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Nouvelles

Services de communications électroniques: Le gouvernement prône l’identification efficiente des utilisateurs
Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation a été instruite par le Conseil des ministres, ce mercredi 22 avril pour veiller à l’application du décret portant modalités d’identification des utilisateurs de services de communications électroniques en République du Bénin. Pour le gouvernement du président Patrice Talon, l’efficacité du Portail national des services en ligne, est tributaire d’une identification efficiente des usagers. Or, les utilisateurs des services de communications électroniques ont besoin de communiquer, sous le sceau de la confidentialité, certaines informations avec l’intégrateur dudit portail, notamment les codes d’accès sécurisés et les notifications aux clients. Ce faisant, le Conseil des ministres entend combattre les incertitudes et les déviances notées dans l’utilisation des réseaux de communication électronique au Bénin. Conscient des menaces que peuvent constituer celles-ci pour les usagers, le gouvernement a pris sur lui la décision d’y opposer des mesures de sécurisation pertinentes. « L’identification des abonnés Gsm participe de cette démarche et résulte de l’application de la loi N°2017-20 portant Code du numérique en République du Bénin», rappelle le Conseil des ministres. Christian HOUNONGBE Actualités 23 avr. 2020


Lutte contre le Covid-19 au Parlement: Le défi de la distanciation relevé
Les députés ont mis en place une organisation à l’interne de leur groupe parlementaire pour assurer leur participation aux travaux en plénière. Ce qui rend du coup inutile toute proposition relative à la tenue des travaux parlementaires par visioconférence afin de contrer le risque de propagation de la pandémie du Covid-19 au palais des gouverneurs à Porto-Novo. Il est possible pour l’Assemblée nationale de faire tenir ses séances plénières par visioconférence afin de contrer le risque de propagation de la pandémie du coronavirus au palais des gouverneurs à Porto-Novo. Mais l’institution parlementaire devrait débourser près de 200 millions FCfa pour gagner ce pari. L’information a été lâchée par le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, mardi 14 avril dernier, dans ses éléments de réponses aux préoccupations de ses collègues lors de la présentation de son rapport d’activités sur la période allant du 1er octobre 2019 au 31 mars dernier. En fait, tout est parti de certains députés qui sont revenus sur l’interdiction par le gouvernement des rassemblements dépassant 10 personnes. Cette exigence est difficile voire impossible à être respectée par une institution comme l’Assemblée nationale composée de 83 députés et dont certaines de ces décisions doivent être prises à une certaine majorité qualifiée de ses membres présents. L’idée de tenir les séances plénières par visioconférence n’était donc pas mal comme proposition. Un peu comme le fait d’ailleurs le gouvernement qui tient depuis quelques jours ses Conseils des ministres par visioconférence pour éviter tout risque de contamination au Covid-19. L’on se rappelle aussi que le président de la République, Patrice Talon a récemment tenu par visioconférence, une réunion avec les présidents des institutions de la République et la Commission électorale nationale autonomie (Cena), laquelle réunion a débouché sur le maintien des élections communales à la date du 17 mai prochain. Toutes choses qui montrent l’efficacité de la technique de la visioconférence. Seulement, le président de l’Assemblée nationale a estimé ce coût de 200 millions FCfa onéreux et difficile à supporter par le budget du Parlement. Ecart d’un mètre entre députés Surtout qu’il s’agit d’une dépense imprévue. Mais l’Assemblée nationale n’est pas restée les bras croisés. Elle a multiplié les actions pour notamment faire respecter la distanciation sécuritaire d’un mètre à l’intérieur de l’hémicycle comme c’est le cas depuis l’ouverture, mardi 7 avril dernier, des travaux de la première session ordinaire de l’année 2020. Mieux, dans le but de tenir toujours le pari, les députés ont opté, informent certaines sources, pour une présence tournante à l’hémicycle. Ils auraient mis en place une certaine organisation au sein de chacun des deux groupes parlementaires pour que la participation aux travaux en plénière soit faite groupe par groupe ou en tenant compte de la disponibilité de tel ou tel député. De sorte que le Parlement ne se retrouve pas en surnombre de députés de nature à rendre difficile la réalisation de la distanciation sécuritaire d’un mètre. Puisque la capacité technique de l’hémicycle serait au plus de 45 députés si le Parlement doit respecter rigoureusement cet espacement d’un mètre, informent les mêmes indiscrétions. Chaque groupe parlementaire gère la situation à sa manière pour permettre à l’institution parlementaire de ne pas être bloquée et de tourner normalement par ces temps de Covid-19. Bien qu’elle ne soit pas formelle, cette mesure d’usage en interne des groupes parlementaires vient renforcer les nombreuses autres prises par le président de l’Assemblée nationale pour éviter toute contamination au coronavirus au Parlement. Lesquelles dispositions concernent entre autres le respect des gestes barrières à travers la distribution de masques à tous les députés, ainsi qu’aux personnels civil et militaire, l’installation de dispositifs de lavage des mains à plusieurs endroits du palais des gouverneurs et au niveau de ses services annexes et la prise de la température de chaque usager de l’Assemblée nationale. Encadré Assemblée nationale: Trois dossiers sur la sécurité routière en examen ce jeudi Les députés tiennent une séance plénière ce jeudi 23 avril à partir de 10 h au palais des gouverneurs à Porto-Novo. Ils sont invités à examiner trois projets de lois portant autorisation d’adhésion du Bénin à des textes internationaux. Il s’agit du projet de loi portant autorisation d’adhésion à la Convention de 1968 sur la signalisation routière, adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies, le 08 novembre 1968, du projet de loi portant autorisation d’adhésion à la Convention des Nations Unies sur la circulation routière adoptée à Vienne le 08 novembre 1968 et du projet de loi portant autorisation de ratification de la Charte africaine sur la sécurité routière adoptée à Addis-Abeba ( Ethiopie) le 31 janvier 2016. Le sort de chacun de ces trois dossiers sera connu à l’issue de la séance plénière de ce jour convoquée par le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou. Th. C. N. Actualités 23 avr. 2020


