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Nouvelles

Don de la Fondation Jack Ma / Prévention du Covid-19: Le Bénin reçoit d’importants équipements sanitaires
Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a réceptionné, samedi 28 mars dernier, du matériel de prévention contre le Covid-19 à l’aéroport Bernadin Cardinal Gantin de Cotonou. C’est une marque de sollicitude de la Fondation chinoise Jack Ma, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Vingt mille kits de dépistage, cent mille masques faciaux, mille uniformes médicaux de protection avec écrans faciaux..., ce sont les équipements sanitaires réceptionnés par le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin. Il était accompagné de son homologue de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni. Ces équipements médicaux, arrivés samedi dernier par Ethiopians Air Lines, sont un don de la Fondation chinoise Jack Ma. En effet, la Fondation Jack Ma a entrepris d’aider tous les pays africains dans la lutte contre le Covid-19. «Ces équipements vont appuyer la riposte organisée aussi bien pour ce qui est du diagnostic que pour la prise en charge des patients qui sont sur le site de prise en charge. Les masques vont également servir pour la protection du personnel sanitaire qui travaille sur le site et dans les centres sanitaires», a renseigné Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé. A l’occasion de la réception desdits équipements, il a exprimé toute la reconnaissance du Bénin à la Fondation Jack Ma qui fait œuvre utile. «Nous remercions la Fondation Jack Ma et la République populaire de Chine qui est sans doute associée à cette initiative. C’est l’occasion de lancer encore un appel à la solidarité entre les peuples...», a déclaré le ministre de la Santé. C’est aussi le lieu de saluer la décision du gouvernement de laisser ouvert notre espace aérien. Comme vous pouvez le constater, c’est le vol commercial de Ethiopians Air Lines, qui vient une fois par semaine, qui nous a permis de recevoir ces équipements de soutien. J’invite donc la population à faire confiance au gouvernement», a-t-il conclu. A noter que le Chinois Jack Ma est le président directeur général du groupe Ali Baba. Actualités 30 mars 2020


Lutte contre le Covid-19: Don de la Jama’at islamique Ahmadiyya au ministère de la Santé
Pour soutenir les efforts du gouvernement dans le cadre de la prévention du coronavirus, la Jama’at islamique Ahmadiyya Bénin, fidèle à sa vocation sociale et humanitaire, a fait un don de matériel au ministère de la Santé, jeudi 26 mars dernier. Constitué de 15 cartons de gants en latex pour un total de 15 000 pièces et 18 cartons de masques jetables pour un ensemble de 900 pièces, ce don est destiné aux structures œuvrant dans le combat pour la non-propagation du Covid-19 au Bénin. La cérémonie de remise du don a eu lieu dans les locaux du ministère de la Santé en présence du directeur des Infrastructures et Equipements médicaux, Laurent Houndéton qui a reçu officiellement les matériels des mains de Qamar Ahmad, président et chef missionnaire de la Jama’at islamique Ahmadiyya Bénin. Isidore GOZO (Stag.) Société 30 mars 2020


Cultes et rituels vodoun: Une entité spirituelle qui résiste au temps
Que représente encore aujourd’hui le culte des vodoun en terre séculaire du vodoun, le Bénin ? Quels en sont les rituels initiatiques et la pratique face aux exigences de l’ère moderne ? Emanation de faits et forces de la nature ou incarnation d’ancêtres par un autel, les divinités du panthéon vodoun sont des puissances immatérielles qui forment un ensemble rigoureusement organisé. Elles ont encore de nombreux adeptes de nos jours qui leur vouent toute leur existence. Il y a des vodoun qui incarnent des forces ou des données de la nature et dont les principaux sont Hêviosso, déité du haut symbolisé par la foudre qui se manifeste pour châtier les contrevenants aux conventions civiles ; Sakpata, déité de la terre qui punit par la variole. Réputé pour sa lutte contre les mauvais esprits, il en existe plusieurs variétés dont Dassa Holou qui loge dans les grottes. Et que dire de vodoun Lôkô, incarné dans l’arbre éponyme... De vodoun Dan, matérialisé par le serpent et symbole de la continuité de la vie en raison de ce qu’il apporte grâce et félicité, selon le praticien Togbé Dansi… ? Lissa est symbolisé par le caméléon et incarne la création et la procréation; lègba est le symbole même de divinité priapique. Il y a aussi les déités ancestrales, comme Akplo, ancêtres divinisés liés aux clans et lignages, les hennu vodoun comme on dit en fongbé, à l’instar de Siligbô, guerrier et compagnon d’Adjahouto. C’est le cas de Ohwèè ou de Dhikouin, c’est-à-dire le ‘’fossoyeur de clan’’, redoutable vodoun auquel n’adhèrent que ceux qui sont nés dans le patrilignage et initiés à son culte à l’instar de Tchaba. « Si dans votre famille, il y a un parent qui a adhéré à la divinité Tchaba, il intègre le cercle familial toute votre vie », renseigne Albert Sehonou Hounon Hounmambou Apougnon, prêtre en chef d’un couvent à Dogbo dans le Couffo. Il est question de vodoun du haut, d’eau, de terre, etc. Selon Abdou Serpos Tidjani, ethnologue et spécialiste du sujet, « il n’y a pas une hiérarchie admise par tous, mais chaque localité, voire chaque famille a sa façon de classer les dieux ». Sur ce registre, on a vodoun Aguè qui représente l’homme et dont la particularité reste son incarnation en brousse. Ses adeptes l’identifient à l’initiateur des