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Nouvelles

Commune de Ouaké: Le maire Alimiahou Titchalé Alassane à nouveau menacé de destitution
[caption id="attachment_28866" align="alignnone" width="1024"]Le maire de Ouaké, Alimiahou Titchalé Alassane[/caption]

Le maire de Ouaké, Alimiahou Titchalé Alassane, est menacé de destitution, quelques jours après sa sortie de prison. Huit conseillers dissidents demandent à nouveau à lui retirer leur confiance, après la tentative avortée de septembre 2017. Ils lui reprochent « des mauvais comportements et pratiques qui entravent la conduite des actions de développement » dans la commune.

Le maire de Ouaké, Alimiahou Titchalé Alassane, est menacé de destitution à nouveau. Huit conseillers communaux sur les quinze au total réclament son fauteuil, en formulant une demande de convocation d’une session extraordinaire pour un vote de défiance à son encontre.

A travers la correspondance en date du 12 avril dernier, les conseillers dissidents lui reprochent, entre autres, « une gestion discriminatoire sur fond de favoritisme », le « refus d’exécuter certaines décisions du Conseil communal » telles que le non affermage du marché de Kassoua-Allah, des « relations conflictuelles avec des conseillers communaux, chefs de villages et de quartiers de ville ainsi qu’avec des chefs des services. Ils s’insurgent également contre son « absence prolongée » à la mairie suite à son incarcération, entravant, selon eux, le bon fonctionnement des activités. En fait, le maire Alimiahou Titchalé
Alassane n’est sorti de prison que le vendredi 13 avril dernier, après avoir passé plus de trois mois en détention dans une affaire qui l’opposait à l’entrepreneur Soumanou Abassou Malanfali au sujet de la construction de l’hôtel de ville de Ouaké.
La crise au conseil communal de Ouaké ne date pas d’aujourd’hui. Les précédents griefs ont déjà fait objet de plusieurs reproches portés à la connaissance du maire et ont même conduit à une décision de destitution qui a été avortée après différentes médiations, rappellent les signataires de la motion. En effet, le 4 septembre 2017, neuf élus communaux avaient signé une motion de destitution du maire et lui ont adressé une demande de convocation d’une session extraordinaire pour lui retirer leur confiance. Le maire semblait l’avoir échappé belle. Mais pas pour autant, puisqu’il est à nouveau sur la sellette.
Les conseillers dissidents dénonçaient « une gestion hasardeuse, solitaire et opaque », « une indisponibilité notoire du maire et son incompétence à développer un leadership politique et diplomatique en vue d’impulser le développement harmonieux et équilibré, gage de paix et de cohésion sociale durable ». Aussi, le maire prioriserait-il des dépenses qui ne profitent qu’à lui et ses courtisans et aurait maintenu certains agents moins gradés que d’autres aux postes de chefs service au mépris des textes et des recommandations des auditeurs, selon les frondeurs.
Ces derniers fustigeaient également « le refus délibéré du maire de mettre en application des propositions faites par le conseil communal et la commission technique des affaires économiques pour l’amélioration des recettes communales, le mépris du maire à l’égard des conseillers locaux, des chefs de village, des opérateurs économiques locaux et même des sages ». Des allégations qu’a balayées d’un revers de la main le maire Alimiahou Titchalé Alassane, arguant qu’il s’agissait plutôt de manœuvres politiques.

Actualités 18 avr. 2018


Réforme du système partisan: La marche vers la démocratie au sein des partis politiques

Tout le monde s’accorde à dire que le Bénin est un modèle édifiant en matière de démocratie. Au fond, cette apologie mérite d’être relativisée. La preuve, malgré cette réputation, la pratique démocratique semble n’avoir pas beaucoup évolué, à l’intérieur des partis politiques. Les chefs de partis sont inamovibles et la culture de l’alternance absente. Un immobilisme et une opacité qu’ambitionne d’annihiler la prochaine réforme du système partisan.

Le fossé abyssal qui existe entre la culture de l’alternance, voire l’alternance au sein des partis politiques et l’édifiant progrès de la démocratie de la vie politique nationale crève l’œil. Pourtant, les chefs de partis, dans l’exercice enivrant du pouvoir politique ne se sont pas rendu compte de l’état de démocratie à plusieurs vitesses dans lequel, ils se prélassent. Une situation qui confère une allure rétrograde à la démocratie à l’intérieur des formations politiques et une autre vitesse pour l’instauration de la représentativité de la minorité. 

En visite officielle au Ghana en 2010, le président Barak Obama a lancé comme l’appel de la Baule, un cri d’alarme aux jeunes démocraties africaines. « L’Afrique, au lieu d’avoir des hommes forts, doit avoir des institutions fortes », a-t-il déclaré. Pour lui, il urge d’instaurer une culture d’alternance, un principe sacro-saint de la démocratie, qui doit être de rigueur à l’intérieur des partis politiques comme à la tête des Etats. Un ancrage qui passe, selon lui, par des élections primaires, un statut d’opposition, une bipolarisation de la vie politique afin d’éliminer les nombreux partis politiques à caractère tribaliste, sans assise nationale, sans idéologie politique, dirigés par des individus à intérêts inavoués.
Huit ans après ce discours, la plupart des démocraties africaines affichent l’immobilisme. L’instauration de la culture d’alternance au sein des formations politiques est problématique. Pour le Bénin, modèle édifiant de la démocratie en Afrique, il est temps de corriger cette inaction qui sape ses prouesses.
Aux grands maux, les grands remèdes. Le gouvernement initie une loi que peaufinent depuis plus de six mois les députés à l’Assemblée nationale.
En février dernier à Cotonou, le parlement a organisé une rencontre pour réfléchir sur « La réforme du système partisan ». Au terme d’un séminaire de deux jours, l’élite politique et celle de la société civile ont fait le bilan critique du chemin parcouru dans l’expérimentation de la charte des partis politiques après vingt-huit ans de démocratie. Elles se sont enrichies de l’expérience d’autres pays modèles en démocratie et de la diversité des apports des participants.
Ce projet de loi portant Charte des partis politiques offre un cadre juridique nouveau qui va régir très prochainement les partis politiques au Bénin, porte sur leurs devoirs et leurs droits, de même sur leur fonctionnement, leur enregistrement, leur suivi, leur gestion et leur vie.

Les innovations

La première de toutes les innovations de ce projet de loi porte sur la création d’une structure administrative indépendante dénommée « Agence nationale d’enregistrement et de suivi des partis politiques (Anesp). Une première initiative au Bénin après 28 ans de démocratie. Dotée d’une personnalité juridique et de l’autonomie administrative et de gestion, elle sera placée sous la tutelle du ministère chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique. Selon le projet de loi, elle aura pour mission de recevoir des déclarations administratives de constitution des partis politiques, de procéder à leur enregistrement, de gérer leur financement public, s’assurer du respect par eux de leurs obligations administratives, comptables et financières.
Selon cette « charte des partis politiques » en cours, on ne peut être membre de plus d’un parti politique. Toutefois, précise le projet de loi, les membres d’un parti politique peuvent se constituer en sensibilité ou en courant au sein d’un parti. Aussi, tout parti politique perd son statut juridique s’il ne présente pas de candidats aux élections législatives.

