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Nouvelles

Eau et Assainissement : La Giz lance le programme Agir-Eau
Le Programme d’Appui à la gestion intégrée des ressources en eau dans le contexte du changement climatique (Agir-Eau) a été lancé hier jeudi 3 février. D’un coût de plus de six milliards de francs Cfa, le programme Agir-Eau sera mis en œuvre de janvier 2022 à décembre 2024 par la Giz sous la tutelle politique du ministère de l’Eau et des Mines. A la suite de la deuxième phase du Programme sectoriel Eau, Hygiène et Assainissement (Proseha) qui est arrivée à son terme et dont les résultats sont satisfaisants, la Giz vient de lancer le Programme d’Appui à la Gestion intégrée des ressources en eau dans le contexte du changement climatique (Agir-Eau). Décliné en trois composantes, ce nouveau programme va renforcer les efforts du gouvernement dans le secteur de l’eau et de l’assainissement à travers la bonne gouvernance des ressources en eau et la gestion professionnelle des eaux usées et boues de vidange. Agir-Eau sera mis en œuvre dans les sous-bassins de la Pendjari, du Mékrou, du Mono, de l’Ouémé et dans les communes du Grand-Nokoué. « L'eau est une ressource vitale mais vulnérable. C'est une ressource qui se raréfie. C'est pourquoi la gestion et la protection des ressources en eau sont devenues des préoccupations au plan national et international », a soutenu Emmanuel Lawin, directeur de cabinet du ministre de l’Eau et des Mines à l’occasion du lancement du nouveau programme. Il ajoute qu’au Bénin, la Gestion intégrée des ressources en eau est devenue un impératif dans la marche résolue vers le développement. C’est pourquoi le gouvernement a maintenu le secteur de l'eau au titre des secteurs prioritaires dans le Pag 2021-2026. Il rappelle que la vision du chef de l'Etat est de rendre disponible l'eau potable pour tous sur toute l'étendue du territoire. Le directeur de cabinet du ministre de l’Eau et des Mines reconnait que dans l'atteinte de cet objectif, le partenariat avec la République fédérale d'Allemagne est d’un grand secours. Il a salué cette coopération qui a déjà favorisé plusieurs acquis dans le secteur de l'eau et de l'assainissement au Bénin. Représentant l'Ambassadeur de la République fédérale d'Allemagne près le Bénin, Katharina Hecht, première secrétaire chargée de la Coopération, atteste que le secteur de l’eau et de l’assainissement est un secteur privilégié de la coopération bénino-allemande depuis plus d'une décennie. « La République fédérale d’Allemagne s'est positionnée comme l'un des partenaires leaders pour aider le Bénin à atteindre ses objectifs…Depuis 2017, l'Allemagne a investi près de 73,5 millions d'euros soit 48 milliards de francs Cfa au Bénin pour le secteur de l'eau et de l'assainissement », fait savoir Katharina Hecht. Elle a ensuite félicité le gouvernement du Bénin pour la priorité donnée à l’accès à l’eau et les efforts remarquables faits dans l'amélioration de la gestion intégrée des ressources en eau. La nouvelle corde au bout de l’ancienne Pour Tobias Godau, chargé du programme Agir-Eau, 2021 est une année particulière. Elle marque la prolongation du Proseha qui devait prendre fin en 2020 et l’obtention du financement pour la mise en œuvre du Programme d’Appui à la Gestion intégrée des ressources en eau dans le contexte du changement climatique (Agir-Eau). Présentant ce nouveau programme, il fait savoir que Agir-Eau se décline en trois composantes respectivement intitulées « Cadre politique » ; «Gestion intégrée des ressources en eau » ; « Eaux usées et boues de vidange ». La composante A mettra l’accent sur l’élaboration du cadre politique pour la Gire et la gestion des eaux usées incluant le changement climatique et le genre. La composante B porte sur la mise en œuvre des mesures Gire axées sur la résilience climatique dans les bassins de la Pendjari, du Mékrou, du Mono et de l’Ouémé. La composante C va favoriser le développement de composantes essentielles d’une chaine de services dans le domaine des eaux usées. Le lancement du programme Agir-Eau a également été l’occasion de saluer les performances de la deuxième phase du Programme sectoriel Eau, Hygiène et Assainissement (Proseha) mise en œuvre dans 38 communes de 6 départements avec un budget d'environ 12 milliards de francs Cfa... A terme, ce programme a entre autres, favorisé la digitalisation du système d'information en eau, l'installation de l'Autorité du Bassin du Mono et 420 systèmes de chloration qui profitent à environ 2 millions de personnes... Société 04 févr. 2022


Vaccination contre la Covid-19 à Bohicon : Les leaders d’opinion s’impliquent
La lutte contre la Covid-19 suscite l’engagement des leaders d’opinion à Bohicon, à 125 km de Cotonou. Tous se sont mobilisés pour le bien-être des populations dans cette commune du Zou. Une tenue locale décontractée et l’air résolu. La démarche avenante et ferme, Olivier Langanfin Glèlè, président des faiseurs d’opinion du Zou, Collines, Mono et Couffo, fait montre d’un engagement spontané et désintéressé dans le cadre de la sensibilisation à la Covid-19. Dans la commune de Bohicon, sa voix compte parmi les plus importantes. Convaincu qu’aucun sacrifice n’est de trop pour bouter ce virus hors du Bénin, il ne se fait pas prier. « La sensibilisation sur la Covid-19 concerne tout le monde. Lorsqu’un danger plane sur la tête d’un pays, on n’attend pas le dernier moment pour agir. Ce virus fait des ravages partout. La vaccination doit être le premier réflexe de tous au Bénin. C’est notre leitmotiv», lance-t-il. La stratégie utilisée dans cette commune du Zou pour rallier le plus grand nombre à la cause est propre à la localité. « Nous sensibilisons régulièrement les populations à travers les ondes afin qu’elles aient la bonne information et se fassent vacciner. Nous mettons également l’accent sur le porte-à-porte afin de convaincre tout le monde sur la nécessité de la vaccination. Nous évoquons les exemples palpables de cas graves pour mieux éclairer l’opinion publique sur la pandémie», explique-t-il. Pour