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La tour de contrôle de l'aéroport de Tourou[/caption]L’aéroport de Tourou construit dans la municipalité de Parakou ne sera pas mis en service de sitôt parce que ne répondant pas encore aux exigences de sûreté et de sécurité de l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci). Cette réponse été apportée aux députés, ce jeudi 26 avril, par le gouvernement qui trouve que ce projet qui a coûté près de 70 milliards F Cfa à l’Etat béninois a péché au départ en n’intégrant pas ces considérations techniques élémentaires pour un aéroport.
Quelles sont les raisons de la non mise en service jusqu’ici de l’aéroport de Tourou érigé à Parakou, malgré le vol inaugural qui a eu lieu le 18 mars 2016 ? Le gouvernement était au Parlement, ce jeudi 26 avril, pour apporter des éléments de réponse à cette question orale avec débat du député de l’Opposition, Amadou Issifou, dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale.
Les explications du gouvernement ont été fournies par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serge Ahissou, en lieu et place de son collègue chargé des Infrastructures. De ses éléments de réponses, il ressort que l’aéroport de Tourou construit dans la municipalité de Parakou ne sera pas mis en service de sitôt. Et pour cause ! L’infrastructure ne répond pas encore aux exigences de sûreté et de sécurité de l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci).
En effet, selon le gouvernement, le vol ne pourrait être lancé en raison du niveau actuel de conformité de cet aéroport qui ne permet pas de l’exploiter suivant les règles de l’Oaci. Plusieurs points de non-conformité ont été relevés. Il y a la non-conformité liée à la non-réalisation d’études techniques complètes avant le démarrage des travaux le 4 janvier 2009 pour une durée de dix-huit mois et celle liée au caractère partiel du projet pour lequel la fin des travaux ne signifie pas l’opérationnalité de l’aéroport. En d’autres termes, ces points de non-conformité relevés sont relatifs aux aspects de sécurité et de sûreté qui sont, entre autres, l’inexistence d’infrastructures et équipements nécessaires à la mise en œuvre des mesures de sûreté à savoir le bâtiment de Police, la clôture de la zone de sûreté et l’accès réglementé à la vidéo-protection, l’équipement de contrôle d’accès, l’inexistence de la station météo, le non calibrage des équipements de navigation aérienne, l’inexistence des barrières anti-souffre, l’inexistence des procédures de vol, de servitudes aéronautiques et radioélectriques. Mieux, les différentes inspections réalisées avec les experts aéronautiques et l’Asecna ont révélé, à en croire le ministre, d’importants écarts entre les exigences réglementaires et l’existant sur des points, notamment le personnel, les équipements et les infrastructures ainsi que les procédures. C’est donc au regard de toutes ces insuffisances relevées que le gouvernement ne s’aventure pas à rendre opérationnel cet aéroport.
Auditer les travaux
Le président Patrice Talon a repris le dossier en main pour permettre au Bénin de sauver les milliards F Cfa engloutis dans le projet pour lequel le budget national, sous le régime passé, y a déjà contribué à un peu plus de 19 milliards F Cfa et plus de 39 milliards F Cfa au titre de prêts auprès des banques secondaires du Bénin sur un montant de 45,5 milliards F Cfa d’emprunt à contracter. Les études d’évaluation techniques et complémentaires ont été lancées. Lesquelles devront permettre de prendre en compte les aspects de sécurité et de sûreté relevés liés aux infrastructures et équipements, conformément aux exigences de l’Oaci en matière de planification aéroportuaire. Ce qui permettra de mettre l’aéroport aux normes d’exploitation à l’échelle internationale. Car, sans cette planification qui n’existait pas au projet dans sa forme initiale de conception, l’aéroport ne sera jamais exploité ni certifié par l’Oaci, martèle Serge Ahissou. Le ministre rassure de ce que l’aéroport sera mis en service dès l’achèvement des travaux de mise aux normes et de sa certification suivant les normes de l’Oaci en cette matière.
Mais ces explications du ministre n’ont nullement convaincu Amadou Issifou, l’auteur de la question orale avec débat. Il dénonce un manque de volonté politique du gouvernement du Nouveau départ qui, depuis deux ans, n’a rien fait de façon substantielle pour faire bouger les lignes en faveur de la mise en service de cet aéroport qui a connu son premier vol le 18 mars 2016. Le député de l’opposition balaie du revers de la main les explications relatives aux études techniques parcellaires du projet soulevées pour justifier sa non mise en service. Il brandit une lettre de l’ex-ministre chargé des Infrastructures, Hervé Hèhomey, en direction de l’Anac dans laquelle il certifiait le bon état de l’aéroport de Tourou.
Le député Rachidi Gbadamassi, pour sa part, n’est pas d’accord avec son collègue de la même circonscription électorale que lui. Il est revenu sur la genèse du projet qui est parti d’une lettre qu’il a adressée, alors maire de Parakou, au président Mathieu Kérékou en 2003 pour l’érection de cet aéroport afin d'amoindrir la souffrance des populations du Nord obligées de venir jusqu’à Cotonou avant de prendre leur vol. Le député de la mouvance se dit déçu aujourd’hui de la qualité de l’ouvrage construit et qui n’est pas celui contenu dans le projet initial. Il dénonce beaucoup d’improvisations et de précipitations dans la mise en place de ce projet réalisé sous le régime précédent sans étude technique appropriée. « Je suis révolté quand j’apprends que c’est 70 milliards F Cfa qui ont été engloutis dans l’aéroport de Tourou », dénonce Rachidi Gbadamassi. Il demande au gouvernement de faire l’audit du chantier, car il doute qu’un tel montant ait été dépensé effectivement pour ce projet. Rachidi Gbadamassi plaide également pour la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur les travaux et surtout les coûts de leur réalisation. Il félicite Patrice Talon pour avoir pris le dossier en main en cherchant à sauver les meubles.
Le ministre de l’Enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle Mahougnon Kakpo[/caption]Le ministre de l’Enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle Mahougnon Kakpo et son collègue Salimane Karimou en charge des Enseignements maternel et primaire, ont rendu public l’arrêté fixant la période des cours, des congés et des grandes vacances, de même que la date de la rentrée prochaine.
