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Nouvelles

Affaire bradage de 39 ha à Abomey-Calavi: La Criet ouvre le procès de Georges Bada et consorts
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a entamé hier mardi 6 juillet, le procès de l’ancien maire d’Abomey-Calavi, Georges Bada et de ses 28 coaccusés dont 10 poursuivis sans mandat de dépôt dans l’affaire de bradage d’une réserve administrative de 39 hectares dans la commune. Après près de huit heures de débat, l’audience a été suspendue et renvoyée au mardi 13 juillet prochain pour continuation avec la comparution réclamée de l’ancien ministre chargé de la Décentralisation, Barnabé Dasssigli et du préfet de l’Atlantique, Jean-Claude Codjia. Les deux personnalités sont attendues pour être écoutées en qualité de sachant dans cette affaire. Puisque ce mardi, l’ex-maire d’Abomey-Calavi qui a déposé assis à la barre parce que ne paraissant physiquement pas au mieux de sa forme, a déclaré avoir agi sur instruction de sa hiérarchie. Il affirme avoir reçu l’aval de cette dernière pour procéder au morcellement du domaine querellé. Lequel domaine a pourtant fait l’objet d’une décision de justice qui demande de surseoir à toute opération dans la zone. La cour a décidé donc d’inviter le préfet Jean-Claude Codjia et l’ex-ministre Barnabé Dassigli, à l’audience du mardi prochain. Les deux personnalités vont dire ce qu’elles savent de cette affaire pour permettre à la cour de bien démêler l’écheveau. En dehors de Georges Bada, une dizaine d’autres prévenus ont défilé à la barre hier pour dire leur part de vérité. Ils ont tous plaidé non coupables tout comme d’ailleurs l’ex-édile d’Abomey-Calavi. La partie civile qui a porté plainte c’est-à-dire l’Association de défense des intérêts de la commune d’Abomey-Calavi a été la première à avoir déposé ce mardi. Elle s’est fait représenter par trois personnes qui ont martelé à la barre que le domaine en question est un patrimoine public et doit être retourné dans le giron de la ville. Dassigli et Codjia convoqués Les plaignants ont retracé à la cour l’historique de l’affaire qui existerait bien avant l’arrivée à la tête de la commune en 2015 de Georges Bada. La zone querellée se retrouve dans la Zoca et n’est nullement la propriété de celle qui prétend être la propriétaire depuis 2006, a insisté la partie civile. Le procès se poursuit mardi prochain pour l’approfondissement des débats. L’audience d’hier est la toute première de la Criet qui a hérité du dossier après la décision du Tribunal de première instance de deuxième classe d’Abomey-Calavi. Lequel s’est déclaré, le 5 février dernier, incompétent pour en connaitre. Dans la foulée, Patrice Hounyéva, ex-chef d’arrondissement de Hêvié, également incarcéré dans l’affaire, a fait appel du jugement du Tribunal. Mais il a été débouté par la Cour d’appel de Cotonou qui, le 14 mai dernier, a confirmé le jugement rendu en première instance le 5 février. Cette décision de la Cour d’appel remet confortablement le dossier dans les mains de la Criet qui a ouvert depuis ce mardi le procès. Il faut rappeler que Georges Bada a été incarcéré lundi 7 décembre 2020 pour les faits présumés d’association de malfaiteurs, escroquerie et abus de fonction. Ses coaccusés sont poursuivis pour la plupart pour les mêmes faits ou complicité des mêmes chefs d’accusation. Les prévenus sont défendus par des avocats. L’audience est présidée par Guillaume Laly, président de la chambre de jugement de la Criet. Le fauteuil du ministère public est occupé par Mario Mètonou, procureur spécial près la Criet.   Actualités 07 juil. 2021


Avant-projet de loi/Vih au Bénin: Le texte en relecture pour le bonheur des cibles
Le gouvernement béninois à travers le Programme Santé de lutte contre le Sida (Psls) avec l’appui technique et financier du Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud) et autres agences du système des Nations Unies étudient l’avant-projet de la loi 2005-31 du 10 avril 2006 portant prévention, prise en charge et contrôle du Vih/Sida en République du Bénin. Il s’agit de proposer un document visant à promouvoir un environnement légal favorable aux personnes vivant avec le Vih et les Populations Clés. La lutte contre le Vih/Sida au Bénin aborde un tournant juridique important. C’est ainsi qu’il faut percevoir l’analyse de l’avant-projet de la loi 2005-31 du 10 avril 2006 portant prévention, prise en charge et contrôle du Vih/Sida en République du Bénin. Les parties prenantes s’y penchent en vue d’aboutir à un document complet de promotion du droit des personnes infectées et affectées par le Vih/Sida. La finalité est d’assurer une protection maximale des cibles vulnérables à travers la promotion d’un environnement respectueux de leur droit à la santé et à la dignité. L’avant-projet de cette loi «a pour objet de contribuer à un environnement légal favorable pour la riposte au Vih au Bénin. La finalité est de réduire les nouvelles infections liées à la maladie et les décès, au sein des personnes vivant avec le Vih, mais aussi les personnes vulnérables et populations clés », explique Marie-Margarète Molnar, directrice pays de l’Onusida. Au-delà de la quiétude et de la sérénité, cet exercice de révision de la loi qui réunit les experts du secteur de la santé et celui de la justice avec l’appui des agences des Nations Unies au Bénin (Pnud, Onusida, Unicef, Oms) et des associations de lutte, va transformer la vie des personnes touchées. Il répond à une dynamique mondiale. « Tout pays engagé dans la lutte contre l’épidémie a le devoir de rendre sa loi inclusive et explicite. Après plusieurs décennies de lutte contre le Vih/Sida à travers divers outils dont les lois nationales pour éliminer la propagation et pour protéger les personnes infectées et affectées par le virus, les Etats étaient conviés à réexaminer et à réformer les législations locales afin de les rendre compatibles aux contextes de l’épidémie, avec l’évolution de la législation nationale et les obligations internationales», explique Joséphine Kanakin, chargée de programme genre, droits humains et Vih/Sida au Pnud Bénin. Soigner les données sociologiques Le présent atelier s’inscrit dans la nouvelle stratégie 2021-2026 de l’Onusida, « qui prévoit un ensemble de cible ambitieuse, spécifique, à l’environnement légal, aux normes culturelles et sociales pour améliorer les diverses dispositions prises pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination ». Il ambitionne également de soigner les données sociologiques telles