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Nouvelles

Santé des agents de l’Etat: Une meilleure gestion des assurances maladies envisagée
Le Conseil des ministres du mercredi 27 mai a approuvé un nouveau cadre de souscription des polices d’assurance maladie au profit du personnel des structures de l’Etat. Ce cadre vise à favoriser une meilleure gestion des relations entre l’Etat et les assureurs de ses agents. Le nouveau cadre de souscription des polices d’assurance maladie au profit du personnel des structures de l’Etat définit le champ et les conditions de souscription des polices d’assurance au profit des structures de l’Etat. A cet effet, il permettra d’inclure dans les contrats d’assurance au profit du personnel des structures de l’Etat, des clauses uniformes relatives aux garanties, aux barèmes de remboursement et à l’ajustement de la prime. Ces dispositions visent également à harmoniser et à améliorer les conditions de conclusion et de mise en œuvre des clauses des contrats d’assurance maladie. A travers ces nouvelles dispositions voulues par le gouvernement, il est envisagé une meilleure gestion des relations entre l’Etat et les assureurs de ses agents. De plus, ces nouvelles dispositions visent à harmoniser et rationaliser les conditions de conclusion et d’exécution des clauses des contrats d’assurance maladie et sonnent comme l’instauration de l’équité. Surtout que le nouveau mécanisme définit le champ et les conditions de souscription des polices d’assurance au profit des structures de l’Etat et s’apparente ainsi à un instrument qui va favoriser une meilleure gestion des relations entre l’Etat et les assureurs de ses agents. Il permettra aussi de générer des ressources supplémentaires pour l’Etat, sera gage de meilleures prestations pour un plus grand nombre d’agents de l’Etat. Avec cette décision du Conseil des ministres, on peut observer que le chef de l’Etat est dans la logique d’assurer l’égalité à tous les agents publics. Le mode de fonctionnement dans ce secteur laissait place à quelques couacs. On notait entre autres une multiplicité de polices d’assurances en cours de validité et souscrites par les structures de l’Etat au profit de leurs agents, ainsi que des insuffisances de l’option qui a cours jusque-là et dont la conséquence est une disparité des clauses qui ne garantit ni une gestion optimale ni un suivi rigoureux desdits contrats. Santé 28 mai 2020


Une Fondation suisse, nouvel appui financier de l’Organisation mondiale de la Santé
L’Organisation mondiale de la Santé (Oms) vient d’annoncer la création de la Fondation de l’Oms. Cette entité indépendante suisse permettra d’élargir l’éventail des donateurs et pourra ainsi appuyer financièrement les actions de l’agence onusienne en charge de la santé. C’est lors d’une conférence de presse virtuelle que le directeur général de l’Oms, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a officiellement annoncé, à Genève, la création de la Fondation de l’Oms. Elle sera dirigée par le professeur Thomas Zeltner, ancien directeur de l’Office Fédéral de la santé publique suisse. Lors de la signature du protocole d’entente entre l’Organisation mondiale de la Santé et la Fondation, le fondateur de cette nouvelle entité a clairement indiqué que cela permettra de compléter le financement de programmes de l’Oms mais pas de remplacer la contribution des Etats-membres. Ce nouvel organisme pourra aider l’Oms à atteindre l’objectif de son plan pour la période 2019-2023. A savoir, permettre à un milliard de personnes supplémentaires de bénéficier de la couverture sanitaire universelle, qu’un autre milliard d’individus soient mieux protégés face aux situations d’urgence sanitaire et finalement qu’un milliard supplémentaire d’hommes et de femmes bénéficient d’un meilleur état de santé. « Jusqu’à 80 % des dons seront injectés directement dans le secrétariat de l’Oms et le reste à des partenaires. » Juridiquement distinct de l’Oms, cet organisme acceptera les contributions du grand public, de bailleurs de fonds privés, d’entreprises partenaires de l’Oms. Il a pour objectif d’aider à élargir le vivier de donateurs de l’Organisation et de contribuer à un financement plus pérenne et plus prévisible. Le traitement des contributions philanthropiques sera simplifié et rendra possible un appui dans tous les aspects de la santé.La Fondation souhaite pouvoir alimenter les efforts de l’Oms en recueillant trois milliards de dollars dans les 3 à 4 prochaines années. Le professeur Zeltner a indiqué que « jusqu’à 80 % des dons seront injectés directement dans le secrétariat de l’Oms et le reste à des partenaires.» « L’annonce faite aujourd’hui constitue le point d’orgue de plus de deux années de préparatifs et de travail acharné que d’innombrables personnes et organisations partenaires ont menés à bien. » Le Dr Tedros a révélé que la création de la Fondation de l’Oms était le résultat « de plus de deux années de préparatifs et de travail acharné que d’innombrables personnes et organisations partenaires ont menés à bien. » La création de la Fondation de l’Oms marque une étape importante dans le cadre de la transformation de l’Organisation en charge de la santé. D’après le directeur général elle permettra aussi de « faciliter la concrétisation de la mission de l’organisation qui consiste à promouvoir la santé, à préserver la sécurité mondiale et à servir les populations vulnérables. » Compte tenu de la pandémie de Covid-19, la Fondation de l’Oms portera dans un premier temps son attention sur les situations d’urgence et la riposte aux pandémies. Elle entend également récolter et décaisser des fonds à l’appui de toutes les priorités de santé publique mondiale de l’Oms, conformément au programme général de travail adopté par les États membres. L’organisme de droit suisse, appuiera ses orientations sur un groupe consultatif composé de spécialistes de la santé mondiale, de la philanthropie, de l’éthique et de la finance. Le Conseil assumera désormais toutes les responsabilités de gouvernance et examinera toutes les décisions stratégiques. Il en sera également l’organe suprême de décision. Les membres fondateurs du Conseil sont l’avocate rwandaise Clare Akamanzi, le philanthrope américain Bob Carteret, le professeur helvétique Thomas Zeltner. Le directeur général de l’Oms désignera bientôt un observateur qui assistera aux réunions du Conseil d’administration de la fondation. Un directeur général sera prochainement nommé. Pour effectuer des dons en ligne, allez sur : www.whofoundationproject.org Catherine Fiankan-Bokonga Correspondante accréditée auprès des Nations Unies à Genève (Suisse) Actualités 28 mai 2020