Campagne médiatique des élections communales: La Haac fixe les règles et distribue les cartes de presse
A quelques jours du lancement de la campagne pour les élections communales et municipales prochaines, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) a procédé à la remise des cartes de presse aux professionnels des médias. Mais avant, elle a présenté la décision n° 20-022/Haac du 22 avril 2020 portant règlementation de la campagne médiatique pour les élections communales du 17 mai prochain. Dans sa volonté de permettre aux professionnels des médias d’exercer leur mission en toute quiétude lors des prochaines élections communales et municipales, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) a procédé à la distribution des cartes de presse, ce mercredi 22 avril à Cotonou. Invités par Bastien Salami, président de la Commission chargée de la carte de presse, de l’éthique et de la déontologie, des professionnels des médias ont reçu le précieux sésame des mains du président de l’institution et des conseillers. C’est l’occasion pour Rémi Prosper Moretti de prendre l’engagement d’oeuvrer afin que les demandes de délivrance ou de renouvellement de cartes de presse soient traitées avec diligence au Bénin. « Nous allons nous battre pour que la délivrance de cette carte ne connaisse plus de rupture afin que les journalistes qui remplissent les conditions puissent en bénéficier au besoin» a-t-il promis. A l’en croire, après cette cérémonie de remise symbolique, la Haac prendra les dispositions nécessaires pour une distribution effective de cette carte aux journalistes ayant fait la demande dans tous les départements du pays. En marge de cette cérémonie, le conseiller Fernand Gbaguidi a présenté à l’assistance la décision n° 20-022/Haac du 22 avril 2020 portant règlementation de la campagne médiatique pour les élections communales de l’année 2020. Des reportages sur la campagne interdits La Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) a interdit formellement la publication d’articles (reportages et comptes-rendus) sur la campagne électorale. Il est interdit également pendant la période la revue de presse dans quelque langue que ce soit. Selon, le président de la Haac, cette décision est motivée par le fait que les rassemblements et les mouvements de foule sont interdits jusqu’à nouvel ordre dans le pays. Pour lui, la décision parait difficile mais il faut que les médias s’y accommodent surtout en cette période de crise sanitaire. « Nous avons beaucoup échangé sur cette décision et nous pensons qu’il ne fallait pas faire autrement» a-t-il expliqué. Selon le président Rémi Prosper Moretti, pour une campagne égalitaire et équilibrée, il faut des sacrifices non seulement au niveau des partis politiques mais aussi au niveau des médias. Il pense que les médias béninois seront les pionniers de cette nouvelle expérience de campagne médiatique en respectant cette disposition. Le président de la Haac a rassuré les médias qu’une subvention leur sera accordée avec l’aide de l’Etat afin de compenser les manques à gagner qu’aurait occasionné cette décision. « Pour combler ce manque à gagner, il y aura une subvention avec l’aide de l’État, nous vous invitons à accepter de perdre un peu pour de grandes victoires dans le futur» a-t-il conclu. Actualités 23 avr. 2020


Infidélité chez la femme: Dah Agbatchia Gnidjazounnon en parle
Selon la tradition béninoise, l’infidélité de la femme la rend impure. A cet effet, elle encourt la colère des ancêtres et de la divinité "Tôhiyô". Dans certaines collectivités, cet acte est un "péché" impardonnable qui conduit à la répudiation de la femme. Mais dans d’autres clans plus cléments, comme les Hanna, l’adultère est pardonné avec à la clé des rituels d’expiation pour la restauration de la femme. Dah Agbatchia Gnidjazounnon, chef de la collectivité des Hanna de Gnidjazoun dans la commune de Bohicon, dévoile dans cet entretien les exigences coutumières qui engagent la femme adultère. La Nation : De nos jours, l’adultère est de plus en plus banalisé. Selon vous, qu’est-ce qui explique ce phénomène ? Dah Agbatchia Gnidjazounnon: Nous parlons d’adultère chez la femme quand celle-ci entretient des relations extraconjugales avec d’autres partenaires. C’est un problème qui se pose aujourd’hui au niveau de presque chaque foyer et ça dépend des conditions dans lesquelles l’adultère est commis. En principe, la femme doit être éternellement fidèle à son mari. L’adultère, c’est un acte qui est dénoncé et puni dans plusieurs collectivités chez nous. Plusieurs raisons peuvent pousser la femme à commettre l’adultère. Lorsque dans les fiançailles, les deux partenaires n’ont pas fait assez de temps pour se connaître davantage, -si les deux n’ont pas pu faire au moins un an avant de se mettre en couple, ils ne vont pas se connaître correctement. Si le foyer est fondé dans ces conditions, les mauvais comportements commencent par se révéler de part et d’autre. L’homme à des manquements vis-à-vis de son épouse. Cela peut être lié à un problème pécuniaire et la femme commence par négliger le foyer. Il arrive que le mari, par nervosité, demande à sa femme de rejoindre sa famille parce qu’il y a toujours des problèmes dans le foyer. Mais cette séparation de corps