Les dispositions de régulation

L’article 45 relatif au financement des partis politiques se révèle être la disposition la plus corsée. Il stipule que : « Seuls les partis politiques ayant obtenu, lors des élections législatives précédant l’exercice au cours duquel le financement est acquis pour la durée de la législature, un nombre de députés correspondant à un cinquième (1/5) du nombre de députés composant l’Assemblée nationale et provenant d’un nombre de circonscriptions électorales équivalant au minimum aux deux cinquièmes (2/5) du nombre total des circonscriptions, peuvent bénéficier du financement public. Une disposition qui décourage la prolifération des partis politiques et encourage la bipolarisation de la vie politique. Avec cette disposition, les petits partis n’ont pas beaucoup de chances aux compétitions électorales. Toute élection reste fatale pour eux. Pour ne pas disparaître, les petits partis doivent aller aux grands ensembles politiques.
Le cinquième de 83 députés fait 16 députés. Pour les législatives passées, l’alliance Fcbe a eu 32 députés, l’Union fait la Nation en a eu 13 députés, le Prd, une dizaine de députés, la Rb 7 députés, l’alliance Soleil 4 députés. Avec la mise en application de cette disposition, seule l’alliance Fcbe serait éligible au financement des partis politiques. Les autres partis qui n’ont pas pu obtenir 16 députés au parlement sont appelés à fusionner avant de gagner la manne.
Selon les prévisions du projet de loi sur la charte des partis politiques au Bénin, le montant global annuel alloué aux partis politiques représente au moins 0,5 % des ressources intérieures de l’année précédente. Un montant qui peut être augmenté par décret pris en Conseil des ministres. Les dispositions stipulent qu’en cas de diminution des ressources propres du budget général de l’Etat, l’allocation pourra être réduite dans les mêmes proportions. Ces subventions comprennent l’aide parlementaire destinée aux interventions sociales des députés (elle s’élève à 30 % du montant total des subventions) et l’aide destinée au financement des activités des partis politiques (70 % des subventions). Elle est répartie aux partis politiques représentés à l’Assemblée nationale en proportion du nombre de députés élus sur leurs listes. La répartition ne varie pas au cours d’une législature, même en cas de modification du nombre des députés d’un parti politique, quels qu’en soient les motifs.

Gestion des ressources des partis politiques

Rien ne sera plus comme avant. L’opacité financière qui règne dans les partis politiques sera conjurée avec les nouvelles dispositions. Selon l’article 47 du projet loi, chaque parti politique désigne un mandataire financier, personne physique ou morale, qui est seul habilité à recevoir les aides, les dons et legs. Le nom de ce mandataire est adressé à la Cour suprême et à l’Anesp avec la certification de l’acceptation par l’intéressé.
Le mandataire établit la déclaration visée au dernier alinéa de l’article 37 de la présente loi, au 31 décembre de chaque année, et l’adresse à la Cour suprême et à l’Anesp dans les trois mois. Il est responsable, au pénal, du non-respect des dispositions du présent article, souligne le projet de loi sur la charte des partis politiques.
Mieux, tout parti politique doit tenir une comptabilité régulière selon les dispositions du plan comptable en vigueur. Les comptes, arrêtés au 31 décembre, sont certifiés par deux commissaires aux comptes et déposés à la Cour suprême et à l’Anesp durant le semestre suivant. Le retard ou la non production des comptes entraîne la perte de l’aide de l’État pour l’année suivante, sans préjudice des autres dispositions pénales en vigueur.
Selon l’article 48, les partis politiques sont tenus de déposer leurs comptes annuels à la chambre des comptes de la Cour suprême, à l’Anesp et au ministère des Finances, et d’être en mesure de justifier la provenance de leurs ressources financières et leurs destinations.
Toujours en matière de gestion de ces ressources, la direction du parti politique doit rendre compte à ses membres, dans un rapport, de la provenance des ressources financières qui ont été accordées au parti politique au cours de l’année civile. Ce rapport doit faire apparaître le compte général des recettes du parti politique.
Notons que les partis politiques sont tenus, pour les besoins de leurs activités, d’ouvrir un compte auprès d’une institution financière installée au Bénin.

Société 18 avr. 2018


Commerce à Cotonou: De bonnes affaires autour des meubles et électroménagers d’occasion

Dans la ville de Cotonou et dans bien d’autres à l’intérieur du pays, il se développe depuis quelque temps un nouveau type d’affaires qui a l’air de bien prospérer. Le commerce des meubles d’occasions, de l’électroménager d’occasions et de bien d’autres objets utilitaires bat son plein. Acheteurs et vendeurs semblent faire de bonnes affaires et tous s’en contentent.

Lundi matin au quartier Gbégamey, comme des fonctionnaires attendraient le cérémonial des couleurs, une dizaine de personnes s’est attroupée autour d’un conteneur de 40 pieds. Tous attendent que les propriétaires viennent l’ouvrir pour se mettre en activité. Ils seront bientôt satisfaits, lorsqu’au bout d’une dizaine de minutes, le propriétaire de la marchandise, un El Hadj, la quarantaine, barbe sel bien taillée, descend de sa voiture. Entre temps, la foule a grossi, aussi bien des acheteurs que des ouvriers. Pas moins d’une trentaine de personnes sont présentes désormais. Tous s’empressent de saluer ‘’Aladji’’ et l’invitent à vite y aller. La fameuse caisse ouverte, on pouvait y découvrir toutes sortes d’appareils électroménagers, des fauteuils, des câbles électroniques, quelques ustensiles de cuisine. Puis au fond, une belle brochette de congélateurs et réfrigérateurs soigneusement rangés les uns sur les autres. Assis autour d’une table de fortune rejoint entre temps par l’une de ses épouses, Aladji encaisse les commandes sur la base d’une fiche. Toute la contenance du conteneur y est indiquée avec des prix indicatifs. Ce matin, la clientèle est composée plutôt des fidèles. Pas de tergiversations. Les prix sont plus ou moins connus et le reste n’est que de petits arrangements.
Dans le lot, dame Assanath, visiblement plus impatiente que tout le monde, trépigne des pieds et tourne sur elle-même. A mesure que les ouvriers vident le conteneur et satisfont les autres clients, on lit une sorte de joie mêlée à la crainte dans ses yeux. Les raisons de cette psychose ne tardent pas à se révéler. Un gros carton soigneusement protégé vient d’être sorti avec tout le soin requis. « Ma télé est là », exulte la jeune dame qui se propulse dans les bras de la femme d'Aladji ». Depuis trois mois, elle attendait cet instant. 500 000 francs Cfa pour se payer la toute dernière Smart Tv 40 pouces d’un des plus grands fabricants de télévision. Elle avait passé sa commande et attendait impatiemment la livraison. C’est désormais chose faite et la jeune dame repart, tout heureuse avec « son cadeau de mariage que lui a offert son époux après les noces ».
Mais tous ne sont pas venus chercher du neuf. Pour les autres, c’est « l’ocaz » comme on dit. Pour la plupart, ils sont intéressés par les appareils électroménagers usagers venus de France et des autres pays européens, les ustensiles de cuisine, les meubles et autres objets utilitaires. « Chacun vient selon ses besoins », lance vaguement à notre interrogation le maître des lieux. Bien souvent autour de ses conteneurs, l’ambiance est à la joie et à la surprise. Venu chercher des écrans d’ordinateur, Fiacre Nani, informaticien, s’est ravisé face à l’étalage d’Aladji. Dans les marchandises se trouve un nombre important de câbles. « J’ai trouvé deux câbles Hdmi dans le lot, l’unité à 9000 F Cfa. Je les revendrai au double ou même au triple prix d'achat », avertit-il déjà, avant de partir des lieux. En lieu et place des écrans d’ordinateur, c’est plutôt des haut-parleurs et autres petits éléments rarissimes trouvés dans les cartons que l’informaticien a préféré acheter. « Ces choses valent leur pesant d’or », sourit-il en les rangeant dans son sac, une fois la note réglée chez la femme d’Aladji.

