La Nation Bénin...
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Le Bénin s’est doté d’un Plan national de développement (Pnd) 2018-2025 adopté par le Conseil des ministres en sa séance du 24 octobre 2018 et qui a fait l’objet d’une séance de dissémination, lundi 14 janvier dernier à Cotonou. A cette occasion, le directeur général des Politiques de développement, Magloire Augustin Aguessy, est revenu sur le processus d’élaboration et a mis l’accent sur les tenants et les aboutissants de ce document qui se veut une nouvelle boussole pour l’action publique en vue de l’amélioration des conditions de vie des populations à moyen terme.
La Nation : Comment en est-on arrivé à l’élaboration puis, à la dissémination du Plan national de développement (Pnd) ?
Magloire A. Aguessy: La dissémination du Pnd est l’aboutissement d’un processus qui a mobilisé suivant une démarche participative et inclusive pendant un peu plus de douze mois, cadres de l’Administration centrale, déconcentrée et décentralisée à plusieurs niveaux, acteurs du secteur privé et de la société civile, membres du gouvernement ; institutions de la République ; Association nationale des communes du Bénin (Ancb), universitaires, leaders religieux, partenaires sociaux et universitaires ainsi que des partenaires au développement. Au cours de ce processus, nous avons sillonné les douze départements de notre pays pour écouter les différentes couches de la population sur les options de développement nécessaires à faire en rapport avec leurs aspirations. Les résultats auxquels nous sommes parvenus constituent les sentiers que le peuple béninois compte entreprendre pour accélérer la marche de notre pays vers la vision Bénin 2025 Alafia, les Objectifs de développement durable (Odd) à l’horizon 2030 et la Vision Africa 2063.
Quelle est l’importance ou la spécificité d’un tel outil dans un contexte où le Bénin disposait déjà de plusieurs instruments de planification à savoir la Vision « Bénin Alafia 2025 », le Programme de croissance pour le développement durable (Pc2d) 2018-2021, le Programme d’actions du gouvernement (Pag ‘’Bénin révélé’’) 2016-2021 ?
Depuis la Conférence des forces vives de la nation de février 1990, c’est la première fois que le Bénin parvient à se doter de cet important outil de planification pour les moyen et long termes qui a pour avantages, entre autres, de garantir la continuité et la cohérence de l’action de développement du gouvernement. En dotant le Bénin de cet important outil de planification, le ministère du Plan vient d’accomplir une partie essentielle de sa mission qui est d’impulser et de piloter le développement.
Prenant pour socle la vision Bénin 2025 Alafia, le Plan national de développement 2018-2025 intègre les nouveaux enjeux de développement économique et social au plan national, africain et international. Il est structuré autour de quatre thématiques majeures : le capital humain et le bien-être des populations ; la productivité et la compétitivité économiques ; l’environnement, les changements climatiques et le développement des territoires; et la gouvernance. A travers cette architecture, il exprime l’urgence de procéder à une approche intégrée des solutions à apporter aux défis actuels de développement et constitue un cadre favorable pour la consolidation et la durabilité des acquis du Programme d’actions du gouvernement (Pag) 2016-2021.
Que révèle le diagnostic qui a abouti à l’élaboration de ce plan ?
De façon succincte, au niveau du diagnostic stratégique de développement, il est constaté une croissance moyenne de 5% entre 2000 et 2015. Cette croissance confrontée à la forte croissance démographique qui est de 3,5 %, on note une aggravation de la pauvreté avec le taux de pauvreté passant de 36,2 % à 30,1 % entre 2011 et 2015. Ça veut dire que cette croissance n’est pas du tout inclusive. Il y a des inégalités de développement entre les régions et un manque d’opportunités d’emplois décents, l’accroissement du niveau de privations touchant plusieurs couches de la population. Il est vrai qu’on note une consolidation du cadre macroéconomique et la maîtrise des déficits mais on remarque qu’il y a encore une certaine vulnérabilité tout simplement parce que la moindre crise, même à côté au Nigeria, peut ébranler notre système économique. On remarque une dynamique du secteur privé et du développement des entreprises mais les progrès restent insuffisants. L’économie est très peu diversifiée et la transformation structurelle n’est pas véritablement au rendez-vous. On observe un faible développement du capital humain, malgré les progrès d’accès au niveau des secteurs éducatifs et du système de gestion sociale. Les progrès restent encore lents en matière de gouvernance économique et sociale, au regard des exigences...