Don du Mouvement catholique des Cadres et Personnalités politiques: Du matériel de protection pour les centres de santé et prisons
L’Archevêque de Cotonou, Mgr Roger Houngbédji a présidé, hier mercredi 27 mai au dispensaire des sœurs de Saint Augustin à Allada, la cérémonie officielle de remise du matériel de protection au profit des centres de santé des dix diocèses du Bénin et des prisons civiles. Ce don des aumôneries nationale et diocésaines des cadres et personnalités politiques s’inscrit dans le cadre du projet "Notre lutte en Eglise contre le coronavirus". Sept mille six cents masques faciaux dont six mille six cents masques chirurgicaux et mille masques de fabrication artisanale, et onze mille paires de gants. D'un coût avoisinant 3 millions de francs Cfa, ce lot de matériel de protection contre le Covid-19 est un don des aumôneries nationale et diocésaines des cadres et personnalités politiques catholiques au profit de 33 centres de santé confessionnels et de deux prisons. Un don qui s'inscrit dans le cadre du projet “Notre lutte en Église contre le coronavirus”. A en croire l'aumônier national des cadres et personnalités politiques, le père Nathanaël Yaovi Soédé, ce projet s’inspire des recommandations du colloque sur les 30 ans de la conférence nationale. Lesdites recommandations invitent le Mouvement catholique des Cadres et Personnalités politiques (Mccpp) et l’Observatoire chrétien catholique de la Gouvernance (Occg) à être des témoins de la justice, de l'amour et de la paix dans le monde entier. Ainsi, face à la crise sanitaire, le Mccpp et l'Occg ne pouvaient donc rester indifférents... « La situation des centres de santé en l'occurrence catholiques, a retenu l'attention du Mccpp et de l'Occg, car ces derniers ne sont pas bénéficiaires du soutien de l'Etat dans le cadre de la lutte contre le Covid-19... Or, ces centres de santé catholiques sont très fréquentés et desservent, du nord au sud, des zones qui ont des difficultés d'accès aux soins… », a expliqué le père Nathanaël Yaovi Soédé, lors de la remise officielle des matériels. L'aumônier national des cadres et personnalités politiques n’a pas manqué de relever l'apport significatif de l'archevêché de Cotonou dans l’acquisition de ces matériels. Impacter la vie des usagers Ces dons vont impacter des centaines de milliers de personnes fréquentant 33 centres de santé, notamment trois centres de santé par diocèse et 6 centres de santé à Cotonou. Quant aux prisons, deux d’entre elles ont été retenues au niveau national en l’occurrence la prison civile de Cotonou et celle de Porto-Novo. C’est un geste charitable que l'ordinaire du lieu apprécie à sa juste valeur. « Si vous faites cette œuvre de charité c'est bien en raison de votre foi. Vous démontrez ainsi que la religion doit intégrer les œuvres sociales... Ce projet montre que l'Eglise est présente sur le chemin du développement et de la santé… Chers amis, l'Eglise est fière de vous... », a affirmé Mgr Roger Houngbédji, chargé de l’Observatoire chrétien catholique de la Gouvernance (Occg) et du Mouvement catholique des Cadres et Personnalités politiques (Mccpp) auprès de la Conférence épiscopale du Bénin (Ceb). Émilienne Noudogbéssi, responsable du Centre d'accueil et de protection de l'enfant va ensuite exprimer la gratitude des bénéficiaires à l'Archevêque de Cotonou et aux aumôneries nationale et diocésaines des cadres et personnalités politiques. Invite pastorale à la charité ! « Cette pandémie qui secoue le monde et engendre des crises socio-politiques et économiques de tous genres est une situation qui doit conduire à de profondes réflexions… Mais l'espoir est permis, car le génie humain ne cesse de se déployer pour trouver des solutions », soutient l’Archevêque de Cotonou. Saisissant l’occasion, il recommande à tous : « Que derrière ces masques que vous portez, demeure un visage d'amour. Ce qu'il faut combattre, c'est la haine... Il faut bannir le mépris de l'autre et construire la paix pour cultiver une charité toujours inventive... Nous sommes plus que jamais dépendants les uns des autres… Portons bien nos masques contre le Covid-19 mais jetons nos masques contre la haine. Veillons bien au lavage des mains mais veillons aussi au lavage et à la purification de nos cœurs ». Il a, par ailleurs, salué le sens de sacrifice des différents acteurs impliqués dans la riposte contre cette pandémie en l'occurrence les chercheurs de la médecine moderne et traditionnelle. L'aumônier national des cadres et personnalités politiques, le père Nathanaël Yaovi Soédé, exprimera aussi la solidarité du Mccpp à l’égard des agents de santé qui œuvrent pour le bien-être des patients au péril de leurs propres vies... Société 28 mai 2020


Crise du Covid-19 : La Fbf appuie les clubs des Ligues 1, 2 et 3
