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Nouvelles

Portrait: Alougbine Dine, un maître absolu de la scène
Il est le théâtre et l’incarne au quotidien. Alougbine Dine reste un maître incontestable dans le genre dramatique au Bénin. Si le comédien béninois Kocou Gbênakpon Yémandjè n’est pas devenu le « Akowé », entendez cadre dont rêvaient ses géniteurs, c’est bien la faute à Alougbine Dine. Interprétant majestueusement «Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare», il a définitivement convaincu l’adolescent d’alors que son projet de devenir comédien était une noble ambition. Des émules comme Kocou, Alougbine Dine en fabrique un peu partout sur le continent africain depuis bientôt 50 ans. Un petit corps derrière une voix modulée. Un petit visage ferme et une barbichette sel toujours bien taillée. La démarche assurée. Pas besoin de côtoyer trop longtemps Aladji comme on l’appelle, pour remarquer ses traits physiques. C’est la vie sur scène du metteur en scène le plus en vue du Bénin, qui témoigne pour lui. Dine, c’est un comédien de talent qui étonne, un scénographe fécond qui innove, un directeur d’acteur, un metteur en scène dont le parcours est l’un des plus significatifs de l’activité théâtrale en Afrique ces trente dernières années. Dans l’univers du théâtre béninois, Alougbine Dine n’a pas d’égal. Jusqu’à ce jour, il tient le record de spectacle le plus joué au Bénin. Mais ce n’est pas que cela qui fait de lui un grand. Aladji est aussi un homme qui a cumulé au fil des années les expériences les plus fabuleuses. Un succès qu’il doit à son talent et à ses qualités personnelles. Le Bénin n’a pas été son unique terrain de jeu. Rêveur et surtout voyageur, il a écumé les plus grandes scènes du continent. Nomade bon teint, ce Porto-Novien, né de père yoruba et de mère Goun est aussi un jeteur de pont. « Il mêle en effet des nationalités, des régions, des ethnies, des langues, des musiques, des instruments, des âges, des auteurs, autant de différences croisées et échangées », témoigne-t-on à son sujet. Alougbine Dine a vécu 13 ans en Afrique centrale et a travaillé dans toutes les régions d’Afrique. Il a sillonné presque toutes les scènes du continent ainsi que bon nombre de festivals de théâtre en Europe et principalement le festival d’Avignon. Enorme et grand ! Interrogez les plus jeunes acteurs du théâtre du Bénin, ils vous diront comment l’œuvre, le parcours et les enseignements reçus de l’homme de Zogbo ont façonné leur art et leur être sur scène. « Il est énorme et grand», note Didier Nassègandé. Artiste polyvalent, homme souriant, discret, charmeur sur les bords, Alougbine Dine est un créateur d’un autre genre qui ne tarit jamais d’inspiration. Le Burkinabè Emmanuel Sama dit qu’il s’est forgé une solide expérience, nourrie d’une approche diversifiée de la création théâtrale et qu’il « mûrit son talent sur les pieds, comme les meilleurs fruits ». L’homme a déjà joué plus de cent rôles au théâtre et dans des registres très variés. Il a signé des multitudes de costumes et de décors. Il a mis en scène plus d’une soixantaine de textes d’auteurs. L’homme est connu pour ses fantasmes dans la mise en scène. Il a été souvent très attendu et à chaque fois, parvient à créer l’inattendu. La dernière édition du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb) a été pour lui, une fois de plus, un terrain de jeu. Plus de 2 000 acteurs étaient sur scène pour le spectacle d’ouverture. A l’occasion, il a distribué à chaque invité, selon sa perception de la traite négrière une forte dose d’émotion avec une mise en scène qui fera date dans l’histoire du théâtre. Avec lui, le talent et l’intelligence forment un parfait duo. Son travail est très inspiré et d’une qualité qui enivre. Un tigre de la mise en scène Depuis le prix de peinture à la Mini Foire de Porto-Novo en août 1972, Alougbine Dine n’a pas arrêté d’accumuler des prix, des distinctions, des éloges. A chaque spectacle son lot de congratulations. A chaque représentation, son Standing Ovation. Cet homme sympathique et atypique a un mental de gagnant, une foi de pionnier surmontée par sa conviction pour le théâtre. Il invente, modère, modèle, crée et façonne. Son art est connu un peu partout sur le continent et au-delà. Le metteur en scène ne fait pas dans la dentelle pour émerveiller son public. Son travail est un concentré d’esthétique, d’imagination, de talent et d’intelligence qu’il assaisonne avec subtilité et finesse. Avec lui, le succès a toujours été au rendez-vous… Qu’il s’agisse de « Ifèdé » ou «l’hymne à l’amour » ou encore son adaptation de Molière «Tonton Dindin », il amuse, exalte les spectateurs en leur communiquant la joie de vivre à travers ses personnages. « Après une brillante carrière de comédien, de scénographe et de metteur en scène en Afrique et en Europe, il a fait le choix de se consacrer à la formation des artistes en créant l’Ecole internationale de théâtre du Bénin (Eitb) depuis 2004. Culture 05 nov. 2020


Après cinq ans de gouvernance: Des embellies pour le Burkina sous l’ère Kaboré
Elu en novembre 2015, le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, sollicite de ses compatriotes un deuxième mandat à l’élection présidentielle couplée avec les législatives le 22 novembre prochain. Occasion de dresser le bilan du Programme national de développement économique et social (Pndes), boussole de l’action gouvernementale, dont la mise en œuvre fait état de belles réussites. Un socle argumentaire solide pour Roch Marc Christian Kaboré dans la perspective des joutes électorales. Soucieux de la bonne gouvernance politique et économique, c’est la gestion axée sur les résultats chevillée au corps que le président Roch Marc Christian Kaboré a conduit ces cinq dernières années le Burkina Faso. Le mérite de l’actuel président est d’autant plus grand que son gouvernement s’est trouvé confronté au terrorisme deux semaines après son installation: « Le Burkina ne cèdera pas face au terrorisme, dussions-nous tous y laisser nos vies », a-t-il martelé au lendemain d’une attaque terroriste à Koutoukou, preuve de sa détermination à combattre cette gangrène. Impératif sécuritaire auquel le gouvernement a fait front ardemment, sans perdre de vue la demande sociale et les impondérables économiques. Comment procéder autrement, quand on sait l’attente, grande, née de l’insurrection populaire de 2014 qui a conduit à son avènement à la tête du Burkina Faso ? Encore que s’y sont ajoutées, une fronde sociale sans commune mesure qui a rendu la tâche ardue au gouvernement post Balai providentiel, puis la crise liée au coronavirus qui a affecté ici comme ailleurs les embellies notées ou envisagées! Social L’ère Kaboré s’est distinguée par une gouvernance à l’écoute des populations, et une attention particulière accordée au secteur social. Cela se traduit par la gratuité décrétée des soins de santé pour les femmes enceintes et les enfants de 0 à 5 ans. Une mesure inédite et forte, d’une valeur de plus de 104 milliards correspondant à environ 60 millions d’actes gratuits réalisés entre 2016 et 2019. Ce qui impacte les couches les plus vulnérables. D’autant plus que les plateaux techniques des hôpitaux et centres de santé ont été renforcés, de même que les conditions d’exercice du personnel soignant ont été améliorées. Pour améliorer l’accès des Burkinabè à un système de santé de qualité, le gouvernement met l’accent depuis 2016 sur la construction d’infrastructures sanitaires, la formation de spécialistes et le recrutement d’agents communautaires. Il accorde ce faisant une attention particulière à la protection de la mère et de l’enfant. La gratuité des soins au profit des femmes et des enfants de moins de 5 ans, a été complétée par la gratuité de la planification familiale, opérationnelle sur toute l’étendue du territoire national à partir du 1er Juillet 2020. Depuis 2016, les investissements dans la construction d’hôpitaux, de centaines de centres de santé et de promotion sociale (Csps), dans l’équipement de centres hospitaliers ou encore l’achat de centaines d’ambulances ont eu pour corollaire l’amélioration du taux d’accès aux soins de qualité. A la date du 30 juin 2020, on dénombre, entre autres, la construction et l’équipement de 191 nouveaux Csps, la normalisation de 303 Csps, la transformation de 32 Csps en maternités, la transformation du Centre hospitalier régional de Ouahigouya en Centre hospitalier régional universitaire. Avec ces investissements, le rayon moyen d’action théorique est passé de 6,8 km en 2016 à 6,3 km à la fin de l’année 2019, sans prendre en compte le secteur privé ; il est de 5,8 km avec le privé, pour une norme internationale de moins de 6 km. Des avancées dont le président Roch Marc Christian Kaboré s’enorgueillit particulièrement en raison