réussir le pari, Olivier Langanfin Glèlè sait que la charité bien ordonnée commence par soi-même. Il n’hésite souvent pas à brandir son carnet de vaccination aux populations en guise d’exemple. « Je fais partie des toutes premières personnes à Bohicon à me faire vacciner. C’est sur cette base que la lutte que je mène est davantage aisée », note-t-il. Ainsi, lui et son équipe explorent les coins et recoins de la localité tout en parlant à cœur ouvert aux populations dans les langues du terroir. «Nous parcourons les hameaux et villages pour faire passer notre message. Nous sillonnons les maisons pour expliquer les ravages de la maladie et les rumeurs qui se propagent autour d’elle », détaille-t-il. Dieudonné Zoungbonon, chef du village de Zoungbo-bogon à Cana, arrondissement de Zogbodomey, participe également à la lutte anti-Covid-19. Il est disponible à plein temps pour sensibiliser ses administrés. L’aisance et le ton utilisé pour aborder le sujet témoignent d’ailleurs de son engagement. Chez lui, le devoir républicain prime en matière de lutte contre la pandémie. « Si le chef de l’Etat s’est impliqué personnellement dans la riposte, pourquoi devrais-je me faire prier en tant qu’élu local ? », souligne-t-il. Le mode opératoire du chef village et son groupe est bien ingénieux. « Le conseil du village sillonne tous les jours les couvents et églises. Nous privilégions également les regroupements de masse afin de déconstruire les rumeurs concernant les vaccins et encourager les populations», précise-t-il. Résistance au départ, résultats à l’arrivée Au départ, les leaders d’opinion à Bohicon étaient confrontés à la résistance des populations. Aujourd’hui, tout évolue comme sur des roulettes. Leur détermination a fini par payer. «Au début, il y avait beaucoup d’informations erronées sur la maladie et la vaccination. Les gens avaient mêlé la pandémie à la politique, oubliant que la Covid-19 est une question de santé et donc de vie. Heureusement, avec notre implication, les populations arrivent à discerner les fausses informations des vraies et savent aujourd’hui que la vaccination est le geste idéal», se réjouit-il. Leurs actions sur le terrain permettent d’améliorer les données. « Grâce à nos efforts, le pourcentage de personnes vaccinées augmente de jour en jour. Les gens sortent massivement », assure Olivier Langanfin. Les moyens traditionnels mis à contribution permettent aussi d’atteindre les objectifs. «Dix personnes sur quinze se font vacciner aujourd’hui. C’est à notre actif ! S’il faut gongonner, nous le faisons. Il est déjà arrivé qu’il ait rupture de stock de vaccins », révèle Dieudonné Zoungbonon. Le corps médical est admiratif de leur élan. «Les leaders d’opinion jouent leur partition dans la riposte à la crise sanitaire mondiale. Beaucoup de rumeurs sont répandues sur les réseaux sociaux au sujet de la vaccination. Il fallait donc convaincre les populations sur son bien-fondé. Les leaders d’opinion étant plus proches des communautés, leur concours est capital. Nous notons toujours une forte mobilisation des populations lorsqu’ils interviennent », apprécie Djibril Abogbohoué, médecin chef de la commune de Zogbodomey. Grâce à leur présence sur le terrain, les plus sceptiques changent d’avis. « Les leaders d’opinion et les élus locaux réussissent à convaincre les indécis d’autant qu’eux-mêmes se font vacciner aux yeux de tous », apprécie Arouna, habitant de Bohicon. « Ils parlent tout le temps des bienfaits de la vaccination anti-Covid-19 et des pièges à éviter sur les chaînes de radiodiffusion et les canaux digitaux. Nous croyons à leurs messages », ajoute Arièle, résident à Bohicon. En attendant que la crise sanitaire ne soit qu’un vieux souvenir, le comité d’engagement communautaire de Bohicon dont font partie les leaders d’opinion, multiplie les causeries, les sensibilisations à domicile et de masse pour gagner la bataille. Visiblement, ces acteurs ne sont pas prêts à se donner du répit tant que le dernier citoyen de la localité ne sera pas vacciné . NB : Ceci est une production de la FeRCAB avec l’appui financier de l’Unicef en collaboration avec le ministère de la Santé. Société 04 févr. 2022


Bernard Ehoun sur la multiplicité des instruments de mesure : « Un tel système de mesurage comporte des insuffisances »
La grande variété des instruments traditionnels de mesure utilisés dans la commercialisation des produits agricoles n’est pas du goût des dirigeants de l’espace communautaire Uemoa, qui ont décidé de prendre une résolution. Il s’agit du Règlement numéro 08/2014/Cm/Uemoa qui définit, entre autres, les unités de mesure légales utilisables dans les pays membres de l’Union. Bernard Ehoun, directeur départemental en charge de l’Industrie et du Commerce dans le Mono-Couffo, revient dans cette interview sur les motivations et implications de la résolution. La Nation : Pourquoi une résolution contre la variété des récipients traditionnels de mesure utilisés dans les marchés de l’espace Uemoa ? Bernard Ehoun : Vous avez raison de dire qu’il y a de nos jours une variété impressionnante de récipients traditionnels de mesure dans nos marchés. La direction départementale de l’Industrie et du Commerce que j’ai l’honneur de diriger a mené une enquête économique sur les instruments de mesure utilisés dans la commercialisation des produits agricoles dans le Mono et le Couffo. Cette enquête a révélé que les commerçants utilisent divers instruments, selon les marchés, les communes et même les départements, pour le mesurage des produits agricoles. Ces instruments sont connus sous divers noms comme évigban, otoka, tohoungodo, védomè, ganouvi, petit panier, sohoungo, ibogban, etc. Un instrument en vogue dans un marché donné, peut ne pas être connu dans un autre et cela, à l’intérieur d’une même commune, d’un même département ou dans la même région comme le Mono-Couffo. Vous pouvez comprendre alors pourquoi la variété et le nombre impressionnant des récipients traditionnels de mesure en vogue dans les marchés ne sont plus du goût de l’Uemoa. En effet, un