n’est pas encore un divorce prononcé. Lorsque l’homme demande à son épouse d’aller rester chez elle et ne lui donne pas à manger ou ne la soigne pas, la femme est obligée d’aller chercher d’autres hommes pour se nourrir. En dehors de ce cas, il y a certaines femmes qui, à cause des difficultés, se donnent, bien qu’étant encore sous le toit conjugal, sans pudeur à des soupirants. Chez vous, dans la collectivité Hanna, comment traitez-vous une femme adultère? C’est une question complexe parce que dans d’autres collectivités, lorsqu’une femme commet l’adultère, la famille ne la reprend pas. Dans la collectivité des Hanna, il y a la divinité ancestrale qu’on appelle "Tôhiyô" qui tolère et demande au mari de bien vouloir accorder à sa femme une nouvelle chance en l’acceptant. Lorsque le mari cocu est d’accord, on soumet la femme à des rituels de purification. Ces rituels sont aussi complexes. Car avant de subir les rituels, la femme adultère doit d’abord se confesser auprès des "Tanyinon" et du "Dah", c’est-à-dire des sages et notables. Elle doit tout avouer et sans réserve. A défaut, les rituels peuvent avoir des répercussions négatives sur sa santé, voire entraîner sa mort. Parfois, ces répercussions peuvent tomber sur sa progéniture et souvent, ce sont des cas de maladies. Quand la femme commet l’adultère et ne l’avoue pas, elle commencera par voir des choses bizarres ou les ancêtres, soit en sommeil, soit bien qu’étant en éveil. Et elle sera obligée de se confesser. Sous l’approbation des deux conjoints, la femme sera purifiée. L’autre exigence, c’est la femme seule qui doit faire face aux dépenses liées à l’achat des éléments nécessaires pour les rituels de purification sans la moindre contribution de son mari, ni de sa belle-famille. A la rigueur, elle peut se faire aider par ses propres parents. Ce sont les "Tanyinon" qui se chargent de lui fournir la liste du nécessaire à acheter. Le jour des rituels, elle doit apporter les habits qu’elle avait portés pour commettre l’adultère aux "Tanyinon" qui vont la conduire au temple de la divinité "Tôhiyô". Ces habits sont distribués aux femmes pauvres de la collectivité. Les Tanyinon sont les femmes d’un certain âge qui réveillent les ancêtres quand on veut faire des libations. Avant de commencer les cérémonies, elles s’assurent que la femme a vidé son cœur sous peine d’être frappée de démence. Et lorsque l’adultère est commis avec beaucoup de soupirants dans plusieurs tenues, que faire ? Elle est obligée de tout ramener parce qu’elle ne doit plus porter ces habits. Les parures, boucles d’oreilles, chaînes et perles. Car le jour des cérémonies, elle sera purifiée complètement, et sa tête et toutes les parties où se trouvent de poils sur son corps seront rasées (les cheveux, les poils du pubis et des aisselles). Donc, c’est une purification. Elle renaît. Et après les cérémonies, aucune femme de la collectivité n’a le droit de se moquer d'elle en référence à son infidélité lors des querelles. Cela est-il sanctionné par vos divinités? C’est bien sanctionné. Si le chef de collectivité apprend ça, la femme qui injurie celle qui a commis l’adultère et qui est déjà purifiée, sera conduite à "Adjalalassa" où elle sera châtiée. Et lorsque la femme au dehors laisse entrevoir, même par inadvertance, ses dessous, est-ce puni ? Là, c’est un peu pardonnable. Car le vrai acte n’a pas été commis. Mais lorsque vous êtes femme mariée et vous laissez par complaisance un autre homme tâter vos seins, vos fesses, vous embrasser, vous faire des baisers, vous êtes obligée de le dire. C’est une sorte d’adultère. L’acte n’est pas commis, mais vous êtes sur le chemin de commettre l’adultère. C’est aussi sanctionné. La preuve est qu’un homme ne doit pas tirer le pagne d’une femme mariée. C’est une tentative d’adultère. Si cela arrive à la femme au marché, en chemin, quelque part, une fois à la maison, elle doit en informer son mari ou le chef de la collectivité. Si elle ne les informe pas et que cela s’accumule, elle n’aura pas la paix. Ça va rejaillir sur ses activités et sa santé. C’est pour cela qu’une femme mariée ne doit pas uriner en désordre. On ne doit pas voir ses cuisses. Elle doit chercher un endroit caché pour uriner. Lorsqu’une femme lettrée épouse un Hanna et porte des mini jupes qui laissent voir son entrejambe, quelle serait la réaction de vos divinités ? En principe, c’est le mari même qui doit interdire cela à sa femme. Lorsque vous êtes femme mariée, il y a votre habillement qui vous différencie des jeunes filles. Lorsque vous êtes régulièrement mariée, vous ne devez pas porter de mini jupe. Quand c’est le pagne que vous nouez, ça doit tomber en dessous des genoux et vous devez mettre un second pagne là-dessus. C’est la vraie femme mariée qui respecte les totems de sa belle-famille. Aujourd’hui, les jeunes se marient en désordre et ne se rapprochent pas de leurs collectivités. C’est généralement les femmes mariées qui ignorent les totems de leur belle-famille qui se permettent de commettre l’adultère. Lorsqu’on vous marie, le premier rituel, c’est de vous présenter aux ancêtres devant leur temple. On leur dit que celle-ci est venue pour leur préparer à manger. Lorsqu’elle prépare pour son mari, ça veut dire qu’elle prépare déjà pour les ancêtres. Les "Tanyinon" profitent de cette occasion pour citer les interdits de la collectivité, les comportements qu’une femme mariée doit adopter pour avoir la paix du cœur et au foyer. Lorsque la personne est d’une confession religieuse qui n’est pas en lien direct avec la collectivité, est-ce que la divinité "Tôhiyô" peut punir à distance? Quand on parle de mariage même s’ils sont des religieux, la loi a prévu que la femme soit dotée. S’ils sont mariés religieusement et leur religion est incompatible avec la loi de la tradition, qu'ils s’éloignent. Il y a certains qui s’entêtent et qui restent dans la collectivité. C’est ça qui est très dangereux. Tu as construit sur la terre des aïeux et tu