Le comité exécutif de la Fédération béninoise de Football vient d’apporter un soutien financier aux clubs engagés dans les championnats de Ligues 1, 2 et 3. Ce geste intervient dans ce contexte de crise sanitaire afin de soulager les peines des promoteurs de clubs et d’accompagner les joueurs et les encadrements techniques desdits clubs en ces moments difficiles. Selon le comité exécutif de la Fbf, l’arrêt provisoire des différents championnats a créé d’énormes difficultés aux clubs dans la gestion de leurs engagements financiers vis-à-vis de leurs joueurs et encadrements, les privant entre autres des ressources de la deuxième tranche du sponsor officiel et les installant dans une précarité préjudiciable à une bonne reprise des championnats après la levée des mesures restrictives prises par le gouvernement. C’est ce qui a motivé cet appui spécial qui représente un payement anticipé d’une avance sur la subvention de solidarité promise par le président de la Fifa. Chaque club de Ligues 1, 2 et 3 a vu virer sur son compte bancaire respectivement 3 millions F Cfa, 2 millions F Cfa et 1,5 million de F Cfa. Les ligues départementales ont reçu chacune une somme de 1 million. Dans le but de justifier ces fonds auprès de la Fifa, il est demandé à chaque président de club d’apporter les preuves de sa gestion. « Nous vous saurons gré des dispositions que vous prendrez aux fins de faire parvenir au secrétariat administratif de la Fbf contre accusé de réception au plus tard le mercredi 3 juin les originaux des pièces comptables de l’utilisation faite de ces fonds pour transmission à la Fifa », recommande une correspondance signée du secrétaire général de la Fbf, Claude Paqui. Sports 27 mai 2020


Modernisation de l’aéroport de Cotonou: Les chantiers livrés avant la fête de l’indépendance
Piste et accotements, extension du terminal départ, parking véhicules de 700 places, Airport Operational Data base et nouveaux commerces dans le terminal…. L’aéroport international Bernardin Cardinal Gantin est en pleine transfiguration pour la satisfaction des opérateurs aériens. Les travaux en cours au niveau de cette infrastructure garantiront aux voyageurs la meilleure qualité de services. Ces chantiers de modernisation et de mise en conformité des infrastructures et de ses équipements sont prévus pour être livrés fin juillet en prélude à la fête de l’indépendance du Bénin, le 1er août. Annoncés par Hervé Breton, directeur général de la Société des aéroports du Bénin (Sab), comme « Un beau challenge sous exploitation (avec des vols commerciaux, aviation générale et cargo) que toute l'équipe de la Sab et les entreprises associées vont réussir », les travaux de réfection, au-delà de la sécurité qu’ils garantissent aux différents vols, visent à augmenter la capacité d’accueil de la plateforme. Aujourd’hui, avec environ 500 000 passagers par an, l’aéroport international Bernardin Cardinal Gantin vise un million de passagers au moins et la réception de gros-porteurs. Des travaux pour un montant de 20 milliards F Cfa initiés par la société de gestion de l’aéroport et financés par le gouvernement et qui prennent également en compte un autre projet concernant l’automatisation et l’informatisation de tout le terminal. La réfection de la piste d’atterrissage s’inscrit dans le cadre de la poursuite de la mise aux normes de l’aéroport, en attendant l'avènement de celui de Glo-Djigbé. L’attractivité économique et touristique de l’aéroport est visée à travers tous ces aménagements. Kokouvi EKLOU Société 27 mai 2020


Dr Sylvie Briand de l’Oms: Les épidémies ont toujours un impact sur la société…
Dr Sylvie Briand, directrice du Département de préparation aux risques infectieux mondiaux de l'Organisation mondiale de la Santé, répond ici aux questions de Maryn McKenna, journaliste et auteure indépendante spécialisée en santé publique, responsable du Knight center for Journalism in the Americas et membre du Center for the Study of Human Health de l’Université Emory, par ailleurs instructrice principale du programme de formation ‘’Couvrir le COVID-19 maintenant et à l'avenir’’ qui mobilise plus de 150 pays. Maryn McKenna : Dr Briand, pourriez-vous nous dire très brièvement comment la riposte de l'Oms au Covid-19 fonctionne et quel a été votre rôle dans cette réponse ? Dr Sylvie Briand : L'Oms est une agence des Nations-unies et est gouvernée par 194 États membres. Et donc, nous travaillons, je veux dire, le secrétariat de l'Oms travaille pour ces 194 Etats membres. Et notre rôle en ce qui concerne le Covid-19 est guidé par le Règlement sanitaire international, qui est un accord juridique signé en 2005 par tous les États membres. Et ça donne d'abord à l'Oms le mandat de détecter les nouvelles situations d'urgence et de collaborer avec les États membres pour une détection précoce. Et puis nous véri?ons les informations. En?n, nous avons également le mandat de coordonner la riposte. Nous travaillons donc sur tous les aspects de la réponse à cette épidémie qui vont de la surveillance et de la collecte de données jusqu'au soutien technique aux États membres sur la façon de mettre en place une réponse efficace dans leur propre pays. Et aussi, nous fournissons des approvisionnements, par exemple, pour le diagnostic, ou les équipements de protection individuelle. Et lorsque nous aurons un vaccin ou des produits thérapeutiques, nous aiderons également le monde à accéder à ces produits médicaux. Il est clair qu'un effort énorme est fait pour communiquer avec la presse et le public. Est-ce que l'Oms a des principes ou des stratégies de base pour informer le public et la presse sur les dangers tels que le Covid-19 ? Oui, nous pensons qu'à l'Oms, nous avons beaucoup d'expériences dans la gestion des épidémies parce que nous y travaillons depuis la création de l'Oms. En fait, en 1948, cette agence a été créée après une épidémie de choléra en Égypte, où tous les pays ont réalisé que les épidémies ne connaissaient pas de frontières. Et si vous voulez vraiment contrôler efficacement les épidémies, vous devez vraiment travailler ensemble. C'est pourquoi l'Oms a un rôle central dans la lutte contre ces épidémies. Et une partie de la réaction est vraiment dans la communication, parce que vous devez vous assurer que tout le monde a accès à l'information, à la bonne information au bon moment, a?n qu'il puisse réellement agir sur cette information. Et la relation