La Nation Bénin...
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L’on a souvent reproché au chef de l’Etat d’être succinct sur les questions sociales ou d’accorder peu de place à ce volet. Erreur ! Patrice Talon est bien conscient des défis à relever dans ce domaine. Son message de vœux du nouvel an sonne la mobilisation de toutes les énergies au profit du secteur.
2019 va se revêtir d'un cachet hautement social. Elle sera l’année de grands chantiers sociaux. C’est du moins ce qui se dégage du message de vœux du chef de l’Etat, à l’occasion du nouvel an. Au cours de l’exercice, le président de la République a reprécisé les grandes actions qui marqueront le secteur au cours de cette année. Un message qui redonne de l’espoir à ceux qui doutent de son engagement social.
Patrice Talon est convaincu que la politique, l’économie, la santé ou encore le sport et la culture reposent avant tout sur le social. Il exhorte à cet effet tous les citoyens à l’élan du développement du Bénin en vue de la concrétisation des ambitions.
« Votre contribution à l’œuvre de construction de notre pays, pour aujourd’hui et pour demain, nécessite que vous soyez davantage en confiance et en bonne santé, mus par la certitude que les fruits de vos efforts vous sont redistribués », exhorte-t-il, avant de justifier le montant réservé au secteur pour le compte de 2019. « C’est ce qui justifie l’option résolument sociale du budget général de l’Etat exercice 2019, avec près de quatre cent trente milliards de francs Cfa destinés aux investissements sociaux ».
Ces ressources consacrent une large part à la gent féminine et à la couche juvénile. « Cette option volontariste vise principalement à favoriser les couches les plus vulnérables, en particulier les femmes et les jeunes, et à renforcer les capacités pour le développement harmonieux de notre pays », souligne le président de la République.
Cette attention portée au secteur social, selon le chef de l’Etat, est bien singulière. Elle prend en compte plusieurs dimensions. « Avec une telle part sociale, largement au-dessus de celles consenties ces dernières années, les actions prévues au profit de l’éducation, de l’emploi, de la santé et de l’amélioration de conditions de vie des fonctionnaires et personnels assimilés, ne manqueront pas d’être visibles », se convainc-t-il. Au nombre des actions, le président évoque le paiement intégral de ces rappels découlant de la revalorisation du point indiciaire au titre des années 2011 et 2012. Une mesure destinée à soulager les retraités. « Cette mesure impactera également les conditions de vie de vingt-trois mille retraités », soutient le chef de l’Etat, convaincu que les différentes mesures sociales envisagées permettront d’atteindre les objectifs assignés au secteur et d’apaiser les sceptiques. «Il ne fait l’ombre d’aucun doute que des réponses sociales pertinentes seront apportées à de nombreuses préoccupations au cours de la nouvelle année, parce que nos actions de redressement de l’économie nationale et de la gouvernance seront davantage couronnées de réussite », assure Patrice Talon.
Pour que les fruits de 2019 tiennent pleinement la promesse des fleurs, le chef de l’Etat indique qu’il faut une nouvelle dynamique au travail.
« Je souhaite à toutes et à tous plus de talent, de dévouement, de labeur, de persévérance et donc plus de succès, afin que nos conditions de vie individuelles et collectives s’améliorent davantage en 2019 », conclut-il.

La détonation d’un pétard professionnel a fait passer, le vendredi 28 décembre dernier, de vie à trépas un bébé de trois mois dans le village de Hêvié Sogan dans la commune d’Abomey-Calavi, a témoigné avec beaucoup de peine, le père du nourrisson décédé.
Le pétard endeuille une famille dans la période des fêtes de fin d’année à Hêvié. Un bébé de sexe féminin, d’à peine trois mois, s’est évanoui après l’explosion d’un pétard avant de perdre la vie sur le chemin de l’hôpital. Selon le père éploré, ce ne sont pas les enfants de la maison qui ont allumé l’explosif, mais un adulte, précisément, le frère aîné de son propriétaire. Selon lui, l’auteur de la détonation du pétard aurait reconnu avoir allumé un pétard professionnel. Mais la mort dans l’âme, il s’est résigné en renonçant à toute action de poursuite de l’auteur du drame pour des raisons de bon voisinage.
En dehors du bébé de trois mois, d’autres victimes ont été enregistrées. C’est le cas d’une dame vivant à Calavi qui a également connu un malaise dans la nuit du 1er janvier après les détonations intempestives des pétards. Avant de se sentir mieux, les siens ont dû l’amener à l’hôpital. A Cotonou, au quartier Vèdoko, un père de famille, un octogénaire, a été contraint d’abandonner sa chambre à coucher proche du concert des pétards pour se mettre à l’abri au salon avant de pouvoir retrouver un tant soit peu la quiétude.
Toujours à Cotonou, un jeune comptable ayant quitté le service tard, ce 31 décembre, et d’autres usagers de la route ont subi l’assaut des pétards lancés à leur passage sur le traonçon Fidjrossè-Agla quand minuit a sonné. Pris de panique, ils ont failli perdre le contrôle de leurs voitures ou de leurs motos. « Les pétards lancés sur la chaussée nous ont frôlé la tête », témoigne le jeune comptable.