On s’y attendait, au regard des mouvements de débrayage en cours dans le secteur de l’éducation. C’est effectif depuis ce mercredi 25 avril 2018. Le nouveau calendrier réaménagé de l’année scolaire 2017-2018 dans les établissements d’enseignements maternel, primaire, secondaire général, technique et professionnel est fixé par l’arrêté interministériel année 2018 n°055/Memp/Mestfp/Dc/Sgm/Diip/Dep/Dem/Dec/Dipiq/Desg/Detfp/Sa/049Sgg18. Dans tous les établissements publics et privés à l’exception des centres de formation professionnelle et d’apprentissage, le calendrier scolaire 2017-2018 précédé d’une prérentrée scolaire du lundi 11 au vendredi 15 septembre 2017 est réaménagé. Ainsi, le nouveau calendrier a prévu le premier trimestre du lundi 18 septembre 2017 au mercredi 20 décembre 2017 après les cours de la matinée. Les congés de fin du premier trimestre commencent du mercredi 20 décembre 2017 après les cours de la matinée au mercredi 03 janvier 2018 inclus.
Au deuxième trimestre, les activités académiques courent du lundi 4 janvier 2018 au vendredi 12 janvier 2018 après les cours de l’après-midi. Les jours de travail au cours de la période de perturbation partent du lundi 15 janvier 2018 au vendredi 13 avril 2018. Les congés de fin du deuxième trimestre par contre sont prévus du vendredi 13 avril 2018 après les cours de l’après-midi au mercredi 25 avril 2018 inclus. Le troisième trimestre qui a débuté ce jeudi 26 avril 2018 finit le mardi 31 juillet 2018 après les cours de l’après-midi, soit treize semaines quatre jours. Les grandes vacances sont fixées au mardi 31 juillet 2018. Elles prennent fin le dimanche 16 septembre 2018. L'année scolaire 2018-2019 commence dans les établissements à partir du lundi 17 septembre 2018, soit un mois et demi de période de vacance.
Le grand défi des enseignants à la reprise des classes ce jeudi est l’exécution du programme scolaire. L’année étant perturbée par les grèves perlées, les responsables de certains collèges de Cotonou ignorent le taux d’exécution actuel du programme. Il est vrai que la grève n’a pas affecté toutes les classes de la même manière, selon les explications de certains censeurs de collège. Néanmoins, les enseignants doivent se plier en quatre pour évoluer dans le programme. La seule condition pour booster les résultats scolaires et relever le niveau des apprenants, c’est d’évacuer un grande partie du programme prévu pour être exécuté dans les différentes classes. Cathérine Fassinou, directrice du Ceg Akpakpa centre, n’a pas de doute : « Les enseignants sont capables de faire le nécessaire ».
La bataille pour le dégel de la crise dans l’éducation
La suspension de la motion de grève du Front a mis du bémol à la crise qui secoue le secteur de l’éducation à la reprise des classes, ce jeudi 26 avril. Il y a eu quelques poches de résistance dans les rangs des secrétaires généraux, membres du Front, par rapport à la décision qui a valu la suspension de deux porte-parole, les sieurs Eric Péthos et Jean Adadja. Mais l’acte est à saluer. L’école a repris à la satisfaction générale des parents d’élèves. Malgré la position des dissidents du Front, l’équipe de Péthos a vu juste. Il revient alors au gouvernement de poursuivre les négociations avec les syndicats du Front en attendant leur motion de grève qu’ils envisagent de prendre à partir du jeudi 03 mai 2018. Autrement, le réaménagement du calendrier n’aurait pas d’impact sur l’année scolaire 2017-2018 sous l’emprise des menaces d’une année blanche?
A. M.
Les auteurs du livre critique sur le Cames[/caption]Les professeurs d’université Moïse Oladé Okunlola Lalèyè et Mohamed Chérif-Deen Rahimy ont officiellement lancé, mercredi 25 avril dernier à Cotonou, une œuvre d’analyse intitulée Le Cames : la nébuleuse qui entrave l’essor du Bénin et de l’Afrique. C’est une critique acerbe sur le fonctionnement de cette institution africaine.
« Une institution qui prône les titres et les grades à la place des compétences. Un véritable mal qui répand la médiocrité, l’inculture… ». C’est la conclusion à laquelle sont parvenus les professeurs d’université Moïse Oladé Okunlola Lalèyè et Mohamed Cherif-Deen Rahimy aux termes de leurs investigations sur le fonctionnement du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames). Ils ont co-rédigé à cet effet un ouvrage d’analyse intitulé Le Cames : la nébuleuse qui entrave l’essor du Bénin et de l’Afrique.
Dans cette œuvre scientifique, les deux universitaires présentent un éventail des maux, des irrégularités, des pratiques nébuleuses qui déshonorent l’institution. De l’absence de textes fondamentaux à l’absence de critères d’appréciation objectifs pour l’évolution des enseignants et la reconnaissance des diplômes en passant par des guerres de leadership, les auteurs peignent en noir le fonctionnement du Cames. Ils portent également des griefs contre les enseignants béninois qui cautionnent de telles pratiques et les enseignants lésés qui, par crainte, préfèrent subir le mal en silence. Face à cette situation, les auteurs appellent les autorités à des actions urgentes pour que les valeurs intellectuelles béninoises ne subissent plus les affres du Cames. Les deux professeurs d’université soutiennent d’ailleurs qu’aucun texte ne prouve la ratification du Bénin au Cames. L’institution ne disposant pas, selon eux, de textes fondamentaux, ils proposent alors que les nations africaines installent des structures au plan national, pour porter leurs fils qui ont du mérite intellectuel ».
Présenté par le journaliste chroniqueur Thanguy Agoï, l’ouvrage a été lancé en présence de professeurs d’université qui y ont apporté leurs appréciations. A en croire les auteurs, c’est pour que cesse cette mystification du Cames que l’œuvre a été publiée. « C’est pour que ça s’arrête. Ce n’est pas une rébellion par rapport au Cames. C’est une analyse de ce qui s’y passe », a clarifié l’enseignant à la Faculté des sciences de la santé (Fss), Mohamed Chérif-Deen Rahimy. « Nous n’affirmons pas que tout ce qui vient du Cames est mauvais. Mais l’institution elle-même est mauvaise. Et nous en avons les preuves », a soutenu, pour sa part, Moïse Oladé Okunlola Lalèyè, enseignant de droit et de science politique.
