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Nouvelles

Union progressiste: Germain Wanvoègbè sonne la mobilisation dans l’Ouémé

L’Union progressiste (Up) a fait sa 1ere sortie politique dans le département de l’Ouémé, consacrant l’adhésion officielle de l’opérateur économique Germain Wanvoègbè, ex-ténor du Parti du renouveau démocratique (Prd). La cérémonie s’est déroulée ce mercredi à Porto-Novo, en présence de milliers de militants des 19e et 20e circonscriptions électorales du Bénin.

L’opérateur économique Germain Wanvoègbè est désormais membre de l’Union progressiste (Up). L’ancien ténor du Parti du renouveau démocratique rompt définitivement les amarres avec Me Adrien Houngbédji pour une nouvelle aventure politique avec l’Up portée sur les fonts baptismaux le samedi 1er décembre dernier à Cotonou. Germain Wanvoègbè a officiellement adhéré à l’Up ce mercredi 26 décembre, à Porto-Novo, à la faveur de la première sortie politique de ce nouveau parti dans l’Ouémé. Il salue la réforme du système partisan initiée par le chef de l’Etat. Selon lui, celle-ci est venue bousculer les habitudes rétrogrades qui asphyxiaient la démocratie béninoise. Elle vient donc dynamiser le paysage politique longtemps victime de la cacophonie des ambitions et de la guerre de leadership. Pour Germain Wanvoègbè, grâce à cette réforme, le Bénin aura pour la première fois, depuis les indépendances, de véritables organisations politiques résolument engagées pour la conquête et la gestion du pouvoir d’Etat. Aucun acteur politique responsable et conséquent, à l’en croire, ne peut rester insensible à une telle initiative salvatrice qui ouvre les portes d’un écosystème politique favorable à la culture du patriotisme, du militantisme et à la célébration des vraies valeurs démocratiques. Au dire de l’opérateur économique, son nouveau choix politique vise à suivre la décision des militants fortement engagés pour le développement du département de l’Ouémé en général et de la commune d’Adjarra en particulier. Autrement, il risque de disparaître. « Nous voici au rendez-vous de l’histoire. J’ai refusé de disparaitre de vos yeux. Mes rapports avec vous, individuellement et même collectivement, ne me permettent plus de vous désobéir, donc de disparaître », explique-t-il. Il s’engage à poursuivre, main dans la main, avec les populations non seulement les chantiers de développement pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, mais aussi marcher avec elles dans les sillons de l’Union, du patriotisme, du travail, du progrès et de la solidarité, du partage et de la tolérance. « Nous marcherons ensemble, mais encore plus forts et unis, encore plus dynamiques et exigeants au nom de la commune d’Adjarra, au nom de Porto-Novo, au nom de tout le département de l’Ouémé. C’est le nouveau défi », insiste l’ancien ténor de l’ombre du Prd. « Nous sommes progressistes parce que nous voulons travailler d’abord pour Adjarra, pour notre département, pour les pauvres, pour les veuves et les orphelins, pour les personnes démunies », souligne Germain Wanvoègbè avant rendre hommage au président du Prd, Me Adrien Houngbédji qui constitue pour lui et pour tous une source d’expériences et d’inspiration.

Politique 27 déc. 2018


Audience à la Cour constitutionnelle: La Céni de la Mauritanie au cabinet de Joseph Djogbénou

Le président de la Cour constitutionnelle Joseph Djogbénou, a reçu, hier mercredi 26 décembre à son cabinet, une délégation de la Commission électorale nationale indépendante de la Mauritanie conduite par son président Abderrhamane Abeid. Il a été essentiellement question du rôle de la Cour constitutionnelle béninoise dans les élections.

Echanger avec le président de la Cour constitutionnelle béninoise sur la préparation des élections, en l’occurrence la partition de la Haute juridiction dans le processus électoral, puis partager les expériences en la matière. C’est ce qui a motivé la conduite par la Céna, de la délégation de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de la Mauritanie au cabinet du professeur Joseph Djogbénou.
Venue s’enquerir de l’expérience béninoise dans la gestion des élections, la délégation mauritanienne est, en effet, en visite de travail au Bénin depuis quelques jours, dans le cadre de sa coopération avec la Commission électorale nationale autonome (Céna). « Ils sont venus s’imprégner de ce que nous faisons en tant qu’institution chargée de l’organisation des élections... C’est dans ce cadre que nous avons voulu les introduire au cabinet du président de la Cour constitutionnelle», informe le représentant de la Céna, Abou Adam Soulé Boukari, au cabinet du professeur Joseph Djogbénou. Il précise que la législation béninoise met en jeu plusieurs acteurs dans le processus électoral, ce qui implique la synchronisation des actions pour la tenue d’élections crédibles et transparentes. Cette visite à la Cour constitutionnelle, un des acteurs principaux du processus électoral, permettra donc aux hôtes mauritaniens de mieux s’imprégner de l’organisation des élections au Bénin.
Au sortir de l’audience, le chef de délégation, Abderrhamane Abeid, président de la Céni mauritanienne, s’est d’ailleurs réjoui de la richesse des échanges avec le président de la Cour constitutionnelle béninoise. Le commissaire Abou Adam Soulé Boukari ajoute que le président de la Cour constitutionnelle, Joseph Djogbénou, a insisté sur le fait que tout résultat au terme d’une élection dépend de la préparation. « C’est une rencontre riche en enseignements. Cela nous permet de mieux affronter nos défis », a déclaré le président de la Céni mauritanienne.

