue de faire disparaître les goulots d’étranglement au déploiement du RAMU. Comme c’est le cas de la présente activité qui représente pour le ministre de la Santé, Pascal Dossou-Togbé l’une des « plus importantes articulations dans le cheminement du développement de l’assurance maladie au Bénin. Pour lui, le choix de Grand-Popo et les profils participant au séminaire représentent des gages de la qualité des échanges attendus.
Les travaux du séminaire se sont déroulés sous l’égide d’un présidium constitué autour du député Valentin Djènontin.

Actualités 17 août 2015


Audiences du président de la République: Le patron de UBA reçu par Boni Yayi

Le président de la République a reçu, hier jeudi 13 août à son cabinet, Tony Elumelu, PDG du groupe bancaire UBA. Ce dernier a évoqué d’autres possibilités d’investissements au Bénin.

Le richissime homme d’affaires nigérian, Tony Elumelu, patron du groupe bancaire United Bank for Africa (UBA) s’est entretenu hier avec le président de la République, Boni Yayi. Les deux personnalités ont échangé essentiellement sur l’environnement du secteur privé et surtout les activités de UBA au Bénin. «J’ai été impressionné par la compréhension profonde qu’a le président de la République du secteur privé. Nous avons échangé des opportunités d’investissements. Car au-delà de la banque, notre groupe entend explorer d’autres centres d’intérêts économiques», confie l’homme d’affaires nigérian au sortir de l’audience.
Tony Elumelu vise particulièrement le secteur de l’énergie à propos duquel il dit avoir été fortement sensibilisé par le président de la République. «Sans énergie, il n’y a pas d’investissement. Notre groupe constitue l’un des plus grands promoteurs de centrale thermique au Nigeria. Nous devons voir comment créer la synergie nécessaire pour étendre notre projet de promotion énergétique au Bénin», souligne-t-il.
A travers la Fondation Elumelu, le patron de UBA s’est lancé dans la promotion de l’entrepreneuriat sur tout le Continent africain. Environ 100 millions de dollars ont été mis en place pour financer 10 000 jeunes porteurs de projets, à travers le renforcement de leurs capacités managériales et l’appui à l’investissement. Tony Elumelu confie que sa présence au Bénin lui permettra de rencontrer huit jeunes béninois éligibles à son projet qui s’étale sur dix ans.

Actualités 14 août 2015


Audiences du président de la République:Le gouverneur de l’Etat de Kebbi au cabinet du chef de l’Etat

Le président de la République s’est également entretenu avec Abubakar Atiku Bagudu, gouverneur de l’Etat de Kebbi au Nigeria. Cet Etat frontalier du département de l’Alibori manifeste un intérêt certain pour les échanges économiques entre ses localités et celles des communes des départements du Borgou et de l’Alibori.

« Nous avons discuté d’un projet d’interconnexion entre notre Etat et le Bénin, principalement la construction des voies entre Sègbana et Madjé, puis Madjécali et Lolo», indique le gouverneur. Il se réjouit des efforts déjà consentis par le gouvernement béninois en réalisant le bitumage de la route Bodjécali-Madjécali-Illoua qui facilite désormais la liaison commerciale entre le Nord du Bénin et le Nord du Nigeria. La réalisation en cours du tronçon Kandi-Sè-gbana s’inscrit dans la même dynamique de rapprochement des deux pays. «Nous devons aider nos peuples à renforcer les échanges commerciaux entre eux, à promouvoir l’intégration. Le Nigeria et le Bénin constituent deux pays frères et je me réjouis de l’intérêt que le président Muhammadu Buhari porte pour le Bénin», conclut-il.

Gnona AFANGBEDJI

Actualités 14 août 2015


Pour avoir détourné les fonds de la SBEE (14è dossier): Clément Coffi Alladagbin condamné à 11 ans mais libre de ses mouvements

Clément Coffi Alladagbin poursuivi pour détournement de deniers publics a vu son cas examiné hier mercredi 12 août, lors de l’étude du 14e dossier inscrit au rôle de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou. A la présidence, il y avait Eliane Hortense Bada Padonou. Elle avait comme assesseurs, Martial Boko et Virgile Kpomalegni. Comme représentant du ministère public, il y avait Badirou Olatoundji Lawani. Au greffe, Me Bienvenu Prosper Djossou. Les jurés qui ont siégé s’appellent Noël Dansou Kounou, Honoré Hounyèmè, Mello Louis Zanmènou Hounkanlin, et Maurice Akodé Bénou.

Il a passé plus de 12 ans derrière les barreaux à titre de détention préventive. Mais reconnu coupable aux termes de l’examen de la procédure de détournement de deniers publics engagée contre lui, Clément Coffi Alladagbin a été condamné à 11ans de travaux forcés. Il est donc désormais libre depuis le prononcé de la sentence.
Avant l’ouverture du procès, la défense assurée par Me Julien Togbadja a attiré l’attention de la Cour sur le fait que ce n’était que hier matin, à l’appel du dossier qu’il a vu son client. Il a présenté des observations liminaires qui ont alors valu une brève suspension.
Puis à la reprise, Monique Ouadaï, représentant le directeur général de la SBEE est la partie civile citée qui a suivi les débats en direct. A l’appui de sa procuration, elle a présenté des pièces dont les autres parties ont reçu copie. L’autre personnalité citée comme témoin mais isolée, répond au nom de Pierre Paulin Sossou, ex-directeur comptable et financier de la SBEE au moment des faits.
Les faits ont été résumés ainsi qu’il suit par la présidente, Eliane Hortense Bada Padonou. Clément Coffi Alladagbin, aide-comptable en service à l’ex-Société béninoise d’électricité et d’eau (SBEE), recette de Kindonou en qualité de caissier-guichetier a entrepris de dissiper une partie des fonds provenant des paiements de la facturation pour les clients de cette structure. Pour camoufler son forfait, il a procédé à la manipulation des montants inscrits sur les reçus qu’il présentait à la Direction générale. Un contrôle a permis de découvrir durant la période du 8 juillet au 27 août 2003, un écart de treize millions neuf cent mille (13 900 000) F CFA entre les reçus présentés et les montants figurant sur les relevés bancaires. Clément Coffi Alladagbin a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure en tentant d’expliquer qu’il a utilisé les fonds dans une activité commerciale avec son ami Fernando Gnanni de nationalité camerounaise.
L’enquête de moralité lui est favorable. Le casier judiciaire de Clément Coffi Alladagbin ne porte mention d’aucune condamnation. L’expertise médico-psychologique et psychiatrique atteste qu’au moment des faits, aucun trouble mental, sans discernement des actes, objectivable pouvant abolir le contrôle de ses actes n’a été repéré.