que la discrimination, la stigmatisation, l’inégalité entre homme et femme, les normes et pratiques néfastes, qui affectent les personnes atteintes et qui entachent les efforts du Bénin depuis des années, assure Marie-Margarète Molnar. Flore Gangbo, coordonnatrice nationale du Programme santé de lutte contre le Sida (Psls) s’attarde sur les données qui renforcent la vulnérabilité des cibles pour souligner la pertinence des présents travaux : « Malgré les importants progrès réalisés dans la réponse au Vih, la situation demeure préoccupante au sein des populations clés qui en 2019 rendaient compte de 68 % des nouvelles infections en Afrique occidentale et centrale ». L’adéquation des textes à l’évolution du contexte apparaît à ses yeux comme une mesure efficace pour mieux maitriser le mal. D’où cette initiative du Psls avec le soutien des partenaires au développement, en vue de prendre en compte les nouvelles réformes dans la lutte contre le Vih et d’accorder la place nécessaire aux personnes clés. La mise à jour de ladite loi est d’autant plus importante que le texte actuel régissant la pandémie du Vih/Sida au Bénin est caduc. « Il date du 10 avril 2006. Sa relecture est nécessaire, au regard du contexte de l’évolution de l’épidémie et des directives internationales relatives au Vih/Sida et aux droits de l’Homme », assure Marie-Margarète Molnar. Le Pnud l’a si bien intégré qu’il ne marchande pas son appui au Bénin. « C’est dans le cadre du réexamen du cadre législatif national que le Pnud a fourni un appui technique et financier pour une relecture profonde et complète des dispositions antérieures afin de les arrimer aux objectifs actuels visés par la riposte et qui doivent être en cohérence avec les nouvelles réalités liées à l’épidémie », soutient Joséphine Kanakin du Pnud. Les amendements au document vont significativement améliorer la vie des cibles. Actualités 07 juil. 2021


Victimes de la discrimination: Les personnes handicapées expriment leur ras-le-bol
Face aux multiples situations de discriminations auxquelles elles font face dans la société, les personnes handicapées du Bénin ne veulent plus se laisser faire. Elles sont décidées à mener le combat, quel que soit ce que cela pourrait leur coûter. Elles ont donné de la voix, ce mardi 6 juillet, à travers un sit-in et une conférence de presse. Les personnes handicapées du Bénin sont mécontentes. Réunies au sein de la Fédération des associations des personnes handicapées du Bénin (Faphb), elles ont pris d’assaut la place de l’Etoile Rouge de Cotonou pour se faire entendre et exprimer leur ras-le-bol. A l’occasion, elles ont dénoncé les humiliations qu’elles subissent malgré l’existence d’un cadre juridique en la matière. Tout comme les autres êtres humains, les personnes handicapées estiment qu’elles ont aussi des droits et doivent jouir des fruits de la République. ‘’Soutenons les personnes handicapées à l’emploi ; respectez la dignité intrinsèque des personnes handicapées ; accordez-nous une discrimination positive’’. Ce sont quelques messages inscrits sur les pancartes lors du sit-in. Pour Judicaël Senan Atakin, l’heure n’est plus aux beaux discours. « Trop c’est trop. Il est temps qu’on parle. Pourquoi ne peut-on pas améliorer nos conditions de vie ? », s’interroge-t-il. Selon lui, les personnes handicapées s’efforcent de donner le meilleur d’elles-mêmes mais jamais on ne leur trouve une place dans la société. Il estime que ses pairs et lui n’ont rien fait pour mériter ce triste sort de la part des autorités et cadres à divers niveaux. Nassirou Domingo, président de la fédération, va plus loin et parle de la situation du lundi 21 juin dernier où Eric Agonvonon, professeur de Physique-Chimie et Technologie, a été expulsé lors de la surveillance des épreuves écrites du Baccalauréat session de juin 2021. Le motif avancé selon Eric Agonvonon est qu’une personne handicapée ne saurait tenir quatre heures debout pour la surveillance. Cet argument a été battu en brèche par la victime qui se demande alors comment il parvient à surveiller ses élèves lors des devoirs ou interrogations. Cas du professeur Eric Tonakpa Agonvonon Au cours de la conférence de presse, le cas de l’expulsion du professeur Eric Tonakpa Agonvonon a été soulevé et longuement débattu avec les professionnels des médias. La victime a donné sa version des faits et s’est indigné du comportement du chef centre d’examen du Ceg 2 d’Abomey. « Je me suis rendu au centre d’examen et je me suis dirigé vers le secrétariat où il y avait les surveillants de salles. La chef centre faisait les appels. Elle a appelé mon nom et j’ai répondu présent et je me suis levé. Elle a vu que j’avais une béquille en main et une chaussure compensée et elle me dit que je suis malade. Je lui ai demandé de quoi je souffre et elle m’a dit qu’elle me revient. Au moment où elle faisait les binômes elle a dit qu’il fallait me trouver un remplaçant. C’est là que j’ai réagi et je lui ai dit que depuis près de cinq ans j’ai toujours surveillé et que personne ne m’a jamais dit que je suis malade. Je lui ai demandé de m’envoyer d’abord dans la salle de composition mais elle a estimé que je ne pouvais pas tenir debout pendant quatre heures de temps et a demandé à la police de me raccompagner dehors », a fait savoir le professeur Eric Agonvonon. Selon lui, malgré les appels incessants de certains proches du chef centre, la situation n’a pas pu être décantée. Elle est restée ferme sur sa position. « Mais grâce aux réseaux sociaux les autorités ont été mises au courant de l’affaire et j’ai été retenu pour les travaux de secrétariat du Bac », va-t-il souligner. Au cours de la conférence de presse, Eric Tonakpa Agonvonon précise qu’il a été officiellement reconnu par l’Etat comme professeur de Physique-Chimie et Technologie depuis 2008. Il dit n’avoir jamais eu de problème à la surveillance du Baccalauréat. « Ce n’est pas punir la chef centre qui est mon problème. Mais je voudrais juste qu’on profite de cette occasion pour corriger certaines choses et que des situations du genre ne se répètent plus », a-t-il conclu. Plaidoyer à l’endroit du chef de l’Etat Qu’il vous souvienne que le 29 septembre 2017, le président de la République, Patrice Talon, a promulgué la loi 2017-06 portant protection des personnes handicapées au Bénin. Mais force est de constater que les brimades et les humiliations infligées aux personnes handicapées persistent. Il est toujours noté un écart entre les discours tenus par les institutions et les faits. Face à cela, la Fédération des associations des personnes handicapées du Bénin (Faphb) plaide pour que le chef de l’Etat prenne les décrets d’application de la loi portant protection et promotion des droits des personnes handicapées afin de faire jouir aux personnes handicapées leurs droits humains. « Que le chef de l’Etat fasse l’effort de prendre ses décrets d’application car sans lesdits décrets d’application, la loi ne serait qu’un simple papier et au fur et à mesure que le temps passe, ces lois risquent de se retrouver dans le tiroir », a ajouté Abdel Rahman Ouorou Barè, président de la Fédération béninoise d’handisport. Il faut préciser que la Fédération des associations des personnes handicapées du Bénin (Faphb) envisage de porter plainte contre la chef centre d’examen du Ceg 2 d’Abomey. Les personnes handicapées exigent que de tels actes qui constituent une violation flagrante des droits de la personne humaine soient découragés à jamais.   