Actualités 27 déc. 2018


Match de Gala à Abomey: L’international béninois Christophe Bokpè pour une équipe de relève

Gala de football samedi 22 décembre dernier sur le terrain de sport du quartier ''Sogon'' à Abomey. Les anciennes gloires du ''cuir rond'' réunies sur initiative de l'international béninois Christophe Bokpè, ont mouillé comme jadis le maillot et donné plaisir aux spectateurs sortis nombreux. Outre la nostalgie qui sous-tend ce match de gala, l’initiateur ambitionne de constituer une équipe communale des moins de douze ans pour contribuer à la mise en place d'une relève de qualité.

Christophe Bokpè a réussi à faire jouer dans l’après-midi du samedi dernier sur le terrain de sport de ''Sogon'' à Abomey, des anciennes gloires du football, connues sur les plans local, national et international. Côte à côte et dans une même équipe dénommée ''Anciennes gloires d'Abomey de la diaspora'', Christophe Bokpè a aligné David Feliho, Paoli Couton, Hyppolite Attimbossou, Clément Bokpè et bien d'autres contre Henri Nouagovi, Massaro Daddy et leurs pairs réunis dans l'équipe des '' Anciennes gloires d'Abomey résidents''.
Après les premières minutes d'hésitations, ces anciennes gloires chacun de son côté, se sont mis à démontrer leurs talents. Les automatismes retrouvés, la vitesse et le rythme du match ont augmenté. Des duels se disputent âprement. Des relances sur fond de vitesse, des contre-attaque, se font remarquer des deux côtés. L'envie de s'adapter à ce rythme imprimé par les plus en jambe et endurants a provoqué chez certains des fautes banales et des gestes complètement manqués. Les spectateurs se sont régalés des glissades, imprécisions, pertes de balles répétées. Mais à la 18e minute, sur une relance, Damien Dimas, imperturbable et avec une tempérance maximale, réussit à écarter, en plus du gardien de but, deux autres joueurs avant de loger la balle au fond des filet des ''Anciennes gloires d'Abomey de la diaspora''. Les deux équipes iront à la pause avec ce score de 1-0.
A la reprise, les ''vert et noir'' menés font pression sur l'adversaire et, par deux fois, ratent l'occasion de revenir au score. Mais, à la 20e minute de cette seconde mi-temps, Gabin Cakpo, après un dribble et une pirouette magistrale, inscrit, d'une frappe lourde d'une quinzaine de mètres du camp de l'adversaire, le but de l'égalisation. Le jeu défensif ensuite installé des deux côtés est maintenu jusqu’au coup de sifflet final de l'arbitre. Le match de gala prend fin sur ce score de (1-1) un but partout. En faisant rejouer ces vedettes, a expliqué Christophe Bokpè, le but c'est de lancer un appel aux jeunes qui ne sont pas encore dans la haute sphère du football. « Nous autres, on cherchait seulement à défendre les couleurs de notre région. Mais aujourd'hui que les moyens existent, on remarque que les jeunes ne s'adonnent pas au jeu de qualité », a déploré l'ancien joueur des ''Caïman du Zou'' et de ''Mogas 90'', Christophe Bokpè. Et, puisqu'il est actuellement consultant des moins de douze ans à Manchester, et fort de ses expériences en France et en Italie, Christophe Bokpè a décidé de constituer, par le biais de son organisation dénommée ''Association football autrement'', une équipe communale des moins de douze ans. «Nous avons fait jouer en lever de rideau les moins de douze ans parce que nous voulons travailler à la mise en place d'une relève de qualité », a expliqué Christophe Bokpè. En plus des médailles octroyées à tous les joueurs, il a distingué deux personnalités qui contribuent au football à Abomey et remis à la mairie d’Abomey, une gigantesque coupe.

Sports 26 déc. 2018


Construction de logements sociaux à Ouèdo: La viabilisation primaire du site lancée

Les travaux de viabilisation primaire du site de construction des logements sociaux de Ouèdo, dans la commune d’Abomey-Calavi, sont lancés, ce lundi 24 décembre, en présence des autorités administratives, des responsables d’entreprises attributaires des travaux et des têtes couronnées de la localité. C’est parti pour 12 mois pour donner corps à la construction des logements sociaux, projet phare du Pag, qui entre ainsi dans la phase de concrétisation au bonheur des populations.