Un business rentable

Non loin de Gbégamey à Vodjè, d’autres affairistes s’illustrent dans le même commerce. Ici, c’est un grand espace qui accueillent les objets rapportés d’Europe. Le maître des lieux qui ne dévoilera pas son identité est formel : « Mes objets viennent d’Allemagne et d’Italie ». A l’entrée de la boutique, tout indique qu’il s’agit d’une Sarl. Mais à y voir de prêt, il s’agit d’un business familial dans lequel chacun tient son petit rôle. La femme du propriétaire revend les thermos, ustensiles de cuisine et pots de fleurs. L’un des fils est le spécialiste des moquettes et objets de décoration. Le frère du propriétaire revend l’électroménager tandis que le boss lui-même se charge des meubles : tables à manger, armoires, lits, fauteuils… Un de ces objets est d’ailleurs au cœur d’un marchandage ce mardi matin : un lit, plus une grosse armoire et une table de nuit. 1 200 000 F Cfa, c’est le dernier prix, annonce-t-il. Surplace, deux acheteurs le mettent dans le dilemme. Le premier s’est montré intéressé par l’ensemble des pièces depuis une semaine. Il lui avait été dit qu’il pouvait le payer à un 1 million à condition que le lendemain, il revienne avec le cash. Priant tous les dieux pour retrouver les meubles, celui-ci n’est revenu qu’une semaine plus tard avec le même montant. Sauf qu’après lui, un hôtel de la place s’était annoncé aussi. Le prix a été majoré de 200 000 F Cfa, mais l’offre valait la peine aux yeux de ce second acheteur venu avec l’un de ses véhicules pour payer et emporter. Vifs échanges, déception au point. Mais l’offre la plus alléchante a été préférée.
Sur la question, le propriétaire des lieux estime qu’il n’y a pas commentaire. « Il n’y a pas de sentiments en affaires. Je sais ce que j’endure pour faire venir mes conteneurs », tranche-t-il. Les jérémiades de clients abusés, il n’en a que faire. Il est déjà affairé ailleurs. Chez lui, ça coule comme d'une source, « parce qu’il ne fait pas de la surenchère ». Trois moquettes dont deux neufs viennent d’être cédées à un revendeur à 250 000F Cfa. Puis s’enchainent les affaires ce matin-là. A mesure que la grande boutique se vide, des ouvriers sortent du magasin de nouveaux produits et les exposent.

Motus sur le bénéfice

La clientèle, elle, ne se fait pas prier. Elle est de toutes les gammes et se ruent sur ces nouveaux « venus de France » avec satisfaction. Les arguments avancés sont très variés. Si pour certains, c’est une question de chance, d’autres viennent se ravitailler pour la revente. Mais en général, les amateurs de ces objets convoyés pour la plupart des pays européens sont à la recherche « d’une certaine qualité ». A en croire un client rencontré en pleine négociation, « l’électroménager venu de ces pays, même s’il a été déjà utilisé en partie, est en général plus intéressant que les neufs vendus surplace ». Il y a en général « trop de contrefaçons et de faux appareils », reprend celui-ci. Le rapport qualité-prix, d’après l’analyse de Sébastien Arnaud Daga, diplômé en commerce international, est plutôt intéressant. « Ces objets ne sont pas tous hors d'usage. Il y en a qu’on a délaissés soit pour un petit défaut, soit encore parce que la garantie est passée », croit-il savoir. On y trouve également du neuf, indique-t-il. En général, expliquera le spécialiste, tout dépend des moyens et des options des commerçants qui convoient ces marchandises. Mais ce que déplore Sébastien Arnaud Daga, c’est que certains « prennent nos pays pour des dépotoirs. Non seulement ils sont prêts à nous déverser des déchets, mais les nôtres aussi sont parfois preneurs ».
Une seule chose est évidente, l’affaire semble bien rentable. Tellement rentable que ceux qui en profitent, ne veulent en dire grand-chose. « Nous faisons beaucoup de choses à la fois et il est difficile de se cramponner sur cette seule activité pour sonder le bénéfice », laissera entendre, agacé, le commerçant rencontré à Vodjè. Pourtant à côté, sa femme assure que depuis que son mari a laissé le commerce des véhicules d’occasion pour se consacrer à cette nouvelle activité, le train de vie de la famille s'est nettement amélioré. Mieux, il a introduit dans ce commerce deux de ses frères et deux de ses fils. Même s’il est le seul à s’envoler vers les pays fournisseurs, ces autres maillons de la chaîne s’en tirent eux aussi à bon compte. Une activité « tout benef’ » pourrait-on donc conclure !

Société 18 avr. 2018


Promotion de l’agriculture dans la Vallée de l’Ouémé: 200 jeunes entrepreneurs agricoles sur le terrain
[caption id="attachment_28859" align="alignnone" width="1024"]Jeune Entrepreneur de la Vallée de l’Ouémé[/caption]

La secrétaire générale du ministère chargé de l’Agriculture, Françoise Assogba Komlan a lancé, ce mardi 17 avril, la session de soutenance des plans d’affaires d’une première vague de 200 jeunes entrepreneurs agricoles outillés par le Projet d’appui aux infrastructures agricoles dans la Vallée de l’Ouémé (Paia-Vo). La cérémonie s’est déroulée au Centre de promotion de l’entreprenariat agricole (Cpea) de Kétou qui a abrité une partie de la formation de ces stagiaires.