de ce que ces mesures touchent les plus faibles dont les femmes. Autres mesures phares qui impactent les femmes, restent la réhabilitation de 3000 forages et la construction de plus de 7000 autres nouveaux. Toujours au registre social, on note aussi la politique de microcrédits aux femmes, soit plus de 10 milliards investis pour permettre aux femmes d’exercer des activités génératrices de revenus. « Ce qui a permis de semer l’espoir dans le cœur de millions de Burkinabè », clame fièrement Simon Compaoré, président du Mouvement du peuple pour le progrès, parti au pouvoir. Education Le Programme national de développement économique et social, dans le secteur de l’éducation, a donné priorité aux infrastructures et à l’amélioration de la qualité de la formation. L’augmentation des capacités d’accueil du système éducatif s’est traduite par la construction et l’équipement de salles de classe pour la résorption des écoles sous paillotes, la normalisation des écoles incomplètes ainsi que pour le développement de l’éducation préscolaire. Une dynamique qui intègre 45 % de la population burkinabè, constituée de jeunes âgés de moins de 15 ans. Avec comme vision d’assurer une éducation de base de qualité à tous et de réaliser l’obligation scolaire jusqu’à l’âge de 16 ans. Ceci passe par l’amélioration des infrastructures et de la qualité de l’éducation primaire et secondaire ainsi que l’opérationnalisation des établissements de formation technique et professionnelle. Au titre des performances y attachées, on note une amélioration de l’offre au niveau préscolaire avec 147 établissements de 249 salles de classe construits au cours du quinquennat. Aussi, 395 éducateurs et moniteurs de jeunes enfants sont recrutés, de même que 90 agents d’encadrement. Au primaire, pas moins de 2578 salles de classe ont été construites pour mettre un terme aux ‘’écoles sous paillotes’’ qui ne faisaient pas la gloire du système éducatif burkinabé. En correction aux écoles de moins de 6 classes, 1405 autres classes ont été construites et équipées, assorties du recrutement de 8500 enseignants. L’augmentation des infrastructures scolaires s’est accompagnée d’un accroissement des effectifs des éducateurs et moniteurs de jeunes enfants et enseignants du primaire. 27 391 nouveaux enseignants sur une prévision initiale de 31 094 ont été recrutés pour répondre au besoin de formation des élèves. Les secteurs de l’enseignement secondaire, de la formation technique et professionnelle ne sont pas du reste du programme présidentiel mis en œuvre depuis 2015. 497 nouveaux collèges ont été érigés en dépassement de l’objectif initial de 310 ! De même, sont construits, 69 lycées, puis 8 lycées scientifiques et 5 lycées professionnels dans les 13 régions du Burkina… A cela s’ajoutent 48 Centres permanents d’alphabétisation et de formation, 11 Centres d’éducation de base non formelle, 12 Centres pour la promotion de la culture scientifique et technologique, 11 193 centres pour adultes et 2 047 centres non formels pour adolescents…A noter, outre le recrutement pour formation de 7417 jeunes diplômés pour l’enseignement, un protocole d’accord gouvernement/syndicats portant sur une amélioration conséquente des rémunérations dans le secteur de l’enseignement, passant notamment par une bonification d’échelon accordée aux agents. Acquis appréciables suivis de résultats notables. Ainsi, de 58,19 % en 2016, le taux d’achèvement au primaire est de 61,7 % en 2019. Et le taux brut de scolarisation au préscolaire de 3,9 % en 2016 connait une hausse à 5,2 % en 2019. Les chiffres s’améliorent également au post-primaire général où le taux d’achèvement passe de 24,24 % en 2016 à 38,20 % en 2020. Avec une embellie de la parité filles/garçons au niveau du post-primaire et un taux d’achèvement satisfaisant. Toutes choses qui témoignent de l’amélioration des conditions, de l’égalité et l’équité d’accès à l’éducation. Dans l’enseignement supérieur, les principaux acquis se rapportent de même au renforcement des infrastructures, du personnel enseignant et administratif, à l’amélioration des conditions de vie et d’études des étudiants ainsi qu’à l’amorce de la mise en œuvre des réformes annoncées. Outre la construction d’amphithéâtres de grandes capacités, on note l’érection de bâtiments administratifs et de laboratoires, et l’implantation de centres universitaires dans sept chefs-lieux de région. L’ambition du développement de l’offre en matière d’enseignement supérieur, s’est traduite par la mise en place d’une université virtuelle de même que des espaces numériques ouverts sur les campus de Bobo-Dioulasso, Koudougou et Ouagadougou. Avec à la clé la distribution de 5000 ordinateurs dans le cadre de l’initiative « Un étudiant, un ordinateur portable ». Energie solaire : le Burkina, locomotive sous-régionale Rattraper son retard dans le secteur de l’énergie électrique pour le bonheur des ménages et au profit des entreprises. Les objectifs du président actuel du Faso, inclus au Programme national de développement économique et social, visent à assurer l’accroissement de la production d’énergie électrique, sa disponibilité et son accessibilité. Un accent particulier est mis sur l’énergie solaire, alors que des efforts en termes d’efficacité énergétique sont demandés à chaque acteur pour limiter les pertes. L’ambition nourrie par le gouvernement du président Kaboré d’en finir avec la détresse énergétique à laquelle les Burkinabés ont été toujours confrontés à travers des délestages chroniques, s’est concrétisée à travers la réalisation de la centrale photovoltaïque d’une puissance de 33,7 Mwc à Zagtouli. Depuis septembre 2017, dans cette région de l’Ouest burkinabé, trône au soleil fièrement sur 60 hectares, la plus grande centrale en Afrique de l’Ouest avec 33,7 Mwc, et 129 600 modules photovoltaïques bénéficiant de 3000 heures d’ensoleillement annuel. Soit une production annuelle de 56 Gwh injectée dans le réseau de la Sonabel, la Société nationale d’Electricité du Burkina, grâce au financement du budget national burkinabé, avec l’appui de la France à travers l’Agence Française de Développement et de l’Union Européenne. Ce pactole solaire, qui intègre le mix énergétique accroit les capacités du Burkina en termes de production, de transport et d’accès à l’énergie, atteignant plus de 200 MW. Ce qui permet de résorber la détresse énergétique chronique auparavant au Burkina Faso. Ainsi, l’offre énergétique à partir de 2017 est constituée de 64,9 % de production nationale, dont 12,53 % d’énergies renouvelables, et 35,1 % d’énergie importée. Avec une plus-value en termes de prix, car en allant vers le solaire, le coût de production électrique est réduit d’un quart, soit 45 F Cfa/Kw. C’est dans cette optique qu’une Agence de l’énergie renouvelable et de l’efficacité énergétique (Aneree) a été créée. Avec pour priorité, la promotion de l’exploitation de l’énergie solaire et notamment contribuer à corriger les disparités entre le milieu urbain et le milieu rural. Pour atteindre l’objectif de 500-600 Mw, la puissance installée est passée de 300 à 412,37 MW entre 2015 et 2020, grâce à la mise en service de plusieurs centrales thermiques et solaires. Effort significatif, la part des énergies renouvelables dans la production totale a atteint 18,36 % en 2019, contre 6,4 % quatre ans plus tôt. Electricité pour tous Au total, l’accroissement de l’offre d’électricité nationale atteint plus de 200 MW, grâce la construction de centrales solaires et à la coopération énergétique avec le Ghana et la Côte d’Ivoire, réduisant la fréquence des délestages. Ceci n’est pas sans la réalisation des centrales solaires de Zagtouli (33 MWc) et de Ziga (1,1 MWc), qui viennent en appui aux centrales thermiques d’Aggréko de 50 MW, aux parcs thermiques de 4 centrales de Bobo, Fada et Kossodo dont les capacités sont renforcées. Toutes ces avancées ont permis de réaliser des progrès également dans le domaine de l’électrification, avec un taux de couverture électrique nationale passé de 33,32 % en 2015 à 38,68 % en 2019. Il en est de même des indicateurs d’accès des ménages à l’électricité, qui affichent un accroissement continu sur les quatre dernières années. Le nombre de localités électrifiées est passé de 625 en 2016 à 1 049 à fin 2019. En matière d’amélioration de l’accès des populations à l’électricité, 225 localités supplémentaires ont été électrifiées depuis 2016, portant leur total à 738 en 2019. Cela a été rendu possible grâce à l’exécution de plusieurs projets, parmi lesquels : l’interconnexion électrique de plusieurs villes du pays à travers les lignes Kongoussi-Djibo, Kaya-Dori et Ouagadougou-Ouahigouya ; la mise en œuvre du Projet d’électrification des zones périurbaines de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso ; l’électrification de