La viabilisation primaire du site de construction des logements sociaux de Ouèdo dans la commune d’Abomey-Calavi a débuté. Trois entreprises ont à charge ces travaux répartis en quatre lots. Le lot 1 concerne l’aménagement et le bitumage des voies, le lot 2 est relatif à l’électrification par un bouclage en basse et hausse tensions de tout le domaine devant abriter les logements sociaux économiques et le lot 3 vise l’alimentation en eau potable et le lot 4 porte sur la connexion en fibre optique du site. Ces travaux doivent être exécutés en douze mois.
Les entreprises attributaires des différents lots se sont engagées, lors de la cérémonie de lancement des travaux de viabilisation du site de construction des logements sociaux lundi dernier, devant sages et notables, ainsi que les populations et les autorités à divers niveaux. Le maire de la commune d’Abomey-Calavi, Georges Bada, a exprimé sa gratitude au gouvernement pour les dispositions prises dans le cadre des travaux. Le préfet du département de l’Atlantique Jean-Claude Codjia, pour sa part, a indiqué que ce jour restera indélébile dans les annales de la commune d’Abomey-Calavi. Il a confié que, méthodiquement et résolument, le chef de l’Etat Patrice Talon positionne le Bénin dans le concert des grandes nations africaines. « Le Bénin se révèle au monde entier, n’en déplaise aux personnes en panne d’arguments et en mal de popularité », lâche-t-il. Jean-Claude Codjia souligne que le Programme d’actions du gouvernement (Pag) a conçu ce projet phare de construction de logements sociaux économiques, pour répondre au besoin important des populations à un logement décent, à un coût compétitif, accessible aux bourses modernes. La machine du développement est irréversiblement en marche et il ne reste qu’à la suivre, à son dire.
Des 20 mille logements sociaux prévus par le Pag sur le plan national, Ouèdo bénéficie de 10.849 pour un coût global de 20.411.259.831 francs Cfa à l’exception du lot 4 entièrement financé par le budget national. Ces logements sociaux, selon le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Tonato, contribueront à concrétiser le rêve des Béninois. « Chaque Béninois rêve légitimement d’avoir un toit, quelle que soit sa classe sociale ou sa catégorie socio- professionnelle », souligne le ministre. Pour relever cet important défi, plusieurs programmes immobiliers ont été initiés depuis des décennies et ayant qui ont englouti d’importantes ressources financières publiques, mais les besoins n’ont jamais été pleinement satisfaits par les programmes, tant publics que privés, demeurés relativement limités avec des taux d’exécution physique très faibles et des produits de mauvaises qualités, d’après les explications du ministre du Cadre de vie et du Développement durable. Toutefois, le gouvernement est déterminé à réaliser convenablement ce rêve si cher, fait-il constater. Si seulement 2180 logements sociaux ont été construits et achevés de 1960 à nos jours, toutes opérations confondues, les résultats obtenus sont mitigés tandis que les demandes sont ascendantes, à en croire José Tonato. Il se réjouit des travaux de viabilisation en bonne et due forme et selon les règles de l’art, une première fois au Bénin, qui précèdent les travaux de construction qui eux démarreront bientôt. Selon le ministre, le gouvernement est convaincu que l’accès à un logement décent fait partie intégrante des besoins fondamentaux de l’homme. C’est pourquoi son programme immobilier est bâti autour d’un modèle novateur qui allège substantiellement les conditions d’accès aux logements. Il sécurise aussi bien l’acquéreur que le promoteur du point de vue des risques des ressources financières engagées. A terme, Abomey-Calavi sera une véritable éco-cité, une graine mise en terre pour engendrer la ville durable et intelligente que le gouvernement ambitionne pour les villes béninoises en adéquation avec les Odd 11 à l’horizon 2030.

Actualités 26 déc. 2018


Trop de ratés dans les prestations aux abonnés : Mtn et Moov sommés de corriger leurs dysfonctionnements

 

Les réseaux de téléphonie mobile opérant au Bénin doivent en urgence satisfaire à deux conditions, sans lesquelles elles pourraient tomber sous le coup de la loi. Ils doivent d’une part corriger les nombreux dysfonctionnements notés actuellement dans les prestations aux abonnés, et d’autre part, assurer un service zéro qualité au cours de la période des fêtes de fin d’année. Sans quoi, l’Autorité de régulation des Communications électroniques et de la poste (Arcep-Bénin) menace de leur taper sur le doigt. Vendredi 21 décembre dernier, au cours d’une audition à son siège, le régulateur a fait des mises en garde formelles.

En initiant vendredi 21 décembre dernier une rencontre avec les opérateurs de téléphonie mobile Spacetel Bénin pour le réseau Mtn et Etisalat Bénin pour le compte de Moov Bénin en présence de responsables d’associations de consommateurs, l’Autorité de régulation des Communications électroniques et de la poste (Arcep-Bénin) a voulu prendre les dispositions pour en finir avec les insatisfactions des abonnés. L'obligation pour ces derniers de jouir d’un service de qualité et la nécessité pour les réseaux de s’expliquer sur les dysfonctionnements notés justifient cette rencontre, explique à l’entame, Flavien Bachabi, président de l’Arcep. Après quoi, chaque opérateur est mis face à ses responsabilités et invité à justifier les ratés notés par le régulateur.

Les péchés de Mtn et de Moov

On reproche au réseau Mtn Bénin l’indisponibilité des plateformes rendant presque impossible parfois l’activation des forfaits, les envois erronés de tickets de notification de rechargements de crédits, d’activation de forfaits, des publicités intempestives dans les notifications de tickets de facturation des appels empêchant le bon suivi des niveaux de consommation des forfaits et des difficultés d’accès à certains services, notamment au service financier mobile (dysfonctionnement survenu dans la matinée du jeudi 20 décembre). Au même réseau, l’Arcep reproche la publicité mensongère sur ses offres de service, notamment sur les réseaux sociaux où, par exemple le 18 décembre dernier, sur Instagram, le réseau a évoqué un bonus de 500%. Toutes choses que l’Arcep assimile à un dol et invite Mtn Bénin à corriger, mais avant à s'en expliquer.
Etisalat Bénin pour le compte de Moov Bénin, connait, de son côté, une instabilité de la connexion Internet et des difficultés d’accès à certains services, notamment au service financier mobile (Moov money). Sur ces dysfonctionnements, les responsables des deux réseaux ont été invités à s’expliquer pour éclairer la lanterne de l’Arcep, et surtout à prendre des engagements fermes afin qu’ils ne se reproduisent plus, surtout en cette période de fête de fin d’année où, bénéficier d’une communication paisible est tout sauf une partie de plaisir pour les abonnés.

On s’explique…

Le premier à fournir des explications au cours de cette séance, c’est Serge Soglo, représentant Mtn Bénin. « Dans notre relation avec la clientèle, nous avons des défis pour lesquels nous nous battons. Nous agissons de manière prompte », introduit-il. La plupart des défauts imputés à son réseau, se défend-il, sont dus à une migration de plateformes pour assurer un service de qualité aux abonnés. Cela est intervenu fin novembre pour améliorer la qualité des services avant le mois de décembre qu’il qualifie de « mois particulier». Pour lui, il y a des difficultés et le réseau a travaillé à les corriger. « Tout n’a pas été parfait et nous avons informé la clientèle. C’était une nécessité et nous avons tenu à informer la clientèle », apaise-t-il. Ahmed Elatat de Moov Bénin tient un raisonnement similaire et impute lui aussi les difficultés sur ce réseau à une migration vers une autre plateforme pour une meilleure qualité dans le service, avec l’engagement d’y travailler davantage.