Par Ulrich AKPOVO Actualités 07 juil. 2021


Campagne de vaccination contre la pasteurellose bovine: L’opération bat son plein dans les huit communes du Borgou
Le gouvernement tient à cœur le développement du secteur de l’élevage au Bénin. En témoigne la campagne de vaccination contre la pasteurellose bovine organisée par le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche depuis lundi 28 juin dernier, sur toute l’étendue du territoire. Dans le Borgou, il n’y a, pour le moment, aucun obstacle à déplorer. Commencée depuis plusieurs jours au Bénin, la campagne de vaccination contre la pasteurellose bovine bat son plein. L’objectif de cette opération est de voir toutes les bêtes du cheptel national recevoir leur dose de vaccin. Dans le Borgou, informe le chef service règlementation et contrôle à la direction départementale de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Abdou Moumouni Mama, la campagne a lieu simultanément dans chacune des 8 communes du département. C’est par zone, sur des aires identifiées, que les bêtes sont regroupées, que ce soit à Sinendé, Kalalé, Tchaourou, Nikki, Bembèrèkè, Pèrèrè, Parakou et N’Dali. Pour la réussite de l’opération, les agents d’élevage sont mis à contribution. La vaccination, par animal, coûte 130 F Cfa. Démarrée mardi 15 juin dernier dans le Borgou, elle prend fin lundi 12 juillet prochain. La pasteurellose, explique le chef service, est une maladie qui tue les animaux, à la faveur de la fraîcheur. « C’est la raison pour laquelle nous organisons souvent cette campagne au début de la saison des pluies, au démarrage de la période de l’harmattan, en novembre et décembre», poursuit-il. Selon lui, c’est une maladie qui décime les troupeaux, si les animaux ne sont pas vaccinés. Les éleveurs ont alors été invités à se mobiliser pour faire vacciner leurs bêtes. Santé 07 juil. 2021


Francis Dossou au sujet de la fermeture de six cliniques d’accouchement: « C’est un signal fort donné aux prestataires de soins de santé »
Après enquête, la Commission chargée du contrôle des structures de prestations des soins médicaux au Bénin a procédé à la fermeture de six cabinets pour non-respect des normes en matière de prestations fournies aux populations. Francis Dossou, président de l’Ordre national des médecins du Bénin, approuve cet assainissement opéré. Dans cette interview, il aborde les actions menées par sa structure pour lutter contre les déviances, les normes que doivent respecter ces cliniques de même que les sanctions auxquelles elles s'exposent en cas de non-respect des mesures sont exposées. La Nation : En votre qualité de président de l’Ordre national des médecins du Bénin, comment appréciez-vous la décision de fermeture de six cabinets pour non-respect des normes en matière de prestations fournies aux populations? Francis Dossou : Je n’ai pas les détails de la décision qui a été prise mais j’ai ouï-dire qu’il s’agit de cliniques d’accouchement eutocique qui poseraient des actes dépassant leurs prérogatives. Si c’est le cas, on ne peut que saluer la démarche qui permet de donner un signal fort aux prestataires en matière de santé pour qu’ils essayent de respecter les conditions dans lesquelles ils sont autorisés à exercer leur profession. Une sage-femme peut très bien avoir une clinique d’accouchement eutocique mais lorsque l’accouchement nécessite un niveau plus élevé, la sage-femme peut entrer en contact avec une structure un peu plus équipée afin d’envoyer sa cliente vers celle-ci tout en respectant les normes de référence d’évacuation. Si les enquêtes ont montré que ce n’est pas le cas et que les gens posent des actes qui vont au-delà de ce qu’ils devaient faire, c’est normal qu’on puisse commencer à sévir puisque cela fait deux ou trois ans qu’on est en train de leur demander de respecter des normes. Que fait l’Ordre national des médecins du Bénin pour lutter contre ces déviances dans le secteur ? Le secteur est vaste et comporte plusieurs catégories de professionnel de santé. L’Ordre national des médecins du Bénin s’occupe essentiellement et uniquement des médecins et de la pratique médicale. Nous pouvons intervenir lorsque quelqu’un n’est pas médecin et pose des actes médicaux. En ce moment, nous saisissons les instances de sécurité et le ministère pour qu’ils interpellent la personne. Nous faisons une veille permanente. Nous sommes à l’écoute de nos confrères qui nous signalent d’éventuels dérapages de la part des personnes qui ne sont pas médecins et qui posent des actes de médecin. Ceux-là sont interpellés et ils font certainement partie des cliniques qui sont fermées par la Commission chargée du contrôle des structures de prestations des soins médicaux au Bénin. Nous avons la chance d’avoir dans chacun des douze départements de notre pays, des conseillers départementaux qui sont le relai de ce qui se passe au niveau des départements pour remonter l’information vers le Conseil national. Et même, on est en contact avec les autorités locales, les directions départementales de la Santé, les directions départementales de la Police républicaine, le procureur de la République. Là, vous êtes au courant de la fermeture des cliniques parce que c’est médiatisé, sinon en sourdine, il y a un certain nombre de cliniques qui sont fermées. Les directions départementales de la Santé qui sont les représentants du ministre s’associent aux représentants départementaux de l’Ordre national des médecins pour fermer des cliniques. Ce n’est pas intéressant de mettre forcément le grand public au courant parce que si les confrères se remettent dans