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Nouvelles

Pag 2021-2026 : Trois chantiers majeurs pour la diplomatie
Au cours du quinquennat 2021-2026, le gouvernement du président Patrice Talon, poursuivra les chantiers visant à faire de la diplomatie un puissant outil de développement. Trois grandes réformes sont prévues à cet effet par le Programme d’action du gouvernement (Pag II). Après les fructueuses actions des cinq dernières années dans le secteur de la diplomatie, cap maintenant sur de nouvelles réformes à mettre en œuvre d’ici à 2026. L’Exécutif béninois entend continuer à faire du secteur un important levier du rayonnement du pays. La diplomatie comme outil de mobilisation de ressources et de développement. Tel demeure le leitmotiv du gouvernement du président Patrice Talon. Pour atteindre cet objectif, il prévoit, à travers son Programme d’action 2021-2026, de mettre en œuvre trois grandes réformes dans le secteur. Il s’agit, en effet, de la dynamisation des pôles régionaux de la nouvelle carte diplomatique, de l'établissement d’une zone de libre-échange avec le Nigeria et les autres pays de la sous-région, et de la mise en place des conseillers au partenariat et à la coopération décentralisée. Aurélien Agbénonci, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, explique le bien-fondé de chacune de ces trois chantiers. Avec la nouvelle carte diplomatique « aujourd’hui, nous sommes à 14 pôles (Ndlr : ambassades). Alors on les appelle des pôles régionaux parce que lorsque le président de la République vous envoie à Paris et que vous êtes aussi en charge de l’Estonie ou que vous devez aussi agir au Danemark, vous êtes forcément dans la posture d’outil régional », note-t-il. Le deuxième chantier du Pag II, qui est la mise en place d’une zone de libre-échange avec le Nigeria, résulte de la volonté de l’Etat béninois d’assainir le cadre commercial avec son voisin de l’Est et géant de l’Afrique de l’Ouest. « Nous savons très bien que nous avons subi à un moment donné cette fermeture qui s’est faite en violation des textes de la Cedeao. Mais il faut être réaliste. Nous avons décidé de composer. Nous n’arrivons même pas à vendre certains de nos produits au Nigeria alors que les textes de la Cedeao rendent possible normalement la circulation, la vente de tout ce qui est produit dans l’espace Cedeao. C’est pour cela que le président a décidé que nous mettions en place cette zone où nous allons avoir quelques accords particuliers, où nous allons nous mettre d’accord sur des détails parce que nous nous sommes rendu compte, lorsque nous échangeons avec nos amis du Nigeria, que lorsque certains détails ne sont pas réglés avec eux, on n’arrive pas à avancer », a déclaré le chef de la diplomatie béninoise. Par rapport à la mise en place des conseillers au partenariat et à la coopération décentralisée, Aurélien Agbénonci explique l’importance de cette initiative par le fait que la coopération décentralisée « est une source aussi de mobilisation (Ndlr : de ressources) et auprès des préfets et des maires, il faut qu’il y ait des agents qui ont certaines aptitudes pour les accompagner ». Au total, quatre projets découleront des trois chantiers projetés. Il y a le programme spécial de construction, de rénovation et d'acquisition des chancelleries et résidences des ambassadeurs du Bénin ; la construction et l’équipement de la résidence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération ; la réhabilitation des infrastructures du ministère ; et la modernisation de l'administration diplomatique. L’ensemble est estimé à un montant global de 19 milliards F Cfa. Actualités 12 janv. 2022


Can 2021 : La Sierra-Leone décroche son premier laurier