Candide Ahouansou[/caption]Dans notre dernière réflexion, nous nous étions permis de solliciter la magnanimité du chef de l’Etat afin qu’il permette qu’une représentation du peuple soit adjointe à l’équipe d’universitaires et d’intellectuels chargée par décret pris en Conseil des ministres de la mise en valeur du projet assurance maladie et vieillesse, composante du Programme Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch). Cette démarche visait à s’assurer que les besoins et les aspirations du peuple étaient pris en considération dans la manière dont l’unité de coordination traitait le projet. Par la présente, nous remontons au Programme lui-même l’ayant généré en examinant son ossature, car en fait, le ver était dans le fruit.
l l nous avait plu dans notre dernière livraison de nous convaincre du fait que si le décret instituant l’unité de coordination du projet devait être pris ces temps-ci, au lieu de l’avoir été en mai 2017, le chef de l’Etat veillerait, assurément, à la faveur du redressement exponentiel de sa stature sociale, à ce que le peuple y soit représenté en tant que tel. De la même manière, et pour la même raison, nous sommes enclin à nous persuader que si le programme Arch lui-même dont émane le projet de protection sociale devait être élaboré ces jours-ci, il aurait été tout autre. Nous convenons, néanmoins, que ce serait bien outrecuidant de solliciter du chef de l’Etat une remise en cause d’un programme qui lui a été concocté par des esprits, autrement éclairés que le nôtre, mais nous sommes en démocratie et l’on ne sait jamais l’idée susceptible de faire mouche et à quel moment. Alors, autant prendre le risque de l’exprimer et pour cause.
Un programme de rupture avec une philosophie ancienne
Lorsqu’arriva la Rupture et la liesse populaire qui s’en était suivie, il me souvient qu’une ou des équipes s’étaient enfermées dans les locaux de la Présidence de la République pour tracer les grandes lignes des premières actions du gouvernement dans les principaux secteurs d’intervention. Il est de ma présomption qu’elles ont fait du bon travail de techniciens à en juger par les nombreuses mesures réformatrices qu’a prises le gouvernement à la suite de leurs travaux. Mais la protection sociale a une particularité ; elle affecte, on peut plus directement, l’humain dans sa vie et dans sa chair, et nous ne doutons point que l’équipe qui était chargée du dossier en ait pris toute la mesure. Toutefois, il se révèle qu’elle l’a fait avec des idées anciennes. La Rupture n’avait pas la faculté d’effacer les idées de la mémoire des cadres pour les remplacer par d’autres ; elle n’en avait ni le pouvoir ni la force. Elle a néanmoins pu obtenir d’eux de voir les choses différemment avec des idées, il faut bien en convenir, déjà installées dans leurs esprits. L’exercice n’était pas bien difficile tant qu’il s’agissait de choses matérielles. Mais en matière de protection sociale, maladie et vieillesse, il fallait voir les choses avec une philosophie nouvelle alors que les cadres qui ont été chargés du dossier sont restés, sans nul doute, dans le schéma des idées anciennes et étriquées sur la protection sociale, entretenues jusqu’alors. Au vu de l’état dans lequel elle était, la protection sociale ne saurait faire l’objet d’une réforme, ce devait être une révolution. Il aurait fallu se donner la force de briser les conceptions anciennes et de s’en détacher. Les concepteurs du programme n’ont pas pu se donner le temps de s’adjuger cette force et n’ont pu faire cette révolution dans leurs esprits. Ils sont restés avec les notions désuètes telles les plus démunis et les soins de base, propres à une assistance et non pas à une assurance que le chef de l’Etat leur demandait de concevoir. Ils ont donc commencé par confondre les règles de l’assistance dont on a toujours parlé avec l’assurance dont il fallait parler au moment de la rédaction du programme ; et cela en dépit même du libellé du programme qui s’intitule Assurance pour le renforcement du capital humain et non pas Assistance pour le renforcement du capital humain.
L’erreur de conception : Assurance n’est pas assistance
Le résumé exécutif du projet dispose : « L’Arch est essentiellement destiné aux couches les plus démunies des secteurs de l’agriculture, du commerce, du transport, de l’artisanat, de l’art et de la culture ainsi qu’aux personnes démunies sans activités. » Et le projet est émaillé de cette notion de ‘’plus démunis’’ et « d’accès au paquet de soins de base. » Le problème, c’est que dès l’instant que l’on parle en ces termes avec leur corollaire que sont les subventions, l’on dérive du terrain de l’assurance pour rejoindre celui de l’assistance, et cette confusion a été entretenue de part en part du projet. En matière d’assurance maladie et vieillesse, il n’y a pas de plus démunis, il n’y a pas de plus riches ; il n’y a que solidarité nationale, entraide et égalité de traitements à tous égards. Autrement, il n’y a point Assurance. De deux choses l’une.
L’erreur stratégique initiale : une démarche uniforme pour quatre composantes
Le programme Arch comporte quatre composantes : l’assurance risque maladie, la formation, la microfinance et l’assurance vieillesse. La corrélation entre ces quatre composantes ne nous paraît pas évidente, mais nous convenons qu’elle peut être différemment appréciée. L’on peut, en effet, miser sur l’effet multiplicateur éventuel de la combinaison des quatre paquets de services pour sortir, quelque peu, de la pauvreté. Qu’à cela ne tienne ! Il demeure cependant qu’il aurait été judicieux, qu’en raison de la particularité des assurances maladie et vieillesse, ces quatre composantes n’aient pas été mises dans le même sac et pour cause. La maladie et la vieillesse concernent l’humain dans sa vie et dans sa chair. La microfinance et la formation concernent son développement. Par ailleurs et de manière discursive, la stratégie ainsi que les méthodes d’approche ne peuvent être les mêmes dans les deux cas, et il est à craindre que l’on ne fasse pas la démarcation. Il est normal que pour conforter son développement par la formation et le soutien financier, l’on stratifie la population afin de savoir qui en a le plus ou le moins besoin. C’est lapalissade dirions-nous. Mais appliquer cette méthode à la protection sociale devient une hérésie.