refuses de participer aux activités de la collectivité, tu seras mal vu et tu seras châtié. Lorsque les enfants et leur mère sont souvent malades dans le foyer, on consulte l’oracle. A travers ce canal, les ancêtres nous dévoilent les causes de ces maladies. L’oracle nous révèle qu’il y a problème dans le foyer et la femme doit se confesser. Cela arrive aussi à ceux qui pratiquent les religions importées et qui se marient en famille. Il y a des choses qui leur échappent économiquement, mais ils ne le savent pas parce que les maris de ces femmes qui sont dans les religions importées se font tellement confiance qu’ils laissent leurs femmes aller n’importe où et à n’importe quelle heure. Or, on ne doit pas autoriser la femme à sortir n’importe comment sauf dans des cas exceptionnels. Dans la société, il y a plusieurs sortes d’esprits. Il y a les bons et les mauvais. Vous faites confiance à votre femme et d’autres fidèles vont la détourner. Il y en a plein qui se plaignent après et qui recourent à la collectivité. Pour avoir la paix réelle, pour éviter les dépenses inutiles après que vos femmes eurent commis des erreurs, les jeunes doivent toujours être à l’écoute et appliquer les règles de la collectivité dont ils sont issus. Combien de fois la divinité "Tôhiyô" pardonne-t-elle la femme qui commet l’adultère ? Ce n’est pas bon de le dire, mais on est obligé de le dire parce que les femmes vont se permettre le vilain luxe de commettre l’adultère. En principe, la femme qui se respecte et qui a de la dignité ne doit jamais faire ça parce que c’est un acte suicidaire. Mais parfois, on oblige les femmes à commettre l’adultère. Lorsqu’elle est enfermée, kidnappée quelque part, elle ne peut rien. C’est à cause de ces cas que la divinité protège et pardonne. Lorsqu’elle est pardonnée la première fois, elle ne va plus jamais chercher à commettre l’adultère une seconde fois. Mais si ça devient récurrent et qu’elle récidive, c’est difficilement que la collectivité va accepter de la purifier. Et c’est une honte pour le foyer. Le rituel d’expiation n’est jamais fait trois fois pour la même femme. Car cela est dangereux pour la femme et son mari. Lorsque la femme commet l’adultère et continue à préparer pour son mari au foyer, quel impact cela aura sur ce dernier ? Si le mari sait que sa femme a commis l’adultère et qu’elle continue d’aller au lit avec lui et de lui préparer à manger, les divinités vont attaquer le mari. Normalement, quand la femme commet l’adultère, pour la paix et la concorde, elle doit le déclarer ou carrément abandonner le foyer ; sinon, c’est très dangereux pour elle-même, pour le mari et les enfants. La femme peut-elle mourir de l’adultère ? Ah oui ! Elle peut en mourir. Si les divinités voient qu’elle a trop exagéré, bien qu’elle soit dans de très bonnes conditions chez son mari, c’est elle qui va ramasser les pots cassés. Mais les femmes cachent tout et continuent de vivre avec le mari comme si de rien n’était. C’est quand les maladies commencent par arriver et que certains esprits commencent par hanter le foyer ou s’afficher à la femme ou au mari que ça intrigue et attire l’attention que quelque chose d’anormal se passe. A partir du jour que la femme déclare qu’elle a commis l’adultère, qu’elle ait cité les personnes ou pas, le mari n’a qu’à commencer par se réserver et ne plus s’approcher d’elle. C’est pour cela qu’il y a des blagues que la femme ne doit pas dire à certains moments lorsqu’elle s’énerve ou lorsqu’elle ne veut pas coucher ensemble avec son mari. Il y a des femmes qui disent qu’elles sont fatiguées et quand les maris insistent, elles lui opposent un refus catégorique en disant qu’elles sont infidèles. Or, c’est une blague, c’est pour empêcher les maris de les bousculer pendant cette période-là. Lorsqu’elles disent ça et que les maris commencent par crier, elles doivent aller se confesser pour dire que c’est plutôt une blague. Devant ces cas, la même cérémonie est accomplie comme si elle était adultère ? Non, puisque là c’est un mensonge pour avoir la paix, pour que les maris les laissent. Or, elles ne doivent pas dire ces genres de blagues parce que les maris ne vont pas considérer ces blagues comme telles. Elles doivent se confesser à leurs maris qui vont rendre compte rapidement aux parents. Ils iront au village s’ils sont à Cotonou ou Parakou parce qu’ils ont besoin de la collectivité en ce temps-là pour tirer les choses au clair. Culture 23 avr. 2020


Couffo/Don de 663 dispositifs de lavage de mains: Renforcer la lutte dans l’administration et les centres d’apprentissage
La préfecture d’Aplahoué et l’Ong the Couffo collaborative appuient le gouvernement dans la lutte contre la propagation du coronavirus. Elles ont offert dans l’après-midi d’hier, mercredi 22 avril à Aplahoué, un important lot de dispositifs de lavage de mains et des masques aux diverses couches socio professionnelles du département. D’un montant avoisinant 12 millions francs Cfa, le lot d’équipements offerts, hier, au département du Couffo, dans le cadre de la lutte contre la propagation du Covid-19, est composé de 500 masques faciaux et de 663 dispositifs de lavage de mains avec 3 500 litres de savon liquide. Les équipements sont allés à chacune des six communes du département pour être installés au niveau des structures et places publiques telles que les centres de santé, les directions départementales, le cantonnement forestier, les mairies et à quelques carrefours. Les établissements scolaires tout comme les marchés et ateliers ainsi que les cours des têtes couronnées, les fermes de grande affluence humaine et les tribunaux de première instance de deuxième classe d’Aplahoué et de Lokossa, n’ont pas été oubliés. La remise de ces matériels s’est déroulée en présence de Rosaline Ahoyo, représentante du directeur départemental de la Santé du procureur général près le Tpi d’Aplahoué, et des proches collaborateurs du préfet. Inédite dans le Couffo, depuis le déclenchement