Auteurs d’une prestation de rêve contre les Fennecs de l’Algérie, les Leone Stars ont décroché leur premier laurier de cette Can 2021 grâce à leur dernier rempart Mohamed Kamara. Au terme de la partie, le portier sierra-léonais  a été élu l'homme du match ( man of match). Solide dans ses buts, le gardien de la Sierra Leone a réussi à défier la machine offensive algérienne. Avec  efficacité, il a pallié les velléités algériennes aux  24e, 48e, 52e, 60e, 68e, 81e, 90e +1 et 90e +4 minutes. Avec anticipation, il a sorti la grande classe avec 7 arrêts (14e, 26e, 42e, 45e +1, 45e +2 et 68e). Ayant fait trembler les Fennecs, les Leone Stars viennent de marquer leur premier point dans cette compétition, prenant une sérieuse option pour les huitièmes de finale avant leur deuxième sortie contre la Côte d’Ivoire le dimanche 16 janvier à Douala.   Sports 11 janv. 2022


Faux frais d’inscription au Cep 2022 : 33,8 millions FCfa déjà récupérés dans l’Atlantique (16 directeurs/directrices sanctionnés)
Le ministère des Enseignements maternel et primaire (Memp) a déjà récupéré auprès des écoles tant publiques que privées du département de l’Atlantique plus de 33,8 millions FCfa de faux frais abusivement ajoutés au montant de constitution des dossiers de candidature au Certificat d’études primaires (Cep) session de 2022. Les onze autres départements ont jusqu’au 20 janvier prochain pour s’exécuter et faire le point de restitution desdits fonds aux parents d’élèves spoliés. Le communiqué du ministre des Enseignements maternel et primaire (Memp), Salimane Karimou, en date du 24 novembre 2021, mettant en garde les directeurs et directrices d’écoles primaires tant du public que du privé, qui spolient les parents d’élèves, en fixant de façon fantaisiste, les frais de constitution des dossiers de candidature au Certificat d’études primaires (Cep) session de 2022 a payé. Un montant de 33 836 500 FCfa a été déjà récupéré sur un total de 39 605 500 FCfa, dans l’Atlantique où un point provisoire a été fait à l’autorité ministérielle. Ce point partiel renseigne qu’au total, 46 875 dossiers ont été réceptionnés dans ce département dont 22 603 filles et 24 272 garçons contre 49 167 en 2021, soit une diminution de 2 292 pour un taux en baisse de 04,66 %. Les frais fantaisistes dénoncés varient d’une école à une autre allant de 3 000 à 5 500 F Cfa, voire 6 500 F Cfa. Dans une école par exemple, le directeur s’est permis de prendre chez des parents d’élèves 2500 F Cfa au titre de droits d’inscription et 1 000 FCfa pour les frais d’établissement de la carte d’identité scolaire au lieu de respectivement 500 et 800 F Cfa retenus plus les frais d’examen blanc à 2 500 FCfa alors qu’ils sont facultatifs parce que la participation à cette évaluation n’est pas obligatoire pour le candidat et son coût ne devrait dès lors pas être greffé au montant de constitution de dossiers. Ainsi, le candidat au Cep n’a qu’à payer officiellement au plus 1 500 FCfa si les frais de relevé de notes fixés à 200 F Cfa s’ajoutent à ceux d’inscription et d’établissement de carte scolaire. Sur l’opération, 16 directeurs et directrices d’école ont été épinglés dans l’Atlantique. Il s’agit de sept à Abomey-Calavi, six à Allada, un à Ouidah et deux à Zè. Parmi les mis en cause, le point renseigne que quatre sont déjà traduits devant le conseil de discipline avec pour sanction un avertissement écrit. Le conseil de discipline des douze autres restants est en instance. Suivant la note de service n°2349 /Memp/Dc/ Sgm/Sp du 09 décembre 2021 portant modalités d’organisation des examens blancs du Cep, tous les Conseillers de régions pédagogiques (Crp) ont été instruits de restituer les frais d’examens blancs déposés dans les comptes des circonscriptions scolaires aux directeurs d’école qui à leur tour les reverseront aux parents d’élèves concernés contre décharge. La restitution des 33 836 500 F Cfa a déjà commencé dans l’Atlantique en attendant la récupération des 5 769 000 F Cfa restants. Les regards sont tournés vers les autres écoles tant publiques que privées des onze autres départements pour le même exercice. En tout cas, il leur est rappelé qu’elles ont jusqu’au 20 janvier prochain pour se mettre au pas et permettre aux parents d’élèves concernés d’entrer en possession de leurs fonds. Société 11 janv. 2022


Echanges de vœux à la CCI Bénin : bilan et perspectives déclinés entre acteurs du secteur privé