L’accusé a plaidé coupable

A la barre, d’entrée, répondant aux questions de la présidente, Clément Coffi Alladagbin a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Expliquant que sur les reçus bancaires, on ne marquait pas les montants en lettres, ce qui lui facilitait les manipulations.
Certaines questions de la défense ont permis à l’accusé de confirmer que c’est pour faire face à ses charges qu’il s’est permis d’opérer des manipulations sur les factures.
Pierre Paulin Sossou, directeur comptable et financier au moment des faits, a témoigné que, c’est en faisant des rapprochements bancaires qu’il s’est aperçu de la supercherie. Il a expliqué que c’est en comparant les reçus de versements faits et ceux positionnés qu’il s’est rendu compte que les reçus de versements de Kindonou sont manipulés. Avant juillet, il n’y a pas eu de manipulations. Ainsi, il a relevé un montant de 13 900 000 F CFA d’une part et 6 000 000 F CFA d’autre part, soit au total 19 900 000F CFA.
Pierre Paulin Sossou a assuré que les guichetiers dépendent de façon fonctionnelle de la direction commerciale et déplore qu’à l’époque, les contrôles à ce niveau n’aient pas bien marché et qu’ils aient favorisé les faiblesses du système ayant permis à Clément Coffi Alladagbin d’opérer de la sorte.
A la question de la défense, "Y a-t-il eu un arrêté de compte contradictoirement établi"? le témoin Pierre Paulin Sossou a répondu par la négative. Ce qui a fait dire à la défense que les dossiers sont gérés de manière pas très rigoureuse.
La défense insiste pour savoir si son client a été formé par son employeur.
Monique Ouadaï, confirme qu’elle a reçu mandat pour représenter le directeur général et que son dossier comporte 2 montants, à savoir 13 900 000 F CFA et 6 000 000 F CFA.
La présidente de la Cour lui explique que les sociétés d’Etat dans lesquelles les agents sont poursuivis pour détournement de deniers publics sont normalement défendues sur ce volet par l’AJT. Monique Ouadaï a produit à la Cour les pièces couvrant le montant que la SBEE réclame à Clément Coffi Alladagbin.
Appelé à la barre, le représentant de l’AJT, Omer Gagui explique que l’arrêté de débet qu’il détient porte une date de juillet 2015 et 13 900 000 F CFA : un montant qui n’est pas le même que ce que réclame la représentante de la SBEE.
Dans ses observations, la partie civile représentée par Me Serge Pognon a expliqué que le préjudice est là ; il existe. La légèreté a favorisé le jeu des manipulations entre les sommes facturées, celles perçues et celles effectivement encaissées.
Entre juillet et août 2003, cela fait 13 900 000 F CFA et après 6 000 000 F CFA par la suite comme préjudices subis, indique-t-il dans ses réclamations. Les faits sont constants : les manipulations de reçus. Du faux. Il était commis par son employeur pour recueillir, encaisser les sous. Mais il s’est rendu coupable de faux en écriture de commerce et d’abus de confiance ;

Sauvegarder les intérêts de la SBEE

Lorsqu’on se plaint des déficits exagérés de la SBEE, cela est dû à des agents de la trempe de Clément Coffi Alladagbin, justifie Me Serge Pognon. Quel que soit le montant du préjudice subi, il a déclaré se constituer partie civile pour le compte de la SBEE et plaider pour que ses intérêts soient sauvegardés même si lesdits intérêts doivent être renvoyés à une autre session.
Pour ses réquisitions, le ministère public, Badirou Olatoundji Lawani, les agents de nos sociétés d’Etat sont de plus en plus coupables de mauvaise gouvernance. Rappelant les faits objets de la poursuite, il a expliqué qu’ils relèvent de faux en écriture de commerce et abus de confiance sur la somme de 19 900 000 F CFA. Ainsi, indique-t-il, Clément Coffi Alladagbin a été affecté à Kindonou, en qualité de caissier guichetier. A la suite de contrôle opéré, le représentant du ministère public a fait remarquer que sur la base des relevés bancaires, la direction comptable et financière a effectué des rapprochements bancaires. Des vérifications opérées, l’accusé a manipulé les relevés en ajoutant les chiffres qui lui paraissaient adéquats selon sa stratégie. Ces faits, selon Badirou Olatoundji Lawani tombent sous le coup des articles 147 et 408 al 1 du Code pénal. Ainsi, poursuit-il, la réunion des 3 éléments, légal, matériel et moral permettra de retenir la responsabilité de l’accusé. Les faits qualifiés de faux sont bels et bien établis.
A part l’élément légal retenu, (articles 147 et 408 cités supra), il y a l’élément matériel qui constitue un faux. A côté, il faut relever une vérité altérée, un support également altéré, un préjudice résultant de cette altération de la réalité.
Pour l’élément moral, l’élément intentionnel peut résulter de l’intention frauduleuse de la pleine conscience que l’accusé avait du préjudice qu’il causait à la SBEE.
Citant par la suite l’article 3 de l’ordonnance 79-23, il a expliqué que son champ d’application s’étend également bien aux faits reprochés à Clément Coffi Alladagbin en tant que caissier guichetier. Il devait reverser à la SBEE les fonds qui lui étaient provisoirement confiés à charge pour lui de les représenter. Il fait observer qu’il n’avait pas déposé l’intégralité des fonds déposés ou reçus. Le ministère public s’est appesanti sur certaines déclarations de l’accusé devant le juge d’instruction tendant à lui expliquer que les fonds ont servi à alimenter un ami avec qui il avait projeté de faire des affaires de vente de véhicules.
Il a montré que les ressources de la SBEE sont des ressources publiques ou de l’Etat et que Clément Coffi Alladagbin étant un agent de la SBEE est donc un agent public auquel s’applique l’ordonnance 79-23.
Sur la base de l’article 147 du Code pénal et de l’article 3 de l’ordonnance 79-23, le représentant du ministère public demande aux jurés de répondre par l’affirmative aux questions qu’il leur a posées et qui leur permettent sur cette base, de disqualifier la qualification préalablement retenue et de la requalifier Ce qui permet, selon lui, de retenir la culpabilité de l’accusé pour requérir sa condamnation à 15 ans de travaux forcés et que ce sera justice faite.
La défense n’est pas de cet avis. Me Julien Togbadja puise son inspiration des écritures saintes. «Nécessité fait surgir le loup du bois» dit la Bible. Du point de vue social, le ministère public n’a pas tenu compte du caractère social du dossier. Au conseil de discipline, il a fait amende honorable, justifie-t-il ; et à la barre, il a reconnu avoir commis des impairs, justifie la défense. «Nous sommes en matière pénale et vous jugez un homme qui est devant vous», insiste-t-il.
Et pour Me Julien Togbadja, l’éducation se fait par le bas. Son client fait partie de ceux qui vivent le quotidien; ceux qui vivent la réalité de tous les jours.
«Si vous voulez donner l’exemple, la fermeté qu’il faut, il faut commencer par le haut. Dans cet environnement où le sommet pourrit tout, à un moment donné vous avez beau être déterminé, vous commencez à fléchir; on ne peut pas refuser les circonstances atténuantes à cet homme qui plaide coupable. Il n’apparait que pour la première fois devant la juridiction criminelle et vous demandez de l’enfoncer», défend-il. Le ministère public, selon Me Julien Togbadja, a oublié le père et veut punir l’enfant. Pour la défense, en tant que délinquant primaire, son client a besoin de bénéficier de circonstances atténuantes ; il faut un assouplissement de la peine. Ce n’est pas la dureté ; vous êtes père et mère de famille, élément du peuple, il faut un peu de souplesse à son égard. Pourquoi ne veut-on pas créer des conditions pour racheter cet homme ? s’interroge-t-il. « Il a cru que ne pouvant manger avec 40.000F qu’il pouvait fructifier les sous. Ne peut-on pas le sauver en cantonnant la peine au temps qu’il a déjà passé en prison ? Il en a passé 12 et le ministère public vous demande d’aller à 15. Je vous prie de bien vouloir tenir compte de tout cela. Considérez qu’il a plaidé coupable et au regard de la loi, il doit bénéficier de circonstances atténuantes.
L’Etat béninois étant dans la cause, la SBEE ne doit plus se constituer partie civile», fait observer, par ailleurs, Me Julien Togbadja.
La Cour après délibérations, a rendu un arrêt de disqualification, de requalification et de condamnation, les faits s’analysant, a-t-elle déduit, plutôt en crime de détournement de deniers publics, car l’accusé alors dépositaire de fonds publics en a fait usage à sa guise. Il est passible de l’application des articles 147 du Code pénal et de l’article 3 de l’ordonnance 79-23 du 10 mai 1979 et l’a condamné à 11 ans de travaux forcés