Dernière mise en garde !

Le président de l’Arcep, Flavien Bachabi, n’en peut plus de se contenter des explications. Si les dysfonctionnements persistent, le régulateur agira, avertit-il. La séance du 21 décembre dernier, pour lui, était « la dernière ». Celle de la mise en garde avant l’application des textes au cas où Mtn et Moov ne trouveraient pas des solutions aux soucis des abonnés. « Les deux réseaux ne fournissent pas des services de qualité », se désole-t-il. L’heure de la sanction approche à grands pas, pourrait-on dire !.

 

Actualités 26 déc. 2018


Célébration des femmes amazones ou guerrières: Sénamè Nelly Dénakpo : « Une femme a bel et bien régné sur le Danxomè »

Femme battante telle une amazone, Sénamè Nelly Dénakpo était jusque-là connue pour ses réalisations de films documentaires.  Elle a sorti en 2007 « Tassi Hangbé Agoodjié », un documentaire de 7 minutes 21 secondes. Puis, un autre sur les Amazones du Danxomè «Agoodjié». Plusieurs ouvrages portent sur le même sujet. On y dénombre « Conte-moi «Agoodjié» en 2012, « Tassi Hangbé «Agoodjié», et un troisième en 2018 intitulé « Conte–moi l’histoire Kpekon Xosu ». Depuis quelques semaines, elle a lancé l’« Année de Célébration des Femmes Guerrières du Danxomè » qui ouvre ses portes sur le plateau d’Abomey pour les années 2018, 2019, 2020 et 2021, moments privilégiés qui marqueront les 316 ans du règne de la reine Tassi Hangbé et des épopées des «Agoodjié», nom qui désigne les amazones du Danxomè. Dans cette interview, elle nous parle surtout de la reine Tassi Hangbé qui a été la seule femme qui a été sur le trône du Danxomè de 1705 à 1711.

La Nation : A la tête de l’Association culturelle Jeunesse perspectives groupement (Jpg), vous organisez l’«Année de Célébration des Femmes Guerrières du Danxomè - 2018-2021 ». Un programme visiblement très riche puisqu’il est fait de symposiums, d’expositions et de table-ronde pour rendre hommage aux amazones du Danxomè. Qu’en est-il ?

Sénamè Nelly Dénakpo : Notre vaste programme dénommé l’«Année de Célébration des Femmes Guerrières du Danxomè - 2018-2021» vise à créer la philosophie «l’Intelligencia Bénin», c’est une philosophie bien béninoise ! A travers le leadership féminin mis en place par les fondateurs du royaume Danxomè, les femmes guerrières étaient les gardiennes du royaume. Nulle part dans le monde, vous ne verrez cela, peut-être dans la mythologie gréco-romaine. Au cours de ce programme, nous allons ressortir ce qui distingue le royaume du Danxomè, à travers les vaillantes armées de femmes, pour que la jeunesse, surtout les filles, puisse entrer dans ces valeurs que nous véhiculons. Nous devons aussi notre héritage culturel à ces braves femmes guerrières du Danxomè ! Pour ces trois années, on se demande ce que serait notre société sans leur apport dans les domaines de l’engagement envers le peuple : le civisme, l’éducation, les arts, la culture. Cette célébration est une invitation à venir découvrir le plateau d’Abomey à travers les femmes guerrières du Danxomè, leurs œuvres dans l’histoire du Danxomè : symposium, expositions, cinéma, théâtre, ateliers d’arts, médias, danses, soirée de distinction et saveurs culinaires.

Qu’est-ce qui explique cette passion que vous avez pour la reine Tassi Hangbé ?

« Houndjè ko ho man si kpo ».La traduction est ‘’le tam-tam qui sort ne craint plus le bâton !’’Des mots qui contiennent une force, une profondeur, de la détermination, de l’engagement pour toute personne qui a une vision dans la vie. Il y a à faire, à voir, à conter, à danser.... La reine Tassi Hangbé de 1708-1711, succéda à son frère Akaba, mort en pleine campagne militaire contre les Ouémènou. Elle fut l’initiatrice du corps des amazones. Elle délimita et sécurisa les frontières du royaume du Danxomè.

Cette reine est restée sur le trône du Danxomè durant 6 ans, mais aucune trace officielle d’elle. Ces exploits ont été attribués curieusement à d’autres rois. Comment expliquez-vous cette situation ?

Il est important de reconnaître que le règne de la reine Tassi Hangbé (1705-1711), soit 313 ans, cette année 2018, où les fils de Danxomè ont fêté les 200 ans du roi Ghézo (1818-1858), avait toujours fait l’objet de polémiques. Car, d’autres ne la reconnaissaient pas en tant que souveraine. A ce propos, j’ai personnellement été épatée de constater que dans les chronologies dynastiques, et les litanies faites aux rois du Danxomè, elle a droit aux honneurs, « Axosou Houndjè Koxo ma si kpo ».
Il en est de même de textes émanant de conteurs traditionnels et des griots. D’où l’urgence d’organiser des assises avec les experts, historiens universitaires, les têtes couronnées pour restaurer la reine du Danxomè.
Elle a impacté le royaume du Danxomè à travers des œuvres importantes qui captent l’attention ! La reine Tassi Hangbé fut celle qui institua le Kpanliganou le griot, le gong royal, qui fait l’éloge des rois de Danxomè et leurs différentes œuvres réalisées, jusqu’à ce jour. Elle livra une grande lutte avec le roi Awèsou, un souverain très puissant, détenteur du gon sacré. Pour confirmer sa suprématie, elle organisa une grande cérémonie en hommage à son père, feu Houégbadja, et décréta dès lors que le gong d’Awèsou annoncerait désormais tous les hauts faits des rois du Danxomè.
La tradition attribue au roi Ghézo, dans sa politique de reboisement, d’autosuffisance alimentaire, la vulgarisation de la culture du palmier à huile au Danxomè, notamment par le décret royal qu’il aurait imposé à tous les sujets de son royaume, de planter un palmier à l’occasion des cérémonies de «sortie» d’un nouveau-né. Du coup, l’histoire retient que le roi Ghézo est celui par qui, le palmier à huile a été introduit au Danxomè. Or, la culture du palmier remonte au temps du règne de la reine Hangbé.

Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer cela ?

Ecoutez ! Dans la litanie de la reine Tassi Hangbé, nous retrouverons cette citation en Fon, « A mi vo ho houè man dji do », ce qui signifie que l’huile de palme conservée durant des décennies ne produira pas des toiles d’araignée. C’est au cours du règne de la reine Tassi Hangbé que les femmes furent élevées aux postes de responsabilités au même titre que les hommes. On les différencie, chacune par son accoutrement. Les DahTassi non «Avodota» portent un pli de pagne sur la tête.
La reine Tasi Hangbé fut la première à livrer la guerre à d’autres tributs et peuples, dans sa politique d’expansion du royaume de Danxomè. Ces sujets déportés vivent jusqu’à nos jours dans son palais privé à Lègo, derrière les palais royaux d’Abomey. Elle fut la 1re à avoir combattu le royaume d’Oyo, au Nigeria et y déporta aussi des rescapés. Des années plus tard, un prêtre du royaume fit la révélation sur les grandes victoires de la reine, y compris celle d’Oyo, qui fut finalement anéanti par son petit-fils, roi Ghézo.

Voulez-vous réécrire l’histoire d’Abomey ?

Non, mais les faits et dates sont là. Le roi Ghézo a régné de 1818-1858. Dans sa politique de conquête, plus particulièrement celle du royaume d’Oyo, actuel Nigeria, il consulte le Fâ, afin de se libérer du joug de tribut payé au royaume d’Oyo, entamé précédemment par Adandozan (1797-1818) par un message d’injures envers celui-ci.
La révélation suivante lui fut faite. Au cours de la consultation, le prêtre du Fâ lui parla des conditions à respecter et à suivre scrupuleusement, s’il voulait revenir victorieux de cette expédition. Sa victoire dépendrait des bénédictions qu’il allait offrir à son ancêtre Tassi Hangbé, reine du Danxomè. La plus importante de ces prescriptions fut la révélation de la présence, à ses côtés, d’une parente défunte, laquelle par sa bravoure, sa force et sa détermination réussit à conquérir plusieurs royaumes. Seule la reconnaissance de la valeur et du grand rôle joué par cette femme pouvait lui conditionner la victoire. Après de mûres réflexions, le roi Ghézo conclut que la dame à laquelle le prêtre faisait allusion serait son ancêtre, mère Tassi Hangbé. Il se souvint de la victoire de celle-ci, de son vivant, sur le royaume d’Oyo. Du coup, il exécuta les recommandations faites par le prêtre du Fâ. Dès lors, le roi Ghézo vint voir le palais de la reine qui se trouvait depuis longtemps dans un état de ruine. Il fit alors réhabiliter ledit palais, lui fit construire un mausolée communément appelé «Adoho», et demanda des bénédictions. Alors il décida immédiatement de la diviniser, en lui consacrant sa première épouse en qualité d’adepte, représentante cultuelle de la défunte reine, comme le prévoyait l’une des lois du royaume de Danxomè. Question de mieux vulgariser les mérites de la reine Tassi Hangbé.
Malheureusement, peu importent les accusations, et le reniement sur son règne et la non-reconnaissance de ses exploits sur le royaume du Danxomè, la reine Tassi Hangbé demeure une reine à part entière. C’est pourquoi il est important de restaurer l’histoire et de faire paraître le rôle de chaque roi dans la logique culturelle.
Ce programme permettra de faire découvrir aux Béninois et aux touristes « les perles rares de l’histoire des Agoodjié ou Amazones du Danxomè et de mettre en avant leurs immenses talents. Parlez-nous-en.

Ces trois années de ressourcement dessinent ce que la connaissance de l’histoire des braves femmes guerrières du Danxomè a de meilleur : le plaisir de s’enrichir des œuvres du patrimoine à travers le patrimoine culturel. Mais il s’agit également de sensibiliser le public à l’éducation de la jeune fille, le leadership féminin et le rôle primordial de la femme dans l’éducation et la diversité culturelle. Table ronde, symposiums, avec des personnes ressources, et dans les disciplines théâtre, danse, débats, arts, monuments, soirée de distinction et expositions sont des temps forts de réflexion pour mettre en évidence la femme, socle des traditions et de l’éducation. Il faut faire un tour à travers les sites touristiques marqués par les «Agoodjiè» Amazones. Le plateau d’Abomey dispose des sites naturels, constitués de dessins, de fresques et d’œuvres d’arts, mares sacrées, etc. marqués par l’histoire et méconnus du public.

Pour un tel projet qui s’étend sur 36 mois, 1095 jours et des nuits de thématiques et qui attend 15000 visiteurs, il faut avoir des financements colossaux. Quels sont les vôtres ?

L’objectif de ce travail est ce qui motive tout le projet : présenter et lever des coins de voile autour du rôle primordial qu’a joué la femme «Agoodjié», les amazones dans le royaume du Danxomè, non pas seulement de guerre, mais de développement, d’éveil, d’éducation, de politique, à travers la richesse et la vivacité des cultures dans le monde. Nous avons un partenaire. Nous en attendons d’autres pour parrainer des évènements, des thématiques spécifiques autour de ce programme.