Impulser une agriculture de type nouveau qui tient compte du changement climatique, tel est l’objectif principal de la formation organisée au profit de 200 jeunes entrepreneurs agricoles sélectionnés par le Projet d’appui aux infrastructures agricoles dans la Vallée de l’Ouémé (Paia-Vo). Ils proviennent des quinze communes de la basse et moyenne vallées de l’Ouémé. Ils ont été outillés dans le cadre de la mise en œuvre du volet « Formation à l’entreprenariat agricole », une des composantes du Paia-Vo financé par le groupe de la Banque africaine de développement (Bad) et l’Etat béninois pour développer les filières maïs, riz et cultures maraichères.
Ces 200 bénéficiaires constituent une première vague sur un total de 2500 jeunes dont 650 femmes prévus pour être impactés à terme par le projet. Ils ont renforcé techniquement leurs capacités pendant deux mois dans les Centres de promotion de l’entreprenariat agricole (Cpea) de Kpomassè, de Zagnanado et de Kétou où ils ont achevé leur apprentissage.
La fin de formation a été sanctionnée par la soutenance de leurs plans d’affaires pour permettre à chaque bénéficiaire de montrer son engagement à réussir sur le terrain. La session de soutenance publique a démarré, ce mardi 17 avril, et se poursuit jusqu’à demain. Chacun des bénéficiaires passe, tour à tour, devant un jury pour défendre son plan d’affaires et démontrer comment son activité agricole ou para-agricole va révolutionner l’agriculture au Bénin.
Cette session de soutenance a été officiellement lancée hier par la secrétaire générale du ministère chargé de l’Agriculture, Françoise Assogba Komlan. Au nom du ministre Gaston Dossouhoui, elle a insisté sur l’importance de cette initiative du Paia-vo devant permettre au Bénin de répondre un tant soit peu aux problèmes de chômage des jeunes et de booster la sécurité alimentaire, grâce à une agriculture plus dynamique parce que menée par des acteurs techniquement au point.

Une lourde mission

Le coordonnateur du Paia-Vo abonde dans le même sens. Jean Kokoyè revient sur l’intérêt de cet exercice de soutenance de plans d’affaires qu’il a voulu bien faire passer aux jeunes entrepreneurs agricoles. Un exercice au cours duquel chacun d’eux aura à se rendre compte de la lourde mission qui leur est désormais assignée. Selon lui, les plans d’affaires les plus méritants seront validés et les concepteurs seront appuyés et dotés d’un kit d’installation agricole à travers un fonds levier prévu à cet effet. Mais ces subventions ne sont pas des dons. C’est une sorte de prêt que les bénéficiaires doivent rembourser une fois installés. Jean Kokoyè rassure de la disponibilité du projet à suivre les bénéficiaires sur le terrain, à travers beaucoup d’acteurs qui vont les accompagner dans la réalisation de leurs rêves déclinés en actions concrètes dans leurs plans d’affaires. Toutes choses que salue aussi, le directeur général du Centre de partenariat et d’expertise pour le développement durable (Ceped), Assan Séïbou, également partie prenante du volet formation à l’entreprenariat du Paia-Vo. Il trouve que les ambitions de ce projet vont permettre d’améliorer le plateau technique des Centres de promotion à l’entreprenariat agricole (Cpea). Lesquels centres constituent un dispositif exceptionnel pour le développement des métiers d’agriculture et para-agriculture, une des priorités du Programme d’action du gouvernement (Pag) pour lutter contre la pauvreté au Bénin.
La délégation a suivi la soutenance de deux plans d’affaires suivie de remise d’attestation inaugurale à cette première vague de jeunes entrepreneurs agricoles que promettent de parrainer le maire d’Akpro-Missérété. Michel Bahou annonce d’être le porte-parole des bénéficiaires de cette formation auprès de ses quatorze autres collègues des communes cibles du projet, pour la réussite de cette nouvelle expérience qui va contribuer à l’autonomisation des jeunes sur le terrain?

Société 18 avr. 2018


Assemblée nationale: La loi sur la protection et l’aménagement de la zone littorale adoptée
[caption id="attachment_28855" align="alignnone" width="1024"]Députés en plénière[/caption]

L’Assemblée nationale a adopté, ce mardi 17 avril, le projet de loi relative à la protection, à l’aménagement et à la mise en valeur de la zone littorale. Le dossier dont l’examen a démarré la veille, a été approuvé à l’unanimité des députés en présence du ministre chargé du Cadre de vie, Didier Tonato.

Composé de 113 articles et structuré en six livres, le projet de loi relative à la protection, à l’aménagement et à la mise en valeur de la zone littorale adopté hier par les députés, vise à instaurer une gestion durable de l’espace et des ressources naturelles de toute la côte du littoral du Bénin. Cette zone d’une superficie totale de 8700 km2 regroupe une trentaine de communes. Elle connaît une propension de plusieurs activités économiques du fait de sa position géographique et est donc marquée par une forte pression humaine, notamment une urbanisation anarchique, une occupation incontrôlée des domaines publics, une exploitation abusive des ressources naturelles et des substances de carrières de sable comme de gravier, une pollution des eaux marines côtières et des lagunes par des déversements intempestifs des ordures et autres déchets.
Cette situation chaotique est due à l’absence d’une réglementation en la matière, fait remarquer la commission chargée du Plan de l’Assemblée nationale. Ce que vient corriger le projet de loi relative à la protection, à l’aménagement et à la mise en valeur de la zone littorale introduit au Parlement par le gouvernement. Cette loi aborde, entre autres, plusieurs aspects des maux auxquels est confrontée la zone littorale. Il contient des dispositions qui prévoient les mesures de protection et d’hygiène de la zone littorale, notamment les mesures de protection des ressources naturelles liées aux activités agricoles, à la pêche, à la pisciculture, à l’élevage, à la chasse, à l’exploitation des carrières et aux activités touristiques. La loi clarifie par ailleurs les principes d’aménagement, institue les schémas directeurs d’aménagement et détermine les conditions de construction et d’installation d’équipements, d’ouvrages et d’infrastructures dans la zone littorale. Le texte enfin organise la répartition des tâches entre les autorités centrales et les collectivités territoriales. La répression des infractions et les règles de protection des ressources naturelles de la zone littorale et les sanctions qu’encourent les contrevenants sont également prévues. Les députés ont examiné les 113 articles de cette loi sans grand débat.
Pour le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, Didier Tonato, il est important pour le gouvernement, face à la pression démographique sur la zone littorale, d’initier ce projet de loi pour protéger tout l’écosystème de la zone littorale. Ce qui doit être fait en tenant compte des normes environnementales en vigueur dans le monde. Mieux, à en croire le ministre, plusieurs partenaires techniques et financiers conditionnent leurs investissements à l’aménagement de la zone balnéaire parce qu’ils veulent s’assurer que les ressources qui y seront concentrées doivent être faites en respectant l’environnement.

Actualités 18 avr. 2018


Bénin : Quand syndicalisme rime avec capharnaüm

 

Si le syndicalisme était un filon, le Bénin s’en serait enrichi, sans aucun doute. Il suffit de scruter le paysage syndical, rien que dans le secteur de l’Education, en grève (paradoxale) plus ou moins actuellement, pour se convaincre non pas de cette potentielle richesse, mais de la manie bordélique qu’elle recèle.