Arrêté de débet non conforme au préjudice subi

Statuant sur les intérêts civils, la Cour a prié la partie civile de faire part de ses observations proprement dites. Ainsi, pour Me Pognon, l’acte matériel qui fonde les intérêts civils est l’arrêté de débet. Et comme il existe une certaine ambiguïté entre le montant présenté par le représentant de l’AJT et ce qui est ressorti des débats et présenté par le représentant du directeur général de la SBEE, Me Serge Pognon a souhaité que l’examen desdits intérêts soit renvoyé à une prochaine session de la Cour d'assises afin que les positions soient harmonisées et le nécessaire fait.
Le ministère public s’est associé à ses observations de la partie civile.
Quant à la défense, seule la personne légalement désignée ayant des compétences est l’agent judiciaire du trésor. Pour elle donc, la SBEE ne peut ester. « Si la partie civile n’est pas prête, vous déciderez de la conduite à tenir ».
Il est inadmissible pour lui qu’après plus de 10 ans, on ne puisse pas évaluer le préjudice qu’on a subi depuis 2003, s’est offusqué Me Julien Togbadja. Cela ne fait qu’illustrer, selon lui, l’état de la gouvernance des entreprises.
En réplique, Me Serge Pognon estime que la SBEE est régie par les lois de l’OHADA. La SBEE agit à titre principal et l’AJT à titre accessoire.
Sur les intérêts civils, les représentants de l’AJT et du directeur général de la SBEE sollicitent le renvoi en vue d’une évaluation exacte du montant du préjudice subi.
Après délibérations, la Cour a estimé que l’examen des intérêts civils est généralement basé sur un arrêté de débet que présente généralement l’agent judiciaire du trésor. Ayant donc relevé une discordance entre les montants présentés par Omer Gagui et le représentant du directeur général, Monique Ouadaï, elle a renvoyé l’examen des intérêts civils à la prochaine session.

Société 13 août 2015


Pour avoir détourné les fonds de la SBEE (14è dossier): Clément Coffi Alladagbin condamné à 11 ans mais libre de ses mouvements

Clément Coffi Alladagbin poursuivi pour détournement de deniers publics a vu son cas examiné hier mercredi 12 août, lors de l’étude du 14e dossier inscrit au rôle de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou. A la présidence, il y avait Eliane Hortense Bada Padonou. Elle avait comme assesseurs, Martial Boko et Virgile Kpomalegni. Comme représentant du ministère public, il y avait Badirou Olatoundji Lawani. Au greffe, Me Bienvenu Prosper Djossou. Les jurés qui ont siégé s’appellent Noël Dansou Kounou, Honoré Hounyèmè, Mello Louis Zanmènou Hounkanlin, et Maurice Akodé Bénou.

Il a passé plus de 12 ans derrière les barreaux à titre de détention préventive. Mais reconnu coupable aux termes de l’examen de la procédure de détournement de deniers publics engagée contre lui, Clément Coffi Alladagbin a été condamné à 11ans de travaux forcés. Il est donc désormais libre depuis le prononcé de la sentence.
Avant l’ouverture du procès, la défense assurée par Me Julien Togbadja a attiré l’attention de la Cour sur le fait que ce n’était que hier matin, à l’appel du dossier qu’il a vu son client. Il a présenté des observations liminaires qui ont alors valu une brève suspension.
Puis à la reprise, Monique Ouadaï, représentant le directeur général de la SBEE est la partie civile citée qui a suivi les débats en direct. A l’appui de sa procuration, elle a présenté des pièces dont les autres parties ont reçu copie. L’autre personnalité citée comme témoin mais isolée, répond au nom de Pierre Paulin Sossou, ex-directeur comptable et financier de la SBEE au moment des faits.
Les faits ont été résumés ainsi qu’il suit par la présidente, Eliane Hortense Bada Padonou. Clément Coffi Alladagbin, aide-comptable en service à l’ex-Société béninoise d’électricité et d’eau (SBEE), recette de Kindonou en qualité de caissier-guichetier a entrepris de dissiper une partie des fonds provenant des paiements de la facturation pour les clients de cette structure. Pour camoufler son forfait, il a procédé à la manipulation des montants inscrits sur les reçus qu’il présentait à la Direction générale. Un contrôle a permis de découvrir durant la période du 8 juillet au 27 août 2003, un écart de treize millions neuf cent mille (13 900 000) F CFA entre les reçus présentés et les montants figurant sur les relevés bancaires. Clément Coffi Alladagbin a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure en tentant d’expliquer qu’il a utilisé les fonds dans une activité commerciale avec son ami Fernando Gnanni de nationalité camerounaise.
L’enquête de moralité lui est favorable. Le casier judiciaire de Clément Coffi Alladagbin ne porte mention d’aucune condamnation. L’expertise médico-psychologique et psychiatrique atteste qu’au moment des faits, aucun trouble mental, sans discernement des actes, objectivable pouvant abolir le contrôle de ses actes n’a été repéré.