tel système de mesurage comporte plusieurs insuffisances qui ne favorisent pas le développement socio-économique. D’abord, les instruments traditionnels de mesure, parce qu’il n’est pas facile d’établir leur correspondance, génèrent des obstacles techniques au développement du commerce entre les pays de l’Union d’une part, et entre les pays de l’Union et le reste du monde d’autre part. Ces instruments excluent les pays où ils sont encore utilisés, de la compétition internationale en matière de commerce de divers produits, faute d’instruments de mesures appropriés. Ensuite, avec ces instruments traditionnels, les producteurs tout comme les consommateurs sont grugés. Seul le commerçant tire son profit de l’utilisation de ces instruments. Qu’est-ce qui est alors proposé en lieu et place des instruments traditionnels de mesure en vogue ? Lors d’une transaction commerciale, la quantité délivrée doit être au moins égale à la quantité annoncée. Pour que cela soit ainsi, il est recommandé dans la commercialisation des produits agricoles d’utiliser les balances, les bascules et les ponts bascules qui sont des instruments de mesure légaux parce que reliés au système international d’unité (Si). De façon pratique, on peut utiliser la balance pour vendre ou pour acheter le maïs, le gari, le niébé, les fruits et légumes, les tubercules comme l’igname, et j’en passe. Est-ce que vous savez que dans les communes du Couffo, ce sont les tricycles ou les véhicules bâchés qui servent d’outils de mesure lorsqu’il s’agit de vendre les agrumes notamment les oranges? En termes de poids, cela ne correspond à rien. Ce système ne peut pas permettre à notre pays de produire des données fiables sur la production des fruits. On peut donc en lieu et place de ces moyens de déplacement qui sont utilisés comme des instruments de mesure utiliser les bascules. Le combat des acteurs que sont les maires, les responsables de nos marchés pour une commercialisation aux normes des produits agricoles doit consister à lutter pour la vente au kilogramme. C’est le seul moyen pour que le commerce des produits dans nos marchés soit équitable, transparent, compétitif et bénéfique aussi bien au producteur qu’au consommateur en passant par le commerçant. Comment faire pour que les commerçants adoptent effectivement des instruments de mesure agréés dans l’espace Uemoa ? C’est vrai que l’Uemoa a adopté un règlement instituant un système harmonisé de métrologie dans les Etats membres. Il s’agit du Règlement N°08/2014/Cm/Uemoa qui définit, entre autres, les unités de mesure légales utilisables dans les pays membres de l’Union. L’adoption de ces nouvelles mesures va se faire par sensibilisation. Il ne s’agit pas, dans les jours à venir, de retirer de force, les récipients traditionnels de mesure que les commerçants utilisent dans nos marchés. Le ministère de l’Industrie et du Commerce à travers ces structures compétentes, notamment l’Agence nationale de normalisation, de métrologie et du contrôle qualité (Anm) et les directions départementales, va amener les différents acteurs du système de commercialisation des produits agricoles à comprendre les avantages de l’utilisation des instruments de mesure légaux conformes au système international d’unité (Si). Au Sénégal, les seuls instruments qui sont utilisés aujourd’hui sont ceux conformes aux ambitions exprimées à travers le règlement ci-dessus cité. Avec les acteurs de la filière de la banane plantain, il y a aussi un bon travail qui se fait et cette banane se vend déjà au kilo. Mon vœu est que les producteurs de crincrin dans les communes d’Athiémé, de Lokossa et de Houéyogbé entrent dans la même dynamique en imposant peu à peu qu’on leur achète leurs productions avec des bascules à l’instar du coton. Une fois acquis, les instruments de mesure que nous recommandons doivent être vérifiés et étalonnés par l’Anm. A qui va profiter la commercialisation des produits agricoles avec des instruments conformes au système international d’unité ? L’utilisation des instruments de mesure conformes arrange le secteur du commerce des produits agricoles. Les instruments liés au système international d’unité instaurent la transparence et la confiance. Par contre, l’utilisation d’instruments de mesure disparates peut décourager certains acheteurs à fréquenter nos marchés, ne maîtrisant pas bien notre système de mesurage et craignant d’être «dupés». Vous constatez avec moi que pour rendre plus compétitifs nos marchés dans le double espace Cedeao et Uemoa, nous devons, chacun à son niveau, œuvrer à l’avènement d’un système de mesurage qui réponde aux exigences internationales. Cela profite à plus d’un ! Dans le cadre de la mobilisation des recettes de l’Etat, l’utilisation des instruments de mesure fiables peut contribuer à l’amélioration des recettes publiques. Dans l’industrie, les instruments de mesure bien étalonnés permettent de réduire de façon substantielle les pertes de production qui impactent négativement la compétitivité de l’entreprise. L’utilisation d’une balance renforce la confiance des clients et garantit un commerce équitable. Quelle stratégie le Bénin développe-t-il pour ne pas être en marge de la dynamique de l’espace Uemoa ? Il a été recommandé à l’issue de l’atelier de vulgarisation sur les textes communautaires en matière de métrologie organisé à Cotonou en mai 2018, de promouvoir l’utilisation des balances et d’interdire progressivement les récipients traditionnels de mesure. Bien avant cet atelier, le Bénin a pris un certain nombre de textes qui sont en train d’être actualisés. Il faut souligner aussi le travail de professionnalisation des circuits de commercialisation de nos produits agricoles que le gouvernement fait. L’organisation professionnelle de la commercialisation des produits agricoles oblige les producteurs, les acheteurs, les transformateurs à utiliser des instruments de mesure recommandés par le système international d’unité. C’est le cas dans la filière soja aujourd’hui. Avant l’avènement du régime du Président Talon, cette spéculation se vendait