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Nouvelles

Fête nationale des religions endogènes 2022 : quelques personnalités apprécient…
  To Tjoelker-Kleve, ambassadrice du Royaume des Pays-Bas près le Bénin To Tjoelker-Kleve, ambassadrice du Royaume des Pays-Bas près le Bénin « J’ai beaucoup admiré et j’admire beaucoup, au Bénin, ce respect pour les cultes ancestraux. Je trouve que c’est un très beau moment de fêter comme ça, tous ensemble, le 10 janvier qui est aussi célébré partout dans le pays. La parade des couvents était magnifique. J’ai beaucoup apprécié. » n ------------------------------------- Onur Özçeri, ambassadeur de la Turquie près le Bénin Onur Özçeri, ambassadeur de la Turquie près le Bénin « Je suis rentré hier de la Turquie à 11 heures 30 du soir parce que je ne voulais pas rater l’occasion de célébrer la fête des religions endogènes. Je suis content d’avoir pu communier avec vous. Le Bénin peut être fier de sa culture, et vous avez vu l’engouement que cela a suscité. Je suis très émerveillé par la parade des couvents.» -------------------------------- Anne-Françoise Tasnier, photographe belge Anne-Françoise Tasnier, photographe belge « Je suis pour la première fois au Bénin pour les célébrations vodoun (…). Mon compagnon et moi sommes intéressés par la différence culturelle et la beauté de chaque culture. Nous ne connaissions pas encore le Bénin, raison pour laquelle nous sommes venus admirer la culture béninoise. J’ai trouvé les parades très colorées et musicales. Nous avons pas mal d’expériences avec l’Afrique de l’Est mais nous ne connaissions pas l’Afrique de l’Ouest. C’est très différent. La présence de cette culture autour du vodoun, de toutes ces divinités, est très riche. Nous sommes vraiment sous le charme. » Actualités 11 janv. 2022


Appel à quitter les zones cibles d'attaques : le démenti du maire de Materi
Une vidéo partagée des milliers de fois sur les réseaux sociaux fait croire que le maire de Matéri, Robert Kassa, a demandé aux populations des zones cibles d'attaques djihadistes de quitter les lieux. A travers un communiqué en date du 7 janvier 2021, l'autorité communale dément et apporte des clarifications. Lire ci dessous l'intégralité de son communiqué.   Appel à quitter les zones cibles d'attaques: le démenti du maire de Materi   Actualités 09 janv. 2022


Sorcière filmée par une caméra cachée : Des éléments pour démasquer le faux
Une vidéo qui circule de façon virale depuis quelques semaines fait croire qu'une sorcière a été filmée au Bénin par une caméra cachée. Plusieurs éléments de vérification de La Nation prouvent le contraire. " Cette sorcière est entrée dans la maison en se servant d'un balai. Les occupants de la maison dorment. C’est un fait réel. Priez avant de vous coucher. Voyez, elle danse autour de la voiture du propriétaire de la maison, puis, elle va jeter des mauvais sorts. Ça se passe à Cotonou. Considérez que vous avez été un témoin. Je ne vais pas vous donner de précision sur l'adresse". De nombreuses personnes ont dû suivre en langue nationale béninoise fon, cet extrait de commentaire incisif dans une courte vidéo qu’un utilisateur du réseau social Tik-tok sous l’identifiant "90 cerveaux" a employé pour les convaincre qu’une sorcière a été surprise par une caméra cachée.
Cette sorcière est entrée dans la maison en se servant d'un balai. Les occupants de la maison dorment. C’est un fait réel. Priez avant de vous coucher. Voyez, elle danse autour de la voiture du propriétaire de la maison, puis, elle va jeter des mauvais sorts. Ça se passe à Cotonou.
Dans la vidéo abondamment relayée, il apprend au bout de la scène comment la prétendue sorcière est allée chercher un bébé à l’insu de ses parents. "Vous voyez, elle est allée prendre l'enfant qui n'a même pas encore 3 jours. Si cet enfant devient un délinquant, on va croire que c'est la faute de ce garçon. Alors que ce sont les sorciers qui sont à l'œuvre. Ça fait pitié. Les parents ne sont au courant de rien. Partagez et je vous enverrai la suite". [video width="360" height="640" mp4="https://info.lanation.bj/wp-content/uploads/2022/01/VID-20220105-WA0144.mp4"][/video] Apparu sur la toile début novembre, moment de fin d’année qui s’accompagne généralement de superstitions au Bénin et après une polémique de thèse de doctorat sur la sorcellerie,  l’enregistrement vidéo en question continue de susciter d'intérêt. La séquence de 5 min retrouvée dans des groupes WhatsApp, dont des forums religieux, laisse voir une femme tout de blanc vêtue présentée comme étant une sorcière. Des recherches effectuées sur cette vidéo rassurent qu’on est bien loin d’une histoire vraie à Cotonou. Faux, ce n'est pas à Cotonou L'auteur de la version en langue fon soutient que la scène a été filmée à Cotonou, mais qu'il ne voudrait pas donner l'adresse. Cependant, des recherches effectuées sur les réseaux sociaux permettent de se rendre compte que la vidéo a circulé dans de nombreux pays de la sous-région, avec diverses interprétations. Une recherche avec Invid  permet  de retrouver la même vidéo, avec une durée de 6'30, sur des pages Facebook suivie de légendes en anglais. Une autre recherche a été menée avec les mots clés comme " Witchcraft filmed november 2021 CCTV" or "sorcière filmée par caméra cachée" et un paramétrage des outils sur la période avant le 10 novembre 2021. Les résultats nous renvoient à
cette vidéo mise en ligne le 8 novembre 2021  par la chaîne Tamu Sa, avec 236 205 vues et 704 commentaires. Plusieurs autres publications identifiées sur Tic toc ciblent l'Afrique du Sud.