 

Dans le Supérieur, se côtoient le Syndicat national des enseignants et chercheurs de l’Université nationale de l’Agriculture (SYNEC/UNA), le Syndicat national des enseignants-chercheurs et chercheurs du Bénin (ISE-UNB), l’Intersyndicale des enseignants des Universités nationales du Bénin (ISE-UNB), le Syndicat des enseignants et chercheurs de l’Université de Parakou (SECUP), le Syndicat national de l’Enseignement supérieur (SNES), etc.

Dans les autres ordres de l’Enseignement, au gré des récentes grèves, perlées, on a pu dénombrer dans cette flore à moins qu’il ne s’agisse d’une faune, outre les centrales et confédérations syndicales, l’Intersyndicale de la maternelle et du primaire (IMP), la Fédération des syndicats de l’Education (FESED), le Collectif des syndicats de la maternelle, du primaire et du secondaire, la Fédération des syndicats de l’Education nationale, le Syndicat national des enseignants temporaires du Bénin (SYNEVES), le Collectif des syndicats des enseignants vacataires du Bénin, Et il en restera…Ouf !

Mais enfin, pourquoi cette pléthore de syndicats ?

 

Trop c’est trop !  

Les enseignants, syndiqués de tous ordres, souffrent manifestement de ‘’syndicatilite’’, une maladie contagieuse dans leurs rangs. La multiplication des chapelles syndicales assure-t-elle pour autant la qualité de l’action syndicale ? Il faut en douter. D’où l’embrouillamini auquel on assiste au Bénin, faute d’une représentativité tranchée à laquelle devra répondre les élections professionnelles !

Autant le dire, ce phénomène ne sert ni les puissances publiques, ni les syndiqués eux-mêmes. Car, la multiplication des organisations syndicales, loin de militer pour la clarté, implique plutôt que celles-ci sont divisées, y compris sur les plateformes revendicatives, les causes à défendre. Ce qui ne peut qu’affaiblir le message syndical. On s’en rend compte avec les faits récents, notamment ceux relatifs à la levée de la motion de grève. Alors que certains mouvements syndicaux appellent à la reprise, d’autres affichent leur détermination a contrario de cette dynamique. De sorte que la même cible, les enseignants en l’occurrence, est actuellement divisée quant à la perspective dans laquelle elle doit s’inscrire : reprendre ou ne pas reprendre les classes ? La cacophonie aura atteint son paroxysme suite au dégel entériné par trois centrales syndicales, et pas des moindres, dont on entend dire qu’elles ne seraient pas représentatives, qu’elles ne détiennent pas la clé de voûte et que du reste, seul ledit Front des trois ordres (encore un !) de l’Enseignement serait habilité à lever la motion de grève en ce qui concerne les enseignants.

  

Le nombre de syndicats ne fait pas la qualité du dialogue social. Perdant de vue cette évidence, dans ce fatras où ils grenouillent, ces groupuscules du même secteur se neutralisent, chacun sa chapelle syndicale au nom du nombrilisme imbécile bien béninois. Aussi, l'unité syndicale a-t-elle du mal à se faire. Ce phénomène aujourd'hui porté à son extrême, n’est pas sans préjudice pour le dialogue social censé résoudre les nombreux problèmes mis sur table, à savoir amener à des accords sur les revendications des travailleurs eux-mêmes. Piteux !

 

 

 

 

Actualités 17 avr. 2018


Projet Assurance pour le renforcement du capital humain: La nécessité d’impliquer le peuple dans le traitement de la protection sociale
[caption id="attachment_28847" align="alignnone" width="1024"]Candide AHOUANSOU[/caption]

La réalisation judicieuse du projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) reste un défi pour le gouvernement et le chef de l’Etat. La mise en œuvre ne devrait souffrir d’aucune discrimination ni d’aucune exclusion que rien, absolument rien, ne saurait justifier dans un système de protection sociale organisé par l’Etat. A l’inverse, elle se devra d’être totale, massive, égalitaire et englober l’entièreté de la population d’un seul tenant. Elle ne devrait souffrir d’aucune déviance de ces normes ; autrement, du gros impact social et populaire attendu de ce projet phare, il n’y en aura point. Appel au chef de l’Etat !

Un adage dit trivialement qu’« Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ». Le président de la République nous enseigne qu’en période de réformes et donc de bouleversements de toutes sortes, il peut arriver que le gouvernement fasse preuve d’insuffisance de réflexion dans la prise d’une décision, il lui appartient alors de rétropédaler à juste titre et à bon droit dans l’intérêt supérieur de la nation. Nous en convenons aisément. Il nous a, par ailleurs, toujours incités à faire valoir nos opinions aux fins d’amélioration de la gestion des affaires publiques.

C’est pourquoi, en toute humilité,nous adjurons sa Haute Autorité de bien vouloir considérer notre requête avec indulgence et de juger de l’opportunité de faire procéder à un enrichissement du décret 2017-362 du 12 juillet 2017 portant création attributions et fonctionnement du cadre institutionnel du pilotage du projet Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch).

Le décret n’aurait-il pas omis d’inclure une représentation du peuple ?

De notre point de vue, il porte le projet qui répond à la plus forte consonance populaire qui soit, au milieu des quarante-cinq que compte le programme d’action du gouvernement bien qu’y occupant la dernière position linéaire. Il s’agit, en effet, d’un projet phare inédit du président de la République, du fait que jusqu’alors aucun chef d’Etat n’a jamais pris à bras-le-corps, cette cruciale question de la protection sociale du citoyen, abstraction faite du Régime d’assurance maladie universelle (Ramu) qui, outre le fait qu’il ne comportait pas la composante vieillesse, n’avait pu faire que long feu en raison de sa mauvaise conception. Lorsque nous passons en revue la panoplie des réformes opérées au terme des deux premières années d’exercice du pouvoir du président Talon, force nous est de reconnaître que le social n’a pas encore gagné ses lettres de noblesse ni la place qu’il mérite. La réalisation judicieuse du projet Assurance risque maladie et vieillesse est l’occasion de relever le défi ; encore faudrait-il qu’elle ne souffre d’aucune discrimination ni d’aucune exclusion que rien, absolument rien, ne saurait justifier dans un système de protection sociale organisé par l’Etat. A l’inverse, elle se devra d’être totale, massive, égalitaire et englober l’entièreté de la population d’un seul tenant. Elle ne devrait souffrir d’aucune déviance de ces normes ; autrement, du gros impact social et populaire attendu de ce projet phare, il n’y en aura point. De plus, sa réalisation devrait, dans notre entendement, contribuer à ramener la confiance qui n’est pas au beau fixe par les temps qui courent pour des raisons diversement appréciées, car il n’y a pas que les salaires qui font le bien-être des gens.
Le décret a donné tout pouvoir à l’unité de coordination pour mettre en œuvre le plan d’action adopté par le Conseil des ministres en vue de l’opérationnalisation du projet. A ce titre, le Conseil l’a créditée de l’initiative « d’élaborer les termes de référence pour la réalisation des différentes études nécessaires. » sans plus d’autres directives. En effet, nous n’y avons pas vu la philosophie qui devra sous-tendre et régir ces termes de références ; rien qui fonde et oriente les actions de l’unité de coordination si ce n’est ses propres appréciations. De toute évidence, la philosophie et la stratégie que mène cette dernière pour exécuter la mission que le chef de l’Etat lui a confiée diffèrent à plus d’un égard de celles que nous proposons. La sienne paraît sélective et graduelle établissant un lien corrélatif avec le budget disponible. La nôtre est égalitaire, massive et indépendante des aléas du budget national compte tenu de la nature populaire et extensive des primes au plus large rayon d’action possible que nous prônons. De cette dichotomie résulte notre obligation morale d’exercer autant que de nécessaire, la pression qui convient sur ceux qui sont chargés de traiter ce dossier ; aussi n’aurons-nous de cesse que de faire entendre notre voix et celle des sans-voix au Père de la Nation. Nous en  appelons, alors à sa Haute Autorité avant qu’il ne soit trop tard.
Au demeurant, nous nous permettons de rappeler que le projet est intrinsèquement de nature sociale ; qu’il s’agit ni plus ni moins d’une révolution sociale qui ne peut tenir sa légitimité que de l’adhésion populaire ; et que de manière discursive, le gros du peuple ne peut en être tenu à distance. C’est ce peuple-là qui a porté le président de la République au pouvoir plus que ne l’a fait la classe politique ; et il attend le retour de l’ascenseur en grande pompe. Ce projet devrait en être l’occasion toute rêvée.