de la lutte contre le coronavirus, cette importante dotation au profit des communautés a été possible grâce à l’appui financier de l’Ong the Couffo collaborative basée aux Etats-Unis d’Amérique. «Ce don vise à appuyer le gouvernement », retient Julien Kankoli, représentant de l’Ong au Bénin. The Couffo collaborative, fait-il savoir, est une Ong qui œuvre pour le bien-être de la famille et des communautés du département voire du Bénin. Son intervention dans le cadre de la lutte contre la pandémie qui défraie la chronique a été suscitée par Christophe Mègbédji, préfet du département. « Le chef de l’Etat a donné des instructions fermes demandant la mise en œuvre des dispositions nécessaires pour contrer la propagation du coronavirus. C’est pourquoi, déférant à ces instructions, nous avons contacté nos amis de l’Ong pour leur demander de venir nous appuyer, nous accompagner », confirme l’autorité préfectorale. Une chose est de se doter du matériel, l’autre est d’en faire un usage efficient en parallèle aux autres mesures préventives édictées. Des mesures que le préfet s’est fait le devoir d’énumérer pour inviter tous ses administrés à les observer, en vue de réduire les risques de contamination. Il n’a pas manqué de marteler que les gestes barrières édictés par le gouvernement sont tous nécessaires pour vaincre le Covid-19. Le préfet et quelques personnalités ont procédé aux démonstrations du bon usage des dispositifs de lavage de mains avant leur remise aux bénéficiaires. Société 23 avr. 2020


Distribution gratuite de moustiquaires imprégnées à Pèrèrè: Deux chefs de villages priés de restituer aux populations des sous indûment perçus
Démarrée depuis mardi 14 avril dernier sur toute l’étendue du territoire national, la distribution des moustiquaires imprégnées d'insecticide à longue durée d’action se déroule non sans quelques anomalies à Guinangourou, dans la commune de Pèrèrè. Ce qui met en cause leur gratuité. Mais déjà, les auteurs de cette situation ont été rappelés à l’ordre par les divers responsables. La campagne de distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action à tous les ménages est en cours sur toute l’étendue du territoire national. Malheureusement, cette distribution est loin d’être gratuite dans deux villages de Guinangourou, dans la commune de Pèrèrè. Il s’agit du village de Sonnon où les populations se faisaient remettre leurs moustiquaires contre 50 F Cfa par coupon. Quant à celles du village de Nannin, elles devraient débourser 100 F Cfa par coupon. C’est ce que les chefs de ces deux villages ont décidé, pour assurer le convoyage des moustiquaires. Mais depuis hier, mercredi 22 avril, le superviseur local du Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp), Dramane Maman, les a priés de mettre un terme à leur pratique. Il leur a également demandé de restituer ce qu’ils ont indûment perçu auprès de leurs populations respectives En effet, sommé par le chef de l’arrondissement de Guinangourou, Alassane Mama Touré, pour expliquer les raisons pour lesquelles il collecte 50 F Cfa par coupon, le chef du village de Sonnon a reconnu que l’Etat a voulu que la distribution soit gratuite. Il a fait observer que c’est jusqu’à Guinangourou-Centre que le ballot de moustiquaires destiné pour son village a été déposé. C’est pour mobiliser les frais de transport pour le convoyage des 10 000 moustiquaires par les taxi-motos, se défend-t-il, qu’il a été procédé à la collecte des 50 F Cfa par coupon. Son homologue de Nannin a fait la même chose. Ce village étant plus éloigné de Guinangourou, il a fixé le montant à 100 F Cfa par coupon. Et pourtant, confirme le superviseur du Borgou pour la distribution des moustiquaires, Augustin Kpémassè, ces frais doivent être assurés par la zone sanitaire de Pèrèrè. Les chefs quartiers, estime-t-il, en sont informés. « Il n’y a pas à collecter le moindre sou auprès des populations », a averti le superviseur. Société 23 avr. 2020


Evolution des prix à la consommation dans la zone Uemoa: La Bceao prévoit une remontée de l’inflation en 2020 et 2021
Les produits alimentaires, notamment les céréales, devraient connaître une hausse des prix en 2020 et 2021, selon la Bceao. Mais l’inflation restera dans la zone de confort pour la conduite de la politique monétaire dans l’Uemoa, si le coronavirus ne dicte pas autrement sa loi. Une remontée de l’inflation est anticipée en 2020 et 2021, dans un contexte de hausse des cours internationaux de produits alimentaires, selon la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Dans son « Rapport sur l’évolution des prix à la consommation dans l’Uemoa en 2019 et perspectives », l’institution projette un renchérissement des céréales locales notamment dans les pays sahéliens enclavés de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). A en croire les économistes, après la forte baisse notée en 2019, les produits devraient coûter un peu plus cher en raison des résultats relativement moins satisfaisants de la production au cours de la campagne agricole 2019-2020. Le taux d’inflation, en moyenne annuelle, dans la zone s’établirait à 0,8 % en 2020 suivant le scénario central de prévision. Il se situerait dans un intervalle de 0,4 % à 1,2 % selon les scénarios baissier (optimiste) et haussier (pessimiste) dans l’ensemble des pays. Et, en 2021, la hausse des prix serait de 1,4 % suivant le scénario central et évoluerait entre 0,7 % et 2,2 %, selon les deux autres scénarios, indique la Bceao. Néanmoins, la hausse des prix en 2020 et 2021 resterait dans la zone de confort définie pour la mise en œuvre de la politique monétaire, précise-t-elle. Seulement, souligne la Bceao, « Les perspectives d’évolution des prix sus-retracées ne prennent pas en compte l’impact du nouveau coronavirus (Covid-19) sur les économies de l’Uemoa». En raison de la pandémie du Covid-19, il peut être relevé une augmentation des prix des produits alimentaires, en lien avec les difficultés d’approvisionnement. Par