les normes plus tard et rouvrent tranquillement leur formation sanitaire, ils ne pourront plus mériter la confiance des populations. Ce qui leur est reproché, ce n’est pas leur compétence ni leur capacité à soigner mais c’est les conditions dans lesquelles ils posent ces actes. Quelles sont les conditions que doivent respecter ces cliniques ? En termes d’espace, ces cliniques doivent avoir des salles qui respectent certaines normes en matière de dimension. Pour poser des actes, ces cliniques doivent être équipées. Il y a aussi les normes en termes de ressources humaines. On ne peut pas permettre à une clinique, fût-elle dirigée par un médecin, d’avoir une activité de suivi de grossesse et d’accouchement s’il n'y a pas une sage-femme à côté. Une clinique médicale ne peut pas passer 24 h sans un médecin. Il faut forcément qu’il y ait un médecin de garde 24 h/24. Une clinique qui, dans son personnel, n’a qu’un seul médecin ne peut continuer d'exercer. Elle sera obligée de fermer le temps de recruter quelqu’un pour assurer cette place. Lorsqu’on vous donne une autorisation pour être un cabinet médical, c’est-à-dire une formation sanitaire d’un certain niveau qui pose des actes de consultation, de diagnostic et d’observation de courte durée, vous n’avez pas le droit d’hospitaliser. Ce sont les cliniques médicales qui ont des salles d’hospitalisation qui sont autorisées à garder les malades. Si on vous autorise à être un cabinet médical et que vous vous permettez d’hospitaliser les gens, vous êtes en infraction et on vous inflige des sanctions. Quelles sont les sanctions auxquelles elles sont alors exposées ? La sanction la plus simple et la plus immédiate, c’est la fermeture de la structure. En dehors de ça, si dans l’exercice de sa fonction, la clinique n’a pas porté préjudice à la santé de quelqu’un, il n’y aura pas de poursuite. Il y a donc nécessité de plainte, lorsque la victime ou sa famille se plaint, on enclenche les actions judiciaires. Au niveau de l’Ordre des médecins, nous avons une chambre disciplinaire qui interpelle le contrevenant et on peut passer à l’avertissement ou au retrait de son autorisation d’exercice ou encore à la suspension temporaire ou définitive de son activité. Le ministère de la Santé, à travers la direction départementale de la Santé, et le procureur ont aussi le droit de s’autosaisir. Santé 07 juil. 2021


Lutte contre l’extrémisme violent et la radicalisation: Les agents de l’état civil des zones frontalières outillés
Les acteurs des centres secondaires d’état civil du département de l’Atacora suivent une formation, à l’évêché de Natitingou. Elle se tient du 29 au 2 juillet dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’appui à la préservation des conflits et de l’extrémisme violent dans les zones frontalières du Bénin, du Burkina Faso et du Togo. Ceci, pour renforcer le mécanisme de veille de ce fléau au Bénin. Les agents de l’état civil des zones frontalières du département de l’Atacora sont outillés pour détecter les faits et gestes courants de terrorisme. C’est au cours d’une formation qui se tient à Natitingou dans le département de l’Atacora. Elle s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’appui à la préservation des conflits et de l’extrémisme violent dans les zones frontalières du Bénin, du Burkina Faso et du Togo, piloté par le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud). Les agents de santé, les agents d’état civil, les secrétaires d’arrondissement, les agents de l’Anip y prennent part pour être outillés sur les éléments nécessaires pour pouvoir anticiper sur les actes de radicalisation qui rongent les nations. Cette phase pilote qui se déroule dans l’Atacora Nord mobilise les acteurs venus des communes de Boukombé, Natitingou Toucountouna, Matéri, Tanguiéta et Cobli et va s’étendre aux autres départements avec les communes frontalières. Abdon Marius Mikpon’Aï, directeur général de l’État civil au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, contacté, justifie le bien-fondé de cette formation. Il s’agit, selon lui, de voir dans quelle mesure opérationnaliser les centres secondaires d’état civil pour qu’ils aient les moyens de surveiller toutes les portes d’entrée sur leurs territoires. C’est ce qui justifie la mobilisation de Natitingou pour préparer les acteurs d’identification à être imprégnés des mesures et informations susceptibles de les aider à accomplir convenablement leur mission qui est d’identifier les individus. Dans une commune par exemple, les vraies localités frontalières sont à des kilomètres, détaille Abdon Marius Mikpon’Aï. Il ajoute que le Pnud a compris qu’en activant les centres de déclaration des naissances et ceux d’identification des personnes, le Bénin pourra un tant soit peu maîtriser le flux des personnes qui passent à travers ses frontières, étant entendu que nous sommes dans une communauté de libre-échange des personnes et des biens. Il considère l’extrémisme violent et la radicalisation comme un phénomène qui touche les personnes civiles. Ce fléau, souligne le directeur général de l’état civil, s’étend le long des frontières et inquiète. Les personnes longeant les frontières parfois sont sans identification certaine et on n’arrive facilement pas à les dénombrer. Or, fait-il observer, la manifestation de ce fléau atteint parfois les cibles les plus faibles telles que les écoles, les lieux de culte ou de regroupement et cela ne laisse personne indifférent. « Parfois, ce sont des gens que nous côtoyons tous les jours, des gens astucieusement généreux qui généralement profitent de la naïveté des populations, prennent le lit dans les localités et atteignent leur cible », confie le directeur général de l’état civil. On ne les identifie qu’à la survenance des actes et souvent ils sont très habiles et arrivent à se dissimuler facilement au sein de la population sans qu’on leur mette la main dessus, poursuit le Dg de l’état civil. Appui, notions sur les faits et gestes courants du terrorisme « Nous allons demander au Pnud de nous appuyer en matériel de travail parce que nous connaissons ce que sont les budgets des communes, pour leur demander d’embrasser tous ces chantiers de sitôt, ce n’est pas évident en dépit de toute leur volonté, suggère Abdon Marius Mikpon’Aï. Il se réjouit que l’institution ait accepté de s’appuyer sur ses services pour venir en aide aux communes pour identifier ces gens connus de vue qui souvent changent de cible pour préparer d’autres terrains de menace si on ne les identifie pas. « L’extrémisme