Société 26 déc. 2018


Appui budgétaire aux réformes sous la Rupture: L’Union européenne verse 28,9 milliards de F Cfa au Bénin

La Délégation de l’Union européenne (UE) au Bénin a autorisé le transfert de 28,9 milliards de Francs CFA au budget de l’Etat du Bénin au titre de l’année 2018. Ce versement soutient les politiques et les réformes du gouvernement dans des domaines clés pour le développement économique du Bénin et le bien-être de ses populations, à savoir la bonne gouvernance, la décentralisation et l’agriculture. Ce montant représente 2.2 % des dépenses du budget général de l’Etat prévu en 2018.

L’Union européenne coopère avec le Bénin en soutenant les réformes à l’échelle nationale, et vu ses bonnes relations avec le Bénin, pays démocratique et ami de longue date, privilégie ce type de versement direct au budget national béninois, qui constitue le soutien le plus direct possible à une politique de réformes.
Les trois contrats d’appui budgétaire constituent en effet presque 60% du soutien financier de l’Union européenne chaque année pendant la période 2014-2020. Au total, l’enveloppe financière de la coopération UE-Bénin se chiffre pour cette période à 372 millions d’Euros soit 244 milliards de FCFA.
Le versement des 28,9 milliards de FCFA autorisé au titre de l’appui budgétaire en 2018 se décline comme suit :
- 6, 9 milliards de FCFA au titre du Contrat de Bonne Gouvernance et de Développement. Ce contrat permet un appui aux efforts du gouvernement pour favoriser une croissance économique inclusive au Bénin, en particulier un appui à la réforme de la gestion des finances publiques, à la lutte contre la corruption et l’impunité et à l’amélioration du climat des affaires. Le soutien de l’UE a notamment contribué, en 2018, à l’adoption d’une stratégie gouvernementale sur la rationalisation des dépenses fiscales et à la publication d’un rapport annuel sur le suivi des projets financés par le Plan d’Investissements Publics (PIP).
- 13, 5 milliards de FCFA au titre du Programme d’Appui au Développement Territorial. Ce contrat soutient les efforts de l’Etat et de l’administration territoriale pour mettre en oeuvre la politique nationale de décentralisation et de déconcentration (Ponadec) pour un aménagement équilibré des territoires, la promotion de leur attractivité et la fourniture de services de qualité aux citoyens.
La performance et le contrôle des communes ainsi que le renforcement de leurs capacités ont aussi fait l’objet d’un suivi et dialogue avec les autorités béninoises.
- 8, 5 milliards de FCFA au titre du Programme d’Appui au Développement Durable du Secteur Agricole. Ce contrat permet, quant à lui, la mise en oeuvre des réformes de la politique agricole, l’amélioration de la gouvernance et de la fourniture des services. Les résultats escomptés sont notamment un meilleur accès aux intrants, aux services d’appui-conseil et au financement pour les agriculteurs.

Pour plus d’informations, prière de contacter la Délégation de l’Union européenne au Bénin :

clotilde.podanho@eeas.europa.eu ou au (00 229) 21 31 26 17 ainsi que le site Web suivant:
http://eeas.europa.eu/delegations/benin_fr.

Actualités 26 déc. 2018


Formés en management des unités pénitentiaires: 13 stagiaires reçoivent leurs attestations

Treize stagiaires régisseurs de prison ont été formés en management des unités pénitentiaires. Au terme de cette formation qui s'est déroulée du 17 au 21 décembre à Grand-Popo avec le soutien du Projet d'appui à l'amélioration de l'accès à la justice et de la reddition des comptes, ils ont reçu leurs attestations des mains de la directrice de cabinet du ministère de la Justice et de la Législation, Aleyya Gouda Baco.

La gestion efficiente des maisons pénitentiaires est au cœur des ambitions du gouvernement dans le secteur Justice. La formation des régisseurs des prisons en management des unités pénitentiaires s'inscrit dans ce cadre. Pendant 5 jours, ils ont été entretenus sur les fondamentaux pour une gestion humaine et professionnelle des unités pénitentiaires. Le directeur de l'Agence pénitentiaire du Bénin (Apb) précise: « La présente formation a réuni treize stagiaires qui sont dans le processus de sélection de nouveaux régisseurs. Ils ont reçu du formateur de nouvelles notions de management dans le cadre de la préparation à la prise de nouvelles fonctions». Le formateur Soliyou Osséni, expert consultant en management, marketing et communication fait savoir : «Il est question de faire de ces hommes qui vont gérer les prisons, des hommes qui apportent de la valeur ajoutée dans le respect des normes internationales en la matière, afin que le Bénin soit cité en exemple dans cette dynamique». Il laisse entendre que les techniques dispensées reposent sur l'approche par processus, qui est une approche incluant la gestion axée sur les résultats et qui va au-delà. Les participants ont ainsi été renforcés sur le management de la qualité des services et des ressources...
Cette formation, à en croire la directrice de cabinet du ministère de la Justice et de la Législation, Aleyya Gouda Baco, s'avère indispensable au regard des réformes en cours dans le secteur. «Le processus qui a été sanctionné par ces attestations nous aidera à donner un message plus humain, plus professionnel à nos prisons civiles qui accueillent nos frères, nos parents, nos enfants...», explique-t-elle. S'adressant aux stagiaires formés, elle ajoute : «C'est une lourde responsabilité. Vous êtes appelés à travailler avec beaucoup plus de professionnalisme. Ce n'est pas un service ou une faveur que vous offrez, c'est un travail, c'est un devoir».
Pour le directeur national du Projet d'appui à l'amélioration de l'accès à la justice et de la reddition des comptes
(Paaajrc), Flavien Akuété Sossou, les attentes à l'issue de cette formation se résument au respect effectif des droits humains et au suivi minutieux dans la gestion des maisons pénitentiaires. Le Paaajrc est appuyé par le Programme des Nations Unies pour le Développement.