hommes de pouvoir. Quant à Dahossu et Daa Gnidohouèdo, c’est le vodoun arc-en-ciel, mâle et femelle, déité favorisant la richesse tout comme Dan djênon Tohossou, lui, est associé au bonheur à l’instar de vodoun Aliho qui donne le succès. Les déités d’eau comme Mami sont associées à la même félicité. Il s’agit d’Apouké, Houègnon, Houéfa, Doudou et beaucoup d’autres comme mama Babé, mami Aicha, mami Ablo…Nous avons aussi les vodoun de la protection et défenseurs des opprimés. Adjakpa matérialisé par un crocodile est un défenseur redouté, et Segbé intervient en protecteur. Idem pour Lissa qui lutte contre les mauvais sorts. Sur ce registre, le plus illustre reste Hêbiosso. Quant à Thron Kpéto Déka, il se fonde sur presque toutes les divinités. Caractères Selon les pratiques du culte, les moments choisis pour la dévotion, le type de recrutement des adeptes, les rituels pratiqués, une déité se distingue de l’autre. En ce qui concerne les rituels liés à Sakpata, par exemple, il faut d’abord initier la personne selon les problèmes qu’elle rencontre. Sakpata est féru de pintades, de béliers et de poulets. Les vodoun se distinguent aussi par les cérémonies sacrificielles qui leur sont dédiées : certains peuvent être abreuvés de sang d’animaux, mais pas toujours de même race. Ainsi, un vodoun peut prendre du sang de cabri tandis que l’autre n’accepte que celui de chèvre. Il y en a qui n’intègrent pas du tout l’usage du sang. Une divinité peut agréer l’alcool et l’autre se montre irascible à son propos. Ce qui implique que parmi les divinités, il y en a qui ne peuvent naturellement pas cohabiter. Chaque divinité a sa couleur et ses interdits. A en croire Hounon Lokovi Kokou exerçant à Lobogo dans le Mono, il faut s’abstenir de faire du mal à autrui lorsqu’on est adepte de Thron, car alors aucune des doléances formulées par l’adepte ne sera exaucée. Aussi, comme interdit, il faut se garder de prendre de l’alcool ou d’avoir des relations sexuelles avant de sacrifier à ses rituels. La divinité Thron Kpéto Déka Alafia, outre le cola, valide aussi tout sacrifie de cabri et ne boude pas quand on l’asperge de parfum. Réputée pour ses capacités de guérison et pour apporter du bonheur à ses adeptes, le Fâ est central dans son culte. S’appuyant sur plusieurs divinités comme Dan, Hebiosso, Mami et autres, elle s’accommode bien aussi des prières musulmanes. Mais il faut également faire preuve de probité lorsque l’on en est pratiquant : « Lorsque tu es correct avec cette divinité, elle te sera très reconnaissante», avance Hounon Lokovi Kokou, selon qui « Tous les matins, nous faisons la consultation du Fâ pour savoir ce qui s’est passé la veille, sauf lundi et vendredi ». Cette consultation permet de savoir, explique-t-il, si tel fétiche est en courroux, si tel autre a besoin qu’on lui consacre un rituel. Les adeptes sont liés par le hun, qui signifie en fongbé à la fois le sang dont certaines divinités sont nourries, et secret entretenu du reste dans tout couvent, quelle qu’en soit l’obédience…le hunsi, adepte, est donc l’épouse du secret de la déité vénérée. Le culte d’un vodoun implique une grande dévotion et à tout le moins une grande célébration annuelle, le hunhwe dahoo. C’est l’avis de Agassa Guèdehounguè, président de la Communauté nationale du culte vodoun du Bénin (Cncvb-Racine). Il a fallu des problèmes, de santé et d’ordre professionnel, pour qu’enfin Albert Sehonou Hounon Hounmambou Apougnon se plie à ce qu’il qualifie de « son destin », « de la décision de ses ancêtres » qui l’ont choisi pour perpétuer la tradition. Il n’aura pas eu le choix, en définitive car les divinités, ont provoqué des situations de choc pour l’amener à les épouser. Initié au Thron en 2002, puis à d’autres divinités en 2010, son parcours initiatique l’a envoyé à Lomé, au Ghana, puis à Cotonou. Mais étant en fonction, son initiation n’aura duré que trois mois, contrairement à d’autres qui y font des années. Pièces chorégraphico-musicales Selon l’ethnologue Rouget, le rituel est « l’art de gérer le temps et l’espace à travers des sons et des gestes tout imprégnés de valeur symbolique ». Les rituels consacrés dans le panthéon vodoun sont pratiquement musicaux. Dans la plupart des couvents vodoun, chants, danses, et paroles sont des composantes essentielles. C’est dire que point de culte vodoun sans musicalité d’où d’ailleurs les liens ténus entre cultuel et culturel. Dans le sérail vodoun, ''musiquer'', c’est faire, selon une formule célèbre. Car tous les rituels sont liés à la production d’une musique vocalisée dont le répertoire est remarquable par sa diversité, étant donné la pluralité des déités. Chants et danses, en soi, constituent des rituels. Il s’agit de chants et rythmiques frappés ainsi de sacrés, car ne devant être ni galvaudés ni utilisés pour des activités ludiques. Certains sont faits d’une alternance vocale, déclamés, porteurs d’une extraordinaire intensité émotionnelle. Quand bien même, certes, c’est un art, la chorégraphie et l’harmonie, les incantations et prières adressés aux divinités, sont d’une rare qualité musicale. D’où ces chants ne sont-ils radiodiffusés ou utilisés à des fins commerciales. Pour en entendre, il faut être admis dans le sanctuaire vodounxwé ou hunxwé, c’est-à-dire le couvent, ou pénétrer l’enclos du secret, le hunkpamè, autrement dit la demeure des novices. Exemple du Kpèdido gaa, la longue action de grâce prononcée strictement a capella matin et soir, c’est-à-dire par émissions vocales, notamment par les