Malgré l’interdiction de la commercialisation et de l’utilisation des explosifs au Bénin, certains citoyens continuent de faire usage des pétards. Selon eux, ces détonations de pétards donnent du piquant aux fêtes, surtout quand il faut faire la transition d’une année à une autre. A les entendre, le passage d’une année à une autre serait fade s’il n’y avait pas de pétards.
Des observateurs dénoncent un laxisme qui encourage l’insécurité pendant les périodes de fête. Ces atermoiements à maintenir la répression encouragent l’utilisation des pétards au mépris de la vie humaine si précieuse. A la manière de la lutte contre la pollution par les forces de l’ordre, ils auraient souhaité que les auteurs d’explosion de pétards soient poursuivis devant la justice.
Il urge de prendre des mesures subséquentes pour offrir plus de quiétude aux populations pendant les périodes de fêtes.

Après avoir prêté serment devant la Cour constitutionnelle, les onze membres de la Commission béninoise des Droits de l’Homme (Cbdh) ont officiellement été installés, hier par le ministre de la Justice et de la Législation, Séverin Quenum. Lors de cette cérémonie qui s'est tenue au Centre de documentation et d'information juridique de la Cour d'appel de Cotonou, le ministre a rappelé aux commissaires leur mission et les attentes de la nation.
« Respecter les droits de l'homme, les protéger et les mettre en œuvre », ce sont les trois obligations de l'État en matière de Droits de l'Homme. Des obligations que la Commission béninoise des Droits de l'Homme devra contribuer à remplir, à en croire le ministre de la Justice et de la Législation, Séverin Quenum. Cette mission, avertit le ministre, exigera de chacun des membres un profond sens de responsabilité, d'éthique et d'impartialité. « La Cbdh devra jouer un rôle de conseil auprès du gouvernement, un rôle de protecteur pour aider les personnes victimes à ester en justice et un rôle d'éducateur des populations pour sensibiliser au respect des Droits de l'Homme », ajoute-t-il, lors de l'installation officielle des onze membres de la Cbdh. Se réjouissant de la mise en place de cette commission, le ministre Séverin Quenum rappelle que le Bénin fait partie des pionniers dans cette initiative qui se concrétise enfin. Il indique que c'est en 2013 que le Législateur, à travers la loi N°2012-36 du 15 février 2013 portant création de la Commission béninoise des Droits de l’Homme, a créé la Cbdh qui, à présent, est portée sur les fonts baptismaux. « Cette commission est un instrument perçu par les Nations Unies comme le véritable vecteur de la protection des Droits de l'Homme », insiste-t-il. Après avoir reconnu et encouragé l'accompagnement constant des partenaires internationaux dans la défense des Droits de l'Homme, il confie une mission aux membres de la Cbdh : celle de travailler à faire passer le Bénin de la note C à la note A attribuée aux pays qui respectent pleinement les dix principes des Droits de l'Homme.
Des hommes et femmes engagés
La cérémonie a été l'occasion de présenter à nouveau les onze membres de la Cbdh et d'exposer leur attachement légendaire au respect des Droits de l'Homme. Il s'agit, pour rappel, de Pierre Ahiffon, expert en Droit de l'Homme qui siège au titre de représentant des magistrats, Me Hippolyte Yèdè qui siège au titre de représentant des avocats, Dr Éric Kiki Migan qui siège au titre de représentant des médecins, He Rosine Dagniho et He Jean-Marie Allagbé qui représentent les députés, l'ancien directeur de Amnesty International Isidore Clément Capo-Chichi qui siège au titre des Ong de protection des Droits de l’Homme, Sidikatou Adamon Houélété qui siège au titre des Associations féminines de défense des Droits de la femme, Me Alexandrine Saïzonou Bèdiè, présidente de l'Association des femmes avocates du Bénin, engagée dans la promotion des droits de l'enfant qui siège au titre des Ong de protection des droits de l’enfant ; le secrétaire général de la Centrale des syndicats unis du Bénin, Christophe Houessionon au titre de représentant des Centrales syndicales, du juriste fiscaliste Serge Prince-
Agbodjan, président de la Coalition de défense des Droits de l'Homme, activiste sur les questions de droits de l'homme au titre du Patronat, Emérico Pichy Sonagnon A. Adjovi, professionnel des médias qui représente les Journalistes.
S'exprimant au nom de ses pairs, le commissaire Christophe Houessionon a d'une part salué le gouvernement pour la confiance placée en chacun des membres de la Cbdh et d'autre part réaffirmé l'engagement de la Cbdh à remplir sa mission. « Quatre dates resteront gravées dans la mémoire des commissaires de la Cbdh notamment le 28 novembre 2018, date de la prise du décret de nomination des membres de la Cbdh, le 3 décembre 2018, date de l'organisation d'un atelier de renforcement au profit des membres nommés, le 28 décembre 2018, date de la prestation de serment des membres de la Cbdh devant la Cour constitutionnelle et le 3 janvier 2018, date de l'installation officielle des membres de la Cbdh », confie-t-il avant d'exhorter les gouvernants à mettre à leur disposition les outils indispensables pour la réalisation des missions de la Cbdh A la suite de leur installation, les membres de la Cbdh ont procédé à l’élection des membres du bureau exécutif. Un vote à l’issue duquel Isidore Clément Capo-Chichi a été élu président.