Actualités 24 déc. 2018


Message sur l’état de la Nation 2018: Le chef de l’Etat face aux députés jeudi prochain

Le président de la République, Patrice Talon, est attendu jeudi 27 décembre prochain, à l’hémicycle à Porto-Novo, dans le cadre de son traditionnel message annuel sur l’état de la Nation devant la Représentation nationale.

Quel est l’état de santé du Bénin en 2018 ? Quid des réalisations secteur par secteur ? Quelles sont les perspectives pour le pays en 2019? Le président de la République est attendu pour donner des éléments de réponses à ces interrogations, jeudi prochain devant la Représentation nationale. Ce sera à l’occasion du traditionnel message annuel du chef de l’Etat sur l’état de la Nation. C’est l’article 72 de la Constitution béninoise qui prescrit cela : « Le président de la République adresse une fois par an un message à l’Assemblée nationale sur l’état de la Nation. Il peut aussi à tout moment adresser des messages à l’Assemblée nationale. Ces messages ne donnent lieu à aucun débat; ils peuvent toutefois inspirer les travaux de l’Assemblée ». C’est la troisième fois que Patrice Talon va sacrifier à cet exercice depuis son investiture le 6 avril 2016. Comme c’est souvent le cas, le président Patrice Talon saisira l’occasion pour faire le bilan, secteur par secteur, des actions et réalisations de son gouvernement en 2018. Il va réaffirmer aux députés toute sa détermination à améliorer les conditions de vie de la population à travers les nombreux chantiers qu’il entend certainement poursuivre l’année prochaine, notamment dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures routières, des Tics, de l’agriculture, de l’économie, du tourisme, de la culture, des sports et la lutte implacable contre la corruption sous toutes ses formes et la promotion de la bonne gouvernance. Patrice Talon ne manquera pas de revenir sur certaines de ses réformes clés dont celle sur le système partisan. Laquelle réforme engendre actuellement un branle-bas dans tous les états-majors politiques pour la mise en conformité avec les nouveaux textes. La mise en œuvre de cette réforme sur le système partisan balise peu à peu le terrain pour les législatives de 2019. Le président de la République va certainement revenir sur sa vision par rapport à cette réforme et dire la détermination du gouvernement à jouer sa partition pour l’atteinte des objectifs. Les autres réformes en cours dans presque toute l’administration publique particulièrement au niveau des régies financières notamment la Douane, les Impôts et le Trésor, du ministère de l’Economie et des Finances pour assainir les dépenses publiques et sécuriser les fonds de l’Etat ne seront pas a priori occultées. La bonne conduite de toutes ces actions et réformes permettra au gouvernement d’atteindre ses ambitions pour 2019 déclinées à travers le budget général de l’Etat gestion 20019 adopté jeudi 20 décembre dernier par l’Assemblée nationale.

Actualités 24 déc. 2018


5e journée de procès à la Criet: Comment Tégbénou a dilapidé les fonds d’Icc-Services

Il aura fallu la déposition à la barre, vendredi dernier, du sieur Emile Tégbénou, accusé dans l’affaire Icc-Services, en jugement devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), pour que l’on en sache un peu plus sur la manière dont les fonds des épargnants de cette structure de collecte illégale d’argent et d’épargne ont été dilapidés surtout dans des actions de propagande politique en faveur du régime précédent.

Deuxième personnage de l’affaire de collecte illégale de fonds et de placement d’argent dite Icc-Services de 2006-2010, après Guy Akplogan, président directeur général de cette structure, Emile Tégbénou était à la barre de la Criet, vendredi 21 décembre dernier. Il a déposé pendant plus de sept heures d’horloge. Le directeur départemental Ouémé/Plateau d’Icc-Services, au moment des faits, a dit tout ce qu’il savait de cette structure et surtout comment il a géré les fonds des épargnants. Emile Tégbénou avoue avoir fait de nombreux dons à l’endroit du gouvernement dans le but de promouvoir les actions du régime d’alors. Il se souvient d'avoir confectionné de calendriers à l’effigie du chef de l’Etat Boni Yayi à 25 millions de francs Cfa. Les calendriers devraient être partagés aux électeurs sur le terrain. Il a également construit un château d’eau aux populations de Glo-Djigbé, aidé le président de la République, par le biais de l’un de ses frères et un pasteur qui lui auraient demandé d’appuyer financièrement le regroupement des femmes chrétiennes dans tous les départements. Il aurait envoyé 500 millions F Cfa pour cette opération dans dix départements à raison de 50 millions F Cfa par département, à l’exception du Borgou et de l’Alibori. Emile Tégbénou informe la cour avoir appuyé financièrement avec 10 millions F Cfa le promoteur du concours « Meilleures communes » qui a utilisé les fonds pour l’achat d’ordinateurs aux lauréats. Il aurait financé également des activités politiques organisées par certains ténors Fcbe, alors parti au pouvoir, qui l’ont sollicité. Il avait un contrat avec l’état-major général des Forces armées béninoises (Fab) pour un montant de 600 000 F Cfa par mois pour la surveillance et la garde de ses locaux et bureaux. Il payait les quatre militaires à lui affectés à 10 000 F Cfa chacun par jour. Il avait également avec lui deux gendarmes payés à 20 000 FCfa chacun, deux éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (Crs) qui étaient à 10000 F Cfa chacun. Tout ce beau monde aurait été engagé pour assurer la sécurité de sa maison et de ses agences Icc-Services. Il a donné également 20 millions à un couple pasteur qui serait proche du chef de l’Etat d’alors, venu le voir pour solliciter son appui pour l’organisation de la convention d’une église évangélique. Il aurait par ailleurs appuyé financièrement le même pasteur avec 17 millions F Cfa.

Des bouteilles de vin Icc-Services ?