novices de Hêviosso ou de Gou, accompagnée de battements de mains. Rituel exécuté suivant une rythmique donnée et sans chanter, genoux pliés, poitrine rentrée, tête dirigée vers le sol, pour des invocations. Véritable ascèse musicale faite de clochers, de hochets, de fer, de tambours. Danse chantée ou chant dansé, la musicalité est aussi présente dans le prononcé de l’oraison ou Odè. La transe joue aussi un grand rôle, à travers ce qu’il convient d’appeler le culte de possession caractéristique de certaines divinités, en général celles dites de lignages. Les danses vodoun, sous les rythmes de tambours en bois ou en poterie, revêtent plusieurs formes. Amples mouvements de bras et de jambes chez certaines vodounsi, dansant en file circulaire, tandis que d’autres évoluent en escadron ou en soliste. Avec en prime, des mouvements d’épaules d’avant en arrière, de même que les bras, tendus ou pliés, et les mains tantôt ouvertes, doigts écartés, parfois serrés, poings fermés, dans une cadence mesurée, sans frénésie…Des pas de danse, mais aussi tout un gestuel des épaules ; des postures chargées de symboles que seuls les initiés peuvent déchiffrer. Danser pour une vodounsi, c’est l’occasion ou jamais de se distinguer, de montrer ses talents de danseuse et aussi sa dévotion ou la puissance de sa déité. C’est le cas des vodounsi qui miment le geste de la panthère qui attrape sa proie, passant parfois à l’acte avec une poule qui tient lieu de proie, dont elles broient le cou et boivent le sang ! Initiation L’initiation des yehouéssi, adeptes du vodoun répond à des normes. L’adepte vodoun admis au noviciat, nait de nouveau, hunsi yoyo ou hunsi kpokpo. C’est d’ailleurs une vocation des rituels initiatiques vodoun, à savoir selon la maïeutique, faire naître de nouvelles personnes…L’initiation est une succession de rituels pouvant durer de quelques mois à plusieurs années selon les déités, et qui contraint le novice à la réclusion. Il y a des rituels à l’entrée en réclusion, pendant et aussi avant la sortie. L’initiation commence par l’apprentissage de la langue secrète, puis l’entrainement aux chants et danses propres au noviciat, aux secrets de culte… Outre les tabous, us et diverses pratiques liés à la déité épousée, le novice apprend effet au couvent le hungbé, la langue secrète ou langue vodoun. En régime internat, le hunsi yoyo se familiarise avec certains secrets, se livre à de menus travaux et cuisine, apprend, outre les chants, par exemple à tisser ou à faire des nattes…L’apprentissage initiatique dispose également à une grande maitrise de soi, à un rigoureux contrôle de sa personne tout entière…Au terme de la réclusion, les scarifications et autres sont faits puis c’est le grand rituel de sortie comportant plusieurs épisodes et s’étendant sur plusieurs jours, explique Cafui Ahouangassi, grand praticien. Il est sanctionné par la proclamation du nouveau nom dont est baptisé le hounsi yoyo, des sacrifices, ahan didan et ahan wiwlé, et l’incontournable danse, mettent fin au noviciat…Petit à petit, le novice est rendu à la vie ordinaire, suite à la cérémonie de lever définitif d’interdit qui le consacre vodounsi. Autres temps, autres mœurs L’autre composante essentielle des déités vodoun, ce sont les parures, partie intégrante des rituels. L’habillement des vodounsi varie d’une divinité à l’autre, et en fonction des types de rituel, marquant la particularité de chaque vodoun. Masques de perles, Longs colliers ou autres parures de cauris, caractérisent certains. Ample jupe volante signale les adeptes de Sakpata. Serre-tête croisé en tissu ou orné de plume, bonnet et masque en rideau de cauris, pagne blanc, masque de feuille fait en raphia frais, distinguent d’autres vodounsi. On retrouve chez beaucoup, des colliers, bracelets en métal contenant un petit grelot bruissant à chaque pas et rythmant ainsi la marche. Quand ce ne sont pas des sautoirs en filières de cauris, les scarifications permettent de faire le lien entre la plupart des vodounsi et les vodoun. Cependant, le recrutement des novices se raréfie de nos jours, selon plusieurs prêtres et prêtresses. Le temps de réclusion est de plus en plus court en raison des exigences du monde moderne. Plus de réclusion sur de longues années, loin des familles, qui restaient sans nouvelles d’eux. Il est peu courant de nos jours aussi, que les novices, notamment de Hêviosso, subissent le rasage partiel de leurs cheveux comme naguère, coupe indiquant qu’ils sont au début de leur noviciat. N’existe plus vraiment, non plus, la pérégrination des novices de marché en marché en quête de nourritures et de dons. On ne saurait jurer non plus que la sortie des novices comme autrefois, mobilise encore beaucoup de monde et suscite la même intensité d’émotion et d’enthousiasme. Culture 27 mars 2020


Daniel Lonmadon: Success-story d’un exploitant agricole devenu maire