avec les médias est extrêmement importante, car les journalistes font partie de ces réponses. Nous demandons à chacun de se laver les mains, de garder une distance physique, de porter des masques. Et ainsi, tout le monde contribue à ralentir la transmission du virus. Et les médias et journalistes sont vraiment utiles pour transmettre ces messages, expliquer à la population ce qu'est cette maladie, ce qu'est ce virus et ce qu'il faut faire pour se protéger et protéger sa famille. C'est pourquoi nous essayons d'expliquer très régulièrement aux journalistes ce que nous savons de la maladie. Aussi, quelles sont les recommandations que nous aimerions qu'ils transmettent au reste de la population. Avant décembre 2019, personne ne connaissait le Covid. La science fait donc de bons progrès et progresse très rapidement. Chaque jour, nous découvrons quelque chose sur le virus, sur les manifestations de la maladie, sur la façon dont les gens peuvent le contrôler. Et ainsi, ces connaissances collectives sont construites à travers les médias aussi. Vous participez à la riposte pandémique à l'Oms depuis plus de 10 ans maintenant, pourriez-vous nous développer à quel point l'actuelle épidémie et sa réponse sont différentes de ce qui s'est passé notamment en 2009 ? 2009, c'était très spécial : tout d'abord c'est arrivé après le Sras, le Sras c'était en 2003. Et donc le Sras a été vraiment un signal d'alarme pour de nombreux pays parce qu'ils ont réalisé à quel point le monde est interconnecté aujourd'hui et à quel point quelques milliers de cas -parce que le Sras c'était 8 000 cas, 800 décès- ; comment une épidémie de ce genre peut déstabiliser complètement les économies. Et donc tout le monde était vraiment effrayé par la résurgence potentielle de la pandémie de grippe. Ainsi, entre 2005, quand un nouveau règlement sanitaire international a été adopté et 2009, lorsque la pandémie de grippe H1N1 a commencé, il y a eu beaucoup de mesures de préparation mises en place. Par exemple, en Europe, la majeure partie des pays avaient accumulé des stocks de masques. Ils avaient également mis en place une sorte de mécanisme pour diagnostiquer la maladie et mettre en place des réseaux de laboratoires. Et ils avaient aussi un plan d'urgence, des plans d'urgence pour les hôpitaux et aussi des listes de personnels de santé pour avoir des capacités de recherche et ainsi de suite. Beaucoup d’acquis étaient en cours avant 2009. Donc, lorsque la pandémie a commencé, les gens étaient préparés, je pense que la chorégraphie s'est bien déroulée. Je veux dire que les pays avaient l'habitude de travailler ensemble. Donc nous n'avons pas vu de problèmes majeurs. C’est pourquoi la mortalité était assez faible. Puis les gens ont pensé que c'était vraiment une pandémie bénigne. Alors pourquoi avons-nous dépensé autant d'énergie pour quelque chose qui est bénigne ? Et après cette pandémie de 2009, il y avait vraiment une sorte de "fatigue" de préparation pandémique. Et de nombreux pays n'ont pas mis à jour leurs plans et n'ont pas reconstitué leurs stocks de masques et ils ont estimé que ça ne posait pas de problème… En ce qui concerne le Covid-19, quand nous avons abordé cette pandémie au départ, c'était les premières semaines où nous ne savions pas vraiment quel serait le problème parce que nous nous attendions toujours à ce que ce soit comme le Sras, et que nous serions en mesure de le contrôler et de le contenir à sa source, c'est-à-dire en Chine. Et donc au début, même lorsque nous avons déclaré une urgence, nous avons déclaré une urgence d'intérêt international le 30 janvier, à cette époque, il n'y avait que 80 cas en dehors de la Chine et zéro décès. Donc, à ce moment-là, même le comité d'urgence à qui nous avions demandé s'il fallait déclarer une "urgence de santé publique d'intérêt international" (Pheic) était divisé. Certains d'entre eux disaient : non, ce n'est rien, ça disparaîtra. Et d'autres ont dit, non, ce nouveau virus a un potentiel pandémique. Donc, nous devons déclarer l'alerte maintenant. Et donc, ce n'était pas une décision facile. Mais je pense que l'un des éléments qui les a convaincus de lever la sonnette d'alarme à ce moment-là, même si le nombre de cas et de décès était extrêmement faible, c'est juste parce que c'était une nouvelle maladie et que nous n'avions pas d'antiviraux, pas de vaccins. Donc nous n'avions pas d'outils permettant une intervention médicale pour faire face à ce nouveau virus. Et nous n'avons dû compter que sur des interventions non pharmaceutiques, c'est-à-dire des mesures de santé publique. Et c'est ce que nous avons fait jusqu'à présent. Mais comme vous le voyez,elles sont très diffciles à mettre en œuvre dans un monde si interconnecté et où les économies sont mondialisées. Si vous voyagez dans un endroit du monde, cela a un impact sur l'autre reste du monde. Et donc tout est lié. Et il est très difficile d'avoir une intervention coordonnée et globale au niveau mondial et d'en limiter l'impact négatif sur l'économie, la société et d'autres secteurs qui ne sont pas des secteurs de la santé. Vous n'avez pas le pouvoir d'obliger les États membres de l’Oms à faire quoi que ce soit. Vous pouvez seulement leur recommander des actions et essayer de les persuader de faire des choses. Je me demande donc comment l'Oms gère cet équilibre d'exhorter à des actions de santé publique sans être en mesure de forcer quelqu'un à faire quoi que ce soit… Oui, c'est un vrai dé?, en fait. Surtout dans le monde actuel, où vous avez vu que les pays sont en quelque sorte assez divers, je dirais, en termes de développement et aussi de perception des risques. Et donc, c'est un peu mission impossible parfois. Mais il y a deux qui nous aident. La première est la réglementation sanitaire internationale parce que tous les pays l'ont signée. Et donc, ils sont engagés à cela ou liés par ces instruments, même si ce n'est pas juridiquement contraignant et que nous n'avons pas de