Les pensionnés du Fonds national des retraites du Bénin, bénéficiaires du coefficient de revalorisation des indices de traitement des Agents de l’Etat, pourront toucher dès ce mois de janvier les rappels de l’année 2011, puis en mars prochain les rappels de l’année 2012.
C’est la bonne nouvelle que le ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, vient d’acter à l’attention des ayants droit, traduisant un engagement du chef de l’Etat. Engagement pris par le président Patrice Talon devant les responsables syndicaux et réitéré par ses soins lors de ses vœux à la nation en fin d’année 2018. Comme cadeau du Nouvel an, on ne saurait mieux !
Faisant valoir en effet que la contribution de ses compatriotes «…à l’œuvre de construction de notre pays, pour aujourd’hui et pour demain, nécessite…» que ceux-ci soient « davantage en confiance et en bonne santé », et « mus par la certitude que les fruits » de leurs efforts leur « sont redistribués », le président Talon a souligné, lors de ses vœux de fin d'année 2018 que « C’est ce qui justifie l’option résolument sociale du budget général de l’État exercice 2019, avec près de 430 milliards de Fcfa destinés aux investissements sociaux ». Aussi, ajoute-t-il, « Avec une telle part sociale largement au-dessus de celles consenties ces dernières années, les actions prévues au profit de l’éducation, de l’emploi, de la santé et de l’amélioration des conditions de vie des fonctionnaires et personnels assimilés, ne manqueront pas d’être visibles ». Mais le détail relatif au social, le plus important reste son affirmation faisant savoir qu’il « …ne fait l’ombre d’aucun doute que des réponses sociales pertinentes seront apportées à de nombreuses préoccupations au cours de la nouvelle année», en raison de ce que, dit-il, «…nos actions de redressement de l’économie nationale et de la gouvernance seront davantage couronnées de réussite ».
Maxi social
Cette maximisation de l’action sociale, il en a donné le ton, car a-t-il dit, « Ce sera, entre autres, le paiement intégral des rappels découlant de la revalorisation du point indiciaire au titre des années 2011 et 2012», conscient de ce qu’il s’agit d’une « …mesure qui impactera également les conditions de vie de 23 000 retraités ». Chose promise, chose aussitôt faite, car les dispositions prises pour le payement effectif de ces rappels viennent d’être portées à l’attention des bénéficiaires (lire communiqué ci-dessous) qui doivent se pincer pour croire d’avoir reçu la visite de Papa Noël, même après Noël ! Cela, d’autant plus qu’il s’agit d’un bonus qu’ils vont toucher. Générés par le régime précédent qui n’a pu les payer aux pensionnés jusqu’à présent, et faisant l’objet récurrent des revendications des organisations syndicales, avec le payement de ces rappels, on peut dire comme l’autre « voilà une chose de réglé ! », un acte symptomatique de l’engagement pris par le chef de l’Etat d’édifier sur le front social cette année.
Actualités 04 janv. 2019

Comme ce fut le cas l’année dernière, certains articles et matériels bénéficieront, courant 2019 au Bénin, de l’exonération de tous droits et taxes de douane et de la taxe sur valeur ajoutée avec quelques réserves. La loi N°2018-39 du 28 décembre 2018 portant loi de finances pour la gestion 2019 reconduit certaines mesures fiscales appliquées en 2018.
« Nonobstant les dispositions des articles 2,4, 5 et 6 du Code des douanes et de l’article 224 nouveau du Code général des impôts, le matériel informatique, y compris les logiciels, les imprimantes, les parties et pièces détachées, même présentés isolément, est exonéré de tous droits et taxes de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée à l’exception du prélèvement communautaire de solidarité (Pcs), du prélèvement communautaire (Pc), de la taxe statistique (T.stat), du timbre douanier (Td), de la redevance d’aménagement urbain (Rau), du prélèvement de solidarité (Ps) et de la taxe de voirie (Tv) durant la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2019 ». Ainsi dispose la loi N°2018-39 du 28 décembre 2018 portant loi de finances pour la gestion 2019, en son article 2 au titre des mesures reconduites. Le maintien de cette mesure qui facilite la commercialisation et l’expansion du matériel informatique au Bénin cadre avec l’ambition du gouvernement de faire du Bénin une plateforme numérique. Sont toutefois exclus de ce régime d’exonération les consommables informatiques de même que l’onduleur (matériel électrique), qui restent assujettis aux droits et taxes en vigueur.
Outre le matériel informatique, quelques engins et articles sont également soumis à ce régime d’exonération avec les mêmes réserves. Il s’agit notamment des véhicules neufs à quatre roues importés, fabriqués ou vendus à l’état neuf en République du Bénin et destinés à la mise en place d’une flotte de taxis dans les grandes villes du Bénin (sont exclus les véhicules de grosses cylindrées et les véhicules utilitaires) ; des autobus, des autocars et des minibus de toutes catégories, importés, fabriqués ou vendus à l’état neuf en République du Bénin et destinés au transport en commun; des camions neufs, importés, fabriqués ou vendus à l’état neuf en République du Bénin; des aéronefs et des aérostats ainsi que de leurs pièces de rechange. Une facilité maintenue au profit des promoteurs d’agence de transport faisant usage de véhicules neufs importés, fabriqués ou vendus à l’état neuf en République du Bénin. A cela s’ajoutent les récipients pour gaz comprimés ou liquéfiés, en fonte, fer ou acier et les accessoires (brûleurs, supports marmites pour les bouteilles de 3 et 6 kg, tuyaux, raccords, détendeurs, réchaud à gaz sans four et robinets détendeurs) pour gaz domestique, importés, fabriqués ou vendus en République du Bénin; qui bénéficient du même régime d’exonération.