Faire le bilan de 2021 et projeter des actions à mener en 2022 afin de redynamiser et impulser le développement du secteur privé. Autour de cet objectif, se sont mobilisés, vendredi 7 janvier dernier, à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin) à Cotonou, différents maillons du secteur privé. Les acteurs du secteur privé béninois se sont réunis à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin) pour des échanges de vœux, faire un bilan et prendre leurs marques pour un nouveau dynamisme au cours de 2022. A l’occasion, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin), Arnauld Akakpo, a souhaité une heureuse et fructueuse année à ses pairs. Les chefs d’entreprises, commerçants, prestataires de services ou élus consulaires, ainsi que les présidents d’organismes professionnels et d’employeurs, qui ont pris part à cette rencontre ont salué cette initiative, que le président de l’institution entend pérenniser. A l’en croire, c’est une base pour consolider l’unité des acteurs du secteur, se projeter dans l’avenir et jouer pleinement sa partition pour le développement du pays. A juste titre, le président de la Chambre d’Agriculture du Bénin (Cab), Imali Hermann Djetta, va rappeler la part qui revient au secteur privé dans la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement (Pag), 2e génération. Il s’agit d’atteindre une croissance à deux chiffres au bout de cinq ans, soit 10,2 %, en injectant douze mille milliards de F Cfa. Le secteur privé est attendu pour contribuer à hauteur de 52 % à l’atteinte de ce résultat. « De ses 25 ans de vie professionnelle au Bénin, c’est la toute première fois que le président du Cipb note une telle initiative de présentation de vœux, qu’il souhaite voir se poursuivre. Il formule ses vœux d’une fructueuse et féconde année à tout le secteur privé. L'année 2022 sous le signe de l’espoir, de l’optimisme, de la coopération, du partage et de la résilience », tel est le vœu de Benoît Dandjinou, représentant du président du Conseil des Investisseurs privés au Bénin (Cipb). « A travers ce que je considère comme un symbole de l’unité, il faudra que chacun en ce qui le concerne, dans son domaine d’intervention puisse exceller au mieux aux côtés du gouvernement et surtout dans l’accompagnement de son Pag, de manière à ce que les nôtres ne soient pas en reste », a insisté le président de la Confédération nationale des Employeurs du Bénin (Coneb), Albin Feliho. Selon le président du Conseil national du Patronat du Bénin (Cnp-Bénin), Eustache Kotingan, il était important de choisir cette forme de retrouvailles des présidents des organismes professionnels et d’employeurs du Bénin afin de rompre avec la tradition et de porter le message d’unité du monde économique. A travers lui, le Cnp-Bénin promet de continuer de jouer son rôle de créateur de richesse et reste persuadé que 2022 marquera l’amélioration des relations nécessaires entre autorités gouvernementales et organisations consulaires et patronales, mais aussi une implication plus significative des entreprises nationales dans le Pag 2. La cérémonie s'est achevée dans une ambiance de convivialité autour d'une collation. Société 11 janv. 2022


La touche des adeptes du culte Attigali à Parakou
Les religions endogènes étaient à l’honneur hier, lundi 10 janvier, au Bénin. A Parakou, leur célébration n’est pas passée inaperçue. Grande était la mobilisation des adeptes et dignitaires du culte Attigali de la ville. Les adeptes et dignitaires des religions endogènes de la ville de Parakou ne sont pas restés en marge de leur fête nationale célébrée chaque 10 janvier. Cette année, c’est à Ganou chez Anasthase Aïko alias Awagué, que les Attigali se sont donné rendez-vous. Ils y sont restés toute la journée. La commémoration de cette année, les adeptes et dignitaires du culte Attigali à Parakou l’ont placée sous le signe de la paix et de la patience. Ceci du fait des situations de violences notamment les attaques répétées des djihadistes enregistrées dans certaines localités du septentrion, a indiqué un dignitaire du culte, Romain Batcho. « Outre les inquiétudes des populations de ces zones, on déplore des pertes en vie humaine, aussi bien dans les rangs des civils que de nos militaires », déplore-t-il. « Par rapport au