Dans le secteur agropastoral, Daniel Lonmadon est devenu incontournable au Bénin et en Afrique de l’Ouest. Dans l’élevage et surtout la commercialisation des ovins, bovins, et caprins, il impose son dynamisme pour faire de la filière, une véritable source de richesse. A Adjahonmey, arrondissement de Klouékanmey, Daniel Lonmadon doit sa renommée à la production agricole, à l’élevage et à la commercialisation des ovins, bovins, alevins et caprins. Trente-cinq années déjà qu’il s’investit dans le secteur agro pastoral. Son champ d’action s’étend sur un périmètre de 75 hectares, avec un chiffre d’affaire mensuel s’élevant à des dizaines de millions de F Cfa. Pour celui qui a commencé son activité à partir de rien, l’ascension laisse le visiteur pantois : « plus de 200 têtes de bovins et caprins, plus de 45 hectares de teck, des centaines de têtes de volaille et d’autres hectares destinés à la production agricole et du piment sec». A la ferme d’élevage et de boucherie (Ferbe), la principale d’Adjahonmey, les animaux sont élevés en plein air sur une surface enherbée. L’abreuvement des bœufs se fait sur place à l’aide de petites retenues d’eau. Un système d’irrigation est installé sur deux hectares au profit des vaux et moutons en temps de sécheresse. Des centaines d’agents sont mis à contribution sur le site, pour faire de l’agropastoralisme, une filière porteuse. C’est avec fierté que Daniel Lonmadon évoque sa contribution au développement. « J’ai participé à la formation des ressources humaines de ma localité et embauché plusieurs travailleurs. Aujourd’hui, Adjahonmey est la première localité, en matière d’élevage de bœufs dans la commune d’Aplahoué», vante-t-il. Sa ferme est présentée comme la ‘’pionnière en Afrique de l’Ouest’’. Pourtant, rien ne le prédestinait à un tel niveau. Ses débuts n’ont pas été un long fleuve tranquille. « La nuit, j’allais à la frontière bénino-nigériane pour acheter des produits pétroliers que je venais livrer à Cotonou. J’en faisais de même à Lomé en vue de la commercialisation des sacs et tissus. C’est ainsi que j’ai pris goût au commerce», relate-t-il. Il tourne cette page et se lance en politique avec les bénéfices engrangés. Conseiller à la première mandature du Conseil économique et social (Ces), puis membre du Conseil d’administration de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), il dépose le tablier quelques années après pour se lancer dans la contrebande en 1985. Mais mal lui en a pris. « La douane a saisi mes marchandises six fois dans la même année. La première fois, j’ai payé plus de neuf millions de francs Cfa. Les autres fois, cinq cent mille francs Cfa par marchandise», se souvient-il, la mort dans l’âme. L’obstacle sert de levier Véritable touche-à-tout, Daniel Lonmadon a connu également des périodes fastes dans l’élevage du porc avant l’épidémie de la peste porcine. Parallèlement, il tente sa chance dans l’administration publique béninoise à travers des concours de recrutement après un contrat d’embauche à la Douane béninoise. Les démissions successives aux différents postes lui servent de levier: « J’ai abandonné l’enseignement pour passer un test à la Société des textiles et chaussures (Stc). Deux ans après, j’ai passé un autre pour me retrouver à la Société générale du commerce du Bénin (Sogecob), où j’ai démissionné après 20 mois. Ensuite, j’ai passé un troisième test de recrutement dans le cadre du Projet complexe textile cotonnier de Lokossa (Pctcl) devenu Sitex de Lokossa où j’ai démissionné au bout d’un an ». Après un sondage de terrain, il décide d’aller à la terre. « On n’enregistre pas assez d’intellectuels dans ce monde. J’ai décidé de m’y aventurer pour prouver mes compétences », assure-t-il. Au même moment, il retourne en politique avant de claquer définitivement la porte, les intrigues politiciennes n’étant pas son fort. Alors maire d’Aplahoué, il se désintéresse de la politique pour se consacrer à ses activités personnelles. « J’avais déjà tout avant d’aller en politique. J’allais au Conseil économique et social juste pendant les sessions. Je me présente au Conseil d’administration de la Sbee, juste lors des réunions », explique-t-il. Visiblement, Daniel Lonmadon ne dispose presque pas de temps pour l’administration. Pour lui, la terre est un trésor caché. « J’ai fait douze ans à la tête de la mairie d’Aplahoué, j’ai dormi quatorze fois à la résidence du maire. Les appareils électroménagers qu’on m’a attribués sont restés dans leur emballage pendant sept ans. C’est mon successeur qui les a déballés. A la fin des sessions à la mairie, je me dépêchais pour rejoindre mes fermes », développe-t-il. Sa famille aussi paye le prix de son ‘’trop grand attachement’’ à la terre. « Je ne m’entends pas souvent avec ma petite famille sur ce point. Elle trouve que je l’abandonne tout le temps au profit de mes fermes », confie-t-il, en la remerciant pour le sacrifice qu’elle consent à ses côtés : « Je dois également ma réussite à mes femmes qui s’investissent beaucoup et à mes enfants qui m’emboîtent le pas». Le travail comme religion Pour celui qui est prêt à tout donner pour la terre, le travail doit être considéré comme une religion. « Nous ne nous développons pas parce que nous n’adorons pas le travail. Le métier que l’on a choisi d’exercer, c’est une histoire de passion, de foi. Si vous y croyez, rien ne vous arrêtera », se convainc-t-il. La politique, perçue comme un eldorado par certains, est loin d’être un terreau fertile pour l’ancien maire d’Aplahoué. « C’est la politique qui m’a arriéré dans tous mes investissements. Il n’y a rien de plus dangereux que le politicien. Devant les difficultés, il vous abandonne sans état d’âme », souligne-t-il. « On ne doit pas lier le développement à la politique. J’ai eu la chance de n’appartenir à aucun bord politique. Autrement, je risque de me promener dans tous les partis lorsque les difficultés surviendront », note-t-il. Pour atteindre ses objectifs, Daniel Lonmadon ne cède à rien, même pas aux billets de banque. « Si j’allais tendre la main aux politiciens, mes fermes s’écrouleraient, je ne pourrais même plus bien