Un nouveau projet pour porter le théâtre en direction des scolaires et faire d’eux des acteurs de l’éducation civique dans la ville de Cotonou. L’initiative émane de l’acteur culturel Sébastien Davo qui entend par ailleurs assurer une relève de qualité au théâtre.
Une pièce de théâtre sur le harcèlement sexuel en milieu scolaire, joué et mis en scène par des élèves du collège d’enseignement général de Houéyiho et leurs pairs d’autres établissements privés de Cotonou. Elle est mise en scène par Odjo Isaac Adonon, sous la supervision du formateur Barnabé Ayosso et du coordonnateur du projet, Sébastien Davo. Elle dénonce un fait de société qui constitue un frein au développement du pays. C’est donc pour dénoncer le phénomène et sensibiliser leurs camarades que les bénéficiaires du projet, Bill Rhétice, dans le rôle de Grâce, Abel Agbadjigan dans le rôle du professeur, Vanessa Méya dans le rôle de Sandra, Christelle Tonoukouin dans le rôle d’Akwa, leur ont offert ce tableau riche en enseignements.
Des amateurs sur la planche qui rivalisaient de génie et d’imagination pour porter leurs différents rôles sous les ovations de leurs camarades et des responsables d’établissements scolaires. Une pépinière qui fera sans doute parler d’elle dans les années à venir au théâtre comme une relève qui a eu, très tôt, la chance de passer par le moule des professionnels. Pour le moment, seulement trois établissements sont concernés par cette initiative qui s’étendra sous peu à tous les établissements de la ville de Cotonou. Sous cet angle, c’est beaucoup plus le second volet du projet qui sera mis en exergue, explique Sébastien Davo, le concepteur. Le comédien et metteur en scène n’est pas seulement soucieux de la relève au théâtre. Il faut, selon lui, faire du théâtre un instrument de lutte contre l’incivisme dans la ville de Cotonou et dans toutes les autres villes du Bénin. Ce qui passera par la distraction via le théâtre, soutient-il.
A chaque étape du projet, les thématiques seront étudiées et choisies en fonction des besoins. Mais d’ores et déjà, Sébastien Davo se félicite des retombées de ce projet qui permet d’avoir aussi bien de jeunes comédiens que des metteurs en scène. Pour l’heure, l’aventure a été possible dans les trois collèges bénéficiaires grâce au Fonds des arts et de la Culture dont la direction a été le partenaire financier, explique Sébastien Davo.

Les Béninois, sans exception, pourront avoir une meilleure qualité d’image et de son sur leurs écrans de télévision avec l’accès à la télévision haute definition au plus tard la fin du premier semestre de l’année 2019, confie Patricia Codjia du comité de pilotage de la transition à la télévision numérique terrestre. A l’en croire, les travaux de réalisation de ce projet sont très avancés.
Pourquoi le Bénin doit-il passer de l’analogique au numérique ?
Patricia Codjia : Le passage de la radiodiffusion analogique à la radiodiffusion numérique est une recommandation de l’Uit (Union internationale des Télécommunications) qui s’impose à tous les pays membres de l’union. En effet, conformément aux décisions de la conférence régionale des 15 et 16 juin 2006 à Genève, le 17 juin 2015 était la date butoir fixée pour le passage de la radiodiffusion analogique à la radiodiffusion numérique en bandes IV et V. Comme presque tous les pays d’Afrique, le Bénin n’a pu répondre au rendez-vous.
Qu’est-ce qui va changer à l’avènement du numérique ?
Avec la séparation des métiers, les chaînes de télévision deviennent des éditeurs de services audiovisuels. La diffusion est assurée par un opérateur de diffusion. Il offre aux populations ou consommateurs plus de chaînes; une meilleure qualité d’image et de son avec accès à la télévision en haute définition ainsi qu’un accès aux services interactifs tels que la vidéo à la demande, le guide électronique des programmes, commandes et achats en ligne.
Quant à l’Etat, il lui permet la récupération des fréquences (le dividende numérique) en vue de leur réallocation pour d’autres services porteurs de développement et pourvoyeurs d’emplois: la téléphonie mobile, l’internet haut débit par exemple.
Depuis quand le Bénin a-t-il démarré cette transition de l’analogique au numérique ?
Le processus de migration a débuté au Bénin avec la création en 2013 de la Cnman (Commission nationale de la migration de l’analogique au numérique), rattachée au ministère de l’Economie numérique et de la Communication (Menc). Elle a été dissoute après trois années d’existence et remplacée par le Cptnt (Comité de pilotage de la transition à la télévision numérique terrestre), créé en novembre 2016 et rattaché au Cabinet civil du chef de l’Etat. La télévision numérique terrestre (Tnt) est le projet N° 21 des 45 projets phares du Pag 2016- 2021).