L’erreur de méthode
C’est probablement sur la base de la confusion entre assistance et assurance d’une part et de la mise ensemble des quatre composantes de l’autre, que l’unité de coordination du projet chargée de sa mise en œuvre a fait appel aux statistiques disponibles en matière de répartition de la population, s’accrochant fermement à un décret de 2014 par lequel le Conseil des ministres a approuvé les résultats d’une enquête de l’Insae qui répartit la population en pauvres extrêmes, pauvres non extrêmes et pauvres tout court. Mais utiliser ces données pour la protection sociale du citoyen est une erreur de méthodologie au double point suivant. D’abord, au nom du principe sacro-saint de solidarité qui régit tout système d’assurance organisé par l’Etat dans son rôle régalien et constitutionnel de protecteur de la famille, qui ne peut souffrir d’aucune discrimination, mais aussi parce que cette étude a été ordonnée, si nos souvenirs ne nous trahissent pas, dans le cadre de la mise en œuvre du Ramu qui végétait depuis 2008 et qui, finalement, avait échoué ainsi que nous l’avions prévu. Voulons-nous alors introduire délibérément l’ivraie dans le champ en sachant bien qu’elle a déjà détruit le jardin ? Voulons-nous bâtir tout notre système sur des éléments qui ont entraîné le fiasco d’un autre ? Parce que lui aussi, nous voulons dire le Ramu, voulait une assurance par étapes géographiques et par classes sociales.
Les dysfonctionnements
C’est à partir de cette série d’erreurs de conception, de stratégie et de méthodologie que s’enchaîne tout ce qui suivra et qui se trouve être la négation même d’un système d’assurance maladie et vieillesse organisé par l’Etat, à savoir les discriminations et les exclusions de toutes sortes.
Les discriminations, c’est le fait de classifier la population aux fins de lui accorder des avantages différenciés ; c’est aussi, non seulement le fait de subventionner certaines tranches de la population, mais encore d’observer une gradation dans cette subvention ; 100% pour les pauvres extrêmes 50 % pour les pauvres non extrêmes. C’est aussi le fait que l’Etat souscrive carrément des polices d’assurances maladie à certaines catégories de citoyens auprès des assureurs recrutés par appel à concurrence.
Les exclusions de l’assurance risque maladie : il est écrit dans le Programme que l’Etat écarte de cette couverture les ‘’non pauvres du secteur informel’’. Outre le fait que le principe même de l’exclusion est hérétique en matière d’assurance, comment l’Etat procédera-t-il pour les identifier nommément, nonobstant les statistiques qui chiffrent l’ensemble des pauvres à 4 300 000 citoyens. Peut-être s’en remettra-t-il au Ravip en cours ; qui sait ?
Le caractère obligatoire de l’assurance maladie : le programme dispose que l’assurance « sera rendue obligatoire par la loi pour tous les travailleurs du secteur privé informel ». Mais, de quels moyens de pression l’Etat dispose-t-il pour ce faire ? La réponse est aucun, car chaque citoyen gère sa vie comme il l’entend. Et, demander aux Béninois d’aller payer régulièrement sa prime ne sera que gageüre ; il ne pourra y satisfaire ; il a trop d’imprévus et de contraintes dans sa vie.
Par ailleurs, il est à noter que c’était l’une des erreurs du Ramu que d’avoir fondé la prime d’assurance sur une cotisation individuelle. D’un autre côté, si le citoyen, travailleur de l’informel, n’arrive pas à s’assurer contre la maladie et la vieillesse, il deviendra, à n’en pas douter, un problème pour sa famille et la société, que l’Etat, lui-même aura provoqué.
Les exclusions de l’assurance retraite : ‘’ Les populations du secteur informel et du milieu rural sont carrément exclus des dispositifs formels de couverture sociale’’. Mais enfin, qu’est donc cela et au nom de quoi ? Est-ce concevable telle chose dans un pays civilisé, qui plus est sous un régime de Rupture ? Est-ce concevable d’écarter ainsi d’un revers de main 94,3 % de la population active du pays, de la couverture retraite ? Est-ce légitime d’ignorer ainsi toute une population qui contribue pour 68 % à la formation du Produit intérieur brut ? Ignore-t-on, par ailleurs, que les pauvres extrêmes sont pour 96 % dans l’informel et que l’on empirera leur situation en les délaissant dans leurs vieux jours déjà que les soi-disant non pauvres du secteur sont privés d’assurance maladie ? Qu’est-ce donc que ce système d’assurance ? C’est du torchon enrageant pour tout esprit normalement constitué et nous sommes fondé à nous demander comment telle chose peut se passer en système de Rupture à moins que ce soit le chef de l’Etat lui-même qui ait donné des instructions formelles pour que l’on délaisse une partie de son peuple.
Les distorsions du projet sont tellement déroutantes que si nous étions à la place du président de l’unité de coordination, nous les signalerions au chef de l’Etat, tout en continuant, toutefois, d’obtempérer et de faire le travail qu’il nous a demandé.
Et, il ne s’en fâchera probablement pas, car il y va de sa crédibilité et de son honneur. Il sied, alors, de se remettre en mémoire que la protection sociale pour tous, nous disons bien pour tous, a été un argument décisif de campagne électorale et que le peuple y a mis grand espoir. Le candidat Patrice Talon n’avait pas dit qu’il promettait une couverture sociale pour les plus démunis de la nation. Il est à prier que ce ne sera ni la construction des routes ni l’asphaltage ni même l’emploi qui amèneront le peuple à porter le président Talon en triomphe à la fin de son mandat ; ce sera assurément une protection sociale, sans discrimination ni exclusion d’aucune sorte. Le président de la République méritera certainement que nous le portions en triomphe ; ne lui en gâchons pas l’occasion.
Mais qu’elles peuvent bien être les raisons de ces discriminations et de ces exclusions ?