mesures, ni de moyens de faire pression sur un pays. Pourtant, cet accord a été discuté entre tous les États membres de l'Oms et ils sont quelque part engagés à le mettre en œuvre. L'autre chose qui est très importante également, c'est que nous ne travaillons pas uniquement avec les pays sur cette question particulière. Nous travaillons avec eux sur d'autres programmes. Par exemple, le programme de lutte contre le paludisme, le programme de lutte contre le Vih. Nous travaillons avec eux pour la prévention de la grippe et ainsi de suite. Nous avons donc des contacts avec des pays à d'autres ?ns. Et ces relations ne commencent pas avec le Covid-19. Je veux dire, c'est quelque chose qui est aussi comme une sorte de vieille amitié et nous essayons de nourrir cette relation chaque fois que nous le pouvons. Donc, c'est vraiment plus facile de travailler en collaboration par la compréhension mutuelle. Et c'est ce que nous essayons de faire et nous essayons également d'expliquer aux pays comment ils peuvent mieux faire face aux épidémies. Je suis curieuse de connaître l’assistance que l'Oms apporte spéci?quement aux pays à faibles ressources dans le cadre de cette pandémie… En ce qui concerne les pays en développement, notre principale préoccupation est en réalité la faiblesse de leur système de santé. Et comme vous le savez, avec le Covid-19, même si vous avez seulement 20 pour cent des personnes qui développent des symptômes graves, cela fait tout de même 20 pour cent de personnes qui auront besoin de soins sophistiqués. Et donc notre préoccupation est vraiment l'accès aux soins pour ces personnes a?n que nous puissions également réduire la mortalité. On sait que ce virus produit également des formes plus graves chez les personnes âgées, et la plupart des pays en développement ont encore une population jeune. Nous espérons donc que cela les protégera d'une manière ou d'une autre contre une forte proportion de cas graves. Cependant, nous avons beaucoup d'inconnues parce que nous savons que ce virus est plus grave chez les personnes ayant un système immunitaire faible. Par exemple, les enfants souffrant de malnutrition ont un système immunitaire faible. Ainsi, ils pourraient également être sujets à des formes graves. Nous sommes donc préoccupés par le risque de mortalité élevée dans ces pays en raison de la faiblesse du système de santé. Mais nous sommes également très préoccupés par la vulnérabilité des professionnels de la santé dans ces pays, car, comme vous le savez, lorsque vous prenez soin d'une personne malade, vous êtes plus à risque ou plus exposé à la maladie. Et nous avons vu, même dans un pays riche, 10 pour cent des professionnels de la santé sont touchés. C'est donc une préoccupation réelle parce que si vous vous souvenez, avec le virus Ebola en 2014, 800 agents de santé ont été touchés et sont décédés. Mais dans ces pays, vous avez parfois un médecin pour 100 000 personnes. Ainsi, lorsque vous perdez un médecin, vous avez une grande proportion de la population qui n'a plus qu'un accès limité à des soins de haut niveau, par exemple. Ainsi, l'impact de la perte de professionnels de santé dans ces pays peut être beaucoup plus élevé que dans les pays riches. C'est la deuxième chose qui nous inquiète vraiment, parce que nous avons peur de cet impact sur un système de santé déjà faible. Et en?n, je pense que les épidémies ont toujours un impact sur la société. Et cet impact est difficile à mesurer, a priori, surtout quand c'est une nouvelle maladie. Et notre rôle consiste à atténuer autant que possible l'impact d'une épidémie non seulement sur l'état de santé de la population, mais aussi sur les transactions ou les secteurs de la vie sociale. Santé 27 mai 2020


Installation des conseils communaux et municipaux: Le calendrier dans l’Atacora, le Borgou et l’Atlantique
Conformément au Code électoral, tous les conseils communaux et municipaux devraient avoir été installés avant le jeudi 4 juin. A cet effet, certains préfets ont déjà programmé les cérémonies d’installation des conseillers. Elles démarrent ce jeudi 28 mai dans l’Atacora, le Borgou et l’Atlantique. Dès ce jeudi 28 mai et ce jusqu’au mercredi 3 juin prochain, va se dérouler l’installation des conseils communaux et municipaux dans plusieurs départements. Dans le département de l’Atacora, il sera procédé ce jeudi 28 mai à l’installation des conseillers de Boukoumbé et Matéri ; vendredi à ceux de Cobly et Toucountouna ; samedi à ceux de Natitingou ; mardi 2 juin à ceux de Tanguiéta et Kouandé puis mercredi 3 juin à ceux de Péhunco et Kérou. Dans le département de l’Atlantique, les conseillers de Kpomassè et de Tori-Bossito seront installés le jeudi 28 mai, ceux de Zè le vendredi 29 mai, ceux de Ouidah le samedi 30 mai, ceux d’Abomey-Calavi le mardi 2 juin et ceux de So-Ava le mercredi 3 juin. Dans le département du Borgou, les conseillers de Sinendé, de Bembèrèkè et de Parakou seront installés le jeudi 28 mai, ceux de Kalalé et Pèrèrè le vendredi 29 mai, ceux de Nikki et N’Dali le mardi 2 juin et ceux de Tchaourou le mercredi 3 juin. Les préfets entendent donc se conformer à la prescription légale. En effet, l’article 192 de la loi n° 2019-43 du 15 novembre 2019 portant Code électoral en République du Bénin stipule : « L’élection du maire et de ses adjoints a lieu, lors de la séance d’installation du Conseil communal ou municipal, au plus tard dans les quinze (15) jours qui suivent l’annonce des résultats de l’élection communale ou municipale, nonobstant les recours éventuels ». Les résultats ayant été proclamés dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21 mai dernier, l’échéance pour l’installation des conseillers et l’élection du maire et de ses adjoints expire le jeudi 4 juin prochain. En outre, le deuxième alinéa de l’article 192 du Code électoral prévoit que les membres du Conseil communal ou municipal sont convoqués à la séance d’installation et d’élection des maires et adjoints par arrêté de l’autorité de tutelle qui, dans le cas d’espèce, est le préfet. C’est pourquoi, certains préfets ont programmé l’installation des conseils communaux et municipaux des collectivités sous leur tutelle. Conformément au Code électoral, après leur installation, les conseillers vont élire les maires et adjoints au maire. Actualités 26 mai 2020