Quels sont les progrès réalisés en prélude au passage de l’analogique au numérique ?
Dès son installation en novembre 2016, le Cptnt, avec le partenaire technique Startimes a entrepris les travaux de construction de l’infrastructure technique de la télévision numérique terrestre. A ce jour, les travaux sont très avancés. Depuis janvier 2018, les installations réalisées sur les sites de Porto-Novo, Calavi, Cotonou, Gbéhoué permettent de couvrir la partie méridionale du pays, des frontières Est et Ouest, jusqu’à la hauteur d'Allada.
Quels sont les obstacles qui freinent le processus de la transition du Bénin de l’analogique au numérique ?
Plus aucun obstacle ne freine le processus au Bénin.
Le passage du Bénin de l’analogique au numérique sera-t-il une réalité?
La télévision numérique terrestre est déjà une réalité au Bénin. Nous sommes à la phase d’extension du réseau. Les populations pourraient recevoir la Tnt au cours du 1er semestre de l’année 2019
Quelles sont les perspectives pour ce projet ?
Une meilleure organisation des producteurs d’œuvres audiovisuelles et cinématographiques. Ils devront réaliser des productions locales de bonne facture afin de fournir des contenus audiovisuels pour alimenter les grilles de programmes des chaînes Tv et même pour des ventes et échanges à l’échelle internationale.
Propos recueillis par Ange Joël TOFFOUN
Société 03 janv. 2019

A l’hôtel de ville de Lokossa, mercredi 26 décembre dernier, les conseillers ont voté le budget primitif exercice 2019. Ce budget a recueilli 11 votes favorables sur 19 suffrages exprimés au cours de cette cinquième session extraordinaire. Ainsi, pour le fonctionnement de l’administration communale et les chantiers de développement au cours de l’année prochaine, le budget voté s’élève à 1.874.666.086 francs Cfa. Il se caractérise par un taux d’accroissement de 24,45% par rapport au budget 2018 qui est de 1.506.390541 francs Cfa.
Son vote a été possible grâce au soutien des chefs d’arrondissement de Houin et de Lokossa centre. Ils étaient du groupe des frondeurs qui rejetait toutes les initiatives soumises à la délibération du conseil. Le présent budget avait été rejeté aussi à la session budgétaire du 29 novembre dernier. A l’issue du vote favorable du mercredi 26 décembre dernier, Séverin Hounnou, chef de l’arrondissement de Lokossa-centre et Félix Sozèhouè de Houin justifient, tour à tour, leur nouvelle position par le souci de donner les moyens au maire pour conduire les chantiers de développement de la commune. « Puisqu’il (le maire) dit partout que c’est nous qui l’empêchons de travailler pour la ville, nous avons voulu, par ce vote, prouver à la population notre bonne foi », a expliqué Félix Sozèhouè. Soulagé par ce soutien des deux chefs d’arrondissement, le maire Pierre Awadji espère voir tout le reste des frondeurs déposer les armes. « Avant, on faisait des votes de 19 voix sur 19. J’en appelle au retour de cette bonne ambiance de travail au sein du conseil pour le développement de notre commune », souhaite Félix Awadji n
Désiré C. VIGAN A/R Mono-Couffo
Société 03 janv. 2019

Les éléments de la Police républicaine du commissariat frontalier de Police d’Owodé, dans la commune de Sèmè-Podji, n’ont plus de cadre de travail. Tous les bâtiments abritant le commissariat sont partis en fumée suite à un incendie occasionné par un camion chargé de produits pétroliers. Le véhicule a pris feu aux environs de trois heures du matin ce mardi 1er janvier, juste à hauteur du commissariat. Même si l'on ne déplore pas de pertes en vie humaine, le bilan du drame n’est pas non moins lourd.
En effet, en dehors des bâtiments partis en fumée, l’incendie a également emporté un important matériel de travail. Il s’agit notamment des ordinateurs et autres matériels informatiques, des tenues des policiers, des véhicules en fourrière, celui du commissaire ainsi que des motos. L’armurerie du commissariat, constituée d’une vingtaine d’armes, n’a pas non plus résisté aux flammes. Seulement, le conducteur du camion à la base de cet incendie est jusque-là introuvable. Il a pris la poudre d’escampette après le drame. Une enquête est ouverte pour tirer au clair les circonstances de la survenue de l’incendie et situer les responsabilités.
Aussitôt informé de la situation, le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy, et le directeur départemental de la Police républicaine de l’Ouémé, Gaudens Sègbo, sont descendus sur le terrain pour toucher du doigt l’ampleur des dégâts. L’autorité préfectorale a promis voir avec le conseil communal de Sèmè-Podji dans quelle mesure un nouveau domaine situé au bord de la voie bitumée Djrègbé-Dja-Owodé pourrait être mis à disposition pour la construction d’un nouveau commissariat. Mais dans l’urgence, un local sera provisoirement affecté pour servir de lieu de travail au personnel afin de lui permettre d'accomplir sans désemparer sa mission sécuritaire surtout en cette période de fin d’année au niveau de la frontière d’Owodé.
Th. C. N.