Quelles sont donc ces raisons qui vident complétement l’assurance de son sens et de sa substance ? Je préjuge qu’elles sont d’ordre financier et budgétaire. Des questions, des incertitudes et des doutes ont dû turlupiner les rédacteurs du Programme comme ce devrait être le cas pour l’unité de coordination du projet. Où trouver les ressources financières pour assurer en maladie et vieillesse tout ce monde estimé à 10 882 953 âmes ? En vertu des disponibilités prévisibles qui peut-on assurer et qui devra-t-on larguer et sacrifier pour équilibrer les comptes ? Nous comprenons cela de quelque manière sauf que ces questions ne se posent pas en système d’assurance conséquent organisé par l’Etat et ne peuvent constituer un goulot d’étranglement. Il appartient, en effet, à l’Etat de trouver les voies et moyens de garantir les cotisations ; et tout le problème est là, nulle part ailleurs.
La commode procédure de prélèvement à la source sur les salaires et son nécessaire abandon
Si nous étions tous détenteurs de fiches de paie, il serait bien aisé de quantifier le volume des primes pour pouvoir savoir comment faire face aux dépenses prévisibles selon la masse des risques à couvrir pour la maladie et la durée de vie pour la retraite ; tous éléments déterminés par les médecins et les actuaires. C’est sur cette base que fonctionne le régime d’assurance sélective actuellement en cours. Mais nous ne pouvons poursuivre cette politique dans la mesure où nous sommes censés vouloir étendre le régime d’assurance à toute la population et que 94,3 % de la population active est dans l’informel, donc sans fiche de paie. Nous nous devons alors de remplacer l’élément travail qui, au demeurant, ne permet de couvrir actuellement que 8,4% de la population par autre facteur qui permette de couvrir les 100 % de cette même population, un facteur à rayon d’action nationale. Aussi avons-nous pensé à une infime taxe sur toute boisson embouteillée en guise de primes des deux risques maladie et vieillesse ; et point n’est besoin de faire un dessin pour convaincre du bien-fondé de cette procédure ainsi que de son caractère éminemment solidaire et populaire. Nous buvons tous depuis que nous sommes au sein de notre maman jusqu’à ce que nous rendions l’âme ; un capital fondé sur cette sorte de taxe est cumulatif et sans jamais aucun risque de disparition. Au demeurant, nous avons proposé de ménager un différé d’intervention de trois mois pour constituer et conforter le capital initial. Le tout est que les actuaires fassent du bon travail, détermine les bons ratios en collaboration avec les médecins pour décider du montant de cette taxe commune aux deux composantes maladie et vieillesse. En tout état de cause, il n’est pas souhaitable que le système d’assurance qui nous régira soit tributaire du budget national ; les mésaventures du Ramu resté en sommeil pendant près de quatre ans pour cause de non disponibilité budgétaire sont édifiantes.
La gestion de la protection sociale par des compagnies d’assurances
Pour ce qui est de céder la gestion de la santé et de la vieillesse des citoyens, fonctionnaires, élus, membres des institutions de la République et retraités de la Fonction publique, à des sociétés d’assurances privées, nous estimons que l’idée n’est vraiment pas heureuse et pour cause. Il est de notre opinion que l’argument évoqué à savoir notre manque d’expérience pour justifier cette intrusion de compagnies d’assurances privées dans notre bien-être physique dont est responsable l’Etat, ne tient pas la route et nous déshonore. Si des doutes subsistaient quant à la capacité de nos gestionnaires à gérer un système d’assurance, pourquoi ne pas faire appel à une assistance technique de courte durée ? Du reste, c’est un secret de polichinelle que les compagnies d’assurances de la place ne sont rien d’autre que des filiales de maisons mères étrangères. Et nous savons bien que les milliards de nos francs que leur versera l’Etat en guise de nos cotisations se retrouveront sur les marchés financiers alors que notre pays a besoin d’investissements.
Nous constatons avec dépit et grande amertume que le régime de Rupture a la fâcheuse tendance à ne pas faire grand cas de ce qu’écrivent les citoyens pour une meilleure gouvernance de la cité ; c’est bien dommage. Nous adjurons les autorités de bien vouloir prêter l’oreille aux voix des citoyens quand bien même discordantes de celles qui les guident ; avec un peu de bonne volonté, l’on n’y trouve, toujours, quelque chose à piocher. Il est vrai que la fonction d’attaché de presse a été supprimée dans les ministères mais alors, qui informe les ministres et le chef de l’Etat lui-même, non pas seulement des diatribes politiques, mais surtout des réflexions dénuées de toute polémique sur la gouvernance du pays ? Les directeurs de cabinet, la cellule communication de la Présidence de la République ou personne.
*Ambassadeur
La caisse Nationale de Sécurité Sociale de Cotonou[/caption]L’interpellation et la garde à vue de messieurs Romain Boko, Moussa Alassane Kourouma Kémoko, Célestin Coovi Ahonon, Moussa Jérémie Doué Yo Mora, Laurent Mètongnon et Dominique Gnaguènon ne sont pas contraires à la Constitution. De même, la perquisition opérée au domicile du sieur Moussa
Alassane Kourouma Kémoko ne viole pas la Constitution.
Par contre, le compte rendu du Conseil des ministres n°36/2017/PR/SGG/CM/OJ/ORD du 2 novembre 2017 en son point 2.4.2. relatif au rapport de vérification de versement des commissions occultes à des dirigeants de la Caisse nationale de sécurité sociale est contraire à la Constitution.
Par ailleurs, le procureur de la République près le tribunal de première instance de première classe de Cotonou, monsieur Ulrich Gilbert Togbonon, a méconnu l’article 35 de la Constitution.
Ainsi en a jugé la Cour constitutionnelle en sa décision Dcc 18-098 du 19 avril 2018 rendue au sujet de l’affaire de placement hasardeux des fonds de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) à la Banque internationale du Bénin (Bibe).
En effet, la haute juridiction a été saisie de requêtes relatives respectivement au comportement des officiers de Police judiciaire en service à la Brigade économique et financière (Bef) en charge du dossier vis-à-vis de monsieur Laurent Mètongnon, d’un recours contre le procureur de la République près le tribunal de première instance de Cotonou pour violation de la Constitution et de l’article 402 du Code de procédure pénale et d’un recours en inconstitutionnalité de la détention des mis en cause dans l’affaire Cnss.