signe du fâ consulté, nous avons prié nos dieux et les mânes de nos ancêtres afin que notre pays soit épargné de cette situation », rassure-t-il. «Dans la perspective de la célébration de la fête du 10 janvier, nous avons l’habitude de nous retrouver à la fin de chaque année. C’est pour voir, en fonction de ce que nous avons cotisé dans notre caisse, ce que nous pouvons immoler à l’occasion de la commémoration», explique-t-il. Cette année, ce qu’ils ont mobilisé leur a permis de prendre un taureau. Des louanges, prières, chants et danses rituels ont également marqué les festivités. Des prières ont été dites et les différentes divinités liées au culte Attigali implorées, pour conjurer les mauvais sorts. C’est depuis plusieurs jours que les préparatifs de l’évènement ont commencé. La célébration a démarré avec la veillée organisée, dimanche 9 janvier dernier. Par ailleurs, les adeptes des autres divinités telles que Kao, Sakpata, Zangbéto ne sont également pas restés en marge de la célébration. Pendant que certains étaient sur le terrain de l’Ocbn, d’autres n’ont pas voulu quitter leurs couvents, afin de prier pour le pays et ses dirigeants. Chez Ogou Sourou, une prêtresse du dieu du fer Worou, à Sirarou, dans la commune de N’Dali, non loin de Parakou, ce sont plus d’une centaine de poulets et une dizaine de cabris qui ont été sacrifiés en guise d’offrandes à l’occasion du rituel dénommé « Go Sakarou ». En présence des fidèles venus des quatre coins du septentrion, elle a invoqué les mânes des ancêtres à travers cette divinité. Actualités 11 janv. 2022


Zone industrielle de Glo Djigbé : recrutement de 1000 personnes pour le textile
1000 POSTES À POURVOIR DANS LE TEXTILE AU SEIN DE GDIZ !
La Zone industrielle de GloDjigbé se veut être un vecteur principal du développement économique et social du Bénin. Cela passe également par l'employabilité et ça commence dès aujourd'hui : en collaboration avec l'APIEx BENIN et l'ANPE BENIN, 1000 emplois sont à pourvoir dans les unités industrielles textiles de la Gdiz !
Retrouvez ci-joint toutes les informations relatives à ces postes.
Vous avez entre 18 et 30 ans et savez lire et écrire le français ?
Inscrivez vous avant le 30 janvier 2022 via www.azoli.bj ou directement auprès des antennes départementale de l'ANPE dont vous retrouverez la liste ci-jointe.
Zone Industrielle de Glo Djigbé
Actualités 11 janv. 2022


Protection de la biodiversité : Le sacré repousse les menaces
A côté de la sensibilisation et de la répression conformément aux lois, les divinités apportent leurs contributions à la conservation de la biodiversité. Ala Bouche du Roy à GrandPopo, posé au cœur des mangroves, le Zangbéto veille au grain. La présence depuis 2015 de ces gardiens de la nuit, dans la réserve communautaire, a considérablement réduit les coupes sauvages de palétuviers. Dans ce milieu où les religions endogènes n’ont pas encore totalement perdu de leur caractère sacré, les populations riveraines ne peuvent pas enfreindre les règles et interdits. Ce qui permet le développement de l’écosystème. Celui qui s’y aventurerait à couper les palétuviers risque de s’attirer des ennuis spirituels. Selon certaines indiscrétions, à celui-ci, il peut être demandé un panier de moucherons (chose impossible) et beaucoup d’autres choses en guise de sanctions. « Avec l’implication active des communautés locales et des dignitaires traditionnels, le culte Zangbéto est utilisé pour sacraliser les zones de mangrove qui font partie des aires centrales et aires tampons de la réserve Bouche du Roy. Plus de 500 hectares de mangroves sont sacralisés pour mieux conserver l’écosystème contre les pressions des coupes sauvages et de la pêche afin de limiter la dégradation des mangroves et de permettre la régénération des ressources halieutiques ainsi que leur habitat de reproduction », confie Moïse Koumassa, assistant de projets à EcoBénin. En réalité, selon la Fao, de Djondji à Nikouécondji (commune de Grand-Popo), en 1995, la mangrove occupait  10 754 ha. Cette superficie de l’écosystème a diminué à hauteur de 5 808 ha en 2005 du fait de l’anthropisation. Cependant, une décennie