Six projets phares inscrits dans le Programme d’actions du gouvernement (Pag) visent à concrétiser la vision du chef de l’Etat de « Transformer le Bénin en une plateforme de services numériques de l’Afrique de l’Ouest, pour l’accélération de la croissance et l’inclusion sociale à l’horizon 2021 ». Des chantiers majeurs qui, depuis deux ans, donnent corps à l’ambition de révolutionner l’économie numérique.
Déploiement de l’internet haut débit et très haut débit sur l’ensemble du territoire, migration vers la télévision numérique terrestre (Tnt), mise en œuvre d’une administration intelligente (Smart gouv), généralisation de l’usage du E-Commerce, de l’usage du numérique dans le secteur de l’éducation et de la promotion du développement de contenus numériques. Tels sont les projets phares de l’économie numérique inscrits dans le Pag et qui, sans tambour ni trompette, se matérialisent et suscitent l’espoir de voir le Bénin franchir un nouveau cap dans sa marche résolue vers le développement.
Pour Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre de l’Economie numérique et de la Communication, en deux ans d’exécution du Pag, le gouvernement peut se targuer des acquis dans le secteur de l’Economie numérique, pour la plupart, perceptibles par les populations.
« L’un des premiers acquis, c’est le code du numérique que le président de la République a promulgué cette année 2018 qui est un arsenal juridique, le cadre législatif absolument innovant que le Bénin a mis en place. En deux ans, nous avons réhabilité le backbone, donc la dorsale nationale, installé des boucles métropolitaines dans les grandes agglomérations, mis en place des bretelles, et notre réseau est prêt à accueillir des investisseurs qui vont venir mettre le tout dernier kilomètre qui reste pour aller vers les citoyens », note, avec satisfaction la ministre. Par ailleurs, les avancées notées en ce qui concerne le volet de passage à la radiodiffusion numérique terrestre, sont porteuses d’espoir à ses dires. « Depuis deux ans, nous avons mis en place l’infrastructure de transmission. Aujourd’hui, la sousplate méridionale composée des quatre principaux sites de Porto-Novo, Abomey-
Calavi, Cotonou et Gbéhoué est déjà en service. D’ici à là, les autres sites à l’intérieur du pays seront fonctionnels », apprécie-t-elle. Tout en relevant les efforts faits par le gouvernement dans la mise en place du cadre institutionnel.
« Quatre agences s’occupent spécifiquement de la réalisation des projets phares du gouvernement en ce qui concerne l’économie numérique. Il s’agit de l’Agence pour le développement du numérique (Adn) qui se charge des infrastructures numériques de la connectivité ; de l’Agence de services et systèmes d’information (Assi) qui s’occupe de la mise en œuvre du programme phare de l’administration intelligente, l’Agence béninoise du service universel des communications et de la poste (Absu-cep) qui se charge de l’accès, notamment pour les zones rurales, au service numérique. Nous avons, enfin, l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information nouvellement créée », précise-t-elle.
De sérieux acquis
Les responsabilités ainsi situées et les missions définies, les choses sont allées bien vite. Plusieurs secteurs clés de l’économie numérique et de la communication sont impactés depuis lors et d’importantes réalisations ont été effectuées.
S’agissant du déploiement de l’internet haut débit et très haut débit sur l’ensemble du territoire, Serge Adjovi, directeur général de l’Agence de développement du numérique (Adn), structure en charge de la mise en place des infrastructures de télécommunications et des usages numériques, salue le niveau d’avancement des travaux. « Aujourd’hui, nous avons fini un projet qui permet de réhabiliter et de déployer 2.000 kilomètres de fibres. De Cotonou à Malanville et de Cotonou à Porga, avec un renforcement de l’accès à internet sur le grand Cotonou. Le déploiement de la fibre optique, sur le territoire national a démarré avant 2016 et s’est intensifié sous le régime de la rupture, avec la réhabilitation de notre backbone en fibre optique grâce au projet de développement des infrastructures de télécommunications et des Tic (Pdi2t) », confie-t-il, tout optimiste.
Pour Achille Guidja, ingénieur télécoms, chef du département Infrastructures à Bénin Télécoms Infrastructures, l’objectif principal de tout ceci reste l’interconnexion des 77 communes à travers le maillage des boucles de sécurisation pour permettre à ces communes d’avoir accès à l’internet haut débit.
« La fibre a traversé les communes du Nord, la grande transversale du Bénin en partant de Natitingou pour Kandi sur environ 300 kilomètres. Pour aller à Ségbana, nous avons opté pour la solution aérienne. Pareil pour Nikki et Ouaké. Il y a trois communes dans le Nord qui ont vu déployer la solution aérienne pour la connectivité haut débit. Au Sud, nous avons retenu Savalou qui est la seule commune où nous avons fait un déploiement aérien. Donc, à partir des armoires de rue vous pourrez désormais avoir la fibre chez vous. C’est ce que nous appelons Ftth, la fibre au domicile », éclaire-t-il.
Grâce au Pdi2t dont la première phase est arrivée à achèvement courant 2018, 2513 kilomètres de fibre optique au total ont été déployées en souterrain dont 1000 existants réhabilités pour interconnecter 47 communes dont 22 nouvellement impactées.