ou le terrorisme ne fait pas encore grand bruit au Bénin, mais les germes sont déjà là et si l’on ne prend garde, personne ne peut savoir quand les gens vont agir», prévient le directeur général de l’état civil qui travaille en étroite collaboration avec l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip). « La qualité des participants et les enseignements reçus vont leur permettre (…) de faire convenablement le travail afin que la sécurité soit une affaire de tous », souligne Abdon Marius Mikpon’Aï. Entre autres notions enseignées pour détecter les actes de menace, il mentionne l’univers de terrorisme, enseigné par un spécialiste des questions de radicalisation et de terrorisme. Selon cet exposé, les faits et gestes courants du terrorisme sont liés à des situations de frustration des gens fâchés, délaissés, se retrouvant au chômage, généralement qui bénéficient des bons services d’un individu qui finit par les radicaliser. La nouvelle loi portant identification des personnes, les réformes majeures qu’a connues le secteur de l’état civil depuis 2017 et les perspectives ont été expliquées aux participants. Toutes choses qui renforcent le Bénin dans sa politique contre le terrorisme qui n’épargne aucune région ni aucun peuple. « Nous travaillons à prévenir les germes, à anticiper ce fléau pour que les uns et les autres soient un peu aguerris afin que le pire ne survienne», conclut le Dg état civil. Société 07 juil. 2021


Eric Adossou, chargé de la protection des végétaux à la Dpv/Maep: « Un dispositif national permet de combattre le ravageur du maïs »
La présence de la chenille légionnaire d’automne (Spodoptera Frugiperda) dans les champs de maïs fait craindre le pire pour les récoltes. Y a-t-il vraiment péril en la demeure? Eric Adossou, chef service protection des végétaux et contrôle phytosanitaire à la direction de la Production végétale (Dpv/Maep), nous en parle dans cet entretien. La Nation : La chenille légionnaire d’automne est-elle encore présente au Bénin ? Eric Adossou : Bien sûr. La chenille légionnaire d’automne (de son nom scientifique Spodoptera frugiperda) est bel et bien présente au Bénin. Sa présence dans notre pays date de 2016. Depuis lors, elle est toujours là et sa culture préférée, c’est le maïs. Elle fait l’objet d’une gestion de la part des services compétents du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep). Et les producteurs savent ce qu’il faut faire lorsqu’ils constatent le ravageur dans leurs champs pour endiguer son évolution. Comment le ravageur est-il apparu ici au Bénin ? C’est un ravageur invasif originaire d’Amérique latine, qui s’est dispersé rapidement dans les régions de climat tropical. Il faut souligner la grande mobilité de la chenille : jusqu’à 300 km en 30 heures en cas de vent favorable ; ce qui facilite sa dispersion et nécessite une lutte commune ou collective. Son aire de répartition, c’est la quasi-totalité du continent américain, à l’exception de ses régions les plus froides. Elle s’est ensuite établie au Mexique et dans la partie sud des États-Unis, en Amérique centrale et en Amérique du Sud, de la Colombie à l’Argentine et au Chili, jusqu’à une latitude de 36° Sud. La chenille est également présente en fin d’été et en automne dans le nord des États-Unis et dans les provinces méridionales du Canada par suite d’une migration annuelle. En Europe, cette espèce, absente de l’ancien monde, est classée comme organisme de quarantaine Catégorie A1 par l’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (Oepp). En Afrique, la chenille est apparue en janvier 2016 au Nigeria, ensuite au Togo. Dès janvier 2017, elle a été signalée en Afrique du Sud puis en Zambie, au Rwanda, au Ghana, au Burkina Faso, etc. Son apparition au Bénin remonte à mai 2016 à Djidja et environs. Dès juin 2016, la chenille est signalée dans plusieurs autres communes telles que Zogbodomey, Dassa, Savalou, Savè, Ouessè, Bassila, Djougou, Ouaké, Copargo, Natitingou, Boukombé, Cobly, Matéri, Tanguiéta, Toucountouna, Péhunco, Kouandé, Kérou, Parakou, N’Dali, etc. En août 2016, on la retrouve dans l’Alibori, en l’occurrence à Kandi. Et en décembre 2016, le ravageur a atteint la Vallée de l’Ouémé, notamment dans les communes d’Adjarra, des Aguégués, de Bonou, de Dangbo. Comment reconnaître le Spodoptera frugiperda ? Il s’agit d’un papillon de l’ordre des Lepidoptereae et de la famille des Noctuidae polyphyllophage, connu sous le nom de « légionnaire d'automne » ou « noctuelle américaine du maïs ». Ces papillons sont nocturnes et se nourrissent du nectar des fleurs ou de miellat. Durant le jour, ils se tiennent à la face inférieure de feuilles. La femelle est très prolifique et donne plus de 300 œufs par ponte, peut pondre jusqu’à 3 fois avant de mourir, soit plus des 1000 œufs par femelle. Dans les tropiques, la reproduction peut être continue avec quatre à six générations par an. Les œufs du genre Spodoptera sont particuliers car groupés et recouverts d’écailles, ce qui rend difficile le traitement à ce stade. De même, il existe peu d’auxiliaires à ce stade du développement de l’insecte, car le parasitisme par ponte est lui aussi compliqué. La chenille, c’est le stade ravageur le plus redouté par les agriculteurs. Les premiers stades larvaires sont vert clair et mesurent environ 2 à 3 millimètres. La chenille, au dernier stade de développement, mesure entre 30 à 40 mm (3 à 4 cm) de longueur. Sa coloration varie de marron clair ou vert clair à presque noire. Sur son dos on distingue trois bandes pâles et de chaque côté, une large bande jaune en dents de scie tachetée de rouge. Les larves plus âgées sont en général verdâtres et brunâtres. On remarque quatre tubercules distincts sur la face dorsale du dernier segment abdominal disposés en un motif carré. Sa tête est brun foncé, réticule et porte une marque blanche ou jaune en forme de Y inversé. Quelles autres cultures préfère la chenille légionnaire d’automne, en dehors du maïs ? C’est un grand pollyphage qui peut s’attaquer à plus de cent plantes appartenant à une trentaine d’espèces. Mais il a une préférence pour le maïs, la canne à sucre, le riz, le sorgho, les graminées herbacées et le coton. On retrouve également le ravageur sur plusieurs autres plantes telles que les cucurbitacées ou les légumes tels que l’arachide, l’oignon, la patate douce, le haricot, la tomate, la luzerne, etc. Comment se manifestent les dégâts de Spodoptera frugiperda ? Les dommages se résument à la défoliation. Les jeunes chenilles se regroupent et se