localités rurales par l’utilisation de systèmes solaires photovoltaïques par l’Agence burkinabé d’electrification rurale; l’électrification par système solaire photovoltaïque de 385 infrastructures sociocommunautaires dans 120 villages des communes rurales des régions Centre et Hauts-Bassins, ainsi que dans 100 quartiers des arrondissements de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso ; l’installation de 450 kits solaires pour les écoles et Centres de santé et 1400 lampadaires solaires dans 175 localités rurales. Au titre de l’initiative prioritaire « backup solaire », 2680 kits solaires ont été installés entre 2016 et 2020 au profit des ménages et des Pme/Pmi non connectés au réseau électrique, pour un objectif fixé à 6000 en 2020. Plusieurs réformes majeures ont été menées dans l’optique de soutenir la production, la distribution et l’accès des populations et des entreprises à l’énergie. La plus importante est la loi N°014-2017/AN du 20 avril 2017, portant réglementation générale du secteur de l’énergie, qui vise à faciliter les investissements privés dans le secteur. Bien que le réseau de transport reste le monopole de la Sonabel, le nouveau texte renforce le désengagement de l’Etat en vue de soutenir l'industrialisation, d’accroître la production et de jouer sur les prix en facilitant la réalisation de Partenariats Public-Privé (Ppp). L’adoption en 2017 du schéma directeur national de production, de transport et de distribution de l’énergie vient compléter la réforme dont les retombées ont été immédiates : six contrats PPP portant sur des projets de centrales solaires photovoltaïques ont été paraphés pour un montant total de 140,8 milliards de F Cfa , alors que neuf contrats au total ont été signés depuis 2015 tous secteurs confondus, incluant les transports et les infrastructures routières. L’ambition affiché reste de porter la puissance installée à 497,6 Mw en 2020 avec 30 % de part d’énergies renouvelables dans la production totale. Aussi, lesdites réformes devraient-elles se poursuivrent dans le secteur, notamment pour la concrétisation du second compact Mcc sur l’énergie dont la signature est intervenue en août 2020, et qui devrait permettre de renforcer les actions en matière d’amélioration de l’offre énergétique. De même que l’achèvement et la mise en service de plusieus centrales, notamment celles thermiques de Kossodo, de Pâ, Koudougou, Kaya, Kodéni, etc. Le mix énergétique intègre aussi les barrages hydroélectriques au nombre desquels, le barrage de Samendeni. Samendeni Un débit de 2x9 m3, une capacité de stockage de 1 050 000 000 m3, deux turbines de 1,37 Mw chacune, une production annuelle de 18 Gwh. A 50 kilomètres au Nord-Ouest de Bobo-Dioulasso, se dresse, majesteux, le barrage de Samendeni tel le cheval de Yenenga sur la boucle du fleuve Mouhoun, dans le département de Bama, province du Houet dans les régions des Hauts-Bassins. Il s’inscrit dans le Programme de Développement Intégré de la vallée de Samendeni (Pdis) qui recèle une centrale hydroélectrique de 18 Gwh, devant contribuer à l’accroîssement de la production énergétique burkinabè. Selon le président du Burkina Faso, lors de son inauguration, son exploitation va engendrer la croissance du Pib de près de 2 % et l’augmentation de la production nationale de céréales de près de 3 %, ainsi que la création d’au moins 100 000 emplois     Une économie plus résiliente Transformer l’économie burkinabè et la rendre plus attractive et compétitive. Tel est le cheval de bataille du président Roch Marc Christian Kaboré. Avec comme boussole, le Programme présidentiel décliné en Plan national de développement économique et social (Pndes). Ce référentiel de l’action gouvernementale, qui définit les orientations pour les politiques sectorielles et les plans locaux de développement, s’est traduit par l’amélioration de la gouvernance économique, financière et administrative du Burkina Faso, des réformes profondes, dont celles des systèmes fiscal et douanier ayant permis d’élargir l’assiette fiscale et les reccetes de l’Etat grâce à l’automatisation et la digitalisation des paiements, avec chevillée au corps une gouvernance vertueuse. Aussi, des pôles de croissance ont-elles été promues sur la base des potentialités régionales. C’est ainsi qu’en 2016 a été lancé le Programme d’urgence pour le Sahel (Pus) d’un coût de 455,34 milliards de F Cfa. Le Pus, c’est notamment 224 projets d’investissements à hauteur de 134,5 milliards… La volonté affichée par le président Kaboré d’assainir les finances du Burkina Faso et de les orienter vers une gestion efficiente et porteuse de résultats, s’est concrétisée par le basculement dans le budget programme en 2017 qui fait du Burkina le premier pays de l’Uemoa à adopter la gestion budgétaire axée sur les résultats. Cela a abouti à des résultats probants: les recettes fiscales sont passées de 14,2 % en 2015 à 17,8 % en 2019. Cette transformation structurelle, ajoutée à l’innovation dans la mobilisation des recettes, permet désormais le financement à plus de 60 % du Programme national de développement. D’où les réalisations majeures, notamment en matière d’infrastructures et d’agriculture. L’engagement du président du Faso pour la construction, la réhabilitation, l’entretien et l’aménagement des routes bitumées, des voies urbaines et des pistes rurales s’est concrétisé, en effet, au cours du quinquennat à travers le Programme national routier 2016-2020. Au total, ce sont 359 kilomètres de routes qui ont été bitumées entre 2016 et 2019. Pour 2020, le Burkina Faso ambitionne de porter la proportion des routes bitumées à 28,9 %. Aussi, Depuis 2016, plus de 2033 kilomètres de pistes rurales ont été aménagées et 712 kilomètres sont en cours de réalisation. Ce qui a permis le désenclavement du milieu rural, d’améliorer la connexion entre les villages et les chefs-lieux de province, et d’intensifier les relations commerciales entre les villages. Trois questions à Mathias Somé « Le plus important est de travailler pour le bien-être des populations » Quels sont les grands axes d’action du gouvernement ? Pour le quinquennat, le chef de l’Etat avait pour priorité de moderniser l’administration. Dans tous les pays, c’est l’administration publique qui organise les actions de développement, et si cette administration n’est pas structurée, cela ne marchera pas. La deuxième priorité, c’est de travailler sur le capital humain. Si le capital humain n’est pas de bonne qualité sur le plan technique, structurel, cela ne pourra pas non plus marcher. Le troisième axe est de travailler sur les secteurs qui vont développer l’économie et créer des emplois. Ce sont là les priorités du gouvernement. Cinq ans après, où en est-on ? Le quinquennat s’est passé dans un contexte difficile. Contexte caractérisé par une insécurité que personne n’a vu venir. Le deuxième facteur est que le gouvernement a hérité d’un budget assez fragile parce que le gouvernement de transition précédent a pris des engagements avec les partenaires sociaux que le chef de l’Etat n’a pas voulu remettre en cause, car selon lui l’administration est une continuité. Le troisième facteur qui a handicapé la mise en œuvre du programme présidentiel, c’est la fronde sociale. Pourtant, c’est un régime qui a fait assez de réalisations dans un domaine comme la Santé, avec la gratuité des soins qui a été décrétée pour compléter l’accès et l’utilisation de services de soins pour les enfants de 0 à 5 ans et les femmes. Ce qui n’a été jamais fait auparavant. En même temps, le gouvernement travaille à mettre en place l’assurance maladie universelle. Le deuxième domaine est le domaine des infrastructures. Que ce soit dans les zones urbaines ou rurales, c’est le régime qui a fait le maximum de réalisations dans le pays. Dans le domaine de l’éducation, il y avait plein d’écoles sous paillottes et c’est le gouvernement qui a construit énormément de classes en dur. Dans certains ministères comme celui de la Justice, de l’Administration territoriale, de la Défense, des ministères de souveraineté, il a fallu que le chef de l’Etat prenne des décisions fortes au détriment des investissements pour permettre de gérer la situation caractérisée par le contexte sécuritaire et social. Quel est le rôle du Bureau de suivi que vous dirigez ? Le suivi consiste à voir avec les ministères quelles sont les actions du domaine qui cadrent avec les actions prioritaires. Le Bureau de suivi conçoit des mécanismes de suivi dont le renforcement de la culture de redevabilité. Le chef de l’Etat a dit : que vous soyez nommé ou élu, vous devez savoir que vous devez rendre des comptes aux administrés, aux partenaires qui nous accompagnent et aussi mettre en place la bonne gouvernance. Le citoyen doit savoir ce que vous faites pour son bien et comment