Au nord du Bénin et en aérien, 215 kilomètres de fibre ont été déployés à travers plusieurs communes.
Toutes les communes impactées (Pobè, Savalou, Ségbana, etc.) sont dotées de point de présence en fibre optique avec des équipements de dernière génération qui sont indépendants en alimentation électrique grâce aux panneaux solaires.
Le Pdi2t a permis la densification du réseau métropolitain du grand Nokoué (Sèmè-
Kpodji, Cotonou, Abomey-Calavi, Ouidah, Porto-Novo) par le déploiement de 186 kilomètres de fibre optique.
Afin d’apporter l’internet au plus près des personnes désireuses, des armoires de rues ont été installées dans plusieurs villes du Bénin comme Cotonou, Porto-Novo et Parakou.
L’ensemble du réseau national est sous contrôle et surveillé depuis Fidjrossè où se trouve le centre de supervision des infrastructures de Bénin Télécoms Infrastructures.
Ainsi, à partir du système de surveillance des infrastructures en place dans ce centre, les agents de surveillance peuvent connaitre l’état d’un équipement haut débit installé par exemple dans la commune de Missérété afin de gérer les éventuels problèmes qui surviendraient. Et tout ceci dans le but de satisfaire la clientèle en temps réel.
Pour répondre à certaines préoccupations des opérateurs GSM, une seconde tête de réseau a été installée sur le site de supervision des infrastructures à Fidjrossè pour la distribution.
Il est à signaler l’amélioration des capacités de transport qui sont passées de 2, 3 Giga à 40 Giga. Un taux de réalisation qui permet d’ouvrir aux opérateurs des télécommunications et aux fournisseurs d’accès internet des capacités inédites.
Des innovations que Robert Aouad, directeur général de Isocel Télécom, fournisseur d’accès internet installé au Bénin depuis 2008, apprécie à leur juste valeur.
« La connexion est de meilleure qualité aujourd’hui. Sur les réseaux sociaux, on a un accès facile. Les problèmes d’alors ont disparu. La qualité de la connexion a connu une nette amélioration. Les opérateurs Gsm ne se soucient pas des consommateurs. On n’aurait pas pu assister à un relèvement jusqu’à ce que l’Arcep-Bénin intervienne pour opérer un encadrement des tarifs. Les politiques doivent prendre des mesures pour la création d’un troisième opérateur pour relancer la concurrence pour le bonheur des consommateurs béninois ».
De quoi lui faire oublier la mauvaise passe vécue entretemps. « Auparavant, nous étions plus limités parce que le réseau était beaucoup moins dense. Aujourd’hui, on note une densité à travers les milliers de kilomètres déployés de Malanville à Cotonou jusqu’à Hillacondji et à la frontière du Nigeria (Igolo). Vraiment, il y a une capillarité au plan national. C’est encourageant pour les opérateurs qui comptent investir dans des réseaux d’accès. Car, il y a une distinction entre le travail fait par l’opérateur d’infrastructures et le fournisseur d’accès à l’internet ou l’opérateur de téléphonie mobile. Cela nous permet aussi d’utiliser ce réseau national pour fournir de nouveaux services de meilleure qualité au profit des populations ».
Grâce au déploiement de la fibre optique dans la commune de Ségbana, une structure de téléphonie mobile achemine déjà ses équipements sur place pour améliorer la qualité de ses services dans cette commune.
Une nouvelle aube
L’Agence de développement du numérique, cheville ouvrière de la loi 2017-20 du 20 avril 2017 portant code du numérique en République du Bénin a permis la mise en place des conditions légales et règlementaires du secteur du numérique au Bénin. Toutes choses qui font croire qu’une nouvelle ère s’ouvre pour le secteur de l’économie numérique avec de nouvelles opportunités pour l’économie nationale.
Ainsi, de jeunes entreprises ont vu le jour dans le secteur de l’économie numérique et proposent des solutions innovantes. Et pour les encourager et susciter l’engouement chez d’autres jeunes qui ont compris que le numérique offre de nombreuses opportunités, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre de l’Economie numérique a initié la « Bénin start up week » dont la première édition a permis de réunir, en mai 2018, des promoteurs de start-up pour un partage d’expériences. Une initiative dont les bénéficiaires témoignent de la portée.
« Nous avons eu l’honneur d’être sélectionnée au détour d’une sélection assez rude qui avait mis aux prises 900 candidats à travers l’Afrique et l’Asie. Je fais partie des 11 start-up sélectionnées. C’est un honneur pour le Bénin », note Arielle Ahouansou, fondatrice de KeaMedicals.
Pour Elodie Akotossodé, fondatrice de WomenEdtech, « Grâce à l’appui du gouvernement, nous avons décroché des partenariats. J’apprécie le soutien du gouvernement pour tout ce qui se fait en faveur de la jeunesse ».
De quoi galvaniser la ministre de l’Economie numérique et de la Communication qui reste convaincue que l’éclosion des star-tup est une solution cruciale aux questions de l’emploi. « Nous voulons nous faire leur écho auprès du gouvernement. Nous voulons aider à ce plaidoyer pour que les start-up grandissent plus vite », estime-t-elle.