Un montage

On sait que les faits n'ont rien à voir avec Cotonou, voire le Bénin. La question qui revient est si la vidéo est vraie. La sorcellerie est une problématique qui revient sans cesse en Afrique et suscite même la curiosité de nombreux chercheurs. Il n'est pas exclu que dans l'ordre du spirituel, une sorcière atterrisse dans une maison. Mais serait-elle habillée, viendrait-elle sur un balai? Intéressons-nous plutôt à des détails techniques de la vidéo. Le son de la vidéo a été enregistré. Il a été ensuite soumis à une recherche d’effets audio pour retrouver d’éventuelle chanson d’où ils auraient été tirés. Le processus réalisé suivant les suggestions contenues dans cette  vidéo a permis de savoir que le bruit de fond provient du morceau K(2019) de  Alexanderplatz. Le morceau est accessible sur Spotify. On y retrouve l’ambiance de quelqu’un qui tousse. [embed]https://youtu.be/A1CHlVCbJCU[/embed] Aussi, on note un problème d’horodatage avec une pause de deux secondes avant que ne démarre la lecture de la scène. Cette situation se justifie par le fait que la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux est  plutôt un écran filmée. Ce n’est pas la vidéo source de caméra de surveillance. On note d’ailleurs un problème d’horodatage avec une pause   de deux secondes observées avant le démarrage du minutage. De l’avis de spécialistes du cinéma, il n’y a aucun doute, cette vidéo est un pur montage. Arcade Assogba, cinéaste réalisateur contacté par Olivier Ribouis, Coach formateur en fact-checking dans le programme Désinfox, suspecte un montage. «  C’est facile à faire pour un débutant qui s'y connaît en effets spéciaux. Ce n’est pas sûr que ceux qui sont dits sorciers dans notre imaginaire emploient de balaie pour voler comme dans Harry Potter et les contes pour enfants d'occident », rapporte-t-il. Daleth Ahomagnon, un cinéaste, spécialiste des effets spéciaux  soutient aussi que pour avoir ce résultat de sorcière volant avec un balai, on peut faire recours à des logiciels de base comme Adobe Première Pro et After effect.

Des usages hors de Cotonou

S‘il faut attribuer une nationalité à cette sorcière, on se perdrait. En dehors de Cotonou, la vidéo a été présentée en Côte d’Ivoire comme la scène d’une sorcière filmée dans la ville d’Angré. «  C’est une histoire réelle qui s’est passée à Angré. Le monsieur a mis une caméra cachée partout dans sa cour contre les voleurs et voilà qu'une sorcière est venue faire ses incantations la nuit, filmée par la caméra depuis le 04 novembre 2021 et c'est aujourd'hui que le monsieur à découvert la vidéo. Prions toutes les nuits avant le sommeil »,  a écrit  dans une publication sur   la page Facebook Un Miracle Tv, le 08 décembre 2021.

Verdict

La vidéo diffusée sur les réseaux sociaux ne montre pas une sorcière filmée par une caméra cachée  à Cotonou. De même, des indices montrent qu’il s’agit plutôt d’un montage dont le rendu a été filmé par un téléphone ou un autre appareil avant d’être diffusé sur les réseaux sociaux.

      Actualités 09 janv. 2022


Tournoi international des centres de formations d’Afrique : la nouvelle date du démarrage dévoilée
Le tournoi international des centres de formation de football d’Afrique prévu pour démarrer le 27 novembre 2021 est reporté au mois de février prochain. Face à la presse hier, jeudi 6 janvier à Cotonou, Anoï Niniba Castro, président de la Fondation internationale Issa Hayatou a confirmé la tenue de cette compétition réservée aux jeunes footballeurs U-17 de huit pays d’Afrique. En présence de Salumu Ngog Wa Balanga, ambassadeur de la République démocratique du Congo près le Bénin, Anoï Niniba Castro, président de la Fondation internationale Issa Hayatou a annoncé hier, jeudi 6 janvier, à la presse sportive la tenue du tournoi international des centres de formation de football d’Afrique doté du trophée « Kabund-A- Kabund de la paix », reporté depuis le mois de novembre dernier, pour le mois de février prochain. «Prévu du 27 novembre au 11 décembre dernier, le calendrier du tournoi a été modifié pour plusieurs raisons et la compétition se tiendra finalement du 22 au 26 février », a-t-il informé. Pour lui, le délai de la diffusion des spots, la Coupe d’Afrique des Nations et bien d’autres raisons ont motivé le report de cet évènement qui va regrouper autour du cuir rond à Cotonou, les jeunes footballeurs U17 du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Mali, du Burkina et du Ghana. C’est l’occasion pour lui de présenter ses vœux au gouvernement béninois et à son chef, le président Patrice Talon ainsi qu’au ministre des Sports qui a donné son accord pour l’organisation de cette compétition au Bénin. «Nous menons ce combat pour le développement du football et l'épanouissement de la jeunesse africaine», a-t-il poursuivi avant d’annoncer l’intérêt que porte Jean Marc Kabund-A-Kabund, vice-président du parlement congolais, à cette compétition. « Le président Jean Marc Kabund-A-Kabund a une double casquette car il est un homme de terrain et un bâtisseur du football des jeunes chez lui », a-t-il déclaré. Hommage aux présidents Talon et Tshisekedi A travers cet évènement, la fondation internationale Issa Hayatou souhaite rendre hommage aux présidents Patrice Talon et Felix Tshisekedi. Pour Anoï Niniba Castro, en homme de terrain, le parrain Jean Marc Kabund-A-Kabund, président intérimaire de l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (Udps) a compris la dynamique et partage le souci de la fondation Issa Hayatou de reconnaitre le mérite des présidents Talon et Tshisekedi. A l’en croire, le président Patrice Talon et son homologue de la Rdc, président de l’Union africaine, ont beaucoup fait pour le continent dans plusieurs domaines. Pour lui, le Bénin est l’une des meilleures destinations du football africain et mérite bien d’abriter une telle compétition. Selon le président de la Fondation Issa Hayatou, toutes les dispositions sont prises pour la réussite de l’évènement. Des récompenses dont le trophée de la paix seront décernées aux meilleures équipes au terme de ce tournoi où des distinctions seront remises aux président sPatrice Talon et Félix Tshisekedi pour leurs œuvres en faveur du continent. Sports 07 janv. 2022