ailleurs, l’extension de la pandémie pourrait accentuer la baisse du cours du baril de pétrole, les transports et les usines tournant au ralenti. La Banque mondiale, dans son dernier rapport Africa’s Pulse, annonce une profonde récession dans les pays en Afrique subsaharienne. La croissance économique établie à 2,4 % en 2019 pourrait chuter jusqu’à -5,1 % en 2020 dans le pire des cas. La maladie du nouveau coronavirus risque de porter un coup dur aux pays de la zone Uemoa, avec la contraction de la production agricole, entraînant même une crise alimentaire qui se solderait par la baisse des importations de denrées alimentaires du fait du renchérissement des coûts de transaction. Fortunes diverses Le taux d’inflation dans les Etats membres de l’Uemoa s’est globalement inscrit en baisse. Mais la situation varie d’un pays à un autre. Globalement, l’on a noté une baisse du niveau général des prix principalement dans les pays sahéliens enclavés (Burkina, Mali et Niger) et dans une moindre mesure au Bénin en 2019 mais les autres pays ont enregistré une progression des prix au cours de l’année. Le niveau général des prix à la consommation a enregistré une variation moyenne de -0,7 % en 2019 contre 1,2 % en 2018. La hausse de 9,0 % de la production céréalière au cours de la campagne 2018/2019 et la baisse de la demande extérieure dans certains pays, en raison de la situation sécuritaire, constituent les facteurs essentiels de ce repli des prix des produits alimentaires. A noter que les tarifs de la communication ont également baissé tout comme les prix des produits frais. En revanche, les prix des produits pétroliers ont augmenté en 2019. Eu égard aux perspectives, il serait judicieux pour les dirigeants d’anticiper cette crise en songeant à des programmes de protection sociale prévoyant des distributions d’aliments, des dispenses de redevances et autres, afin de venir en aide aux ménages les plus vulnérables. Economie 22 avr. 2020


Chambre des appels de la Criet: La Cour suprême installe le président
La Cour suprême a officiellement installé ce mardi, le président de la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), Cyriaque Dossa, également président de cette juridiction. L’audience solennelle d’installation s’est déroulée au siège de la Criet à Porto-Novo et a été présidée par Ousmane Batako, président de la Cour suprême. La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) est désormais en place. Elle est officiellement opérationnelle depuis ce mardi avec l’installation de son président, Cyriaque Dossa, également président de la Criet, nommé par décret n°2020-206 du 11 mars 2020. L’audience solennelle d’installation a été présidée par le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko. Occasion pour celui-ci de féliciter le président de la République, Patrice Talon pour son sens d’écoute. Selon le président Ousmane Batoko, le chef de l’Etat a été sensible aux critiques et autres observations portées par certaines personnes et même des acteurs de la famille judiciaire contre la loi sur la Criet dans son ancienne formule avec impossibilité d’appel de ses jugements pour les parties. Le président de la Cour suprême se réjouit que l’idéal du double degré de juridiction, soit consacré avec l’avènement de la loi n°2020-07 du 17 février 2020 sur la Criet créant désormais une chambre de jugement et une chambre des appels. Il estime donc que c’est une nouvelle ère qui s’ouvre ainsi pour la Criet. Bien qu’il s’agisse de la même personne dans la même juridiction,le personnage, le cadre et le contexte juridique ont totalement changé, observe Ousmane Batoko. Ce qui appelle forcément à de nouveaux défis. C’est pourquoi, le président de la Cour suprême a prodigué de sages conseils à Cyriaque Dossa pour la réussite de sa mission. Il l’a conseillé surtout à avoir de la science, de la sagesse et du courage. Cyriaque Dossa, en tant que président de la chambre des appels et président de la Criet doit relever plusieurs défis, dont celui de corriger les erreurs judiciaires des juges de la chambre de jugement. Le président de la Cour suprême n’a pas manqué de rappeler l’impartialité et la crédibilité qui caractérisent l’office du juge. Ousmane Batoko a invité le président de la chambre des appels à ne jamais perdre cela de vue afin de rendre des décisions exemptes de tout préjugé où ne doit être suspecté ni le juge ni le politique. La crédibilité et la prévisibilité dans l’office du juge en général et du juge d’appel en particulier doivent être de mise, rappelle Ousmane Batoko. Un expert hors pair Il a conseillé à Cyriaque Dossa d’être toujours du côté du droit et de la justice. Il faut qu’il concilie aussi sagesse et humanisme dans le maniement de la redoutable arme qu’il détient à savoir juger ses semblables. Mais le président de la Cour suprême dit n’avoir aucune crainte par rapport à Cyriaque Dossa sur qui le choix a été encore porté pour poursuivre la mission qu’il a commencée depuis son installation en août 2018. Mais avant le président Ousmane Batoko, c’est d’abord le procureur général près la Cour suprême, Onésime Madodé qui a pris ses réquisitions. Il a félicité aussi le président de la Chambre des appels de la Criet pour la confiance renouvelée placée en lui. Le procureur général près la Cour suprême estime que cette nomination n’est pas le fruit du hasard. Elle est plutôt celui du mérite de Cyriaque Dossa nanti d’un doctorat en droit privé en sciences criminelles. « Cyriaque Dossa est expert dans la quasi-totalité des matières relevant de la compétence de la Criet », vante le procureur général près la Cour suprême. En dehors des qualités intellectuelles et morales du président de la chambre des appels de la Criet, Onésime Madodé salue par ailleurs ses engagements au service d’une justice de qualité. Le procureur général près la Cour suprême a invité Cyriaque Dossa à maintenir le cap avec la même foi et la même détermination pour le renforcement de la