L’évaluation à mi-parcours faite en 2011 qui a constaté un retard dans la mise en œuvre de la vision Bénin 2025 Alafia nous a permis de voir qu’il faut désormais miser véritablement sur notre potentialité, sur nos forces. Et quelles sont nos forces ? C’est notamment dans l’agriculture. Nous avons de vastes terres arables très peu exploitées. Nous avons des vallées, en l’occurrence celles du Niger, du Mono et de l’Ouémé que nous nous plaisons à dire que c’est la deuxième la plus riche après le Nil. Autant d’éléments dont nous n’arrivons pas à tirer profit. Au-delà de cela, nous avons des potentialités dans le domaine du tourisme. Il suffit de voyager pour constater qu’il y a des endroits qui drainent beaucoup plus de touristes alors que le Bénin regorge de beaucoup de potentialités et n’a rien à envier à ces endroits-là. Heureusement, le Programme d’actions du gouvernement a mis un accent particulier sur ce secteur. De plus, notre position géographique, stratégique, permet de tirer profit d’une plateforme de services que nous pouvons mettre en place.
Quel est l’objectif fixé à travers le Plan national de développement ?
L’option stratégique qui a été retenue au niveau du Pnd 2018-2025, c’est d’atteindre une forte croissance économique soutenue, inclusive et durable d’au moins 10 % en 2025 axée sur le développement de l’agro-industrie, des services et du tourisme dans un cadre de gouvernance nationale et locale plus efficace en misant sur le développement du capital humain sain, qualifié et compétitif et des infrastructures. Cela implique la diversification et l’élargissement des bases de production, des innovations dans certains créneaux porteurs accompagnés par des mesures incitatives en direction du secteur informel dans sa mutation vers le secteur formel et aux transformations structurelles économiques et sociales, touchant le capital humain et les modes de production et de consommation. Ce qui passe par des réformes qu’il faut poursuivre au niveau de la gouvernance politique et démocratique, de la fiscalité, de l’accès aux services sociaux de base, de l’environnement des affaires et du Code d’investissement. Car, nous faisons des efforts, mais, c’est insuffisant pour attirer les investisseurs. Il s’agira d’améliorer la productivité du secteur primaire, de développer les activités de transformation, les services intégrant les Technologies de l’information et de la communication (Tic), de relever le niveau du capital humain, afin de générer plus de richesses et d’emplois qualifiés en mettant en place des pôles de transformation de nos matières premières.
Un plan ne vaut en fait que par les résultats de son opérationnalisation. Que faut-il faire pour que les objectifs soient atteints ?
Si l’organisation d’un plan national de développement est un préalable important pour la mise en place de politiques et projets cohérents de développement, elle ne garantit pas pour autant sa réalisation. Ainsi, nous devons accorder une attention particulière au pilotage stratégique, à la mise en œuvre et au suivi-évaluation. La mise en œuvre conjuguée du Programme de croissance pour le développement durable (Pc2d) et du Programme d’actions du gouvernement pourra nous permettre d’obtenir les effets escomptés.
Je garde l’espoir qu’ensemble nous gagnerons le pari du Pnd et conjurerons ainsi le sort du pays qui élabore de très bons documents de planification mais qui peine dans la mise en œuvre.
Comptant sur le patriotisme et le sens de redevabilité de tous les acteurs de développement, le cap sur le processus de son opérationnalisation reste notre priorité.
Quels sont les outils de mise en œuvre, de suivi et évaluation du Pnd ?
Pour atteindre les objectifs et observer les effets conséquents, le Pnd sera opérationnalisé en deux phases : la première, de 2018 à 2021 à travers le Pc2d 2018-2021 et le programme d’actions du gouvernement 2016-2021 et la seconde, à travers le Pc2d 2022-2025, les plans, programmes sectoriels, programmes d’investissements publics ainsi que les plans de développement communaux (Pdc) en veillant à leur arrimage.
En ce qui concerne le dispositif de suivi et évaluation du plan, nous avons trois niveaux. Il y a d’abord, au niveau national, l’orientation stratégique et le pilotage technique avec le Conseil des ministres qui est la faîtière, le Conseil national d’orientation, le comité gouvernement-partenaires au développement et le comité technique de pilotage et de suivi. Au niveau du suivi des performances et des effets sectoriels, nous avons un comité sectoriel de pilotage et de suivi et évaluation dans chaque ministère et institution. Ensuite, au niveau décentralisé et déconcentré, il y a des comités départementaux et communaux de développement. Nous avons des outils de suivi-évaluation que sont les cadres de performances, les revues, les systèmes d’information. Comme inputs, nous avons retenu des assises régionales et nationales sur le suivi du Pnd tous les deux ans : soit en 2020, 2022, 2024 ; les rapports de progrès du Pag, du Pc2d, des Odd, de suivi de la Stratégie nationale de développement de la statistique de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae), qui viendront alimenter le rapport qui sera fait au niveau du Pnd.
Quid de la mobilisation des ressources pour le financement du plan ?