Ouémé/Plateau: 8 maires sortants sur 14 non réélus conseillers communaux
Tous les 14 maires sortants des communes de l’Ouémé et du Plateau candidats aux élections communales et municipales du 17 mai dernier n’ont pas pu se faire élire conseillers communaux. Seulement cinq ont réussi à sortir la tête de l’eau si l’on met de côté le cas de l’ex-maire d’Avrankou, Eugène Lonègnon décédé en pleine course électorale. Les huit autres ont carrément mordu la poussière. Il s’agit d’abord des maires sortants positionnés candidats sur la liste du Parti du renouveau démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji. Laquelle liste a été déclarée par la Commission électorale nationale autonome (Cena) non éligible à l’attribution des sièges pour défaut des 10 % des suffrages valablement exprimés sur le plan national au terme du scrutin. Ce naufrage collectif concerne les maires de Porto-Novo, Emmanuel Zossou, de Sèmè-Podji, Charlemagne Honfo, d’Adjarra, Michel Honga, d’Akpro-Missérété, Michel Bahou, et d’Ifangni, André Zannou. Il faut ajouter à cette liste, le cas des maires d’Adjohoun, Roland da Hèfa, de Sakété, Pierre Adéchi et de Pobé, Paul Odjo. Les deux premiers ont été positionnés sur la liste du Bloc républicain et le dernier celle de l’Union progressiste (Up) dans leurs arrondissements respectifs. Les trois ont tous échoué au terme des élections communales et municipales du 17 mai prochain. Aucun de ces huit maires en fin de mandat n’a pu renouveler son siège de conseiller pour espérer retrouver son fauteuil. Cet échec doit être un coup dur pour ces autorités communales. Car, ils ne pourront pas faire partie de la quatrième mandature de la décentralisation au même titre que leurs autres collègues de Dangbo, Djossou Maoudjro, de Bonou, Julien Afohounha, d’Adja-Ouèrè, Abiboulaye Nonvidé, de Kétou, Théophile Dessa et Pierre Tovidé des Aguégués qui ont pu se faire réélire. Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau Société 26 mai 2020


Lutte contre le Covid-19: Point des nouveaux cas confirmés et nouvelles guérisons
Selon les chiffres publiés sur
le site du gouvernement, le Bénin enregistre à la date du 23 mai 2020 un total de 191 cas confirmés soit 106 personnes sous traitement, 82 personnes guéries et trois décès. Ainsi, quatre nouveaux cas positifs ont été enregistrés du 22 au 23 mai dernier faisant alors grimper le nombre de personnes contaminées de 187 à 191. La plateforme du gouvernement informe par ailleurs que 27 924 tests, soit 13 932 tests de Polymerase chain reaction (Pcr) et 13 992 Tests de diagnostic rapide (Tdr), ont été réalisés sur la période allant du 3 au 23 mai 2020. « Le rapport de situation du ministère de la Santé en matière de gestion de la Covid-19 au Bénin, à la date du 22 mai 2020, renseigne que le pourcentage des personnes de sexe masculin touché est de 54,0 %, sexe féminin 46,0 %, la tranche d’âge la plus fréquente est comprise entre 15 et 45 ans (73,8 %), les cas asymptomatiques sont de 80,3 %, la transmission locale 56,7 %, le département le plus touché est celui du Littoral et le taux d’attaque est de 5 pour 100 000 habitants », lit-on sur le site du gouvernement. Plusieurs autres statistiques, graphes et tableaux à l’appui, ont également été dévoilées sur l’épidémiologie et la surveillance du virus au Bénin.   Ariel GBAGUIDI   Santé 25 mai 2020


Africa Must Unite: Covid-19 Rappel Viral
Entrée apparemment par effraction dans le quotidien de milliards d’habitants de la planète, la maladie à coronavirus 2019 désignée Covid-19 a plongé une partie du monde dans une expérience inédite au premier trimestre de l’année 2020. Sa contagiosité exponentielle, sa charge d’incertitude médicale et ses dramaturgies politiques ont pris d’assaut les routines, distendu les sociabilités, dérouté les priorités affichées de populations désemparées. Maladie émergente sans solution unanimement admise ou reconnue, la pandémie mondiale a réussi en quelques semaines, ce que contestations, guerres, crises financières, terrorismes n’avaient pas, pour la période contemporaine, obtenu. Mettre l’humanité en situation de retraite spirituelle, la sortir un temps de la frénésie des injonctions utilitaristes, amputer les activités sociales, suspendre nombre de loisirs et d’ostentations. Un confinement contraint même relatif, qui ressemble aux grandes initiations traditionnelles par lesquelles, les sociétés anciennes transmettaient aux jeunes générations le sens caché des choses, les sacrifices expiatoires et propitiatoires. Ces moments singuliers impliquaient un sevrage social périodique au cours duquel un changement d’identité des initiés s’opérait, au milieu d’une forte ritualisation impliquant des masques... Le Covid-19 met en scène, lui aussi, une société de masques, non pas baoulé, sénoufo, fang, tchokwe ou zulu, mais des masques sanitaires. Un moment initiatique, une société de masques L’économie globale du déconfinement, bien que vécue depuis des sites différents, et déployant des interprétations épidémiologiques locales, impose une désintensification des flux économiques et sociétaux : productions, travail, consommation, voyages, transports, fiscalités, dettes, services, écoles, etc. Conjoncturellement et inégalement, les Etats tentent de subventionner un minimum d’activités incompressibles, par des injections de liquidités vers les organisations, les entreprises, les ménages et groupes fragilisés. Vers les groupes dominants de la finance aussi et substantiellement. Au milieu de quelques traits généraux tétanisants, et non sans paradoxes, surgissent des « réalités » que seul un débranchement