Le frère du chef de l’Etat, Boni Yayi, qui était en même temps le directeur d’exploitation de sa Société nouvelle alliance du Bénin (Snab), a reçu un montant cumulé qu’il estime à plus de 300 millions F Cfa. Il a appuyé avec 50 millions F Cfa le sieur Justin Dimon également incarcéré dans le dossier à qui il a offert une voiture au nom de Snab. Il a soutenu l’organisation de la Journée des femmes de la présidence de la République en 2009 avec 5 millions F Cfa qu’il aurait remis à la secrétaire particulière de la directrice de cabinet du président de la République d’alors. Il était présent lui-même à cette fête au cours de laquelle des bouteilles de vin ont été réalisées à l’effigie du chef de l’Etat avec le logo d’Icc-Services. L’initiative de la commande spéciale du vin aurait été saluée par le président de la République qui aurait d’ailleurs présenté la bouteille en présence du ministre d’Etat Pascal Irénée Koupaki.
Poursuivant sa déposition, Emile Tégbénou dit avoir donné un montant d’un million de francs Cfa au garçon de course du chef de l’Etat ; 50 millions F Cfa à un agent de renseignements du nom de Wili, dont il ignore l’identité exacte, et qui devrait faciliter la rencontre avec le ministre de l’Economie et des Finances pour l’obtention de l’agrément devant leur permettre d’exercer légalement leurs activités, bloqué au niveau de l’administration publique. Il aurait remis également de 223 millions F Cfa au coordonnateur de la Cellule de surveillance des structures et institutions de microfinance décentralisées, le sieur Grégoire Cocou Ahizimè, qui conduisait la procédure de délivrance du fameux agrément jusqu’ici non établi. Le sieur Grégoire Cocou Ahizimè est également dans le box des accusés.
Emile Tégbénou dit avoir fait en 2008, par deux fois, un geste d’un million de Francs Cfa au directeur de cabinet du chef de l’Etat, Nestor Dako, sans que ce dernier le lui ait demandé ; 500.000 F Cfa à la secrétaire particulière du ministre chargé de l’Eau. Aussi, le directeur départemental Ouémé/Plateau d’Icc-Services a-t-il fait don de deux ordinateurs et de deux motos aux services des impôts d’Adjarra à la demande du receveur d’alors; réfectionné les locaux de la gendarmerie d’Adjarra et du bâtiment de la Compagnie républicaine de sécurité (Crs) de Porto-Novo. Emile Tégbénou se rappelle que le frère du chef de l’Etat et son acolyte pasteur étaient passés le voir pour lui faire part de ce que le chef de l’Etat sollicite auprès de lui un prêt de 20 milliards F Cfa pour le Trésor public. Mais il n’a pas accédé à cette requête venant des émissaires du chef de l’Etat. Emile Tégbénou se dit surpris que ce prêt lui soit demandé juste après qu’il eut encaissé les fonds issus d’un gros marché de construction de forage qu’il a réalisé à l’étranger par son entreprise Snab. Il accuse son garde du corps, aujourd’hui décédé et qui était au courant de toutes ses transactions financières, d’avoir certainement vendu la mèche. A la question du président de la cour de céans, qui voudrait savoir si après le rejet de cette demande de prêt de 20 milliards, le chef de l’Etat Boni Yayi l’avait appelé, Emile Tégbénou répond par la négative. Boni Yayi ne l’a jamais appelé à ce propos bien qu’ils se soient vus à maintes reprises à son domicile où ils tiennent des séances de prières tous les dimanches. Il ne lui est pas non plus venu à l’idée de vérifier cette information de prêt au près chef de l’Etat. Emile
Tégbénou informe que son amitié avec le président de la République Boni Yayi remonte à 2006-2007. Il a saisi l’occasion de l’une de leurs rencontres en 2007 pour lui parler d’Icc-Services. Le chef de l’Etat l’aurait encouragé puisqu’il s’agissait d’une activité de microfinance qui pouvait aider les pauvres à sortir de la précarité. Il est allé le voir ensuite avec Guy Akplogan, pour lui faire part des difficultés de leur structure par rapport à l’obtention d’agrément. Le chef de l’Etat s’est rendu après, le dimanche 25 octobre 2009, au domicile de Guy Akplogan, Pdg d’Icc-Services, dans la Zopa à Abomey-Calavi, en présence du révérend pasteur feu Benoit Agbaossi, alors malade.
Mais avec quels fonds faisiez-vous tous ces dons? Emile Tégbénou répond à la cour sans ambages que c’étaient les fonds des épargnants d’Icc-Services. Pourquoi faisiez-vous tous ces gestes de générosité tous azimuts? « On faisait ces dons pour pouvoir avoir notre agrément bloqué dans l’administration et pouvoir mener avec sérénité nos activités sur le terrain. Mais malheureusement, ce qu’on craignait en faisant des dons à l’endroit des thuriféraires du régime au pouvoir s’est encore produit », regrette Emile Tégbénou. Il persiste et signe avoir laissé avant son incarcération 27,050 milliards F Cfa dans cinq coffres-forts dont 7 milliards F Cfa représentent les fonds d’Icc-Services et des activités de la Snab spécialisée dans la construction de châteaux d’eau et de forages. Mais les coffres-forts auraient été éventrés et les 27,050 milliards F Cfa emportés par la commission d’enquête judiciaire ayant connu du dossier. Le jeune soudeur du quartier qui a aidé les enquêteurs à défoncer lesdits coffres-forts est décédé. Il en est de même du garde du corps de Guy Akpolgan, Pdg d’Icc-Services. Les deux ont rejoint l’au-delà ainsi que son garde du corps. Emile Tégbénou estime suspect le décès de ces trois personnes. Selon lui, n’eussent été la volonté de Dieu et sa vigilance, il ne serait plus lui non plus en vie.

Société 24 déc. 2018


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