Impliquer le peuple

L’entretien que nous avons pris le risque d’obtenir du président de l’unité technique de coordination qui pilote la composante protection sociale du programme Arch, en nous invitant de notre propre chef et non moins de crâne manière dans le débat, nous a permis non seulement de prendre attache avec sa vision du projet, mais également de mesurer toute la responsabilité qui pèse sur ses épaules ainsi que sur celles de ses coéquipiers. Il s’agit, en effet, d’édicter, pour le long terme, les règles et de déterminer les institutions qui régiront la protection sociale, de tout un chacun de nous et de toute une nation qui en a été privée depuis toujours. L’erreur ne saurait donc être permise.
Au-delà de cet entretien et au milieu des questionnements qui n’avaient pourtant de cesse de nous turlupiner, nous avions été amené à nous intéresser à la composition de l’unité de coordination. Nous nous sommes aperçu qu’elle comprenait cinq membres, tous auréolés de diplômes qui méritent respect. Docteur en économie des ressources humaines et spécialiste de politique sociale ; Docteur en économie du développement ingénieur statisticien ; Docteur en économie de la Santé ; Master en économie de santé et Master en Microfinance. Bref, une belle équipe d’universitaires; bien calés, à n’en pas douter, dans leur savoir et, probablement, bien nés. Mais, dans cet aéropage commis pour trouver la solution adéquate à un problème social d’envergure nationale, nous n’avons pu compter un seul représentant du peuple. Et pourtant, c’est ce peuple-là qui est au cœur de la mission que le décret a confiée à l’unité de coordination dont les conclusions seront entérinées par le chef de l’Etat confiant qu’il est en l’équipe qu’il a commise.
Mais nous avons des appréhensions que nous avons le devoir citoyen de lui exprimer ; aussi avertissions-nous déjà dans une précédente réflexion en des termes qui suivent : « …. Et il est de notre opinion que pour régler, une fois pour toutes, et correctement ce problème de protection sociale, il convient d’associer le gros du peuple qui a souffert effectivement de son manque. La chose ne saurait être réglée dans le cadre feutré des seuls fonctionnaires qui ne peuvent prendre toute la mesure du drame et qui pourraient, le cas échéant, céder à des intérêts obscurs incompatibles avec les intérêts du peuple. C’est lui, le gros du peuple, qui a été etcontinue d’être la victime expiatoire de l’incurie, en la matière, des gouvernements qui se sont succédé jusqu’alors et qui en a gros sur le cœur. Il n’est tout simplement pas convenant ; il est tout à fait immoral qu’il ne soit pas, d’une manière ou d’une autre, associé à l’équipe chargée de faire des propositions au chef de l’Etat ».
Ces derniers temps, et nous en avons fait cas dans nos réflexions, le chef de l’Etat impose de plus en plus sa stature sociale. Gageons que si le décret sur la sellette devait être pris ces jours-ci, sa Haute Autorité n’aurait pas manqué d’y inclure, tout naturellement, une bonne représentation du peuple ; seulement, il date depuis juillet 2017 et c’est là tout le problème. Mais le président de la République nous enseigne, de par ses pratiques et ses actes, que la gestion des affaires publiques se doit d’être perfectible autant que faire se peut. Aussi notre humble vœu serait qu’il plaise à sa Haute Autorité de faire adjoindre à l’équipe de coordination technique une représentation officielle du peuple qui pourrait être composée de quatre citoyens de divers horizons. L’avantage de cette procédure serait qu’elle ne nécessitera point une retouche formelle du décret, mais requerra, tout au plus, des instructions idoines à l’adresse de l’unité de coordination d’autant qu’elle est placée sous l’égide du président de la République lui-même par le comité de supervision interposé, il est vrai. Nous en appelons à sa magnanimité pour ce faire.

L’unité de coordination se serait-elle permis à son tour de maintenir le peuple à l’écart ?

S’il est vrai que le décret n’a pas prévu une représentation du peuple, il n’en demeure pas moins vrai qu’il a stipulé en son article 5 que « l’unité de coordination du projet peut faire appel à toute personne physique ou morale susceptible de l’aider dans l’accomplissement de sa mission. » Nous ne savons pas si le président de cet organe s’est déjà saisi de cette disposition pour faire appel non pas seulement à d’autres techniciens, mais également au peuple en tant que tel. S’il l’a fait, c’est tant mieux et tout à son honneur ; s’il ne l’avait pas fait, elle aurait commis une erreur qu’il lui appartiendra de réparer, car il y va du bien-être physique de toute une nation. C’est une responsabilité immense devant l’histoire que le chef de l’Etat lui a confiée ; et je préjuge que, nonobstant sa composition uniforme d’universitaires, l’unité de coordination qu’il préside saura appréhender toute l’ampleur pratique du projet au-delà de toute autre considération.
En tout état de cause et en ce qui nous concerne, nous éprouvons la fierté et la satisfaction d’avoir joué notre partition non seulement en sensibilisant, sans relâche, l’opinion publique sur le sujet depuis huit ans, sans jamais avoir été ni commandité ni intéressé par quiconque ; mais encore en prenant le risque effectif, avec l’appréhension d’être éconduit, d’intervenir dans le débat par rien d’autre motivation que la seule conscience citoyenne que nous a inculquée notre feu père, docteur en médecine de son état et ancien ministre de la République, en mettant gracieusement à la disposition de l’unité de coordination tout ce que nous avons écrit sur le sujet jusqu’alors, sans avoir été sollicité pour ce faire. Nous aimons à espérer qu’elle saura tirer le meilleur de nos réflexions et particulièrement des trois derniers articles sur le sujet portant respectivement « Programme Assurance pour le renforcement du capital humain : le pays appartient à nous tous » « Alerte sur le Programme Assurance pour le renforcement du capital humain ; et « Haro sur le traitement de la protection sociale, et pourquoi pas un débat public ? » Et il est de notre profonde conviction qu’il n’y a rien de plus édifiant au monde qu’apporter sa contribution au bien-être du peuple sans jamais rien attendre en retour.