vous le faites, et il peut vous interpeller. Nous sommes en train de travailler sur ce qu’on appelle le système d’information sur les opérations de développement. C’est une application qui va permettre à toute l’administration de rendre publiques certaines informations qui permettent aux citoyens de telle ou telle commune de savoir ce qui se fait. Le citoyen doit pouvoir suivre l’impact des actions du gouvernement sur sa communauté en matière d’eau, d’électricité et autres. Quand on est élu, c’est pour assurer le développement de la communauté par délégation et répondre aux besoins des populations en eau potable, en sécurité, en éducation de qualité, en soins de santé de qualité, en agriculture et nutrition, en électricité, en création d’emplois et autres… Aussi, au nombre de 626 engagements contenus dans le programme d’action gouvernementale, nous avons fait l’évaluation et nous avons sélectionné 147 engagements-transfert. Un engagement transfert est un engagement dont la réalisation entraine d’autres engagements. Nous avons choisi cette approche pour accélérer l’atteinte des objectifs. Nous avons choisi six domaines clés que sont l’éducation, la santé, l’eau, l’énergie, l’agriculture et les infrastructures. Nous avons focalisé le suivi sur ces domaines où les attentes des populations sont fortes. Ce qui nous a permis d’avoir des résultats probants dans tous les secteurs. Du Pont « commercial » à Boromo au pont de la « vie » de la Sirba « Le vrombissement des machines à longueur de journée depuis notre accession aux affaires démontre à souhait que notre pays est un vaste chantier permanent. En l’espace de 5 ans, des voies bitumées sont réalisées partout au Burkina Faso, des voies rurales réhabilitées ou créées pour faciliter la mobilité de nos braves populations des campagnes ; plus de 1000 kilomètres de goudron ont été posés, ou sont en cours de réalisation ». Ces propos de Simon Compaoré, président du Mpp, parti au pouvoir, résument assez bien le bilan du président Roch Marc Chrisitian Kaboré, ne serait-ce qu’en matière de réalisations infrastructurelles. Sirba ! Construit en neuf mois conformément au délai contractuel pour un montant de 2,040 milliards de FCfa, sur le budget de l’État, le pont de la Sirba, inauguré le 25 septembre 2018, reste avec ses 309 mètres, le plus long pont réalisé au Burkina Faso depuis l’accession du pays à l’indépendance. Il soulage les usagers et les riverains de la RN18 et profite à toute l’économie de la province de la Gnagna et, plus largement, à la région de l’Est, qui dispose d’un vaste potentiel touristique, halieutique, cynégétique et agropastoral. Mais de loin, ce qui fait la joie des populations des régions bénéficiaires, reste que cet ouvrage remplace ce qui est autrefois le « pont de la mort », autrement dit l’absence de pont naguère qui contraignait des riverains qui y perdaient la vie, à se renseigner sur le niveau de l’eau avant d’envisager la traversée. Ce qui fait du coup du pont de la Sirba « le pont de la vie » qui rend les cœurs joyeux dans la province de Gnagna. Plus aucune évacuation sanitaire vers Fada N’Gourma, de l’autre rive à l’hôpital de réfrence n’est caution au péril, mais elle se déroule avec aisance aujourd’hui, sans devoir faire de grands détours. Boromo ! Trois jours après l’inauguration du pont de la Sirba, le 28 septembre 2018, le président Kaboré a inauguré le pont mixte de Boromo long de 106,2 mètres et ayant coûté 6,5 milliards de francs CFA. Bâti sur le fleuve Mouhoun, ce pont occupe une position stratégique. Et pour cause, il facilite le trafic interrégional et international sur la RN1 qui relie Ouagadougou à la Côte d’Ivoire, au Mali et à la deuxième ville du pays, Bobo Dioulasso. C’est, selon Jean Wenceslas Kyelem, directeur général des Infrastructures routières au ministère des Infrastructures, le premier pont mixte acier-béton du Burkina, car composé d’un tablier en béton armé reposant sur une charpente métallique de 180 tonnes. En somme, deux ouvrages emblématiques des réalisations faites sous le quinquennat de Roch Marc Christian Kaboré. Faire reculer l’insécurité alimentaire L’économie agrosylvo-pastorale, halieutique et faunique, occupant près de 80 % de la population active burkinabè, le président Kaboré en a fait une priorité. Sa vision pour le secteur agricole s’articule autour de l’amélioration de la productivité et du niveau de vie des agriculteurs, afin de faire reculer l’insécurité alimentaire et la pauvreté. Au cours de son mandat, le Burkina Faso s’est donné les moyens de concrétiser cette vision en investissant dans l’intensification des aménagements hydro-agricoles, dans l’aménagement des zones hydro-agricoles et des retenues d’eau, l’accélération de la mécanisation et la mise à disposition d’intrants, ainsi que l’accompagnement financier du monde rural. Le programme présidentiel qui prévoyait d’aménager 25 000 hectares de nouveaux bas-fonds à la fin du quinquennat, affiche un taux d’exécution de 96 % à septembre 2020. Plus de 32 000 hectares de superficies agricoles ont été aménagées entre 2016 et 2020, dont 22 000 hectares de bas-fonds et 235 000 hectares de forêts pour la production de bois-énergie. De quoi obtenir dans ce domaine des taux de réalisation des objectifs du Pndes allant de 70 % à plus de 205 %. Pour la campagne agricole en cours, le gouvernement a aménagé 6 000 hectares de bas-fonds, 4 000 ha de périmètres irrigués et 739 ha de périmètres maraichers au profit des producteurs. Ces investissements ont permis le maintien de la couverture des besoins céréaliers à au moins 100 % ces deux dernières années (109 % en 2018 et 102 % en 2019), grâce à un accroissement de la production céréalière (+5,2 % en moyenne entre 2016 et 2019). Malgré la survenue de nombreux aléas climatiques, acridiens et sécuritaires, le gouvernement a intensifié les investissements pour le renforcement des aménagements agricoles, la construction de retenues d’eau en vue d’accroitre la productivité agro-sylvo-pastorale et halieutique. Pour la présente campagne agricole, il est attendu 5 670 000 tonnes de céréales, 1 586 000 tonnes de cultures de rente et 941 000 tonnes d’autres cultures vivrières. Afin d’assurer la disponibilité de l’eau au profit des agriculteurs, 9 nouveaux barrages ont été construits entre 2016 et 2019 pour une capacité supplémentaire de 1104,8 millions de m3, 24 autres ont été réhabilités. Sur la même période, le ministère de l’Agriculture a subventionné l’acquisition de plus de 116 000 tonnes d’engrais, 35 000 tonnes de semences et 56 000 unités d’équipements agricoles, dont 1 051 tracteurs et 1 000 motopompes. 1 034 689 hectares d’espaces pastoraux ont également été aménagés, avec 438 parcs de vaccination construits. De quoi permettre d’augmenter sensiblement le taux du cheptel vacciné. Au total, 14 nouveaux barrages, dont celui de Samendéni, stratégique avec sa capacité d’un milliard 50 millions de m3, ont été construits, et 25 autres ont été réhabilités. Globalement, les engagements en matière d’aménagements agricoles sont pratiquement tenus, avec des taux de réalisation allant de 70 % a plus de 205 %. D’autres acquis importants dans le secteur, sont la sécurisation foncière à travers la mise en place de près de 200 services fonciers ruraux et bureaux domaniaux, de 2016 à 2019, afin d’améliorer la proportion des actes fonciers délivrés et de contribuer à la création de fermes modernes ; le vote de la loi n°017-2018/an du 17 mai 2018, portant code des investissements agro-sylvo-pastoraux, halieutiques et fauniques ; la création de l’assurance agricole, et surtout de la Banque agricole du Burkina lancée le 29 mars 2019 pour accompagner le financement du monde agricole. Le label coton du Faso Parmi les engagements présidentiels liés à l’industrie agricole, y compris en partenariat avec le privé, il faut citer l’unité d’égrenage de coton biologique de Koudougou inaugurée en 2019 pour renforcer la transformation de cette ressource de rente nationale. Un fleuron de l’économie burkinabè reste la Société burkinabè des fibres textiles (Sofitex). Principale société d’égrenage du pays, la Sofitex assure excellemment sa mission de développer l’agro-industrie cotonnière, d’assurer la qualité et le label du coton burkinabé. Dans cette perspective, des progrès ont été enregistrés ces cinq dernières années, notamment sous la férule de son directeur général, Wilfried Yaméogo, qui se réjouit des mesures gouvernementales prises en vue de booster cette filière stratégique pour l’économie burkinabè qui, selon lui, ne s’est jamais autant bien portée.   International 05 nov. 2020


Emplois de la chaîne des dépenses publiques : De nouveaux cadres dans le fichier national