Dans leur verdict, les sept sages indiquent qu’il y a violation de l’article 402 du Code de procédure pénale, et de l’article 7.1 d, de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples.
Pour rendre cette décision, la haute juridiction s’est basée, entre autres sur sa décision Dcc 14-185 du 6 novembre 2014, qui a dit et jugé que « Dans le domaine de la justice et particulièrement lorsqu’est en cause la liberté d’un citoyen, tout juge est tenu aux meilleures diligences pour faire aboutir toute procédure pénale dans un délai raisonnable ». Ainsi, les mis en cause ayant été gardés du 23 novembre 2017, date du mandat de dépôt au 19 décembre 2017, date de la première comparution devant la juridiction de jugement, il s’est écoulé vingt-cinq jours, soit plus de 72 heures prévues par l’article 402 du Code de procédure pénale; que ce délai est anormalement long ; qu’en agissant tel qu’il l’a fait, le procureur de la République près le tribunal de première Instance de première classe de Cotonou a méconnu l’article 35 de la Constitution aux termes duquel : « Les citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique ont le devoir de l’accomplir avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté dans l’intérêt et le respect du bien commun » ; et sans qu’il soit besoin de statuer sur les autres moyens ».
Actualités 27 avr. 2018
Le nouveau président de la Cour d’appel de Parakou[/caption]Le nouveau président de la Cour d’appel de Parakou, Edouard Ignace Gangni, a officiellement été installé et renvoyé à l’exercice de ses fonctions, ce jeudi 26 avril. Il succède à Hubert Arsène Dadjo. C’est au cours d’une audience solennelle présidée par le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, qui avait à ses côtés le Garde des sceaux, ministre de la Justice, Joseph Djogbénou.
Intérimaire au départ, puis confirmé en Conseil des ministres, Edouard Ignace Gangni a officiellement été installé, ce jeudi 26 avril, comme président de la cour d’appel de Parakou. Son parcours élogieux et la vingtaine d’années d’expérience qu’il a déjà engrangée, constituent pour lui autant d’atouts, gages de qualités pour réussir sa mission à la tête de cette juridiction.
Autant de mérites que le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, a également reconnus à l’homme et qu’il a tenu à rappeler à l’assistance. « Il n’y a pas meilleurs témoignages de votre attachement à la justice », a-t-il déclaré. Selon lui, c’est à l’exercice d’un nouveau capitaine de navire qui s’apprête à lever l’ancre, que le nouveau président est convié.
Il a, par ailleurs, remercié le chef de l’Etat, président du Conseil supérieur de la magistrature, pour sa grande sensibilité à l’égard de la justice et sa permanente sollicitude. Le président Ousmane Batoko a également loué son souci de veiller au fonctionnement régulier et harmonieux des institutions de la République et surtout, celles liées à la justice.
« C’est cette conscience que l’on a, qui nous donne à avoir des décisions dans lesquelles, l’on ne traduit pas la puissance du pouvoir judiciaire », a indiqué le ministre Joseph Djogbénou, dénonçant les problèmes qui minent la justice au Bénin. « Un magistrat rentre dans un corps au service de l’Etat. Mais un juge prend une décision, étant bien entendu que tout magistrat n’est pas un juge et tout juge n’est pas un magistrat », a laissé entendre le Garde des sceaux. « Ce que notre Etat recherche, c’est l’indépendance de la Justice à travers celles et ceux qui jugent », a-t-il insisté.
Quant au procureur général de la Cour suprême, Onésime Gérard Madodé, il a invité le nouveau président de la Cour d’appel de Parakou à être un modèle. Il l’a exhorté à travailler à l’amélioration de l’image de la maison justice.
Avant les différentes interventions, lecture du décret de nomination d'Edouard Ignace Gangni a été donnée. Plusieurs autorités politico-administratives et judiciaires ont honoré la cérémonie de leur présence, aux côtés du président de la Cour suprême et du Garde des sceaux.
Assemblée Nationale[/caption]Le prix du ciment doit revenir au coût appliqué auparavant et qui tournerait autour de 70 000 F Cfa au plus. C’est la position du gouvernement qui a pris ses responsabilités à cet effet pour mettre fin à la spéculation qui s’observe depuis quelques jours au Bénin dans le secteur. La question était au menu des débats, ce jeudi 26 avril, à l’Assemblée nationale dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale avec, au front, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serge Ahissou.
Le gouvernement n’est nullement responsable de l’augmentation du prix du ciment actuellement constaté au Bénin, a soutenu le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serge Ahissou, face aux députés, ce jeudi 26 avril, à l’Assemblée nationale. Dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale, le dossier était au cœur d’une question d’actualité posée par le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Eric Houndété.
Selon le député, le prix de la tonne de ciment serait passé de but en blanc de 65 000 à 80 000 F Cfa voire plus aujourd’hui. Il demande au gouvernement de donner les raisons de cette flambée de prix du ciment, les incidences de cette hausse sur les ménages et les chantiers de développement lancés par l’Exécutif ainsi que les mesures prises par ce dernier pour pallier cette situation. L’auteur de la question voudrait par ailleurs savoir si le gouvernement a participé à la fixation du nouveau prix observé sur le terrain.
Pour le ministre Serge Ahissou, le nouveau coût n’engage pas le gouvernement. Il a expliqué que tout est parti d’un seul cimentier qui, face à ses difficultés par rapport à l’importation de certaines matières premières qui lui revenaient un peu plus chères, a décidé d’élever le prix à la tonne. Les autres cimentiers ont profité de la situation pour augmenter eux aussi leurs prix. Les spéculations s’en sont par la suite mêlées. Ce qui justifie les fluctuations des prix constatés actuellement sur le marché, explique le ministre Serge Ahissou qui a ensuite précisé que le gouvernement ne participe pas à la fixation du prix de vente du ciment. « Le marché est libre et il revient aux producteurs de fixer eux-mêmes leurs prix », souligne le ministre de l’Industrie et du Commerce.