L’éditorial de Paul AMOUSSOU : au plaisir des anti vax !
Sans déconner, le président Emmanuel Macron a-t-il raison de vouloir « emmerder » les anti vax, du nom de ceux qui se refusent à prendre le vaccin, seul moyen actuel connu pour pouvoir contrer la progression du coronavirus ? Sans ambages, oui ! Comme l’entarteur qui, dit-on, doit être aussi entarté, il faut emmerder ces emmerdeurs-là ! Pour la simple raison que ce sont eux qui font perdurer la pandémie, par leur manque de foi en la science, préférant mettre en péril la santé des autres sous le prétexte, discutable, de vouloir sauver la leur. La preuve du caractère fallacieux de leur argument reste qu’aucun de ceux qui, au Bénin comme ailleurs, prétendaient que le vaccin serait mortel, n’est mort depuis qu’ils l’ont pris par douce contrainte. Comme aucune des choses apocalyptiques prédites par les défenseurs de la thèse du complot, prétendument contre l’humanité, n’est non plus arrivée, depuis que dans le monde des centaines de millions de personnes ont pris le vaccin salvateur ! Mais c’est loin de suffire encore pour faire barrage au teigneux virus qui empêche, avec la complicité des anti vax, le monde de tourner rond, les amateurs de théâtre d’y aller, les cinéphiles de nourrir leur passion dans les salles obscures, les amateurs de petits plaisirs de table ou de bière de les assouvir…Il y a donc de bonnes raisons d’emmerder les anti vax ! Et sur cette lancée, le président Macron est loin d’être seul. La plupart des pays, à travers le monde, aujourd’hui, prennent des mesures draconiennes contre ceux qui refusent de prendre le précieux vaccin. A l’instar de la star du tennis mondial, Novak Djokovic, anti vax notoire, qui vient d’en faire les frais en Australie, où il n’a pu prendre part à un tournoi, par défaut du vaccin qu’il rejette. Dur, dur, d’être non vacciné sur la planète terre aujourd’hui. Et c’est tant mieux l Actualités 07 janv. 2022