nourrissent sur les feuilles en créant des perforations superficielles. La chenille plus âgée pénètre le cœur de la plante, consomme les nouvelles feuilles et souille la plante d’excréments. La chenille endommage aussi la panicule en formation et migre ensuite vers les épis, rendant ceux-ci impropres au marché de produits frais. Les plants vigoureux récupèrent généralement assez rapidement. Les larves migrent ensuite vers les zones adjacentes en véritables chenilles légionnaires en quête de jeunes champs. La perte de rendement de maïs engendrée par les dégâts de ce ravageur varie entre 40 et 53 % (voire 73 %). En cas de fortes attaques sur les jeunes plants, les dégâts peuvent atteindre 100 %. A combien d’hectares peut-on estimer à ce jour les dégâts pour le compte de cette campagne agricole ? Actuellement, la prospection continue. Nous continuons de compiler les statistiques. On ne peut pas donner de chiffres exacts pour le moment, parce que la campagne ne démarre pas dans la même période sur toute l’étendue du territoire national. Nous avons au Sud la grande campagne qui démarre mi-mars alors qu’au Nord, c’est à partir de juin que les pluies s’installent véritablement. Quelles réponses le ministère de l’Agriculture apporte-t-il à l’invasion de ce ravageur ? Dès l’installation des champs de maïs, cette chenille fait son apparition. Nous avons mis en place ce qu’il faut pour permettre aux producteurs d’engager la lutte en cas d’attaque de leurs champs par la chenille. Nous avons eu avec ces producteurs des séances de sensibilisation, de formation sur toute l’étendue du territoire national avec la mise à disposition des outils et des produits qu’ils doivent utiliser, aussi bien des pesticides chimiques que des produits naturels qui ont été développés par la recherche. Dès l'apparition de ce ravageur au Bénin, un calendrier de traitement phytosanitaire est mis à la disposition des producteurs pour une riposte rapide en cas d'attaque des champs. Nous avons également mis en place un dispositif national d’alerte précoce en ce qui concerne la chenille légionnaire à travers l’installation des brigades phytosanitaires. Ces brigades phytosanitaires existent dans tous les départements, dans toutes les communes. Elles sont constituées de producteurs qui ont été choisis par des élus locaux et des associations de producteurs. Elles fonctionnent comme des organes opérationnels de surveillance de la présence de cette chenille dans les champs de leurs localités. Les brigades travaillent en collaboration avec les directions départementales de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Ddaep) pour la remontée des informations jusqu’au niveau national. Nous mettons l’accent sur la détection précoce. A travers plusieurs canaux, nous avons informé les producteurs que lorsqu’ils constatent déjà dans leurs champs que cinq ou dix plants montrent des signes d’attaque de la chenille, il y a lieu de réaliser les traitements qui sont recommandés pour endiguer l’évolution de ces chenilles dans les champs. Quels sont ces traitements ? Je dois saluer les prouesses de la recherche agricole qui nous a permis de disposer de moyens peu coûteux désormais pour faire face à la chenille. Avant, c’étaient des traitements avec des pesticides chimiques qui coûtaient jusqu’à 6000 F Cfa le litre pour traiter un hectare. Mais avec les technologies développées par l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (Inrab), nous sommes descendus jusqu’à 200 F Cfa pour un pain de savon Palmida pour traiter un champ. C’est une alternative efficace pour que le traitement revienne moins cher et soit à la portée de tout producteur. Cette méthode de lutte a été largement vulgarisée d’abord aux agents d’encadrement, ensuite aux brigadiers sanitaires et aux producteurs. Il y en a plusieurs autres comme l’huile ou les graines de neem, des méthodes culturales comme l’association de maïs avec l’arachide ou le soja qui sont aussi efficaces contre le ravageur. La recherche développe actuellement des parasitoïdes pour la lutte biologique contre la chenille. Je rappelle que le Bénin a bénéficié, entre avril 2018 et décembre 2019, du Projet d’appui à la lutte contre la chenille légionnaire d’automne qui a contribué à protéger les moyens d’existence et à assurer la sécurité alimentaire des populations des zones touchées. Les traitements appliqués ont en effet permis de minimiser considérablement les dégâts. Courant 2018-2020, nous avons restructuré quelque 160 brigades phytosanitaires existantes sur l’ensemble du territoire national pour un nombre total de 1600 membres. Régulièrement à chaque formation, quelque 800 membres de ces brigades sont formés et on peut les retrouver dans toutes les communes. Quelles sont les zones où les effets de la chenille se font le plus sentir ? La chenille légionnaire est partout où le maïs se produit, dans toutes les communes. Ce n’est pas seulement au Bénin. Dans notre sous-région, elle est présente. Y a-t-il lieu de s’inquiéter des ravages de la chenille sur les prochaines récoltes ? On peut s’inquiéter si l’on ne disposait d’aucun moyen pour gérer le ravageur. Mais à partir du moment où des méthodes sont développées par la recherche et mises à la disposition des producteurs, il y a lieu simplement de les appliquer pour arrêter l’évolution des attaques du ravageur. Donc, il n’y a pas lieu de s’alarmer ; il n’y a pas lieu de s’inquiéter parce que les traitements qu’on applique sont tellement abordables et à la portée de tous les producteurs. Lorsque les pluies sont normales et abondantes, cela réduit considérablement la nuisance de ces chenilles sur le maïs. Pour beaucoup de producteurs, ils n’appliquent pas le traitement et attendent que les pluies viennent faire le travail à leur place. C’est pour ceux-là que l’on peut s’inquiéter que cela joue sur les récoltes. Pour ceux qui appliquent les traitements recommandés dès l’apparition du ravageur, le problème ne devrait pas se poser. Donc le Bénin doit pouvoir récolter le maïs et continuer à nourrir sa population comme par le passé. La seule prière que nous devons faire, c’est que les pluies soient au rendez-vous.   Propos recueillis par Claude Urbain PLAGBETO Société 07 juil. 2021


Présence de produits toxiques dans le fleuve Ouémé: Des poissons "morts" dans les plats à Glazoué