Toutefois, poursuit-il, l’Etat veille au grain pour éviter les dérapages et autres exagérations des promoteurs du secteur cimentier dans la fixation des prix de vente.
Et face à la situation actuelle, le gouvernement n’est pas resté les bras croisés, informe le ministre. Plusieurs démarches ont été menées en direction des cimentiers pour leur imposer un coût plafond à ne pas dépasser. Lequel ne devrait pas être loin du prix normal auquel se vendait le ciment. Le ministre Serge Ahissou dit avoir tenu à plusieurs reprises des rencontres de vérité avec les promoteurs de ciment installés au Bénin tels que Nocibé, Cimbénin, Scb Lafarge et Ciment Le bouclier. La dernière réunion se serait tenue ce jeudi 26 avril pour inviter les cimentiers à respecter les directives du gouvernement. Le ministre de l’Industrie et du Commerce assure que les populations pourraient constater dans les toutes prochaines heures les retombées des différentes actions menées par le gouvernement. Cette réponse a partiellement satisfait le député Eric Houndété, auteur de la question d’actualité. Il se réjouit que le gouvernement ait pris le taureau par les cornes. Mais il s’étonne que le ministre n’ait pas répondu comme cela se doit par rapport aux incidences de cette hausse qui impacte sérieusement le budget des ménages qui ont des chantiers de construction en cours.

Six groupements de femmes vivant avec le Vih/Sida et des centres de santé pilotes pour la prise en charge de celles-ci, dans le Mono et le Couffo, ont reçu, ce jeudi 26 avril à Aplahoué, chef-lieu du Couffo, d’importants lots d’équipements de travail. La remise de ce matériel offert par le Pam et l’Onusida, deux agences du Système des Nations Unies, a fait l’objet d’une cérémonie présidée conjointement par le préfet du Couffo, Christophe Mègbédji, la directrice pays Onusida, Marie-Margarète Molnar, et le représentant du représentant résident du Pam, Francis Alain Béré.
D’un coût global d’environ 8 millions francs Cfa, conjointement financé par le Pam et l’Onusida au Bénin, le don effectué hier au Centre de promotion sociale d’Aplahoué constitue un soulagement pour les bénéficiaires. Aux groupements de femmes séropositives stigmatisées et limitées dans leurs activités économiques faute de moyens, il a été offert des intrants, des outils agricoles et des machines de transformation des produits tels que le manioc et le soja. Des centres de santé dédiés à leur prise en charge ont été également dôtés de matériel anthropométrique (toise, pèse-personne, etc.) et d’ustensiles de cuisine devant améliorer leurs prestations de suivi.
Cette action, soutient Francis Alain Béré, représentant résident du Programme alimentaire mondial (Pam), s’inscrit dans une démarche globale de prise en charge des personnes infectées. Une prise en charge qui, à l’en croire, ne saurait se résumer à des soins médicaux mais doit comporter, en complément, des mesures d’accompagnement visant à développer et à maintenir l’autonomie des personnes à l’égard de l’infection à Vih/Sida. Lesquelles mesures d’accompagnement, poursuit-il, comprennent, entre autres, le suivi de l’état nutritionnel et l’éducation nutritionnelle, activités auxquelles sont destinés, selon lui, le matériel anthropométrique et le kit de cuisine.
A son tour, la directrice pays Onusida, Marie-Margarète Molnar, fait savoir que « Les personnes vivant avec le Vih/Sida ont besoin non seulement d’une alimentation saine, nutritive et régulière mais surtout d’être autonomisées financièrement ». Concernant l’autonomie financière, la directrice pays Onusida salue le don de matériel de travail fait aux groupements, et relève qu’au plan général, le Bénin s’est engagé avec l’appui de ses partenaires à améliorer les éléments du bien-être chez ses citoyens infectés.
Pour elle, le présent don est à inscrire au titre des actions concrètes contributives à l’atteinte des objectifs du Plan de rattrapage et du programme conjoint des Natons Unies au Bénin sur le Vih. « Une fois autonomes, les femmes bénéficiaires des appuis pourront avoir accès plus aisément aux soins, améliorer leur état nutritionnel ainsi que celui des membres de leur ménage et par extension avoir une meilleure adhérence au traitement », a soutenu Marie-Margarète Molnar.
Et pour que ces objectifs et les équipements offerts ne soient dévoyés, le préfet du Couffo et le secrétaire général de la préfecture du Mono ont exhorté les bénéficiaires à le consacrer à l’usage indiqué.
Au nom de ses pairs à l’honneur, Jeannette Bossou a pris l’engagement que le pari d’un bon usage sera tenu afin que les institutions partenaires les aident davantage à sortir de la précarité. Jeannette Bossou et les autres membres des groupements bénéficiaires des dons se sont vus également délivrer leur attestation de « formation sur le développement personnel, les compétences de la vie et l’éducation financière ». Financée par les fonds du Luxembourg, la formation s’est déroulée du 10 au 11 avril dernier. A la suite de la remise des attestations, les officiels ont effectué une visite guidée de quelques produits exposés sur les lieux, témoignant des activités économiques menées par les groupements féminins.