Le metteur en scène Ousmane Alédji à propos de sa dernière création : « J’ai voulu célébrer la femme brave qui paie chèrement ses prétentions politiques »
« Tassi Hangbé, la reine amazone » est un théâtre de grande facture. Tout le monde en convient. Mais cette pièce couve des non-dits et des interrogations. Elle interpelle sur plusieurs sujets. Ousmane Alédji, metteur en scène et directeur de la compagnie Agbo-N’Koko, revient ici sur les coulisses de cette pièce et livre bien d’autres détails qu’il sied de lire ! La Nation : Parlez-nous des coulisses de ce spectacle qui rend hommage à la seule reine de l’ex-royaume du Dahomey. Ousmane Alédji : Je rends hommage à la mémoire de Florent Couao-Zotti qui s’est rappelé un vieux défi qu’on s’était lancé amicalement il y a quelques années, à la fin de la représentation de l’une de ses pièces. Ensuite, quand Florent Couao-Zotti vous appelle pour vous parler de son texte, vous le ressentez comme une marque de confiance et un honneur. J’ai donc dit oui spontanément ; sans réfléchir. Restait à résoudre trois problèmes, je ne connaissais pas le texte et « le patrimoine Amazone » est extrêmement complexe à traiter, du reste, artistiquement. Ensuite, pour créer, il faut de l’argent et du temps. C’est là que Coline-Lee Toumson-Venite est intervenue. Elle est comme descendue avec deux solutions. Le texte et une partie, 35 % exactement du budget de création. C’est dans le livre qui lui a été dédicacé par l’auteur que j’ai écrit mes premières notes. Elle était directrice déléguée de l’Institut français de Cotonou, je trouvais là, l’occasion de renouer mes relations avec la coopération française après 27 années de brouilles. Je me suis dit, c’est le moment. Le temps, il faut le couper dans le temps de sommeil. Pourquoi le choix de ces comédiens et acteurs ? Vous semblez avoir joué quelque peu sur vos vieilles amitiés… Vous avez raison. Je ne peux pas travailler avec un comédien ou une comédienne pour qui je ne ressens rien. Je veux dire, pour moi, diriger un comédien est un geste affectif, c’est un geste d’amour. J’ai besoin que le comédien s’ouvre comme une terre pour me laisser semer et qu’après, les graines prospèrent en lui. Il ne s’agit pas de tyrannie, il s’agit d’osmose, de fusion. Alors, si vous ne m’inspirez ni estime, ni amitié, ni respect, ni admiration…, je ne vous prends pas. Mes distributions sont mes familles. J’aime prendre les gens dans les bras et les serrer tout contre moi très fort. Amitié, fidélité, oui. Vous avez vu juste. Qu’une femme ait chaussé les sandales sacrées du royaume, cela ne passe pas encore bien dans la tête de certains gardiens de la tradition. Ce spectacle ne vient-il pas réveiller de vieux démons ? S’ils sont des démons, ils ne sont pas vieux. Vraiment pas vieux du tout. Mesdames Marie-Elise Gbèdo et Célestine Zanou sont là. Les démons qui les ont accablées lorsqu’elles sont descendues dans les arènes politiques avec les mêmes prétentions que les hommes, sont parfois plus jeunes que vous et moi. Je veux dire, c’est un sujet d’actualité. Un sujet grave. D’où la pertinence de la création de l’Institut de la Promotion de la Femme. C’est en réponse à un constat. Pourquoi ressusciter maintenant le débat autour du pouvoir des femmes ? Rassurez-vous, ce n’est pas le but de l’auteur, même si le spectacle laisse entendre ce débat, il n’en est pas le moteur. Ce que j’ai voulu célébrer en m’appuyant sur le texte, c’est l’Amazone béninoise, africaine. La femme brave, celle qui paie chèrement ses prétentions politiques les plus légitimes, celle qui souffre le martyre des opprobres et des conspirations machistes. Ce théâtre n’est-il pas provocateur ? Provocateur du point de vue de qui ? De ceux que vous appelez les vieux démons ? Alors, tant pis ! Tant mieux ! Dérangeant exprès, si c’est réussi. Ecoutez, le monde entier nous envie ce patrimoine qu’est l’Amazone. Ce n’est pas une légende mais une réalité historique. Mais elles sont où ? Où sont-elles ? Combien sont-elles, sont-elles tolérées dans le paysage politique, social béninois, ancien royaume qui, le premier, les a forgées ? C’est provocateur de les célébrer ? Savez-vous que dans la quasi-totalité des cultes traditionnels béninois, le pouvoir est entre les mains de nos mères ? Sur cet aspect précis, j’ai le sentiment que nos grands-parents étaient plus civilisés que nous. Pour qui a lu le texte de Florent Couao-Zotti, vous avez choisi de vous en écarter. Un caprice ou un besoin imposé par la mise en scène ? C’est un parti pris convenu. J’ai passé l’âge des caprices. (rires) M’écarter ? Non. Enrichir. J’ai fait, avec l’accord de l’auteur, une adaptation du texte avant d’en faire la mise en scène. C’est un gros travail d’appropriation de l’univers de Florent Couao-Zotti. D’ailleurs, je le taquine souvent en lui disant : « Tu as une tête de moine alors que tu es un gros vicieux ». Il n’économise rien. Quand je lis Florent Couao-Zotti, je l’entends rire, je le vois s’amuser, bref, il se lâche. Il est profondément littéraire. La mise en scène, c’est l’inverse, elle est presque scientifique. L’auteur ouvre des pistes, suggère des personnages, le metteur en scène leur donne un corps physique. De mon point de vue, la complicité entre un auteur et un metteur en scène est assimilable à un pacte entre le sel et le sucre. Deux natures différentes qui enfantent une troisième. On note dans la pièce un excès de proverbes, citations, incantations, chants, panégyriques. Vous en avez fait un peu trop visiblement ! Vous me connaissez un peu, je crois. Je ne laisse rien déborder. Je peux ne pas m’en rendre compte. L’autre chose, c’est que le piège est béant ; quand nous jouons dans les langues nationales devant le public béninois, cela peut donner cette impression. Parce qu’à l’appui de ce que dit le comédien, viennent la justesse des gestuels, du souffle, du ton, de l’intonation, du rythme, des sonorités etc… mêmes les silences sont justes. C’est un langage théâtral complet. Justement, votre mise en scène tourne royalement dos à la langue française et donne à entendre plutôt le nago, le fon et le mahi. Pourquoi ce choix ? Tourner dos au français, non. Pas du tout. D’abord, les sur-titrages nous permettent de mettre le texte dans toutes les langues du monde. C’est aussi un parti pris dont les gains sont palpables. Les frontières liées à la langue tombent. Nous présentons à la communauté artistique universelle le produit d’une dramaturgie nouvelle et propre à l’Afrique. Les Indiens, les Arabes, les Coréens ou encore les Chinois nous proposent des spectacles et des films dans leurs langues. Pour moi, le langage théâtral d’un metteur en scène est sa signature. C’est comme un copyright ou une propriété intellectuelle. J’explore ce registre depuis le spectacle Imonlê que j’ai créé en 2000. Comme pour donner raison à Aimé Césaire, Imonlê et Omon-mi sont les spectacles que j’ai le plus vendus sur le marché international. Aimé Césaire disait, je cite : « l’universel d’accord mais, l’identité d’abord. » Nos identités sont plurielles au Bénin. C’est un privilège et une chance dont il faut profiter pour se présenter au monde. Ce que nous apportons aux autres, c’est ce qui nous diffère d’eux. L’Institut français de Cotonou devait accueillir la première présentation mais après, plus rien. Nous avons subi deux reports pour des raisons de Covid-19. Là, je n’ai plus de contact avec l’administration de ce lieu depuis le départ de Mme Coline-lee Toumson. Mais, nous sommes là. Nous les attendons. On dit que vous avez vendu le spectacle au gouvernement béninois à prix d’or. Ah oui ? Tant mieux ! La direction générale de l’Anecsmo, que je remercie au passage pour les tortures que je leur ai infligées, ou encore les deux ministères qui ont mutualisé leurs efforts pour organiser cette soirée peuvent communiquer les chiffres à la presse s’ils le souhaitent. Je n’ai rien contre. Ce que je peux vous dire c’est que nous n’avons pas été mal payé. Le chef de l’Etat était annoncé à la soirée théâtrale de Tassi Hangbé. Mais à la fin, il n’y était pas. Comment justifiez-vous cela. Pourtant c’est un grand fan de théâtre ! Cela m’a un peu déstabilisé quand on me l’a soufflé à l’oreille au moment où je montais sur scène pour remercier le public. Quand j’ai appris le pourquoi après, j’ai fait ouf. Je ne peux pas vous répéter ce qu’on m’a dit mais, croyez-moi, il était là. Du reste, son esprit était avec nous. La prochaine fois, les acteurs et moi nous irons le saluer dans le public avant de l’amener sur scène. C’est très rare en Afrique, un chef d’Etat qui va au théâtre. Je saisis l’occasion que vous m’offrez pour lui redire au nom de tous ceux qui ont travaillé sur ce spectacle, un immense merci. « J’ai surtout senti le bonheur de l’art quand il est signé Ousmane Alédji ». Ce sont des mots de Florent Couao-Zotti à propos de votre mise en scène. Que répondez-vous ? Comme je vous le disais au début de notre entretien, c’est un privilège et un honneur de travailler sur l’œuvre de Florent Couao-Zotti. C’est un ami certes, mais c’est surtout un immense auteur. La preuve, voyez ce qu’il dit de mon travail. Un modèle d’humilité et de générosité. Je le remercie infiniment de m’avoir confié son texte. Culture 07 janv. 2022