réfléchir au développement de mes activités», jure-t-il. Pratiquement le seul à résister aux péripéties liées à l’exploitation agricole au Bénin et à alimenter efficacement les chaînes de valeurs, bovins, ovins, caprins et volailles, Daniel Lonmadon ne fléchit devant aucune difficulté. « Tout le monde se rue dans les églises en espérant l’œuvre de Dieu, ignorant qu’il a créé l’homme à son image. Il faut que votre subconscient gagne votre vœu. C’est la seule manière d’aller de l’avant », conçoit-il. Après ses nombreuses nuits blanches ponctuées de recherches en vue de l’essor de son entreprise, le voici désormais au-devant de la scène dans le monde agropastoral au Bénin et en Afrique de l’Ouest. « Les gens ont tenté vainement de me détourner de ce chemin auquel j’ai consacré toute ma vie. Je ne peux pas négliger ce travail parce que j’ai compris que notre système éducatif ne nous fait pas voir d’autres ouvertures que le travail de bureau », soutient-il. Aujourd’hui, il gagne son pain à la sueur de son front. Les retombées sont palpables. « Je suis fier de mon parcours. J’ai pu asseoir une entreprise solide. Si j’étais dans l’administration, je serais déjà admis à la retraite. Or, c’est maintenant que je trouve de l’énergie pour mieux renforcer mon entreprise », assure-t-il. Célébrer un échec C’est toute une philosophie qui entoure le succès de Daniel Lonmadon. « L’année dernière, j’ai fêté mon échec à la Douane avec mes enfants ». Pour quelles raisons fête-t-on un échec ? Selon lui, l’obstacle est une source de motivation : « C’est devant les difficultés que je retrouve davantage de force. Mes anciens collègues de l’administration douanière qui y ont poursuivi leur carrière me tirent un coup de chapeau pour mon choix », rapporte-t-il. Il ne saurait en être autrement au regard de l’investissement de cet exploitant agricole sur sa grande ferme. « Il est facile d’engranger des millions. Mon vœu le plus ardent, c’est de tout faire pour faire comprendre à la jeunesse béninoise les merveilles de l’entrepreneuriat », souhaite-t-il. C’est pourquoi, il ne marchande pas ses efforts pour elle, quoique son manque d’intérêt pour la terre demeure pour lui, un casse-tête. « Les gens sont pressés d’avoir de l’argent. J’envisage d’associer la jeunesse à la production du foin qu’elle pourra vendre à prix d’or pendant la sécheresse aux grands éleveurs des pays voisins », projette-t-il. Son rêve s’étend également à la production et à la transformation du palmier à huile. « Je me suis déjà procuré toutes les machines agricoles pouvant faciliter le travail. J’aurai suffisamment de main d’œuvre pour faire les poquets », se réjouit-il. A 64 ans, Daniel Lonmadon déploie une énergie à nulle autre pareille pour l’essor du secteur agropastoral, convaincu que cette filière est la première voie de développement. Société 27 mars 2020


Elue maire d’Aplahoué: Ousséna Adamou consciente du défi
Les conseillers communaux d’Aplahoué ont repris, ce jeudi 26 mars, à l’hôtel de ville, leur session élective suspendue le 12 mars dernier. Ils ont unanimement élu Ousséna Adamou au poste de maire. Les 24 conseillers présents à la session élective convoquée hier à Aplahoué dans le Couffo, ont tous accordé leur confiance à Ousséna Adamou pour diriger le conseil. Seule candidate en lice, elle a recueilli les 24 voix des conseillers effectivement présents dans la salle de délibérations de la mairie. Ce résultat issu d’un vote secret supervisé par le préfet Christophe Mègbedji et ses proches collaborateurs a été accueilli par des ovations. Plus encore, le conseiller Pascal Chidimè entonne l’hymne national repris spontanément en chœur par le collège des conseillers et toute la délégation préfectorale. Une telle ambiance n’a plus prévalu au conseil depuis 24 mois où l’intérim du maire d’Aplahoué est assumé par Sylvain Dahouè, premier adjoint. L’ancien maire Casimir Sossou révoqué pour fautes lourdes a passé service, le 26 mars 2018. A l’extérieur de la mairie, l’avènement du nouveau maire a également donné lieu à des scènes de joie. Et c’est dans la liesse que le cortège de la militante du parti Bloc républicain élue maire a évolué de l’hôtel de ville jusqu’à son domicile. Les premiers mots Très émue du consensus autour de sa personne, Ousséna Adamou a d’abord eu des mots de reconnaissance envers Allah, puis à l’intention du président Patrice Talon et de ses collègues conseillers. Ensuite, elle dit mesurer à sa juste portée la lourde mission qui lui est confiée et l’ampleur des tâches qui l’attendent au poste de maire. Mais pour relever le défi, elle n’entend pas ménager ses efforts. « Nous ferons l’effort nécessaire », a-t-elle promis. En attendant qu’elle décline ses priorités, l’élue qui part avec l’avantage numérique de son groupe politique peut, entre autres, dans les prochaines heures doter enfin la commune d’un douzième provisoire. Le vote du budget exercice 2020 étant bloqué depuis la session budgétaire tenue en 2019. En tournant la page du budget, ce sont les projets de développement qui reprendront leur envol. Le sourire reviendra également sur les lèvres des fonctionnaires de la mairie ainsi que des prestataires de services au profit de la commune. En deux mois de mandat, qui peuvent paraître très peu, Ousséna Adamou, la première femme maire de l’ère de la décentralisation dans le Couffo, peut bel et bien imprimer sa marque. Actualités 27 mars 2020


Lancement du Portail national des services publics: Le gouvernement rend accessible l’administration en ligne
Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation, et Serge Adjovi, directeur de l’Agence des Services et Systèmes d’Informations, ont procédé, ce jeudi 26 mars à Cotonou, au lancement du Portail national des services publics. Face aux hommes des médias et aux acteurs de l’écosystème du numérique, ils ont présenté cette plateforme qui donne accès aux informations sur plus de 250 services publics. Plus de longue file d’attente avant d’avoir accès à l’administration publique au Bénin. Lancé ce jeudi 26 mars à Cotonou, le Portail national des services publics, accessible sur le site www.service-public.bj simplifiera et facilitera les démarches administratives aux usagers grâce au numérique, selon Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation. Pour elle, ce portail national est la preuve de la volonté du gouvernement de rapprocher non seulement les usagers de l’administration mais aussi de leur permettre de gagner du temps. « Comme prévu dans l’agenda 2020 du Numérique, le portail national des services publics devient une réalité au Bénin grâce à la volonté du président Patrice Talon et de son gouvernement», a-t-elle déclaré. Cette date, souligne-t-elle, doit être inscrite en lettres d’or dans les annales de l’histoire du Bénin, car elle constitue un repère dans le cadre de la modernisation de l’administration publique. Pour elle, la mise en service de ce portail qui met l’usager au centre des services publics est le fruit de la vision du gouvernement pour le secteur numérique depuis 2016. « C’est un portail abouti et sécurisé qui va apporter de la transparence dans la relation entre les usagers et l’administration publique », explique-t-elle. Invitant tous les Béninois à s’approprier cette plateforme, elle se félicite que ce portail soit né des efforts conjugués des structures sous sa tutelle et des compétences locales. Serge Adjovi, directeur de l’Agence des Services et Systèmes d’Informations se réjouit du lancement de cette plateforme qui va révolutionner l’administration publique avec l’accès aux informations sur plus de 250 services publics. Selon lui, les usagers peuvent avoir accès à des e-services comme l’Extrait du registre de commerce, du permis de construire, du certificat de nationalité, l’attestation de prise en charge, l’attestation d’affiliation du Fonds national des retraités du Bénin et l’attestation de jouissance de droit de pension. Pour lui, la plupart de ces services concernent les populations. « Le portail donne accès libre et gratuit aux informations sur les différents services publics », confie-t-il. Il invite les populations à aller se procurer leur Numéro personnel d’Identification (Npi) pour accéder à cet outil dynamique qui permet aux citoyens d’avoir un point d’entrée vers les services proposés. Actualités 27 mars 2020


Amélioration de la production agricole : Environ 673 coopératives déjà immatriculées dans le Borgou
Confiée aux directions départementales de l’Agriculture, de l’Elevage et de la pêche (DDaep), l’immatriculation des coopératives agricoles se déroule sur toute l’étendue du territoire national du Bénin. Le point effectué dans le Borgou est encourageant. Depuis quelque temps, les producteurs agricoles béninois sont appelés à se constituer en coopératives. C’est conformément aux exigences de la loi de l’Ohada. Lesquelles leur permettent d’avoir accès aux crédits. D’où l’opération d’immatriculation des différentes coopératives agricoles qui est en cours. Au niveau du département du Borgou, les producteurs agricoles ne sont pas du reste. En témoigne leur forte mobilisation pour la cause. A l’heure du bilan dans le Borgou, nombreuses sont les coopératives agricoles qui se sont fait recenser. Le Ddaep par intérim, Damien Hounkpèvi, s’est réjoui de l’intérêt que les agriculteurs ont accordé à l’opération. En effet, en termes d’organisations de producteurs agricoles déjà immatriculées, le Borgou en compte actuellement environ 673. A celles qui étaient dans les registres du Carder sont venues s’ajouter les 395 recensées par la direction départementale à la faveur du lancement de l’opération. Pour l’instant, il y a environ 630 qui ne se sont pas encore manifestées. Outre l’accès aux crédits, à l’aide de l’Etat ou l’appui des projets, la constitution en coopératives offre également de nombreux autres avantages aux producteurs agricoles. Elle permet à ces derniers, selon Damien Hounkpévi, de procéder à la vente groupée de leurs produits, puis de ne plus être vulnérables. Au niveau de la filière coton, le problème ne se pose plus pour autant avec par exemple les coopératives villageoises des producteurs de coton (Cvpc). Ce qui n’est pas tellement le cas, s’agissant de la filière anacarde. Actualités 26 mars 2020


Energie électrique: Comment maîtriser le coût de la consommation