Rattachée directement à la présidence de la République, l’Agence des Services et Systèmes d’Information (Assi) et le comité de pilotage de la Télévision Numérique terrestre (Tnt) en deux ans du Pag ont contribué de façon significative à l’atteinte des objectifs du gouvernement dans le domaine de l’économie numérique. Concernant l’Assi, son rôle est d’accompagner les agences, les ministères et les organisations gouvernementales dans l’implémentation des projets qui sont en relation avec les services et systèmes d’information.
« Aujourd’hui ce qui est concret, vous pouvez consulter vos fiches de paie en ligne. C’est une avancée notoire par rapport à ce qui se faisait avant. On n’a pas besoin d’imprimer de tonnes de papiers comme auparavant », relève Maximilien Kpodjèdo, directeur général Assi, structure qui s’emploie également à concrétiser un projet cher au gouvernement, la construction d’un data center.
En 12 mois d’exercice, l’Assi a contribué à beaucoup d’autres réalisations. Il s’agit notamment de la refonte des systèmes d’information de l’Assemblée nationale, de l’Ortb, du ministère des Affaires étrangères, de la Présidence de la République. Concernant les agents de la Fonction publique, une autre innovation est en cours de concrétisation en ce qui concerne la délivrance des actes d’état civil, les cartes d’identité et les passeports.
Outre les réalisations de l’Agence des Services et Systèmes d’Information (Assi), la Télévision numérique terrestre est une réalité au Bénin. Projet qui a débuté avant 2016 et qui a connu une avancée fulgurante sous l’ère Talon.
« Depuis janvier 2018, la Tnt est diffusée au Bénin. Le projet prend en compte la plaque méridionale, du sud jusqu’au centre. Mais nous continuons le déploiement jusqu’au Nord. Le multiplex national est composé de 8 chaînes qui sont diffusées sur la partie méridionale du Bénin », précise Darius Quenum, président du comité de pilotage Tnt Bénin.
Le projet de la télévision numérique terrestre a pris en compte 29 sites subdivisés en 4 plaques sur toute l’étendue du territoire national.
L’ensemble des 29 sites est piloté par le site principal de Calavi à partir duquel le multiplex composé d’un ensemble de chaînes est transporté vers chacun des 28 autres sites. Les travaux d’exécution en ce qui concerne l’ensemble du territoire national tournent autour de 70 à 80 %.
Face aux nombreuses difficultés rencontrées par les populations dans plusieurs localités à communiquer par téléphone, l’Agence béninoise du Service universel des Communications Electroniques et de la Poste (Absu-Cep) a démarré l’extension de la téléphonie mobile dans les zones dites blanches.
« Ce sont des villages sans signal de la téléphonie mobile et difficiles d’accès à l’énergie conventionnelle de la Sbee et enclavés. En 2017, nous avons pu couvrir 40 villages pour 95.000 personnes et nous avons mis en place 34 sites de téléphonie mobile rurale », fait observer Emile Kougbadi, directeur Absu-Cep.
C’est le cas des villages de Gokana dans la commune de Tchaourou et de Kèrè à Dassa-Zoumè où des antennes de relais de réseaux sont installées.
Pour ces populations, la communication téléphonique et électronique n’est plus un luxe.
Une grande chance pour elles de ne plus être en marge de la société.
Selon les témoignages recueillis sur place dans les différents villages parcourus, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre avec la facilité pour les habitants de communiquer par téléphone avec leurs parents.
Généraliser le numérique par l’éducation et la formation est l’une des priorités du programme d’actions du gouvernement (Pag), et l’usage du numérique en milieu scolaire est une réalité.
« C’est ce qui a amené Absu-Cep à mettre en place un programme de généralisation du numérique dans les établissements primaires et secondaires et sur les campus universitaires », souligne Emile Kougbadi.
Dans la ville de Parakou, le collège d’enseignement général Zongo bénéficie déjà d’une classe numérique avec des apprenants qui en jouissent au quotidien.
« Aujourd’hui, je peux facilement montrer les raisons du déclenchement de la première guerre mondiale par le numérique », apprécie Faustin Essè, enseignant d’Histoire et de Géographie.
Autour d’une vingtaine d’ordinateurs, les enseignants organisent les apprenants par groupes, ce qui permet à tous les élèves de suivre les séquences vidéo objet d’apprentissage.
Pour nombre d’apprenants, la visualisation leur permet de mieux approfondir leurs connaissances par des recherches en ligne. Elle facilite une meilleure compréhension des cours.
Les écoles primaires ne sont pas en marge de ce programme qui permet non seulement aux écoliers de se familiariser avec l’outil informatique mais aussi d’approfondir leurs connaissances par des recherches en ligne. C’est le cas des écoliers de la classe de Cm2 de Sos villages d’enfants de Dassa en situation de classe numérique.
L’initiative d’une classe numérique constitue, selon le directeur de l’école primaire de Sos villages d’enfants, un atout pour les écoliers et participe à un bon rendement scolaire.
Autant d’initiatives qui présagent de bons lendemains pour le secteur de l’économie numérique et nourrissent l’espoir de voir le Bénin gagner sa place dans le concert des nations au faîte des technologies numériques n
Réalisation Kokouvi EKLOU, Joël TOFFOUN & Maryse ASSOGBADJO