L’accusé a plaidé coupable

A la barre, d’entrée, répondant aux questions de la présidente, Clément Coffi Alladagbin a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. Expliquant que sur les reçus bancaires, on ne marquait pas les montants en lettres, ce qui lui facilitait les manipulations.
Certaines questions de la défense ont permis à l’accusé de confirmer que c’est pour faire face à ses charges qu’il s’est permis d’opérer des manipulations sur les factures.
Pierre Paulin Sossou, directeur comptable et financier au moment des faits, a témoigné que, c’est en faisant des rapprochements bancaires qu’il s’est aperçu de la supercherie. Il a expliqué que c’est en comparant les reçus de versements faits et ceux positionnés qu’il s’est rendu compte que les reçus de versements de Kindonou sont manipulés. Avant juillet, il n’y a pas eu de manipulations. Ainsi, il a relevé un montant de 13 900 000 F CFA d’une part et 6 000 000 F CFA d’autre part, soit au total 19 900 000F CFA.
Pierre Paulin Sossou a assuré que les guichetiers dépendent de façon fonctionnelle de la direction commerciale et déplore qu’à l’époque, les contrôles à ce niveau n’aient pas bien marché et qu’ils aient favorisé les faiblesses du système ayant permis à Clément Coffi Alladagbin d’opérer de la sorte.
A la question de la défense, "Y a-t-il eu un arrêté de compte contradictoirement établi"? le témoin Pierre Paulin Sossou a répondu par la négative. Ce qui a fait dire à la défense que les dossiers sont gérés de manière pas très rigoureuse.
La défense insiste pour savoir si son client a été formé par son employeur.
Monique Ouadaï, confirme qu’elle a reçu mandat pour représenter le directeur général et que son dossier comporte 2 montants, à savoir 13 900 000 F CFA et 6 000 000 F CFA.
La présidente de la Cour lui explique que les sociétés d’Etat dans lesquelles les agents sont poursuivis pour détournement de deniers publics sont normalement défendues sur ce volet par l’AJT. Monique Ouadaï a produit à la Cour les pièces couvrant le montant que la SBEE réclame à Clément Coffi Alladagbin.
Appelé à la barre, le représentant de l’AJT, Omer Gagui explique que l’arrêté de débet qu’il détient porte une date de juillet 2015 et 13 900 000 F CFA : un montant qui n’est pas le même que ce que réclame la représentante de la SBEE.
Dans ses observations, la partie civile représentée par Me Serge Pognon a expliqué que le préjudice est là ; il existe. La légèreté a favorisé le jeu des manipulations entre les sommes facturées, celles perçues et celles effectivement encaissées.
Entre juillet et août 2003, cela fait 13 900 000 F CFA et après 6 000 000 F CFA par la suite comme préjudices subis, indique-t-il dans ses réclamations. Les faits sont constants : les manipulations de reçus. Du faux. Il était commis par son employeur pour recueillir, encaisser les sous. Mais il s’est rendu coupable de faux en écriture de commerce et d’abus de confiance ;

Sauvegarder les intérêts de la SBEE

Lorsqu’on se plaint des déficits exagérés de la SBEE, cela est dû à des agents de la trempe de Clément Coffi Alladagbin, justifie Me Serge Pognon. Quel que soit le montant du préjudice subi, il a déclaré se constituer partie civile pour le compte de la SBEE et plaider pour que ses intérêts soient sauvegardés même si lesdits intérêts doivent être renvoyés à une autre session.
Pour ses réquisitions, le ministère public, Badirou Olatoundji Lawani, les agents de nos sociétés d’Etat sont de plus en plus coupables de mauvaise gouvernance. Rappelant les faits objets de la poursuite, il a expliqué qu’ils relèvent de faux en écriture de commerce et abus de confiance sur la somme de 19 900 000 F CFA. Ainsi, indique-t-il, Clément Coffi Alladagbin a été affecté à Kindonou, en qualité de caissier guichetier. A la suite de contrôle opéré, le représentant du ministère public a fait remarquer que sur la base des relevés bancaires, la direction comptable et financière a effectué des rapprochements bancaires. Des vérifications opérées, l’accusé a manipulé les relevés en ajoutant les chiffres qui lui paraissaient adéquats selon sa stratégie. Ces faits, selon Badirou Olatoundji Lawani tombent sous le coup des articles 147 et 408 al 1 du Code pénal. Ainsi, poursuit-il, la réunion des 3 éléments, légal, matériel et moral permettra de retenir la responsabilité de l’accusé. Les faits qualifiés de faux sont bels et bien établis.
A part l’élément légal retenu, (articles 147 et 408 cités supra), il y a l’élément matériel qui constitue un faux. A côté, il faut relever une vérité altérée, un support également altéré, un préjudice résultant de cette altération de la réalité.
Pour l’élément moral, l’élément intentionnel peut résulter de l’intention frauduleuse de la pleine conscience que l’accusé avait du préjudice qu’il causait à la SBEE.
Citant par la suite l’article 3 de l’ordonnance 79-23, il a expliqué que son champ d’application s’étend également bien aux faits reprochés à Clément Coffi Alladagbin en tant que caissier guichetier. Il devait reverser à la SBEE les fonds qui lui étaient provisoirement confiés à charge pour lui de les représenter. Il fait observer qu’il n’avait pas déposé l’intégralité des fonds déposés ou reçus. Le ministère public s’est appesanti sur certaines déclarations de l’accusé devant le juge d’instruction tendant à lui expliquer que les fonds ont servi à alimenter un ami avec qui il avait projeté de faire des affaires de vente de véhicules.
Il a montré que les ressources de la SBEE sont des ressources publiques ou de l’Etat et que Clément Coffi Alladagbin étant un agent de la SBEE est donc un agent public auquel s’applique l’ordonnance 79-23.
Sur la base de l’article 147 du Code pénal et de l’article 3 de l’ordonnance 79-23, le représentant du ministère public demande aux jurés de répondre par l’affirmative aux questions qu’il leur a posées et qui leur permettent sur cette base, de disqualifier la qualification préalablement retenue et de la requalifier Ce qui permet, selon lui, de retenir la culpabilité de l’accusé pour requérir sa condamnation à 15 ans de travaux forcés et que ce sera justice faite.
La défense n’est pas de cet avis. Me Julien Togbadja puise son inspiration des écritures saintes. «Nécessité fait surgir le loup du bois» dit la Bible. Du point de vue social, le ministère public n’a pas tenu compte du caractère social du dossier. Au conseil de discipline, il a fait amende honorable, justifie-t-il ; et à la barre, il a reconnu avoir commis des impairs, justifie la défense. «Nous sommes en matière pénale et vous jugez un homme qui est devant vous», insiste-t-il.
Et pour Me Julien Togbadja, l’éducation se fait par le bas. Son client fait partie de ceux qui vivent le quotidien; ceux qui vivent la réalité de tous les jours.
«Si vous voulez donner l’exemple, la fermeté qu’il faut, il faut commencer par le haut. Dans cet environnement où le sommet pourrit tout, à un moment donné vous avez beau être déterminé, vous commencez à fléchir; on ne peut pas refuser les circonstances atténuantes à cet homme qui plaide coupable. Il n’apparait que pour la première fois devant la juridiction criminelle et vous demandez de l’enfoncer», défend-il. Le ministère public, selon Me Julien Togbadja, a oublié le père et veut punir l’enfant. Pour la défense, en tant que délinquant primaire, son client a besoin de bénéficier de circonstances atténuantes ; il faut un assouplissement de la peine. Ce n’est pas la dureté ; vous êtes père et mère de famille, élément du peuple, il faut un peu de souplesse à son égard. Pourquoi ne veut-on pas créer des conditions pour racheter cet homme ? s’interroge-t-il. « Il a cru que ne pouvant manger avec 40.000F qu’il pouvait fructifier les sous. Ne peut-on pas le sauver en cantonnant la peine au temps qu’il a déjà passé en prison ? Il en a passé 12 et le ministère public vous demande d’aller à 15. Je vous prie de bien vouloir tenir compte de tout cela. Considérez qu’il a plaidé coupable et au regard de la loi, il doit bénéficier de circonstances atténuantes.
L’Etat béninois étant dans la cause, la SBEE ne doit plus se constituer partie civile», fait observer, par ailleurs, Me Julien Togbadja.
La Cour après délibérations, a rendu un arrêt de disqualification, de requalification et de condamnation, les faits s’analysant, a-t-elle déduit, plutôt en crime de détournement de deniers publics, car l’accusé alors dépositaire de fonds publics en a fait usage à sa guise. Il est passible de l’application des articles 147 du Code pénal et de l’article 3 de l’ordonnance 79-23 du 10 mai 1979 et l’a condamné à 11 ans de travaux forcés