dans le même désordre que le maïs, l’arachide. Mais, aujourd’hui, c’est fini ! La vente ou l’achat se font avec des balances. Petit à petit, d’autres filières seront contaminées par la vente au kilogramme. C’est pourquoi, ma direction a entrepris l’année dernière une vaste campagne de sensibilisation et de plaidoyer afin que la commercialisation des produits agricoles prenne un nouveau départ dans le Mono et le Couffo. Comme j’ai commencé à le dire plus haut, l’adoption de cette mesure au niveau départemental passera par la sensibilisation des opérateurs économiques. La réussite de cette action nécessite l’appui des autorités départementales et communales. A ce sujet, je me réjouis déjà de la disponibilité des préfets du Mono et du Couffo à appuyer l’opération. L’année dernière, ces deux autorités se sont personnellement impliquées dans l’exécution de l’activité de ma direction sur les instruments de mesure utilisés dans la commercialisation des produits agricoles dans la région. Cette activité comportait deux phases. La première phase est celle de la collecte de données sur les différents instruments de mesure utilisés dans nos marchés dans le cadre de la commercialisation des produits agricoles. C’est une étape qui nous a permis de faire l’état des lieux de ces instruments. Pour ce faire, tous les marchés des deux départements ont été parcourus. A la seconde étape, les données collectées et traitées ont été présentées au cours de deux ateliers organisés respectivement à Grand-Popo pour le compte du Mono et à Klouékanmey pour les acteurs du Couffo. Ces ateliers nous ont permis de comprendre que les acteurs de la chaine de commercialisation des produits agricoles veulent aller eux-aussi à la vente au kilogramme parce que cela présente beaucoup d’avantages. Quelles sanctions sont prévues à l’encontre de ceux qui tenteraient de résister au règne des instruments de mesure imposés au sein de l’espace communautaire ? Il y a des sanctions prévues par les textes en vigueur au Bénin en cas de non utilisation d’instruments de mesure appropriés dans les transactions commerciales. Nous pouvons citer à titre d’exemple le décret 86-216 du 30 mai 1986 portant règlementation générale des instruments de mesure en République du Bénin. L’article 42 dudit décret prévoit comme sanction quinze jours à six mois de prison et/ou une pénalité financière de dix mille à un million de francs Cfa. Dans la commercialisation de certains produits comme le soja, le cajou et le karité, ces sanctions sont appliquées quand l’infraction est établie. Mais, pour les autres produits généralement vendus dans nos marchés, comme le maïs, le gari, les fruits…, la sensibilisation est privilégiée en attendant que leur commercialisation soit plus organisée. Des initiatives se prennent déjà dans ce sens par le gouvernement à travers le ministère de l’Industrie et du Commerce. Actualités 04 févr. 2022


Sèmè-Podji : 1500 plants de palétuviers en terre
L’édition 2022 de la Journée mondiale des zones humides (Jmzh) a été marquée au Bénin par la mise en terre de 1500 plants de palétuviers, à Aholouyèmè dans la commune de Sèmè-Podji. En nette régression, les mangroves ont besoin d’être restaurées sur le lac Nokoué. En marge de la célébration de la journée mondiale des zones humides, l’Agence béninoise pour l’Environnement (Abe) a procédé à la mise en terre de 1500 plants de palétuviers à Tori Agonsa, dans la commune de Sèmè-Podji. Mais avant, les populations locales mobilisées à l’occasion ont été sensibilisées à l’importance des écosystèmes humides et la nécessité pour elles de les protéger. « Les zones humides constituent une mosaïque de milieux variés, caractérisés par une exceptionnelle richesse biologique et une grande diversité paysagère. Tourbières, lagunes, marais, prairies humides, mangroves, ou mares forestières, chacun de ces milieux participe au bon équilibre de notre planète en assurant de nombreuses fonctions et services rendus à la société. En dépit de leur rôle fondamental, les zones humides sont en constante régression, notamment du fait de la pression humaine, du drainage et de la perte de la biodiversité. Des mesures pour enrayer ce processus de recul et pour préserver ces milieux remarquables sont nécessaires», a rappelé François-Corneille Kedowidé. En réalité, il est commémoré à cette journée mondiale, la signature du traité sur les zones humides dans la ville de Ramsar le 2 février 1971. Les Etats signataires, dont le Bénin, se sont ainsi engagés à œuvrer pour la conservation, l’utilisation rationnelle et durable des zones humides. Pour répondre à ses engagements vis-à-vis de la Convention, le Bénin a inscrit quatre sites d’une superficie de 1 179, 354 ha sur la liste Ramsar des zones humides d’importance internationale. Il y aussi le complexe de coopération transfrontalière « W-Arly-Pendjari», inscrit en 2018 et qui s’étend sur les deux rives des fleuves Niger et Pendjari. Cette activité de reboisement se déroule sur le site Ramsar 1018 qui prend en compte la basse vallée de l’Ouémé, la lagune de Porto-Novo et le Lac Nokoué. C’est une zone humide exposée à plusieurs menaces de dégradation. En procédant au nom du préfet de l’Ouémé au lancement de la mise en terre des plants, Said Liassou a invité les populations à une réelle implication dans la protection de la biodiversité. « Engageons-nous et œuvrons, chacun en ce qui le concerne, à valoriser, gérer, restaurer, aimer nos zones humides pour notre bien-être à tous », a-t-il martelé. Le thème de l’édition 2022 de la Jmzh est: « Agir pour les zones humides, c’est agir pour la nature et les humains ». Actualités 04 févr. 2022


Coups d’Etat au Burkina Faso, en Guinée et au Mali : A Accra, la Cedeao maintient les sanctions