Le fichier national d’admission et de nomination de cadres aux emplois de la chaîne des dépenses publiques enregistre 145 nouveaux postulants. Le point des campagnes ayant abouti à l’enrôlement desdits postulants a été détaillé par le Conseil des ministres de ce jour. C’est à l’issue de deux campagnes que les 145 nouveaux cadres sont retenus ou en passe d’être retenus. Il s’agit de la deuxième campagne d'enrôlement prévue à cet effet, et d'une campagne spéciale d’inscription au fichier national. Au terme de la deuxième campagne, 115 candidats ont été déclarés éligibles. Au nombre de ceux-ci, certains cas sont réservés ou nécessitent un complément d’enquête de moralité. Somme toute, 92 candidats sont retenus pour être inscrits dans le fichier, lit-on à travers le relevé final du Conseil. De son côté, " la campagne spéciale a permis d’enregistrer 385 candidatures en ligne dont 230 confirmées au terme du dépôt de dossiers physiques. Après étude des dossiers, 162 candidats, à savoir, 39 au poste de directeur des systèmes d’information (Dsi) et 123 au poste de spécialiste des marchés publics (Smp), ont été sélectionnés pour la phase du test psychotechnique et de l’entretien individuel ". A cette phase du processus, 147 candidats dont 32 au poste de Dsi se sont présentés. Parmi ceux-ci, 53 postulants ont rempli les conditions pour faire l’objet d’enquête de moralité. Il s’agit de 13 postulants au poste de Dsi et 40 au poste de Smp, détaille le relevé final du Conseil des ministres. Actualités 04 nov. 2020


Learning Lab: Les capacités des étudiants en informatique renforcées
Une vingtaine d’étudiants en informatique et professionnels sélectionnés participent, depuis mardi 27 octobre dernier, au projet Learning Lab. Pendant quatre semaines, ils seront initiés au développement web et mobile. Initié par le ministère du Numérique et de la Digitalisation, le projet Learning Lab destiné à former les étudiants en informatique et professionnels aux outils du numérique se déroule depuis mardi 27 octobre dernier à Cotonou. Une série de formations est prévue dans ce cadre par Google Digital Group Benin (Gdg) dont l’objectif est de contribuer à la montée en puissance des développeurs d’applications informatiques sur les dernières technologies Web et Mobiles. Communauté de développeurs et de passionnés des technologies et produits Google, le Gdg permet également de mieux faire connaître au public béninois les technologies Google et surtout comment en tirer les meilleurs bénéfices pour contribuer à la démocratisation de l’Internet. Compte tenu de la situation sanitaire liée à la pandémie du coronavirus, seulement une vingtaine d’étudiants en informatique et quelques professionnels ont été retenus en fonction de leurs profils et motivations pour prendre part à cette formation qui dure quatre semaines. Elle est conduite par Arcadius Tchokpodo, développeur Full stack à l’Agence des Services et Systèmes d’Information (Assi). Les différentes sessions se déroulent tous les mardis de 10 h à 13 h et vendredis de 15 h à 18 h. En plus de ce projet, le ministère du Numérique et de la Digitalisation offre beaucoup d’autres opportunités de formation accessibles en ligne au plus grand nombre à travers ses différents canaux digitaux. Société 04 nov. 2020


Lancement de la Télévision numérique terrestre: Aurélie Adam Soulé Zoumarou et Rémi Moretti échangent sur les actions à mener
Rémi Prosper Moretti, président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) et les conseillers de l’institution ont échangé, ce mardi 3 novembre, avec Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation. Au cours de cette rencontre, il a été question des actions à mener dans le cadre du lancement prochain de la Télévision numérique terrestre (Tnt) au Bénin. Les actions à mener dans le cadre de la réalisation du projet Télévision numérique terrestre (Tnt) et les dispositions à prendre pour la mise en œuvre efficiente de la note stratégique du gouvernement relative à son lancement prochain au Bénin sont les sujets abordés lors de la séance de travail, mardi 3 novembre, entre Rémi Prosper Moretti, président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), les conseillers de l’institution et Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation. Au sortir de cette rencontre qui fait suite à l’approbation en Conseil des ministres de la note stratégique relative au lancement de la Tnt et des modalités de mise sur le marché des décodeurs numériques et accessoires de réception de la Tnt en République du Bénin, la ministre du Numérique et de la Digitalisation s’est dit satisfaite des initiatives prises par la Haac dans le cadre de la mise en œuvre de la note stratégique du gouvernement. « Le gouvernement a pris des décisions majeures relativement au projet et il était de bon ton que nous échangions avec cette institution importante dans la mise en œuvre de la note stratégique du gouvernement », a-t-elle confié. A l’en croire, les actions qui relèvent des prérogatives de la Haac conformément aux textes en vigueur au Bénin ont été évoquées lors de cette séance. « La Haac est en train de prendre toutes les dispositions afin que tout ce qui est de son ressort conformément aux textes en vigueur s’accomplit», a-t-elle déclaré. Pour Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation, les points majeurs de la feuille de route sont relatifs au processus d’homologation des équipements de réception de la Tnt, notamment les décodeurs et les téléviseurs qui intègrent les normes que le Bénin s'est fixées. « Nous avons également discuté du point relatif au processus d’autorisation des acteurs de la chaîne de valeur de la Tnt », a-t-elle poursuivi. Signalons que cette rencontre intervient quelques mois après l’acquisition et l’installation par le gouvernement des équipements pour la collecte, la transmission et la diffusion des signaux numériques, la mise en place du cadre juridique et du plan de communication. Actualités 04 nov. 2020


Visite surprise du chef de l'Etat au marché Ganhi : ''Quelque chose se fera les semaines à venir''
Un « client » pas comme les autres était au marché de Ganhi dans la matinée du mardi 3 novembre. Le chef de l’Etat s’est déplacé pour s’enquérir des conditions dans lesquelles les femmes exercent leurs activités sur ce lieu de commerce. Il en est reparti quelque peu déçu. La majorité des vendeuses du marché de Ganhi ne s’attendaient pas à la visite du président de la République en cette matinée du mardi 3 novembre. Elles ont donc été surprises de le voir s’introduire, aux premières heures de la journée, sur leur lieu de commerce. Cette visite surprise a donné l’occasion au président Patrice Talon de toucher du doigt la réalité des lieux. Les étalages des vendeuses de volaille, de condiments, de légumes, de boîtes de conserve, la boucherie… Le tour de ce lieu de commerce situé en plein cœur du centre commercial de Ganhi a été fait par le président avec à ses côtés, les ministres en charge du Cadre de vie et du Commerce. A l’intérieur du marché, où règnent promiscuité et odeurs nauséabondes, il a fait le tour des boutiques adjacentes et jeté un regard attentif en direction des commerces qui ceinturent le marché. Il échangera ensuite un moment avec le ministre du Cadre de vie et quelques membres de la délégation. On retiendra juste les grands gestes de ce client singulier qui venait de faire le tour du marché sous les cris de joie des occupants des lieux qui n’ont à aucun moment caché leurs émotions. Elles étaient aux anges, les vendeuses et l’ont fait savoir à travers des slogans et chants de reconnaissance improvisés. Le président Patrice Talon repartira des lieux quelques instants plus tard. « S’il y a quelque chose qui se peaufine pour le marché de Ganhi, je vais laisser les voies autorisées en parler », confiera plus tard, José Tonato, ministre du Cadre de vie. « Ce que je sais, c’est que le chef de l’Etat n’a pas du tout apprécié les conditions des usagers du marché Ganhi», poursuit-il. En termes de fonctionnement, mais surtout de salubrité, « il a été choqué», lâche le ministre. Et comme les occupants de ce marché, le ministre espère lui aussi que «quelque chose se fera dans les semaines à venir ». Actualités 04 nov. 2020


Célestin Tognon, chef service de la Surveillance alimentaire et nutritionnelle à la Dana: « L'iode, un micronutriment essentiel à chaque cellule »