La mise en œuvre efficace du plan requiert une mobilisation plus accrue des ressources domestiques, la promotion du partenariat public-privé (Ppp), l’exploitation des instruments de financement innovants, l’instauration des guichets de financement spécialisés (environnement, santé, éducation…). Nous avons également, de façon traditionnelle, le recours au marché financier et aux partenaires techniques et financiers (Ptf), aux Ongs, aux fondations ; la participation de la diaspora.
Propos recueillis par Claude Urbain PLAGBETO
Economie 17 janv. 2019

Le paysage culturel béninois vient de s’étoffer d’un nouveau projet. Il s'agit du Projet des arts de l’oralité et des scènes urbaines (Paosu). Porté par l’association socioculturelle Katoulati et son partenaire Iminrio, il vise à renforcer les capacités professionnelles des organisations culturelles, des acteurs culturels et des artistes du secteur des arts de l’oralité au Bénin.
Renforcement de capacités professionnelles de 12 artistes et de 12 responsables d’organisations culturelles suivi d’un séminaire pour restructurer le secteur des arts de l’oralité au Bénin ; création de classes artistiques thématiques dans 12 écoles dans 12 communes à raison d’une commune par département; et le soutien à l’organisation de quelques activités des Rencontres internationales des arts de l’oralité (Riao) édition 2019 dans 5 villes du Bénin avec la participation d’au moins 10 femmes. Ce sont les principales activités à l’ordre du Projet des arts de l’oralité et des scènes urbaines (Paosu) dont la cérémonie officielle de lancement est intervenue mercredi 9 janvier dernier. Déjà, l’appel à candidature pour les artistes désireux de participer à l’atelier de renforcement de capacités est lancé et court jusqu’au 22 janvier. L’atelier se tiendra du 10 au 19 février prochain.
Le Paosu est un projet des associations Katoulati et Iminrio. Deux associations qui s’engagent aujourd’hui, à travers le Paosu, à renforcer les capacités professionnelles des organisations culturelles, des acteurs culturels et des artistes du réseau de la Fédération béninoise du conte et des arts de l’oralité (Fébécao), afin de mettre en place des activités artistiques et socio-éducatives, de favoriser la promotion de la diversité culturelle, du dialogue interculturel, pour l'amélioration de la cohésion sociale et l’accès à la culture aux populations. « Par cette action, nous allons institutionnaliser la Fébécao et les Riao, et contribuer à l’éducation artistique en milieu scolaire en appuyant les classes culturelles prévues dans les réformes envisagées par le ministère du Tourisme, de la Culture et des Sports, de même que les réformes du secteur éducatif prônant l’éducation artistique, et plus loin, les politiques culturelles et éducatives des communes », indique le coordonnateur de l’association Katoulati, Patrice Toton,
coordonnateur du Paosu. Son homologue de l’association Iminrio, Koudoussou Laourou ajoute: « Nous souhaitons créer autour des classes artistiques et des Riao une dynamique fédérant autour des mêmes objectifs, des artistes, leurs œuvres, les écoles et les communes, et les acteurs étatiques, institutionnels, sociaux, de même que les partenaires techniques et financiers ».
Il est à préciser que le Paosu est financé à 80% par "Culture at Work Africa" et l’Union Européenne.

Après l’évaluation diagnostique intellectuelle manquée des enseignants du secondaire, samedi 12 janvier dernier, l’heure est aux explications depuis hier, dans le Borgou. Des demandes ont été adressées à tous les chefs d’établissements publics de l’enseignement secondaire du département.
Les chefs d’établissements publics de l’enseignement secondaire du Borgou absents à l’évaluation diagnostique intellectuelle, ont reçu hier, mardi 15 janvier, des demandes d’explication. C’est le directeur départemental des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle du Borgou, Abdul Adir Biga, qui leur a adressé lesdites demandes d’explication.
En effet, seulement quatre chefs d’établissements sur les 85 du département ont pris part à cette évaluation. Les autres sont sommés de fournir les raisons pour lesquelles ils n’étaient pas de la partie.
« Les résultats que nous avons enregistrés, en termes de taux de participation, révèlent que, non seulement les enseignants en situation de classe ont boycotté cette évaluation, mais aussi les administratifs qui sont censés représenter l’Etat dans leurs établissements », fait observer le directeur départemental. Selon lui, ces responsables d’établissement doivent pouvoir se justifier par rapport à leur refus d’aller se faire évaluer. A leur tour, ils se chargeront également de soumettre les enseignants de leurs établissements qui n’étaient pas à l’évaluation, au même exercice.
Aux dernières nouvelles, cette mesure ne concerne pas seulement le Borgou. Elle est également en vigueur dans les autres départements du pays.