A Accra, hier 3 février 2022, les chefs d’Etat de la Cedeao ont maintenu les sanctions prises à l’encontre du Burkina Faso, du Mali et de la Guinée. Ils disent être disponibles pour accompagner le retour à l’ordre constitutionnel dans ces pays. Fermeté, mais aussi ouverture au dialogue. Au sommet extraordinaire tenu hier, la Cedeao a décidé de maintenir les sanctions infligées au Mali, au Burkina Faso et à la Guinée. Le leitmotiv des chefs d’Etat réunis est resté le retour à l’ordre constitutionnel dans ces pays. En effet, lors de ce conclave ayant connu la participation du président Patrice Talon, la récurrence des coups d’Etat dans la sous-région était à l’ordre du jour. Les chefs d'Etat ont examiné le rapport des missions déployées au Burkina Faso les 29 et 31 janvier 2022. Il en est de même des mémorandums sur la situation au Mali et en Guinée présentés par Jean-Claude Kassi Brou, président de la Commission de la Cedeao. La libération de Kaboré exigée Par rapport à la situation politique au Burkina Faso, les chefs d’Etat disent avoir pris note de la détérioration des conditions de sécurité et de la situation humanitaire dans le pays. Cela appelle, disent-ils, à un retour rapide à l’ordre constitutionnel pour traiter efficacement ces questions. « Sous peine de sanctions, la Conférence exige la libération sans condition du président Roch Marc Christian Kaboré », précise le communiqué. Dans le même temps, la Cedeao a décidé du maintien de la suspension du pays des hommes intègres de tous les organes de l’institution jusqu'au rétablissement de l'ordre constitutionnel. « La Conférence confirme la suspension du Burkina Faso de toutes les institutions de la Cedeao, jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel, appelle l’autorité militaire à mettre en place les organes de la transition, à adopter un calendrier électoral et favoriser le retour à l’ordre constitutionnel le plus rapidement», martèle le communiqué. Fermes, mais aussi ouverts Dans le cas guinéen, la Cedeao dit avoir pris bonne note de la création récente du Conseil national de transition, en tant qu’organe législatif. Néanmoins, elle reste préoccupée par l'indisponibilité du calendrier de transition requis à la session extraordinaire du 16 septembre 2021. Et là, les sanctions restent maintenues. « La conférence décide de maintenir toutes les sanctions déjà imposées à la Guinée ». Les mesures sont aussi semblables face au Mali. « La conférence invite les autorités maliennes à proposer rapidement un chronogramme acceptable à la Cedeao afin de permettre la levée progressive des sanctions », soulignent les chefs d’Etat. Toutefois, ils disent être disponibles à travailler de concert avec l'Union africaine et les Nations unies à fournir les moyens techniques nécessaires d’appui aux autorités des trois pays concernés. Une force d’appui en Guinée-Bissau La tentative de coup d’Etat en Guinée-Bissau est revenue dans les discussions d’Accra. Elle a été condamnée par les chefs d’Etat qui ont par la suite exprimé leur solidarité au président Umaro Sissoco Embalo. La Cedeao est allée plus loin et fait appel à la force armée. «La Conférence, au vu de ces derniers développements, décide de l’envoi d’une force d’appui à la stabilisation du pays », précise le document. Du côté de la Gambie, les composantes militaires et de police de la mission de la Cedeao seront maintenues pour consolider la stabilité du pays. Cela traduit l’engagement de la Cedeao en faveur du respect du principe de la tolérance zéro aux coups d’Etat, conformément au Protocole additionnel de 2001, relatif à la démocratie et la bonne gouvernance. Actualités 04 févr. 2022


Atteinte des objectifs du Projet Swedd Bénin : Les Ong délégataires entrent dans la bataille
Après leur recrutement, la mise en route des Ong prestataires du Projet d’autonomisation des femmes et du dividende démographique au Sahel (Swedd-Bénin) a été faite, hier mercredi 2 février. Le gouvernement compte sur elles pour l’atteinte des objectifs d’ici à 2024. Le compte à rebours a commencé pour les Ong recrutées dans le cadre de la mise en œuvre du Projet Swedd-Bénin. La cérémonie de leur mise en route a eu lieu hier, en présence de la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, Véronique Tognifodé. En effet, à travers sa première composante, le projet Swedd vise à créer une demande pour les produits et services de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle. L’enjeu est entre autres, d’assurer le maintien des filles dans le système scolaire et d’apprentissage. D’ici à 2024, 530 240 filles vulnérables seront touchées dont 500 000 filles déscolarisées ou non scolarisées. Et pour en arriver là, le gouvernement a opté pour le mode « Faire faire». Pour cette approche à la fois globale, inclusive et innovante, cinq Ong et consortium d’Ong ont été sélectionnés via une procédure régie par le Code des marchés publics. « Je suis convaincue que ces Ong feront preuve d’abnégation, de professionnalisme et d’un suivi constant de l’avancement de la mise en œuvre, en collaboration avec les bénéficiaires et les autres acteurs. Leur responsabilité est engagée dans l’identification des cibles, le processus de planification et de priorisation des actions à mener », a déclaré Djaoudath Alidou Dramane, coordonnatrice du projet Swedd-Bénin. La distribution de kits, les transferts monétaires conditionnels à l’endroit des filles scolarisées seront poursuivis. Les efforts devront concourir aussi au renforcement en compétence de vie et à l’autonomisation des femmes et des filles déscolarisées ou non scolarisées. Ceci implique l’accompagnement des communautés à la base pour un changement social et comportemental. Pour la ministre des Affaires sociales, les Etats ne peuvent plus agir seuls et couvrir tous les besoins des populations. A l’en croire, ils ont besoin des alliés comme les Ong. « Vous constituez des partenaires et des alliés de taille pour atteindre ces cibles et ces bénéficiaires que sont principalement les leaders religieux, les familles, les filles et les femmes », a martelé Véronique Tognifodé. C’est donc une lourde responsabilité pour les Ong sélectionnées, si l’on s’en tient aux challenges dévoilés par l’autorité. « Nous attendons à travers vos interventions qu’à partir de 2024, le Bénin soit compté parmi les pays où le taux de filles qui finissent leur cursus scolaire au plus haut niveau est élevé, le taux de décrochage scolaire est faible, le taux de femmes exerçant des activités génératrices de revenus et autonomes est élevé. Le taux de femmes ayant recours aux méthodes de planification familiale est élevé, etc. Ce sont autant d’indicateurs sur lesquels vous et nous ferons le bilan pour évaluer vos interventions », a-t-elle rappelé. Les prestataires, par la voix de Karl Frédéric Paul, ont rassuré toutes les parties présentes. Ils croient d’ailleurs que ce projet constitue un atout important sur la voie du développement, à travers l’autonomisation économique des femmes et des filles. Actualités 03 févr. 2022