Criet dans l’organisation judiciaire au Bénin. Ce n’est qu’à ce prix que les justiciables encore sceptiques seront rassurés de l’intérêt et de l’importance de la Criet dans la promotion de la bonne gouvernance et du développement au Bénin, requiert Onésime Madodé. Encadré Plusieurs autres magistrats de la Criet installés Aussitôt investi de sa mission, le président de la Criet, Cyriaque Dossa a présidé, à tour de rôle, l’audience d’installation des conseillers assesseurs de la chambre des appels, du président de la chambre de jugement de la Criet, du président de la commission d’instruction et ses conseillers assesseurs puis des 2e et 3e substituts du procureur spécial près la Criet. Tous les magistrats concernés ont été nommés dans le décret n°2020-206 du 11 mars 2020. C’est dire que la machine de la Criet est désormais bien huilée pour plus d’efficacité dans sa mission n Th. C. N. Actualités 22 avr. 2020


Deuil dans la famille des artistes: Le chanteur Ambroise Akoha tourne dos à la scène
Le guitariste et parolier Ambroise Akoha alias Jukko n’est plus. L’ancien sociétaire de l’orchestre Bcb et de « Gnonas Pedro et ses Dadjè » a cassé sa pipe, ce mardi 21 avril des suites d’une longue maladie. Il ne dansera plus le Djodjoklidjo, son rythme de prédilection et de joie. Souffrant depuis plusieurs mois, Ambroise Akoha a tiré sa révérence, ce mardi 21 avril, créant une perte énorme dans l’univers artistique béninois. Le guitariste, auteur, compositeur et chanteur, ex-sociétaire de l’orchestre Bcb et de « Gnonas Pedro et ses Dadjè» tourne ainsi définitivement dos à la scène. Apôtre de la paix, de l’unité nationale et du développement, l’illustre disparu laisse derrière lui une longue carrière de cinq décennies riche de plusieurs chansons célèbres d’amour, de paix, de réconciliation. « Unissons-nous pour le développement de notre pays… Œuvrons tous pour la paix, la réconciliation et l’amour », prônait-il dans son morceau Unité nationale qui tourne en boucle sur les chaînes de radiodiffusion et de télévision pendant les périodes électorales. Cette chanson résonnera pendant longtemps comme un hymne, une invite à la culture de la paix et de la concorde nationale à l’endroit de la classe politique et de toute la jeunesse béninoise. Les mélomanes d’un certain âge se souviennent de son duo alléchant avec Zeynab Habib dans Sokèmi. Mais le début de la véritable carrière d’Ambroise Akoha remonte aux années 70 et 80. Le public mélomane a découvert le jeune talent à Bohicon en 1971, avant qu’il ne fasse exploser tout son talent de soliste et d’accompagnateur dans le groupe musical de « Gnonas Pedro et ses Dadjè» entre 1975 et 1977 à Cotonou. Puis, il devient membre fondateur du célèbre orchestre de la Banque commerciale du Bénin (Bcb), créé aux temps forts du régime marxiste-léniniste. Lui et ses compères Bluecky d'Almeida, Danialou Sagbohan, Oscar Kidjo, Célestin Migan, Célestin Gbedjinou travaillaient la journée dans la banque d’Etat et officiaient sur scène le soir. Ambroise Akoha y était comme soliste et compositeur. Ses talents d’arrangeur sont également connus et exploités par des artistes de sa génération. Solo Insatisfait, Jukko décide de sortir son propre disque pour faire valoir toute sa capacité de composition, sa voix accrocheuse et son talent d’instrumentiste. « Ambroise Akoha, c’est une voix, mais c’est aussi et surtout le rythme et la nuance, c’est avec égale aisance qu’il passe du Djodjoklidjo au slow, du Reggae au Makossa… », lit-on sur ce premier album « Spécial » de « Grande variété musicale » produit par un certain Hubert M. Houégban. Avec ses morceaux Pas faire l’important, Djodjoklidjo, Nuwamè vivi nou kinto, You make me cry, My mother, exécutés avec les regrettés Antoine Agoligan, Miguelito et Dam Suggu au chœur, l’artiste était annoncé comme un « chanteur d’avenir ». Et même s’il n’a pas connu une grande carrière internationale, il a su tenir son rang de pionnier dans la musique moderne béninoise, à travers ses chansons qui resteront quelque peu des classiques et des repères pour la jeune génération. Culture 22 avr. 2020


Dr Pierre M’Pélé, ancien représentant de l’Oms au Bénin: « Ne faisons pas du Covid-19 une maladie honteuse... »
L’Afrique subit aussi les affres du Covid-19 bien qu’elle soit moins touchée par le virus. Pour l’instant, l’horizon n’est pas encore dégagé même si les gouvernants multiplient les efforts pour vaincre le mal. Dr Pierre M’Pélé, ancien directeur régional de l'Onu Sida pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre et membre du Groupe Afrique-Cellule coronavirus Académie nationale de médecine, France, évalue les dispositifs de riposte du continent africain et évoque les pistes de sortie de crise sanitaire tout en tenant compte de la dynamique de l’épidémie. La Nation : Comment voyez-vous la situation de l’Afrique face au coronavirus, aujourd’hui et demain ? Pierre M’Pélé : La situation en Afrique? Nous n'en sommes encore qu’au début de l’épidémie à Covid-19 en Afrique sub saharienne. Certains pays déclarent une augmentation quasi quotidienne de nouveaux cas, du fait de l'amélioration de la qualité des mesures de détection et de surveillance mises en place et un niveau de tests en nette progression. Le cap des 20.000 malades et 1.000 morts est franchi en Afrique. L’Afrique du Sud est largement en tête aujourd'hui avec plus de 2000 cas et pour les pays comme la République démocratique du Congo, le Cameroun, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Niger et le Nigeria, on note une augmentation régulière du nombre de malades. Nous pouvons aussi nous dire que ces chiffres ne reflètent pas la réalité de la situation du fait du nombre limité des tests disponibles et réalisés mais aussi et surtout du nombre important de personnes contaminées qui restent asymptomatiques, c’est-à-dire ne présentant aucun signe de la maladie. Notre observation est que l’épidémie progresse lentement mais sûrement, qu’elle se généralise