après, il est constaté une forte augmentation de la superficie couverte, soit 7 882 ha. La gestion participative et la sacralité en sont pour beaucoup. L’île aux oiseaux située dans la localité d’Allongo accueille de nouveau les oiseaux migrateurs. « La sacralisation a permis de repeupler l’habitat de la faune présente (oiseaux, singes, varans, etc.) et de régénérer les ressources halieutiques (poissons, crabes, huitres, crevettes, etc.) pour le bien-être des communautés. Cela a permis également de restaurer les écosystèmes de mangroves en dégradation et de leur permettre de mieux jouer leur rôle important de puits à carbone et de lutte contre les effets des changements climatiques », explique Moïse Koumassa. Le vodoun, au cœur de la nature L’expérience de la sacralisation n’a pas été que bénéfique à la Bouche du Roy, qui devient désormais, après le conseil des ministres du 5 janvier 2022, une aire marine protégée. De nombreux écosystèmes sacrés permettent au Bénin de conserver la biodiversité et ses valeurs, en limitant les coupes et la dégradation. Raison pour laquelle, beaucoup d’études recommandent d'inclure les sites sacrés de forêt-galerie dans une stratégie de gestion durable des écosystèmes afin d'enrayer la destruction de la végétation et de préserver la biodiversité.     « Le caractère sacré de ces sites et points d'eau a un impact évident sur la conservation de la biodiversité, à travers la prohibition de l'utilisation des poisons pour la pêche, de la pollution des eaux, l'interdiction de l'élevage, les défrichements dans leur voisinage immédiat, etc. », renseignent les auteurs de l’étude sur l’importance des sites sacrés pour la conservation des forêts galeries au centre du Bénin. Même dans un contexte de changement climatique, les divinités sont parfois appelées à la rescousse pour réduire les poches de sècheresse. « Vous avez naturellement des pratiques magico-religieuses qui sont également utilisées comme stratégies d’adaptation aux phénomènes climatiques qui bouleversent la vie des paysans. A ce titre, vous avez des cérémonies qui sont organisées pour faire appel à la précipitation pendant qu’on l’attend et que ça ne vient pas », fait remarquer Dr Akibou Akindélé, ethno-climatologue. La dimension du vodoun, des religions endogènes va bien au-delà de la foi, de la spiritualité, de la culture. Le vodoun est ancré dans la nature A la Bouche du Roy, le Zangbéto veille sur la biodiversité et la protège. Environnement 11 janv. 2022


Sa Majesté Daagbo Hounon Houna II : «l’écosystème constitue le socle de la vie …»
Le vodoun, ce sont des règles et des principes qui protègent la nature et la vie. Sa majesté Daagbo Hounon Houna 2, chef suprême du vodoun Huendo, roi des mers et des océans, donne ici les raisons. La Nation : Quel est le lien entre le vodoun et la Nature ? Sa majesté Daagbo Hounon Houna II : Le vodoun a choisi comme terre de prédilection l’Afrique, plus précisément le Bénin en Afrique de l’Ouest. Quand vous prenez une personne, d’une aire culturelle donnée, son ancêtre mythique ou son «tohio » se trouve peut-être dans les eaux, dans la flore ou tout simplement dans l’écosystème. C’est pourquoi, il y a des enfants qu’on appelle des « kpovi », «dovi », des enfants de l’eau. Je suis par exemple de l’eau. Mon ancêtre mythique se trouve dans la mer, tout comme le « tohio » du peuple Houéda (Ouidah), qui est le « Houéda Dangbé », communément connu sous le nom de python. A Grand-Popo, le tohio, c’est le python géant connu sous le nom de boa. Il y a des gens qui ont comme tohio des arbres tels que le baobab, l’iroko. Vous avez aussi des caïmans, la rivière, des cours d’eau. Ainsi, l’écosystème, la nature tout entière constitue le pivot même, le socle de la vie de tout un chacun. Dans ces conditions, nous sommes tenus d’entretenir ce qui constitue notre ''tohio''. Est-ce pour cela que des communautés entretiennent un lien sacré avec une partie de leur écosystème ? Si j’ai mon ''tohio'' dans l’écosystème, pourquoi ne jouerai-je pas un rôle d’avant-gardiste et sécuritaire ? C’est dans ces conditions que, dans certaines zones, il est interdit par