Infrastructures vieillissantes, équipements et matériels vétustes, manque de places, personnel insuffisant, accueil insatisfaisant... Autant de clichés que l’on colle à l’Homel. Mais, un tour dans l’enceinte du Chu-Mel démontre que les lignes ont bougé.
« Je peux aujourd’hui affirmer que les patients ne sont plus mal traités ici à l’Homel. Nous sommes en train de lutter pour changer la tendance. Tous les blocs sont opérationnels et nous accordons de l’importance à la satisfaction des patients. Avec les actions du gouvernement et les efforts fournis par le personnel, des progrès sont perceptibles. Aujourd’hui, la souffrance des patients a considérablement diminué », soutient avec fierté
le secrétaire général du Syndicat national des agents d’entretien des services de la santé (Synaess), Olivier C. Bakpé. A l’en croire, les difficultés de l’Homel, notamment celles générées par l’incendie ayant endommagé un bloc entier et la crise de 2017... sont quasiment résolues. « Le gouvernement du président Patrice Talon fait beaucoup d’efforts pour corriger les écarts », indique le Sg Olivier Bakpé. Mais, le chantier sur lequel le personnel œuvre de plus en plus est, selon ses dires, l’accueil. « Le premier soin qu’on doit donner à un malade, c’est l’accueil. Depuis que nous avons mis en place des registres appelés «Smr» (Soins maternels respectueux), nous avons constaté qu’il y a des progrès. Ces registres permettent d’évaluer le niveau de satisfaction des clients et de recenser les raisons qui des insatisfactions. C’est ce qui nous aide à corriger certains comportements qui entachent l’offre de soins de qualité de l’Homel », affirme le Sg Olivier Bakpé.
Communication entre patientes et soignants
La communication entre les patientes et les sages-femmes ou les aides-soignantes n’est pas toujours courtoise. « A l’Homel, nous avons une nouvelle approche qu’on appelle «Humanisation des soins». Cette approche commence dès la consultation prénatale où nous sensibilisons les patientes et leurs maris sur tout ce qui les attend dans le processus de la grossesse. C’est une approche promue par le Réseau des soignants, amis des patients », indique le Sg du Synaess. Selon lui, les incompréhensions qui subsistent avec les usagers sont justement dus à la communication. « L’accouchement sans risque, c’est l’accouchement humanisé. Et, dans l’accouchement humanisé, la communication joue un rôle important. Il s’agit de se mettre à la place du patient pour le traiter, de lui communiquer ses droits parmi lesquels la communication. C’est pourquoi ces droits sont communiqués aux patients avant le traitement. Ainsi, ils connaissent leurs prérogatives. C’est la démocratie sanitaire », explique-t-il.
Mais par moments, ce sont les patientes qui restent fermées à la communication. « Ce sont les comportements des patients qui amènent parfois les aides-soignantes à avoir des écarts. Je prends l’exemple d’une femme en travail que tu veux aider à accoucher. Tu demandes à faire le toucher vaginal pour voir le niveau d’évolution, mais elle refuse qu’on la touche. Vous voulez la toucher et elle vous griffe ou vous agresse. Or, il faut bien que tu fasses ton travail, parce que tu as à sauver la maman et aussi l’enfant. Quand tu parles avec douceur et elle ne comprend toujours pas, tu es parfois obligée de parler avec insistance. Et c’est là que surviennent les mésententes. Voyez ! J’ai même gardé une marque de blessure d’une patiente sur mon bras », illustre l’aide-soignante, Laurencia Ayéna.
L’Homel débordé suite à la fermeture de plusieurs cliniques
Depuis la prise de mesures gouvernementales pour la régulation de l’exercice en clientèle privée avec pour corollaire la fermeture de plusieurs centres illégaux, le Chu-Mel connait une plus forte demande. « Dans certains services comme celui de la consultation prénatale, on assiste souvent à des refus d’admission qui n’incombent pas forcément au personnel.
L’Homel avait déjà un manque de personnel, mais avec la fermeture des cliniques installées de façon anarchique, nous avons plus d’affluence. Imaginez que par jour, trois sages-femmes doivent accueillir plus de 60 patientes ! », explique le Sg du Synaess qui invite le gouvernement à mettre à la disposition du Chu-Mel, du personnel pour pallier ce problème. Encore que, précise-t-il, il se pose un problème de places dû en partie aux réfections. « C’est un problème très important. Il y a vraiment un manque de places. Vous allez à la pédiatrie et vous pouvez trouver deux enfants sur le même lit, or les deux enfants ne souffrent pas de la même maladie. Il y a là des risques de complication pour ces enfants. Tant que la maison est en chantier, ça aura de répercussions sur la disponibilité de lits. Et, depuis que les cliniques privées ont été fermées, c’est devenu un problème plus sérieux... Nous avons le devoir d’accueillir tous les patients, mais voilà qu’il se pose un problème de places », informe Olivier
Bakpé. Il exhorte donc les usagers à comprendre que les référencements vers le Cnhu sont souvent dus au manque de places et de personnel et non à des caprices. Des problèmes qui seront certainement résolus à la fin des travaux de réfection et avec la mise à disposition de personnel.