L’iode est essentiel pour le développement humain, voire économique. Mais les populations s’en préoccupent peu par négligence ou par manque d’informations adéquates. Pour bénéficier des effets nutritionnels de cet oligoélément, il convient d’observer certaines règles que Célestin Tognon, chef service de la Surveillance alimentaire et nutritionnelle à la direction de l’Alimentation et de la nutrition appliquée (Dana), structure sous tutelle du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep), rappelle à travers cette interview. La Nation : Que comprendre à travers l’expression troubles dus à la carence en iode (Tdci)? Célestin Tognon : Les « Troubles dus à la carence en iode » (Tdci) regroupent l’ensemble des manifestations visibles et invisibles qui résultent d’une insuffisance d’iode dans l’organisme. Chaque année, des dizaines de millions de nouveau-nés subissent les conséquences durables des lésions cérébrales que cause la carence en iode. Face à cette situation chaotique, nous avons l’obligation morale de protéger chaque enfant béninois de la première cause au monde de lésions cérébrales pouvant être évitées. Il est de notre devoir envers ces enfants du Bénin de veiller à ce qu’ils naissent en bonne santé et grandissent en réalisant pleinement leur potentiel. L’accomplissement de ce devoir nécessite la participation du secteur privé, l’engagement et la mobilisation politiques, l'organisation de campagnes efficaces d'information et de communication et un système de contrôle efficace afin d’assurer la consommation du sel adéquatement iodé. Quel rôle joue l’iode dans l’organisme au point où sa carence lui est préjudiciable ? L'iode est un micronutriment essentiel dont chaque cellule a besoin. Il est un minéral (oligoélément) utilisé dans la production des hormones thyroïdiennes indispensables à l’organisme pour la croissance de l’enfant, depuis la vie intra-utérine, la maturation du cerveau du foetus et de l’enfant, le fonctionnement du système nerveux de l’adulte, la régulation de la température du corps, le développement des muscles, le fonctionnement normal des organes génitaux et plusieurs autres fonctions vitales chez l’enfant et chez l’adulte. A quoi sont liés les Troubles dus à la carence en iode ? On peut évoquer trois principales raisons.Une consommation insuffisante d’aliments riches en iode (algues, poissons de mer, crustacés, crevette, les produits enrichis en iode tels que le sel iodé, etc.). Une forte consommation de certains aliments goitrigènes qui sont des aliments qui inhibent l’action de l’iode dans l’organisme (manioc, navet, choux, etc.) Certaines formes de malnutrition (malnutrition protéino-énergétique, carence en vitamine A, etc.), sont aussi les causes des Tdci. Comment reconnaitre le sel iodé ? Il est impossible de reconnaître le sel iodé à vue d’œil. Seul l’ajout d’une goutte de solution test permet de le reconnaître à travers une coloration bleu violacé. Comment les Tdci se manifestent-ils? La carence en iode a des conséquences sévères pour le fœtus, le nouveau-né, l’enfant et l’adulte, l’économie et l’éducation. Elle peut donc perturber tout le cycle du développement humain. Expliquez-nous ses manifestations sur le fœtus et l’enfant ? Si une femme enceinte souffre des Tdci, le fœtus peut être victime du retard mental, de la surdi-mutité, des malformations cérébrales, de la morti-naissance et du faible poids à la naissance. Les Tdci peuvent se manifester chez l’enfant par le crétinisme, c’est-à-dire une arriération mentale profonde, le nanisme, les troubles psychomoteurs, le goitre, le strabisme qui est une déviation permanente résultant du défaut de parallélisme des axes visuels des deux yeux et l’hypothyroïdisme, naissance prématurité, décès en bas âge, petit poids à la naissance, retard de croissance, retard mental. Vous avez également évoqué les conséquences chez les adultes et surtout chez la femme. Chez les femmes, on parlera de stérilité, des avortements et fausses couches (mort-nés) à répétition, le strabisme, le goitre, l’hypothyroïdisme et la faible productivité au travail, diminution de la lactation, stérilité, manque de libido chez l’homme. En dehors du goitre, du nanisme et du crétinisme, toutes les autres formes de Tdci sont « invisibles». Existe-t-il d’autres maladies qui découlent de la carence en iode ? En dehors des conséquences précédemment citées, nous pouvons également attribuer à la carence en iode, le cancer du sein, de la thyroïde, des ovaires, de l'utérus, de la prostate, les maladies thyroïdiennes auto-immunes, l’hypothyroïdie, la maladie fibro-kystique du sein, la fatigue chronique, la fibromyalgie. Au-delà des conséquences sanitaires, quelles sont les répercussions sur l’éducation et l’économie ? Sur le plan de l’éducation, il est noté chez les enfants victimes des Tdci, de faibles capacités intellectuelles, faibles capacités d’apprentissage et des échecs scolaires.Sur le plan économique, on note la réduction de la force du travail ainsi que le manque de productivité et d’initiative. En définitive, que ça soit chez l’enfant comme chez l’adulte, la carence en iode est irréversible et réduit l’intelligence de 13,5 points du quotient intellectuel (QI). Quelle est la situation des Tdci au Bénin ? En général, les Tdci se rencontrent surtout dans les zones montagneuses et éloignées de la mer. Les résultats des différentes études réalisées au Bénin ces dernières années ont montré que la proportion de ménages disposant du sel adéquatement iodé est passée de 54,5 % en 2006 à 93,5 % en 2011, selon les Enquêtes démographiques de la Santé 3 et 4. Cette proportion a nettement diminué en 2014, selon l’enquête Mics, à 38,90 %. Cette situation met en évidence un relâchement du suivi de la stratégie d’utilisation de sel iodé. Quelles mesures faut-il alors prendre pour lutter contre les Tdci au Bénin ? Je vais évoquer trois principales stratégies pour lutter contre les troubles dus à la carence en iode. Primo,la supplémentation qui consiste à distribuer des capsules d’iode à la population cible. Cette solution est une stratégie à court terme. Secundo, la fortification qui consiste à adjoindre de l’iode à un aliment véhicule. Le sel a été choisi à cet effet, car tout le monde consomme du sel sur le territoire national et dans les milieux les plus reculés. Il s’agit ici d’une stratégie à moyen terme. Tertio, la diversification alimentaire qui consiste à consommer des aliments riches en iode et à réduire la consommation des aliments goitrigènes, qui est une stratégie à long terme. De quel arsenal juridique dispose le Bénin pour renforcer la lutte contre les Tdci? L’élimination des Tdci par la «Stratégie d’iodation universelle du sel ». C’est une stratégie mondiale adoptée depuis 1990 par plusieurs Sommets internationaux soutenus notamment par l’Unicef, l’Oms, le Pam et la Fao. La Cédéao a rendu obligatoire l’iodation du sel dans tous les Etats membres par la Résolution A/RES/518/94 du 8 août 1994. Au Bénin, c’est l’arrêté N°422/Maep/Ms/Micpme/Mef/Mcaat/Mdglaat/Dc/Sgm/Dana/Sa du 6 août 2013 qui fixe les conditions de production, d'importation, de commercialisation et d'utilisation du sel iodé au Bénin. Quelles sont les bonnes pratiques à promouvoir pour l’éradication des Tdci au Bénin ? L’éradication des Tdci au Bénin passe principalement par la promotion de la consommation du sel iodé. Il importe que la population ait un accès facile à du sel adéquatement iodé. A ce titre, il faudra faire la promotion de l'iodation du sel et de la consommation du sel adéquatement iodé. Il importe aussi de renforcer le contrôle de qualité, la promotion de la conservation du sel iodé sur toute la chaîne de production. Les bonnes pratiques de conservation du sel iodé consistent à reconditionner le contenu du sac de sel en petits sachets, à conserver le sel à l’abri de l’humidité et de la chaleur et dans un bocal fermé. Il faut refermer le bocal après chaque usage tout en le gardant loin du feu. Nous recommandons de mettre le sel dans la sauce en préparation au moment où elle est prête à être descendue du feu.Le respect de ces précautions empêche l’iode contenu dans le sel de se volatiliser. La solution que nous préconisons consiste à faire en sorte que chacun ait accès et consomme de petites quantités de sel adéquatement iodé. Actualités 03 nov. 2020


Réformes portuaires: Le Port de Cotonou en voie d’être un ‘’Port intelligent’’