initiatique pouvait aider à dévoiler : l’inimaginable défaillance de l’hyperpuissance occidentale, la Chine au secours du monde, la médecine d’urgence cubaine assistant la planète, le Vietnam offrant des masques à l’Union européenne, l’Afrique contenant au moins provisoirement un virus net victorieux des éternels donneurs de leçons … Une foule d’images impensables, qu’on ne saurait dire fugaces ou prémonitoires, portées par le vent improbable de l’événement minoré, colonise momentanément un monde qui se surprend à vaciller dans ses certitudes. Une irrépressible force de rappel Si la sagesse suggère la retenue quant à la profusion de projections d’un hypothétique « Après Covid-19 », l’histoire enseigne qu’il n’y a pas d’inévitabilité au changement social, que les crises n’engendrent pas naturellement des systèmes nouveaux et améliorés. Malgré ses quelques 50 à 100 millions de morts, la grippe «espagnole » de 1918 avait été assez vite oubliée dans des régions sévèrement touchées. Plus près de nous, en dépit des énormes coûts sociaux infligés aux sociétés de par le monde, la récurrence des crises des valeurs boursières, des devises émergentes, des dettes souveraines, n’a pas eu pour effet de discipliner les logiques spéculatives des marchés. L’éclatement de la bulle de l’immobilier spéculatif américain en 2008 avait mis en péril l’économie financière mondiale. Pourtant après un onéreux sauvetage sur fonds publics, les choses sont pratiquement revenues au statu quo ante bellum. Ainsi s’entend-il qu’avant de prédire les inévitables chambardements futurs, le moment initiatique du Covid-19 interpelle d’abord sur un état des lieux, révélateur voire possiblement annonciateur, mais avant tout assurément rappel. Force de rappel. La pandémie mondiale et la qualité des ripostes qu’elle a engendrée ont démasqué la hiérarchie des valeurs qui organise la circulation des raretés et des libertés, la place que la condition humaine, la santé, le vivant occupent dans cet ordre global. Car c’est bien parmi les pays a priori les mieux dotés en moyens budgétaires, humains, technologiques que s’est révélée de façon criarde l’insuffisance d’une réponse politique, managériale, matérielle de base au Covid-19. Alors que des logiques chaotiques de tris sanitaires condamnent des milliers de malades âgés, que le chômage explose, que s’effondrent les cours des matières premières, les indices boursiers se réorientent à la hausse. Et pour cause, les banques centrales, généreuses ici, inondent les circuits financiers usant de politiques dites non conventionnelles. Les puissances de l’armement, celles de la finance et de la surconsommation ne sont pas nécessairement les plus attentives aux vies humaines et à l’environnement en toutes circonstances. Ceci n’a rien d’une conjonction fatale d’incapacités ou d’aléas malheureux, mais relève de conséquences logiques de choix intentionnels de l’organisation humaine dominante : le capitalisme financier. Le capitalisme financier a inexorablement absorbé ou neutralisé les démocraties libérales et fait de nombre d’appareils politiques ses agents. Il a achevé sa mise à plat de tous les registres du vivant assimilés à des formes de marchandises, d’opportunités lucratives, santé, éducation, alimentation, loisirs, etc. L’extension des sphères monopolistiques par privatisations, libéralisations, politiques dites d’ajustements structurels dictées par les institutions financières internationales (Banque mondiale, FMI) a anéanti souvent les fragiles velléités transformationnelles des pays faiblement industrialisés. Les écrasements sociaux et culturels résultant de ces politiques brutales et agressives, prennent leur part dans la destinée ambigüe de la jeunesse africaine, circulant trop souvent entre sous-emploi, instrumentalisations interlopes et offre de services de survie. Une spirale véritablement infernale, tant la croissance dans les pays exportateurs de matières premières est peu intensive en emplois, alors que la population en âge de travailler s’accroît. La stagnation industrielle segmente le monde du travail entre opportunités décentes accaparées par une minorité privilégiée d’un côté, et de l’autre, « informel », débrouillardises, criminalisations. Cet ordre global dominé par le capitalisme financier et ses élites centrales et périphériques n’a pas remis en cause, fondamentalement, la colonialité du monde mais s’est nourri d’elle (accumulation primitive), lui rajoutant des servitudes nouvelles (extractivismes). Le Covid-19 rappelle la prégnance des in-souverainetés, des extraversions et dépendances aux visions du monde, productions, institutions extérieures aux vouloirs des Africains. Cependant, affrontant la crise sanitaire, l’Afrique se montre globalement plus résistante et proactive qu’en d’autres domaines. L’impératif d’une transformation générale, cognitive, productive, politique, est bien ce que la grande déstabilisation pandémique porte comme message. Les disparités financières internationales dans l’allocation des stimuli aux économies contrastent avec la perception d’une offre occidentale trop bienveillante d’essais de vaccination sur les populations africaines. Témoignages des asymétries constitutives du monde contemporain ? A la différence du Nord alimenté par profusions monétaires, l’économie confinée au Sud ne signifierait donc pas confinement massif des dettes et intérêts, en particulier pour les Africains télescopés par une crise importée et aux effets probablement durables. La colonialité réécrite par la pandémie aux USA, en Chine, en Europe, en Afrique signe les violences racistes et sexistes, les discriminations et rejets sanitaires dont souffrent les Noirs, les Subalternisés, les classes sociales populaires minorées. L’exemplarité de cette pratique singulière des «droits de l’homme » au cœur de la maladie convoque le contexte historique même de la signature de la « Déclaration universelle des Droits de l’homme » en 1948, en