Par Désiré GBODOUGBE & Anselme Pascal AGUEHOUNDE
Santé 16 janv. 2019

Le président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou, a reçu hier à son cabinet, le ministre d’Etat chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané. Une rencontre de prise de contact, mais tout aussi technique.
« Satisfaction de part et d’autre de la qualité des relations entre le gouvernement et la Cour constitutionnelle sur tous les plans ». C’est sur cette note que s’est soldé le tête-à-tête entre le ministre d’État chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané et le président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou. Avec tact et réserve, le ministre d’État Abdoulaye Bio Tchané aborde les grandes lignes de sa rencontre avec le professeur Joseph Djogbénou. « C’était pour moi, une opportunité d’échanger avec lui sur la collaboration que nous avons, collaboration entre le gouvernement et la Cour sur plusieurs plans. J’ai pu noter avec satisfaction que le président de la Cour est aussi content de cette collaboration. Nous avons discuté aussi des échéances qui viennent, des textes qui ont été votés par l’Assemblée nationale et qui sont en train d’être appliqués », a indiqué le ministre Abdoulaye Bio Tchané sans tout autre détail sur la question des législatives. Par ailleurs, les deux personnalités ont discuté de la réhabilitation du siège provisoire de la Cour constitutionnelle se trouvant à Ganhi. « C’est un point sur lequel j’ai noté également la satisfaction du président de la Cour. Le chantier est en exécution. Le reste ne dépend pas en tant que tel du gouvernement. Puisque le gouvernement n’a, en tant que tel, qu’une obligation de moyens ; de mettre les moyens à la disposition de la Cour. Et c’est ce qui a été fait. Pour l’essentiel, le chantier se déroule assez bien... », confie le ministre d’État.
Il est à noter que, depuis son départ du gouvernement et sa prise de fonction au titre de président de la Cour constitutionnelle, c’est la première fois que le professeur Joseph Djogbénou échange officiellement avec le ministre d’État chargé du Plan et du Développement Abdoulaye Bio Tchané. « Je suis venu pour le saluer. C’est la première fois que je le rencontre dans ses nouvelles fonctions », confirme le ministre Abdoulaye Bio Tchané.

Les palétuviers sont sous menace de destruction dans la commune de Grand-Popo. A l’origine de cet acte en contradiction avec la réglementation en vigueur et la décision du Conseil des ministres du 26 octobre 2016, un promoteur hôtelier qui a entrepris des travaux de construction au bord du fleuve à Louis-Condji dans l’arrondissement d’Agoué, selon nos sources. Les populations riveraines n'ont constaté les dégâts que plus tard.
Les travaux de construction d’un hôtel à Louis-Condji, à Agoué, ont amené le promoteur à entreprendre la destruction d’une forêt de mangroves au bord du fleuve Mono qui sépare le Bénin de Kouvidonou, une localité du Togo. Cette espèce protégée par les textes, pour son utilité dans l’équilibre de l’environnement, a été abattue sur cent cinquante mètres de long et dix mètres de large. C’est le point de la destruction des palétuviers fait par un agent des Eaux, Forêts et Chasse, en service à Grand-Popo, il y a quelques semaines selon nos sources. Alerté, le maire de la commune de Grand-Popo a fait arrêter les travaux, mais depuis lors, la situation n’a pas évolué selon un agent en service à la mairie. Il est à noter que cette coupe de palétuviers a été réalisée en contradiction avec la décision du Conseil des ministres en date du 26 octobre 2016. Au titre des mesures d’interdiction de la destruction des palétuviers dans les écosystèmes humides et d’abattage des cocotiers dans la zone du littoral, le conseil a fait constater que la préservation des écosystèmes fait partie intégrante de la protection de l’environnement, du développement durable et de la promotion de l’écotourisme. Selon le relevé du même Conseil des ministres, une évaluation de l'état de certains écosystèmes au Bénin a révélé une dégradation avancée et une destruction des mangroves et des espèces qui y sont abritées.