Lecture croisée des deux Pag Bénin Révélé : la continuité dans la Rupture
Nis le même coût ni le même nombre de projets, mais la même charpente soutenue par la même vision : celle de révéler le Bénin. Le Programme d’action du gouvernement 2016-2021 et le Pag 2021-2026 ont le même Adn. Il est question de s’appuyer sur les acquis du premier pour accélérer le développement économique et social du Bénin. 3 piliers et 7 axes stratégiques ; c’est l’architecture du Programme d’action du gouvernement 2021-2026 qui s’inspire intimement du Pag échu. A la lecture des piliers et axes stratégiques, l’on réalise qu’il s’agit d’une poursuite conséquente des ambitions sur la base de ce qu’on peut déjà appeler les acquis du premier mandat. C’est une logique de continuité dans la Rupture et c’est aussi la preuve que le gouvernement reste fidèle à sa ligne de conduite. Le premier pilier du Pag 2021-2026 est intitulé : « Renforcer la démocratie, l’État de droit et la bonne gouvernance », avec deux axes stratégiques que sont le renforcement de la démocratie et de l’État de droit; et la consolidation de la bonne gouvernance. Intitulé : « Consolider la démocratie, l’État de droit et la bonne gouvernance », le premier pilier du Pag 2016-2021 comportait également deux axes stratégiques. L’axe stratégique 1 « Renforcement des bases de la démocratie et de l’État de droit » met l’accent sur l’assainissement du paysage politique, la révision de la Constitution, la revitalisation et la modernisation du système partisan, la création et la constitutionnalisation de la Cour des comptes. L’axe stratégique 2 du premier pilier est l’amélioration de la gouvernance. Il inclut l’informatisation et la dématérialisation de l’administration (smart gouv) ; la fusion de la gendarmerie et de la police nationales ; la revitalisation de la diplomatie béninoise. Des chantiers sur lesquels le premier quinquennat s’est largement investi. D’autres défis tels que le renforcement des institutions de contre-pouvoir et de l’indépendance de la justice ; l’amélioration des relations diplomatiques avec le Nigeria, restent à relever et sont au cœur du nouveau Pag. Le deuxième pilier du Pag 2021-2026 vise la poursuite de la transformation structurelle de l’économie, avec trois axes stratégiques que sont le renforcement du cadre macroéconomique et le maintien de sa stabilité ; l’accélération de la croissance économique ; la promotion d’une éducation de qualité et de l’Enseignement et de la formation technique et professionnelle. Pour rappel, la transformation structurelle de l’économie a été enclenchée dans le Pag 2016-2021 en son pilier 2 « Engager la transformation structurelle de l’économie ». L’axe stratégique3 qui vise l’assainissement du cadre macroéconomique et du maintien de sa stabilité, fait focus sur l’amélioration du climat des affaires. Le gouvernement a pris un ensemble de mesures visant à améliorer les performances du Bénin sur l’indice Doing Business. Ces mesures comprennent, entre autres, l’amélioration des réglementations régissant la création, les opérations et la fermeture des entreprises; le renforcement de la compétitivité de la plateforme logistique de Cotonou, ainsi que l’accès au foncier industriel et rural… L’axe stratégique « Amélioration de la croissance économique », met la lumière sur les secteurs stratégiques de relance tels que l’économie numérique, le tourisme et la culture, l’agriculture, les transports, les énergies et mines, l’artisanat. C’est dans le cadre de l’axe stratégique 5 «Amélioration des performances de l’éducation », que le gouvernement a mis en place le Conseil national de l’éducation, a opéré des réformes universitaires, et opté pour l’orientation vers les séries techniques et professionnelles. Tous ces chantiers vont être poursuivis dans le Pag 2021-2026 avec le défi de rendre opérationnelle la Cité internationale de l’innovation et du savoir sur son nouveau site. Le troisième pilier du Pag 2021-2026 est intitulé : « Accroître durablement le bien-être social des populations » avec deux axes stratégiques que sont l’amélioration de l’accès des populations aux services sociaux de base et à la protection sociale ; le renforcement du développement équilibré et durable de l’espace national. Une suite logique des actions du Pag 2016-2021 en son pilier 3 « Amélioration des conditions de vie des populations». L’axe stratégique 6 « Renforcement des services sociaux de base et protection sociale » a favorisé d’une part le projet Assurance pour le renforcement du capital humain et d’autre part, l’amélioration du cadre de vie et du bien-être des Béninois. L’axe stratégique 7 « Développement équilibré et durable de l’espace national », met l’accent sur l’accès à l’eau potable pour tous à l’horizon 2021. De grandes actions ont été engagées dans ce sens. Et ce défi reste au cœur des priorités du Pag 2021-2026. C’est sans occulter l’ambition de moderniser le marché central de Parakou. Des résultats significatifs ! Entre autres résultats de la mise en œuvre des actions prévues dans le premier pilier, le document de présentation du Pag 2021-2026 relève le nouvel état d’esprit de la population et de la classe politique en matière de bonne gouvernance ; le renforcement de l’unité nationale ; l’affirmation de l’autorité de l’Etat et la crédibilité de l’Etat. S’agissant du pilier 2, les résultats se résument en la relance de l’économie avec des investissements massifs dans les secteurs porteurs de croissance ; la bonne gestion des finances publiques ; la mise en place des infrastructures de base indispensables au développement socioéconomique; la reconstruction de l’école béninoise ; la valorisation de l’art, de la culture et de l’artisanat. Pour ce qui est du pilier 3, les résultats suivants sont évoqués: le démarrage de grands projets structurants dans toutes les communes ; la reconstruction du système de santé ; l’amélioration progressive des conditions de vie des populations. Mais le chef de l’Etat reconnait qu’en dépit de la belle route déjà parcourue, il reste tant de défis à relever. Enraciner la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance; maintenir la stabilité du cadre macroéconomique; renforcer la mobilisation des ressources intérieures; accroître la productivité et la compétitivité de l’économie béninoise ; relever significativement le niveau du Capital humain ; réaliser le boom industriel ; réaliser l’autonomie et la transition énergétique ; accélérer l’accès des populations aux services sociaux de base et à la protection sociale; réaliser le développement équilibré et durable de l’espace national ; sont autant de défis pris en compte dans l’élaboration du Pag 2021-2026 qui est également articulé autour de 3 piliers et 7 axes stratégiques. Actualités 07 janv. 2022