exemple de labourer certains jours. Le vodoun qui est là ne l’accepte pas pour diverses raisons. Labourer ce jour-là constitue un frein à la bonne production agricole. La pêche en haute mer par exemple répond à un rythme donné. Tous les huit jours francs, les gens ne doivent pas aller à la pêche en haute mer. C’est interdit. De même que sur certains marigots et rivières, il est interdit de pêcher dans des zones données. Ce sont des zones considérées comme sacrées. Le faire, c’est briser la structure sociale. Quelques-uns enfreignent au principe, mais c’est toute la communauté qui en subit les conséquences. Depuis un certain temps, quand nous avons fait le choix de la démocratie, il a été constaté que les gens, prenant cela comme une grande ouverture, ne respectent plus ce qui fait la vie de la localité, du pays, du continent. Parce que toute la population a adopté des religions données. Certains disent : « Je ne suis pas de votre religion. Je peux faire ce que je veux. » Ceux-là, de par leurs actions font que la production halieutique diminue, la production agricole chute. Les mangroves sont détruites. Les forêts sont considérées comme des refuges pour les sorciers et les sorcières. Malheureusement, on engloutit des milliards de francs pour des questions de réchauffement climatique. On se dit qu’il faut reboiser. Faut-il retrouver la voie du sacré avec la présence des Zangbéto ? Nous avons des aires cultuelles données. Suivant qu’on se trouve dans une zone ou dans une autre, il y a le système d’avant-garde sécuritaire. Si dans les zones lacustres et dans les zones aïzo, vous avez le Zangbéto comme police sociale, dans les aires culturelles Nago-Yorouba, vous avez le Oro et autres. Ce ne sont donc pas seulement les Zangbéto. Il y en a d’autres. La vie étant considérée comme le « soun » et le «Yesoun », il y a des règles, des principes. Mais étant donné que les religions sont multiples, avec un défaut d’harmonie, d’entente, chacun fait ce qu’il veut au point où toute la population en subit les conséquences. Le vodoun pour nous se révèle comme l’organisation de la vie sociale, tout entière, donc, comme une science qu’on se doit de protéger, de conserver. C’est pour cela que les garants de la tradition n’ont jamais aimé que l’on brise cette structure sociale. La révolution était arrivée dans ce pays pour demander qu’on bannisse le vodoun, le traitant de féodalité, de sorcellerie et tout. C’est fait jusqu’à un moment donné où, pour trouver quelques grains de maïs à acheter, vous ne pouvez plus l’appeler par son nom. C’était devenu si rare qu’il y a eu la disette. Aujourd’hui, le premier magistrat du pays a dit que l’Afrique est de culture vodoun. Quel que soit l’endroit où vous vous trouvez, au sud ou au nord du Bénin, il y a le vodoun. Quand il y a le vodoun, il y a le respect, le ''soun'' et le ''yesoun''. Ce sont des règles et principes à respecter. Et quand vous êtes dans une zone donnée, par rapport au vodoun que vous avez, il y a des interdits à respecter. Mais qu’on le veuille ou non, il y a un certain nombre d’indices qui font qu’on peut parler du vodoun. Nous avons les forêts, les rivières, les oiseaux, les animaux. Il faut respecter l’ordre normal des choses. Quand c’est le cas, tout va normalement. Il y a lieu de trouver cette harmonie entre les religions pour que chacun puisse respecter les directives. Environnement 11 janv. 2022


Wenceslas Adjognon-Monnon à propos des ambitions du gouvernement pour le vodoun : « Il y a un engagement fort pour en faire un produit touristique phare »