Demi-finale de la Can Cameroun 2021 Burkina Faso-Sénégal, choc de « finalistes malheureux »
Vainqueurs respectifs de la Tunisie et de la Guinée équatoriale en quart de finale, les Etalons du Burkina Faso seront aux prises avec les Lions de la Teranga du Sénégal ce mercredi 2 février à la faveur de la première demi-finale de la Can Cameroun 2021, au stade Japoma. Cette rencontre au cours de laquelle une place est en jeu pour la finale apparaît comme un duel entre deux anciens finalistes malheureux de la compétition. Une place en finale de la Coupe d’Afrique des Nations est en jeu lors de la confrontation entre le Burkina Faso et le Sénégal prévue pour ce mercredi 2 février au stade de Japoma à Douala. Vainqueurs de la Tunisie (1-0), les Etalons du Burkina Faso devront battre les Lions de la Teranga pour se qualifier pour la finale. Absent à l’édition 2019 en Egypte, le Burkina Faso disputera pour la 3e fois depuis 2013 une demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Finalistes malheureux contre le Nigeria en 2013, les coéquipiers de Bertrand Traoré se sont refait une carapace de favoris depuis leur qualification pour les huitièmes de finale où ils ont mis les bouchées doubles pour venir à bout du Gabon. En quart de finale, le Burkina Faso s’est défait de la Tunisie (1-0) qui avait fait forte impression en 8e de finale face au Nigeria. Absent contre la Tunisie, le capitaine Bertrand Traoré va retrouver ses coéquipiers ce mercredi. Touché, le joueur d’Aston Villa a été préservé et devrait pouvoir tenir sa place face au Sénégal comme face au Gabon où il avait ouvert le score. A l’opposé, le Sénégal, finaliste malheureux en 2019 face à l’Algérie, ambitionne également de se qualifier pour la finale de cette compétition. Annoncé comme l’un des grands favoris pour le titre, le Sénégal est resté sur une victoire et deux matchs nuls au premier tour. Il a réussi son entrée dans le tournoi en se débarrassant du Zimbabwe au bout du temps additionnel sur un penalty de Sadio Mané. Moins convaincants lors des deux autres rencontres de groupe où ils ont été tenus en échec par la Guinée (0-0) et le Malawi (0-0), les Sénégalais ont élevé leur niveau de jeu depuis le démarrage des matchs à élimination directe. Les Lions de la Teranga se sont imposés (2-0) face au Cap-Vert en 8e de finale, alors qu’ils étaient en supériorité numérique (11 contre 9). Premier buteur de cette rencontre, Mané a également été victime d’un choc très violent face au portier cap-verdien. Le joueur de Liverpool s’est vite remis sur pied et a été décisif en quart en offrant le 1er but de son équipe à Diedhiou. Les partenaires de Koulibaly ont ensuite fait la différence en seconde période avec des buts de Kouyaté et du revenant Ismaïla Sarr, qui a marqué pour ses premières minutes de la compétition. A l’occasion de ce quart de finale, la très solide défense du Sénégal articulée autour de Mendy et Koulibaly a concédé son premier but de la compétition. Les Lions de la Teranga devront donc faire preuve de plus de réalisme pour se défaire du piège burkinabé. A noter que les trois dernières confrontations entre les deux nations se sont soldées par trois résultats nuls. Sports 02 févr. 2022


Promotion des filles et des femmes / Projet Swedd : La cartographie des leaders religieux validée
L’appui des chefs religieux et traditionnels est nécessaire à la protection et la promotion de la fille et de la femme. C’est pourquoi la cartographie de ces acteurs a été réalisée sur l’initiative du projet Swedd et validée lors d’un atelier, ce mardi 1er février, à Cotonou. La religion ou la tradition est souvent évoquée pour justifier des faits de violence ou de discrimination contre la gent féminine. Œuvrant pour la pleine réalisation et la protection des droits des filles et des femmes, le Projet régional d’autonomisation des femmes et du dividende démographique au Sahel (Swedd) a jugé utile d’associer les leaders religieux et traditionnels à ses actions pour plus d’impact. Dans cette optique, le projet a décidé d’identifier tous les acteurs religieux et traditionnels sur l’ensemble du territoire. D’où la cartographie des chefs religieux et traditionnels, réalisée sur l’ensemble du territoire national, et dont le document a été validé par les acteurs et experts, ce mardi. A l’ouverture de l’atelier, Djaoudath Alidou Dramane, coordonnatrice du projet Swedd-Bénin a indiqué qu’il est question, au cours des travaux, de finaliser la cartographie réalisée en passant au peigne fin tout le document qui décrit le réseau des chefs religieux et traditionnels du Bénin. A l’en croire, ce document est un outil essentiel à l’atteinte des objectifs du projet qu’elle conduit; étant donné que l’implication des leaders religieux est nécessaire pour le maintien des filles à l’école, l’autonomisation des femmes et des filles et la pleine jouissance de leurs droits à la santé sexuelle et reproductive. « Il vous reviendra d’apprécier le contenu du document de cartographie tant sur la forme que sur le fond en apportant vos riches contributions pour son amélioration », a ajouté Véronique Tognifodé, ministre des Affaires sociales et de la Microfinance. L’autorité ministérielle s’est réjouie, par la suite, de la forte représentativité des acteurs et spécialistes réunis pour explorer et valider la cartographie. Toutes choses qui, dit-elle, rassurent de la qualité du document à l’issue des travaux. Associer