Raymond Assogba socio-anthropologue, à propos du symbolique de la fin d'année : ‘’une qualité d’énergie se déverse au cours de cette période…’’
Les périodes de fêtes de fin d’année sont des moments de purification ou de renouvellement de grâce, selon diverses croyances au Bénin. Le socio-anthropologue Dr Raymond Assogba, Maître de conférences des universités du Cames, enseignant à l’Uac, parle de ces pratiques, surtout chez les adeptes vodoun. La Nation : Nous venons de vivre une période de fin d’année. Que représente ce moment pour vous ? Dr Raymond Assogba : Raymond Assogba Du point de vue de l’évolution humaine, les sociétés ont engrangé dans leurs expériences que la vie et toutes les actions connaissent un cycle de choses dans un intervalle de temps, et parfois ces cycles reviennent. Déjà, avec la végétation, les saisons sont apparues. Et l’homme a compris cela. De par la culture, de par l’histoire, en cette période de fin d’année, qui symbolise le passage d’une période à une autre, les gens essayent de revoir les conditions de leur vivre-ensemble. Mais il y existe plusieurs logiques parce que nous sommes dans une société contracturée, c’est-à-dire une société dans laquelle plusieurs logiques se côtoient, se sont parfois affrontées, mais chacun a compris qu’il faut cohabiter. C’est pourquoi, chacun traverse le nouvel an selon la logique qu’il adopte. Ceux qui sont dans les religions chrétiennes font des veillées dans les églises. Aussi, il y a ceux qui, malgré cela, cherchent à se conformer aux conditions héritées de leurs ancêtres. C’est par rapport à ceux-là qu’il y a un certain nombre de rituels, en souvenir des ancêtres et certains travaux dans l’environnement. Voilà ce qui explique le tumulte de la période dite de fin d’année. Pourquoi alors une consultation du Fâ avant de passer à ces rituels ? L’homme, c’est celui qui a construit le milieu de sa survie. Donc nécessairement, il doit prévoir les conditions de la survie du groupe. Cela fait partie de l’historicité, c’est-à-dire de la conscience utilisée pour déterminer les conditions d’être toujours ensemble, surtout qu’il faut survivre aux situations désastreuses, entrevoir les conditions d’une vie plus améliorée. De par l’utilisation du Fâ-Vodoun-Bo, qui constitue l’intégrale de la vie dans le pays vodoun que nous sommes, il y a des conditions pour faire une prospective, savoir comment vivre aujourd’hui pour que de-main soit à la mesure de notre expérience. En conséquence, on interroge ce que j’appelle la raison du Fâ, parce que tout se fait à partir du Fâ. C’est le Fâ qui dévoile le message à partir d’une question précise. Comment peut-on traverser l’année sans maladie, ni mort ? Parce que les deux situations qui compromettent l’existence sont la mort et la maladie. Il s’agit de les exorciser et c’est le Fâ qui va dévoiler les conditions de cet exorcisme. C’est ce qui se fait. A partir de ce moment, les gens peuvent mieux appréhender le futur. C’est le message qui est donc recherché à travers la consultation du Fâ, qui veut dire la fraîcheur, qui s’entend comme les conditions à remplir pour le bon vivre-ensemble. Et « Houéfâ» s’entend qu’on a pu juguler toutes les conditions qui peuvent compromettre l’existence, et en pays vodoun, cela se fait pendant la période de la récolte de l’igname. De façon significative, qu’apportent ces rituels à l’individu? Il s’agit de se recharger. Après la récolte, il faut permettre au groupe de se régénérer et de revitaliser les autels ‘’ascin’’ (le panthéon) où est établi le souvenir des ancêtres devenus vodoun. Ces ancêtres ont leur site, et les vodoun également ont le leur. Pendant ces rituels, il y a une sorte d’électromagnétisme qui se produit. Déjà, il faut dire que le corps sentimental permet de traduire les sentiments, celui mental d’exercer l’intelligence, et le corps émotionnel est le niveau de l’amplitude des vagues psychiques. Or, il existe une batterie gigantesque qu’on appelle cosmos, et ce sont les ascins et les vodoun qui nous permettent de nous y connecter pour nous dériver le niveau de courant, d’électromagnétisme dont nous avons besoin pour faire nos activités. C’est à ce niveau qu’intervient le Fâ, qui donne le numéro qui vous permet d’ouvrir la source d’énergie. Quand le Fâ livre le message, on sait quel vodoun intervient. Ce vodoun va déterminer la qualité et la nature de l’énergie dont nous avons besoin selon un certain nombre de rituels. Et quand nous nous y conformons, c’est-à-dire à cette équation de réussite à travers les actes à accomplir, toute la communauté est heureuse et est régénérée. Comment s’assurer qu’en faisant ces rituels, selon les indications du vodoun, que le bonheur sera au rendez-vous tout au long de l’année ? Les molécules dans le corps ont des portes et les rituels sont des clés qui ouvrent ces portes à l’afflux de l’énergie. C’est une logique bien rationalisée et tout ce qui est utilisé comme ingrédients, c’est-à-dire au niveau des minéraux, des végétaux, de l’animal et même des émotions humaines, c’est tout un ensemble de codes, qui ont des signifiants comme ce qu’on rassemble et qui ont des signifiés. Et donc le cerveau qui est le lieu des synapses déclenche les stimuli pour remplir le château d’eau énergétique des consciences, de tout le corps. C’est ce qui se passe en période de fin d’année, parce que la terre dans son positionnement est dans un certain rapport avec toutes les planètes du cosmos. Et au cours de cette période, il y a une qualité d’énergie qui se déverse sur la terre. Si vous ne faites pas les rituels pour vous approvisionner, passée cette période, vous ne les aurez plus. Il y a des planètes qui viennent et qui sont plus proches de nous. Et quand l’année se déroule, ces planètes sont remplacées par d’autres. C’est le sens des rituels comme le ‘’tokplokplo’’, c’est-à-dire assembler et faire sortir de la contrée, de l’environnement les déchets qui peuvent nuire, et les convoyer grâce à une technologie propre au vodoun vers le lieu où ils doivent être transformés. C’est aussi la période où sortent les Egoungoun (les immortels ou revenants), les Zangbéto (les gardiens de la nuit) pour assainir l’environnement. L’on croise également les Dahoué, des femmes adeptes de vodoun (région mina) qui se servent du végétal mais aussi du métal pour produire une certaine sonorité, et circulent dans les maisons. Elles sont des intermédiaires dans le travail de revitalisation de l’environnement qui est d’abord psychique et psy-chologique avant d’être matériel. C’est tout cela qui entre dans le cadre de ces rituels et nous qui sommes allés à l’école, nous sommes des aliénés, parce que quelque part, l’on nous a appris à oublier ces choses, mais aujourd’hui beaucoup retournent à cela. Peut-on dire que ceux qui vont dans les églises obtiennent les mêmes résultats que ceux qui pratiquent ces rituels ? (Rire) Il y en a qui vont à l’église et qui vont également accomplir les rituels. Ça veut dire que l’église ne satisfait plus le besoin émotionnel des fidèles. Et l’on peut comprendre cela parce que les codes qui sont enseignés à l’église ne sont pas des clés pour ouvrir l’émotivité des fidèles. Quand la personne va dans sa famille, et rencontre la tante qui se met à lui réciter ses panégyriques, il y a le déclenchement d’un processus émotionnel qui dépasse le mot émotion et qui transmute toute la personnalité psychologique de l’individu, parce que les mots qui sont prononcés ne sont pas de simples mots. C’est ce que les Indiens appellent les mantras, c’est-à-dire que ce sont des clés qui ouvrent les cellules. Ce sont des mots dans les églises, dans les livres. Alors qu’ici, il y a la danse, certains sons, tam-tams, gongs qui ouvrent toutes les vannes pour l’individu. En réalité, l’homme joue plusieurs rôles. Il est époux, chef de service, camarade dans une association, il a des enfants. A un moment, il est dépassé et manque d’énergie. En retournant accomplir au cours de cette période les rituels, en rencontrant ces gens qui détiennent les clés pour ouvrir son émotion, cet homme est revitalisé, requinqué, c’est-à-dire hissé au cinquième plan, celui de l’âme pour avoir l’accréditation d’une fontaine d’énergie. Pourquoi cette période de rituel au niveau du vodoun coïncide avec celle chrétienne? Les vodounon sont ouverts. Le vodoun accepte ce qui vient d’ailleurs et laisse à chacun le soin de faire son expérience. Ceux qui se disent chrétiens ou musulmans, lorsqu’ils rencontrent les limites de leur implication dans les histoires de foi, ont besoin des gens pour leur rappeler pourquoi ils sont toujours malheureux. C’est pourquoi, il y a un marché des spirituels et des coaches qui se crée. Aujourd’hui, il y a des vodounon qui, eux aussi, ont traversé cette situation, et ce sont eux qui ont créé des cadres de rencontres aux gens qui ont oublié leurs racines. Ils leur donnent l’occasion de se rencontrer pour accomplir les gestes que leurs ancêtres ont toujours accomplis. Sinon que les vodounon ont déjà fêté le nouvel an depuis août-septembre. Aujourd’hui, nous sommes dans l’espace des chrétiens parce que l’état colonial a utilisé les religions pour aliéner les Béninois, s’attendant à ce qu’ils oublient le vodoun. Et le 10 janvier est venu leur rappeler que le vodoun n’est pas oublié, qu’il est toujours vivant. C’est pourquoi, il y a comme un amalgame, mais ce n’est pas le cas, c’est le résultat du travail fait par les spiritualistes, les vodounon pour permettre à ceux qui se sont investis dans les religions d’accomplir aussi ce que leurs ancêtres ont toujours accompli. C’est pourquoi, je disais que nous sommes dans une société contracturée. N’est-ce pas aussi parce qu’au niveau du Vodoun tout n’est pas rose que les gens sont allés chercher un mieux-être ailleurs ? On peut dire qu’il y a un va-et-vient. Mais ce qui est sûr, quand quelqu’un joue le tambour parleur des Kouvito (les immortels ou revenants), la joie ressentie n’est pas la même que celle que l’on peut avoir à l’église. Société 06 janv. 2022