*Ambassadeur

Société 17 avr. 2018


Incendie occasionné par des feux de brousse à Comè: Trois véhicules réduits en cendres
[caption id="attachment_28846" align="alignnone" width="1024"]les trois voitures incendiées à Comè[/caption]

Un accident de la circulation est survenu, dans la soirée de ce lundi 16 avril sur l’axe Cotonou-Lomé, au niveau du village Agatogbo, dans la commune de Comè. Sur les lieux traînent encore trois carcasses calcinées des voitures.

Aucune perte de vie humaine n’est à déplorer, assure le capitaine Ould Choubadé, commandant de la compagnie des sapeurs-pompiers de Lokossa dont les éléments du Centre de secours basé à Comè étaient présents sur les lieux de l’accident. Outre les trois véhicules incendiés, indique-t-il au titre du bilan, une seule personne était légèrement blessée et s’est rendue, d’elle-même, au centre de santé de la ville.
Le capitaine Ould Choubadé estime que l’accident a été provoqué par une collision entre cinq voitures dont deux venant de Cotonou et trois autres sortant du centre-ville de Comè. Il ajoutera que la collision aurait pu être évitée si une fumée opaque n’avait pas réduit la visibilité sur l’axe. La fumée proviendrait des feux de brousse allumés à Agbatogbon

 

Société 17 avr. 2018


Lutte contre le tabagisme au Bénin et dans le monde: De grandes avancées enregistrées

Dans son rapport 2017 sur la lutte contre le tabagisme, l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) publie les progrès significatifs enregistrés dans le monde ces dix dernières années. Les résultats montrent des avancées notables dans cette lutte.

Les efforts déployés pour réduire la consommation du tabac ne sont pas vains. En témoignent les progrès significatifs enregistrés, ces dix dernières années, publiés par l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) dans son rapport sur l’épidémie mondiale du tabagisme en 2017. 

Au cours des dix années écoulées, note ce rapport, depuis le lancement de Mpower et le début du suivi de son application, un grand chemin a été parcouru pour adopter de solides politiques de lutte antitabac dans toutes les régions du monde et parmi des pays situés à tous les niveaux de revenu. Ces avancées obtenues en relativement peu de temps, précise le rapport, sont remarquables. « Près des deux tiers de la population mondiale, soit 4,7 milliards de personnes sont désormais protégés par au moins une mesure de lutte antitabac conforme aux meilleures pratiques, soit 3,6 milliards de personnes de plus qu’il y a seulement 10 ans », indique le rapport.
A l’instar des pays dans le monde, le Bénin dispose d’une politique de lutte contre l’usage du tabac et ses dérivés à travers la loi n° 2017-27 du 18 décembre 2017. Cette loi relative à la production, au conditionnement, à l’étiquetage, à la vente et à l’usage du tabac,de ses dérivés et assimilés en République du Bénin a été adoptée par l’Assemblée nationale le 14 septembre 2017, puis promulguée par l’Exécutif depuis le 18 décembre 2017. Cet outil juridique constitue une grande avancée quand on sait qu’à défaut aucune lutte ne peut être menée avec efficacité. Certainement que cette épidémie sera considérablement réduite au Bénin avec une application rigoureuse de cette nouvelle loi.
L’adoption de mesures hardies a permis d’enregistrer des baisses de la consommation de tabac qui ont sauvé des millions de vies et permis d’économiser des centaines de milliards de dollars. Il y a aussi un formidable potentiel pour faire de plus grandes avancées encore.
Avec la mesure Mpower, détaille ce rapport, six pays ont récemment adopté une législation interdisant totalement de fumer dans tous les espaces publics intérieurs et tous les lieux de travail.
Quant à l’Arabie Saoudite, elle a introduit la possibilité de créer des salles spéciales pour les fumeurs dans les débits de boissons et les établissements de restauration.
Six autres pays se sont conformés aux meilleures pratiques grâce à leur service d’aide au sevrage. De même, sept pays à revenu faible ou intermédiaire pour la plupart ont instauré l’interdiction totale de toutes les formes de publicité en faveur du tabac, de promotion et de parrainage, y compris sur le lieu de vente.
En outre, trois pays ont relevé les taxes sur le tabac de sorte qu’elles représentent au moins 75 % du prix de détail.
Le rapport de l’Oms souligne tout de même que si des progrès réguliers ont été accomplis dans la mise en œuvre de politiques complètes de lutte antitabac, ils n’ont pas été suffisants pour enrayer l’épidémie mondiale de tabagisme. Même si la consommation de tabac a baissé dans certains pays et régions, la croissance de la population fait que le nombre absolu de consommateurs de tabac ne décroît pas encore, complète-t-il.
Aussi importe-t-il de rappeler les six mesures du programme de lutte antitabac Mpower établi en 2008 qui ont permis d’arriver à ces résultats. Elles consistent à surveiller la consommation de tabac et les politiques de prévention, a protéger la population contre la fumée du tabac, à offrir une aide à ceux qui veulent renoncer au tabac, à mettre en garde contre les dangers du tabagisme, à faire respecter l’interdiction de la publicité en faveur du tabac, de la promotion et du parrainage, et à augmenter les taxes sur le tabac.

Société 17 avr. 2018


Communication numérique sous le Nouveau départ: 95 000 personnes sorties de l’exclusion en deux ans
[caption id="attachment_28843" align="alignnone" width="1024"]Les apprenants du village d'enfants SOS de Dassa-Zoumè devant leurs ordinateurs[/caption]

Dans son ambition de faire du Bénin la plateforme des services numériques de l’Afrique de l’Ouest, le gouvernement a lancé, en novembre 2016, le projet de couverture des zones blanches en téléphonie mobile pour offrir un accès aux services de téléphonie et d’internet mobile haut débit à plus de 500 000 personnes dans 234 localités/villages. Moins de deux ans après, ce projet conduit par l’Agence Béninoise du Service Universel des Communications électroniques et de la Poste (Absu-Cep), donne des résultats avec 95 000 personnes sorties de l’exclusion numérique et l’accès à la connexion internet, à la téléphonie et aux services postaux de base.