tous les leaders au combat Les travaux de terrain ont conduit à deux résultats majeurs, a fait savoir le consultant en charge de l’enquête, Professeur Abou Bakari Imorou. Le premier résultat, note-t-il, est en lien avec les pratiques qui persistent dans différentes localités. Entre autres pratiques, il y a la faible adhésion à la planification familiale et les diverses formes de violences à l’égard des filles et des femmes. Ces phénomènes sont observés dans toutes les 77 communes du Bénin, mais pas avec la même acuité, souligne le consultant. Le deuxième résultat a trait aux leaders qui sont impliqués dans la lutte contre ces phénomènes. Trois types de leaders ont été identifiés par le socio anthropologue, à savoir, ceux qui mènent déjà des actions en faveur des droits des filles et des femmes, ceux qui sont réticents pour des considérations d’ordre religieux et enfin ceux qui ne veulent pas du tout en entendre parler. La stratégie à dérouler par la suite, explique-t-il, c’est de convaincre, par différentes approches, les réticents et ceux qui sont hostiles à rallier le combat pour la protection des droits des filles et des femmes ainsi que leur autonomisation. Société 02 févr. 2022


Projet d’appui au développement du secteur portuaire : Enabel offre trois véhicules à des partenaires
L’agence belge de développement Enabel a appuyé, le 31 janvier 2022, trois structures impliquées dans la mise en œuvre de la politique environnementale du secteur portuaire, par des véhicules et un lot d’environ 700 manuels. En vue d’un espace portuaire respectueux de l’environnement, trois partenaires du Projet d’appui au développement du secteur portuaire (Pasport) reçoivent des moyens. Il s’agit de la Brigade forestière spéciale du port, du Centre de quarantaine végétale et de fumigation (Cqvf) du port et du Laboratoire des sciences et techniques de l’Eau et de l’Environnement (Lstee) de l’Institut national de l’Eau. Chacune de ces structures a été dotée d’un véhicule Pick-up Toyota 4x4. La cérémonie de remise a eu lieu le 31 janvier 2022. En effet, par le biais du projet Pasport qui vise la compétitivité du port de Cotonou, Enabel accompagne les acteurs économiques portuaires à, entre autres, assumer leur responsabilité environnementale pour une mise en œuvre efficace de la politique environnementale du secteur. « L’un des éléments qui ont guidé Enabel au cours de la formulation de ce projet est la question de la responsabilité sociétale de l’entreprise. Les activités identifiées prennent en compte le suivi de l’impact des activités portuaires sur l’environnement, notamment les problèmes de pollution, de nuisances et de protection des ressources naturelles », a souligné Martin Deroover, chargé d’affaires à l’Ambassade du Royaume de Belgique. Très mobile dans l’espace portuaire, la Brigade forestière spéciale du port peut donc pousser un ouf de soulagement. Elle pourra faire preuve de plus de pragmatisme pour faire respecter, par exemple, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites). « L’une des exigences du contrôle des produits forestiers au niveau du port de Cotonou est la mobilité du personnel. Les différentes contraintes du contrôle nécessitent un véhicule de terrain en bon état. Ce véhicule donnera alors au personnel une mobilité pour assurer l’efficacité des actions de la brigade », a noté Emmanuel Gbédji, représentant du directeur général des Eaux, Forêts et Chasse. Il n’a pas manqué de saluer Enabel pour les autres appuis du projet Pasport, surtout pour la digitalisation des formalités et procédures. En dehors du véhicule reçu, le Cqvf du port a bénéficié d’un appui pour la révision du manuel de l’inspecteur phytosanitaire et l’élaboration de procédures spécifiques d’inspection pour les filières soja, karité, anacarde, riz, et mangue. Lequel manuel, imprimé en environ 700 exemplaires, a été remis au cours de la même cérémonie. « C’est avec une immense joie que nous recevons cet important lot de manuels et ce véhicule flambant neuf qui contribueront à coup sûr à l’amélioration des performances du service de la protection des végétaux en général et du Cqvf en particulier», a laissé entendre Justin Roland Zoglobossou, directeur de la production végétale. Comme les deux autres partenaires du projet, le Lstee a été aussi doté d’un véhicule Pick-up. Ce qui devra permettre à ses chercheurs d’assurer au mieux leurs missions de recherche-action dans le domaine de la lutte contre la pollution et la gestion des déchets en milieu portuaire. À l’occasion, Prof Mama Daouda, directeur de l’Institut national de l’Eau, a remercié le peuple belge pour cet appui important. « Le véhicule que nous venons de recevoir sera d’un précieux atout pour l’atteinte des objectifs », a-t-il martelé. Tous reconnaissants à la coopération belge, ces trois partenaires du projet Pasport ont promis de faire bon usage des véhicules, de même que des manuels reçus par le Cqvf pour sa part. D’autres actions sont annoncées, notamment la prise en charge des frais de formation au profit de ces trois structures, ainsi que des missions d’échanges vers les pays de la sous-région. Le secteur portuaire béninois pourra ainsi rayonner. Société 02 févr. 2022


Consultation prénatale de groupes : Une nouvelle expérience pour les femmes