A l’origine, l'exploitation incontrôlée du bois, l'érosion des berges des cours d'eau et l'urbanisation. « La dégradation des mangroves empêche la régulation et la stabilisation de l’environnement par l'absence du rôle tampon que ces dernières jouent à travers les bilans hydrique, nutritif, et de stabilisation du climat, etc.», a précisé le relevé du Conseil des ministres. Outre cet aspect important, la décision du gouvernement se fonde aussi sur le fait que les palétuviers ont une fonction de puits de carbone qui régresse, parce qu'il a été prouvé que cet écosystème fragile est celui qui capture le plus de carbone net, estimé à 100 kg par hectare par jour. « Au regard de cette situation préjudiciable pour la préservation de nos écosystèmes fragiles et le développement de l’écotourisme balnéaire, un des programmes phares du Programme d’action du gouvernement, le Conseil des ministres a réitéré l'interdiction de la destruction des palétuviers dans les écosystèmes humides et l'abattage des cocotiers dans la zone littorale », a précisé Pascal Koupaki, ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence dans un point de presse.
Dans la même perspective, le gouvernement a instruit le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale et celui du Cadre de Vie et du Développement durable aux fins d'accompagner les actions des préfets et des maires des zones concernées dans la sensibilisation de leurs populations contre la destruction anarchique des palétuviers dans les zones humides et l’abattage sauvage des cocotiers dans la zone littorale du Bénin. Le ministre du Cadre de vie et du Développement durable a été également instruit à l'effet de prendre toutes les dispositions nécessaires en vue d'étendre le « Projet de restauration du site RAMSAR 1017», développé avec la Fao, et couvrant les communes d'Abomey-Calavi, Ouidah, Kpomassé, Comè, Bopa et Grand Popo. Ce projet concerne notamment la mise en terre des plants forestiers à croissance rapide pour constituer une source d'énergie alternative pour les populations, afin de les détourner de la coupe des palétuviers et des cocotiers. Il vise également la restauration des mangroves par la plantation intensive de palétuviers. Du côté du gouvernement, toutes les dispositions sont donc prises pour protéger l’environnement, mais des citoyens font preuve d’une résistance qui le compromet.

Le rapport 2018 de l'Economist Intelligence Unit (Eiu) sur la démocratie dans le monde vient d’être publié. Prenant en compte 50 pays d'Afrique, le nouveau rapport intitulé « Me too ? » fait un état des lieux de la démocratie à travers le continent. 12e il y a deux ans, le Bénin y pointe à la 10e place.
La démocratie béninoise est passée de la douzième place à la dixième place au plan africain, avec une note de 5,74. Ce sont les résultats du rapport 2018 de l'Economist Intelligence Unit (Eiu) sur la démocratie dans le monde qui vient d’être publié. D'après l'étude, on note une amélioration du score moyen régional de l'indice de démocratie qui est passé à 4,36 en 2018 contre 4,35 en 2017.
L’amélioration de ce score moyen régional qui reste en dessous de la moyenne mondiale (5,48) cache une difficulté des pays du continent à adopter une orientation résolument démocratique. Ainsi l'étude indique que l'état de la démocratie en Afrique est resté moyenne au fil des ans.
En Afrique subsaharienne, seuls 12 des 44 pays pris en compte par l'étude ont enregistré une amélioration de leur score global tandis que neuf se sont détériorés et environ la moitié stagne.
En Afrique du Nord, le Maroc a enregistré une légère hausse de son indice de démocratie, tandis que la Tunisie réalise la plus grosse performance, demeurant toutefois dans la catégorie des « démocraties imparfaites ». En Afrique, seule l’Île Maurice figure dans la catégorie des «pleines démocraties».
L'Indice de la démocratie de l'Economist Intelligence Unit donne, depuis 2006, un aperçu de l'état de la démocratie dans le monde entier pour 165 Etats indépendants et deux territoires. Pour ce faire, il se base sur cinq familles de critères à savoir : le processus électoral et le pluralisme; les libertés civiles; le fonctionnement du gouvernement; la participation politique et la culture politique. Ceux-ci permettent de classer les pays selon quatre types de régimes à savoir «pleine démocratie», «démocratie imparfaite», «régime hybride» et «régime autoritaire».

La 7e édition de la Rencontre des belles images africaines à Parakou (ReBi@P) placée sous le thème « Femme et démocratie en terre béninoise» relève désormais du passé. A l’heure du bilan, son promoteur, Erick Nougloï, espère voir les femmes considérées autrement.
A quelques jours de l’élection des membres de la 8e législature de l’Assemblée nationale du Bénin, le thème « Femme et démocratie en terre béninoise » sous lequel la 7e édition des ReBi@P a été organisée, est plus que d’actualité. L’instant des quelques jours qu’a duré le festival à Parakou a été l’occasion pour leur rendre un vibrant hommage.