Le gouvernement béninois a opté pour la valorisation du patrimoine immatériel du pays à travers un vaste programme et de nombreux investissements. Le Vodoun se trouve en pole position de cette initiative qui veut proposer au reste du monde l’une des particularités du Bénin. Wenceslas Adjognon-Monnon, directeur du programme Tourisme de l’Agence nationale de promotion des patrimoines et de développement du tourisme, évoque à travers cet entretien, l’engagement et les actions du gouvernement, de même que la dimension culturelle et touristique du Vodoun. La Nation : Le Bénin a célébré ce 10 janvier, la fête des religions endogènes Selon vous, une telle célébration a-t-elle encore sa raison d’être ? Wenceslas AdjognonMonnon : C’est une fête qui nous honore parce qu’elle est appréciée de tous les Béninois, pas forcément à cause de la dimension touristique et culturelle qu’elle revêt. C’est une fierté et c’est quelque chose dont nous devrions savoir tirer les profits nécessaires pour en faire une journée de découverte sur le plan national afin que les gens puissent découvrir. les richesses culturelles et cultuelles de leur pays. Nous autres à l’Agence nationale de promotion des patrimoines et de développement du tourisme (Anpt), nous n’avons pas vocation à entrer dans le culte. Par contre, le volet culturel nous intéresse au plus haut point et c’est cela que nous nous évertuons à faire connaître d’abord à nos concitoyens puis après à la sous-région et sur le plan international. Depuis plus de cinq ans déjà que le gouvernement a entrepris des réformes dans les secteurs de la culture et du tourisme, quel bilan peut-on faire aujourd’hui ? Il faut savoir que nous sommes une destination en cours de programmation. Nous sommes structurés. Le chef de l’Etat a une vision claire et cette vision est de faire du Bénin un pays à haute valeur touristique, un pays où nous deviendrons incontournables dans le dispositif touristique de l’Afrique. Pour cela, nous avons plusieurs richesses. On peut faire toutes les activités touristiques qu’on veut au Bénin en dehors de la neige. Nous avons aussi quelque chose de particulier que personne n’a, qui est le Vodoun qui nous caractérise. Aujourd’hui, tout le monde en a peur parce que quand vous êtes au Cameroun ou ailleurs dans le monde et que vous dites ‘’Vodoun’’, on pense plutôt à la poupée sur laquelle on met des aiguilles pour faire du mal alors qu’il n’en est rien. Pour que l’individu lambda comprenne qu’il n’en est rien, il faut le promouvoir. Cette promotion passe par la culture du Vodoun et non le culte Vodoun. Dans cette culture, ce gouvernement est le seul à avoir mis sur la table les moyens pour faire du Vodoun un produit touristique. C’est depuis 2016 qu’il y a eu un engagement fort de faire du Vodoun un produit touristique phare. Ceci dit, on n’improvise pas parce qu’on va toucher à des clichés qu’il va falloir gommer, nettoyer et cela nécessite de la préparation. C’est dans cette préparation que nous sommes. Depuis cinq ans, nous avons élaboré une stratégie sous la vision du président Patrice Talon. Ensuite, nous avons conçu un produit qui s’appelle la ‘’Route des couvents vodoun’’ qui dans sa phase initiale va englober cinq couvents. Ces cinq couvents vont se compléter avec des divinités qui ne sont pas les mêmes. Il y a ‘‘Mami wata’’, ‘‘Hêbiosso’’, ‘’ Sakpata’’, ‘‘Akabaidéna’’ ‘‘Mawulissa’’. Les couvents sont en cours de réhabilitation et dans ses réhabilitations, on crée des espaces de préparation que nous appelons ‘‘La case patrimoniale’’ parce qu’on n’entre pas dans un couvent comme on entre dans une église. Nous préparons les guides qui vont permettre de faire la médiation entre les visiteurs et le couvent. On prépare aussi le produit qu’on va pouvoir présenter aux visiteurs. C’est cet ensemble que nous sommes en train de finaliser. Les constructions physiques sont en cours. Il y a deux couvents qui ont bien évolué dans leur phase préparatoire à savoir le couvent ‘’Sakpata’’ à Ouidah et le couvent ‘’Hêbiosso’’ à Sokè. Le gouvernement est dans la logique de la valorisation du vodoun au même titre que le tourisme. Quel peut être l’intérêt d’une telle option ? Le tourisme est global. Le tourisme, c’est une famille d’activités. Le vodoun est un produit dans cette activité. On a du balnéaire, du culturel. Nous avons aussi l’histoire de l’esclavage sans oublier le pèlerinage de Dassa-Zoumé qui est un produit touristique. Aujourd’hui, nous avons le vodoun qui est une religion mais de cette religion, nous pouvons tirer un intérêt touristique. Cela a un double sens pour nous, c’est-à-dire le sens de déconstruire tout ce que l’imaginaire a eu le temps de s’inventer sur le vodoun puis de faire découvrir ces lieux