Secteur de la santé : les défis relevés en 2021
La riposte à la Covid-19 au Bénin a été manifeste, ces douze derniers mois. Outre l’engagement contre la maladie à coronavirus, l’arsenal juridique s’est également renforcé au profit du secteur de la santé. Retour sur quelques grands moments ayant marqué 2021. Deux ans après son apparition, la Covid-19 reste encore une préoccupation majeure pour les Etats du monde. Le Bénin ne joue pas avec la question. La riposte s’organise sérieusement pour bouter hors de notre pays ce virus. Du port obligatoire de masque au lavage systématique des mains en passant par la distanciation sociale (gestes barrières édictés par l’Oms), le pays assure une veille permanente. En 2021, la riposte a été focalisée sur la vaccination. Il faut dire que le Bénin a connu deux grandes périodes de recrudescence des cas positifs au Covid-19, l’année dernière. La première, courant mars et la seconde entre juin-juillet au point d’en arriver à l’utilisation de cinq cents obus d’oxygène par jour. Quelques cadres de l'administration y ont péri. Face à ce drame, le gouvernement a pris des mesures fortes pour maîtriser la situation. Cela s’est manifesté par la construction du centre de prise en charge d’Abomey-Calavi, le renforcement des capacités du centre d’Allada et l’achèvement des travaux du centre de prise en charge de Natitingou. Le 10 mars 2021, le Bénin réceptionne ses premières doses de vaccin, soit 144 000 doses du vaccin AstraZeneca/Oxford, sous licence par l’Institut Serum en Inde à Cotonou. A la suite de cette réception, le gouvernement lance la vaccination anti- Covid-19, le 29 mars 2021. L’Exécutif poursuit parallèlement ses efforts dans le sens de la disponibilité des vaccins au profit de toutes les personnes en âge d’être vaccinées. Lundi 26 juillet 2021, le Bénin réceptionne 302 400 doses du vaccin Johnson & Johnson du gouvernement américain. Les donateurs espèrent que grâce à cette aide, le Bénin pourra atteindre son objectif d’immuniser 40 % de sa population contre le virus à la fin de l’année 2021. Le vaccin Pfizer est désormais disponible dans les centres de vaccination contre la Covid-19. Le Bénin l’a réceptionné le 30 septembre 2021, en vue de renforcer les autres vaccins déjà disponibles et offrir un choix plus large aux populations. Efforts en faveur de la couverture vaccinale A ce jour, le Bénin dispose de cinq gammes de vaccins à savoir AstraZeneca, Pfizer, Johnson and Johnson, Coranavac et Moderna. Au total, il est attendu que 20 % de la population bénéficie des vaccins Covax. Face à la réticence des populations à adhérer à la vaccination, le gouvernement lance, le 16 novembre 2021, la campagne accélérée de vaccination. Ce qui a permis de faire passer le taux de couverture vaccinale de 4 % à près de 20 % actuellement, selon une source du ministère de la Santé. A la date du 03 janvier 2022, 1 897 214 doses ont été administrées, soit 1 421 442 personnes ayant bénéficié d’une vaccination complète contre la Covid-19 et 475 772 personnes primo vaccinées. La couverture vaccinale par catégories donne 89,39 % pour le personnel sanitaire, 19,82 % s’agissant des personnes âgées de 60 ans et plus. Le taux de couverture vaccinale concernant les sujets de 18-60 ans avec comorbidité est de 3,51 %, et 36,19 % pour les sujets dont l’âge est compris entre 12-60 ans. Ce qui représente une couverture globale de 19,49 %. La Covid-19 impose ses restrictions, le gouvernement du Bénin y apporte aussi des réponses adéquates. En 2021, le pass vaccinal a été généralisé à l’ensemble des services publics et imposé lors des rencontres officielles. Quoique cette décision ait suscité beaucoup de grincements de dents, elle a contraint beaucoup de travailleurs à se mettre au pas. Des efforts se poursuivent en faveur de la prise en charge efficace des cas positifs et de la sensibilisation des populations au bien-fondé du vaccin. Un secteur bien régulé Au-delà de la riposte à la Covid-19, les lignes ont bougé en 2021 en matière de législation dans le secteur de la santé au Bénin. Le souci permanent de la régulation a amené le gouvernement à engager des réformes pour l'assainissement du secteur pharmaceutique. On retiendra la loi N°2021-03 du 1er février 2021 portant organisation des activités pharmaceutiques en République du Bénin. Cette loi comporte des dispositions relatives aux activités liées aux médicaments et aux autres produits de santé, aux conditions d’exercice de la pharmacie, à la régulation pharmaceutique ainsi qu’aux sanctions applicables en cas de trafic de faux médicaments. Selon Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé, cette loi est la consécration de tous les efforts engagés par le président Patrice Talon depuis 2016 dans le secteur de la santé. Elle apporte une cohérence à l’ensemble du dispositif législatif et réglementaire relatif à la pharmacie et aux médicaments, conforte le Bénin dans le respect de ses engagements internationaux exprimés à travers la Convention Médicrime (Instrument de droit pénal international de lutte contre le trafic des faux médicaments) et permet de renforcer sa crédibilité vis-à-vis de la communauté internationale. Mardi 19 janvier 2021, les députés procèdent à la relecture de la loi 2020-37 portant protection de la santé des personnes en République du Bénin. Elle vise l’amélioration des soins de santé aux populations, sans discrimination. Plusieurs innovations ont été apportées à cette loi, notamment l’assurance maladie qui devient désormais obligatoire au Bénin. L’article 16 nouveau stipule que l’assurance maladie est obligatoire pour toutes les personnes qui résident sur le territoire national. Cette assurance maladie obligatoire garantit un panier de soins dont la marge est définie par décret pris en Conseil des ministres. L’article 17 oblige les employeurs publics ou privés à souscrire entièrement à leurs charges l’assurance maladie obligatoire pour leur personnel, ainsi que les travailleurs indépendants qui ont l’obligation d’y souscrire pour leur propre compte. L’article 18 du troisième chapitre stipule que l’assurance maladie des personnes reconnues pauvres extrêmes ou non extrêmes est souscrite par l’État selon des modalités définies par décret pris en Conseil des ministres. L’autre mesure forte prise l’année écoulée est relative à l’immersion et à la pré-insertion professionnelle des jeunes médecins. C’est une décision prise par le Conseil des ministres, mercredi 14 juillet 2021. Ce programme vise à mettre à la disposition des formations sanitaires, chaque année, trois cent cinquante jeunes professionnels de santé, et ce, sur une durée de trois ans. Grâce à cette initiative, beaucoup de jeunes pourront facilement s’insérer dans le secteur public en même temps que les malades seront soulagés. Pour les bénéficiaires, cette décision en soi est déjà une avancée. Tout en louant l’initiative, ils souhaitent une réinsertion effective et inclusive. Santé 06 janv. 2022