Au Bénin, la demande d’énergie est en pleine croissance. Ménages, opérateurs économiques, secteurs public et privé ont tous besoin de cette ressource. Mais d’aucuns se plaignent de l’inadéquation entre l’énergie utilisée et son coût. Et ce, dans l’ignorance que la hausse des factures est bien souvent due à la qualité des équipements électroménagers utilisés. Dans la maîtrise du coût de l’énergie électrique, les équipements électroménagers utilisés ont une grande part. En effet, l’utilisation des équipements énergivores constitue non seulement une source de dépenses importantes pour les populations mais aussi une situation qui occasionne un déficit énergétique au niveau national. Lorsque les factures d’électricité sont moins élevées chez le voisin alors que l’on estime avoir les mêmes charges que lui, la différence se trouve souvent au niveau de la qualité des équipements électroménagers. L’on se dit faire des économies en achetant des équipements de sources inconnues ou de deuxième main, mais c’est sans savoir que ces équipements sont parfois énergivores. Ils font bien plus dépenser de telle sorte que l’économie faite dans le coût d’achat s’étiole très vite à l’utilisation. Par ailleurs, ces équipements hors-normes favorisent l’émission des gaz à effet de serre qui contribue à la détérioration de l’environnement et au changement climatique. Or, l’utilisation des produits et équipements respectant les normes d’efficacité énergétique permet une réduction des dépenses énergétiques des ménages, une meilleure distribution de l’énergie à un plus grand nombre de personnes, à un coût raisonnable et favorise une meilleure préservation de l’environnement. Opter pour l’efficacité énergétique est une solution plus avantageuse. Le Millennium challenge account (Mca) définit l’efficacité énergétique comme un concept qui permet de choisir les moyens rationnels dans la consommation d’énergie utile pour un service rendu. « L’efficacité énergétique se définit comme une consommation en énergie moindre pour le même service rendu. C’est l’état de fonctionnement d’un système pour lequel la consommation d’énergie est minimisée pour un service identique rendu. Il s’agit de consommer moins pour le même confort ou pour le même travail. Cela permet d’éviter le gaspillage de l’énergie en rationnalisant la consommation de l’énergie et en utilisant des technologies appropriées qui ne sont pas gourmandes en énergie. L’efficacité énergétique permet à la fois d’assurer toujours plus de services en consommant le moins possible d’énergie. Il permet aussi d’endiguer les émissions de gaz à effet de serre », certifie Karine Gbaguidi Kérékou, directrice de la communication et des relations publiques de Mca-Bénin II, un programme axé sur le développement de l’énergie électrique au Bénin. L’efficacité énergétique de mise à partir du 30 juin prochain ! Conscient de l’importance de l’utilisation des produits respectant les normes d’efficacité énergétique, le gouvernement béninois a pris certaines dispositions contraignant les opérateurs à ne commercialiser que des produits efficients. Il s’agit en l’occurrence du décret 2018-563 du 19 décembre 2018 fixant les normes minimales de performances énergétiques et le système d’étiquetage énergétique des lampes et climatiseurs individuels en République du Bénin. Selon ledit décret, tous les importateurs, distributeurs et vendeurs de ces produits sont tenus de commercialiser des équipements répondant aux normes d’efficacité énergétique. Les équipements sont testés dans des laboratoires qualifiés pour contrôler les normes et les emballages des produits doivent porter une étiquette en vigueur au Bénin attestant de leur performance. Cette étiquette comporte notamment le drapeau du Bénin et des étoiles variant de 1 à 3 selon le niveau de performance. C’est à cela que le consommateur pourra distinguer les produits de qualité et faire un choix efficient. Pour le moment, cette mesure se rapporte aux lampes et aux climatiseurs individuels. Mais la réglementation pour ce qui concerne les réfrigérateurs est en cours. Ces trois produits, lampes, climatiseurs et réfrigérateurs, sont généralement les équipements les plus énergivores dans les ménages et les entreprises. D’où la nécessité d’opter pour des produits qui ne consomment pas exagérément de l’énergie. Par exemple, les lampes Led et les lampes Lfc, même si leur prix d’achat est plus élevé, présentent un avantage économique et écologique comparativement aux autres types de lampes. « Avec les lampes Led, on peut économiser entre 80 % et 90 % d’économie d’énergie par rapport aux lampes à incandescence traditionnelles. Elles sont la meilleure solution d’éclairage énergétique à condition qu’elles respectent les conditions de normes de performance énergétique. Elles sont utilisables partout dans le logement et à l’extérieur. Elles s’allument instantanément, supportent les allumages répétés, résistent aux chocs, au froid et à la chaleur », fait savoir la directrice des relations publiques de Mca Bénin II, Karine Gbaguidi Kérékou. A noter que, dès le 30 juin prochain, le décret 2018-563 du 19 décembre 2018 fixant les normes minimales de performances énergétiques et le système d’étiquetage énergétique des lampes et climatiseurs individuels en République du Bénin sera en vigueur. Les opérateurs économiques sont sensibilisés à cet effet. Société 26 mars 2020


Assemblée nationale : La 1re session ordinaire de 2020 s’ouvre le 7 avril prochain