Arrêté de débet non conforme au préjudice subi

Statuant sur les intérêts civils, la Cour a prié la partie civile de faire part de ses observations proprement dites. Ainsi, pour Me Pognon, l’acte matériel qui fonde les intérêts civils est l’arrêté de débet. Et comme il existe une certaine ambiguïté entre le montant présenté par le représentant de l’AJT et ce qui est ressorti des débats et présenté par le représentant du directeur général de la SBEE, Me Serge Pognon a souhaité que l’examen desdits intérêts soit renvoyé à une prochaine session de la Cour d'assises afin que les positions soient harmonisées et le nécessaire fait.
Le ministère public s’est associé à ses observations de la partie civile.
Quant à la défense, seule la personne légalement désignée ayant des compétences est l’agent judiciaire du trésor. Pour elle donc, la SBEE ne peut ester. « Si la partie civile n’est pas prête, vous déciderez de la conduite à tenir ».
Il est inadmissible pour lui qu’après plus de 10 ans, on ne puisse pas évaluer le préjudice qu’on a subi depuis 2003, s’est offusqué Me Julien Togbadja. Cela ne fait qu’illustrer, selon lui, l’état de la gouvernance des entreprises.
En réplique, Me Serge Pognon estime que la SBEE est régie par les lois de l’OHADA. La SBEE agit à titre principal et l’AJT à titre accessoire.
Sur les intérêts civils, les représentants de l’AJT et du directeur général de la SBEE sollicitent le renvoi en vue d’une évaluation exacte du montant du préjudice subi.
Après délibérations, la Cour a estimé que l’examen des intérêts civils est généralement basé sur un arrêté de débet que présente généralement l’agent judiciaire du trésor. Ayant donc relevé une discordance entre les montants présentés par Omer Gagui et le représentant du directeur général, Monique Ouadaï, elle a renvoyé l’examen des intérêts civils à la prochaine session.

Société 13 août 2015


Deux Nigérians poursuivis pour association de malfaiteurs (12e dossier): L’accusé Divine Obi tombe lourdement à l’audience, la cause renvoyée

Ce sont deux Nigérians, accusés des crimes d’association de malfaiteurs, de vol qualifié et de coups et blessures volontaires, qui comparaissaient devant la Cour d’assises de Cotonou, en sa deuxième session de l’année 2015, hier lundi 10 août. Divine Obi et Ifeanyi Moses Ofoukwu alias Chief Okofor, la quarantaine, sont présentés comme les braqueurs de la Recette-perception de Grand-Popo en 2006. Ils sont défendus par Mes Vincent Tohozin, Julien Togbadja et Bonaventure Essou. La cour de céans est présidée par Saturnin Calixte Avognon, assisté de William Kodjoh Kpakpassou et Virgile Kpomalègni (assesseurs) puis de Benoît Gbènassoua, Zanmènou Louis Hounkanrin, Hounyèmè Honoré Mello, François Koundé et Osséni Abiossè (jurés, le dernier étant suppléant). Des débats, Me Théogène Zountchékon, greffier, a assuré la transcription.

Les faits dont répondent les accusés remontent au 29 août 2006. Ce jour-là, à Grand-Popo, aux environs de 13h, Divine Obi, Ifeanyi Moses Ofoukwu alias Chief Okofor, un certain Bidémi Bada dit Coach et un autre non encore identifié, armés de fusils auraient fait irruption dans le logement de fonction de Cyrille Agnandji, receveur de la Recette des Impôts de Grand-Popo. Sous la menace d’armes à feu, ils ont tenu en respect Cyrille Agnandji et toute sa famille. Après avoir enfermé ses enfants dans une chambre, ils lui ont porté des coups et fait des blessures pour le contraindre vainement à leur ouvrir la porte de la caisse et à leur remettre la clé du coffre-fort de la Recette-perception. Tous les bureaux étaient passés aux peignes fins. Aux environs de 15h, chaque usager et employé de la Recette-perception était pris en charge par les malfrats. Ils auraient été roués de coups, dessaisis de leurs portables et de leur argent avant d’être enfermés dans un local de la Recette-perception. Michel Wongla, le caissier aurait été accueilli dans les mêmes conditions et contraint d’ouvrir le coffre-fort de la Recette d’où les malfrats auraient soustrait 10 000 000 F CFA avant de s’emparer des 8 639 719 F CFA se trouvant sous une trappe. A la fin, ils auraient enfermé toutes leurs victimes dans le magasin de la Recette avant de s’enfuir. Les bulletins N°1 de leurs casiers judiciaires ne portent mention d’aucune condamnation. Et il ressort du rapport d’expertise médico-psychiatrique des accusés qu’ils ne présentaient aucun trouble mental ni d’antécédent psychiatrique pouvant abolir le contrôle de leurs actes au moment des faits.