Les équipements offerts
1-Composition d’un kit par centre de santé
-Une toise pour adulte
-Une pèse personne de marque Secca
-Une série de trois casseroles en aluminium
-Deux bassines en aluminium de marque Lion
-Un tonnelet e plastique de contenance 100 litres
-Une gazinière de marque Oryx
-Une passoire de grand diamètre
-Un lot de cuillère, écumoire, louche et couteau (en matériel inoxydable)
2-Composition d’un kit par groupement de transformation de manioc en gari
-Une presse manioc à double vis
-Une râpeuse de manioc
-Réalisation de deux binômes de foyer amélioré
-Trois marmites creuses à grand diamètre de fabrication locale
-Trois grandes bassines en aluminium de marque Lion
-Trois grandes marmites de trente kg de fabrication locale
3-Composition d’un kit par groupement de transformation de soja
-Une presse soja
-Un moulin pour le soja
-Trois marmites creuses à grand diamètre de fabrication locale
-Trois grandes bassines en aluminium de marque Lion
4-Composition d’un kit par groupement de maraichage
-Une motopompe à essence pour arrosage
-Huit sacs d’urée
-Huit sacs d’engrais Npk
-Deux pulvérisateurs
-Deux brouettes
-Quatre arrosoirs
-Quatre râteaux
-Vingt tuyaux PVC de 75
-Dix mètres de raccord de pompage d’eau de diamètre 90 mm
-Cinquante mètres de tuyau de drainage de 63 mm de diamètre
-Dix paquets de produit idéfix
-Dix boîtes de produits pacha en poudre
-Cinquante mètres de raccord d’arrosage de diamètre 32 mm

Le réseau des journalistes du Bénin sur les catastrophes naturelles (Rjbcn) a tenu, ce jeudi 26 avril, à Cotonou, sa séance mensuelle consacrée à une thématique liée à sa sphère de compétence. Elle a été animée par Dr Victor Gbèdo, directeur de Dcam-Bethesda, sur le sort réservé aux déchets solides ménagers à Cotonou.
« Assainissement de la ville de Cotonou : où vont les déchets solides ménagers? ». C’est ce thème que Dr Victor Gbèdo, directeur de Dcam-Bethesda, a développé, ce jeudi aux journalistes s’intéressant aux questions environnementales. Il a été axé, sur le sort réservé aux déchets solides ménagers à Cotonou. C’est une problématique assez complexe que le gestionnaire environnementaliste, expert en gestion de déchets et évaluation environnementale a exposée.
Pour lui, 15 % des déchets à Cotonou sont collectés et traités convenablement. Et si tous les déchets de la ville pouvaient l’être convenablement, il y a longtemps que le site de Ouèssè serait plein, observe-t-il.
En dehors des déchets générés par les ménages au Bénin et qu’on éprouve déjà des difficultés à gérer, l’expert a indexé les déchets issus des portables, des produits électroménagers et autres machines importés au Bénin.
Pour le spécialiste, les déchets des portables contiennent des métaux lourds très dangereux pour la santé. Il en est de même pour ceux que contiennent les appareils électroménagers et autres équipements venus de l’extérieur qui pullulent de nos jours chez nous. Lesdits équipements constituent une affaire intéressante à laquelle s’intéressent acheteurs et vendeurs, un commerce florissant.
Pour Dr Victor Gbèdo, le ministère du Cadre de vie et du Développement durable devrait davantage s’intéresser aux dons d’équipements et de machines qui ne durent pas (un mois ou deux au plus). « Tout ce qui est électronique est plus dangereux que tous les autres déchets ; on doit limiter les pacotilles », relève l’expert. Pour lui, il n’y rien de plus dangereux que les métaux lourds volatiles.
Les déchets forment une grande famille, selon Dr Victor Gbèdo. Suivant leur typologie, plusieurs critères permettent de les classer. Ainsi, selon leur source de production et leur composition ou nature, on peut regrouper les déchets en plusieurs types ou catégories. Il y en existe à foison et la gestion pose problème, reconnaît-il.
La gestion intégrée et durable des déchets (Gidd) est la meilleure approche, selon l’expert. Les organisations non gouvernementales font beaucoup d’efforts dans le domaine, a indiqué le spécialiste, qui espère que le gouvernement les appuiera, afin de contribuer à la santé et au bien-être des populations.
Le budget consacré à la gestion des déchets n’est pas suffisant, constate l’expert.
Sur un budget municipal de 15 milliards F Cfa pour Cotonou, selon les prévisions, seulement 10 % correspondant à 1,5 milliard sont consacrés à la gestion des déchets. Ce qui ne correspond à rien par rapport à ce qui est requis et qu’on observe dans les grands pays. Il importe que les pouvoirs publics consacrent davantage de moyens à la gestion des déchets pour le bien-être de tous.
Pour rappel, le réseau des journalistes béninois sur les catastrophes naturelles (Rjbcn) présidé par Euloge Aïdasso s’intéresse depuis sa création aux questions liées à l’environnement, aux inondations et touchant la gestion des déchets.
vue partielle des participants [/caption]Le directeur général de l’Environnement et du Climat (Dgec), Martin Pépin Aïna, a procédé, ce mercredi 25 avril à Cotonou, à l’ouverture d’un atelier de sensibilisation sur les sources de mercure au Bénin et son impact sur l’environnement et la santé. L’objectif de cet atelier est de renseigner au-delà des ministères, les acteurs non institutionnels qui pourraient apporter eux-aussi un accompagnement déterminant pour la réussite de la mise en œuvre de la convention de Minamata sur le mercure.
Selon Martin Pépin Aïna, cette convention dont le but est de protéger la santé humaine et l’environnement contre les émissions et les rejets anthropiques de mercure et de ses composés a été signée le 10 octobre 2013 puis ratifiée le 7 novembre 2016 par le Bénin. Il est important que le Bénin respecte ses engagements en sensibilisant sur les risques du mercure sur les populations, estime-t-il. « Nous avons des obligations qui nous amènent à sensibiliser les populations sur l’impact du mercure sur la santé et l’environnement d’autant plus que le mercure se retrouve dans notre quotidien », a fait savoir le directeur général de l’Environnement et du Climat.
A l’occasion, le point focal du ministère du Cadre de vie et du Développement durable, Sandra Gounou, a présenté à l’assistance le rapport d’inventaire national du mercure. Selon elle, le mercure est source de plusieurs types d’intoxications à savoir : les atteintes neurologiques, les atteintes rénales, les risques cancérigènes, les atteintes tératogènes comme le retard mental, les convulsions, la surdité et la cécité. « 44 410 kg de mercure sont rejetés annuellement dans l’environnement en provenance des différentes sources à savoir les piles, l’extraction de l’or par amalgamation au mercure, le dépôt informel de déchets généraux et le brûlage des déchets, la production du ciment », a-t-elle déclaré. Cinq communications suivies de débats ont été présentées au cours de cet atelier pour permettre aux acteurs à différents niveaux de mieux appréhender le sujet.
Christian HOUNONGBE (Stag.)
Environnement 27 avr. 2018