Dans le département de l’Atlantique, la consultation prénatale de groupes est en expérimentation. Les femmes enceintes y apprennent à s’observer et à mieux se faire suivre. Ouèdo, dans la commune d’Abomey-Calavi. Dans un coin du centre de santé, huit femmes assises en « U » sous un arbre se taquinent. « Regarde, on dirait que tu n’as même pas mangé avant de revenir en consultation», lance l’une d’entre elles à sa voisine qu’elle essaie de peser. L’exercice va se poursuivre, ce 11 janvier 2022, à tour de rôle, dans une ambiance décontractée. Les plus timides finissent pas se lâcher. Elles se mesurent la tension artérielle par un brassard placé au-dessus du pli du coude ou au niveau du poignet. Le mécanisme leur paraît amusant : le brassard est gonflé jusqu'à un niveau de pression supérieur à la pression systolique puis il est lentement dégonflé. Rose D, la trentaine, profite pour poser un problème qui lui tient à cœur : « La fois dernière, ma pression artérielle est passée à 8. J’avais un peu la fatigue et c’est comme si on me tape dans le cou ». Et les conseils suivront pendant un quart d’heure. Ces scènes banales s’inscrivent dans le cadre de la consultation prénatale de groupes (Cpn-G). C’est un modèle en expérimentation dans une vingtaine de formations sanitaires dans le département de l’Atlantique, au sud du Bénin. Selon Dr Faustin Onikpo, coordonnateur de l’expérimentation, la Cpn-G constitue une évaluation périodique de l’évolution de la grossesse depuis la conception jusqu’à l’accouchement en vue de prévenir ou de dépister et corriger à temps toute anomalie. « Elle permet d’apprendre plus facilement aux femmes du groupe les choses essentielles qu’il faut connaître pour rester en bonne santé avec les bébés qu’elles portent. Elles peuvent évaluer entre elles leur état de santé avant d’être reçues individuellement de façon plus rapide par la sage-femme. Elle donne ainsi l’occasion aux femmes du groupe d’échanger entre elles pour rechercher des solutions à tout ce qui pourrait les empêcher de respecter les bonnes pratiques enseignées et conseillées», explique-t-il. La séance est organisée à la maternité tous les mois, sous forme de réunion d’apprentissage sur les bonnes pratiques pour le suivi de la grossesse, au profit d’un groupe de 8 à 15 femmes enceintes d’âge gestationnel similaire. « Il y a une confiance qui s’installe» Ici, à Ouèdo, on ne vient pas seulement en consultation, mais dans une école où l’on se redécouvre pour mieux se surveiller pendant la grossesse. Et c’est la première fois que Tranquiline Gnimagnon honore ce rendez-vous. « Je ne m’en revenais pas quand je mesurais la tension artérielle des autres femmes ou quand une autre me pesait. Il y a une confiance qui s’installe. Les échanges étaient ouverts. La sage-femme nous a bien accueillies. Moi, j’ai gagné beaucoup en peu de temps. C’est une sorte de partage d’expériences », confie-t-elle. Du côté de la maternité, on retrouve d’autres femmes enceintes, habituées à cette forme de consultation. C’est le cas de Chimène Boton qui est à sa deuxième participation. Elle témoigne de sa capacité à transmettre à d’autres personnes les bonnes pratiques apprises à l’aide du livret illustré qu’elle tient en main. « J'étais venue en consultation quand on m’en a parlé. Je n’ai pas hésité à intégrer le groupe. J’ai ressenti tout de suite le savoir-vivre. Nous faisons de nouvelles expriences. Je suis capable de mesurer la tension artérielle et comprendre les signes d’alerte auxquels une femme enceinte doit faire attention », dit-elle. A ses côtés, Diane Akidocho s’empresse de lui rappeler quelques autres acquis. « Nous avons des notions mêmes d’après-accouchement. Il y a beaucoup de choses que j’ignorais. Quand tu es une femme enceinte, tu dois prendre régulièrement les comprimés, avec des principes donnés. Par rapport aux signes de danger, je fais attention aux maux de tête, les saignements, la fatigue, la fièvre, etc. Même pour celle qui a déjà trois enfants, il y a de nouveaux réflexes qu’on développe avec cette forme de consultation prénatale », souligne Diane Akidocho. Faire de chaque grossesse, une expérience positive En réalité, selon l’Organisation mondiale de la Santé (Oms), les soins prénatals constituent une plateforme pour fournir d’importantes prestations de santé, dont la promotion de la santé, le dépistage, le diagnostic, et la prévention des maladies. Ces soins offrent l’opportunité de communiquer avec les femmes enceintes, les familles et les communautés, et de les soutenir, à un moment critique de la vie de ces femmes. C’est pourquoi l’Oms recommande à chaque femme enceinte de faire au moins quatre visites prénatales et d’effectuer la première dans le premier trimestre de la grossesse. Cependant, selon les résultats de l’Enquête démographique de la Santé (2017-2018), au Bénin, la proportion de femmes enceintes qui ont eu au moins quatre visites prénatales est de 52 %. Cette proportion varie selon le milieu de résidence. Elle est plus élevée en milieu urbain (59 %) qu’en milieu rural (48 %). De même, en milieu rural, le pourcentage de femmes qui n’ont effectué aucun suivi prénatal est plus de deux fois élevé qu’en milieu urbain (14 % contre 6 %). En outre, seulement une femme sur deux (51%) a effectué sa première visite prénatale au cours du premier trimestre de la grossesse. En milieu urbain, ce pourcentage s’établit à 57 % contre 46 % en milieu rural. Dans 10 % des cas, les femmes effectuent tardivement, c’est-à-dire à 6-7 mois de grossesse, leur première visite. Le modèle en expérimentation sous l’égide du ministère de la Santé, avec l’appui de l’Usaid, continue d’être approfondi. Pour Dr Faustin Onikpo, il y a des évidences que la Cpn-G améliore l’utilisation et la couverture des services offerts au cours de la consultation prénatale. Il s’agit en particulier de la couverture en traitement préventif intermittent préconisé dans la prévention du paludisme pendant la grossesse. Au début de la mise en œuvre, une enquête de base a été réalisée; une enquête finale sera faite après 18 mois de mise en œuvre. L’enquête finale va apprécier des paramètres liés à la mise en œuvre, aussi bien quantitativement que qualitativement. « L’enquête finale va fournir de la matière au ministère de la Santé qui décidera de l’opportunité de la mise à l’échelle de ce modèle de Cpn au Bénin », rassure Dr Faustin Onikpo. Cependant, ayant pris goût à ce modèle, certaines femmes souhaitent déjà la généralisation. «Ça va beaucoup aider les femmes. Ce n’est pas que je n’ai pas les moyens. Mais à force d’échanger entre femmes, ça m’a motivée. Avec cette ambiance, il n’y a pas de raisons de rater des consultations », défend Diane Akidocho, qui a les yeux rivés sur le prochain rendez-vous, en février 2022. Santé 02 févr. 2022


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