L’arrêt de renvoi renseigne par ailleurs que le receveur n’ayant pas donné la combinaison du coffre-fort, les malfrats ont maintenu leurs otages sous pression jusqu’à 15h, attendant l’arrivée des autres employés. C’est ainsi que le caissier Michel Wongla aurait été pris en charge… Et suite aux dénonciations de Watchiou Souin, le nommé Moukaramou Otekpola a été arrêté. Courant 2007, Chief Okofor et Divine, détenus à la prison civile de Cotonou dans le cadre du braquage du véhicule SAGAM (intervenu le 6 décembre 2006 derrière la présidence de la République) ont été identifiés par certaines personnes victimes du braquage de la Recette-perception de Grand-Popo…

Ils nient les faits

Les accusés passent déposer à la barre. Dans un français approximatif, ils plaident non coupables et quand ils n’en peuvent plus, ils y vont en anglais pour mieux se faire comprendre. Le traducteur joue alors sa partition. Parfois, un des accusés a le sentiment qu’il ne traduit pas bien ses pensées et le reprend. Le premier à déposer, Chief Okofor, raconte que le jour des faits, il était au Nigeria, vaquant à ses affaires. Et s’il a été en prison ensuite, parce que les policiers nigérians l’ont appréhendé et remis à la police béninoise, c’est que son nom a été cité dans le braquage intervenu derrière la présidence de la République courant 2006 ; et sa photo diffusée dans les journaux, alors qu’il n’aurait rien à y voir. Ce n’est qu’à l’occasion de son arrestation, dit-il, qu’il a vu Divine Obi pour la première fois au commissariat. «Mais quel sort le poursuit pour que, dans chaque cas de braquage, son nom surgisse ?», veut comprendre la Cour. Il jure qu’il n’a rien fait, explique qu’il était à sa boutique. Le ministère public s’étonne que l’accusé se souvienne bien de sa journée du 28 août 2006 mais oublie curieusement tout ce qu’il s’est produit le reste de l’année…
Comme lui, Divine vient clamer son innocence. Et si des plaignants disent l’avoir reconnu, il soutient n’avoir pas été sur les lieux du crime. C’est donc à tort, dénonce-t-il, qu’il est jeté en prison. «Mais que faisiez-vous à Grand-Popo ce jour-là ?», lance le président. «Je n’ai jamais été à Grand-Popo». «Et comment se fait-il que deux personnes vous aient reconnu ?», «C’est une personne sur les trois qui a prétendu me reconnaître», rectifie-t-il. «Justement parce vous n’étiez pas postés au même endroit non, votre ami et vous ?», engage Saturnin Avognon, qui enchaîne en lui demandant combien ils étaient à mener l’opération. L’accusé ne varie pas. «Je n’ai jamais été à Grand-Popo», remet-il. La Cour n’est pas satisfaite, cherche à tirer tout cela au clair. Aussi, demande-t-elle à l’accusé si la personne qui a dit le reconnaître, en sa présence, est dans le prétoire. Lui est imperturbable : «Je ne connais personne». Mais si les policiers nigérians n’étaient pas convaincus de son implication dans les faits, pourquoi auraient-ils remis un national de chez eux à une police étrangère? N’était-il pas associé au braquage de la boutique Azar Jean à Cotonou ?, veut encore savoir Christophe Atinmankan du ministère public… Divine assure que le jour des faits de Grand-Popo, il était en voyage sur l’Espagne et n’est rentré au Nigeria qu’en décembre 2006, que son passeport fait foi mais est gardé par la police nigériane. Déclaration contenue dans le procès-verbal d’interrogatoire au fond, fait observer Me Julien Togbadja. Qui précise que l’accusé, au Nigeria, était allé voir au commissariat la femme de son frère aîné, lui-même en fuite, lorsque les policiers ayant su les liens de parenté, l’ont gardé à son tour. Car des amis à ce frère auraient perpétré le coup du 6 décembre à Cotonou et c’est une carte Sim délaissée dans le véhicule utilisé pour l’opération qui aurait permis d’établir la connexion.

L’accusé tombe lourdement, l’audience s’achève prématurément

Version trop belle pour être gobée par l’avocat de l’Agence judiciaire du Trésor, Me Victoire Agbanrin-Elisha. Autant que par la Cour qui lui demande de dire «Bonjour monsieur» en espagnol. Impossible. Surprenant pour quelqu’un qui dit avoir passé trois ans en Espagne à travailler dans un champ. Il lui est alors demandé de dire «Je suis au champ» en espagnol. Pas plus de chance. A chaque fois, le président de la Cour de céans lui donne la réponse. Ses avocats, pour l’aider, lui demandent de dire des mots espagnols qu’il connaît. Toujours rien. Saturnin Avognon lui propose alors de dire simplement «le mot» en espagnol. «Word» répond Divine. «C’est de l’anglais», lui fait observer le président qui vient une nouvelle fois à sa rescousse, déclarant que « le mot» en espagnol c’est «la palabra». Coup de théâtre, l’accusé se laisse lourdement tomber par l’arrière, raide tel un sac. Le sol carrelé révèle des traces de sang. Hypoglycémie ? Cinéma ? Malaise ? Les gendarmes du service d’ordre se penchent sur lui, lui font des signes de mains. Il réagit bien. «Il est lucide, c’est le plus important», lâche l’un d’entre eux. Entre-temps, Saturnin Avognon a prononcé la suspension de l’audience, le temps que l’accusé soit pris en charge… Celui-ci, une dizaine de minutes plus tard, se redresse et s’assied, la nuque légèrement ouverte et ensanglantée. Il secoue la tête, évalue la blessure par un toucher de la main gauche, puis se couche à nouveau. Son compère, Chief Okofor le regarde, lui-même la tête portant des traces de coupures antérieures…Une trentaine de minutes plus tard, les sapeurs-pompiers sont là. Ils l’emmènent sur une civière. Dans le véhicule de secours, il reste bras croisés, les détend pour faire des gestes quand un pompier engage la conversation avec lui, pour s’assurer qu’il est toujours conscient.
Quelques instants plus tard, la Cour fait constater l’incident et l’acheminement de l’accusé sur le CNHU et prononce le renvoi de l’affaire à une session ultérieure de la Cour d’assises.

Société 10 août 2015


Deux Nigérians poursuivis pour association de malfaiteurs (12e dossier): L’accusé Divine Obi tombe lourdement à l’audience, la cause renvoyée

Ce sont deux Nigérians, accusés des crimes d’association de malfaiteurs, de vol qualifié et de coups et blessures volontaires, qui comparaissaient devant la Cour d’assises de Cotonou, en sa deuxième session de l’année 2015, hier lundi 10 août. Divine Obi et Ifeanyi Moses Ofoukwu alias Chief Okofor, la quarantaine, sont présentés comme les braqueurs de la Recette-perception de Grand-Popo en 2006. Ils sont défendus par Mes Vincent Tohozin, Julien Togbadja et Bonaventure Essou. La cour de céans est présidée par Saturnin Calixte Avognon, assisté de William Kodjoh Kpakpassou et Virgile Kpomalègni (assesseurs) puis de Benoît Gbènassoua, Zanmènou Louis Hounkanrin, Hounyèmè Honoré Mello, François Koundé et Osséni Abiossè (jurés, le dernier étant suppléant). Des débats, Me Théogène Zountchékon, greffier, a assuré la transcription.