L'objectif, a expliqué le délégué du festival, Eric Nougloï, est d’amener les femmes à s’impliquer massivement dans le processus démocratique en cours au Bénin. « Pour jouer notre partition, nous avons voulu, au niveau du 7e art, leur faire un clin d’œil», a-t-il indiqué. «J’avoue qu’elles y ont fait un travail de fourmi. Je le dis au regard du nombre de prix ou de distinctions qu’elles ont remportés », se défend Eric Nougloï. Aussi, estime-t-il, que pour avoir beaucoup travaillé pour le développement du cinéma béninois, elles peuvent également être d’une grande contribution pour notre démocratie. Il suffit, insiste-t-il, de leur faire confiance.Ce serait, selon lui, une manière d’accélérer leur autonomisation afin qu’elles puissent apporter leur pierre à la construction de l’édifice national.
Faisant le bilan du festival qui s’est déroulé du 19 au 23 décembre dernier à Parakou, Eric Nougloï assure être sur la bonne voie. En dépit des difficultés auxquelles l’évènement a été confronté au cours de la présente édition, il ne regrette pas de l’avoir initié depuis plusieurs années. Faire rayonner le cinéma africain au Bénin, et plus précisément dans la cité des Kobourou, décentraliser les activités cinématographiques très concentrées au Sud vers le septentrion et permettre aux professionnels du cinéma d'aller à l'école de ces films projetés dans la sous-région, tels sont les principaux objectifs poursuivis.
L’histoire de Eric Nougloï avec le ReBi@P a commencé depuis le Burkina Faso. Il y a décidé en partenariat avec le Fespaco de prendre leurs meilleurs films et de les diffuser aux populations. En 7 ans de ReBi@P, c'est environ 400 films projetés, 50 pays participants et trois films à son actif.

L’Etat béninois, décidé à mener une lutte farouche contre la fraude et l’évasion fiscales, a opéré des réformes, mises en oeuvre à travers le ministère de l’Economie et des Finances, notamment la Direction générale des Impôts. Entre autres initiatives de modernisation des procédures fiscales, une nouvelle approche de maîtrise et de sécurisation de l’assiette fiscale instituée à travers le Code général des Impôts (CGI) 2018.
Cette nouvelle approche rend obligatoires les Machines électroniques certifiées de facturation. Toutes les entreprises assujetties à la Taxe sur valeur ajoutée (Tva), devront s'y soumettre, aux termes de l’article 256 du Code général des impôts.
Il s’agit, en l’occurrence, d’un système de facturation électronique que lesdites entreprises sont tenues d’utiliser pour délivrer à leurs clients des factures dites normalisées, pour toutes sortes de transactions. Lesdites factures normalisées sont régulièrement éditées et remises aux clients, peu importe le volume et la nature de la transaction. Il existe des avantages importants liés à une telle facturation.
Le premier est relatif aux entreprises elles-mêmes, car les contrôles fiscaux leur perdront moins de temps, les données fixant les impôts auxquels elles sont soumises étant dans la matrice, le data relié auxdites machines. Aussi, la facture électronique normalisée, en tant qu’outil de gestion et de contrôle interne, permet-elle de lutter contre la concurrence déloyale entre opérateurs économiques et contre la fraude, notamment sur la Tva. Ensuite, elle assure l’amélioration de la comptabilité de l’entreprise à travers la sécurisation des revenus issus de la vente, la gestion optimale des stocks des marchandises, la facilitation de la tenue de la comptabilité, etc. De même, toutes les entreprises assujetties à la Tva la prélèveront désormais et la reverseront intégralement et périodiquement à la Direction générale des Impôts. Ce qui induit un renforcement de la capacité de maîtrise de l’assiette fiscale, car l’Etat va ainsi pouvoir recouvrer la Tva payée par les contribuables lors des achats qu’ils effectuent. C’est important, par ces temps plutôt difficiles de mobilisation de ressources par l’Etat pour répondre à la demande sociale, réaliser des œuvres de développement et confortatives pour le bien-être de tous.
Pour l’heure, deux types de machines sont installés dans les entreprises. A celles qui disposent d’un système de facturation électronique, correspondent les Unités de facturation. Quant aux entreprises faisant usage déjà d’un système de facturation, elles peuvent utiliser les Modules de contrôle de facturation. Lesdites Machines électroniques certifiées de facturation, en usage aux caisses des commerces et autres entreprises, délivrent simultanément les factures normalisées à chaque opération de vente.
Gare aux sanctions !
Après la phase pilote en 2018, on tend vers la généralisation du mécanisme en 2019, car de grandes enseignes y souscrivent de plus en plus, et de bon cœur.