Mise en place des structures techniques de la Cena : L’enquête de moralité pour 18 candidats sur 298 actée
L’appel à candidatures clôturé, le 30 novembre 2021, l’étape des auditions passée en décembre, le processus de sélection des membres de l’organe technique et opérationnel de la Commission électorale nationale autonome (Cena) est dans la phase de l’enquête de moralité. Mais déjà, des noms sont pressentis pour le poste de directeur général des Elections (Dge). La Direction générale des élections, organe technique et opérationnel de la Commission électorale nationale autonome (Cena), manque encore à l’appel au sein de l’institution dirigée par le président Sacca Lafia. Lancé en novembre 2021, le processus de recrutement du Directeur général des élections, par ailleurs ordonnateur du budget de la Cena, des directeurs techniques et de la personne responsable des marchés publics n’a pas encore connu son épilogue. De sources dignes de foi, le comité de sélection des dossiers a déjà procédé à l’établissement par ordre de mérite et transmis les listes d’aptitude à raison de trois personnes par poste au président de la Cena pour nomination du candidat le plus méritant après une enquête de moralité favorable. Au total, 298 dossiers, indiquent nos sources, sont reçus par le comité de sélection avec une moyenne de 50 % par poste. Après une présélection sur étude des dossiers, les candidats retenus sont passés à l’étape des auditions du 23 au 28 décembre 2021 à l’Infosec à Cotonou, et le comité de sélection a retenu trois profils par poste selon l’ordre de mérite. Dix-huit personnes sont donc sélectionnées pour les 6 postes en compétition à savoir le directeur général des Elections, le directeur chargé des Affaires administratives et financières, le directeur chargé du Matériel et des opérations, le directeur chargé des Systèmes d’information, le directeur chargé de la Communication et de la formation, ainsi que la personne responsable des Marchés publics. Pour le poste le plus convoité, celui du directeur général des Elections, des collaborateurs de l’ancien président de la Cena sont sur la ligne de départ, et le gagnant pourrait bien provenir de ce camp à l’issue de l’enquête de moralité. Il s’agit, pour ne citer que ceux-là, de l’ancien commissaire Abou Adam Soulé, de l’ancien directeur de cabinet, Soulé Dogo, de l’ancien financier Gino Alavo. Selon l’article 32 de la loi 2019-43 portant code électoral, la direction générale des Elections assure, entre autres, la préparation et l’organisation des opérations électorales et référendaires, l’élaboration des projets de documents, d’actes et de procédures destinés, d’une part, à assurer la régularité, la sécurité, la transparence des scrutins et d’autre part, à garantir aux électeurs ainsi qu’aux candidats, le libre exercice de leur droit ; la remise, dans les délais impartis par la loi, des spécimens de bulletins de vote aux candidats ou aux partis politiques prenant part aux scrutins, en vue des campagnes électorale ou référendaire ; la formation des agents électoraux, la vulgarisation du code et des textes électoraux, l’acquisition et le déploiement du matériel électoral. De manière générale, la direction générale des Elections assiste le Conseil électoral dans l’accomplissement de sa mission, et est placée sous l’autorité d’un directeur général des Elections. C’est dire que dans la perspective des prochaines élections législatives, la mise en place des organes techniques de la Cena urge. Un coup d’accélérateur dans le processus de recrutement ne serait que bénéfique à l’institution. Actualités 06 janv. 2022


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