Les faits dont répondent les accusés remontent au 29 août 2006. Ce jour-là, à Grand-Popo, aux environs de 13h, Divine Obi, Ifeanyi Moses Ofoukwu alias Chief Okofor, un certain Bidémi Bada dit Coach et un autre non encore identifié, armés de fusils auraient fait irruption dans le logement de fonction de Cyrille Agnandji, receveur de la Recette des Impôts de Grand-Popo. Sous la menace d’armes à feu, ils ont tenu en respect Cyrille Agnandji et toute sa famille. Après avoir enfermé ses enfants dans une chambre, ils lui ont porté des coups et fait des blessures pour le contraindre vainement à leur ouvrir la porte de la caisse et à leur remettre la clé du coffre-fort de la Recette-perception. Tous les bureaux étaient passés aux peignes fins. Aux environs de 15h, chaque usager et employé de la Recette-perception était pris en charge par les malfrats. Ils auraient été roués de coups, dessaisis de leurs portables et de leur argent avant d’être enfermés dans un local de la Recette-perception. Michel Wongla, le caissier aurait été accueilli dans les mêmes conditions et contraint d’ouvrir le coffre-fort de la Recette d’où les malfrats auraient soustrait 10 000 000 F CFA avant de s’emparer des 8 639 719 F CFA se trouvant sous une trappe. A la fin, ils auraient enfermé toutes leurs victimes dans le magasin de la Recette avant de s’enfuir. Les bulletins N°1 de leurs casiers judiciaires ne portent mention d’aucune condamnation. Et il ressort du rapport d’expertise médico-psychiatrique des accusés qu’ils ne présentaient aucun trouble mental ni d’antécédent psychiatrique pouvant abolir le contrôle de leurs actes au moment des faits.

L’arrêt de renvoi renseigne par ailleurs que le receveur n’ayant pas donné la combinaison du coffre-fort, les malfrats ont maintenu leurs otages sous pression jusqu’à 15h, attendant l’arrivée des autres employés. C’est ainsi que le caissier Michel Wongla aurait été pris en charge… Et suite aux dénonciations de Watchiou Souin, le nommé Moukaramou Otekpola a été arrêté. Courant 2007, Chief Okofor et Divine, détenus à la prison civile de Cotonou dans le cadre du braquage du véhicule SAGAM (intervenu le 6 décembre 2006 derrière la présidence de la République) ont été identifiés par certaines personnes victimes du braquage de la Recette-perception de Grand-Popo…

Ils nient les faits

Les accusés passent déposer à la barre. Dans un français approximatif, ils plaident non coupables et quand ils n’en peuvent plus, ils y vont en anglais pour mieux se faire comprendre. Le traducteur joue alors sa partition. Parfois, un des accusés a le sentiment qu’il ne traduit pas bien ses pensées et le reprend. Le premier à déposer, Chief Okofor, raconte que le jour des faits, il était au Nigeria, vaquant à ses affaires. Et s’il a été en prison ensuite, parce que les policiers nigérians l’ont appréhendé et remis à la police béninoise, c’est que son nom a été cité dans le braquage intervenu derrière la présidence de la République courant 2006 ; et sa photo diffusée dans les journaux, alors qu’il n’aurait rien à y voir. Ce n’est qu’à l’occasion de son arrestation, dit-il, qu’il a vu Divine Obi pour la première fois au commissariat. «Mais quel sort le poursuit pour que, dans chaque cas de braquage, son nom surgisse ?», veut comprendre la Cour. Il jure qu’il n’a rien fait, explique qu’il était à sa boutique. Le ministère public s’étonne que l’accusé se souvienne bien de sa journée du 28 août 2006 mais oublie curieusement tout ce qu’il s’est produit le reste de l’année…
Comme lui, Divine vient clamer son innocence. Et si des plaignants disent l’avoir reconnu, il soutient n’avoir pas été sur les lieux du crime. C’est donc à tort, dénonce-t-il, qu’il est jeté en prison. «Mais que faisiez-vous à Grand-Popo ce jour-là ?», lance le président. «Je n’ai jamais été à Grand-Popo». «Et comment se fait-il que deux personnes vous aient reconnu ?», «C’est une personne sur les trois qui a prétendu me reconnaître», rectifie-t-il. «Justement parce vous n’étiez pas postés au même endroit non, votre ami et vous ?», engage Saturnin Avognon, qui enchaîne en lui demandant combien ils étaient à mener l’opération. L’accusé ne varie pas. «Je n’ai jamais été à Grand-Popo», remet-il. La Cour n’est pas satisfaite, cherche à tirer tout cela au clair. Aussi, demande-t-elle à l’accusé si la personne qui a dit le reconnaître, en sa présence, est dans le prétoire. Lui est imperturbable : «Je ne connais personne». Mais si les policiers nigérians n’étaient pas convaincus de son implication dans les faits, pourquoi auraient-ils remis un national de chez eux à une police étrangère? N’était-il pas associé au braquage de la boutique Azar Jean à Cotonou ?, veut encore savoir Christophe Atinmankan du ministère public… Divine assure que le jour des faits de Grand-Popo, il était en voyage sur l’Espagne et n’est rentré au Nigeria qu’en décembre 2006, que son passeport fait foi mais est gardé par la police nigériane. Déclaration contenue dans le procès-verbal d’interrogatoire au fond, fait observer Me Julien Togbadja. Qui précise que l’accusé, au Nigeria, était allé voir au commissariat la femme de son frère aîné, lui-même en fuite, lorsque les policiers ayant su les liens de parenté, l’ont gardé à son tour. Car des amis à ce frère auraient perpétré le coup du 6 décembre à Cotonou et c’est une carte Sim délaissée dans le véhicule utilisé pour l’opération qui aurait permis d’établir la connexion.