Depuis quelques jours, circulent sur le marché de Glazoué des produits halieutiques dont la consommation pourrait engendrer des problèmes de santé publique. Et pour anticiper sur un éventuel drame, les autorités de la mairie donnent l’alerte. Un communiqué en date du 1er juillet dernier, diffusé sur les médias locaux et signé du 1er adjoint au maire de Glazoué Dieudonné Agbara, révèle que « l’ouverture de vanne du bassin de rétention des eaux usées du canal d'une usine dans le fleuve Ouémé engendre la mort massive des produits halieutiques (poissons et autres), que les populations riveraines consomment et commercialisent dans les localités de Glazoué». Face à une telle situation, l’autorité communale, soucieuse de la préservation de la santé de ses administrés, « invite les populations à s’abstenir, et ce jusqu’à nouvel ordre, de la consommation, de l’achat et de la vente des produits halieutiques issus de cette mort massive ». En clair, pour la mairie de Glazoué, c’est bien cette usine qui a ouvert son canal et déversé dans le fleuve des eaux usées contenant des produits toxiques. Conséquence, la mort massive des poissons qui flottent à la surface des eaux et qui sont ramassés et mis sur le marché pour consommation. Comme si cela ne suffisait pas, dans la nuit du samedi dernier, un camion transportant du carburant s’est renversé, déversant ainsi tout son contenu dans l’un des affluents du même fleuve Ouémé au large de Logozohè, commune de Savalou. Ce qui rend la situation encore plus grave. En effet, selon les recoupements faits, suite à l’éclatement d’un de ses pneus, ce camion transportant le liquide inflammable s’est retrouvé dans le fossé non loin de la rivière. Bilan : une bonne partie du produit transporté s'est déversée dans la rivière. Société 07 juil. 2021


Appui au développement des communautés: Uche Ofodile évoque la nouvelle dynamique de la Fondation Mtn
Suite à l’atelier de réflexion sur la nouvelle stratégie de la Fondation Mtn, vendredi 25 juin dernier à Cotonou, Uche Ofodile, directrice générale de l’opérateur de téléphonie mobile, s’est confiée à la presse, ce lundi 5 juillet, au siège de l’entreprise. Objectif: évoquer le processus de transformation de la Fondation Mtn au regard des dynamiques en cours dans le pays. Impulser une nouvelle dynamique à la Fondation Mtn Bénin. C’est l’objectif que s’est fixé l’opérateur de téléphonie mobile Mtn en organisant, par le biais du Cabinet Rdf Strategies, vendredi 25 juin dernier, un atelier auquel ont pris part les experts dans les domaines de la responsabilité sociale, la gestion des parties prenantes, des relations publiques, des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (Esg) et de la communication. Une rencontre devant désormais acter le processus de transformation de cette fondation dont les actions impactent diversement la vie des communautés. Face à la presse, ce lundi 5 juillet au siège du réseau de téléphonie mobile à Cotonou, Uche Ofodile, directrice générale de la société, a justifié l’intérêt de cet atelier et les grandes décisions qui en sont issues. « C’était important pour nous de faire ce point parce que nous nous sommes rendu compte qu’en dix ans, la Fondation a donné énormément au pays. On parle d’environ 2,5 milliards de francs Cfa dépensés à travers plus de 150 projets, mais nous nous sommes également rendu compte qu’aujourd’hui, nous sommes dans une autre dynamique. Le pays dans lequel nous sommes, change. Il y a énormément de choses qui sont faites et nous avons un gouvernement qui a un programme d’action clair. Nous avons estimé que la Fondation devrait participer de plus en plus à ce programme d’action pour mettre en place ce que nous appelons un partenariat gagnant-gagnant», explique la directrice générale. La finalité de ces réflexions menées autour de la Fondation, souligne-t-elle, «c’est de donner une direction à laquelle nous nous arrimons et permettre à la Fondation de s’aligner sur ce qui se passe dans le pays tout en continuant d’aider les populations et être sûrs que nous faisons partie de cet écosystème ». En somme, il s’agit de repenser la façon de faire les choses pour avoir une nouvelle stratégie afin de mieux accompagner les communautés. La Fondation Mtn fait ainsi sa mue en vue de s’adapter aux réalités actuelles et aux nouveaux objectifs du label Mtn et n’entend point s’écarter de son engagement au service des communautés. Avec la mise en place de la nouvelle stratégie du Groupe Mtn, ce processus de réorganiser la politique de la Fondation s’est avéré utile et nécessaire dans l’accompagnement du développement local. De nouvelles orientations Bien que les projets déployés aient impacté durablement des milliers de bénéficiaires, le temps est venu, selon Uche Ofodile, pour cette fondation d’entreprise de créer des partenariats solides avec les institutions de l’Etat. « Il y a un programme rendu public par le gouvernement et l’idée est d’y participer. Nous sommes enthousiastes parce qu’il y a tellement de chantiers sur lesquels nous pouvons travailler. Il y a un grand programme sur le numérique pour permettre à la population d’avoir accès à la communication numérique. Nous avons discuté de quelques points capitaux autour desquels nos actions peuvent tourner, notamment l’éducation numérique et l’inclusion financière. A ceci s’ajoutent un programme autour de l’autonomisation des jeunes, des initiatives dans le domaine de la santé. Très tôt, nous avions déjà commencé par travailler avec le gouvernement sur la question de la Covid-19 qui nous a montré l’importance d’être vraiment impliqués dans la santé. Nous avons envisagé que dans l’éducation au numérique et l’inclusion financière, il y a un accent à mettre sur les femmes. Les deux choses les plus importantes sur lesquelles nous nous sommes concentrés, c’est l’éducation et la question des femmes. Nous comptons également travailler avec nos partenaires et le gouvernement pour les impliquer dans ces projets », relève la directrice générale de Mtn Bénin. Si la Fondation s’est beaucoup investie dans des œuvres qui facilitent aujourd’hui la vie à de milliers de personnes, la volonté d’aller plus loin sous-tend l’atelier de repositionnement de l’organisation et la dynamique projetée à l’occasion de cette rencontre. Et pour la directrice générale, une nouvelle ère s’ouvre pour Mtn et sa fondation. Désormais, « elle sera un important levier pour développer des thèmes autour de valeurs partagées avec le gouvernement du Bénin, afin d’avoir un impact plus large au sein des communautés ». Un crédo qui témoigne davantage de sa responsabilité sociale. Passée l’étape de la tenue de l’atelier du 25 juin 2021 et des discussions autour des nouvelles orientations à donner à l’organisation, la directrice générale de Mtn Bénin indique que la deuxième étape sera d’aller vers les différents partenaires et le gouvernement pour avoir le retour. « Il faut s’assurer aussi que les points sur lesquels nous souhaitons intervenir sont les mêmes que ce que nous aurons sur le terrain. Donc, d’ici la semaine prochaine, ces conversations vont commencer avec les différents partenaires et au bout de cela, nous pourrions revenir nous asseoir pour définir les questions sur lesquelles la fondation va travailler sur les prochaines années parce qu’il ne s’agira pas d’un programme sur un an mais plusieurs années ; entre 3 et 5 ans, pour pouvoir avoir les résultats. Nous ne pouvons pas tout faire mais au moins les gens sauront que dans tel ou tel domaine, ils pourront faire recours à la fondation », gage-t-elle. Société 06 juil. 2021