Devenir ‘’intelligent’’ pour un port, c’est devenir plus attractif, plus compétitif. C’est faire plus avec moins1. Etre intelligent pour un port consiste aussi à adopter une approche collaborative, créative et audacieuse dans la gestion de ses activités. L’attractivité, la performance, la compétitivité, l’adaptation, la collaboration, la créativité, l’investissement, l’audace, l’anticipation, la citoyenneté, la sociabilité et la rentabilité dans le management des affaires portuaires sont de nos jours les divers défis de plus en plus forts auxquels les ports en général, et ceux d’Afrique en particulier font face. En effet, la question ici est de savoir si le port de Cotonou, remplit les conditions pour devenir un port intelligent, un smart port? La réponse à cette question demande à ce que la gestion du Port de Cotonou soit confiée à un averti du domaine portuaire, un spécialiste des affaires portuaires ou un groupe de spécialistes du secteur. Ce dernier ou ce groupe de spécialistes va œuvrer non seulement pour la modernisation de l’espace portuaire mais aussi pour l’optimisation de la rentabilité des ressources portuaires ; l’une des meilleures solutions qui sortira le port de Cotonou de sa léthargie et de sa gouvernance catastrophique. Ces contraintes ou ce qui est précédemment appelé défis sont de quatre ordres. Premièrement, on assiste à un ‘’gigantisme naval’’, 2 notamment au niveau des navires porte-conteneurs. Ces navires de nos jours sont de plus en plus grands. Et pour donner un ordre de grandeur, les plus grands porte-conteneurs aujourd’hui approchent les 400 mètres de long. Pour les ports en général, ce gigantisme implique une adaptation des infrastructures. Or celles-ci ne peuvent pas se modifier miraculeusement. Il faut savoir anticiper ; une dynamique dans laquelle le Port de Cotonou se trouve actuellement. De là découle le deuxième défi, qui est ‘’économique et financier’’. Alors que les modèles économiques résultant du gigantisme font peser de plus en plus de risques économiques et financiers sur les autorités portuaires, qui doivent trouver des réponses attractives, compétitives et rentables. Et être smart est l’une des solutions à ces défis. Le troisième défi est la ‘’sécurité maritime, la sûreté des navires et des installations portuaires’’ qui coûte cher à assurer. Un port est un dispositif géostratégique majeur pour les États et plus il y a concentration des stockages pétroliers plus il devient une cible de choix. Plus de 80 % des hydrocarbures à destination des pays de l’hinterland transitent par le port de Cotonou. D’ailleurs, le Code International pour la Sûreté des Navires et des Installations Portuaires (Code Isps) de l’Organisation Maritime Internationale (Omi) a été mis en place suite aux attentats du 11 septembre 2001 pour sécuriser les territoires portuaires du monde. Mais l’application efficace de ce Code au Port de Cotonou a connu dans le passé assez d’entraves dues à une mauvaise coordination et coopération avec les autres administrations et parties prenantes. Même la Direction de la Marine Marchande (Dmm), Structure responsable décrétée3 pour contrôler l’application de la règlementation de sûreté des ports et des navires au niveau national et chargée surtout du suivi de la mise en œuvre effective dudit Code au Port de Cotonou, avait éprouvé assez de difficultés à accomplir sa mission et du coup n’arrivait pas à exercer son pouvoir régalien, vu les dispositions de fait de l’établissement public qu’est le Port autonome de Cotonou (Pac). Convient-il de mentionner que depuis 2004, la République du Bénin s’est inscrite dans la démarche de sécurisation de ses installations portuaires avec l’application dudit Code. Dans ce cadre, le Bénin reçoit périodiquement les garde-côtes américains pour des missions de suivi et d’évaluation du niveau de mise en œuvre du Code au Port de Cotonou. Une mission effectuée en décembre 2015, a révélé d’importantes lacunes dans la mise en œuvre effective du Code Isps au Port de Cotonou sur lequel ont plané des menaces de déclassement. Un autre défi qu’il fallait éminemment relever. Ainsi, du 6 au 10 août 2018, la même délégation des garde-côtes américains a effectué une mission de suivi au Port de Cotonou pour voir l’effectivité de la mise en œuvre du Code Isps dans le Port et la correction des défaillances antérieurement relevées. Cette mission fait suite à l’évaluation de la sûreté du Port de Cotonou de décembre 2015 et aux missions de suivi de juin 2016 et août 2017. Elle intervient à un moment où la gestion du Port de Cotonou est assurée par la Société Port d’Anvers International (Pai). Cette nouvelle équipe, ayant été informée des menaces de déclassement du Port de Cotonou, le 12 avril 2018, a diligemment entrepris plusieurs et courageuses actions pour améliorer le niveau de sûreté dudit port. De nos jours, de nombreux efforts sont consentis dans la mise en œuvre effective du Code au Port de Cotonou. Il a été cependant démontré que l’une des toutes premières mesures hardies dans la mise en œuvre du Code Isps au Port de Cotonou, reste le Renforcement du Contrôle des Accès de ce port. Actuellement, le port de Cotonou s’est doté de moyens efficaces en vue de l’application rigoureuse de cette mesure. Il convient entre autres de mentionner que depuis août 2019,4 les conditions d’accès et de séjour au Port de Cotonou ont été renforcées. Cependant, le défi demeure toujours à relever car des efforts restent encore à faire par l’Administration maritime et portuaire du Bénin, sur le plan de la sûreté, en vue de combler les attentes des évaluateurs. En ce qui concerne la sécurité maritime, un port est plus sûr lorsque les eaux maritimes menant à ce port sont sûres. Rendre les eaux maritimes béninoises plus sûres demande de sérieux investissements en vue de lutter efficacement contre les brigandages maritimes, les actes de piraterie et les vols à main armée contre les navires qui pourraient être commis dans ces eaux avec pour conséquences la fuite des navires et le détournement vers les ports voisins, la diminution des activités maritimes (pêche, transports, commerces, explorations et investissements maritimes), la baisse des activités économiques au Port de Cotonou, et qui pourraient négativement impacter l’économie nationale du Bénin. Voulant relever un tant soit peu ce défi, l’Autorité portuaire a pris en janvier 2020 des dispositions idoines en vue du renforcement des mesures de protection des navires en escale au Port de Cotonou contre les actes de piraterie. 5 En vue de renforcer le Port de Cotonou dans sa dynamique de sécurisation des navires dans les eaux maritimes béninoises, le gouvernement du Bénin a pris la décision courageuse en adoptant un Décret 6 et en prenant un Arrêté interministériel,7 obligeant tous les navires de commerce à destination des Ports du Bénin à avoir à leur bord une protection armée. Mais le défi demeure toujours car des efforts restent encore à faire sur le plan du renforcement des équipements de lutte contre la piraterie et ceux de surveillance des eaux maritimes béninoises. Enfin, le quatrième défi auquel les ports en général font face de nos jours est l’évaluation dans leurs performances non pas seulement économique, financière et logistique mais aussi et surtout ‘’citoyenne’’ et ‘’sociétale’’.Comment parviendra alors le Port de Cotonou à intégrer les citoyens, les habitants et la ville à ses activités ? C’est un quatrième défi, certes en arrière-plan par rapport aux autres mais très présent puisque les ports les plus avancés aujourd’hui utilisent souvent ce levier pour accroitre le niveau de développement socioéconomique de leurs pays. Aujourd’hui, un port qui n’a pas d’intelligence vis-à-vis du marché et vis-à-vis des acteurs, qui n’a pas de stratégie et n’anticipe pas, ne peut pas survivre dans l’intensité concurrentielle régionale et internationale. Mais avec les atouts dont dispose le port de Cotonou, il est tout à fait indiqué que sa gestion soit confiée à un professionnel du secteur portuaire en vue de lui permettre d’être intelligent. Mais, qu’est ce qui avait empêché le port de Cotonou d’être véritablement compétitif, d’être plus attractif? Trois raisons : *La première est relative à la période révolutionnaire au cours de laquelle les grandes décisions relatives à la gestion du Port de Cotonou venaient du pouvoir central. Au cours de cette période, le pouvoir décisionnel lié à la gestion portuaire n’est pas délégué à l’Autorité portuaire. *La deuxième renvoie à la période démocratique, mais pour une courte durée, où le Port de Cotonou a connu un développement remarquable dû au professionnalisme exceptionnel du Directeur Général de l’époque. *La dernière qui se réfère aux vingt dernières années où le Port de Cotonou a connu à sa tête des dirigeants politiques, plus de dix directeurs en quinze ans, avec un personnel peu qualifié. La conséquence, c’est que le Port de Cotonou a connu plus d’une décennie de retard en termes de performance. Comment je vois le Port de Cotonou, le Port du futur dans dix ans s’il devient véritablement performant? La performance du port de Cotonou reposera surtout sur la stratégie. Le port du futur devra être un port stratège. Être ‘’stratège’’ signifie savoir prendre des risques et arriver à se lancer sur des pistes prospectives à long terme. Et pour l’être, le port du futur, que je peux appeler le port ‘’Rénové’’, devra être investisseur; un pilier très capital pour sa modernisation et sa redynamisation. De nos jours, le Port de Cotonou est encore à l’image des ports d’Afrique des années 1970. Le moderniser demande le rasage des vieux magasins, d’environ cinquante ans d’âge, situés au cœur dudit port ; l’agrandissement des espaces en vue de poser un nombre important de conteneurs, la construction d’un nombre considérable de quais pour recevoir les navires de dernière génération ; le développement des infrastructures routières et ferroviaires en vue de la facilitation de l’acheminement des marchandises du port vers leurs lieux de destination et vice versa. Investir au Port de Cotonou devient une nécessité et il va falloir que ce Port ait incontestablement une autonomie financière et une capacité à prendre des risques. Faire du port de Cotonou un port investisseur du futur demandera donc la garde d’une tutelle forte avec des dirigeants forts ayant des compétences d’investisseurs. Sur le plan national, et comme il n’est un secret pour personne, le Port de Cotonou est le véritable levier stratégique et économique de la République du Bénin. En effet, plus le port est attractif, plus il aura des chances de générer des recettes importantes pour l’Etat. Plus de 80% des importations et exportations passent par ce port. Alors la nécessité d’investir en vue de sa performance s’impose. Mais l’un des investissements qui aura le plus d’impact reste le dragage, une technique qui permet d’enlever du sable, ou du gravier du fond de la mer. Cet investissement permet au port ‘’Rénové’’ d’accueillir des navires avec des tirants d’eau plus importants, et qui peuvent par conséquent transporter plus de conteneurs. Un pareil investissement au Port de Cotonou résoudra le problème de ‘’gigantisme naval’’ précédemment énuméré. La bonne nouvelle est qu’un grand effort a été fait dans ce sens et le Port de Cotonou a commencé par recevoir en partie depuis juillet 2020 des navires de 300 mètres. Par Germain Jessugnon AHISSOU Diplômé de l’Université Maritime Mondiale (Suède) Administrateur des Affaires Maritimes Spécialiste des questions de la Sécurité Maritime et de l’Environnement Marin. Actualités 03 nov. 2020


Hommage à l’ex-cheffe service commercial de l’Onip: Les mérites de Marie-Madeleine Akoffodji célébrés
Après trente-sept ans de carrière à l’Office national d’imprimerie et de presse (Onip), Marie-Madeleine Akoffodji, ancienne cheffe service commercial, est admise à faire valoir ses droits à la retraite. Ses anciens collaborateurs ont célébré ses mérites à travers une cérémonie festive, vendredi 30 octobre dernier, dans les locaux de l’Onip à Cotonou. Marie-Madeleine Akoffodji est tout abasourdie, vendredi dernier, dès son entrée dans la salle de conférence de l’Office national d’imprimerie et de presse (Onip) où tout est en place pour lui rendre hommage après son départ à la retraite. Alors qu’elle est invitée par le directeur général de l’Office, Bertin Sowakoudé, pour finaliser un vieux dossier, l'ancienne cheffe service commercial s’est plutôt retrouvée à une réjouissance initiée par ses anciens collaborateurs assis autour des tables dressées pour la circonstance. « C’est votre fête, Madame... », lui lance Olivier Houessou, maitre de cérémonie. Tout heureux d’avoir réussi ce coup, le directeur général de l’Onip informe l’assistance de comment cela s’est passé. Au dire de Bertin Sowakoudé, faire déplacer l’ancienne cheffe service commercial n’était pas gagné d’avance. « Elles m’ont dit que l’aspect surprise de la fête leur tient beaucoup à cœur. Alors que faire ?... On a envisagé des scénarii que je n’ai pas trouvés convaincants… », détaille le directeur général. Plus loin, il explique que c’est finalement un autre ex-collaborateur de Marie-Madeleine Akoffodji qui lui a suggéré l’argument d’un « rendez-vous d’affaires » pour la faire venir. Le prétexte du « rendez-vous d’affaires » est passé comme une lettre à la poste et Marie-Madeleine Akoffodji a fait son entrée dans les murs de l’Onip à l’heure convenue. « Donc, elle est venue dans l’optique de contribuer à faire affaires, pas pour faire la fête », déclare le directeur général de l’Onip. Toujours disponible Il revient sur les mérites de sa vaillante ex-collaboratrice qui, même à la retraite, donne de son temps précieux afin que de vieux dossiers soient finalisés. Il poursuit son témoignage en affirmant que, pour ses exigences au travail, certains anciens collaborateurs de Marie-Madeleine Akoffodji, se sentaient agacés. Mais «quand on lui confie un dossier et qu’elle n’a pas le résultat attendu, elle ne lâche pas », souligne le directeur général qui y voit une attitude que tout collaborateur doit avoir. Pour leur part, les anciens collaborateurs de Marie-Madeleine Akoffodji retiennent que leur ancienne patronne manage avec le bâton et la carotte. Très émue l’ancienne cheffe service commercial s’est confondue en remerciements. Elle revient sur les circonstances de son invitation à cette cérémonie, de même que celles de son départ à la retraite et brièvement sur quelques difficultés rencontrées au cours de sa carrière à l’Onip. Profitant de cette cérémonie, Marie-Madeleine Akoffodji demande pardon à ceux qu’elle aurait offensés. « Je n’ai rien contre aucun agent ici mais si j’ai eu à blesser des gens, volontairement ou involontairement, excusez-moi et accordez-moi votre pardon », implore-t-elle. «Et je demande que cette maison prospère, prospère et prospère encore !!! », lance-t-elle en guise de prière avant de prodiguer des conseils à ses hôtes. Il renouvelle sa disponibilité à accompagner l’Office si le besoin se fait sentir. La cérémonie riche en divertissements a pris fin par une remise de tableau conçue en son honneur et de joyeuses agapes Société 02 nov. 2020


Ecole nationale supérieure de l’enseignement technique à Lokossa: L’achèvement des travaux préoccupe le gouvernement et la Badea
Des infrastructures d’accueil plus confortables sont en construction à Lokossa, dans le Mono, au profit de l’Ecole nationale supérieure de l’enseignement technique (Enset). Ceci sur financement conjoint du budget national et de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea). Le chantier a reçu, vendredi 30 octobre dernier, la visite de la ministre Eléonore Yayi Ladékan et d’une mission d'experts de la Badea conduite par Mounir Bensidigh. L’objectif de la descente effectuée, vendredi dernier à Lokossa, par la ministre Eléonore Ladékan Yayi, en charge de l’Enseignement supérieur, et une mission de la Badea, conduite par Mounir Bensidigh, est de s’assurer du niveau d'avancement des travaux de construction des infrastructures d’accueil à l’Ecole nationale supérieure de l’enseignement technique (Enset). La Badea (Banque arabe pour le développement économique en Afrique) apporte une contribution avoisinant 88 % du financement des travaux. Sur le site, non loin de l’ex-Iut à Lokossa, la délégation a eu droit à une visite guidée des différents compartiments à savoir le bloc administratif et les seize salles de cours érigées en deux modules de bâtiment R+1. Une bibliothèque et sept ateliers dédiés à une gamme variée de formations font également partie des infrastructures en construction. Aussi, le pavage et bien d’autres travaux de commodité du site évoluent. Les formations offertes à l’Enset-Lokossa portent sur la mécanique générale, le froid et climatisation, le génie civil et ouvrage et bois, etc. Mais l’ensemble de ce qui est construit ne représente que 52 % de taux d’exécution physique de la nomenclature des travaux prévus alors que le délai contractuel est consommé à 100 %. Il s’en dégage un retard préoccupant que les entreprises en charge du chantier et de la mission de contrôle mettent sur le compte de la crise sanitaire liée au Covid-19 et des pluies exceptionnelles qui se sont abattues sur la ville de Lokossa en 2019, année de démarrage du chantier. Des recommandations Prenant acte des explications, les experts de la Badea se sont dit tout de même satisfaits de voir que toutes les superstructures ainsi que les fondations qui prennent du temps sont sorties du sol. Pour le reste, Mounir Bensidigh, chef de la mission, exhorte à mettre les bouchées doubles pour achever le chantier dans un meilleur délai. Mais pour Zul Kifl Salami, chargé de mission du chef de l’Etat, l’achèvement des travaux doit intégrer les recommandations de la mission sans violer les limites budgétaires. Lesquelles recommandations, détaille-t-il, sont relatives à l’assainissement du site, à la qualité des constructions et à celle des travaux de voirie. La ministre Eléonore Yayi Ladékan conclut que leur visite a été utile en ce sens qu’elle a permis aux bailleurs de s’accorder avec les acteurs sur ce qu’il reste à faire pour livrer dans un bref délai les infrastructures très attendues par les bénéficiaires. A l’occasion, la ministre a réaffirmé la place de choix qu'occupe l’enseignement technique dans les réformes du secteur éducatif et le Programme d’action du gouvernement. Education 02 nov. 2020


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