dans les villes, les grandes capitales notamment, où les premiers cas ont été décrits comme importés d’Europe. En effet, les premiers cas notifiés ne concernaient que les voyageurs : responsables politiques, cadres supérieurs des administrations publiques et du secteur privé, commerçants, et aussi des milliers d’Africains rentrés pour fuir l'épidémie qui sévit en Europe. La contamination locale se développe à travers les clusters intrafamiliaux, intra-domiciliaires qui amplifient donc la propagation du virus. Ce qui nous laisse penser qu’une épidémie active est en train de se développer sur le continent noir. La situation de demain sera celle que nous voudrions. Elle dépendra de mesures et de stratégies efficaces, adaptées à la situation de chaque pays, que nous mettons en place aujourd’hui. Si les bonnes décisions politiques et multisectorielles ne sont pas prises au bon moment, si elles ne s’appuient pas sur l’éclairage d'experts pluridisciplinaires, nous sommes à risque d'épidémie massive. La réponse de l'Afrique se doit d'être adaptée en tenant compte de la dynamique de l’épidémie et de l’évolution des connaissances scientifiques sur le virus, la maladie et l’épidémie. Faut-il encore souligner que les politiques qui bafouent les libertés et les droits humains, centrées sur la peur sont contre-productives. Ne faisons pas du Covid-19 une maladie honteuse par la stigmatisation des malades. Cela n’aura comme conséquence que des malades qui se cachent, et c’est un danger quant à la dissémination rapide du virus dans les communautés. Dans ce combat, il nous faut protéger et équiper les professionnels de santé,qui doivent être en première ligne afin qu’ils assument avec motivation et responsabilité la mission qui est la leur. Quelle chance pour le continent de s’en sortir et quelles stratégies les Etats peuvent-ils mettre en place pour mieux répondre à une épidémie de grande ampleur ? Il nous faut tirer les leçons des épidémies et des réponses apportées en Chine et dans les autres pays asiatiques et surtout plus proches de nous en Europe. Personnellement et avec humilité, je demanderais aux gouvernants d’appliquer la stratégie" 3M-T-I ". M comme Masque avec une utilisation par tous, M comme Mains, se laver les mains le plus souvent possible et pourquoi pas jusqu’à dix fois par jour ou plus, M comme Mètre, un mètre ou deux mètres de distanciation physique entre les individus. Les 3 M, comme tout le monde le sait maintenant, visent à éviter pour chacun d'être contaminé ou de transmettre le virus à son vis-à-vis. Le T est pour Test. Il est urgent que les pays africains s’engagent à offrir le plus grand nombre de tests possible pour diagnostiquer les cas de Covid-19, ouvrir des possibilités de dépistage volontaire dans les formations sanitaires, avec les malades hospitalisés ou en ambulatoire afin de dépister les cas contacts et donc mieux les suivre pour améliorer la gestion des flux. Le test garantit le I comme isolement : une quatorzaine ciblée et efficace afin de stopper la chaîne de transmission. L’application de la stratégie des 3M-T-I doit être associée non pas au confinement total des populations comme en Chine, en France, en Italie ou en Espagne mais à des stratégies adaptées aux différents contextes politiques, socio-économiques, sanitaires et culturels de chaque pays. La stratégie complémentaire de cordon sanitaire appliquée au Bénin par exemple, est bien pensée, adaptée,et garantit une certaine flexibilité pour la gestion d'une éventuelle épidémie généralisée et surtout évite pour le moment, des conséquences économiques et sociales fâcheuses et contre productives contre ce virus. Il faut ajouter que l’information et l’éducation des populations est une composante essentielle des plans de riposte. Les populations doivent être considérées comme les acteurs majeurs de cette « guerre » contre le coronavirus. Cette sensibilisation des populations sera renforcée par les stratégies de marketing social et de changement de comportements, pour une meilleure utilisation des dispositifs et des pratiques de prévention. Quelle doit être la contribution des Africains dans le cadre de la riposte ? La maladie du Covid-19 est un problème mondial de santé publique « une pandémie », un problème médical sérieux qui mérite une réponse globale. Il est légitime que l’Afrique y contribue d’abord en évitant une épidémie massive sur le continent, au travers des réponses locales et nationales. Que nos cliniciens, virologues, épidémiologistes, anthropologues, sociologues et autres experts s’engagent à de meilleures descriptions et compréhensions du virus, de l’histoire de la maladie et de l’épidémie, des interrelations médicales, sociologiques, économiques, culturelles et environnementales. C’est à ce prix que nous allons bâtir et adapter notre réponse efficace pensée localement et tirant profit des connaissances et des expériences internationales. Nous pourrions alors partager nos connaissances avec les autres et ainsi apporter notre pierre à l'édifice de la lutte contre le coronavirus au niveau mondial. Quels sont les défis post épidémie ? On doit bien sûr commencer à y penser, parce qu’il faut être optimiste. Nous allons nous en sortir. Il faut croire en l’Homme, à son instinct de survie et surtout à l'intelligence collective. Nous ne sommes peut-être qu’au début de l’épidémie en Afrique, faisons appel à toute notre intelligence, toutes nos énergies à y répondre et puis déléguons cette tâche « post épidémie » à une task force multidisciplinaire et multisectorielle qui va suivre l’impact de l’épidémie sur les différentes composantes de la société. Cette task force devra étudier et préconiser les différents scenarii de « sortie de crise», un vrai "think tank" en appui aux gouvernants pour le retour à la normale qui est un réel défi comme on l’observe en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique. Actualités 21 avr. 2020


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