pleine période coloniale. Un appel aux forces endogènes : le temps d’un panafricanisme créatif En dévoilant ce qui avait déjà été vu, dit, répété et … oublié, le Covid-19 avant de prescrire ou de s’offrir en une pré-écriture du futur, convoque un rite collectif « d’ouverture des yeux ». Le monde tel qu’il est, la place de la santé humaine, celle des Africains, mais en arrière-plan, les moyens premiers d’une disruption. D’abord l’appel à l’histoire, vue de l’intérieur avec les paradigmes médicaux et sociétaux qu’elle renferme. En matière sanitaire, les Africains anciens enseignent que la grippe espagnole de 1918 avait durement frappé le continent. Au Cameroun, l’un des premiers romans connus, écrit en langue bulu en 1932 par Jean-Louis Njemba Medou intitulé « Nanga Kon» (Albinos blanc), révèle que la grippe « espagnole » avait massivement décimé les populations, jusqu’à ce que les thérapeutes locaux découvrent un remède efficace à base de plantes. Ce récit illustre l’importance des langues et littératures africaines dans la conservation et l’exploitation des patrimoines sanitaires. L’enjeu des traditions, réévaluées en ressources stratégiques, s’incarne parfaitement dans les médecines autochtones. En ce sens le débat autour du remède malgache appelé CVO-Organics, prend une valeur paradigmatique, puisqu’il remet la question des savoirs locaux, non nécessairement occidentaux, au centre des solutions africaines. Il indique aussi, sans préjuger de ses effets, que l’innovation à partir de l’ancien est possible, le traitement malgache associant des plantes locales à une autre d’origine chinoise, l’artémisia. Face à l’urgence pandémique, plusieurs démarches entreprises de longue date dans cette direction sont révélées au grand public, au Bénin (Apivirine), au Gabon (Fagaricine), au Cameroun (l’archevêque Kleda) entre autres pays. La créativité et l’innovation des peuples s’expriment dans la confection de masques originaux, dans la fabrication artisanale de lavabos portatifs ou de gels hydroalcooliques locaux, ou encore dans des œuvres artistiques à visée préventive. Cette riposte d’en bas des sociétés responsables, déployant une capacité sous-estimée à agir sur leur devenir, répète la leçon intemporelle que toute solution sanitaire ou transformationnelle est et sera généralement d’abord endogène. Ouverte, évolutive mais d’initiative, d’intention, de contrôle souverainement endogènes. Elle sera nécessairement et sans idéalisation aucune, le fait des Africains : scientifiques, professionnels de santé, tradithérapeutes, ingénieurs, entrepreneurs, artisans, politiques, artistes, etc. Cette redécouverte des forces de proximité, si peu valorisées dans les idéologies du développement conduit à une nouvelle inculturation des modernités africaines. Les complexes d’infériorité des générations anciennes tombent peu à peu, les nécessités conduisant chrétiens, musulmans, bouddhistes, et autres adeptes de croyances importées, à assumer en toute clairvoyance leurs savoirs ancestraux. Ce mouvement d’appel aux sources de l’histoire, aux ressources intérieures et à l’innovation est soutenu par de nouvelles formes de mobilisation, transcendant l’espace continental africain. Des collectifs embryonnaires autogènes tracent un trait d’union entre les luttes émancipatrices du continent et celles des diasporas migrantes et afrodescendantes (traites négrières). Ils s’associent ponctuellement sur des causes afro-centrées davantage que sur des statuts. L’affirmation de ces mouvements transcontinentaux réactualise un temps du panafricanisme créatif, moléculaire, distinct sans s’y opposer de celui plus institutionnel des grandes rencontres historiques, ou de l’Union africaine. Ce panafricanisme plus éclaté serait aussi entrepreneurial, intellectuel, digital, disruptif et mobilisé. Il s’enracine autour du primat du partage d’une éthique ubuntu, se référant tant à l’Egypte ancienne (Maât) qu’à la Charte du Mandé et aux sagesses africaines des civilisations référentielles. La nécessité d’un changement générique de paradigme de pensée et d’action, d’un décentrement des imaginaires et d’une provincialisation de l’Europe, est désormais actée par une masse critique d’acteurs panafricains. L’inévitabilité de la critique profonde des pratiques des élites (politiques, économiques, culturelles, ...) s’ancre davantage dans les discours. L’ADN du panafricanisme, solidarité, souveraineté, émancipations et renaissance africaine, appelle à une économie des coopérations, des mutualisations, des circulations, invitant au partage des charges et des produits. Dans le domaine sanitaire et au-delà, de nouvelles avenues enrichissent les possibles sur le chemin d’une rupture d’avec la reproduction des stratégies perdantes d’exportations de ressources non transformées. Les politiques artisanales, industrielles et digitales de nouvelles générations -décarbonation-, pourront être pensées au regard des dynamiques plurielles d’intégration continentale. Les instruments comme l’Agenda 2063 de l’Union africaine, la 6ème région, la Zone de libre-échange continentale, la Charte africaine de la renaissance culturelle, les projets d’intégration monétaire, dans leurs imperfections, offrent les matériaux de base de la transformation panafricaine de l’Afrique. Pour les futurs africains, la pandémie du confinement et de la distanciation appelle ironiquement à son contraire, l’intégration par la circulation et la proximité par la mise en commun, empruntant à la parole tutélaire de Nkrumah à Bob Marley : « Africa [Must] Unite ». Le post-Covid africain devra quant à lui réentendre le juriste sud-africain Pixley Seme annonçant le 05 avril 1906 à New York la régénération de l’Afrique « … une nouvelle et unique civilisation devra bientôt être ajoutée au monde », une civilisation «spirituelle et humaniste ». Par Martial Ze Belinga économiste et sociologue Actualités 25 mai 2020


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