A cette fin, l’application rigoureuse des mesures coercitives prévues par les textes est envisagée pour garantir le succès de la réforme, conformément au Code général des Impôts, gestion 2018, qui sanctionne les cas de non utilisation ou d’utilisation frauduleuse des machines. Ces machines étant contrôlées par un système centralisé doté d’un tableau de bord, via un système web de gestion des machines électroniques de facturation (Sygmef) qui permet de suivre en temps réel toutes les transactions opérées par les entreprises qui utilisent l’un ou l’autre des deux types de machines. C’est presque un devoir civique désormais d’exiger la facture électronique normalisée, afin de s’assurer que sa contribution, via des achats, à l’action publique, n’est pas vaine mais qu’elle est effectivement reversée dans les caisses de l’Etat.

Les députés ont démarré, ce mardi 15 janvier, l’examen de la proposition de loi portant Code pétrolier en République du Bénin. Ce texte viendra abroger la loi n°2006-18 du 17 octobre 2006 portant Code pétrolier en République du Bénin pour une législation plus adéquate dans le secteur dans notre pays.
Le Bénin disposera très bientôt d’un nouveau Code pétrolier. L’examen de la proposition de loi a démarré ce mardi à l’hémicycle. Le texte est initié par le député André Okounlola. Il vise, entre autres, le renforcement de la maîtrise de l’Etat sur son patrimoine pétrolier et la clarification du cadre contractuel des opérations pétrolières ; l’adoption de mesures destinées à faciliter et à rationaliser l’accès aux blocs pétroliers ; l’amélioration de la gouvernance du secteur à travers la mise en place d’un cadre institutionnel clair et l’adoption de mesures destinées à promouvoir les activités de recherche et d’exploitation pétrolières. La proposition de loi en examen entend également favoriser l’assouplissement des conditions de passage en phase d’exploitation des blocs pétroliers en cas de découverte ; l’amélioration du contenu local des opérations pétrolières et la mise en place d’un dispositif économique et fiscal équilibré. Autrement dit, l’adoption de ce texte offre une grande attractivité aux pétroliers puisqu’elle améliore les conditions d’accès aux blocs ; protège les intérêts patrimoniaux de l’Etat en décourageant les activités spéculatives sur les blocs pétroliers ; améliore le contenu local des opérations pétrolières.
La proposition de loi est composée de 170 articles regroupés en neuf titres relatifs notamment aux dispositions générales et aux personnes habilitées à entreprendre des opérations pétrolières ; au cadre institutionnel comprenant le ministère en charge des Hydrocarbures et l’opérateur national; aux dispositions communes aux opérations pétrolières relatives à l’occupation des terrains nécessaires à la réalisation des opérations pétrolières et des opérations de transport et de stockage; à la prospection, la recherche, l’exploitation, le transport et le stockage des hydrocarbures; aux contrats pétroliers ; au régime fiscal, douanier et de change des opérations pétrolières; aux dispositions administratives et financières relatives aux ristournes et répartition des recettes pétrolières d’une part ; et à la surveillance administrative, technique et au contrôle financier d’autre part et enfin aux infractions, sanctions et règlement des différends. En raison du caractère technique de la proposition, un atelier d’imprégnation avait été organisé au profit des députés à Dassa-Zoumè en décembre 2018. Ce qui devrait leur permettre d’examiner et d’adopter en toute connaissance de cause cette proposition de loi. Les travaux ont été suspendus ce mardi sur le deuxième titre du texte. Les députés poursuivent demain jeudi l'examen de cette loi dont l'utilité n’est plus à démontrer d’autant que le secteur pétrolier est un domaine pourvoyeur de ressources capables d’impulser le développement du Bénin. Mais faudrait-il qu’il y ait un cadre législatif adéquat. Le gouvernement l’a si bien compris qu’il a adopté en 2006, la loi n°2006-18 du 17 octobre 2006 portant Code pétrolier en République du Bénin, informe la commission des lois qui a étudié et présenté le dossier. Seulement, suite à l’adoption de cette loi, divers contrats ont été signés entre 2006 et 2014, mais n’ont toutefois, pas permis de densifier les activités de recherche et d’exploitation pétrolières au Bénin. Lequel continue de naviguer entre espoir et désespoir en ce qui concerne le pétrole avec des annonces non suivies d’effets. La nouvelle loi veut inverser la tendance à cause surtout de la conjoncture internationale favorable dans le secteur pétrolier, renseigne la commission des lois présidée par l’honorable Alexis Agbélessessi. Ce qui sera fait à la grande satisfaction du gouvernement qui était représenté aux travaux ce mardi par le ministre chargé des Mines, Samou Adambi. Ce dernier applaudit l’avènement de ce texte qui s’inscrirait dans la vision du gouvernement, celle de diagnostiquer les maux dont souffre le secteur afin d’y apporter des réponses idoines pour une bonne exploitation des gisements pétroliers du Bénin.