L’accusé tombe lourdement, l’audience s’achève prématurément

Version trop belle pour être gobée par l’avocat de l’Agence judiciaire du Trésor, Me Victoire Agbanrin-Elisha. Autant que par la Cour qui lui demande de dire «Bonjour monsieur» en espagnol. Impossible. Surprenant pour quelqu’un qui dit avoir passé trois ans en Espagne à travailler dans un champ. Il lui est alors demandé de dire «Je suis au champ» en espagnol. Pas plus de chance. A chaque fois, le président de la Cour de céans lui donne la réponse. Ses avocats, pour l’aider, lui demandent de dire des mots espagnols qu’il connaît. Toujours rien. Saturnin Avognon lui propose alors de dire simplement «le mot» en espagnol. «Word» répond Divine. «C’est de l’anglais», lui fait observer le président qui vient une nouvelle fois à sa rescousse, déclarant que « le mot» en espagnol c’est «la palabra». Coup de théâtre, l’accusé se laisse lourdement tomber par l’arrière, raide tel un sac. Le sol carrelé révèle des traces de sang. Hypoglycémie ? Cinéma ? Malaise ? Les gendarmes du service d’ordre se penchent sur lui, lui font des signes de mains. Il réagit bien. «Il est lucide, c’est le plus important», lâche l’un d’entre eux. Entre-temps, Saturnin Avognon a prononcé la suspension de l’audience, le temps que l’accusé soit pris en charge… Celui-ci, une dizaine de minutes plus tard, se redresse et s’assied, la nuque légèrement ouverte et ensanglantée. Il secoue la tête, évalue la blessure par un toucher de la main gauche, puis se couche à nouveau. Son compère, Chief Okofor le regarde, lui-même la tête portant des traces de coupures antérieures…Une trentaine de minutes plus tard, les sapeurs-pompiers sont là. Ils l’emmènent sur une civière. Dans le véhicule de secours, il reste bras croisés, les détend pour faire des gestes quand un pompier engage la conversation avec lui, pour s’assurer qu’il est toujours conscient.
Quelques instants plus tard, la Cour fait constater l’incident et l’acheminement de l’accusé sur le CNHU et prononce le renvoi de l’affaire à une session ultérieure de la Cour d’assises.

Société 10 août 2015


Audience au palais des Gouverneurs à Porto-Novo : Le président de la BOAD chez Me Adrien Houngbédji

Le président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Christian Adovèlandé, était hier jeudi 6 août, au cabinet du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Au-delà des civilités, Christian Adovèlandé a profité de l’occasion pour présenter son institution financière à son hôte et évoqué avec lui, les méthodes d’intervention de sa banque, les activités qu’elle mène et les perspectives de développement.

La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a déjà plus de 40 ans d’existence. A la date d’aujourd’hui, elle a réussi à mobiliser 3400 milliards de francs CFA pour environ 750 opérations dans la sous-région. Selon Christian Adovèlandé, président de cette institution financière, reçu hier en audience par le président de l’Assemblée nationale, les domaines d’intervention de la banque sont notamment les infrastructures, la sécurité alimentaire, l’environnement et l’appui au secteur privé. La BOAD est financièrement équilibrée et ses résultats ont toujours été positifs. Les agences internationales de notation confirment la bonne santé de cette institution financière. Elles lui ont accordé le grade d’investissement. Ce qui ouvre la BOAD au marché international, explique Christian Adovèlandé. Toutefois la BOAD connaît des difficultés en matière de mobilisation des ressources.
En effet, explique Christian Adovèlandé, le rôle de sa banque est de soutenir les Etats en leur apportant des ressources à des conditions acceptables. Ce qui n’est plus le cas depuis 5 ans. La BOAD propose aux Etats parties, des ressources de marché, des ressources concessionnelles qui sont chères. Malgré cela, elle continue de mettre l’accent sur des ressources structurantes qui ont des impacts réels sur la croissance économique, les investissements et la vie des populations.
Le président de la BOAD a aussi rassuré le président de l’Assemblée nationale de la bonne coopération qui existe entre son institution financière et le Bénin. A ce jour, la banque y a mené 107 opérations pour un montant de 450 milliards de francs CFA dans les domaines des infrastructures, de la sécurité alimentaire, de l’assainissement et de l’énergie... A ce titre le Bénin occupe le 3e rang en termes d’investissement de la BOAD dans la sous-région,
En ce qui concerne les perspectives, la banque continuera à travailler pour la résolution des problèmes d’énergie, précise Christian Adovèlandé. Il est question d’investir à présent dans la production de l’énergie avec la construction de centrales électriques. Pour les infrastructures routières, le cap sera maintenu les années à venir. Enfin, sur les conseils du président de l’Assemblée nationale, la banque organisera dans les jours à venir, un séminaire pour présenter aux députés, ses activités et contraintes en matière de mobilisation des ressources. Le président Adrien Houngbédji a aussi insisté sur l’approche qu’il faut avoir avec les populations. Il a souhaité une meilleure sélection des projets et leur suivi afin qu’ils aient un impact réel sur la vie de tous.


Le président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Christian Adovèlandé, était hier jeudi 6 août, au cabinet du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Au-delà des civilités, Christian Adovèlandé a profité de l’occasion pour présenter son institution financière à son hôte et évoqué avec lui, les méthodes d’intervention de sa banque, les activités qu’elle mène et les perspectives de développement.

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a déjà plus de 40 ans d’existence. A la date d’aujourd’hui, elle a réussi à mobiliser 3400 milliards de francs CFA pour environ 750 opérations dans la sous-région. Selon Christian Adovèlandé, président de cette institution financière, reçu hier en audience par le président de l’Assemblée nationale, les domaines d’intervention de la banque sont notamment les infrastructures, la sécurité alimentaire, l’environnement et l’appui au secteur privé. La BOAD est financièrement équilibrée et ses résultats ont toujours été positifs. Les agences internationales de notation confirment la bonne santé de cette institution financière. Elles lui ont accordé le grade d’investissement. Ce qui ouvre la BOAD au marché international, explique Christian Adovèlandé. Toutefois la BOAD connaît des difficultés en matière de mobilisation des ressources.
En effet, explique Christian Adovèlandé, le rôle de sa banque est de soutenir les Etats en leur apportant des ressources à des conditions acceptables. Ce qui n’est plus le cas depuis 5 ans. La BOAD propose aux Etats parties, des ressources de marché, des ressources concessionnelles qui sont chères. Malgré cela, elle continue de mettre l’accent sur des ressources structurantes qui ont des impacts réels sur la croissance économique, les investissements et la vie des populations.
Le président de la BOAD a aussi rassuré le président de l’Assemblée nationale de la bonne coopération qui existe entre son institution financière et le Bénin. A ce jour, la banque y a mené 107 opérations pour un montant de 450 milliards de francs CFA dans les domaines des infrastructures, de la sécurité alimentaire, de l’assainissement et de l’énergie... A ce titre le Bénin occupe le 3e rang en termes d’investissement de la BOAD dans la sous-région,
En ce qui concerne les perspectives, la banque continuera à travailler pour la résolution des problèmes d’énergie, précise Christian Adovèlandé. Il est question d’investir à présent dans la production de l’énergie avec la construction de centrales électriques. Pour les infrastructures routières, le cap sera maintenu les années à venir. Enfin, sur les conseils du président de l’Assemblée nationale, la banque organisera dans les jours à venir, un séminaire pour présenter aux députés, ses activités et contraintes en matière de mobilisation des ressources. Le président Adrien Houngbédji a aussi insisté sur l’approche qu’il faut avoir avec les populations. Il a souhaité une meilleure sélection des projets et leur suivi afin qu’ils aient un impact réel sur la vie de tous.

Actualités 07 août 2015


106 - 114