En moins de deux ans après la mise en œuvre du projet de couverture des zones blanches en téléphonie mobile, le gouvernement à travers le ministère de l’Economie numérique et de la Communication a déjà réussi à sortir de l’exclusion numérique 95 000 personnes d’une quarantaine de localités et à fournir l’accès à l’internet, à la téléphonie mobile et aux services postaux de base aux populations concernées.
Sur le plan de la couverture des zones dites blanches, les activités menées par l’Agence Béninoise du Service Universel des Communications électroniques et de la Poste (Absu-Cep) ont permis de réduire les difficultés de communications des populations résidantes. Par un investissement de plus de 2,5 milliards de F Cfa, la première phase du projet réalisée en partenariat avec l’opérateur Mtn-Bénin a permis la construction de 34 sites mobiles pour la couverture d’une quarantaine de localités en déficit d’accès dans les communes de Dassa-Zoumè, Glazoué, Bantè, Savalou, Djidja, Tchaourou et Ouèssè.
Selon le directeur général de l’Absu-Cep, Emile Kougbadi, ce projet vise à subventionner les opérateurs de téléphonie à étendre leurs réseaux afin de couvrir progressivement les zones non encore desservies et à permettre un accès effectif des populations de ces localités aux services de voix (appels nationaux et internationaux), de données (Sms, internet) et aux services à valeurs ajoutées. Ainsi, précise-t-il, la construction de 34 sites relais électromagnétiques destinés à couvrir environ une quarantaine de villages/localités dans les communes de Tchaourou, Ouèssè, Glazoué, Dassa-Zoumé, Savalou, Bantè et Djidja a permis de desservir environ 95 000 personnes, pour la première phase de ce projet.
Si ces infrastructures ont permis aux populations de ces localités de s’ouvrir au reste du monde, elles ne manquent pas de favoriser également l’émergence d’une économie locale tournée vers le numérique conformément à la vision du gouvernement. « Aujourd’hui, l’on rencontre dans ces zones des points de vente de crédit de communication, des points de vente de téléphones portables, des ateliers de réparation de portables, des points de transfert d’argent par le mobile, etc. En un mot, des centaines d’emplois sont ainsi créés », souligne Emile Kougbadi à l’actif du gouvernement du Nouveau départ.
En termes de retombées d’ordre technique, « l’analyse du rapport de suivi du 1er trimestre d’exploitation, couvrant les mois de septembre à novembre 2017, révèle que 3064 puces ont été vendues sur la période sous revue sur l’ensemble des 34 sites. Les revenus générés par l’utilisation des services mobiles sur l’ensemble des sites par les populations locales est de 118,063 millions FCFA sur les trois mois d’exploitation avec une bonne qualité des trafics. Le taux mensuel moyen d’établissement d’appels est de 99,47% contre un taux moyen de coupure des appels de 0,49% ».

Autres réalisations

S’agissant du service universel postal, le gouvernement à travers l’Absu-Cep a mis en œuvre, le projet de centres communautaires d’accès aux Technologies de l’Information et de la Communication (Tic). Ce projet a consisté d’une part en la réhabilitation de quatre agences postales dans les communes de Azovè, Glazoué, Malanville et Ouaké, et d’autre part, en la dotation de ces agences en équipements (ordinateurs, plaque solaire, connexion internet par Vsat,…), en vue d’offrir des opportunités de services financiers et postaux basés sur les Tic. L’objectif spécifique visé par ce projet est d’offrir des services d’internet, multimédia et d’e-Gouv aux populations des localités choisies tout en les initiant à l’utilisation des Tic.
De même, le projet relatif à la mise en place d’une plate-forme pour la gestion des courriers hybrides en faveur des Grands comptes (Grands clients) de La Poste du Bénin (Lpb) SA, a-t-il été conçu et exécuté. Il permet de renforcer la capacité de cette structure dans la gestion des courriers de ses clients que constituent les banques, les compagnies d’assurance, la Sbee, la Soneb. Ce projet a fait l’objet d’un accord de partenariat entre l’Absu-Cep et l’entreprise marocaine Gemadec. Le bâtiment qui abrite la plate-forme se situe au niveau du Centre du Tri postal de la Poste du Bénin SA, dans la zone de l’aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou.
Dans le souci de permettre l’accès internet collectif aux populations, le gouvernement du Nouveau départ a mis en place dans chaque chef-lieu des communes de notre pays un point d’accès internet collectif. Ce sont les communes d’Agbangnizoun, de N’Dali et de Ouessè qui ont accueilli la phase pilote de cette action. Cette phase pilote destinée à tester le dispositif du service universel. En termes de contenu, elle prend en compte le développement des applications à valeur ajoutée dans trois secteurs. Ainsi, désormais, dans chacune de ces localités, les populations sont en mesure d’effectuer des formations en informatique, de faire la saisie, de procéder au scannage et au tirage de leurs documents et surtout d’effectuer des recherches sur l’internet grâce à la connexion internet. Ces centres multimédias bénéficient d’une alimentation en énergie solaire, convient-il d'ajouter.
Par ailleurs, le secteur éducatif n’est pas du reste. Ainsi, la généralisation des Technologies de l’Information et de la Communication (Tic) dans le système éducatif national a consisté à doter de bibliothèques numériques le collège d’enseignement général de Gbéto dans la commune de Zè dans l’Atlantique, le Village d’Enfants Sos de Dassa-Zoumé dans Collines et le collège d’enseignement général 1 de Bembèrèkè dans le Borgou. Une subvention à hauteur de 85% de 1000 kits de connexion composés d’un ordinateur et d’une clé de connexion internet pendant un an au profit des étudiants, élèves et inspecteurs de l’enseignement secondaire, la mise à disposition en partenariat avec la Fondation MTN de 1000 ordinateurs supplémentaires pour l’installation de salles numériques multimédias au profit des collèges d’enseignements généraux et d’écoles primaires publiques, la subvention de l’accès à internet haut débit pour cinq campus (Dassa, Savalou, Savè, Lokossa et Kétou) constituent le reste de ce projet TICE. Par ailleurs, elle a permis de doter les étudiants et enseignants des campus de Lokossa, Dassa- Zoumé, Savè, Djougou, Savalou et Kétou de point d’accès collectif Wifi.
Comme perspectives, l’agence poursuivra les efforts à travers la 2e phase du projet qui vise à couvrir environ 120 localités dans les communes de Dassa-Zoumè, Glazoué, Bantè, Savalou, Djidja, Tchaourou et Ouèssè identifiées comme zone en déficit d’accès, appelée zone blanche. Sans oublier la généralisation de l’usage de haut débit à travers la mise en place de points numériques communautaires (points d’accès publics à internet), l’installation des salles multimédias connectés à internet et autonomes en énergie électrique dans les établissements d’enseignements primaire et secondaire et le développement des services numériques via le réseau postal. Ceci pour atteindre l’objectif d’offrir un accès aux services de téléphonie et d’internet mobile haut débit à plus de 500 000 personnes dans 234 localités/villages à l’horizon 2021.

Société 17 avr. 2018


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