La première session ordinaire de l’année 2020 de la huitième législature s’ouvre, mardi 7 avril prochain au palais des gouverneurs à Porto-Novo. De sources bien introduites, cette date a été retenue par la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale qui s’est tenue ce mercredi. Ainsi, les députés vont renouer avec l’hémicycle après trois mois de repos. Ceci, conformément aux dispositions de l’article 87 de la Constitution béninoise qui dispose que : « L’Assemblée nationale se réunit de plein droit en deux sessions ordinaires par an. La première session s’ouvre dans le cours de la première quinzaine du mois d’avril. La deuxième session s’ouvre dans le cours de la seconde quinzaine du mois d’octobre. Chacune des sessions ne peut excéder trois mois ». C’est donc en respect de cette exigence constitutionnelle que la Conférence des présidents de l’Assemblée nationale composée des membres du bureau, des présidents des commissions techniques permanentes et des présidents des groupes parlementaires a retenu la date du 7 avril prochain pour sacrifier à cette tradition. La réunion d’hier a été dirigée par le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou. Selon les mêmes sources, cette session ordinaire sera ouverte dans la sobriété. Elle sera exceptionnellement réduite au format d’une séance plénière ordinaire à cause de l’actualité liée à la pandémie du Covid 19 qui sévit dans le monde dont au Bénin. Il n’y aura donc pas l’animation habituelle ni le grand monde d’officiels souvent invités. La cérémonie d’ouverture sera ramenée à l’essentiel afin d’éviter les risques de propagation du Covid-19 au palais des Gouverneurs à Porto-Novo.Cette décision avait été prise par le bureau de l’Assemblée nationale lors de sa réunion du mercredi 18 mars dernier. Elle vient d’être entérinée par la Conférence des présidents du Parlement Une session extraordinaire en vue Mais avant le lancement des travaux de la première session ordinaire de l’année 2020, le 7 avril prochain, les députés envisagent l’ouverture d’une session extraordinaire. Celle-ci pourrait être consacrée à l’examen et à l’adoption d’une loi qui serait d’une extrême urgence pour le gouvernement. La Conférence des présidents de l’Assemblée nationale se serait penchée sur le dossier lors de sa réunion de ce mercredi. Cette session extraordinaire pourrait être ouverte et close avant la rentrée parlementaire, informent des sources bien informées au palais des Gouverneurs à Porto-Novo. Th. C. N. Actualités 26 mars 2020


Mesures contre la propagation du Covid-19 au Bénin: Attention à l’irresponsabilité contagieuse !
Face à la forte capacité de contagion du Covid-19, des mesures de prévention ont été édictées pour limiter les risques de propagation rapide. Aussi banals qu’ils puissent paraître, ce sont essentiellement des gestes qui sauvent. Mais à l’évidence, il apparaît que bon nombre de Béninois restent indifférents, voire cyniques, négligeant ces mesures et parfois incitent d’autres à en faire autant. Une irresponsabilité qui est tout aussi dangereuse que le coronavirus. Est-il encore besoin de preuves pour se convaincre de la dangerosité du Covid-19 et surtout de sa facilité à se propager ? Les milliers de morts en Italie, en Chine, en Espagne…, sont-ils imaginaires ? Et pourtant, il y en a qui font carrément comme si la menace était irréelle. Il est vrai qu’il faut éviter toute panique mais cela ne sous-entend pas une indifférence totale. La menace est bien réelle et plus encore, elle est déjà présente au Bénin. Pendant que certaines personnes réclament que les mesures soient corsées, notamment la fermeture des écoles, il y en a qui jouent aux supermans, aux indéfectibles. Il y a de ces personnes qui avancent des arguments fallacieux, les uns aussi ridicules que les autres : «Corona ne peut pas manger Béninois… Avec de l’ail et une bonne dose de tchoukoutou, coronavirus même va fuir… Moi je suis déjà immunisé contre coronavirus…». Alors même que le mal ne connaît ni riche ni pauvre, ni vieux ni jeune, ni blanc ni noir… Tout ce qui peut le prévenir, c’est le suivi méticuleux des mesures édictées. Certains prétextent la non-prise de mesures de confinement général pour expliquer leur négligence. «Ils ont fermé les églises, mais les marchés sont toujours fréquentés et les écoles sont toujours ouvertes. Ça sert à quoi alors de suivre ces mesures, si l’on peut toujours choper le virus ailleurs». Il est fréquent d’entendre ces genres de commentaires qui ne sont pas forcément dépourvus de sens, mais qui ne peuvent en aucun cas justifier le refus de respecter les mesures de précaution. Les écoles et tous les lieux de rassemblement sont fermés dans certains pays touchés par la pandémie et pourtant, le non-respect des préventions individuelles fait que le mal continue de sévir dans ces pays. Si des pays aux habitudes moins risquées n’arrivent pas à contrôler la propagation, qu’en serait-il du Bénin où la culture du vivre-ensemble a conduit à négliger toute précaution ? Les habitudes ont certes, la peau dure mais elles ne sont pas infaillibles; surtout quand il s’agit de lutter pour la survie. Pas si difficile ! En outre, que recommande-t-on qui soit si difficile ? Se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon ou utiliser un gel désinfectant, respecter la distance sanitaire de sécurité de un mètre, ne pas se serrer les mains, s’embrasser ou faire des accolades, porter des masques ou des gants lorsqu’on est en contact avec la société, tousser dans un mouchoir ou dans le creux de son bras puis jeter le mouchoir et se laver les mains…, ce sont des gestes bien banals mais qui sauvent. Et le premier défi pour les Béninois, c’est la responsabilité, la prise de conscience effective pour que chacun devienne son gardien et celui de son prochain. Il va falloir dissuader les réfractaires qui tentent de persuader de l’inopportunité des mesures édictées, qui se moquent de ceux qu’ils rencontrent en masque ou qui lorgnent ceux qui refusent de leur serrer la main. Ne pas serrer la main de quelqu’un est loin d’être un signe d’irrespect. Par ces temps qui courent, ce n’est que charité. Santé 25 mars 2020


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