souvent magnifiques dans lesquels se pratique cette religion. Le vodoun est au profit du tourisme béninois. Quelle est la vision du gouvernement pour la dimension culturelle et touristique du Vodoun ? La vision du gouvernement, ce n’est pas de rechercher la conversion de quiconque. C’est pour ça que les couvents sont structurés. Il y a des cours extérieures et aussi des filtres. Nous nous arrêtons à la frontière de ce qu’on peut montrer à un visiteur. La vision du gouvernement est de dire que le côté non sacré de la chose peut être montré. Ensuite, on explique aux gens qu’il y a des interdits et c’est pour ça qu’on prépare le visiteur à s’imprégner de la chose pour pouvoir comprendre ce qu’on va lui expliquer pour qu’il soit en immersion. Quels sont les perspectives dans le secteur ? Parlant de perspectives, on a cinq couvents pilotes. Après, on va monter à quinze couvents et forêts sacrées dans le Bénin. Tout ceci génère des emplois, de l’économie dérivée et c’est aussi un produit d’appel. Il y a un label de sérieux qui se met en place pour tous ceux qui ont fait la divination du Fâ. Et ce sont des gens qui auront des engagements avec le gouvernement. Nous tendons à une certification du produit dérivé du vodoun dans le tourisme béninois. Pourquoi un comité spécial vodoun a été récemment mis en place ? Le comité a pour but de choisir des gens capables de réfléchir à une thématique précise. Le comité est constitué de gens de différents corps pouvant comprendre et expliquer ce que c’est que le Vodoun. Ce comité est aussi là pour éclairer le chef de l’Etat sur ce qu’ils ont récolté comme informations, quitte à ce dernier, de donner des instructions pour qu’on ait un musée le plus complet possible. Vous savez, nous sommes dans une tradition, hélas très orale. Il y a très peu d’écrits. L’aménagement d’une route des couvents est l’une des réalisations phares attendues. Le projet a-t-il enfin démarré ? Le projet de la route des couvents a démarré, il y a un moment déjà. En général, dans tous les projets, on ne voit que la partie réalisation. Pas forcément la partie conceptualisation ni préparation. Aujourd’hui, il y a deux couvents qui sont presque terminés. D’ici quelques semaines, les deux premiers projets vont être livrés par les entreprises. Qu’en est-il du projet de création du musée du Vodoun à Porto-Novo ? Ce projet avait été légèrement différé pendant un temps. Là aussi, cela fait partie de ce qu’on va mettre à l’actif du gouvernement qui est de dire que, même si nous avons prévu de faire quelque chose, nous allons poursuivre les analyses et affiner le sujet. Ce musée est maintenant dans une phase beaucoup plus concrète. Nous avons aujourd’hui, la capacité d’apprécier ces travaux et de proposer quelque chose de plus correct. Nous avons effectivement abandonné la forme qui était prévue sur le musée vodoun de PortoNovo, qui sera plus enrichie dans son contenu que son contenant. A partir de quand, la population et les touristes peuvent-ils enfin jouir de ces édifices ? Pour les couvents, c’est à partir de cette année 2022 et pour le musée du vodoun, nous allons dire fin 2023. Réalisé par Josué F MEHOUENOU & Isidore GOZO Culture 11 janv. 2022


Fête nationale des religions endogènes 2022 : le vodoun pour ‘‘révéler le Bénin’’
Le président de la République Patrice Talon a adressé son mot de solidarité à l’endroit de la communauté vodoun à l’occasion de la célébration de la fête des religions endogènes, ce lundi 10 janvier. Lire le message en intégralité… « Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, chaque 10 janvier, le Bénin célèbre fièrement, son riche patrimoine culturel et cultuel à travers la valorisation des religions endogènes. Cet héritage ancestral que nous travaillons à valoriser, contribue à nous révéler au monde. Nous pouvons en être fiers. C’est une fois de plus l’occasion pour moi de saluer la saine cohabitation des religions et de nous inviter à l’acceptation mutuelle car nos différences font notre richesse. Bonne fête des religions endogènes à toutes et à tous » Actualités 11 janv. 2022


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