Faustin Luanga Mukela: Nouveau défi pour un haut-fonctionnaire de l’Omc
Haut-fonctionnaire depuis plus de 25 ans au sein de l’Organisation mondiale du Commerce (Omc), Faustin Luanga Mukela, ressortissant de la République Démocratique du Congo (Rdc) dirigeait, jusqu’à récemment, le département Asie-Pacifique. L’ancien professeur d’économie au Japon est désormais candidat de son pays au poste de Secrétaire Exécutif de la Communauté de Développement de l’Afrique australe (Sadc). Originaire de l’Est de la République Démocratique du Congo, Faustin Luanga est né au sein d’une famille nombreuse à Kindu, chef-lieu de la région du Maniema. Son père était agent de l’Etat et sa mère institutrice. Depuis son plus jeune âge, l’enfant s’interrogeait sur la raison pour laquelle certains avaient accès à plus de biens que d’autres. Son père lui disait que dans la vie, les besoins sont multiples par rapport aux moyens. Ainsi, Faustin voulut comprendre les mécanismes qui permettaient aux gens de vivre heureux avec peu d’argent, d’où son intérêt pour l’économie.
Obsédé par l’économie
L’enfance de Faustin se déroule entre sa ville natale et Bukavu, située sur la rive du lac Kivu, où il effectue ses études primaires et secondaires. Toujours passionné par l’économie, c’est à l’Université de Kinshasa qu’il obtint sa licence dans cette discipline. Voulant découvrir le « secret » de la forte expansion économique du Japon (appelée « le miracle japonais ») dans les décennies qui suivirent la Seconde Guerre mondiale, malgré un pays ruiné lors de sa capitulation face aux alliés en 1945 et sans ressources naturelles, Faustin décide de poursuivre ses études en Asie.
Intrigué par le succès économique du Japon
Le jeune congolais réussit à décrocher, sur concours, une bourse d’étude du gouvernement japonais. Ainsi, il part étudier au « pays du soleil levant », à l’Université Internationale du Japon située à Urssaf, Niigata, où il apprend la langue et obtient sa maîtrise en relations internationales (anglais & japonais). Pour effectuer son doctorat en économie, en japonais, Faustin choisit la prestigieuse Université de Nagoya. Une fois son diplôme en poche, il est retenu comme professeur associé dans la Faculté de sciences économiques.
Arrivée dans la Genève Internationale
En 1996, recruté sur concours à l’Organisation mondiale du Commerce (Omc), Faustin Luanga Mukela débute sa carrière genevoise dans la division de recherches et d’analyses, comme administrateur en charge des questions économiques au niveau mondial. Puis, il passe au Bureau Afrique où il devient coordonnateur régional pour le Département Afrique à l’Institut pour la Formation et la Coopération Technique de l’Omc. Il gère un portefeuille de 54 Etats africains et 20 autres pays membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (Oif). Grâce à son expertise de la région asiatique, il est nommé à la tête du département Asie-Pacifique où il gère 47 pays.
Partage de connaissances
En permanence passionné par son travail et par une volonté de partager ses connaissances avec les autres, Faustin Luanga Mukela poursuit parallèlement une carrière d’enseignant en économie, finances et économétrie à l’Université de Nagoya (Japon) ainsi qu’à l’Université internationale de Genève (Suisse). Ainsi, ces derniers 25 ans, il a visité plus de 120 pays afin de conseiller et enseigner la manière dont les pays peuvent structurer leur économie et tirer un meilleur profit du système commercial multilatéral.
Amour du continent
Malgré ses multiples succès en Asie et en Europe, Faustin n’oublie pas le continent qui l’a vu naître. De 2001 à 2003, il fait profiter la Rdc de ses connaissances en tant que Conseiller en économie et au développement du Chef de l’Etat, avec rang de ministre d’Etat. Son large réseau constitué de décideurs politiques, de dirigeants d’institutions multilatérales et régionales ainsi que des bailleurs de fonds, lui permet de proposer des actions stratégiques. Sa maîtrise en matière d’élaboration et d’exécution de programmes de développement économique, social et environnemental, tant en lien avec l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, qu’au niveau mondial, est internationalement reconnue. Pour preuve, récemment, le Président Félix Tshisekedi a décidé de le nommer Ambassadeur itinérant, chargé du suivi des organisations internationales, avec rang de ministre d’Etat, et de présenter sa candidature au poste de secrétaire exécutif de la Communauté de Développement de l’Afrique australe (Sadc) regroupant 16 pays. La décision sera prise lors du prochain Sommet des Chefs d’Etat en août. Citations L’Asie, en particulier le Japon, m’a appris l’amour du travail et le respect Le succès ne pousse que sur un unique arbre qui s’appelle travail

Qu’est-ce que l’Omc ?

Ayant son siège à Genève, en Suisse, l’Organisation mondiale du Commerce (Omc) est la seule organisation internationale qui s’occupe des règles régissant le commerce entre les pays. Les Accords de l’organisation ont été négociés et signés par la majeure partie des puissances commerciales du monde et ratifiés par leurs parlements, en avril 1994 à Marrakech (Maroc). Le but est de favoriser autant que possible la bonne marche, la prévisibilité et la liberté des échanges. Bien que l’Omc ne soit pas une agence spécialisée des Nations Unies, des liens étroits existent entre les deux institutions. Depuis le 1er mars 2021, la directrice générale de l’Omc est Ngozi Okonjo-Iweal, originaire du Nigéria. Par Catherine Fiankan-Bokonga, Correspondante accréditée auprès de l’office des Nations Unies à Genève (Suisse).
International 06 juil. 2021


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